Konnichiwa !! Tout d'abord, et comme toujours, MERCI pour vos reviews !!!!!!!!!!!!!! Et, en plus, juste pour l'occasion : JOYEUSE ST VALENTIN !!! Je m'excuse auprès de celles ou ceux que ça déprime - ça me déprime même moi, c'est pour dire - mais bon, vu que vous avez droit à un pitit lemon dans ce chapitre, l'occasion était trop belle, il fallait que je le dise. En parlant de cela, je m'excuse d'avance, il n'est pas excessivement long, mais je préférait faire quelque chose de court et d'à peu près bien plutôt qu'il soit long et moche. Voilà :)
Sur ceux, bonne lecture, j'attends vos avis avec impatience !
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Chapitre 13
Nuit de neige
--POV Edward --
Envy était étrange. Plus qu'étrange, même, il était bizarre. Enfin, c'était une réflexion stupide, étant donné que cet homonculus était depuis bien longtemps proclamé maître dans le domaine de la bizarrerie, mais tout de même… Il semblait presque paniqué. Anxieux. Sa façon de me tenir serré contre lui, bien qu'agréable, était plutôt surprenante, de sa part. Il n'était pas du genre à s'émouvoir pour un rien, et j'étais persuadé que la présence de Sloth et Lust précédemment y était pour quelque chose. Doucement, je rompis notre baiser et posai ma tête sur son épaule, remontant mes mains le long de son dos, et un liquide chaud glissa sur ma peau, soudainement, humidifiant mon cou et mes mains. Je tressailli en rouvrant les yeux, et je découvris un flot de sang s'écoulant entre mes doigts, et enfin le souffle douloureux de mon amant prit toute son ampleur.
- Envy ?!
Je me reculai, et il grogna d'agacement.
- J'suis vraiment trop con de te prendre dans mes bras alors que je pisse le sang…
Je n'eus pas le temps de répartir que ses genoux percutèrent le sol, sa main entourant son buste endolori. Je m'accroupis aussitôt à ses côtés, et j'hoquetai de terreur en découvrant un trou béant dans sa gorge ruisselant de sang, sans doute celui qui avait glissé dans mon cou quelques instants plus tôt. Comment avais-je pu être aussi aveugle pour ne pas remarquer une telle blessure ?! Stupéfié, je ne sus que dire pendant un moment, si bien qu'il fut le premier de nous deux à prendre la parole :
- Ça va, stresse pas, Fullmetal, dans deux minutes y'a plus rien.
- Mais… mais… qui t'as fais… comment c'est…
Je me sentais stupide à bégayer comme ça, mais voir Envy aussi souffrant m'inondait de terreur. Il cracha une gerbe de sang et je me précipitai sur lui pour l'aider à soutenir sa tête, alors qu'il était pris d'un soudain fou rire nerveux.
- L'humain qui s'occupe de l'immortel. C'est pitoyable…
Je ne partageai pas son hilarité, soutenant ses épaules avec précaution, bien qu'il fût incroyablement lourd. Quelques instants s'écoulèrent, et enfin il retira sa main de son buste, dévoilant sa peau lisse comme la craie, sans aucune cicatrice démontrant qu'il venait de se faire perforer l'abdomen, et enfin sa respiration se fit plus régulière, moins rauque, moins douloureuse. La blessure à sa gorge avec elle aussi disparue. J'en fus tellement soulagé que mes bras se refermèrent plus fortement encore autour de ses épaules, dans une étreinte presque compulsive. Il sembla un peu surprit mais se laissa faire, sans doute conscient de la frayeur inutile qu'il m'avait fait subir. Il commençait à se redresser que mes élans de tendresses se transformèrent en élan d'agressivité, et je lui envoyai mon pied dans la poitrine pour le faire retomber au sol avec violence.
- Mais… t'es malade ?!
- Qui t'as fait ça ?! m'écriai-je en me mettant au dessus de lui, posant brutalement mes bras à la perpendiculaire du sol, juste au dessus de ses épaules.
Il écarquilla les yeux, étonné de mes sautes d'humeurs inhabituelles, puis répondit :
- Quelques désaccords avec les filles. Des vraies plaies, ces deux là.
- Sloth et Lust ?
- Evidemment, qui veux-tu que ça soit ! Ce sont bien elles que tu as croisé en entrant.
Je soupirai et me relevai, lui rendant sa liberté au passage. Il se massa le crâne d'un air boudeur, se l'étant sûrement cogné lorsque je l'avais poussé. Et, s'appuyant au rebord du lit, il demanda :
- Bon. Qu'est-ce que tu me voulais, au fait ?
- Je te l'ai dit. Te voir, simplement.
