Chapitre 5 pour vous mesdames et messieurs ! Héhé. Un grand merci à tout nos reviewer, ça nous fait énormément plaisir, et ça nous pousse à continuer ! :)
En tout cas, une brève information que j'avais omis de préciser au premier chapitre : Ery n'est pas le "demi-frère" d'Ed, dans cette fic. On s'est plus inspiré de sa forme dans le manga, ce qui expliquerait quelques détails que vous verrez peut-être dans ce chapitre :). Donc voilà, encore un grand merci, et si vous êtes toujours partant, eh ben... bonne lecture ! ;)
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Chapitre 5
Révélation
– POV Edward –
J'ignore totalement ce qui me prit de répondre à ce baiser. Ce n'était pas voulu, pas du tout. C'était seulement… instinctif. J'avais été surpris par sa demande, par le ton charmeur de sa voix déstabilisante, par son odeur enivrante, par ses yeux magnifiques, par ses lèvres irrésistibles. Il s'était penché, je n'avais pas bronché, et j'avais répondu. Je répondais toujours, d'ailleurs. Coincé contre le mur, tout son être me faisant barrage, je ne pouvais m'enfuir. De toute manière, je n'en avais pas envie. Il était penché vers moi, yeux clos, ses cheveux de jais retombant sur mes propres bras, son corps musculeux collé au mien, sa bouche délicieuse encerclant la mienne sans lasse, dans de doux mouvements délicats, inlassables. Je le sentais surpris de mon audace, de mon répondant, mais je n'avais ni la force ni l'envie de lui résister, aujourd'hui. Malgré moi, malgré ma répulsion pour le fait qu'il s'agisse d'un homme, Ery était et demeurait toujours pour moi l'être le plus fascinant que la Terre aie porté, et je ne pouvais luter plus longtemps contre cette force inconsciente qui me poussait jusqu'à lui, bien que je ne le supportais pas.
A ma grande surprise, ce fut lui qui rompit notre échange, éloignant de quelques infimes centimètres son visage, se contentant de laisser reposer son front contre le mien, ses yeux d'améthyste plongés dans mon regard un peu perdu. Je ne savais plus où j'étais, ce que je faisais ; ce qui était bon, pas bon ; bien, pas bien ; je n'avais plus aucune conscience de mes gestes, de mes envies, et peut m'importait en cet instant qu'il soit un homme, ou bien même qu'il soit humain. Pour l'instant, seules ces deux perles violacées comptaient, et pour rien au monde je ne me serais lassé de les observer.
Ce fut sans doute pour ça que, lui comme moi, ne vîmes pas le temps passer et sursautâmes de stupeur lorsque les cloches abrutissantes qui faisaient office de sonneries retentirent autour de nous, provoquant quelques amas de bruissement de chaises aux étages inférieurs, et l'élévation de voix surexcitées et innocentes. Au bout d'un moment, Ery fini par se rendre compte de la position étrange que nous abordions, et il s'éloigna vivement de moi, bondissant en arrière avec l'agilité d'un chat, la mine vraisemblablement dégoûté et furieuse. Il était indigné de ce que nous avions fait, de ce qu'il avait engendré, et ce fut sans doute pour cette raison qu'il ne m'hurla pas dessus immédiatement. Aussi choqué l'un que l'autre, nous nous dévisageâmes avec gravité un long moment, deux mètres nous séparant, jusqu'à ce que des pléiades de talon se rapprochent dangereusement de nous, et que Rose n'apparaisse dans l'embrasure des doubles portes.
- Ed… Ery…, haleta-t-elle, visiblement à deux doigts de recracher ses poumons. Je… vous aie… cherché… partout… !
Il y eu encore un court silence, et je fus le premier à retrouver un peu de contenance, bien que mon attitude débile me sidérait :
- C'était inutile, Rose, soufflai-je alors, m'avançant vers elle en souriant gentiment. Il n'allait rien m'arriver.
Sans même le regarder, je sentis Ery se raidir dans mon dos, et alors que la jeune femme semblait incapable de me répondre correctement, je l'empoignai doucement par le bras et m'éloignai, empruntant vivement les escaliers, sans un mot de plus au jeune homme resté silencieux.
Machinalement, presque inconsciemment, je rejoignis mon bureau, dans lequel Rose entra sans vraiment y avoir été invitée, me dévisageant curieusement. Il fallait que je remette de l'ordre dans mes idées, et vite, avant qu'elle ne se doute de quelque chose.
- Ed, est-ce que tout va bien ? fini-t-elle par demander, ayant reprit son souffle lorsque nous avions descendu silencieusement la colonie de marches.
- Hmm ? Euh, oui, bien sur, pourquoi cette question ?
J'essayais de gagner du temps, ne sachant absolument pas quoi dire, faire, planté là comme un idiot face à elle. Elle me détailla scrupuleusement, puis répondis enfin :
- Tu as l'air… complètement déboussolé. Qu'est-ce que Ery t'as fait ?
