Mes réflexions achevées, je m'étais douloureusement relevé, m'apercevant à nouveau dans les vestiges de notre champ de bataille. Au milieu de tout ce fourbi, Gruikui gambadait joyeusement, infatigable. Visiblement à l'aise dans cet environnement seulement régi par l'anarchie, mon starter commençait sérieusement à devenir une version Pokémon de ma propre personne, c'en était à la fois cocasse et gratifiant.
À cet instant-là, je n'avais pas la moindre idée de l'heure qu'il pouvait être, aussi je me relevai, et fit signe à Gruikui de me suivre au rez-de-chaussée. Là-bas se tenaient face à ma mère mes deux amis, que je m'empressai de rejoindre, tentant tant bien que mal de m'insérer dans la conversation.
-Nous sommes désolés d'avoir causé ce désordre, déclara simplement Tcheren.
Plus en recul, Bianca s'avança légèrement.
-Euh... pour le rangement...
Je ne savais guère pourquoi, mais je me sentis soudainement transpercé par le sentiment que j'allais prendre cher.
-Le rangement ? s'étonna ma mère. Mais quel rangement ? Ne vous inquiétez pas, je m'en occuperais plus tard.
-J'en suis sidéré, là... murmurai-je, dans un second calembour indigne de ce nom.
De deux choses l'une : ou bien elle se référait à moi à la première personne, ce qui était tout de même assez incommode, ou bien je venais sérieusement de basculer dans une autre dimension !
-Non, mais, qui êtes vous, et qu'avez-vous fait de ma mère ? m'empressai-je d'ajouter, au grand dam de Tcheren qui s'en frappa le front du plat de la main.
-Très bien, Ludwig, si tu préfères t'en charger toi-même, pas de souci ! rétorqua maman.
-Euh... non, non, ça ira...
-Par contre, vous ne devriez pas aller voir le Professeur Keteleeria ?
-Si, admit Tcheren, tout en allant prendre la porte. Vous avez raison. Sur ce veuillez nous excuser... nous ne voudrions pas la faire attendre avant d'aller lui présenter nos remerciements.
Il s'en alla donc, suivi de Bianca, qui s'excusa une énième fois pour le désordre, et nous avertit qu'elle avait à faire un passage express à sa maison avant de rejoindre le laboratoire. Je m'intégrai dans la marche, mais fut interpellé alors que j'allais franchir le pas de la sortie.
-Je sais, soupirai-je, tu m'en veux d'avoir foutu la merde dans la chambre et de te laisser tout remettre en place ?
-Mais non, mais non, m'assura-t-elle. Après tout, aujourd'hui est un grand jour, n'est-ce pas ?
-C'est vrai ! Mais...
-Les combats de Pokémon, c'est quelque chose ! Je les entendais glapir depuis le rez-de-chaussée... je m'en souviendrais, de ce premier combat !
-Moi aussi, conclus-je en me repassant les images au ralenti d'un Gruikui en voltige, d'un Vipélierre de la matrice et d'un Moustillon armé de son fidèle coupillage.
-Bon, va rejoindre tes amis. Toi aussi, tu dois remercier le Professeur, n'est-ce pas ? Allez, file !
Tout aussi cliché que cela puisse paraître, je n'ai jamais connu mon père. Toute mon enfance, je l'avais passée avec ma mère dans ce petit patelin perdu dans la cambrousse, éloigné des tumultes des grandes villes. Coïncidence frappante, il semblait que c'était également le cas de dresseurs d'exceptions, tels que le légendaire Red Ketchum de Kanto, pour qui je nourrissais une certaine admiration, en dépit du manque d'informations à son sujet, ou de celui considéré comme son digne successeur, Gold Luther de Johto. Malheureusement, l'éloignement de la région d'Unys et la connexion Internet instable dont disposaient les habitants de Renouet avaient rendu chaotiques les moindres recherches à leur sujet. Je savais néanmoins qu'ils avaient tous deux débuté leurs voyages respectifs accompagnés du starter Feu de leurs régions... peut-être ce fait m'avait-il influencé dans le choix de mon propre Pokémon ?
