Deuxième Partie.

Et oui ! On commence ici la deuxième partie, avec un léger retour en arrière dans la tête de Ed, vous comprendrez – j'espère – à peu près à quel moment ça se passe^^. En tout cas un très grand merci à tout ceux et celles qui nous soutiennent, c'est très encourageant ! :)
Allez, j'arrête de vous embêter, je vous souhaite une bonne lecture, et encore un grand merci !

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Chapitre 9

Trahison

POV Edward –

Il fallait que je sache. Tout de suite. J'avais été retenu assez longtemps pour que je perde une minute de plus. A la fin de la journée, je me ruai sur la première bibliothèque que je trouvai (à savoir, celle de la véranda) et m'emparai d'un livre sur l'alchimie et ses conséquences. Lin et Ranfan n'avaient pas cessé de discuter avec Winry sur son métier, et étant donné que la blonde emboitait déjà quelques barres de métal dans mon bras, j'avais été contrains de resté à leur côté tout du long. C'est donc un peu à cran que je m'enfonçai dans un canapé, le livre dans les mains, à la recherche du chapitre qui m'intéresserait : les Homonculus.

Rien. Il n'y avait rien dans ce bouquin. Tant pis, un autre. Puis un autre. Puis un autre. Et encore un autre. RIEN ! Je ne trouvai rien dans tous les livres que j'ouvrais à propos de ces… choses. Je l'avais pourtant bien lu quelque part…

J'étais remonté dans ma chambre, désespéré par mes recherches infructueuses, la fatigue me brouillant la vue mais sûrement pas l'esprit. Homonculus. Tout s'expliquait sans doute, mais je n'étais pas encore assez sûr de ma définition pour conclure quoique ce soit. Ery avait été assez net sur ce sujet, mais peut-être plaisantait-il. Il en aurait été bien capable… Malgré tout, j'avais bien vu les visages décomposé de Sofia, Lux, Gabriel et tout le toutim. Donc soit c'était une très belle mise en scène, soit j'avais réellement affaire à des homonculus. C'était un sujet tabou, certes, mais je ne comprenais pas pourquoi il m'était impossible de trouver un livre là-dessus. C'était d'actualité, et cela se liait à la loi qui régit l'alchimie, à savoir l'interdiction formelle de tenter de faire revenir quelqu'un à la vie. Du moins, dans mes souvenirs, l'homonculus était quelque chose du genre. Mais pourquoi, bon sang de bois, n'y avait-il rien dans cette académie qui aurait pu éclairer ma lanterne ?!

Et c'est là que je compris. La réponse était tellement évidente qu'elle me fit rire. Si je ne trouvais rien sur les homonculus, c'était parce qu'ils avaient évidemment prit grand soin de tout dissimuler ! A leur arrivé (allez savoir depuis combien de temps) ils ont dû cacher, détruire, tous les moyens qui permettraient à quelqu'un de comprendre qui ils étaient. C'était évident. Je me tuais à la tache pour un rien depuis tout ce temps, puisqu'ils s'étaient eux-mêmes assurés que personnes ne puisse faire le lien entre eux et les homonculus, même si on le lisait par hasard. Ce n'était pas idiot, tout de même. Personne ne l'avait remarqué, jusque là.

Sauf que j'étais plus malin que ça ! Bon, d'accord, je n'avais pas prévu ce genre de débordement, mais j'avais au moins le mérite de ne pas me séparer de mes bonnes habitudes, comme de toujours garder un bouquin d'alchimie sur moi. Me ruant sur mon sac, j'y trouvai bien vite le bouquin en question, et à peine l'avais-je ouvert que le chapitre concernant les homonculus me revinrent en mémoire, comme un souvenir qui enfin sortait des sombres tréfonds de ma tête. En quelques minutes, j'avais repéré la ligne et la lisais avec agitation : « Les Homonculus sont des humains créés artificiellement. Ils sont le fruit d'une transmutation humaine ratée, reprenant l'apparence de l'homme que l'alchimiste souhaitait faire revenir. Souvent dotés de dons particuliers, ils sont un symbole de violence et de haine, de la non-humanité, se nourrissant de « pierres rouges » (communément appelé une « pierre philosophale incomplète ») qui, rappelons-le, sont créés à partir de vies humaines. Bien évidement, en tant qu'humains artificiels, ils sont tous démunis de sentiments. Ils ne peuvent ressentir joie, tristesse, amour. Ce ne sont que de dangereux monstres à éliminer. »

Je restai un moment silencieux, lisant et relisant cette définition, mon cœur bondissant dans ma poitrine et le sang affluant contre mes tempes. Nerveusement, j'ouvris le livre à la dernière page, pour braquer mon regard sur quelques mots qui me firent dangereusement vaciller sur place : « En l'honneur de ce fabuleux alchimiste et auteur de cet ouvrage, Philibert Green, qui fut mystérieusement assassiné la nuit du 7 décembre 1910. ». Je bâtis des paupières un instant, puis pris une grande inspiration, pour me diriger promptement vers le téléphone, tentant tant bien que mal de raisonner sainement, interdisant à mon esprit de s'aventurer à songer à quelqu'un en particulier.