- RIEN ! hurlai-je, incontrôlable.
Elle sursauta, surprise de ma réaction un brin excessive. Aussitôt, je me repris :
- Je… je veux dire… il ne s'est rien passé... qu'est-ce que tu vas imaginer… ?
Mon Dieu. Mon jeu d'acteur était pitoyable.
- Ed… tu n'as vraiment pas l'air bien, tu devrais te reposer…
J'avais embrassé Ery. J'avais embrassé un homme. J'avais aimé ça… Qu'est-ce qui m'arrivait ? Pourquoi ? Pourquoi est-ce que cela me troublait autant ? Pourquoi un simple baiser me donnait la sensation d'avoir abattu un mur invisible entre Ery et moi, un mur important, son absence me faisant l'effet d'être mi à nu devant lui, de lui dévoiler mes sentiments sans vergogne, de me laisser observer sans relâche, de lui dévoiler une intimité qu'il ne devait pas connaître… ? J'avais peur. Peur de ce que je ressentais, peur de ce qu'il ressentait, peur de ce qui allait m'arriver, peur de ce que je risquais de faire. J'avais peur de lui, aussi. Je savais qu'il n'était pas celui qu'il prétendait être, et de tout les points de vue, je ne pouvais me détacher de l'idée qu'il s'agissait de quelque chose de peu glorieux, d'effrayant même, qui réduirait sans doute notre « relation » à néant. Je ne comprenais pas mes sentiments envers lui, je ne comprenais pas ces pulsations incertaines et ces frissons incommodes qui me traversaient, mais quoiqu'il en soit, je n'avais pas le droit à tout ça. Je me l'interdisais formellement.
- Ed… ?
Sur ces paroles mentales presque encourageantes, je relevai les yeux vers elle, et la découvrais bien plus près de moi que je ne l'aurais imaginé, trente petits centimètres nous séparant encore. Trente petits centimètre qu'il m'aurait été facile de réduire à rien. Trente petits centimètres capitaux pour ce qu'il adviendrait de ma relation avec Rose, et même avec Ery. Trente petits centimètres qu'il aurait été particulièrement facile de franchir dans l'état presque léthargique dans lequel je me trouvais, mais que je me devais de respecter, ne pouvant envenimer plus encore ma piteuse situation.
- T'inquiète, Rose, juste un horrible mal de crâne. Tu as raison, je vais me reposer.
Elle m'illumina d'un sourire tendre et prit elle-même la décision de sortir. Titubant à chacun de mes pas, je me dirigeai avec difficulté jusqu'à ma chambre, ne pris même pas la peine de retirer mes chaussures et m'affalai sur mon lit, priant pour qu'une bonne nuit de sommeil me permette d'appréhender les temps à venir avec plus de calme et de sérénité…
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Une semaine et demie s'écoula depuis cet évènement. Il nous avait tant choqué, Ery et moi, que nous ne nous adressâmes presque pas la parole, excepté les fois où je devais l'interroger en cours, ou bien lors de nos réunions de délégués avec Rose. Hormis ces moments, pas une seule fois nous ne nous étions retrouvé seuls, tous les deux, et je ne m'en plaignais pas. Plus il était loin de moi, mieux je me portais – et il semblait du même avis.
Par conséquent, nous étions le 10 décembre, et l'hiver qui nous affrontait n'y allait pas de main morte. Malgré que nous fûmes entouré de désert, la température semblait chuter de seconde en seconde, et la bâtisse était tant surchauffée qu'à peine je faisais un pas dehors, j'avais la sensation que me transformer en iceberg.
Je prenais donc mon petit déjeuner, ce jour là, seul à ma table, que Lin me rejoint bientôt, tout sourire – comme d'habitude. Ses yeux bridés et ses longs cheveux de jais raides comme des bâtons associés à son air continuellement jovial avait tendance à m'exaspérer, même si je l'appréciais beaucoup (il était rentré une semaine et demie auparavant). Comme d'habitude, il avait remplit son plateau à ras-bord, engloutissant la nourriture par tonne, et alors qu'il mordait avidement dans un morceau de pain beurré, il s'enquit :
- Tu vas bien ?
- Ouais.
- T'es vraiment pas du matin, toi, constata-t-il d'un ton morne mais moqueur.
- Nan.
En effet, je n'aimais pas que l'on me saoule dès le matin, et c'était une des raisons pour laquelle je ne parlais que très peu. Lin le savait, et il en profitait. Chaque jour. Voilà pourquoi, tous les matins depuis qu'il avait débarqué, je me précipitais dans mon bureau d'une humeur exécrable parce que je n'avais pas eu la patience de finir mon petit dej' en sa compagnie, et qu'il me fallait me contrôler avec force pour ne pas lui coller mon poing dans la figure.
Alors que j'enfonçai avec rage mes dossiers dans ma serviette en prévision du cours de l'après-midi, on frappa à ma porte, et sans même me retourner j'autorisais l'importun à entrer. Sans mal, je reconnu les tambourinements peu discrets des pas lourds d'Alphonse, et c'est un peu plus détendu de le savoir près de moi que je me retournai vers lui, collant un faux sourire sympathique sur mon visage.
