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Note de l'auteur:
Hermione parait ne pas manger, voir ne pas manger du tout... Euh... c'est impossible de manger si peu et produire autan d'effort si elle se contentait de céleris tous les jours elle aurait la capacité physique d'un plancton... (et j'ai rien contre ces pauvres planctons...) mais elle a des potions, la magie et ... enfin bref tout s'explique vers la fin, donc à ceux qui croient qu'en ne mangeant pas on puisse faire autant d'activités... je leur propose de réfléchir un peu... ;)
J'ai toujours cru que l'amour était un plaisir de masochiste... Tomber amoureux. Coup de foudre. Mourir d'amour. Il se tue d'amour pour elle. Rien de très réjouissant... L'amour fait mal. Aussi jusqu'à mes 17 ans je l'ai toujours ignoré. J'avais déjà bien trop mal… ailleurs…
Alouette, gentille alouette, alouette je te plumerai !!
Le 3 Janvier de cette année là on se promit Juan et moi de vivre. Nous allions nous reprendre. Peut importait le mal qui nous rongeait. Peu importaient son nom et sa forme. Nous allions vivre. Ce jour là je lui promis de danser, danser toujours et encore. Il me promit de sourire, sourire toujours et encore. Sourire à la vie, danser à la mort.
Parce que moi, Hermione Granger, je dansais ma vie.
Le matin commençait par un mal de tête, par une sortie de lit embuée et par des membres douloureux qui me rappelaient l'effort de la veille. S'en suivait un bain. C'était la partie la plus amusante de ma journée. J'étais là frêle et toute fripée, comme une vieille dame que l'on aurait oubliée dans son bain depuis les années 20. J'étais bien. L'eau et la mousse cachaient mon corps. Le doux parfum à la coco m'emmenait ailleurs. La douleur ne s'estompait pas vraiment mais je tentais de la mettre de coté, et même si je n'y arrivais pas toujours j'étais dans la partie la plus fraîche de l'enfer…
Ensuite s'en suivait la traditionnelle pesée, pesée qui n'existait plus Juan m'ayant confisqué ma balance. Alors résignée, je me contentais de me changer et de me maquiller une fois le flot de larmes écoulé. Mon reflet dans la glace a toujours été la chose la plus horrible du monde. Que vous dire ? Je n'étais pas belle. Je ne l'ai jamais été. J'étais grosse. Mes os étaient trop fins, ma graisse trop pressente. Mes lèvres trop charnues. Mon nez trop arrondi. Mes cheveux trop indomptables. Mes yeux trop marron. Mon visage trop fade. Mes doigts trop fins. J'étais E.T. Et ce n'était pas mignon. Les gens disent souvent que j'ai une aura romantique. Je ne comprends pas en quoi je suis romantique. Je suis ironique, sarcastique, déprimée et fatiguée.
Ne me regardez pas. Le zoo n'ouvre pas avant lundi…
Courir le matin est une occupation de fous. Il fait froid. L'ai est humide. On ne voit pas grand-chose. C'est nul. Sauf que ça vous enlève des calories… alors forcement. Un jour une fille m'a présenté un carnet ou elle avait calculé avec une rigueur surprenante les sports, les minutes, les calories en moins, les aliments, les calories en plus. J'ai toujours pensé que l'anorexie était une maladie de nombres. Et nous moches jeunes femmes et jeunes hommes sommes des matheux à la recherche de π.
Ensuite Juan me forçait à manger. S'en suivait une heure et demie… de torture. Un jus de fruit, un thé vert, un œuf dur (dont bien souvent je ne mangeais que le tiers) et une biscotte (que j'émiettais … ce qui faisait rire Juan « on a pas vue de pigeons à Poudelard depuis le temps de Pégase ! »)
Et puis le reste de la matinée était dédiée à nos cours et à la bibliothèque. A midi nous déjeunions. Je mangeais peu. Ou rien. Mais je mangeais. Chaque bouchée me faisait aussi mal que si l'on m'avait explosé ma rotule. La douleur physique était due au fait que mon organisme n'était plus habitué à de la nourriture. La douleur mentale était plus complexe. J'imagine que vous me comprenez… ou pas. Chaque bouchée me rapprochait de « J la grosse truie», mais m'éloignait aussi de la mort. Commençait alors un dilemme cornélien. Vivre ou maigrir ? Ma conscience votait A, mon cœur votait B. Juan votait pour moi. Alors je mangeais.