De mémoire, je composai le numéro, et bien vite une voix féminine et familière raisonna dans le combiné :

- Bureau du colonel Mustang, ici le lieutenant Hawkeye, que puis-je pour vous ?

- Lieutenant, ici Edward Elric, soufflai-je, ravi que ma voix ne trahisse pas mon angoisse étouffante.

- Edward ! lança-t-elle, visiblement surprise. Comment allez-vous ?

- Bien, merci. J'aurais besoin de parler au colonel.

- Et bien… il… il dort…

Je fermai les yeux, exaspéré. Mon crétin de supérieur n'avait pas changé. Quoique le contraire m'aurait étonné.

- Réveillez-le, s'il vous plait. C'est… important.

- Bien.

Je l'entendis poser le combiné, et quelques murmures indistincts me parvinrent, suivit de longs éclats de voix masculins (sans doute l'autre qui râlait). J'attendis patiemment, priant pour que personne n'entre dans la chambre – je n'avais nullement envie de devoir justifier cet appel – et enfin des grésillements pétillèrent dans mon oreille, jusqu'à ce que la voix mielleuse de mon supérieur s'élève :

- Fullmetal ! Je me demandais bien quand tu aurais le bon sens de me donner des nouvelles.

- Ce n'est pas par plaisir, croyez-moi, grognai-je avec humeur.

- Toujours aussi sympathique, à ce que je vois, riposta malicieusement Mustang. Bon, que me veux-tu ?

- J'ai besoin que vous m'éclairiez sur une affaire vieille de quelques années déjà.

- Vraiment ? Tu comptes enseigner l'histoire à tes élèves, maintenant ? railla-t-il.

Je soupirai, il était vraiment pénible. Tentant de garder mon calme, j'inspirai une brève bouffée d'air et répondis :

- Non, c'est une recherche personnelle.

- Je l'aurais parié.

Il y avait un bon nombre de sous-entendus dans son ton, notamment celui qui concernait ma recherche continuelle de la pierre philosophale. Je le laissai croire innocemment, tout en moi me criant de garder cette histoire d'homonculus pour moi. De toute manière, j'avais toujours agi ainsi. Mes secrets restaient les miens.

- Que pouvez-vous me dire à propos de l'alchimiste Philibert Green, assassiné en 1910 ?

- Oh, cette histoire me dit quelque chose. Patiente deux minutes, je n'ai pas tous les détails en tête.

Sans même me laisser le temps d'acquiescer, il posa à son tour le combiné et je me retrouvai derechef seul au bout du fil, attendant de pouvoir enfin accéder aux réponses à mes questions. Je m'accroupis contre le mur qui soutenait le téléphone, ma main désarticulée servant au moins d'appui stable pour ma tête, respirant convenablement pour garder un calme qui m'était décidément difficile à atteindre. Mes yeux se perdirent dans la contemplation du bouquin que j'avais feuilleté quelques instants plus tôt, songeant à ces lignes bouleversantes, qui signifiaient et détruisaient tellement de choses en moi que je ne pouvais encore y faire le tri. Je n'eus cependant pas l'occasion de m'y perdre également puisque Mustang reprit la parole soudainement, alors que je n'avais pas prêté attention aux bruits qui avaient précédés son retour :

- Alors Fullmetal, tu es sûr que ton petit cœur est assez accroché, ce n'est pas bien marrent…

- Je ne suis pas petit ! râlai-je, ayant intercepté sa raillerie cachée.

Il ricana sournoisement et je roulai des yeux.

- Bon, dîtes-moi.

- Philibert Green était un alchimiste de talent, mais n'a jamais pu être accepté parmi les Alchimistes d'Etat, car il travaillait beaucoup sur les sciences interdites de l'alchimie – qui aurait engagé quelqu'un qui exploitait les fondements de nos lois ? Il était un peu dangereux pour l'armée, en soit. Il avait cinquante deux ans lorsqu'il a publié ce bouquin, L'Alchimie, la science des conséquences, et c'est suite à cela qu'il a été tué.

- Vous avez des détails sur sa mort ? demandai-je en fronçant les sourcils, sentant poindre le mauvais pressentiment.

- J'y viens, j'y viens. Ce n'est pas moi qui me suis occupé de cette affaire, à l'époque, mais elle a fait beaucoup de bruit, je m'en souviens. Il aurait été retrouvé dans un assez mauvais état.

- Comment ça ?

- C'était chez lui, dans son salon. Il lui manquait toutes les côtes droites, son bras gauche gisait à côté de lui, ainsi que son pied droit – j'ai les photos devant moi, ça n'était pas un assassinat en finesse. Ce qui nous a le plus intrigué, c'est qu'il semblait avoir été comme… perforé à plusieurs endroit ; aux épaules, dans l'abdomen et dans la cuisse gauche. Cependant, il semblerait qu'il ait passé l'arme à gauche seulement suite à une balle dans la tête. Effrayant.

- Et avons-nous trouvé l'assassin ?