- Al ! Qu'est-ce qui t'amène ?
- Je voulais simplement savoir si tout allait bien.
Interloqué, je répondis :
- Oui, tout va bien, pourquoi ?
- J'sais pas, depuis quelques temps tu as l'air… ailleurs. Tellement ailleurs que tu ne sembles pas beaucoup t'intéresser aux étranges phénomènes de Willy d'il y a presque deux semaines.
Honteux, je me raidis devant cette accusation véridique, et balbutiai piteusement :
- Ce… c'est vrai, je… je m'excuse. C'est que Mustang veut du travail de qualité pour ces mioches, donc je dois… je dois beaucoup travailler pour leur fournir un cours digne de ce nom, et puis à côté il y a les recherches sur la Pierre, donc, euh… je n'ai plus beaucoup de temps…
Pi-to-yable. J'étais pitoyable. Pourquoi ne pas parler de mon problème avec Ery ? Après tout Alphonse était mon frère, je pouvais tout lui dire… Ou presque. Je sentis son regard peser sur moi quelques instants, puis il se rapprocha doucement et se posta fièrement face à moi. Surpris, je relevais les yeux vers son visage de ferraille, et il lança doucement :
- Tu sais, Ed, s'il y a quelque chose qui ne va pas, tu peux m'en parler.
- Mais… mais tout va bien, mentis-je, bien malgré moi.
- Tu es vraiment sûr ? Depuis que nous sommes ici, tu ne me parles presque plus, j'ai l'impression que tu me caches des choses et ça m'inquiète.
Le pauvre. S'il savait !
Je me redressai doucement et tapotai brièvement sur sa carcasse vide, affirmant gentiment :
- T'inquiètes, vas, je vais bien. Concentres-toi sur ces mioches, je m'occupe du reste.
- Mais, Ed…
Je ne lui laissai pas le temps de contester car j'avais déjà enfilé mon manteau, pris un bonnet, des gans et une écharpe et sortis de la chambre d'un pas rapide. Il fallait que je prenne l'air, absolument. Mentir à mon frangin était une chose, mais lui promettre d'être capable d'éclaircir des points d'ombre qui m'effrayaient rien qu'à y penser en était une autre.
Affrontant le vent glacé du début d'hiver, je fus assez content de trouver de faibles petits amas de neige éparpillés un peu partout ; pas bien épais, mais là tout de même. Enfonçant correctement mon bonnet sur mon crâne et remontant mon écharpe jusqu'à mon nez, je me dirigeai d'un pas décidé au fin fond du jardin, histoire d'être sûr d'obtenir la tranquillité. Mais, bien évidement, mes efforts furent réduits à néant lorsque, arrivé près du saule-pleureur que j'avais élu comme « endroit paisible et tranquille », j'y trouvais Ery, appuyé contre le tronc, simplement vêtu de son éternel sweet rouge bordeaux trop grand et d'un pantalon large. Il jouait à faire fondre des boules de poudreuse dans sa main nue – l'autre encore recouverte d'un plâtre. Merde… mais pourquoi ne se couvrait-il pas plus ?! Il cherchait la mort ou quoi ?!
- Dégage, sale mioche, lança-t-il sans lever les yeux vers moi, ce qui me fit soupçonner qu'il ne m'eut pas reconnu.
J'hésitai un instant entre lui obéir innocemment ou bien rester planter là, mais mes jambes refusant catégoriquement de bouger prirent la décision elles-mêmes.
- 'Tain, t'es sourd, je t'ai dit de…
Ery s'était stoppé net en se tournant vers moi, et je pus lire dans ses yeux tout un déferlement de sentiments différents : la surprise, la tristesse, la joie, l'excitation, la peine, et enfin la colère.
- Ery…
- Ce que j'ai dit s'adressais aussi à toi, le nabot : dégage de là.
J'eus envie de lui obéir, mais à nouveau une force inconnue me poussa à rester. Constatant mon immobilité et mon manque évidement de répondant, il se leva à son tour et me domina des quelques centimètres qu'il possédait de plus que moi, crachant ensuite :
- Qu'est-ce que tu veux ?
Je déglutis avec peine, me retrouver seul face à lui depuis presque deux semaines me déboussolant quelque peu, et répondis enfin :
- Je… j'ignorais que tu étais ici.
- Alors pourquoi tu t'en vas pas ?
- Je… j'en sais… rien…, avouai-je pitoyablement, mes yeux ne pouvant quitter les siens.
Il parut surpris et me dévisagea longuement. Puis, sans que je ne m'y attende, m'enfonça son poing dans l'abdomen, me projetant au sol avec violence. Le souffle coupé et des étoiles dansant devant les yeux, je m'écriai :
- Mais qu'est-ce qui te prend, bordel ?!