Je me retournai, vérifiant que Gruikui se trouvait toujours à mes côtés. En effet, il me suivait toujours de son pas allègre, visiblement épanoui à ainsi explorer le village, en dépit de sa taille réduite. Nous arrivâmes finalement au laboratoire, au plein nord de Renouet, devant lequel Tcheren patientait, seul.
-Hey ! le resaluai-je.
-Ah, Ludwig... dis-donc...
-Bianca est pas encore là ?
-...non, et d'ailleurs, je suis désolé de te demander ça, mais tu ne voudrais pas aller ce qu'elle fabrique ?
-Ah, bah si c'est si poliment formulé... mais tu pourrais y aller toi-même, non ? Histoire de...
Tcheren me stoppa d'un geste de la main.
-Que sous-entends-tu encore ? fronça-t-il les sourcils.
-Rien, mais alors là, rieeeen du tout ! Juste que ça va pas t'arracher les parties d'aller voir ce qu'elle trame !
-Les parties... Ludwig, ça ne t'ennuierait pas de cesser d'agrémenter tes phrases par des expressions toutes pleines de sous-entendus ?
-Hé, j'ai pas dit lesquelles, c'est toi qui a un esprit pervers ! Spock... Sérieusement, est-ce que t'as déjà été chez Bianca ne serait-ce qu'une seule fois dans ta vie ?
Mon ami se tut, conscient de la véracité des mes propos.
-Tu devrais y aller, insistai-je. Je dirais même plus : tu dois y aller. Tcheren, on va bientôt partir en voyage, et comme tu t'en doutes, on va rencontrer des tas de gens. Alors va lui parler, une bonne fois pour toute ! Avant qu'elle ne rencontre quelqu'un en cours de route, et que...
-Qu'est-ce que ça veut dire, ça ? coupa Tcheren d'un ton sec.
-Rien, rien, tant pis pour toi, alors... Mais tu me promets que tu viendras pas te plaindre quand elle t'aura filé entre les doigts ?
-Ludwig, va la chercher.
Je me demandai un instant si cela était bien nécessaire. Après tout, le débat houleux que j'aurais pu mener si mon ami n'avait pas été cette impossible tête de pioche aurait bien pu laisser à Bianca le temps d'arriver parmi nous.
-Bon, c'est la dernière fois que j'essaie de te conseiller, soupirai-je en me dirigeant vers la maison.
Il marmonna un ''tant mieux'' dans sa barbe inexistante, tandis que j'arrivai à la porte des Mariani. Voyant celle-ci entrouverte, je n'hésitai pas à me glisser dans la demeure. Mais une voix tonitruante s'esquinta à en briser les vitres dans un splendide :
-Non, non, et encore NON !
La réplique ne m'était guère adressée. Face à son propriétaire, Bianca, presque écrasée de la masse de son paternel.
-Euh, moi, je...
-Bonjour m'sieur Mariani ! m'exclamai-je pour détourner l'attention du père.
Dans ce domaine, on trouvait facilement meilleur que moi.
-Sors de là, gamin, c'est une affaire entre ma fille et moi ! m'ordonna-t-il, frappant l'écran de la télé de son poing dévastateur.
-Hé, m'sieur, attention, ça coûte cher ces bécanes-là !
-Dégage, gamin ! Ça te dérange que je m'entretienne juste cinq minutes avec ma fille ?
-Ok, je reviens dans cinq minutes, alors ?
-Fais pas le con, tu m'as très bien compris !
Je retint de justesse la réplique cinglante que j'allai lui envoyer. Mmh, non. Si il traitait les humains comme sa télé, valait effectivement mieux filer droit.
-M'sieur, il faut que...
-Il ne faut rien du tout, et tu vas me laisser tranquille et rejoindre bien gentiment l'autre petit merdeux binoclard !