Un sourire tendre éclaira son visage, et je m'empourprai presque, victime de son charme presque enfantin lorsqu'il affichait ce genre de mine. Au dehors, la lune dominait le ciel, éclairant les façades de l'Académie de ses rayons d'argent, faisant briller la neige agglutinée d'un nouvel éclat miroitant. Envy intercepta mon regard rêveur vers la fenêtre, et s'avança vers moi, ses yeux affichant un air d'aventurier impatient. Sans un mot, il attrapa mon poignet et m'entraîna vers la fenêtre, qu'il ouvrit d'un geste vif, ignorant royalement mes petits pics d'inquiétude. Prenant appuis sur la fenêtre, accroupi comme un singe, sa main glissa jusqu'à la mienne, et il plongea son regard dans le mien, avant de lancer, rieur :
- Tu me fais confiance, hein ?
Machinalement, j'acquiesçai, et le regrettai presque aussitôt. Son sourire s'élargit, et il attrapa mon bras pour me hisser sur son dos, avant de s'élancer au dehors. J'étouffai un cri de terreur et m'accrochai plus fortement à lui, enroulant mes bras autour de son cou et mes jambes autour de son buste. Il ricana de mon attitude pas franchement masculine, et ses mains s'accrochèrent avec puissance aux pierres qui ornaient la bâtisse, avant de gripper à toute allure, spider-man se hissant en haut de la demeure. Je fermai les yeux pour éviter de regarder en bas, le sol s'éloignant de nous à toute vitesse ; et du même coup je m'empêchai de parler, de peur que mon dîner du soir ne décide de rejoindre la terre ferme. Les rires d'Envy s'accentuèrent, et le vent glacé qui jusque là me fouettait le visage ne fut plus qu'une vague brise d'hiver, au moment où je compris qu'il s'était arrêté. Il me déposa au sol, mais, encore trop secoué, je gardai les yeux obstinément clos, respirant profondément pour éviter de dégobiller au pied de mon amant (faut avouer, c'est pas très classe, comme image…). Ce dernier, désormais littéralement hilare, lança d'un ton charmeur, en glissant ses doigts entre les miens :
- Ouvre les yeux, abruti, t'es en train de tout louper.
Poussant un profond soupir mi-agacé, mi-désespéré, j'obéis, et le spectacle qui me fit face fut tellement éblouissant que j'en perdis momentanément l'usage de la parole. Incroyable. Envy m'avait emmené sur le plus haut toit de l'Académie, et d'ici, tout me paraissait magnifique. Étendue telle un lit de soie blanche, la neige recouvrait les arbres alentours, le sol, les murs, sa clarté contrastant magnifiquement avec le ciel noir, ses étoiles d'argent me donnant l'effet d'imposantes paillettes dispersées sur un tableau gigantesque. La pleine Lune trônait, brillant telle une boule de lumière dans cette nuit sombre exempte de tous nuages, ses rayons glissant sur les surfaces lisses et éclatantes des dernières poudreuses, semblant parsemer la neige de quelques diamants enfouit de part et d'autre du jardin, source de lumière, de beauté et d'éternité. J'avais la sensation de me trouver au cœur de l'infini. Intouchable, je me sentais minuscule, ridiculement petit par rapport à la magnificence du Monde, aux exploits si incroyables de la Nature, au bonheur que me procurait ce spectacle si stupéfiant.
Éblouis, je finis par me tourner vers mon amant, et c'est un peu surpris que je trouvai son regard félidé braqué sur moi, me détaillant avec une tendresse qui lui était habituelle, ces temps-ci. Penchant la tête sur le côté, je glissai mon regard sur les reflets émeraude de ses cheveux, y découvrant quelques subtilités d'argent sous les rayons de la Lune, sa peau d'albâtre scintillant presque et ses yeux d'améthyste se détachant si superbement du reste de son visage que j'en fus quelque peu troublé. Il m'observait avec le même intérêt, si bien que nous restâmes de longues minutes silencieux, nous contemplant mutuellement, l'absence de mot ne se faisant nullement ressentir, la présence de l'autre nous suffisant amplement.
Finalement, ce fut, comme toujours, lui qui rompit notre immobilité contemplative en m'attirant à lui, glissant une main dans mes cheveux et posant délicatement ses lèvres sur les miennes. Mon cœur s'emballa, et je rougis de plaisir. Qu'est-ce que je ressentais, à cet instant ? Qu'est-ce que je ressentais, pour lui ? Comment s'appelait ce sentiment ? Tout tournoyait si vite en moi que j'eu du mal à y faire un tri. J'étais heureux. Inconditionnellement heureux. Tout semblait si simple, la douleur s'évaporait, le doute avec lui, et le monde me semblait exister que pour cet instant, que pour lui, pour nous, pour ce ciel, pour cette nuit, pour ce baiser. Je me sentais unique. Je nous sentais unique. Ma vie m'apparaissait n'avoir été écrite que pour cet instant magique, au creux de ses bras, sous ce vent glacé, sous cette Lune incandescente.
