Nous revoilà ! Tout d'abord, nous vous souhaitons à tous une bonne année, nous espérons que 2009 vous apportera plein de bonheur 3
Quant à moi, Yumi, je poste aujourd'hui'hui le piti chapitre 7, qui j'espère vous plaira autant que les précédents !! Donc, ben comme d'habitude, merci à nous nos reviewer, et puis bonne lecture !!
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Chapitre 7
Pari
– POV Edward –
Zen. Cool. Du calme. Tout allait bien se passer. Pas besoin d'avoir peur. C'était moi, l'homme. C'était moi l'Alchimiste d'Etat, le Fullmetal – certes, je ne valais plus rien avec un bras en moins, mais je restais agile et apte à me défendre face à cette tornade. Ouais, tornade était le mot. Rien qu'à l'entendre au téléphone, j'avais déjà la vision effrayante de son visage furieux se préparant à me tabasser. De qui je parle ? Pas bien compliqué. Elle était pourtant unique dans son genre, cette personne. Un véritable phénomène. Une grande blonde caractérielle avec une clé-a-molette pour porte-bonheur, ça ne vous rappelle rien ? Si, si, Winry Rockbell, c'est bien elle. La terreur. MA terreur. Je me sentais plus que stupide de tant craindre l'arrivée imminente d'une simple amie d'enfance, mais je m'inquiétais surtout de l'état de mon crâne après l'étalage de sa colère. Ça allait être du joli – moi qui lui avais promis de ne pas avoir recours à ses soins durant ces trois mois, elle devait penser que je m'étais encore fait des ennemis.
Et quel ennemi ! Malgré le fait que, conformément à nos bonnes habitudes, je n'avais pas revu Ery depuis nos… ébats, je ne pouvais encore qualifier nos échanges comme « ennemis ». Beaucoup trop amicaux, même, je dirais. Le pire, sans doute, dans tout ce souk, était Rose. Bon sang, même après le pêtage de câble du jeune homme (qui l'avais tellement bien assommée qu'elle avait mit une journée entière à se réveiller), elle continuait de me coller. Je l'aimais beaucoup, certes, mais elle ne comprenait pas que notre baiser n'était qu'un accident. Un dérapage dû à mon stress grandissant, à mon euphorie morbide qu'avait créé son arrivée dans la chambre. J'avais bien tenté, par maints et maints stratagèmes, de lui faire comprendre que je n'étais pas disponible, mais… Non. Rien. J'ignorais s'il s'agissait d'un refus évident d'accepter le fait que je ne voulais pas d'elle, ou bien d'une simple stupidité, mais quoiqu'il en soit, elle restait en cet instant persuadée d'être ma petite amie.
Rhaa, foutu merdier ! Je ferais mieux de m'en aller tout de suite, aussi lâchement que les autres alchimistes qui, j'en suis persuadé, en avait eu à subir beaucoup moins que moi (même si Ery était le pro du « je te pousse à bout »).
Bref, avec tout cela en tête, j'étais installé derrière mon bureau, mon front plongé dans ma main de chair, attendant ma sentence. Justement, elle ne tarda pas à venir :
- Euh… Ed ? s'enquit la voix de mon frère derrière la porte, visiblement embêté. Winry est…
Comme je m'y attendais, il n'eut pas le temps de finir sa phrase que la porte s'était ouverte à la volée, s'écrasant contre le mur qui la soutenait dans un fracas assourdissant. Dans son embrasure se tenait une jeune femme, dix huit ans, relativement grande, mince, blonde, yeux bleus – une jeune femme très belle, en soit. Un léger, infime, mini détail venait entacher cette vision angélique : elle brandissait un tournevis d'un air menaçant, et son visage était forgé dans une telle fureur que je bondis de ma chaise à la vitesse de l'éclair, pour me terrer dans un coin de la chambre, le plus loin possible d'elle.
- EDWARD ELRIC ! hurla-t-elle, s'élançant vers moi.
Je m'aplatis plus encore contre le mur, brandissant mes deux bras devant moi (ou plutôt mon bras et demi) et m'exclamai :
- Wow, du calme, Winry ! Je n'y suis pour rien ! C'est Ery, il a… AÏEUH !!