- Non, nous n'avons jamais su qui c'était. Mais ce qui est certain, c'est qu'il n'était pas tout seul. Il y avait des planches de parquet éventrées par endroit, comme si… comme si quelque chose qui pesait des tonnes s'était amusé à appuyer chacun de ses pas. Il y avait aussi beaucoup de salive, en particulier là où les morceaux du corps de Green ont disparus – ses côtes, en bref.

- De la salive ? Et vous n'avez su identifier personne avec ça ? m'étonnai-je.

- Justement, voilà toute la bizarrerie de cette affaire, Fullmetal – quand on excepte le fait qu'il se soit fait broyer. Les personnes responsables de cette enquête l'ont bien sûr fait analyser, mais il semblerait que… ce ne soit pas une salive humaine. Elle ne contenait pas tous les éléments nécessaires à la formation de l'ADN, et nous ne pouvions donc rien découvrir sur son identité. C'était comme si l'on souhaitait à tout prix masquer l'identité de cet agresseur : il y avait tous les composants normaux d'une salive banale, excepté l'élément essentiel qui aurait servit à mettre un nom sur son propriétaire.

- Hmm…

- Et ce n'est pas tout. Il y avait quelque chose d'assez étrange, qui n'a malheureusement pas été publié dans cet ouvrage, pour de simples superstitions.

- Quoi dont ? m'enquis-je, préoccupé, le sang semblant affluer à toute vitesse dans mes veines malgré mon immobilité.

- Sans doute juste avant de mourir, Green a dessiné quelque chose sur le sol, avec son sang. Nous ne savons pas exactement ce que ça signifie, mais, personnellement, je suis persuadé que cela a un rapport avec ses agresseurs.

Il marqua une pause, et constant mon silence attentif, il reprit :

- Nous l'avons identifié comme étant le symbole de l'ouroboros, représenté par un serpent qui se mord la queue. Tu sais ce que ça veut dire ?

- C'est synonyme d'éternité, de rajeunissement, de résurrection et d'autodestruction, mais je ne vois pas ce que…

Je m'arrêtai, me prenant en pleine face une réalité effrayante. Déboussolé, je restai un moment silencieux, tandis que Mustang reprenait inconsciemment :

- Ouais, certes, on ne sait pas vraiment ce que ça vient faire là, étant donné que, de toute manière, rien ne semble coller avec toutes les définitions qu'il a pu donner de monstres divers dans son livre et celle de l'ouroboros. Aucun lien n'a donc pu être lancé, et l'affaire a été classée. Mais je reste tout de même suspicieux, ce symbole trône généralement sur des tombes, et je doute qu'il ait eu à faire face à une horde de pierres tombales avant de mourir.

Il laissa un petite rire suivre sa remarque morbide, et constatant mon silence stupéfié, s'enquit :

- Elric ? T'es encore là ?

Déployant des efforts presque colossaux pour me sortir de ma torpeur et mettre mes découvertes dans le fond de ma tête pour le moment, je répondis mollement, d'un air absent que je ne pouvais contrôler :

- Euh… Oui. Merci, colonel.

- Mes réponses ont-elles éclairées ta lanterne ?

- Oui. Je vais vous laisser.

- J'en conclu que je n'ai pas le droit de savoir ?

- Vous concluez bien, répondis-je froidement. Au revoir, et encore merci, colonel.

Il soupira, faussement vexé, et lança enfin :

- Ce fut un plaisir, Fullmetal, amuse-toi bien avec tes apprentis, j'espère avoir de tes nouvelles prochainement.

- Ouais, c'est ça.

Je raccrochai et restai un instant debout au milieu de la pièce, complètement ahuris. Un jeu de questions-réponses affluait dans ma tête, et il m'était pour le moment impossible d'y mettre de l'ordre. Je passai doucement une main sur mon front douloureux, et sursautai lorsqu'on frappa à la porte :

- Ni-san ? Tu es là ?

Sans attendre de réponse, Alphonse entra dans la pièce, m'y trouvant, un peu fiévreux peut-être.

- Edward ! Est-ce que ça va ?

- Juste un horrible mal de crâne, répondis-je presque automatiquement, mes jambes me portant d'elles-mêmes jusqu'à ma chambre.

- Mais tu…

- Je vais aller me coucher, Al. On se revoit demain.

Sous ses mots, j'avais enlevé d'un bras énergique mon tee-shirt, dévoilant mon dos nu à mon frangin. Il resta un instant silencieux, et je finis par lentement me tourner vers lui, appuyant mes dires par un regard empli d'une douleur et d'une fatigue purement véridique, qui semblèrent le faire sursauter de stupeur. Comme à son habitude, il bégaya précipitamment :

- Euh, b-bien, d'accord, re-reposes toi alors, bonne nuit, Ed…

Je ne lui répondis pas, n'ayant ni la force ni l'envie de le faire. J'étais furieux. Furieux, frustré, épuisé, triste, vexé, trahis… En bref, je n'étais pas franchement au mieux de ma forme. Et pourquoi ? A cause de lui. Lui, toujours lui. A cause de ces révélations, et à cause de l'évidence qui s'imposait à moi.