-Okidoki ! Je vais transférer vos compliments à Tcheren, ça fait toujours plaisir de se faire qualifier de petit merdeux binoclard !
Ah, ça c'était bien moi, c'était bien du Ludwig tout craché, tout à s'éloigner des promesses que je pouvais me faire à moi-même. Moi qui m'était mentalement juré de la fermer cinq minutes, juste le temps de quitter cette satanée maison, c'était rappé comme du gruyère. Je pris néanmoins la porte, suivi par Gruikui, ne tenant pas particulièrement à m'exposer plus encore à la colère du père Mariani. Dans un soupir, je me laissai glisser sur l'herbe, m'asseyant le dos plaqué contre l'habitation. Gruikui ne tarda pas à me rejoindre, courant à toutes pattes, s'agitant devant moi, un sourire que je devinai immuable toujours plaqué sur son visage.
La journée entamait ses six dernières heures, et, été oblige, le soleil n'avait pas encore décliné. Tout comme l'ennui qui grandissait en moi. Malheureusement, il me fallait attendre Bianca, ce qui impliquait de patienter bien sagement devant la maison. Pas glop.
-Non, je ne suis pas patient, et alors ? me surpris-je à crier.
-Grui !
La fougue avec laquelle il m'avait déclaré son cri me fit savoir que sur ce point-là, il ne me ressemblait que trop bien.
-De toute façon... j'ai déjà passé ma vie à attendre ce jour. Maintenant ça suffit !
Avec un sourire narquois, je me relevai, bien décidé à aller faire comprendre à Mariani-le-père qu'il était en train de prolonger une attente longue de quatorze ans. Je me plaçai devant la porte, enserrant sa poignée d'une main ferme. Avant même que je ne puis me demander si mon intention était réellement de mettre mes pensées à exécution, le battant unique de l'entrée de leur domicile alla violemment frapper mon pauvre corps qui n'avait, au passage, rien demandé. Vraiment pas glop.
Bien décidé à faire de ma douleur soudaine une notoriété publique, je poussai un ''aïeuh'' du timbre le plus aigu que pouvait atteindre ma voix suave et virile (sans commentaire). Drama queen, je suis, drama queen je resterai.
-Hein t'étais là ? Désolée, Ludwig, désolée ! retentit la voix de Bianca.
-C'est rien, la rassurai-je, switchant de la souffrance la plus profonde que l'on ait jamais pu imaginer à ma joie de vivre habituelle, quoi que teintée d'ironie. J'adore me faire one-shot par la porte des gens.
-Ah... euh alors tout va bien ?
-Vipélierre... murmura avec une expression consternée son Pokémon, qui s'était perché sur son épaule.
-À part que pour le coup de la porte, j'étais pas sincère, oui, tout va bien. Mais c'est plutôt à toi que je devrais poser la question ! Qu'est-ce qu'il te voulait, ton daron ?
La question sembla la plonger dans un embarras profond.
-Euh... rien. Ça ira... oui, ça ira !
-Tu me caches quelque chose ?
-Non, non ! Euh... et si on allait au laboratoire ?
J'acquiesçai, et n'insistai pas pour obtenir mes réponses. Ç'aurait été Tcheren, j'aurais pris grand plaisir à le pousser à bout pour tout savoir, sans jamais rien payer. Mais avec Bianca, ce n'était pas la même chose. J'étais un chiant sélectif.
Nous arrivâmes au laboratoire aux alentours de dix-neuf heures, au grand dam de Tcheren, qui mine de rien ne se plaisait pas plus que moi à poireauter des heures en, presque, vain.
-C'est pas trop tôt... soupira-t-il. Allez, il faut aller voir le professeur !
-Bonne idée, tiens ! lançai-je. C'est vrai que tant qu'à se réunir devant le laboratoire...
-Ludwig, est-ce que ça t'arrive parfois, dans ta vie, de prononcer au moins une phrase sensée ?
-Hum... voyons voir... seulement le dimanche !