Il ne me répondit pas immédiatement et m'empoigna par le col, pour me flanquer son poing dans la figure avec brutalité. Sonné, je sentis du sang se déverser dans ma bouche, et il me projeta contre le tronc, le visage figé dans l'impassibilité, ses longs cheveux noirs voletant gracieusement à tous ses mouvements. Il commençait d'ores et déjà à se ruer sur moi qu'instinctivement je transmutai un mur de terre enneigée entre lui et moi, ce qui lui valu de se le prendre en pleine face, laissant retentir un gros « boum » sourd mais distinct. Je le sentis tomber à la renverse, déséquilibré, et je fus à peu près certain qu'il ne reviendrait pas à la charge après ça. De ce fait, je fis disparaître le muret et lui fit face, le souffle encore difficile, mais le transperçant tout de même d'un regard incompris alors qu'il était allongé au sol.
- Ne me regarde pas de haut, pousse de soja ! haleta-t-il, vraisemblablement furieux.
- J'ai pas le choix, t'es par terre, soupirai-je.
Il grogna des jurons dans sa barbe mais ne se releva pas pour autant. Je sentais pour lui la neige s'engouffrer dans sa nuque et tremper ses cheveux, et m'étonnai à nouveau de son inconscience vis-à-vis du temps glacial qui nous entourait.
- Tu vas attraper froid, habillé comme ça.
- Ta gueule.
J'encaissai sans broncher, mais me décidai enfin à m'en aller, sa visiblement mauvaise humeur ne m'enchantant guère. Alors que je m'éloignais d'un pas lourd, le visage frigorifié, il lança :
- Pourquoi tu m'évites ?
Je me stoppais net, interloqué. Faisant volte-face doucement, je constatai qu'il ne me regardait même pas, toujours allongé, les yeux braqués vers le ciel, les trais indéchiffrables.
- Devines.
Il fronça les sourcils et m'observa enfin, semblant tenter d'entrer dans ma tête à la manière d'un télépathe. Finalement, il se releva, s'épousseta un instant et se remit face à moi, nos visages séparés d'encore une vingtaine de centimètres. Mon cœur s'emballa mais je ne reculai pas, le défiant de répondre calmement, d'analyser la situation avec intelligence.
- Qu'est-ce que tu croyais, microbe ?
Surpris, je ne su pas quoi répondre immédiatement. Il avait un air agressif, arrogant et mesquin sur le visage, mais tout cela sonnait faux. J'avais la quasi-certitude qu'il mentait, et pourtant il m'effrayait.
- De qu…
- Tu crois vraiment que je t'ai embrassé par envie ? Tu crois que tu me plais ? Que j'ai envie de toi ? Eh ben tu te trompes !
A ma grande surprise, je sentis poindre en moi une tristesse incontrôlable que je refusais d'écouter. A la place de ça, je répondis :
- Je n'ai jamais… jamais cru ça…
- Menteur !
- P-pas du tout !
- Alors pourquoi tu as l'air si déçu ?
- Je… je ne suis pas déçu, abruti ! m'emportai-je, les mensonges ne me réussissant pas trop, ces temps-ci.
Il me dévisagea longuement, puis, sans que je ne m'y attende, passa a main derrière ma nuque et aplatit ses lèvres contre les miennes, assez tendrement néanmoins pour que mes jambes trembles de désarroi. Le souvenir des jours précédents me revenant en mémoire, la douceur de cette bouche s'empara de moi à nouveau, et je ne pus bien longtemps me battre contre l'envie qui me poussais à répondre à ce baiser, à ne plus rien penser, à oublier pourquoi j'étais ici et ce que je faisais. Ce fut le ricanement d'Ery qui me fit reprendre pied, alors qu'il s'éloignait doucement de moi. Là, je pris l'ampleur de la gravité de la situation, de mon comportement débile, et du fait que cet homme était délibérément en train de se foutre de moi…
- Pourquoi tu ris ? sifflai-je, acide, en me reculant.
- Parce que j'ai raison : tu es déçu que tu ne me plaises pas.
- Sûrement pas ! affirmai-je, catégorique (plutôt mourir que de l'avouer devant lui).
Je commençai à m'en aller, frustré, qu'il me rattrapa et m'empoigna par le bras pour me coincer brutalement entre lui et l'arbre, collant à nouveau son front contre le mien, ricanant sournoisement. Bordel, qu'est-ce qu'il foutait ?!
- J'ai donc réussis ma mission, souffla-t-il, son halène me donnant le tournis.
- Quelle mission ?
- Celle de traumatiser tous les profs d'alchimie qui débarquerait ici. Toi, tu étais plutôt coriace, mais t'es vraiment trop sensible. Trop manipulable. Et finalement ça a presque été facile.
Une boulle de fureur monta jusqu'à ma gorge, et j'allais lui enfoncer mon poing dans le bide qu'il retint mes poignets de sa main non-plâtrée pour les placer au dessus de ma tête. Je me débâtis encore quelques instants qu'il se colla honteusement à moi et plaça sa tête dans ma nuque recouverte de mon échappe, pour souffler chaleureusement, son autre main glissant le long de mes flancs :
- Sauf qu'il y a eu un bug dans le programme.