Ery Bell était un homonculus.

Déjà, sa question pendant mon cours m'avait profondément mise dans le doute. Mais désormais, tout coordonnait. Tout s'expliquait. Tout tenait. Son tatouage, ses gaffes sur le fait qu'il soit « dix mille fois plus âgé que moi », son insistance à vouloir se faire appeler Envy (c'était, je supposais, une mode chez les Homonculus), sa force herculéenne, ses yeux si étrange, sa peau à la limite de la transparence, son air… inhumain. Il y en avait sûrement d'autre, mais je n'étais pas en état de m'enfoncer plus encore.

Outre le fait que j'eue couché avec un être artificiel, ce fut stupidement une précision qui me restait en tête : « Bien évidement, en tant qu'humains artificiels, ils sont tous démunis de sentiments. Ils ne peuvent ressentir joie, tristesse, amour. » Ery – ou « Envy » – s'était donc complètement foutu de moi. Dans un sens, j'ignorai s'il m'avait vraiment démontré la nature de ses sentiments envers moi, mais je n'arrivais pas à me faire à l'idée que toutes ses comédies, ses jalousies, ses mots chaleureux, ses mains, cette tendresse, ce… besoin de moi, était une supercherie. Je n'arrivais pas à me dire qu'il était incapable de ressentir ce que moi je ressentais, d'admettre sa véritable nature, d'admettre le fait qu'il se soit joué de moi, qui se soit foutu de ma gueule pour son bon plaisir d'être sadique dénué d'émotion. Il était un homonculus, le résultat d'une faute d'un alchimiste tel que moi. Il était une erreur. Quelque chose qui n'étais pas de chaire et de sang, quelque chose d'irréel, d'inhumain… Un monstre. Il n'avait pas le droit d'exister, et pourtant, imaginer son absence m'attristait plus que de raison. Si cette nouvelle me rendait furieux, l'idée qu'il ait pu exister un monde sans Ery m'horrifiait, pour une raison qui m'échappait – ce qui, de ce fait, accroissait ma fureur.

Malgré tout, je n'arrivais pas à coïncider Ery et Envy en une même entité. Pour moi, Ery représentait l'humain sournois qui m'avait embrassé à maintes reprises, l'humain à qui je m'étais attaché, l'humain qui s'était emparé de mon esprit et mon cœur. Envy était l'homonculus. Le revers de la médaille. La tache noire du tableau blanc. Il était ce qui venait entacher la vision divine de cet humain que j'adulais, il était ce qui maitrisait ma fureur, et ce qui rendait Ery intouchable, exécrable, hypocrite même. Il était ce qui faisait de moi l'alchimiste le plus pitoyable qui soit, à ainsi pleurer sur mon sort de cœur-brisé, plutôt que d'aller immédiatement prévenir mon frère, l'armée, leur dire que j'avais retrouvé les coupables de l'assassinat de Philibert Green…

J'aurais pu le faire, mais quelque chose m'en empêchait. Lui, encore, sans doute. Je devais savoir, je devais être sûr de moi, de ce que je pensais, de ce que je croyais, de ce que je ressentais. Je devais être sûr d'être capable d'accepter qu'il soit inhumain, qu'il soit un meurtrier, qu'il ne soit pas cet imbécile heureux qui passait son temps à me mettre en pétard, mais qui me fascinait par son incroyable charisme. Je pouvais peut-être y arriver, maintenant que je savais la vérité. P'tet bien que j'y arriverais. P'tet bien que j'y arriverais pas. L'idée même de ce que j'étais sensé accomplir penchait directement vers la seconde option, mais je m'empêchais vivement d'y songer.

Sous ces pensées pas franchement revigorantes, je me rendis compte qu'il était cinq heures et demie du matin lorsque je relevai la tête de mes genoux, alors que je m'étais prostré dans une position peu confortable contre le mur de ma chambre, songeant à ce qu'il allait advenir de mon pauvre cœur meurtrit. Poussant un long soupir, je me relevai, la fatigue ankylosant mes muscles, et m'étirai doucement, faisant craquer chaque articulation coincée. Inutile que je me couche, si c'était pour dormir deux heures. Sans grand entrain, donc, je me mis sous la douche, y restant bien une heure et demie, assez pour délier mes membres et raviver ma colère contre Ery. A sept heures, donc, j'avais fini de me préparer, mes cheveux humides noués en une tresse basse, laissant ces crétines de mèches incoiffables éternellement entourer mon visage. Revêtant un large pull noir et mon habituel pantalon de cuir, je rentrai d'un geste machinal ma montre d'argent dans ma poche, passai mes pieds dans mes épaisses Docks et sortis de la chambre d'un pas rapide, d'une humeur vaguement joviale. Carrément mauvaise, même. Ce qui était certain, c'est que si je croisais Ery, il allait m'entendre.