Oui, je me sentais poète. Stupide aussi, peut-être. Après tout, c'était un homme que j'enlaçais, là. Et un homonculus, de surcroit. Dans le genre j'enchaine les interdits, j'excellais plutôt. Mais tant pis. Peut m'importait, ce soir. J'étais avec lui, c'était tout ce qui comptait. Je ne saurais définir mon sentiment, ou bien je ne saurais l'avouer, mais au moins je l'écoutai, et jusque là cela me suffisait. Cela nous suffisait.
- Merci, murmurai-je doucement, le visage enfouit sans le creux de sa nuque.
Il ne répondit rien, se contentant d'intensifier son étreinte. Je fermai les yeux, et la réalité me revint si brusquement que mon cœur eut un raté douloureux. Il souffrait. Là, tout de suite, je le sentais. Il souffrait de ce que je lui avais avoué, du fait qu'Alphonse soit plus important que tout. Bon sang, comment pouvais-je agir avec autant d'indifférence, alors que lui murait sa tristesse, la réduisait au silence pour ne pas m'inquiéter ?! Comment avais-je pu ne pas le remarquer plus tôt ?! Rien n'avait changé, physiquement du moins, mais à cet instant tout m'apparu si clair que j'en tremblai de panique. Quel crétin je faisais !!
Brutalement, je m'éloignai, plongeant mon regard paniqué dans celui perplexe de mon amant. Il haussa un sourcil incrédule et lança, visiblement mécontent d'avoir été si violemment secoué après une telle étreinte :
- Qu'est-ce qui te prend ?
Je restai silencieux, horrifié de ce que je venais de découvrir. Mais que devais-je faire ? Que devais-je dire ? S'il restait près de moi, c'est qu'il en avait envie, non ? Ma panique me poussa à reculer plus encore, et mon pied râpa le sol de façon incontrôlée, un muret de pierres heurta mes mollets, et je me sentis tomber en arrière, aspiré par le vide dans mon dos. Alors que je ne comprenais pas tout ce qui était en train de m'arriver, Envy se rua sur moi – prenant garde à ne pas glisser sur le verglas à son tour – et attrapa mon bras in extremis, me tirant brutalement en avant pour m'éloigner du bord. Mon cœur cognait contre mes tempes, me brouillant la vue, accélérant ma respiration, et je mis un moment à assimiler le sens de ses hurlements paniqués :
- …'tain mais t'es complètement débile, bordel ?! Reculer à une telle vitesse, c'est super dangereux ! Tu veux crever ou quoi ?! Tu mériterais que je t'en colle une, abruti !
Il me secouait un peu, et je relevai les yeux vers son visage rouge de colère, ma vision embuée par les nuages blancs expulsés devant nos yeux. Il s'arrêta, remarquant mon manque évident de répartie, tandis que la cause de mon éloignement me revenait peu à peu, après avoir été violemment balayée par l'idée soudaine que j'avais manqué de me tuer. Un peu chancelant, ses mains me servirent d'appuie pour ne pas m'écrouler au sol, et je bégayai piteusement :
- Je… désolé… ce n'était pas… enfin…
Il me soutint plus fortement par les épaules et me fit sévèrement face, ses prunelles étincelantes me détaillant avec sérieux. Au bout d'un moment, il demanda, aussi froid que la poudreuse qui se déposait sur nos vêtements :
- Pourquoi as-tu reculé ?