J'agitai encore les épaules pour tenter de le repousser qu'il réduit tous mes efforts à néant en s'appuyant plus encore contre moi, et je me vus contrains de demander douloureusement, étouffant presque :
- Lequel ?
Sans même le regarder je sentis un immense sourire se dessiner sur son visage, et il remonta lentement jusqu'à moi, ses lèvres incandescentes chatouillant ma peau à mesure qu'il se mouvait, et enfin, arrivé jusqu'à mon oreille, il souffla sensuellement, manquant de me faire tomber à la renverse par son charisme incontournable :
- J'y ai pris goût.
Je sentis mes joues bouillir malgré la température ambiante, et balbutiai :
- Com… comment ça… ?
Il ne prit pas la peine de répondre par des mots et m'embrassa plutôt, déliant mes mains pour passer la sienne derrière ma tête, l'autre ayant vraisemblablement entreprit de déboutonner mon manteau. Je tentais encore un instant de me débattre mais il me maintint de force contre lui, et une fois que le pardessus fut complètement ouvert je sentis sa main glacée glisser sous mon gilet, et un torrent de frissons incontrôlables m'échappèrent. N'ayant plus la force ni l'envie de lutter, je le laissais faire, ses mains sans doute expertes sillonnant mon buste, ses lèvres emprisonnant les miennes avec agilité, ma tête me tournant atrocement. Sa main glacée avait commencé à enjamber mon t-shirt pour s'attaquer à ma peau directement que des pas précipités nous parvinrent, et une voix aiguë reconnaissable entre mille lança :
- Edward, t'es là ?!
Ery s'écarta de moi en sifflant entre ses dents « je crois que je vais vraiment finir par la flinguer… », et alors que Rose nous apercevait enfin, le jeune homme m'enfonça son poing dans le ventre, me pliant de douleur. Elle hurla de surprise, et Ery répondit à mon air interrogateur masqué par les larmes de douleur en m'empoignant par le col et soufflant sournoisement :
- Je te sauve la mise, là, alors joues le jeu.
Comprenant où il voulait en venir, j'en profitai pour lui asséner moi aussi un joli crochet du droit qui le projeta au sol avec brutalité, laissant son visage angélique se mouvoir dans une surprise certaine. Fier de moi, je ricanai et la jeune femme se précipita sur moi à cet instant :
- Edward ! Est-ce que ça va ?!
- Oui… Ça va… Mais qu'est-ce que tu fais ici ?
Je n'avais pu empêcher la teinte accusatrice d'accompagner ma demande, mais elle ne sembla pas s'en formaliser.
- Je te cherchais, j'ai cru que tu avais disparu…
- Il sort cinq minutes et il faut que tu viennes lui coller aux basques ? lâcha alors Ery, agacé. Mais t'es quoi, au juste ? Un caniche fana de son maître ?
- Moi au moins je ne profite pas du temps que j'ai avec lui pour le frapper ! riposta-t-elle en s'empourprant.
Ery laissa un rictus mauvais le secouer et il fini par se relever avec agilité, en répliquant :
- Rassures-toi, je ne fais pas que de l'abimer, ton précieux Edo.
Cette fois Rose et moi rougîmes à l'unisson – pas pour les mêmes raisons néanmoins – et il commençait à s'en aller, visiblement dégoûté, qu'arrivé au pied du rideau de feuilles que laissait pendre le saule-pleureur il fit volte-face et lança, un malicieux sourire en coin étirant ses lèvres parfaites :
- Au fait, Fullmetal Nabot, les cours particuliers commenceront ce soir. Je te rejoins dans ton bureau après le dîner.
Surpris, je ne sus tout de suite quoi répondre, ce qui lui permit de s'en aller rapidement, de sa démarche féline et sensuelle. Hébétés, Rose et moi restâmes un bon moment silencieux, à fixer l'endroit où il se trouvait quelques temps plus tôt, jusqu'à ce qu'elle fut la première à sortir de notre torpeur commune :
- Des… des cours particuliers ? Tu vas lui donner des cours en plus ?!
Elle semblait en colère…
- Euh… c'est lui qui veut… pas moi…
- Ce n'est pas autorisé !
Je fronçais les sourcils en me relevant distraitement, et finis par asséner :
- J'ai lu le règlement intérieur, et rien n'indique que je n'ai pas le droit d'aider un élève en difficulté en dehors des heures de cours habituelles. De plus, Ery est ici depuis un bon moment sans avoir réussit à remédier à ses problèmes, c'est une bonne occasion de le faire travailler un peu plus.
Après avoir sortit cela d'une traite, je me rendis compte de l'étrangeté de la situation : je venais non-seulement d'accepter d'aider Ery, et de plus j'exposais des preuves irréfutables qui me permettraient de bien donner lieu à ce cours. Mais qu'est-ce qui m'arrivait, bon sang… ?! Rose me dévisagea furieusement et je me relevais avec humeur, époussetant mes manches maculées de poudreuse d'un geste sec.