Trop tard. Le coup était partit trop vite. Elle était surentrainée, ma parole ! Un coup, deux coups, trois coups… Ma tête commençait sérieusement à tourner. M'avait-elle fait saignée ?! Quatre coups. Bon sang ! Elle était vraiment violente comme nana !
Heureusement, mon preux chevalier Alphonse vint arrêter la méchante sorcière en lui attrapant les bras et l'éloignant de moi. Elle me lança son tournevis au dernier moment – je réussis à l'éviter – et fini par tenter de me donner des coups de pieds, balançant ses jambes en l'air furieusement. Effrayant.
- Winry ! Calme-toi ! m'écriai-je, à cinq mètres d'elle, une main sur le dessus de mon crâne douloureux.
- Tu as vu dans quel état il est ?! Tu ne te rends pas compte à quel point c'est long de fabriquer un automail, moi qui y met tant d'amour, tu trouves le moyen de le réduire en charpie alors que tu es dans une simple école !
- Une simple école qui abrite des dangereux phénomènes, crois-moi ! ripostai-je.
- Oui, oui, c'est vrai, Winry, lança mon frère, retenant toujours la jeune femme à bout de bras. Il y a vraiment des gens étranges, et nous t'en parlerons si tu te calme !
Je fis les gros yeux à l'adresse d'Alphonse – je n'avais jamais été prompte à dévoiler nos secrets. Elle intercepta cependant ma remarque silencieuse et se calma, sa rage s'étant simplement transformée en un sourire sadique digne d'Ery :
- Très bien. Puisque je vois qu'Ed est toujours réticent à me parler de vos problèmes, je vous propose un marché.
Je soupirai, ça allait encore me retomber dessus…
- Je répare le bras d'Edward seulement si vous me dîtes ce qui se passe ici. Et dans les moindres détails.
Bingo ! Je ne pus contenir le feu qui me monta aux joues, en m'imaginant lui confier ce qui s'était passé avec Ery. Enfin, je me détendis bien vite, puisque me rappelai qu'Alphonse lui-même n'était pas au courant, donc je n'avais aucune raison de m'en faire.
- Nous n'avons rien à te dire, grinçai-je courageusement en me redressant.
Elle riva son regard océanique vers moi, et je contins les sueurs froides qui dévalèrent mon dos. Pas de quoi s'en faire, Al la maintenait toujours prisonnière, et elle n'avait plus de tournevis.
- Ed, je ne réparerais pas ce bras si tu me tiens toujours dans le secret !
- C'est du chantage ! Et puis mêles-toi un peu de ce qui te regarde, espèce de commère !
Elle blêmit, et son visage se forgea dans un mélange de rage pure et de profonde tristesse. Instinctivement, je reculai d'un pas. Et je fis bien, puisque l'instant suivant elle balança son coude dans le thorax de fer d'Alphonse qui chancela sous le choc, et s'élança vers moi. Alors que je me préparais psychologiquement à devoir parer des coups d'une clé-à-molette sortit d'on ne sait où, elle ne fit qu'attraper ce qui restait de mon bras bionique pour le parcourir des yeux un instant. Sans me regarder, elle grinça, sa voix tremblant dangereusement :
- Tu me traites de commère, alors que les seules fois où je peux te voir c'est parce que tu as frôlé la mort ? Regarde l'état de ce bras, bon sang ! Il a été littéralement broyé, et je n'ose imaginer ce que ce gars aurait pu faire de toi s'il ne s'était pas contenter de cet automail… Si je persiste à vouloir savoir ce qui se passe dans vos vies, Edward, c'est parce que j'ai peur pour elles !
Figé d'effroi, je ne pus détourner les yeux lorsqu'elle releva les siens, désormais noyés de larmes.
- Ne… ne pleure pas… ce n'est pas…
- Ta vie est en danger même dans une simple école ! s'écria-t-elle alors, laissant place aux sanglots. Alors ne me dis plus jamais de me mêler de ce qui me regarde, parce que c'est inhumain de me demander de ne pas m'inquiéter !
La vache… c'est effrayant, une fille, parfois. Passer ainsi de la rage aux larmes… hallucinant.