Une boule d'angoisse se longea dans ma gorge, et mon cœur raisonna contre mes tempes, semblant vouloir déchirer mon thorax pour me fuir. Je déglutis difficilement, assaillis par une horde de sentiment douloureux, de doute, de peine, d'angoisse, qui me poussèrent tout de même à balbutier la vérité :
- Je… m'excuse… Envy. Tu dois être… enfin tu dois souffrir… je ne m'en étais pas aperçu, je suis désolé… Je suis trop con…
J'avais baissé les yeux, incapable de soutenir son regard flamboyant. Il resta longtemps silencieux, toujours serrant mes épaules entre ses mains, figé d'une quelconque surprise que je préférai ignorer. Au bout de quelques minutes qui me parurent durer des heures, je me décidai à mettre fin à cette stupide situation, le fait que j'eu vu juste dans ses sentiments signifiant sans doute qu'il valait mieux que je m'éloigne. Pour lui. Pour nous. Jouer avec son cœur d'homonculus était encore plus inhumain que lui-même ; c'était par principe que je m'éloignais, et non pas par envie. Doucement, je fis un pas en arrière – peu désireux de réitérer ma chute – et commençai à m'avancer vers le rebord du toit, songeant d'ores et déjà à un moyen d'utiliser l'alchimie pour descendre. J'avais claqué des mains l'une contre l'autre et m'étais accroupis près du bord, que je n'eu pas le temps de les poser sur la plaque de béton, me sentant tirer en arrière avec force, tout mon corps s'écrasant dans la neige déposée sur le sol. A peine avais-je compris ce qui m'arrivait que le visage de mon amant apparu au dessus du mien, ses jambes de part et d'autre de mes reins, ses mains appuyées à la perpendiculaire du sol, au niveau de mon visage. Je frissonnai en croisant son regard, semblant masquer une grande peine, mais obstinément fermé à tout débordement d'émotion. Ne souhaitait-il donc pas que je sache ce qu'il ressentait ? Non, bien sûr, Envy refusait toujours qu'on devine ce à quoi il pensait. Il s'attarda un moment à m'observer, tandis qu'il semblait user du pouvoir incontestable qu'il avait de me rendre muet face à son incroyable beauté. Enfin, il se pencha vers mon visage, ses lèvres glissant d'abord sur mes joues, mon menton, mon cou, évaporant sans cesse la brume humide de son souffle, et arrivèrent jusqu'aux miennes, pour s'y poser avec douceur, presque prudentes. J'y répondis tout d'abord avec autant de délicatesse, nos mouvements lents et timides nous poussant à nous goûter, nous savourer ; il s'éloignait un peu, puis revenait, sans jamais trop accentuer nos échanges ; il s'attardait sur ma lèvre inférieur, marquait une pause puis sa langue glissait sur celle du bas, tandis que je me prêtais au jeu, mon cœur se serrant dans ma poitrine et ma peau irradiant de multiples bouffées de chaleur. Finalement, je me lassai de ce manque de passion qui nous accoutumait pourtant, et j'emprisonnai son visage entre mes mains, passant mes doigts entre ses cheveux, intensifiant notre baiser en appuyant plus fortement ses lèvres contre les miennes. Il céda, poussant un bref soupir résigné, et ses bras cédèrent, se pliant à la parallèle du sol, son torse venant enlacer le mien, sa main glacée par la neige glissant le long de ma nuque dénudée, me faisant frissonner. Je gémis à ce contact et me cambrai légèrement, ma main allant d'elle-même s'aventurer à caresser sa peau d'albâtre, sous son t-shirt. Ses dents mordirent ma lèvre avec force, première chose qu'il trouva à faire pour étouffer un gémissement. Rompant notre baiser, il délaissa mon visage pour mon cou, ses lèvres glissant sur ma peau glacée, embrassant avec une fougue surprenante toutes les parcelles de chair qu'il trouvait. N'y tenant plus et oubliant sans doute que moi, pauvre humain, je soufrai du froid glacial de l'atmosphère, il déchira mon surplus de vêtements d'un simple mouvement de bras, laissant mon torse s'hérisser d'aigreur sous ce vent glacial. Cependant, il semblait si passionné, si honnête, ne disant rien mais n'en exprimant pas moins, que je ne pu me résoudre à me plaindre dans un moment pareil, lui confiant mon corps et ma santé.
C'était peut-être une façon de me faire pardonner. Peut-être. Mais je ne me vendais pas, et je ne faisais pas non plus ça par charité. C'aurait été l'insulter. Et puis, j'en avais envie aussi, faut dire. Seulement… satisfaire ses infatigables envies de sexe était un bien piteux cadeau que je lui faisais, en contrepartie de la souffrance que je devais lui octroyer. Je n'avais jamais songé être si important pour lui… Pas vraiment, du moins. Je savais qu'il était jaloux, possessif, impulsif et ô combien continuellement en manque, mais je n'avais pensé qu'il souffrirait à ce point. Allez savoir comment je l'avais remarqué, d'ailleurs. La révélation de tout à l'heure m'avait sans doute rendu empathique. Mais… pouvais-je mettre un nom sur ses sentiments ? Et pouvais-je mettre un nom sur les miens ? En avais-je le droit ? Le courage ? Était-ce vraiment ainsi ? Alphonse était-il vraiment le plus important de tous… ? Je doutais. Encore, toujours, serré contre lui, nos torses nus s'embrassant par nos mouvements communs, je doutais. J'avais peur, peut-être. Mais tant pis. Entre ses bras, tout avait si peu d'importance, que j'avais la sensation d'être complètement idiot. Ma tête se vidait, mes sens prenaient le dessus sur mon esprit ; nous ne devenions qu'un, deux puissances pour une même entité. Un humain, un homonculus. Deux hommes. Ensemble.