Nous échangeâmes quelques mots confus et d'un commun accord nous rentrâmes dans la bâtisse, tandis que je prenais conscience qu'il me serait impossible, avec ces deux là dans le coin, d'être tranquille dans cette Académie.
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La fin du dîner arriva trop vite à mon goût, alors que je traînais dans la cantine, prétextant d'attendre que Lin aie fini de s'empiffrer pour m'en aller. De ce fait, malgré moi, je dû supporter tout les flots de paroles du Xinois, jusqu'à ce qu'il regagne ses appartements à son tour et que je fis face à ma propre porte. Bien, Ery n'était pas encore arrivé, ça me laissait le temps de tout préparer. J'ouvris la porte d'un geste sec et manquai l'arrêt cardiaque en trouvant mon élève assis dans le fauteuil de mon bureau, les pieds sur ce dernier.
- Enfin là, Fullmetal ! Je commençais à m'impatienter.
Une fois que j'eus repris un souffle convenable, je roulai des yeux et refermai la porte avec brusquerie. Il ne cilla pas, et je m'avançai vivement vers lui, pour sortir les dossiers de mon sac.
- La boite de conserve est venue voir si tu étais là, mais je lui ai dis que tu me donnais des cours et qu'il ne fallait pas nous déranger, m'informa-t-il d'une voix traînante.
Je tressailli, le mauvais pressentiment me donnant mal au ventre.
- Il pouvait passer, c'est inutile de lui interdire de rentrer, grinçai-je.
Ery fut secoué d'un rictus machiavélique et se leva enfin, pour lentement contourner le bureau, alors que je ne lui accordais pas un regard, mes mains tremblantes comme des feuilles. Là-dessus, il m'empoigna l'épaule et passa une autre main sous ma cuisse pour me balancer assis sur le bureau. Ahuris, je me figeai de stupeur, et me reculais au possible alors qu'il se penchait honteusement vers moi :
- Non, moi je refuse qu'on nous dérange.
Il ne me laissa pas le temps de me débattre qu'il m'agrippa les poignets d'une main et colla ses lèvres sur les miennes, avec brusquerie et violence, mais suffisant à me donner le tournis. L'esprit tout de même plus clair que quelques heures plus tôt, je plaquais mes pieds sur son torse et le repoussais vivement, pour m'écrier ensuite :
- Tu es ici pour des cours particuliers d'alchimie ! Si tu n'es pas venu là pour ça, tu peux t'en aller !
Il poussa un long soupir résigné, et son regard se posa sur la porte clause de ma chambre à coucher. Mon mauvais pressentiment grimpa en flèche lorsqu'il s'avança vers elle d'un pas tranquille, et il actionna la poignée dans le vide, se rendant compte qu'elle était fermée. Un rictus narquois le secoua, et il railla en se tournant vers moi :
- Mais c'est qu'elle prend des précautions, la fourmi. Tu m'en veux pas, hein…
Sur ces dernières paroles, il s'éloigna d'un pas de la porte et j'étouffai un cri de stupeur lorsque son pied s'y écrasa avec puissance, détruisant la serrure sur le coup. Merde, mais d'où lui venait cette force herculéenne ?! Il pouffa de rire devant mon air choqué et ahurit, et s'élança vers moi avec la rapidité d'un félin pour m'empoigner par la taille et me jeter sur son épaule aussi facilement que s'il s'agissait d'un simple sac de farine. Humilié, mon visage s'écrasant contre son dos, mes jambes contre son torse, je tentai de me débattre mais je ne fus relâché que lorsque nous eûmes rejoint mon lit, me balançant dessus avec fougue. Ne prenant pas la peine de refermer la porte explosée, il se mit à califourchon sur moi, tandis que j'essayais vainement de me dégager, la panique me submergeant par à-coups.
- Dé-dégage ! m'époumonai-je. Je… tu n'es pas… arrêtes !
Son sourire sournois s'élargit, et il se pencha vers moi, m'embrassant à pleine lèvres, ses genoux bloquant mes bras de sorte que ses mains puissent s'enfoncer dans mes cheveux avec avidité. Mon cœur s'emballa aussitôt, et comme précédemment, je perdis bien vite mes repères, ma tête se mit à tourner, mon sang à battre contre mes tempes, mon corps à se couvrir de sueur… Il se rendit compte de mon trouble et en profita bien volontiers, délaissant ma bouche pour ma nuque, ses mains glissant tant bien que mal sous son buste pour tenter de m'ôter mon sweet, ses mouvements encombrés par ses jambes qui retenaient toujours mes bras. Je respirais avec difficulté, mais j'ignorai si cela était dû à son poids ou bien par le mélange de désir et de panique qui me submergeait. Quoi qu'il en soit, ses mains glacées sillonnant mes flancs et ses lèvres avides mordillant mon cou suffirent à me faire perdre la tête, et en un coup de rein je réussis à dégager mes bras, totalement contrôlés par mon désir, qui me poussèrent à agripper ses longues mèches brunes pour faire relever son visage vers le mien et aplatir sa bouche contre la mienne. Plus que ravi, Ery prit ses aises en reculant ses jambes, et ses mains m'arrachèrent mon sweet avec hargne, puis plongèrent sous mon t-shirt. Je frissonnai à ce contact mais ne m'arrêtai pas pour autant, moi aussi me perdant à faire glisser son gilet bordeaux le long de ses bras d'albâtre, totalement guidé par une audace donc j'ignorais, jusque là, l'existence.