Maladroitement, je la pris dans mes bras, lui tapotant brièvement les omoplates alors que sa tête s'étaient réfugiée dans mon cou. Je vis Alphonse tourné vers moi, et même sans comprendre ses traits je sentis son malaise et lui adressai un signe de tête impuissant, comme pour lui démontrer que je n'avais pas d'autre choix que de tenter de la consoler. Me faisant presque sursauter, elle fini par souffler, toujours serrée contre moi :
- Alors, vous allez tout me dire, hein… ?
Après un regard en appel à l'aide à mon frangin, je fini par soupirer, songeant d'ores et déjà à l'excuse que j'allais inventer pour justifier mon bras décomposé :
- OK, OK, tu les auras, tes explications…
- Pro-promis… ? gémit-elle.
- Promis.
Cette fois, me faisant réellement sursauter, elle s'éloigna brusquement de moi, son visage arborant une mine victorieuse, sans plus aucune trace de larme. J'allais protester devant se changement soudain d'attitude, signifiant clairement qu'elle se fichait de moi depuis tout ce temps, qu'elle s'élança vers sa boite à outils en chantonnant :
- Bon, il faut que je me mette au travail, moi ! Comment veux-tu apprendre l'alchimie à tes élèves si tu ne peux pas la pratiquer ?
Elle rit joyeusement en dévissant quelques trucs en ferraille sur mon bras, alors que je la dévisageai, songeant sérieusement à la tuer. Quelle… garce ! Dans son coin, Alphonse tremblotait silencieusement, signe significatif qu'il se retenait d'éclater de rire. Bien, avec un double meurtre, aurais-je des problèmes ? Si je faisais passer ça pour un accident, sans doute pas…
Une fois que la blonde eut achevé de retirer toute les parties à réparer de mon bras bionique, ne me laissant désormais qu'une moitié de biceps bionique finement délimité par un anneau à son extrémité, elle expliqua joyeusement :
- Je vais devoir totalement reconstruire ton avant bras, et ton coude aussi, puisque beaucoup de parties ont été tordues, ou bien même déchirées. Je ne peux que te mettre un bras de remplacement en attendant, mais tu ne pourras pas le bouger.
- C'est toujours ça…, grognai-je, peu enclin à m'adresser à elle avec douceur, vu la façon dont elle m'avait roulée.
Elle opina du chef et virevolta jusqu'à son imposante mallette, pour ressortir des morceaux d'un bras de métal en pièce détachée. En quelques minutes, elle avait emboitée chacune des parties entres elles et attrapait mon bras pour me le mettre à mon tour.
- Fais-y attention, s'il te plait, je n'en ais qu'un, et je ne tiens pas à retourner au magasin parce que tu n'auras pas sut être sage pendant quelques jours.
- Tu as vraiment tout ce qu'il faut pour reconstruire un automail ici ? m'enquis-je, ignorant sa remarque précédente.
- Oui. J'ai apporté trois autres valises que j'ai laissé dans le hall, l'énorme bonhomme qui m'a accueillit m'a promit de les amener ici dès qu'il serait libre. C'est vrai qu'elles sont lourdes, ces valises.
Songeant qu'elle avait dû rencontrer Harold Bersark, mon directeur, j'acquiesçai en hochant lentement la tête. Elle enchaîna :
- Par contre, je risque de mettre plus longtemps que si tu étais venu à Reesembool, je n'ai pas pu emmener tous les appareils les plus lourds qui me font gagner du temps. Mais ne t'en fais pas, le résultat sera le même. Il faudra juste être un peu plus patient.
- Tu en auras pour combien…
- Je l'ignore, me coupa-t-elle, devinant ma question à l'avance. Je n'ai jamais fait ça à domicile, et ton automail est très complexe… Mais j'irais le plus vite possible, c'est promis.
En souriant, elle se redressa, et mes envies de meurtre furent bien vite amoindrit. Affichant un sourire timide, je soufflai doucement :
- Merci, Winry.
Elle me fit un clin d'œil complice en ripostant malicieusement :
- Je commence à être habituée, depuis le temps, plus besoin de me remercier !
