Note de l'auteur:
Le temps passe. Mes 19 ans ne m'ont pas rendu plus mature. Je ne sais que dire à ceux qui semblent genés par cette histoire. Mais je sais que mes remerciements vont à ceux qui lecture aprés lecture mot aprés mot retiennent leurs respirations et me laissent leurs sentiment face à cette 'drole' d'histoire.
Enfin,je tiens à preciser que l'anorexie ne saurait etre prise pour un régime qui s'éternise. La souffrance est aussi véridique que celles d'autres malades....
Ness.
Là ou l'histoire est presente.
Je suis comme le vent. Ici sans vraiment l'être. Je joue. Les seules règles que je connaisse et reconnaisse sont celles qui me permettront de gagner. Le reste ? Je m'en moque royalement.
Je danse comme je vis. Je danse comme je joue. Je vis comme je joue. Le reste ? Je m'en moque royalement.
Paralogique. Ou un autre chapitre au titre bidon.
Paralogique. J'ai toujours aimé ce mot. Il me va bien. Du moins il me va du haut de cette tour. Que ferait une fille logique et intelligente sur ce mur ? Rien. C'est une chance que je ne sois pas cette fille.
Je lève la jambe droite. La soulève doucement. Suspendue dans le vide, derrière moi comme si elle ne m'appartenait plus. Je la ramène lentement vers l'avant et je me retourne d'un mouvement vif. Durant une fraction de seconde je croise son regard. Inquiet. Amusé. Surpris. Je continue de marcher. Il ne me regarde plus. Il s'approche de la porte qui mène sur cette terrasse et s'y appuie. Il sort une cigarette. Je ne le vois pas, mais je reconnais l'odeur du tabac. Ca me pique un peu le nez. Je marche encore et toujours ver un but indéfini. Au bout se trouve le vide. Je l'ai entendu poser son balai contre le mur. Si je plonge me rattrapera t il ? J'arrive au bout et seul le vent m'accueil. Mes cheveux sont défaits. Et maintenant ? Tu as gagné. Deux fois. Et alors ? Qu'ai-je gagné au juste ? Ca ne sert à rien. Si je penche à droite je tombe. Si je penche à gauche je tombe. Je tombe dans tous les cas. Le vent me caresse doucement. Je soupire et regagne la terre ferme.
Ses yeux sont durs. Il tient sa cigarette d'une drôle de façon. Avec trois doigts. Etrange. Elle est si fine, que dans la pénombre je ne la vois pas. Il ne me regarde pas vraiment, je n'existe pas vraiment. Du moins je crois.
Il s'approche et s'appuie sur le garde fou. Il passe une main furtive dans ses cheveux et me tend une cigarette. Je ne fume pas. Du moins pas des cigarettes. J'avoue avoir fumé des cigares. Pas par habitude. Ni même par envie. Encore moins parce que c'est bon. Juste par amusement. Mon père en était un grand amateur. A 13 ans, il m'a offert mon premier cigare. Il pensait que j'allais refuser. J'ai accepté. Il pensait que cela me dégouterait à jamais. Je l'ai juste fumé. C'était affreux. Je me retenais de ne pas tousser. Chaque bouffée me rapprochait d'un cancer du poumon et j'imaginais déjà mes poumons carbonisés…
J'ai pris sa cigarette. J'ai joué avec pendant un moment. Puis elle s'est allumé seule. Faculté magique. C'est bête, j'aime bien m'amuser avec le briquet. Le regard de l'homme prés de moi est grave. Il observe le parc. Je porte le fruit fumeux à mes lèvres. Elles sont gercées. Le papier me gêne presque, tant elles sont gercées. La fumée s'émane de mes lèvres. Elle m'imprègne. J'ai l'impression d'être sale. Je regrette déjà. Je la reporte à mes lèvres.
-C'est dangereux. Sa voix tombe sans que je ne m'y attende. Ca m'ennuie presque.
-Sans doute.
Il se tourne vers moi. M'observe. Les secondes passent… en silence. Même après toutes ces années, je garde cette image ancrée en moi. Il parait qu'à force de jouer avec le feu on finit par se bruler. C'est faux. A force de jouer on finit par rejouer encore et encore… jusqu'au jour ou vous êtes tellement consumé de l'intérieur que ca n'en vaut même plus la peine.
- Pourquoi ne pas être venu vers moi dés ton premier tour ?
J'explique. Du moins je tente. Ma voix presque muette face au vent qui souffle.
- Je reviens toujours sur mes pas.
-Sale habitude. C'est un murmure. Pas de conviction, ni même d'affirmation. Juste un murmure.
J'hausse les épaules. Cette saleté de cigarette ne rétrécit pas. Combien de calories y a-t-il dans ce truc ? Il faut que je fasse des recherches… mon esprit est déjà loin. Je ne vois plus le garçon à ma gauche.
-La vie est drôle. Sa voix surgit de loin.
Même après tant de temps, j'entends encore sa voix. Je me revois sur cette tour. C'est sot…
Il attendait ma réponse. Ce garçon me mettait mal à l'aise. Harry Potter n'a jamais fait attention à moi. Hautain et prétentieux, ce n'était pas un ange. Pourtant ce soir il a eu l'air de se préoccuper de moi. Je n'appréciais pas. Je ne savais pas quoi faire. Je n'aimais pas ca.
- Elle ne l'est jamais assez…
Ma réponse n'en ait pas une évidemment… Je n'attends aucune réaction. Je suis déjà partie.
Juan était là à mon retour. Comme toujours. C'était sa place. Etre prés de moi. J'étais la méchante il était le gentil. Il était beau et j'étais laide. Il était tout et j'étais rien. Dans le fond les contraires s'attirent.
Je m'assois sur le fauteuil. Pas prés de lui. Mais pas loin non plus. Son visage affiche une drôle de moue. Il sait déjà que je ne lui en veux plus. Je n'ai jamais pu rester fâchée contre lui. Je suis fatiguée. Mes yeux se ferment. Il s'approche et me prend dans ses bras. Il caresse gentiment mes cheveux. Comme un bébé, je me blottis contre lui. J'ai froid. Je tremble. Je suis fatiguée. Le manque de sucre se fait sentir… Forcement. J'ai cassé toutes ses fioles. Des dizaines de fioles. Ma main tremble sans que je ne puisse la contrôler. Ca ne m'amuse pas. Je n'aime pas ne pas pouvoir contrôler les choses. Il soupire. Me prends la main. Me chante une chanson. Une chanson conne. Avec des paroles connes.
Aujourd'hui encore je fredonne cette chanson. Je ne sais plus si ces derniers événements se sont passés ou non. Dois-je l'écrire au passé ou au présent? Je ne sais pas. J'ai l'impression que tous les jours qui suivirent répètent inlassablement la même histoire.
C'est l'histoire d'une fille qui malgré elle coule. C'est l'histoire d'un garçon qui ne sait pas nager mais qui tente désespérément de sauver sa meilleure amie, futur (-ex ?) noyée.
C'est l'histoire du temps qui passe. C'est l'histoire d'une connerie qui ne vous touche pas. Qui ne vous concerne pas. C'est peut être justement juste une histoire. Enfin… peut être pas.