Il enleva ce qui masquait encore ma nudité, mon corps recouvert de neige fondu frissonnant au moindre de mes mouvements, me poussant à sans cesse m'agripper à lui, tentant de me réchauffer par la chaleur de sa peau incandescente. Je ne rencontrai que peu de fois son regard lorsque sa main glissa le long de mon abdomen pour venir se loger au creux à la rencontre de mes cuisses, ses mouvements désordonnés m'arrachant des cris incontrôlés, mes ongles s'enfonçant sans son dos aussi compulsivement que si c'était s'agit de décharges électriques. Ses cheveux d'onyx glissaient sur nos corps enlacés, et ma seule main de chaire s'attarda à plongé vers leur racines lorsque je sentis mon amant entrer en moi, sa fougue plus que jamais réveillé, son regard presque bestial m'effrayant et m'excitant à la fois. Je n'avais, ce jour là, eut droit à aucun sarcasmes de mauvais goût : seul son inconditionnel silence accompagnait nos mouvements, et il semblait même retenir ses cris, à tel point qu'il réussit à me griffer jusqu'au sang lorsque ses mains appuyaient sur mes hanches pour rythmer les siennes. Encore une fois, je me retiens tout commentaire, mon regard, mes mains, mon corps appartenant encore à Envy. J'étais sien, ce soir là, et pour rien au monde je ne lui aurais enlevé ce plaisir, même si pour cela je devinais une horrible grippe et des ecchymoses douloureuses à venir.
Il avait enlacé ma main de métal désarticulée, semblant savoure le contact froid de la matière contre sa peau brûlante, et l'autre mimait les mouvements de son bassin sur ma propre virilité. Ma main de chaire avait agrippé ses mèches noires et je serrai les dents pour retenir les gémissements répétitifs qu'il m'octroyait à chacun de ses mouvements. Enfin, tout mon corps se cambra sur lui-même, le moindre de mes muscles se tandis, à l'instar de mon amant, pour nous faire ressembler à deux étranges statues grecques enneigées et tordues d'un plaisir presque douloureux. Sa main se serra tant sur la mienne métallisée que je la sentis grincer furieusement ; l'autre accéléra en imitant la cadence de ses reins, et je plaquais ma bouche à l'interstice de sa nuque pour étouffer un cri ; lorsque finalement, l'ultime vague de sensation nous submergea l'un après l'autre, moi d'abord et lui ensuite. Mes muscles encore tendu comme un arc, ankylosés par l'effort accomplit, je trouvai tout de même le courage de faire glisser mon bras le long de sa nuque et attirai Envy contre moi, au moment où lui-même semblait reprendre son souffle, s'évertuant malgré tout à éviter de s'allonger sur moi, faute d'un poids éternellement trop important. Il s'étala alors à ma gauche, nos corps entrelacés tout de même, et je ne pus me détacher de lui, me tournant sur le côté en refoulant les brûlures glacées que m'octroyait la neige autour de nous. De ce point de vu là, je l'enviais un peu, de ne pas souffrir du froid.
Les minutes s'écoulèrent, inépuisables, tandis qu'aucun de nous ne souhaitait rompre la tranquillité de l'instant. Finalement, je fus secoué d'un incontrôlable frisson – ressemblant plus à un spasme, en fait – qui sembla l'alarmer.
- Tu… tu as froid ? demanda-t-il en se redressant un peu.
Je lâchai un rictus désespéré en constatant qu'il venait à peine d'y songer, et j'allais répondre que je me rendis compte de ma soudaine impossibilité à parler. Muet, je toussotai plusieurs fois, tandis qu'il s'inquiétait :
- Euh… ça va ? Qu'est-ce qui se passe ?
Je continuais de tousser, mais fus incapable de m'arrêter, une quinte de toux s'étant violemment emparer de ma gorge, la brûlant douloureusement. Envy s'élança à la recherche de nos vêtements tandis que je me redressai, tentant de reprendre un minimum de souffle, une main inutilement placée sur la gorge. Je sentis qu'il me passait mes vêtements (du moins, ce qu'il en restait) avec hâte, enfilant les siens plus rapidement encore, et il tenta de me remettre debout en me soutenant par le bras. Ma toux s'était un peu calmée mais je restai penché en avant, comme si ce geste eut pour effet de mieux faire passer l'air glacée dans mes poumons. Chaque respiration semblait griffer ma trachée, et je réprimais des grognements de douleur, ne souhaitant pas attiser plus encore l'inquiétude de l'homonculus. Il me força finalement à me redresser, mon esprit comprenant vaguement qu'il m'ordonnait de me couvrir et de rentrer au chaud, qu'à peine avais-je tenté de faire un pas pour le suivre au bord du toit que ma vision se troubla, mes doigts furent parcouru de fourmis désagréables, et ma tête sembla étouffée par une vague de douleur. Tout vacilla, et je distinguai en dernier lieux les perles d'améthystes se précipitant vers moi, jusqu'à ce que, aussi brutalement que si l'on m'avait frappé sur la tête, je sombre dans l'inconscient.