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Si je n'étais pas celui qui avait mit de la distance entre Ery et moi, j'étais sans doute le plus anxieux à l'idée de le revoir. Planté derrière ma porte de cours, mon faux bras désarticulé pendant le long de mes flancs, j'inspirai et expirai sans cesse pour tenter de me donner du courage, d'affronter son regard, de soutenir l'aura tendu qu'allait créer notre confrontation. Oh, bien malgré moi, je ne regrettais rien. Ou… si peu. J'avais eu très mal dans le bas du dos pendant ces derniers jours, mais repenser à la cause de cette douleur me faisait instantanément rougir de plaisir, et non pas de honte. Lui, par contre, que ressentait-il ? Trouvait-il avoir fait une erreur ? Etait-ce pour cela qu'il m'évitait ? Devais-je faire de même ? Cela restait un amas de question sans réponse, et rester derrière cette foutue porte n'aurait sans doute rien changé. C'est sûrement pour ça que je me décidai à me comporter comme le Fullmetal Alchemist qui se respecte, avançant ma main de chair vers la poignée dans le but de donner mon premier cours de la semaine.
- Attends ! s'écria une voix familière à ma gauche.
Je me tournai et trouvai Winry, accourant vers moi, l'air un peu essoufflé mais surtout impressionnée.
- Qu'est-ce que tu fais là ?
- Je viens assister à un de tes cours ! lança-t-elle, posant ses paumes sur ses genoux pour reprendre son souffle.
- Je te signale que tu es ici pour réparer mon automail, pas pour satisfaire ta curiosité ! râlai-je.
- Je suis incapable de monter mes valises jusqu'à ton bureau, et le monsieur ne l'a toujours pas fait, alors faut bien que je passe le temps.
- Et Alphonse n'a pas pu t'aider ?
- Il est en cours, lui aussi, riposta-t-elle malicieusement. Bon, tu entres ? Tu vas finir par être plus en retard que tes élèves.
Je grognai dans ma moustache un instant supplémentaire et actionnai la poignée, faisant lentement pivoter la porte sur ses gonds. Bien entendu, la première chose sur laquelle mes yeux se posèrent fut l'exceptionnel visage d'Ery, ses yeux en amande me fixant, inexpressifs. J'avais encore besoin d'entrainement si je voulais réussir à lire quelque chose sur ses traits – s'ils n'étaient pas forgé dans la rage, généralement, ils étaient limpides comme de l'eau de roche. C'était le cas aujourd'hui, alors que ses perles d'améthyste passaient successivement de Winry à moi sans laisser supposer une quelconque émotion. Je toussotai, mal à l'aise, et montai doucement l'estrade d'un pas lourd, la blonde me suivant toujours, tout sourire. Une fois que nous fûmes tous deux derrière mon bureau, j'interceptai le regard peu amen de Rose, qui dévisageait furieusement Winry. Jalouse, sans doute. Tant pis.
- Euh… Salut, je vous présente Winry Rockbell, ma mécanicienne.
- Qu'est-ce qu'elle fait là ? Elle va nous apprendre la mécanique ? grinça une voix dans la partie droite de la salle.
Je n'eu nul besoin de lever les yeux pour deviner à qui elle appartenait. Un sourcil haussé, Ery observait curieusement mon amie, sans prêter attention aux petits rires qui avaient accueillit sa demande. Calmement, je m'apprêtai à répondre que la concernée me coupa l'herbe sous le pied :
- Non, bien sûr. Le bras bionique d'Ed est… en panne, mais je ne peux pas le réparer tout de suite, alors je viens assister à ses cours pour m'occuper.
- Tu es alchimiste ? demanda une élève.
- Non. Juste une pro' de la mécanique.
- Alors si tu n'es pas alchimiste, t'as rien à faire là, asséna Ery soudainement, aussi cinglant qu'une douche froide.
Je sursautai et me tournai vers lui, choqué. Winry fit de même, surprise d'être si mal accueillit. Aussitôt, je m'emportai – ce n'était pas parce qu'il s'agissait d'Ery qu'il avait la possibilité d'ainsi insulter mon amie :
- C'est moi qui décide de qui a le droit d'assister à mes cours, Ery !
