Dès les premières notes du réveil de mon Vokit, je m'empressai de bondir hors du canapé familial, réveillant Gruikui en sursaut dès la première occasion.
-Ah ! Oups, désolé, mon gars !
Tandis qu'il alla me rejoindre d'un saut, je laissai échapper un bâillement. Le son en amusa Gruikui, qui d'un grognement laissa une minuscule gerbe de feu s'échouer sur le canapé. Encore dans le brouillard, je mis une bonne demi-minute à m'apercevoir que le sofa était bel et bien en train de cramer. Un juron s'échappa, et dans la panique, je me ruai à l'évier de ma cuisine, remplir un verre que je m'empressai de déverser sur l'incendie naissant. La flamme en fut éteinte, mais le vacarme de mon agitation alerta ma mère, qui se rua depuis sa chambre.
-Qu'est-ce qu'il se passe, ici ?
-Rien... c'est juste Gruikui qui vient d'apprendre sa première attaque Feu !
Mon porcin compagnon baissa la tête, honteux d'avoir consumé une pourtant bien faible partie du canapé.
-Meh, ça fait rien ! m'exclamai-je avec entrain. Allez, mon gars, t'es prêt pour le voyage ?
-Grui !
-Ça ne fait rien, commenta ma mère, mais le canapé remercie ton Pokémon.
-Il PEUT le remercier ! Il vient d'être marqué par les traces indélébiles...
-Très indélébiles.
-...indélébiles de la première fois ! Je serais un canapé, je serais limite gratifié de me faire cramer le train par le premier Pokémon d'un dresseur en devenir !
-C'est cela, oui.
-Mais tu peux me croire ! Je suis un fin psychologue du canapé ! J'ai même eu mon doctorat hier, dans la boîte de corn-flakes ! Tu me la passes ?
-Ton doctorat ?
-Nan, la boîte.
Attendant mon bien, j'allumai la télévision, comme si je n'avais que ça à faire, alors que j'avais rendez-vous avec les autres. La chaîne sur laquelle nous étions branchés diffusait les Excellangues, un programme linguistique présenté par un certain Bob, épaulé par Manolo Taque. Nettement plus expert en séries animées qu'en japonais, langage dans lequel il traduisait de façon peu formelle les phrases proposées par son collègue. Gruikui ne tarda pas à me rejoindre, tentant visiblement d'outrepasser ses capacités physiques pour adopter ma position assise typiquement humaine.
-M'man, y'a Gruikui qui m'imite ! M'man, ça vient ces corn-flakes ? M'man, tu me rappelleras qu'il faudra que je demande à Tcheren comment on dit quand on est relié corps et âme avec son Pokémon !
Un souffle s'apparentant plus à un mistral qu'à un simple soupir retentit dans le salon, aussi je compris que : ''fais le toi même, je suis pas ta bonne''. Je me dirigeai donc vers la cuisine, et me servis un verre de jus d'Oran. En moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire, j'avais vidé le récipient de son liquide bleuté, et laissai Gruikui racler les dernières gouttes, tandis que je partais à la recherche désespérée d'une nourriture convenable pour un énergique Pokémon Feu qui n'avait pour survivre que quelques gouttes de jus d'Oran. Peut-être penseriez vous que la situation n'était pas aussi dramatique que je le laisse ici entendre... et vous auriez raison. C'était mille fois pire.
Je tombai finalement sur des restes du repas d'hier soir, coincés dans un tupperware (si j'ai réussi à écrire le mot correctement, appelez moi Chuck Norris), lui même comprimé par la bouteille de jus de Mepo, c'est tout révéler de l'identité de celui qui avait rangé le frigo la veille. Je le retirai, non sans faire crasher au sol l'objet du dessus. Quel génie que celui qui inventa les bouteilles en plastique.
Sans trop savoir si je devais ou non lui réchauffer son repas, je laissai glisser sa gamelle de fortune juste sous son groin. Gruikui ne se fit pas prier, et se jeta avec voracité sur son plat, au point où il en arrosait le sol.