Je fus l'un des premiers à la cantine, ce qui me permis de manger seul à ma table, sans avoir à entendre Lin débiter ses habituels flots de paroles, Ranfan vanter les mérites de ses élèves surdoués, entendre la vieille râler après les académiciens à cause de leur manque d'hygiène, ou bien même voir l'énorme Harold, qui me donnait toujours l'impression qu'il s'apprêtait à t'écraser la tête contre la table. C'est donc à peine au moment où les premiers élèves entraient dans la cantine que je m'éclipsai, décidant d'aller faire un tour pour tenter de me calmer plutôt que de rester à rien faire.

Seulement, je passais un couloir des dortoirs dans le but d'aller chercher mon manteau, qu'après un virage en épingle je tombai nez-à-nez avec Ery, étrangement déguisé. Il avait abandonné son look étrange habituel pour revêtir un surprenant pull vert bouteille, et laissant délibérément ses cheveux pendre le long de son dos, sans qu'ils soient relevés par un quelconque bandeau. Masquant mon ébahissement devant ce nouveau flot de désir qui me submergea à la vue de son incroyable beauté, je fronçai les sourcils, ma colère se réveillant elle aussi en flèche. Je ne dis rien pendant un long moment, tandis qu'une certaine lueur d'inquiétude brillait dans ses yeux d'homonculus. Ne tenant plus d'attendre des explications qui ne venaient pas, je m'emparai de son bras et fonçai vers sa chambre non loin de là, le traînant derrière moi comme un élève à sévèrement punir. Il se laissa faire sans rien dire, jugeant sans doute bon de ne pas attiser les foudres de ma fureur, et ce ne fut que lorsque je l'eus poussé dans sa chambre déserte et refermé vivement la porte dans mon dos qu'il lança, de son ton éternellement sournois :

- Tu as des envies soudaines, Fullmetal Nab…

Ses sarcasmes furent coupés par mon poing s'écrasant avec violence sur son visage, le faisant tomber à la renverse, ses immenses cheveux exceptionnellement coiffés scintillant sous cette brusque agitation. Je me ruai sur lui, hurlant à plein poumon :

- La ferme, la ferme, la ferme, LA FERME !!!

Tous mes mots étaient appuyés par un coup de pied dans les côtes, et il cracha du sang un instant avant d'esquiver un nouveau coup de poing, bondissant de côté avec agilité. Sans me décourager, je me jetai sur lui à nouveau mais il fit un bon d'au moins deux mètres vers l'arrière, allant s'accroupir au bord de la fenêtre, sans aucune difficulté d'équilibre. Bon sang, et moi qui ne pouvais pas faire d'alchimie ! Tant pis, à la guerre comme à la guerre. Je sautai sur le bureau (beaucoup moins félin que lui, mais assez rapidement pour qu'il en soit surprit) et mon poing réussit à atteindre son front, allant cogner sa tête contre la vitre qui se fendit dangereusement.

- Attends, bordel, laisse moi m'ex…

Nouveau coup de poing. Ma colère n'avait plus aucune limite. Je devais me convaincre moi-même de ma haine contre lui, du fait que se tenait devant moi Envy l'homonculus et non pas Ery l'humain. Le fait qu'il eut changé de style m'aidait un peu, soit dit en passant, mais il était bien trop beau pour que mes sentiments passent l'arme à gauche. Il chancela et intercepta mon poing dans le sien, s'exclamant précipitamment, du sang plein la bouche :

- Ça ne sert à rien ce que tu fais, là ! Je suis un homonculus, tu ne peux pas me…

Il fut coupé par mon pied envoyé dans sa poitrine avec une violence inimitable, le faisant basculer en arrière, brisant la vitre au passage. Je mis un certain temps à me rendre compte que sa main ne tenait plus mon poing, et qu'il avait soudainement disparu de mon champ de vision, puisque allant tout droit s'écraser au sol, cinquante ou soixante mètres plus bas. Tétanisé, je restai là, debout, immobile, repassant sans arrêt la scène de mon meurtre, celui où j'avais si brusquement, si lâchement assassiné l'être qui hantait mon esprit depuis toutes ces semaines. Une fois que le contact de mon cerveau fut rétabli (c'est-à-dire, environ cinq bonnes minutes plus tard), je me ruai avec affolement sur la fenêtre éventrée, braquant mon regard sur l'étendue couverte de neige, semblant avoir été remuée au pied du mur mais ne portant aucun cadavre ensanglanté qui aurait achevé mon désespoir. Cependant, cela interpela mon esprit rationnel : POURQUOI Envy ne gisait pas sur le sol, là, tout de suite, après avoir fait une incroyable chute de cinquante-cinq mètres (on arrondit) ??! Même s'il n'était pas mort, il était obligatoirement blessé, et incapable de se relever. C'était purement logique… Ou alors quelqu'un l'avait déjà ramassé ? Possible… Ils étaient surprenants, dans cette académie. Je fis volte-face, ayant bien évidement l'intension de retrouver ce qui restait d'Ery, que je retins un cri de terreur en le trouvant devant moi, couvert d'un mélange de neige et de sang, une main sur la hanche et l'autre remettant nonchalamment une mèche de ses cheveux un peu en bataille derrière son épaule.