Ery ne perdit pas de temps à me faire passer mon t-shirt par la tête qu'il le déchira d'un mouvement vif, pour le balancer au sol avec indifférence. Là-dessus, son visage plongea sur mon torse et j'étouffai un soupir incandescent, les ondulations de sa langue sur ma peau semblant laisser une trace brûlante sur tout mon buste.
Ce petit jeu dura plus ou moins longtemps, et il s'amusait à me faire languir, espérer, à remonter et à redescendre, plus bas, toujours plus bas, sans pour autant pousser les choses à leur maximum. Alors qu'un espoir malsain était monté dans ma gorge lorsqu'il avait frôlé l'ouverture de ma braguette avec les dents, je le sentis remonter à nouveau vers ma nuque, et un grognement mécontent et frustré échappa. Il releva la tête, à la fois surprit et amusé, et je ne pus me résigner à le regarder dans les yeux, la honte et l'indignation me brûlant les joues :
- C'est qu'il est impatient, le Fullmetal Nabot…
Je sentis à peine la pointe d'agacement qui percuta mon cœur à l'évocation de mon surnom, ce qui le rendit plus hilare encore. Se collant avec plus de sensualité que jamais contre mon buste, il vint se loger au creux de ma nuque, pour susurrer d'un ton charmeur :
- Dis-moi ce que tu veux que je fasse, et je le ferais.
Je fermai les yeux. Je ne pouvais pas… Il ne pouvait pas me demander ça. Me laisser faire, je pouvais. Mais exiger, c'en était trop, ma fierté ne le supporterais pas. Bon sang, j'étais sur le point de coucher avec un homme ! Et j'aimais ça ! La vison de moi le repoussant s'imposa à mon esprit, et ce fut comme si mon corps exprimait un refus général et catégorique, puisque mon bras se souleva de lui-même, ma main glissa le long de l'épaule du jeune homme, pour enfin arriver jusqu'à sa nuque, tirant son visage vers le mien une nouvelle fois, pour poser mes lèvres sur les siennes avec tendresse et passion. Je n'étais plus moi-même. Plus du tout.
Je sentis sa surprise sans même ouvrir les yeux. Il avait du quant à lui sentir la différence, et même le fait que je ne lui crie pas dessus était, en soit, étonnant. Il éloigna son visage du mien, me dévisageant presque avec curiosité, comme s'il découvrait une nouvelle facette de ma personnalité (ce qui était le cas, quand on y réfléchissait). Timidement, je lui souris, et il comprit le message aussi bien que si je l'avais expliqué par des mots : je ne lui demanderais rien, jamais, mais il pouvait faire de moi ce qu'il désirait.
Un immense sourire satisfait étira son visage – pas un sourire narquois, moqueur, sournois ; c'était un vrai sourire, authentique. Autant dire que mon corps s'emballa aussitôt, mes mains agrippèrent ses cheveux pour qu'il m'embrasse, et c'est bien volontiers qu'il s'exécuta. Un moment plus tard, son visage redescendit le long de mon abdomen, le sillonnant dans les moindres recoins par ses lèvres expertes, et enfin il délia la boucle de ma ceinture et ouvrit la braguette de mon pantalon, pour qu'en un instant il ait quitté mes jambes pour rejoindre le reste de mes vêtements sur le sol. Surpris et honteux tout de même, je me raidis et il tenta de me rassurer en enlaçant ses doigts aux miens, tandis qu'il baissait doucement mon boxer de son autre main. A ce moment là, je fermais les yeux compulsivement, ayant précipité mon poing dans ma bouche pour m'empêcher de hurler. C'était un va-et-vient de plaisir, une sensation inconnue et pourtant enivrante… une chaleur innommable m'inonda et couvrit ma peau d'un film d'eau, tandis que mon cœur subissait raté sur raté, suivant presque le rythme des lèvres d'Ery sur mon membre incandescent. Au bout d'un temps que je ne saurais qualifier de long ou court, il revint vers moi et me mordilla la lèvre inférieure avec tendresse, sa main caressant ma joue, son pouce relevant mon menton avec douceur. C'était sans doute, d'ailleurs, la première fois qu'Ery me paraissait doux... c'était plutôt étrange que cela soit dans ces conditions.