-It's raining mac and cheese, hallelujah ! m'exclamai-je d'une voix à la fois chantante et hilare.
Dès qu'il en eut terminé avec le tupperware, qu'il avait accessoirement changé en ballon qu'il poursuivait à travers le rez-de-chaussée, je montai à ma chambre. Dans un état tout aussi chaotique que la veille, la pièce ne me laissait que difficilement entrevoir le sac que j'étais venu récupérer. Enjambant tout cela du plus agilement que mes capacités me le permettaient, je pris possession du précieux, et me félicitai oralement de mon bon sens, qui m'avait poussé à le préparer alors que l'heure de mon départ s'annonçait lointaine. Avec un sourire léger, je songeai avec nostalgie à toutes ces années durant lesquelles je m'étais morfondu, attendant avec une patience en decrescendo le jour de mon départ. Finalement, ces quatorze années de délai avaient pris l'avantage de faire germer en moi la hâte, et de faire du jour J le plus beau de ma vie.
-Ça se trouve, ça valait le coup... Mais je suis pas fâché de partir ! conclus-je, avant de me rappeler la présence de Gruikui au rez-de-chaussée, et non pas à mes côtés.
Je chargeai mon épaule droite de la bretelle unique de mon bien, et pris la route pour la sortie. Mon regard s'attarda sur la guitare plaquée contre le mur, restée après la bataille de la veille dans un état miraculeux. Au vu des conditions géographiques du pays, l'embarquer dans le voyage revenait à faire un tour du coin en quatre-vingt ans. Arceus, que m'avait-il pris de ne pas apprendre la flûte à bec, comme tout le monde ? Ah oui, c'est vrai, j'en oubliais à quel point la pratique de cet instrument s'apparentait à de la torture soufflée. Au pire, l'on aurait pu inventer la guitare pliante.
-Bon, ben, à plus, ma belle !
Bien que conscient qu'elle n'avait ni la vue, ni l'ouïe, je lui adressai un petit signe de la main, et allai rejoindre le rez-de-chaussée. Juste le temps de descendre la dernière marche des escaliers, je tombai sur le spectacle de l'embrasement du canapé, seconde édition. Décidément, ce voyage initiatique s'annonçait enflammé. Sans mauvais jeu de mot.
Ou pas.
Dès que j'eus salué ma mère, je sortis de ma maison suivi de Gruikui, non sans faire évacuer d'urgence une nuée de Poichigeon. Bianca se trouvait justement face à l'entrée, équipée d'une sacoche dont le vert s'accordait avec la couleur spécifiquement végétale de Vipélierre. Ce dernier se tenait debout sur l'épaule de sa dresseuse, ses bras croisés et son visage marqué d'une indélébile expression blasée.
-Salut Bianca ! Salut Vipélierre !
Si la première répondit avec entrain à cette salutation, ce ne fut pas le cas du second, qui détourna la tête sans mot dire.
-Grui ? fit mon propre Pokémon, sautillant sur place pour se retrouver à la hauteur de celui qu'il voulait comme interlocuteur.
-Oh, coucou Gruikui ! s'écria Bianca, tentant tant bien que mal de l'intercepter dans ses bonds. Oh... Ludwig, ton Pokémon est si mignon !
-Gruik ! fit le concerné, ''bombant le torse'' avec ses moyens du bord.
Une fraction de seconde après, elle m'empoigna la main pour me guider à la sortie du village.
-Viens voir, c'est par ici ! m'annonça-t-elle, me guidant auprès de Tcheren, qui se faisait visiblement limer les semelles par le coupillage de Moustillon.
-Wow, Spock, ton Pokémon a appris l'attaque Aiguisage ! m'exclamai-je en désignant la loutre à la coquille.
-Qu'est-ce que tu peux être con... soupira-t-il, une nouvelle fois vert feuille de jalousie face à ma répartie du tonnerre.
-Merci, Tcheren.
-C'était pas vraiment un compliment.
-C'était pas vraiment un merci.
Fier, je croisai mes bras, attendant la suite du dialogue... en vain. Je venais définitivement de marquer un point.
-Pardon, Spock, c'était tentant. Au fait...