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- Mais comment il a fait pour attraper une crève pareille, Envy ?
- Euh… j'sais pas…
- Il est tout pâle… et tu dis que tu l'as retrouvé dans le jardin, à moitié nu ?
- Euh… ouais…
- Mais qu'est-ce qu'il fichait, bon sang ?! Eh, Oni-san, réveilles-toi !
- Laisse-le dormir, tas de ferraille ! Tu vois bien qu'il est crevé !
- Alors baisse d'un ton, toi aussi, parce qu'à hurler comme ça je sais pas si tu es le mieux placé pour me donner des leçons !
- Mais vous allez la fermer…
La dernière réplique, elle était de moi. Elle était sortit toute seule, des tréfonds de ma mauvaise humeur, pitoyable résultat de ce qui me restait de voix. Faible, gémissante, douloureuse, j'avais plus la sensation de m'entendre parler à travers un téléphone aux lignes brouillées plutôt que d'admettre qu'il s'agissait réellement de mes cordes vocales. Ce fut sans doute la même réaction chez les deux personnes dont j'avais inévitablement compris la présence ; Envy et Alphonse. Les deux protagonistes se ruèrent sur moi, et je n'eu même pas le temps d'ouvrir les yeux que mon frangin pépia nerveusement :
- Oni-san ! Est-ce que ça va ? Tu es dans un état catastrophique ! Tu es monté à quarante trois de fièvre, c'était très affolant ! Le médecin est passé, il a même hésité à t'emmener à l'hôpital, mais Winry et Envy l'on convaincu de passer te voir tous les jours, plutôt que ce soit toi qui parte. Qu'est-ce que tu as fichu pour attraper si froid ? Envy t'a trouvé, et…
- Eh-là, l'outil sur patte, tu le fatigue avec tes questions, coupa Envy, au moment ou je rassemblais mes semblants de volonté pour ouvrir les yeux.
Je fus d'abord ébloui par la vive lumière inondant la pièce, ce qui me poussa à longtemps battre des paupières. Puis je reconnu l'imposant plafond aux poutres apparentes qui se présentait à moi chaque matin, m'indiquant sans même un coup d'œil alentour que je me trouvais dans ma chambre. Soupirant d'aise, ravi que mes brûlures de glace eu été remplacée par la douce chaleur de mes draps, instinctivement je cherchai Envy du regard et le trouvai non loin de moi, à un mettre peut-être, affalé dans un fauteuil ramené de mon bureau annexe. Il m'envoya un faible sourire en coin qui traduisait l'évidente culpabilité qui lui rongeait l'esprit, et je lui en répondis un plus sincère, qui moi signifiait clairement qu'il était pardonné.
- Edward !
Si j'avais été en état de bougé, j'aurais sans doute bondit trois mètre plus loin. D'autant plus que cette voix, annoncée avec autant de mauvaise humeur, ne présageait jamais rien de bon.
- Winry, tu ferais mieux de…
- La ferme, Al, ça fait assez longtemps qu'il dort !
Sans que je ne puisse esquisser le moindre geste de recul, la blonde folle-furieuse se jeta sur le lit et braqua son visage à cinq centimètres du mien, Envy s'agitant d'agacement dans son dos. Effrayé, j'eu beaucoup de mal à soutenir le regard océanique de ma meilleure amie, et finis par carrément fermer les yeux lorsqu'elle cracha furieusement :
- T'es complètement con, tu le sais, ça !
Je ne dis rien ; elle n'attendait pas de réponse, ce n'était pas une question. Continuant sur sa lancée, elle enchaîna :
- De ce temps là, te mettre torse nu, tu cherchais la mort ou quoi ?! Qu'est-ce qui t'a pris ?! C'était une blague ?! Un défi lancé à toi-même ?! Cette histoire de pièce te déplais tellement que tu préfère crever plutôt que la jouer ?! Bon sang, je n'ai jamais vu un…
- Eh, ça va, Blondie, il est assez grand pour savoir ce qu'il fait, il a pas besoin de tes sermons.
Je rouvris un œil prudent, découvrant l'imposant Envy dressé à la droite de Winry, la toisant avec sévérité. Il devait vraiment se sentir mal pour ne pas profiter de l'admirable spectacle de me voir humilié par une fille. Cette dernière se tu, braquant son regard furieux en direction de mon amant.
- Parce que tu le défends, en plus ?! C'est toi qui l'a trouvé inconscient, et tu n'es même pas un tant sois peu énervé ?!
- J'ai passé l'âge de m'acharner sur les plus faibles. Il n'est pas en état pour que je le frappe.