Il braqua son regard sur moi, et enfin prit une expression facile à comprendre : la colère. Ses yeux se plissèrent, les muscles de sa mâchoire se tendirent, et ses poings se serrèrent (malgré le plâtre, soit dit en passant…). Je ne cillai pas, nullement impressionné, et attendis sa réplique. Elle ne vint pas cependant. Lux avait posé une main apaisante sur son bras, et Sofia s'était légèrement retournée, l'incendiant sans doute d'un regard dissuasif. Victorieux, je laissai un sourire narquois éclairer mon visage, jusqu'à ce qu'une voix féminine ne s'élève également, froide et décidée, au contraire de ses habitudes :
- Je suis d'accord avec Ery.
Tout le monde sursauta, le concerné y compris, et tous dévièrent leur regard vers Rose, la mine agacée, furieusement prostrée dans sa chaise. Sans compter le fait que le sens de la déclaration était surprenant, je mis un certain temps à me remettre du choc d'entendre Rose adhérer aux propos d'Ery. Hallucinant. Irréel. Incroyable. Et tout le monde semblait de mon avis.
Winry fini par toussoter nerveusement et faire deux-trois pas en arrière, l'air désolé, balbutiant à mon adresse :
- Je… je pense que je vais m'en aller… je ne pensais pas…
Reprenant pied, me remettant tant bien que mal de ma surprise, j'attrapai son poignet avant qu'elle ne s'en aille et me tournai brusquement vers mes élèves, mon regard se braquant sur Rose puis Ery. Un instant s'écoula – le temps que je sois sûr de mes mots – et c'est d'une voix réfrigérante et que j'ordonnai fermement :
- Rose, Ery, vous sortez.
- Pardon ?! s'exclamèrent les deux concernés, se levant d'un même bond de leur chaise.
- Je n'admets pas que l'on refuse ainsi la simple présence d'une personne curieuse. Dehors.
- Mais…
- Dehors ! réitérai-je plus fortement, considérant sévèrement les protestataires du regard.
Ils me jaugèrent tous deux, la jeune femme semblant attristée, le jeune homme vraisemblablement humilié, et enfin ils s'élancèrent vers la porte, emportant leur sac avec eux, leur regard méprisant allant cette fois à mon encontre, et non pas de l'un à l'autre. Une fois que la porte se fut violemment claquée derrière Ery, je pris une grande bouffée d'air et affichai un parfait sourire commercial, invitant Winry à s'installer au fond de la salle. Timidement, vérifiant tout de même si d'autres rebelles ne protestaient pas, elle m'obéit et je pus commencer mon cours du mieux possible, mon unique bras ne facilitant pas la tache et mon inquiétude quant à la réaction d'Ery elle aussi…
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Justement, je ne le recroisai pas de la journée, ayant bien évidement tout fait pour éviter les lieux qu'il aurait pu fréquenter. C'est moyennement rassuré, donc, que le soir même, je montai les marches menant aux étages des dortoirs, qu'une silhouette svelte et recouverte de longues mèches noire me surprit après un virage en épingle, me laissant maitriser un sursaut de frayeur et essuyer le reflexe inutile que j'avais à tenter de claquer des mains. Ebranlé, Ery ne me laissa pas une minute de répit en me propulsant dans le couloir, tournant à droite ensuite et ouvrant une porte dans mon dos qu'il me fit franchir. Je me retrouvai donc poussé dans une espèce d'imposant placard à balais, de la taille d'une salle-de-bains, faiblement éclairé par une petite ampoule à dix centimètre au dessus de nos têtes. Cette situation ne présageait rien de bon…
Ery ferma la porte dans son dos, malgré tout démunie de verrou, laissant de ce fait la possibilité à quiconque de nous surprendre. M'enfonçant dans les profondeurs des étagères remplies de cartons, il me suivit et me poussa contre le mur du fond, aussi violent qu'à l'accoutumée. Je plissai les yeux, m'attendant aux coups prochains, que ses bras s'écrasèrent plutôt de chaque côté de ma tête, dans un bruit assourdissant. Rouvrant les paupières doucement, je constatai le visage d'Ery beaucoup plus près que je le croyais, à quelques centimètres du mien. Il avait plongé son regard dans le mien, aussi impassible que d'habitude, et je ne pus résister bien longtemps à briser le silence tendu désormais instauré :
- Ery, je…
- Je t'ai dit de ne plus m'appeler comme ça.