-Hellooo les jeunes ! coupa la voix du Professeur.
Debout au milieu de la cambrousse, elle agitait sa main dans l'espoir, à présent accompli, d'être repérée. Nous l'approchâmes, à la course comme à la marche selon la personne. Après de brèves salutations, et des remarques quant aux attaques apprises par nos starters entre la veille et le présent, Keteleeria se décida à nous faire la démonstration de la capture d'un Pokémon. Gruikui se jeta devant moi, se plaçant aux premières loges pour ce spectacle intrigant. Je m'assis donc au sol mousseux sans plus d'hésitation, suivi de Bianca, puis finalement de Tcheren. S'il y avait une chose que je détestais plus encore que l'attente, c'était l'attente debout et immobile.
-Ben alors, on me croit pas capable de capturer rapidement ? s'étonna le Professeur. Allez, regardez bien !
Elle désignait un Ratentif qui, à demi-caché derrière le tronc d'un arbre, nous fixait de ses yeux dont la teinte rougeâtre lui donnait des airs de toxicomane.
-Attentions les mirettes... Go, Chinchidou !
D'un lancer de Pokéball, elle laissa le Pokémon Chinchilla se matérialiser à ses pieds.
-Étape number one ! Un Pokémon en pleine forme est trèèès difficile à capturer. Ce qui signifie que la première chose à faire est...
-..de l'affaiblir, répondit Tcheren dans un soupir. C'est élémentaire.
-Ouiii ! Et c'est ce que je vais faire maintenant, attention, attention ! Chinchidou, attaque Écras'Face !
Le rongeur ne se fit pas prier, et se jeta littéralement sur son adversaire, le gratifiant sans autre préavis que l'ordre donné par sa dresseuse d'un coup qui eut le don de quasiment l'assommer. En guise de seule opposition, Ratentif lança une attaque Groz'Yeux, erreur fatale. Au vu de la puissance déployée par son adversaire, jamais il n'aurait le temps d'en bénéficier des effets.
-Étape number two ! Quand le Pokémon est suffisamment affaibli, c'est le moment de...
-...lancer une Pokéball, coupa Tcheren. Merci, mais je le savais déjà.
-C'est exact ! Et... c'est ce que je vais faire !
Keteleeria tira avec vivacité l'objet de la poche de sa blouse, le brandit fièrement, avant de viser le sauvage, qui à présent tenait à peine debout. Alors que la balle s'approchait à une vitesse ninjaskesque de sa cible, Gruikui se releva soudain, et laissa de son groin découler des gerbes de feu qui fusèrent en direction du Ratentif, achevant de le faire basculer dans les Mepo.
-Moustillon ! s'exclama celui-ci, frappant son coupillage de par ses pattes en guise d'applaudissement.
-Vipélierre... soupira le Serpentherbe.
-Gruikui !
Ce n'était pas là le cri de mon Pokémon, mais bel et bien le mien. Ne savant que penser de cette intervention des plus inattendues, j'allai tenter de le rattraper, tandis que la Pokéball terminait la capture du Ratentif.
-Je suis désolé, Prof... hé, reviens ici, toi ! C'est la troisième fois depuis ce ma... Aïeuh !
Je venais de splendidement me vautrer dans les hautes herbes, trébuchant sur la balle qui à présent contenait le malchanceux Ratentif. Keteleeria m'aida, tout en ramassant l'objet de la capture, à me relever.
-Çe ne fait rien, Ludwig. Ce sont des choses qui arrivent !
-Merci, professeur ! Gruikui ?
Tête basse, mon Pokémon se rapprocha, d'une lenteur contrastant terriblement avec sa vivacité ordinaire.
-Excuse moi... murmurai-je tout en lui frottant la tête. Je crois qu'à ta place, j'aurai réagi pareil.
-Je te le confirme, commenta Tcheren.
-N'écoute pas Spock, ok ? Allez, mon gars, en route pour Arabelle !
Je me remis en route, du moins, je tentai de le faire, puisque Keteleeria m'attrapa par la manche, pour me tendre un lot de cinq Pokéballs.