-Ludwig, on est dimanche.
-Ah, ben alors, jamais.
Je sentis son désespoir monter en lui. J'avais pleinement conscience de ne pas être facile à vivre pour lui. Cependant, j'avais également la conviction d'être tout bonnement incapable d'agir autrement. Les années passées sous le signe du casse-bonbons de service avaient ancré en moi le réflexe de le charrier. Je crois que la seule chose qui le retenait réellement de m'en mettre une, c'était que nous étions amis.
Sur ces sombres pensées, j'entrai dans le laboratoire, raisonnablement placé entre Bianca et Tcheren, toujours talonné de Gruikui. Au fond de la pièce se tenait debout la maîtresse des lieux. Un large sourire alla étirer les lèvres de la scientifique, qui nous salua chaleureusement.
-Hellooooo !
-Bonjour professeur ! lançai-je.
-Je vous attendais, sourit-elle. Mes jeunes amis...
-...excusez nous pour le retard, déclara Bianca.
-Laissez moi faire les présentations à nouveau ! Je me nomme...
-Professeur Keteleeria ? coupa Tcheren. Nous connaissons votre nom, quand même !
Dans un soupir, notre hôte tira une tête de six pieds de long.
-Tcheren, je te pensais un peu plus cool que ça, quand même ! D'autant qu'aujourd'hui est un grand jour, n'est-ce pas ?
-Oui, professeur, mais...
-Pas de mais. Je recommence donc les présentations. Je suis le Professeur Auréa Keteleeria ! Et j'essaie de percer les mystères de l'apparition des Pokémon dans notre monde.
Quelques applaudissements forcés retentirent, tandis que le Professeur parcourut l'assemblée, reportant son regard sur nos trois Pokémon, avant de s'exclamer avec entrain :
-Mais c'est génial ! Vous avez déjà participé à votre premier combat !
-Vous avez vu les traces de pas sur les murs de ma chambre ?
À mon grand bonheur, la boutade sembla amuser Keteleeria, qui enchaîna tout de go.
-J'en déduis que vos Pokémon ont commencé à vous accorder leur confiance ! Mon instinct est infaillible. Mais maintenant, j'aimerai aborder la raison pour laquelle je vous ai confié ces Pokémon.
-Pour qu'on puisse enfin quitter ce trou pau... aïeuh !
Dans l'optique de me faire taire, Tcheren m'avait flanqué un discret coup de pied dans la cheville.
-C'est pour le Pokédex, n'est-ce pas ? questionna-t-il, sans nullement se soucier de la douleur qu'il avait engendrée.
-Le Poké... quoi ? s'étonna Bianca. Le Poké... dex ?
-Ma parole, c'est que t'en as là dedans, mon petit Tcheren ! s'écria le Professeur. On voit tout de suite que tu as passé tout ton temps à étudier les Pokémon.
Parce que, à mon opposé, lui avait su occuper ces années précédant nos débuts en tant que dresseurs. Et pourtant, lui avait eu quelques mois de plus à passer dans ce bled, étant donné que j'étais le benjamin du trio. Mais je suppose qu'un quart d'année de plus ou de moins, cela ne faisait pas de différence...
Perdu dans mes rêveries, je n'avais qu'à moitié entendu le Professeur partir dans ses explications au sujet du dex en question. J'en retint principalement que c'était un outil high-tech et que Keteleeria comptait sur nous.
-Merci de votre confiance, fit Tcheren lorsque mon esprit redescendit à terre. Grâce à vous, un nouveau dresseur est né.
-Nickel les enfants ! conclut le Professeur. Voilà une réponse comme je les aime !
Elle nous tendit à chacun un boitier d'un gris à la limite de la noirceur, ornés chacun d'un écran éteint et d'un motif de Pokéball, dont la couleur différait de l'un à l'autre. Si celui de Bianca était d'un orange vif et celui de Tcheren d'un bleu profond, le mien arborait une teinte d'un rouge flamboyant. Tout de go, j'allumai le dex, m'étonnant de le trouver vide de données.