- Si tu savais un tant soit peu prendre ton temps et contrôler tes nerfs, j'aurais eu le temps de te dire que tenter de me tuer ne sers strictement à rien, Fullmetal. Maintenant, tu t'es fatigué pour rien et tu vas devoir repayer une vitre.

Ce fut seulement ma peur soudaine qui m'empêcha de me ruer dessus une nouvelle fois, alors qu'il me provoquait à nouveau. Je me redressai, gardant une distance peu négligeable, et crachai avec colère :

- Espèce d'enflure, tu t'es bien foutu de moi, hein ?!

Il fronça les sourcils un instant, pour finalement arborer une moue particulièrement odieuse, méprisante et arrogante, qui acheva de m'exaspérer.

- T'es vraiment trop con, Edo, lâcha-t-il soudainement.

- Quoi ? Et pourquoi ?!

Il ne répondit pas immédiatement, se contentant de se pavaner devant moi avec provocation. Finalement, il sauta sur son lit avec délicatesse et s'enquit, oubliant momentanément ma propre question :

- Comment en es-tu arrivé à une telle fureur, dis-moi ?

Mon cœur eut quelques soubresauts enragés, tandis que je me contrôlais tant bien que mal pour ne pas lui ressauter à la gorge (il ne fallait surtout pas m'approcher de lui – on sait jamais ce qui peut arriver), et c'est la voix tremblante de rage que je répondis :

- J'ai réussis à trouver un livre où l'on parlait de vous.

Il haussa un sourcil :

- Vraiment ? Je pensais les avoir tous brûlé…

Je grimaçai, j'avais donc raison.

- Il était à moi, c'était le bouquin de Philibert Green.

Sa surprise s'accentua, puis un éclat de compréhension brûla dans ses yeux d'améthyste, sitôt suivit d'un immense sourire sadique qui me fit tressaillir. Il se redressa un peu et lança sournoisement, le regard un peu vague, comme s'il se remémorait un bon souvenir :

- Ah, celui là ! Drôlement courageux, ce type ! La bataille a été sanglante, ça a beaucoup plus à Glutony.

- Glutony ? grinçai-je.

- Garfiel, répondit-il en souriant. Oui, parce que, vois-tu, il était impossible pour nous d'entrer dans cet école affublés de nos noms d'homonculus, nous avons donc du nous en inventer d'autre, faisant passer nos véritables identités pour de simples surnoms.

Il commença alors à me faire la liste détaillé de leurs véritables prénom, que je le coupai en m'écriant :

- C'est donc vous qui avez tué Green !

Il s'arrêta et sourit de toutes ses dents, se redressant totalement pour me faire face, comme s'il se préparait à exécuter une acrobatie difficile.

- C'est vrai. Nous étions trois : Lust, Glutony et moi. Nous étions là pour le punir d'avoir publié ses conneries dans son bouquin – en plus, le con, il ne s'avait pas la moitié des choses nous concernant. Enfin bref, il n'a pas mit longtemps à comprendre qui nous étions, et s'est plutôt bien défendu. Il nous a tiré dessus, mais c'était peine perdu, alors Lust et Glutony ont agit en parfaite synchronisation ; l'un l'a cloué au mur pour le calmé un peu, et l'autre lui a sauté au flanc pour le lui en arracher la moitié. Il n'avait pas le droit, à la base, mais bon, quand Glutony a faim, il est incontrôlable…

Il haussa les épaules, insouciant des horreurs qu'il venait de proférer, et enchaîna :

- Nous lui avons fait un peu la morale – ouais, on était là pour ça, à la base – il a eut un peu peur, mais je dois dire qu'il a été assez perspicace en réussissant à dessiner nos tatouages. Je suis le seul à l'avoir vu faire, mais j'ai laissé couler, puisque de toute manière ça ne représentait aucun danger pour nous – j'aurais dû l'effacer, visiblement. Bref, je lui ai arraché le bras droit et le pied gauche pour qu'il arrête d'appeler à l'aide – je ne supporte pas qu'on crie – et finalement, une fois qu'il nous a expliqué comment il avait fait pour en savoir autant sur nous, je lui ai tiré une balle droit dans la tête, comme ça…

Il pointa son indexe vers moi, relevant le pouce, et ce fut le petit mouvement du poignet associé à son « pan !» purement sadique qui me dessina la scène. Il rabaissa son bras au bout d'un moment, et soupira d'un ton nonchalant :

- J'aurais pu lui arracher la tête, mais je trouvais ça plus classe comme ça. Tu trouves pas ?

Il braqua son regard sur moi, tandis que j'étais tétanisé d'horreur. Il n'était plus le même. C'était impossible qu'Ery se soit transformé en un tel monstre. C'est impossible que j'eu couché avec un être si détestable. Figé d'effroi, je ne répondis rien, et il finit par sauter sur le bureau face à moi, lançant joyeusement :

- Tu sembles en état de choc, le nabot. Je peux te déstresser, si tu veux…

Sous ces mots, ma haine me monta à ma gorge et je ne contrôlai pas mon bras lorsqu'il s'empara d'un stylo posé sur le bureau pour le planter dans sa nuque, le laissant hoqueter d'un mélange de douleur et de surprise. Il s'écroula au sol tandis que je le dévisageais, mon regard de dément m'effrayant moi-même, attendant qu'il rende son dernier souffle à mes pieds. Cependant, il lâcha un petit rire en ôtant le stylo ensanglanté de son cou, et c'est en s'y passant une main apaisante qu'il se releva tout naturellement, lançant avec sarcasmes :

- Tu as du mal à comprendre, on dirait. Je t'ai dis que je ne pouvais pas mourir.