Ensuite nous dansions. Généralement nous ne sommes pas autorisés à sortir du 'cours' pour boire. Ce qui tuait Juan. Alors nous trichions. On s'altérait avec nos baguettes magiques par un simple sort et le plus discrètement possible. J'avouais bien plus tard que ma période 'anorexique' était entièrement basée sur 'un régime liquide' , le médecin avait alors baissé les lunettes, soupiré et rejeté au loin ses immondes bouquins psychologiques traitant des âmes torturées qu'il avait pour patientes.
J'empêchais Juan de vomir. Je n'y arrivais pas toujours. J'essayais. On pleurait beaucoup à cette époque. On finissait nos nuits baignés de larmes endormis sur le tapis emportés par la fatigue et les maux de têtes…
Oh bien sur j'essayais aussi de lui enlever tous ses immondes jouets à lames tranchantes. Essayer veut dire qu'il y a une chance sur deux que l'on échoue. Je n'ai jamais eu beaucoup de chance…
Durant ce mois difficile, je vis un visage scruter le mien du bout de la table des serpentards. En silence et aussi discrètement qu'un vol de papillon monsieur Potter surveillait mon avancée. Je me suis souvent demandée pourquoi. Je n'ai jamais eu de réponses. Je pense que certaines personnes ont le don pour être attirées par les causes perdues. Bingo Potter ! T'as gagné le Jackpot !!
Il faisait beau ce jour là. On était en février. Le 1er février. Les rayons de soleil s'enhardissaient, caressant le sol immaculé de neige pour le plus grand plaisir des plus jeunes qui patinaient sur le lac. La veille l'escadron alpha de Potter était rentré couvert de sang, son capitaine portant le corps inanimé d'une jeune serpentarde aux cheveux de feu. Juan et moi avions été surpris de voir ces visages calmes et sereins acceptant la mort comme on accepte la vie, sans se révolter, sans crier, sans pleurer. Nous restâmes dans le salon des préfets, non loin d'eux qui souillaient leur peine dans du whisky les yeux perdus dans les flammes des cheminées…
Il y avait une pièce que j'aimais plus que tout dans cette école. On l'avait nommé la Roseraie. Pourtant il n'y avait aucune rose. Jamais nom n'a été aussi mal choisit… à ma plus grande joie ! Il s'agissait en fait d'une serre perdu au bout du château donnant une magnifique vue sur le parc et sur le lac qui l'entouraient de part et d'autre. Un miroir recouvrait une partie du mur et des barres avaient été ajustées par Juan quand il avait vu mon attachement pour ce drôle d'endroit. Il faisait beau et la neige m'entourant m'apaisait.
Une douce musique s'éleva dans les airs, hésitant entre rock et Chopin. Pleurant, criant, parfois même souriant le compositeur avait fait de ce morceau un véritable chef d'œuvre sur lequel moi pauvre plume me défoulait… Je dansais avec plaisir. Ce qui n'arrivait plus souvent ces derniers temps. Les mouvements étaient fluides, et j'étais bien loin des coups de cannes infligés au bas du dos par mes professeurs dans mes jeunes années, des ralliements de mes aînées par la suite ou des « tes fesses sont tellement attirées par la gravité qu'il me faudrait une grue pour les soulever ! ». Il n'y a rien de plus beau qu'une ballerine dansant par amour de l'art, chacun de ses mouvements semble si cohérent et juste que les simples mortels en perdent les mots. Mais parfois la beauté laisse place à l'obligation. A quand remontait mon dernier vrai sourire ? Mon dernier vrai plaisir ? Depuis quand avais je arrêter d'inventer de nouvelles variations ?
Un bruit stoppa ma pensée et mes mouvements. Je me retournais.
Il se tenait là. Gauche. Perdu. Seul humain au milieu des notes. …tranger à mon mode. Barbare. Potter.
- Que veux tu ?
Ma voix s'était faite agressive. Il haussa les épaules et s'assit sortant une clope de sa veste. Je soupirai. La musique s'évapora. Il souleva un sourcil. Je l'ignorai. J'enlevai mes pointes. Son regard appuyé sur mes pieds me fit rougir. Bêtement.
- qu'as-tu aux pieds ?
Je le regardai. Muette. L'incompréhension se faufilant sur mes traits.
- tes pieds. Ils sont ensanglantés.
Je souriais.
- ça fait longtemps que je m'en fou. Ma mère dit que lorsque apparaissent les premiers gouttes de sang c'est que le métier entre.
Il acquise. Pensif. La tête appuyée contre la glace il semblait fragile. La fumée autour de lui le rendait encore plus mystique et moi pauvre cloche je ne savais détourner mon regard de lui. On raconte que je sais toujours tout. C'est faux. La preuve je ne sais vous dire pourquoi je me suis assise à coté de lui. Ni pourquoi je suis restée comme ça prés de lui, silencieuse, si longtemps…