-Ludwig... soupira Tcheren. Il faut analyser le Pokémon pour avoir ses informations... bon, je vais te montrer, regarde.
Il enclencha son propre appareil, et pointa l'objectif sur Moustillon, affichant à l'écran une fiche complète en un rien de temps. Sans prendre le temps de lire ce qu'il y avait été marqué, je me dépêchai d'analyser Gruikui, pas une mince affaire puisqu'il avait choisi ce moment pour partir dans une course folle à travers le labo. Finalement, il se trouva une fraction de seconde dans le rayon de la capture des infos, laissant l'analyse s'imprimer sous mes yeux.
«Gruikui. Pokémon Cochon Feu.»
-Première nouvelle... soupirai-je avant de m'attaquer à la suite.
«Il évite agilement les attaques ennemies et crache des boules de feu par le groin. Il aime également griller des Baies pour les manger.»
-Tu connais des attaques Feu ? dis-je à mon Pokémon, tout en stoppant son élan en le prenant dans mes bras.
Il exécuta un signe de la tête qui signifiait clairement que non.
-T'inquiètes, ça viendra... Et maintenant, professeur ?
-Maintenant ? Je vais vous apprendre comment rencontrer des Pokémon ! Rendez-vous sur la Route 1, demain matin à la première heure.
Sur ces belles paroles, l'entretien fut clos. Après avoir salué et remercié le professeur, nous partîmes tous trois au dehors, et les conversations reprirent de plus belle.
-Euh... hésita Bianca. Le Professeur nous a demandé de voyager pour lui rendre service, hein ? On peut ?
-J'espère bien ! intervins-je.
-Et on peut aussi choisir ce qu'on a envie de faire, hein, hein ?
Un soupir émana de Tcheren.
-Je pense que nous pouvons voyager à notre guise, tant que nous complétons le Pokédex.
Je ne pus même plus retenir un cri de joie, qui alla jusqu'à faire trembler les fenêtres du laboratoire. Mon cœur battant à s'en décrocher, je saluai mes amis, et rentrai allègrement chez moi.
-Maman, maman, m'exclamai-je, me jetant carrément sur la table du séjour. Je vais partir...
-...en voyage initiatique pour compléter le Pokédex, m'interrompit-elle. J'étais au courant, tu sais !
Elle désigna trois cartes de la région précisément alignées aux côtés de notre repas du soir.
-C'est pour ça que j'ai préparé ceci... Demain, tu n'oublieras pas de les donner à tes amis, d'accord !
-D'accord ! Euh... maman...
Je pris une respiration difficile, peu certain de savoir si le droit d'en parler était mien.
-Oui, mon bébé ?
La décision fut aisément prise ; je me jetai à l'eau.
-J'ai entendu Bianca se disputer avec son père... est-ce que c'était pour ça ?
À en juger à la mine assombrie de ma mère, c'était bel et bien le cas. Mon intuition fut rapidement confirmée par un ''oui'' quasiment soupiré.
-Il comprend rien, ce type...
-Monsieur Mariani a ses raisons, tu sais...
-Mais m'man ! Je les connais ses raisons, et pour moi, ça a aucune importance ! Bianca, elle a une vie, et... il peut pas la couver toute sa vie à cause de ça, c'est stupide... elle ne peut pas vivre comme ça, et lui non plus !
Maman hocha la tête sans mot dire, comprenant à quel point cela me tenait à coeur. Alors que j'allai me coucher sur le canapé, chambre impraticable oblige, je l'entendis murmurer.
-Je lui parlerai, Ludwig... je te le promets...
Ma bouche, arquée en un sourire satisfait, laissa échapper un ''merci'', tandis que je réglai l'alarme de mon Vokit et laissai Gruikui se coucher contre moi. Bercé par le silence, et par la chaleur naturelle de mon compagnon, je me glissai dans les bras de Morphée, porté vers un jour nouveau.