Je déglutis, il était décidément beaucoup plus impressionnant dans ce genre de position plutôt qu'en jouant les rebelles pendant mon cours.
- Mais… ce sont… il n'y a que tes amis qui t'appellent…
- Et nous ne sommes pas amis ? s'enquit-il, tout son corps se rapprochant dangereusement du mien.
Mon cœur eut quelques ratés, je balbutiai :
- Je… je ne… enfin…
- Non, tu as raison. Nous sommes beaucoup plus.
Sous ces mots, il se colla honteusement à moi, laissant une de ses mains glisser sous mon pull, s'aventurant à caresser mon dos. Je frissonnai.
- Ery tu…
- Envy !
- En… Envy… pas ici…
- Ça me parait pourtant être l'endroit idéal, me susurra-t-il au creux de l'oreille, avant de la mordiller sensuellement. Et puis, tu as des excuses à me présenter.
Je fronçai les sourcils, tentant d'émerger de cet amas de sensations qu'il me procurait, la tournure que prenait la conversation m'interpelant quelque peu.
- Que… quelles excuses… ?
- Pour m'avoir viré de cours, bien entendu, murmura-t-il, sa langue glissant désormais le long de ma nuque, sa main griffant légèrement mon dos.
Je bâtis des paupières, tentant de remettre de l'ordre dans mes esprits, puis l'éloignai doucement de moi, assénant fermement :
- Je n'ai rien à me faire pardonner, tu l'as cherché, Er… Envy.
Il se recula totalement, la faible luminosité de l'ampoule éclairant son visage passablement agacé.
- Je n'ai rien cherché du tout. Si tu avais vu comment cette blonde te reluquait…
- C'est Winry, une simple amie d'enfance ! m'exclamai-je, sidéré. Qu'est-ce que tu vas chercher ?!
- Amie d'enfance ou pas, son regard était plus que suggestif. Et si l'autre crétine l'a remarqué, c'est que je suis loin d'avoir rêvé.
Je marquai une pause, agacé de son attitude puérile, et ne voulant croire à ces paroles stupides. Winry, intéressée par moi, faut pas déconner ! De toute façon, il était temps que cette conversation tourne à mon avantage, pour qu'il arrête de me prendre la tête avec ces conneries. Sournoisement, je me rapprochai de lui et collai mon visage face au sien (bon, d'accord, légèrement en dessous, mais fermez-là !), murmurant ensuite :
- Ne serais-tu pas jaloux, Vyvy ?
Il grimaça, mais je ne sus immédiatement si c'était à cause de ma suggestion ou de son surnom. Vraisemblablement, ce fut le sens de ma phrase qui le préoccupa davantage, puisqu'il trébucha un peu en arrière en s'exclamant froidement :
- Jaloux ? Arrête de prendre tes rêves pour des réalités, le nabot ! Je ne suis pas jaloux pour un sous !
- A peine ! Et qui est-ce qui se fait virer de cours parce qu'il a vu une fille me regarder ?
- Elle ne te regardait pas, elle te déshabillait du regard ; tu saisis la nuance ? cracha-t-il, mauvais.
- Aha ! m'exclamai-je, victorieux, le pointant de mon index. Oses me dire que tu n'es pas jaloux, après ça !
Je continuai de ricaner malicieusement, conscient de ma victoire psychologique, qu'il fondit soudainement sur moi, me plaquant à nouveau contre le mur, ses lèvres encerclant les miennes avec brusquerie. Surpris, je me laissai emporter par la vague de sensation qui déferla sur ce baiser, jusqu'à ce qu'il s'éloigne doucement, m'ayant volé ma victoire rien qu'avec une pression de ses lèvres contre les miennes.
- On verra bien lequel des deux est jaloux de l'autre, souffla-t-il alors.
Je repris tant bien que mal mes esprits et rivai mon regard sur lui, pour asséner avec fermeté :
- Pari tenu.