Je refoulai un ricanement (qui, de toute manière, aurait plus ressemblé à une toux soudaine qu'à autre chose), songeant que c'était pourtant tout à fait son genre d'aller chercher les ennuis à tout ceux qu'il savait plus faible. Ou même plus fort. En fait ce type n'avait aucun principe – je ne m'en rendais vraiment compte que maintenant, sur mon lit de mort (j'exagérai à peine). Il était très étrange, trop lunatique. Réfléchir à tout ça accentuant ma migraine.
- Winry, enchaîna Al d'un ton prudent, un peu effrayé peut-être, c'est contagieux, si tu restes trop près d'Ed tu vas finir comme lui.
- Il a raison, approuva aussitôt Envy, ravi d'avoir un prétexte pour qu'elle fiche le camp.
Pas tellement à l'aise non plus de la savoir si près de moi, je mimai une quinte de toux – même si je n'eus pas besoin de jouer la comédie longtemps, ma maladie réagissant au quart de tour – et elle grimaça en reculant un peu, paniquée à l'idée qu'elle puisse se trouver aussi mal. L'atmosphère sembla soudain se détendre, moi soulagé qu'elle ait arrêté de me hurler au visage ; Al rassuré qu'elle ait décidé de se comporter sagement, évitant ainsi la propagation du virus dans toute l'Académie ; et Envy plus détendu maintenant qu'elle n'était plus si proche de moi.
Un silence un peu gêné s'installa, tandis que j'analysais avec soin les symptômes de ma maladie – dont j'ignorais encore le nom, au passage. J'avais mal. Atrocement mal. Partout, dans tout mon corps, mes muscles étaient courbaturés, comme si 1) j'avais fait du sport intensif pendant des heures ou 2) je n'avais pas dormis depuis une semaine. Or, c'était bien faute d'un sport un interdit que je me retrouvais cloué au lit, mais j'étais loin de ne pas combler mon manque de sommeil, puisque j'avais vraisemblablement dormis toute la nuit et entamé une partie de la journée. De plus, ma tête me tournait, ma vision était désagréablement trouble, j'étais incapable de respirer par le nez, ma gorge ressemblait à un feu ardent, et j'avais la sensation d'être sujet aux acouphènes tant le long râle sifflant dans mes oreilles était puissant. Pour faire bref, je n'étais pas au mieux de ma forme.
On frappa, sonnette d'alarme me tirant de mes songeries plaintives. Après avoir vaguement perçu un grognement mécontent de la part de mon aman et l'armure d'Al se raidir de nervosité, la petite silhouette de Rose transcenda la lumière qui me parvenait dans l'embrasure de la porte. Elle portait une boite de chocolat dans une main, et un bouquet de fleurs dans l'autre.
- Euh… bonjour… je…
En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Envy avait bondit de la chaise et s'était emparé du bouquet avec brutalité, se justifiant avec une agressivité non feinte :
- Tu ne sais donc pas que les plantes absorbent l'oxygène ? Il doit déjà respirer par la bouche, tu veux l'étouffer jusqu'au bout ?!
Elle pâlit, et, trouvant tout de même la réaction de mon amant un tantinet excessive, je volai au secours de la jeune fille :
- Env… Ery, me rattrapai-je aussitôt, c'est bon, c'est un cadeau…
- Mais…
- Et je veux les chocolats.
Mes exigences semblèrent déstabiliser toute l'assemblée, mais Rose en profita pour glisser jusqu'à moi et m'apporter mes cadeaux, souriant gentiment. Je la remerciai d'un signe de tête et m'attaquai aux petites gâteries avec envie, mon ventre, bien que sujet aux nausées, criant famine – comme d'habitude. Winry grimaça un peu et dit doucement :
- Tu sais, c'est très lourd les chocolats, tu ne devrais pas en manger beaucoup…
- Mais laissez-le faire ce qu'il veut ! s'écria soudain Envy, au comble de l'énervement, me faisant bondir de stupeur.
Tout le monde sursauta en se retournant vers lui, stupéfaits. Je fronçai les sourcils, comprenant ses élans de culpabilité, mais pas ses piques d'agressivité. Les deux étaient sans doute liés, mais ce n'était pas une raison. Malgré tout, la blonde s'emporta avant moi :
- Eh, tu pourrais être plus sympathique, c'est tout de même toi qui gueule quand on lui apporte de simples fleurs !
Il grimaça, désormais profondément énervé, et râla :
- Le chocolat ça va pas l'étouffer, et puis tout le monde sait qu'il adore manger ! Les fleurs, il s'en fou !
- Ery, ça suffit, le réprimandai-je après avoir avalé rapidement une des sucreries.