-C'est mieux d'en avoir pour capturer, non ? Tcheren, Bianca, prenez en vous aussi ! Bon, je pars devant, à tout à l'heure !
Elle rappela Chinchidou et quitta donc les lieux, nous laissant tous trois, tous six plus exactement, entre nous. Tcheren fut le premier des deux à se relever. Essuyant d'un unique geste les crasses accumulées sur son pantalon, il clama qu'il était temps pour lui de partir à Arabelle.
-Euh... bonne idée ! fit Bianca. Et puis... si on va pas à la prochaine, on pourra pas acheter d'autres Pokéballs.
-Et on pourra surtout pas voyager, rajoutai-je.
-Oui, c'est vrai ! Oh... une seconde !
-Quoi ? fit Tcheren, interrompant la marche qu'il avait d'ores et déjà entreprise.
-J'ai une bonne, euh... idée !
-Ne restons pas plantés là, on va faire attendre le Professeur !
-Mais euh ! Écoute un peu !
-Laisse-la parler, Spock, murmurai-je. Moi, je veux bien écouter.
-Merci, Ludwig. Et si on faisait une compétition sur le nombre de Pokémon qu'on capture avant la prochaine ville ? En incluant celui que le Professeur a donné, celui qui en a le plus avant Arabelle a gagné !
-Gégé ! approuvai-je, donnant d'autant plus de sens à ma phrase que je levai mon pouce à ce moment-là.
-Bianca... Mais c'est une vraie bonne idée ! s'en étonna presque Tcheren. Et intéressante, en plus. Qui plus est, nous remplirions plus de pages du Pokédex, ce qui aiderait le Professeur.
Sur cet objectif général fut officiellement lancée l'exploration de la Route 1. Bianca partit loin devant, me laissant seul avec Tcheren.
-Tu as vraiment besoin de rester avec moi ? Pourquoi tu ne la rejoins pas ? m'interrogea-t-il.
-Je pourrais te poser la même question, figure toi... mais je saurais déjà la réponse.
D'un geste que je devinai nerveux, mon ami ajusta ses lunettes, et tourna la tête d'un air dédaigneux.
-Tu sais très bien que c'est faux.
-Non, tu sais très bien que c'est vrai. J'ai raison, et tu le sais. Tu le sais, mais tu ne veux pas te l'avouer.
Un ange passa, tandis que Tcheren fronçait les sourcils.
-Tu as peur, déclarai-je.
-C'est faux. Qu'est-ce qui a bien pu te mettre en tête que...
-Toi. C'est toi qui me l'as dit. Je ne sais pas quel Dardagnan t'a piqué pour que ça arrive... mais tu me l'as dit.
-Ludwig. Arrête...
-Tcheren... C'est notre petit secret, et tu le sais. Mais je serais toi, je ferais en sorte que ça ne le soit plus.
-Sauf que tu n'es pas moi, jusqu'à preuve du contraire. Et que tu ne peux pas comprendre.
-C'est quand même pas si difficile.
Il se frappa le front du plat de sa main.
-Écoutes, Tcheren... Je suis sûr qu'elle aussi, elle t'aime. Mais si tu ne prends pas les choses en main, le vent pourrait tourner sans que tu t'en rendes compte.
Voyant qu'il s'éloignait de plus en plus, je tentai de le rattraper, et finis par conclure la discussion.
-T'as gagné ! À partir de maintenant, j'arrête de m'en mêler, et je te laisse prendre tout ça en mains.
-C'est pas trop tôt...
Voyant que l'atmosphère était à nouveau à l'embarras, je m'empressai de passer du Galifeu au Sapereau.
-Bon, ben moi, je vais capturer ! Ah, au fait, Spock ! Je voulais te demander : comment on dit quand on est relié corps et âme avec son Pokémon ?
-On dit qu'on est en osmose. Bon... j'y vais aussi... à plus.