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Le lendemain matin, j'avais presque oublié la déclaration qu'avait lancé Ery, mais la dure réalité me revint en pleine face lorsque, en parcourant la cantine, mon plateau à la main, je posai mes yeux sur lui, assit à une table de gens normaux (j'entends par là qu'il n'était pas entouré de toute sa bande, comme à l'accoutumée, mais d'une bande de jeunes que j'avais pendant mon cours, et qui n'avait vraisemblablement rien à voir avec lui), discutant joyeusement de sujet divers. Approfondissant mon regard, je vis qu'il avait passé une main sur le dossier de la chaise de la fille à sa gauche, et qu'il l'observait avec insistance, tandis qu'elle rougissait de plaisir devant tant de charisme déversé rien que pour elle. Il la draguait, sans aucun doute. Mais c'était de la provocation, rien à voir avec une histoire sérieuse, il souhaitait seulement que je sois jaloux. Ah, n'importe quoi. Je n'étais pas jaloux de lui, et puis quoi encore !
Je déglutis avec peine, m'arrachai à cette vision étrangement désagréable, et alors que je m'avançais d'un pas rapide vers la table des professeurs une voix reconnaissable entre mille me héla, et je me retournai pour trouver Winry accourant vers moi, tenant maladroitement son plateau entre ses mains.
- Bien dormis ? demanda-t-elle avec une bonne humeur assez étonnante pour un matin.
- Ouais, répondis-je simplement, la scène qui se déroulait non loin de moi me hantant encore l'esprit et me rendant quelque peu agressif.
Nous reprîmes la route et je jetai un dernier regard en direction d'Ery : il avait délaissé un instant la fille pour nous observer, Winry et moi, visiblement mécontent. Je retins un sourire triomphant ; sa jalousie semblait palpable, et la mienne bien moindre, j'avais raison !
Ce petit jeu dura toute la journée : je le surprenais plusieurs fois avec la même fille (une grande, brune, aux yeux noirs qui n'arrêtait pas de parler), jouant avec une mèche de ses cheveux, la séduisant honteusement, à la vue de tout le monde, sans aucune gêne. En cours, il ne m'écoutait pas, s'étant assit à côté d'elle et ne cessant de lui parler, de lui murmurer des mots doux à l'oreille, s'assurant ensuite que je l'aie bien vu. Et c'était le cas, malheureusement. Ce qu'il y avait de plus drôle, dans cette histoire, c'est que de mon côté je n'avais nul besoin de jouer aux tombeurs pour attiser sa jalousie : il suffisait que je m'approche de Winry ou Rose pour sentir la rage décomposer ses traits. Je m'amusais beaucoup, dans ces moments là.
Le dernier de la journée le fut moins, par contre.
Épuisé, il était vingt-trois heures passées lorsque je remontai dans mon bureau, ayant passé la soirée avec Winry, qui souhaitait reprendre toutes les mesures de mon bras pour être sûre de ne pas se tromper. On dirait pas comme ça, mais c'était plutôt long comme étape. Bref, j'arrivai dans mon bureau, baillant à m'en décrocher la mâchoire, et balançai plus que posai mon pull sur un des fauteuils d'un geste nonchalant. Tout ce que je voulais, en cet instant, c'était de prendre une bonne douche chaude et de DORMIR.
Mais quelle ne fut pas ma surprise lorsque, en entrant dans ma chambre, je trouvai Rose, assise sur le lit, me détaillant du regard, insondable. Attendant que mon cœur se remette en marche (décidément, les élèves de cette académie étaient vraiment doués pour la surprise), je lançai :
- Ro… Rose ! Mais qu'est-ce que tu fiches ici ?!
Ce n'est que lorsqu'elle se leva lentement que je remarquai qu'elle portait un peignoir – MON peignoir – avec vraisemblablement… rien en dessous. Je vacillai un peu en arrière, me prenant le mur dans le dos, tandis qu'elle se rapprochait lentement de moi, comme la fois où elle m'avait embrassé. Ses cheveux était lâché, comme souvent, ses deux mèches colorée retombant devant ses yeux presque implorants. Horrifié, je la vis alors dénouer la ceinture du vêtement, pour finalement lentement le faire glisser sur ses épaules, me révélant son corps nu. Presque effrayé, je basculai presque en arrière, me plaquant une main sur les yeux, m'exclamant compulsivement :
- Ça va pas ?! Rhabille-toi ! Allez, Rose, remet ça !