Trop rapidement, d'ailleurs, puisque je trouvai le moyen de me brûler la trachée avec, accompagnant cela d'une abominable quinte de toux. Rose et Alphonse se précipitèrent sur moi pour me tapoter le dos, et j'entendis vaguement Envy clamer des jurons à tout vas, avant qu'il ne s'en aille, disparaissant avec rapidité et mauvaise humeur de ma chambre vireuse. Stupéfié, ma toux disparue avec lui, et je me laissai mollement retomber sur l'oreiller, méditant sur l'attitude peu diplomate de l'homonculus. Mais qu'est-ce qui lui prenait, tout à coup ? Est-ce que c'était encore la faute de Rose ? Est-ce qu'il était si désolé de m'avoir mit dans cet état qu'il s'en trouvait énervé ? C'était étrange, mais me poser toute ces questions m'apportait aussi leur réponse. J'avais sans doute raison. Il n'y avait pas trente six mille façons d'énerver Envy, en même temps. Je lui aurais bien couru après pour exiger des explications, mais j'en étais effroyablement incapable, comme si j'étais lié à mon lit. C'était agaçant.
Finalement, au bout de quelques minutes de discutions superflues, Winry annonça qu'elle se remettait au travail de mon automail (elle n'avait jamais été aussi longue, soit dit en passant), Alphonse promis de repasser me voir demain, et s'éclipsa pour continuer ses « recherches » (en rapport à l'éternel problème de Willy Bell, qu'il ne souhaitait visiblement pas abandonner), et je me retrouvai de ce fait seul à seul avec Rose, qui, elle, n'avait pas l'air décidé à déguerpir. Mon Dieu, qu'allait-il encore m'arriver ?!
Elle me sourit timidement, et je lançai avec prévoyance :
- Tu sais, si tu restes trop près de moi, tu vas te retrouver dans le Hrum ! [je toussai]… même état.
Elle haussa les épaules, indifférente, et contourna le lit pour s'installer à droite, les jambes tendue devant elle reposant sur les couvertures, son dos, à mon instar, appuyé contre la barre de lit.
- Je vais rester avec toi, pendant que tu te reposeras, annonça-t-elle soudain.
Je manquai de m'étouffer avec un chocolat, puis avec une reprise de toux impossible à arrêter, et enfin, je m'exclamai :
- Pardon ?!
- Oui. Je m'attendais à ce que ce soit Ery qui le fasse, mais visiblement il n'en a pas envie. Alors je prends le relais.
- Mais tu sais… Ery peut revenir un peu plus tard… La journée n'est pas terminée…, soufflai-je, imaginant d'ores et déjà la tête qu'Envy tirerait s'il me trouvait en train de roupiller, surveillé par Rose.
- Peut-être. Dans ce cas là, je m'en irais. Mais dans le cas contraire, il est hors de question que tu restes seul. Et puis, j'ai quelques questions à te poser.
- Ah… ?
La situation devenait dangereuse. Très dangereuse. Et avec mon mal de crâne, mentir n'allait pas être tache facile.
- Que faisais-tu, torse-nu, au milieu de cette neige ?
Je marquai un temps d'arrêt, analysant cette phrase avec gravité. Bon sang, Envy était vraiment déplorable lorsqu'il s'agissait d'inventer une excuse ! Comment voulait-il que je m'en sorte avec ça ?! Nerveusement, laissant ce qui me restait de conscience bafouiller une explication, je répondis :
- Je… j'en sais trop rien… je ne me souviens pas bien…
- Ery raconte t'avoir trouvé près du gros chêne, torse-nu, semi-inconscient.
Inspiré devant cette précision délirante, je rebondis sur l'excuse d'Envy avec agilité :
- Ah, oui. Je crois que je ne me sentais pas bien, déjà, avant… Je suis allé faire un tour dehors pour me rafraichir et… euh… bah je ne sais pas trop. J'ai… j'ai été pris d'énormes bouffées de chaleur, alors j'ai ouvert un peu mes vêtements, et là… je pense que j'ai fait un malaise.
Wouah. Trop fort. J'étais vraiment trop-fort. Même malade j'arrivais à sortir des trucs cohérents ! Mes flatteries personnelles redoublèrent d'intensité lorsque je constatai que la jeune femme n'y voyait que du feu, croyant à mon excuse sans plus de cérémonie. Fier de moi et de mon habileté au mensonge, je finis par couper court à la conversation et m'enfonçai dans les couvertures, faisant l'énorme faute d'oublier, momentanément, un Envy pas super content qui risquait de débarquer à tout moment…
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Au passage, je m'excuse pour la fin qui me parait pas tip top, mais je n'ai pas réussis à l'arranger - d'autant plus que je devais publier le chapitre, sous les ordres du général Izumy ;)
Enfin, ça vous a plus ? Merci de m'avoir lu, et à la prochaine !
By Yumi.