Tout son corps était étendu sur le mien, et étrangement, il pesait son poids ! Il était loin d'être désagréable à sentir, mais je commençais vraiment à étouffer… Le repoussant doucement, je le fis basculer de côté et pris place au dessus de lui, courbé en avant, tentant de retrouver un souffle manquant. Il me dévisagea, surprit, et je me justifiai en haletant :
- Désolé… mais tu es… lourd…
Deux éclairs successifs zébrèrent ses iris d'améthyste : tout d'abord l'indignation, puis enfin la compréhension, comme s'il trouvait ma remarque peu étonnante. Là-dessus, nous nous dévisageâmes un moment, en silence, nos souffles accélérés commun, ne sachant que dire. C'est alors que je posai les yeux sur son torse, et compris l'étrangeté de la situation : moi, j'étais quasiment nu. Lui, il était tout habillé. Il y avait une injustice dans l'air, et comprenant bien que son espèce de demi t-shirt ne serait pas simple à enlever, je claquai des mains et fit glisser l'une d'elle sur mon bras en métal, le transmutant en lame. Et écarquilla les yeux, entre la surprise et la panique, mais sans lui laisser le temps de dire quoi que ce soit je passai la lame sous son t-shirt et le déchirai d'un mouvement du poignet, me laissant admirer la totalité de son torse marmoréen en souriant. Il me dévisagea longuement tandis que mon bras reprenait sa forme originelle, puis éclata de rire, me faisant à son tour basculer de côté, en ôtant au passage l'élastique qui nouait encore mes cheveux. Cependant, il ne se mit pas sur moi, ce qui me rassura.
- Pardon mais… je n'aime pas jouer la fille, susurra-t-il en ricanant.
Je m'empourprai aussitôt et m'exclamai :
- Mais moi non plus je ne… Aaaah… !!
Je n'avais pas terminé ma phrase que sa main avait pongée dans mon entrejambe et que ses lèvres celaient les miennes. J'avais déjà oublié la raison de mon emportement que, soudainement, un cliquetis de porte se fit entendre, et la voix de Rose claironna dans la pièce d'à côté :
- Edward ? Tu es là ?
Ery se retourna avec une rapidité effrayante et le visage plus menaçant que jamais. Il avait déjà commencé à s'avancer vers la porte, poing en avant, que je me ruai sur lui à toute vitesse et l'enfermai dans le placard avec ce qui restait de son t-shirt, pour ensuite me précipiter à toute allure vers la salle de bain, la panique ankylosant mes membres. Je me jetai sous la douche et tirai l'eau. Etouffant un cri de douleur lorsque tout mon corps bouillonnant fut refroidit par l'eau glacée, je fis en sorte de bien mouiller mes cheveux puis sortis rapidement, enroulant une serviette autour de ma taille. C'est au moment où je sortais de la salle de bain, l'air de rien, que la jeune femme déboula dans la chambre :
- Ed ? Tout va bien ?
Un grand coup retentit à l'intérieur de l'armoire, et je m'empressais de répondre pour calmer la curiosité de Rose :
- Oui, bien sur, je… je prenais une douche.
Elle marqua un temps d'arrêt, et je vis son regard timide glisser sur mon torse et mes membres bioniques. Priant pour qu'Ery y soit allé mollo avec les suçons, je me laissai un instant détailler du regard, pour demander enfin, prenant une grande respiration pour tenter de me calmer intérieurement :
- Euh, que fais-tu ici, au fait ?
Elle s'empourpra, et je craignis le pire, ce qui n'arrangea pas les battements irréguliers de mon cœur. Elle fit un pas vers moi, et tout mon corps se raidit, me laissant presque soupçonner un début de torticolis, tant les muscles de ma nuque étaient tendus.
- Euh… je n'ai pas eu l'impression que nous nous soyons quitté sur de bonnes bases, tout à l'heure, souffla-t-elle, s'avançant toujours.
- Ah… ? Je… j'ai pas remarqué…
Cette fois elle était proche. Trop proche. Trente petits centimètres séparaient nos silhouettes de même taille. Elle reprit :
- Écoute, je n'aime pas savoir que nous soyons fâchés, Ed.
- Mais… mais nous ne sommes pas fâchés ! clamai-je, en tentant d'y mettre d'un peu de jovialité, inutilement.
Elle fit un demi-pas supplémentaire, et je me giflai intérieurement d'être ainsi paralysé, incapable d'esquisser le moindre mouvement de recul. Sa main chocolat se dirigea lentement vers mon visage, caressa un instant mes cheveux mouillés, puis se posa sur ma joue. Elle n'avait pas la même chaleur qu'Ery. Elle ne m'attirait pas comme lui. Et elle ne le pourrait sans doute jamais.
Malgré tout, je ne fis pas un geste lorsque son visage s'approcha du mien, et instinctivement mes lèvres s'entrouvrirent pour accueillir les siennes, et mes mains encerclèrent sa taille pour l'enlacer.
Je n'étais qu'un abruti.
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Tadam !! La suite au prochain chapitre, héhééé... Sinon, votre avis ? :D
By Yumi.