Sa main se rabaissa, la blessure avait disparue.

- Pourquoi ?! crachai-je, ne sachant moi-même si j'étais rassuré ou non qu'il eut survécu à mon attaque incontrôlée.

- Parce que je suis un homonculus, tout simplement. Le premier, d'ailleurs, c'est une sombre histoire que je te raconterai plus tard. J'ai plus de quatre-cent ans, ça t'épate, hein ?

- Ça n'explique rien sur le fait que tu ne puisses pas mourir !

- Le vieux crouton l'expliquait très bien dans son bouquin, t'as du le lire. Nous nous nourrissons de pierres rouges, de vies humaines, en soit, c'est ce qui nous rend intouchable. Mais si tu pouvais arrêter de me frapper, ça fait mal et je suis en manque, tu risquerais de vraiment m'éliminer, à la longue.

Je me figeai, frappé de surprise. Pourquoi me disait-il ça ?! Pourquoi m'avouait-il si simplement que j'avais la possibilité de profiter de sa faiblesse pour le tuer ?! Avait-il si confiance en moi ?! Me connaissait-il mieux que moi-même… ? A bien y réfléchir, j'aurais pu, à cet instant, m'emparer de ce stylo à nouveau et le tuer le plus de fois qui le faudrait pour qu'il meurt définitivement, mais je ne bougeai pas, stupéfié, pétrifié. J'étais, malgré tout ces aveux, incapable de concevoir mon existence sans lui. Bordel, j'étais vraiment un abruti…

- Serais-tu tendu, Ed ? Le preux Fullmetal Alchemist serait-il sensible à quelques goûtes de sang ?

Je pris une grande bouffé d'air, pour me donner du courage, et enfin lâchai sombrement, mes mots glissants de mes lèvres, presque incontrôlables :

- Non. Pas sensible. Seulement déçu.

Il fronça les sourcils, incrédule. Je fis un pas en arrière en enchaînant :

- T'es qu'un monstre, en vérité. T'es même pas humain, t'es un assassin, et t'as aucun sentiment. C'est décevant de ma part de m'être fait avoir à ce point. T'es vraiment très fort, je l'admets, mais c'est vrai qu'au bout de quatre-cent ans d'entraînement, t'as du en briser plus d'un, de cœur. Heureusement que t'as été assez con pour faire une gaffe, ça me permets au moins de me rendre compte de ma connerie avant les autres. J'imagine que j'aurais fini par me faire trucider sur l'oreiller, dans le cas contraire.

Je commençais à m'avancer vers ma porte, débitant toujours mon flot de paroles presque dénué d'émotion :

- Ne t'attend pas à ce que je te laisse circuler ici plus longtemps. Je vais prévenir l'armée de votre existence, après tout c'est mon devoir. Tu ferais mieux de partir tout de suite.

Je me fis la remarque intérieur qu'il était fort probable que même s'il refusait de partir, il aurait facilement échappé aux soldats, mais je me retins de le signaler. Je posai une main sur la poignée alors qu'il restait indéniablement silencieux, et soufflai en dernier lieu :

- Je ne veux plus te voir, Envy. Jamais.

J'allais sortir qu'un poing recouvert d'un plâtre inutile s'écrasa contre la porte, la refermant sur le coup. Je sursautai mais ne bougeai pas, relevant les yeux vers le visage fermé d'Envy, qui m'entourait presque de son corps svelte et musculeux. J'attendis, et il finit par grincer, presque agacé :

- Ne redis jamais que je ne peux avoir des sentiments.

Il marqua une pause et je déglutis avec difficulté, le dévisageant avec effarement.

- Ce vieil imbécile ne savait rien de nous. Certes, mon pêché le plus développé est l'envie, mais j'interdis, à toi comme à n'importe qui, de décréter que nous ne ressentons rien. Je suis capable d'être humain de ce point de vue là, tu ne me retireras pas ça.

- Dans ce cas je conclus que ça t'a apporté une certaine joie de me prendre pour un con. T'es content ? T'auras au moins ressentis ça…

Il écrasa sa main sur mon épaule, de sorte à ce que je me retrouve plaqué contre la porte, face à lui. Mon cœur eu quelques ratés et je sentis un voile de sueur couvrir mon visage, la panique me submergeant par à-coups. Il siffla d'un ton réfrigérant :

- Sache que je ne t'ai jamais pris pour un con, le minus. Bon, si, peut-être au tout début, quand je faisais encore ça pour te virer d'ici, mais… plus maintenant. Je t'interdis de juger ce que je ressens ou non, tu te prends pour qui pour te le permettre ?!