- Regarde-moi, Edward, murmura-t-elle.
- Non, non, non, allez, rhabille-toi s'te plait, fait pas…
- Regarde-moi ! cria-t-elle, sa voix raisonnant soudainement dans toute la pièce.
Je me stoppai net, arrêtant de chercher à tâtons un moyen de la couvrir, et tournai mon visage vers elle. Je me sentais rougir furieusement en parcourant des yeux sa silhouette dénudée, ses formes aguichantes m'étant visiblement offertes, pour finalement plonger mon regard dans le sien, appelant à une explication d'urgence. Elle se justifia doucement, s'avançant d'un pas supplémentaire vers moi, alors que j'étais toujours coincé contre le mur :
- Je n'en peux plus, Edward. Te savoir loin de moi m'effraie, j'ai… j'ai besoin d'être avec toi.
- Tu… tu sais… tu n'as pas besoin d'être nue pour ça…, balbutiai-je, désirant plus que tout pouvoir me fondre dans le mur.
- J'ai envie de toi, asséna-t-elle fermement. Et je ferais tout pour que tu en ais envie aussi.
Elle était presque collée à moi, désormais, et je la sentis prendre ma main de chair pour la déposer doucement sur son sein, faisant trembler mes genoux avec plus de violence que jamais. Je tentai de la retirer mais elle la maintint de force en place, son autre main s'aventurant à déboutonner ma ceinture. Bon sang, mais qu'est-ce qu'elle foutait ?! Elle avait fumé ou quoi ?! J'essayai vainement de me débattre, conscient que mon état paniqué amoindrissait considérablement ma force, mais au moment où je commençai à reprendre le contrôle de moi-même elle posa sa main juste derrière ma hanche, contre le mur, et je me sentis retenu en arrière, incapable de me décoller du mur.
- Tu as utilisé l'alchimie ?! m'époumonai-je, ahuri.
- Pardon, je suis vraiment désolé, mais il faut que tu reste tranquille ! gémit-elle, sincèrement embêtée d'avoir du m'immobiliser, mais vraisemblablement plus décidée que jamais.
Alors que je ne pouvais désormais uniquement bouger mon bras, elle se chargea de lentement le faire glisser le long de ses flancs d'une main, l'autre continuant à me déshabiller.
- T'es… t'es malade ! Arrête ! Rose, reprends-toi, je ne suis pas…
- Je suis parfaitement consciente, Edward, me coupa-t-elle froidement. Cesse donc de te débattre et regarde-moi comme un homme doit regarder une femme ! Nous sommes deux adultes, tu dois savoir…
- Je n'ai pas envie de…
Ce fut cette fois le claquement d'une porte qui me coupa, nous laissant tous deux sursauter de stupeur (mon sursaut fut seulement intérieur, pour moi, puisque j'étais maintenu immobile), et alors que le visage de Rose se liquéfiait de frayeur, je m'exclamai, pleinement soulagé :
- Alphonse ! Viens m'aider, s'il-te plait, j'ai… un petit problème… !
Mais ce ne fut pas mon frère qui nous surprit. Ses grands yeux d'améthyste s'écarquillant d'abord de stupeur, Ery nous dévisagea tous deux, moi planqué derrière le mur face à une Rose totalement nue, ma main sur sa hanche, la sienne s'aventurant à déboutonner mon pantalon. Je me sentis blêmir, à l'instar de lui-même, jusqu'à ce qu'il semble analyser la situation avec plus de clarté, c'est-à-dire en bouillonnant de rage.
- En…Envy, je…
Il braqua son regard sur moi, le feu de la haine dansant dans ses prunelles, et cracha ensuite, d'une voix plus glaciale que jamais, me blessant aussi profondément qu'un pieux dans le cœur :
- Bravo Fullmetal Nabot, je crois que tu l'as gagné ton pari. Mais ne t'arrête surtout pas, ce petit jeu à l'air de te plaire.
Là-dessus, il disparut de ma vue, et une demi-seconde plus tard la porte claquait en grand fracas, sonnant l'heure d'une discorde dure à abolir.
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By Yumi.
