Dernier acte d'un rayon de soleil.

Tu sais le plus drôle dans toute cette histoire c'est que même aujourd'hui j'ai du mal à me rappeler de ces temps comme étant la pire époque de ma vie…Quand je replonge dans mes souvenirs, c'est ton visage que je vois, nos sourires, la danse, tes blagues douteuses… Avant même l'anorexie, avant même nos larmes avant même la tragédie finale … Se sont nos éclats de rires que j'entends en écho… Et toi ? M'entends tu de là bas ?

Je ne me souviens pas très bien de la suite. Des larmes. Du silence. Du noir. C'est tout. Etat de non existence. Et c'était pas plus mal, du moins le pensais je.

Il y a des moments terribles dans la vie, ou on se retrouve tout seul, face à soi même. Et parce que l'on ne s'aime pas vraiment, rester avec soi est aussi agréable que rester avec un lama qui vous cracherait au visage toutes les dix secondes. Qui est on ? que fait on ? Ou va-t-on ? Beaucoup de questions. Zéro réponse. C'est agaçant. Frustrant. Et surtout triste. Mes larmes se sont taries bien avant que je n'en ai vraiment besoin. Mes sourires se sont évanouis avant même une quelconque tentative d'esquisse. Ma tristesse n'avait d'égale que mon silence. C'est-à-dire le néant.

Je n'ai pas pleuré. Je n'ai jamais plus pleuré. C'est quelque chose dont je ne suis pas capable. Pleurer. J'ai dépensé mon stock de larmes avant d'avoir une véritable raison de pleurer… Si j'avais su…

Il était tôt. 5H23 selon le réveil. Mais on s'en moque. Il est entré dans ma chambre en dansant. Amusé. Habillé de blanc. Un drôle d'ange. Il s'est assis sur mon lit en silence. Puis il s'y est allongé. Je l'ai entendu éclater de rire et grogner que mes pieds étaient glacés. Il s'est couvert convenablement et a fermé les yeux.

Je me suis levée m'appuyant sur le coude. J'observai son visage parfait. Un peu carré. Mais un peu anguleux aussi. Pas du tout arrondi. Ça m'a toujours agacé cette incapacité à trouver des adjectifs qualifiant son visage correctement. Son visage était serein. Sans problème. Sans peur. Il ressemblait à ces statues de pierre a l'entrée des églises qui m'avait toujours fasciné. Je ne suis pas croyante. Je ne crois pas assez en moi-même pour croire en quelqu'un ou quelque chose d'autre. Les églises me font peur. Trop sombre. Trop glacial. Trop renfermé. Les carreaux colorés et la lumière qui les traversent augmentent mon malaise. Sans compter le reste…Mais ces statues… elles sont rassurantes. Un peu familières. Belles mais pas vraiment parfaites. Rongées et abimées par le temps. Mais toujours debout…

Je touchai son visage. Doucement. Comme quand j'étais petite et que je faisais de même avec mon père quand il faisait semblant de dormir pour mieux me surprendre par la suite. Juan ne réagit pas. Je recommençai. Laissant trainer mes doigts glacés le long de sa joue, de son nez, et de son autre joue. Il grogna. Stoppa ma main. Et son visage se fendit en un douloureux sourire.

Je tremblai. Je me rallongeai. Silencieuse. Observant les étoiles lumineuses et fluorescentes qu'on avait collés au plafond. Au bout de quelques secondes il me dit :

- Il y a ce DJ super canon ce soir qui sera à la boite de nuit ou on est allé la dernière fois dans le village moldu en cachette.

Sa phrase était trop compliqué. Il me fallut quelques secondes pour tout remettre en ordre. Je hochai la tête, il ne se tourna pas, mais le léger mouvement et le bruit qui accompagna l'oreiller l'encouragea à poursuivre.

- Il est plutôt mignon. Peau crème, cheveux chocolat, yeux caramel.

- Miam murmurai je.

Il éclata de rire. Se leva doucement. Chercha sa baguette dans sa poche arrière et fit apparaitre deux bouteilles de boisson énergétique. Je grimaçai. J'ai toujours eu horreur de ces trucs dont on dit qu'elle est faite à partir d'une partie vraiment pas alléchante de taureau. Mais je la bus comme même. Puisque lui la buvait aussi. Je le fais toujours d'ailleurs. C'est un peu à cause de toi Juan, comptes les points on réglera nos comptes un jour… ou que se soit…

Il continua :

- On pourrait d'abord passer à la pizzeria. Tu prendrais une spéciale fruits de mer, et moi une à la viande hachée.

J'entrai dans le jeu.

- Oui.

- On irait boire un truc ou prendre une glace avant d'aller en boite vu que tu as horreur de boire en boite.

- Mouii…

- On y danserait jusqu'à l'aube.

- C'est alléchant comme programme.

- Et on ferait comme ces films stupides ou à la fin on est tellement doués qu'ils nous y embauchent.

Je souris. Trop fatiguée pour rire.

- Mais on ne fera rien de tout ça pas vrai ? demanda t il sa voix soudainement triste.

Je ne dis toujours rien.

- Ils ont distribués les rôles. C'est un peu tard comme même. Mais bon on savait déjà tous à quoi nous attendre. Il faudrait y aller. après.

Il continua. J'avalai son flot de paroles en cherchant un sens à tout ça. Aujourd'hui en y repensant bien je pense que c'était là son dernier cadeau… tenter de me pousser vers la vie. De nous y pousser tous les deux… je suis désolée Juan.

- Tu sais, ils m'ont convoqué hier. Le directeur et tout le tralala. Ils m'ont demandé si tu mangeais comme il se doit.

Son sourire en coin était forcé tout comme son ton enjoué, mais je m'y laissai volontairement prendre.

- J'ai dit que oui. C'est pas vraiment un mensonge pas vrai ?

Il n'attendit pas la réponse. Je n'eut pas la force de mentir.

- Malefoy est entré quand j'étais à ton chevet, il m'a dit qu'il restait et que le directeur voulait me voir. Quand je suis revenu il était en rage dans le salon.

Il passa une main furtive dans ses cheveux.

- Faut pas lui en vouloir. Il y a quatre ans, il y avait cette fille tu te souviens ? Dorian. Elle l'aimait. Elle est morte. Le même mot terrible sur les lèvres.

Je fermai les yeux.

Il soupira. Me caressa les cheveux. Il me demanda s'il pouvait prendre une douche dans ma salle de bain.

- C'est pas juste, je ne vois pas pourquoi seules les blondes ont le droit à une gamme shampoing coco… Je vais aller chercher mes accessoires dans ma chambre je reviens honey.

Je n'avais pas la force de lui demander si ses accessoires étaient constituaient de lames…

Quand il revint il embrassa ma joue et s'enferma dans la salle de bain. Des senteurs de coco montèrent rapidement ainsi qu'une certaine chaleur. Je souriais doucement en me disant qu'il avait du vider shampoing, après shampoing, masque, gel douche… et autre à la coco…

Je fermai les yeux, épuisée.

Lorsque j'ouvris les yeux quelques heures plus tard, l'air était lourd. Irrespirable. Une odeur acre, de fer rouillé m'empêchait de respirer correctement … le cauchemar pouvait commencer…


Merci.

- ?. Here U go...

- cradoss

-Angel? La voici.

-chris87