- Mais…

- Qu'est-ce que tu crois ?! Que toutes mes comédies étaient une supercherie ?! Que je me suis royalement ridiculisé en mimant la jalousie pour t'enfoncer dans tes croyances ?! Ma fierté est beaucoup trop précieuse pour que je puisse lui faire ça, et même si ça m'éclate. Quand je cherche à faire souffrir les gens, je frappe (il appuya ses dires par un coup dans le mur, qui fit tomber quelques éclats de peinture), je viole et je tue. Voilà comment je fonctionne. Hors, ça fait un moment que j'ai vraiment cherché à t'amocher par mes coups, je n'ai pas la sensation que nos ébats aient été synonymes d'un viol, et il semblerait que tu ne sois pas encore mort. Pourtant je suis là, je te parle, et je tente de te convaincre que mes sentiments ne sont pas des mensonges. Moi-même, je ne me reconnais plus. D'ailleurs, parler comme ça me fait chier, j'ai l'impression d'être une fille, mais je refuse que tu te casses en croyant ce que tu croies.

Je le dévisageai, choqué. C'était sans doute la première fois que je le voyais parler aussi longtemps, et de déceler une certaine… tristesse dans son regard. Lui qui me déclarait un instant plutôt qu'il avait arraché un bras et un pied à un alchimiste aussi naturellement que s'il m'annonçait la météo, le contraste était plutôt déstabilisant. Un moment passa, le silence tendu s'immisçant entre nous étant trop pesant pour que je tienne plus de trois minutes, finissant pas souffler d'un ton suspicieux :

- T'es un bon acteur. Qu'est-ce qui me dit que t'es pas encore en train de…

- Putain, plus buté tu meurs, coupa-t-il dans un grognement exaspéré.

Trop rapidement pour que je l'esquive, il empoigna ma tête, agrippant mes cheveux derrière ma nuque, et plaqua ses lèvres contre les miennes. Je restai un instant réticent, tentant de le repousser de mon unique bras de chaire et le frappant avec celui de métal, que finalement quelque chose m'interpela tellement dans ce baiser que je laissai retomber mes bras le long de mes flancs, me laissant aller complètement. Ery m'avait embrassé plusieurs fois, à maintes reprises, et ses baisers avaient été plus qu'agréables, plus qu'envoutants, et j'avais toujours eu du mal à m'en passer. Mais aujourd'hui, ce n'était plus Ery qui m'embrassait. C'était Envy. Il n'y avait plus de mensonge ; je savais tout, les aveux avaient été fait, et le mur invisible qui nous séparait auparavant, Ery et moi, était désormais tombé, me laissant admirer la vrai personnalité de ce corps si attrayant. Ce baiser était fugace, emprunt de cette même chaleur propre à Ery, mais il raisonnait différemment en moi. Tout me semblait limpide, désormais. Plus de mystère. La confiance. L'amitié. L'amour, peut-être. Envy était l'évolution d'Ery. Il n'était peut-être pas une version amélioré, il était défaillant et effrayant, même, mais il était vrai. Je ne pouvais rester cloitré dans mes doutes après une telle révélation. Tout m'apparaissait clairement, désormais, et j'avais la certitude qu'Envy ne m'avais pas mentit, et que ses sentiments étaient bien commun au mien.

Stupide, hein, d'avoir la preuve des dires de quelqu'un rien qu'avec un baiser ? J'eus un peu peur de voir cette certitude s'évaporer lorsqu'il s'éloigna de moi, mais mes craintes disparurent bien vite une fois que j'eu croisé son regard d'améthyste tellement significatif désormais, et que plus aucune haine, crainte, colère ne m'animait. Bon sang, j'étais vraiment trop manipulable.

- Bon, tu me crois maintenant ?

J'attendis un instant, histoire d'être sûr, puis poussai un long soupire désespéré qui sembla l'inquiéter un instant, baissai les yeux sur mes pieds, et soufflai doucement, ayant presque honte de ma susceptibilité :

- Ouais. Il semblerait.

Sans même lever les yeux vers lui, je ressentis l'importante bouffée de joie qui l'envahit à ces mots, et je chancelai de surprise lorsque ses bras puissants recouverts de ce pull étrange entourèrent ma nuque, pour me coller à lui, dans la première honnête étreinte qu'il m'accordait. Me laissant emporter par son odeur délicieuse, j'y répondis avec fougue, mes bras entourant son buste avec sincérité.

Et nous restâmes ainsi, longtemps, très longtemps, savourant l'autre tant que nous en avions la possibilité, tant qu'aucun mensonge, problème ou colère ne venaient troubler notre bien-être commun.

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Et voilà ! Nous avons distinguer une première et une deuxième partie en fonction du fait que Ed ignorait ou savait qu'Envy était un homonculus. Voilà pourquoi ce chapitre est le premier de la deuxième^^. En tout cas, il est prévu qu'on s'amuse beaucoup pendant cette partie, donc j'espère qu'elle vous plaira ! :D

Un grand merci, et puis à la prochaine avec Izumy !

By Yumi.