Disant cette dernière phrase, Tcheren respirait l'embarras, et c'était indéniable. Malgré mon importante part de responsabilité dans son trouble, je tentais du mieux que je le pouvais de ne plus y repenser, et arpentais à présent la route en quête de Pokémon. Gruikui toujours à mes côtés, toujours aussi en ''osmose'', comme le disait si bien mon cher Spock, je guettais attentivement les apparitions de sauvages. Selon mon Vokit, il était près de onze heures. Ma carte, elle, me soufflait que la présence d'une rivière à mes côtés signifiait que je venais de parcourir une bonne moitié de la route.
L'eau attira irrémédiablement mon regard, aussi, je m'empressai de vérifier si, à travers le voile aquatique, des Pokémon étaient présents. Une horde de poissons verts munis de piquants dorsaux confirma mon intuition, aussi je décidai de faire de l'un d'eux mon nouveau partenaire. Ni une, ni deux je me débarrassai de mon sac, décrochai mon Vokit et ôtai la majeure partie de mes vêtements, préservant néanmoins ma plus stricte intimité. Une Pokéball vide à la main, je me laissai glisser dans le courant d'eau fraîche, profitant avec bonheur d'une rupture avec le cagnard ambiant. Je fis signe à Gruikui ne pas me rejoindre. Pour lui, j'étais en terre ennemie.
Je jetai un œil à la horde, qui semblait ignorer ma présence. M'avançant encore un peu, je pris une grande respiration avant de les rejoindre dans les profondeurs. L'un d'eux remarqua rapidement ma présence, qu'il signala rapidement à ses confrères.
-Bargantua ! grogna le premier, ne tardant pas à me prendre en chasse, et pas de la manière la plus affectueuse qui soit.
Manquant d'oxygène, je sortis ma tête du dessous en vitesse. Ma Pokéball toujours en main, je guettai la présence du Bargantua, que je ne tardai pas à sentir sur ma cheville... Et d'une façon trop mordante à mon goût. Dans la panique, je tentai de courir... et courut comme court un garçon dont la cheville est coincée entre les dents d'un Bargantua sauvage, hargneux et berserker à souhait.
-Aïeuh ! Allez, rentre, ça te changera les idées !
Je lui lançai la Pokéball en pleine face, libérant ainsi ma jambe, à mon grand soulagement. J'effectuai quelques pas en arrière, observant en silence la balle trembler. Elle vacilla une fois... deux fois... trois fois...
-Rentre... rentre...
Pour se briser avec violence, et libérer Bargantua.
-Et merde... bon, Gruikui, on s'en va !
-Kui !
Visiblement, mon Pokémon ne l'entendait pas de cette oreille. Alors que je venais de quitter la rivière, sautant dans mes vêtements et me munissant de mon sac, lui s'y jetait sans réfléchir.
-Gruikui, reviens !
Une Charge émana de mon Pokémon, stoppée par le Pistolet à O ennemi. Sans se démonter malgré la perte d'énergie notable, Gruikui réitéra son attaque, bondissant sur le dos de l'ennemi. De sa propre Charge, Bargantua parvint néanmoins à faire basculer mon starter dans son élément ennemi. Sans tenter de lancer une seule autre Pokéball sur cet impertinent, je rappelai Gruikui à la sienne. Un regard amer fut lancé à Bargantua, tandis que je me lançai à toute vitesse, sprintant vers Arabelle. Aux portes du village m'attendaient Tcheren et Bianca. Cette dernière s'empressa de prendre la parole.
-Alors Ludwig ? On compare qui a le plus de Pokémon ?
-Pas le temps ! Faut que je trace !
-Mais euh ! Attends nous au moins ! Alors, t'as attrapé quoi ?
-Juste des ennuis !
Mes deux amis se lancèrent eux aussi dans ma course infernale. Alors que sur nos Vokits, le Professeur nous invitait à la rejoindre au Centre Pokémon d'Arabelle, nous avions pris nous même l'initiative de nous y rendre.
-Mais Ludwig, fit Tcheren, visiblement remis de son trouble. Tu peux nous expliquer ce qui s'est passé ?
Avec une moue penaude, je me lançai dans le récit de ma mésaventure. C'est au beau milieu de ma narration que nous atteignîmes enfin bâtiment promis.
