Et voilà le chapitre 17, presque à l'heure ! Tout d'abord, nous voudrions toutes deux remercier the-crazy-angel pour nous avoir donné l'idée du siècle, et un excellent moyen de trop nous éclater à écrire la suite de cette fic. Donc, merci beaucoup, ce qui va suivre et qui sera en rapport avec ce que tu as suggéré t'est dédié ! :D
Merci également, comme d'habitude, à tous ceux qui nous soutiennent encore et toujours, c'est génial.
Allez, maintenant je vous souhaite une bonne lecture, et n'oubliez pas de nous dire ce que vous en pensez ! ;)
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Chapitre 17
Une fille incompréhensible
-- POV Edward--
Je ne pu faire disparaître mon sourire satisfait lorsque je me redressai, tandis que la belle endormie ouvrait niaisement les yeux. Bon sang, Envy faisait ça très bien, même s'il était, comme moi, sur le point d'éclater de rire. Il s'agita un peu, imitant parfaitement les mimiques que faisait la véritable Rose pendant les répétitions, et posa son regard d'améthyste sur moi. Là, il resta muet, tandis que je me figeais sur place. L'abruti ! Il ne connaissait pas le texte de Rose ! Je blêmis – lui aussi – tandis que la perplexité des spectateurs se faisait sentir, les regards paniqués de nos confrères acteurs avec eux. Envy finit par prendre une grande inspiration, et lança doucement :
- Mon prince ! Vous êtes venu me sauver !
Ce type était incroyable. Il y avait deux secondes, il semblait incapable de se remémorer la moindre parole de Rose, et voilà qu'il affichait une mine parfaitement détendue et sûr de lui – malgré ses traits féminins. Je lui rendis son sourire cordial et prit sa main, mimant l'amoureux transit se jetant aux pieds de sa belle pour lui faire sa demande.
Nous quittâmes la scène quelques minutes plus tard, tandis que le narrateur déblatérait son épilogue. Envy me prit la main et m'entraîna au fin fond des coulisses, sans un mot.
- Mais qu'est-ce que tu as fais de Rose ?!
Il jeta quelques coups d'œil à droite à gauche et soudain ses épaules s'élargirent, il prit quelques centimètres, et ses cheveux retombèrent sur son dos dans de superbes mèches brunes. D'un mouvement du poignet, il retira la robe trop serrée et m'expliqua vivement :
- Je l'ai foutue dans le placard, juste derrière (il m'indiqua le lieu indiqué d'un signe de tête). J'espère qu'elle s'est étouffée, ça nous fera la paix…
Je levai les yeux au ciel tandis qu'il revêtait sa robe de sorcière, puis m'emparai de la robe et fonçai vers le meuble en question, d'où provenaient de faibles tambourinements. J'envoyai valser la chaise de côté et libérai l'otage. Elle releva des yeux rougis par les larmes vers moi, sa coiffure complètement défaite, ses mèches châtain et rose retombant sur sa peau dénudée. En cet instant, j'eu pitié d'elle. Vraiment. Sincèrement. Et ma moue désolée n'était pas un mensonge ou une flatterie, j'étais presque aussi bouleversé qu'elle.
Je m'accroupis doucement et plongeai mon regard dans le sien, tandis que ses lèvres tremblaient, de honte, d'humiliation, de douleur. J'ignorai ce qu'Envy lui avait fait subir pour réussir à l'enfermer ici, mais elle était sacrément détruite.
- Je suis… désolé, Rose, marmonnai-je.
- Bon, elle se rhabille l'autre débile ? 'Va y avoir les salues !
Je tressaillis au manque de tact évident de mon amant, et mes frissons se répercutèrent sur le corps de la pauvre fille, qui trembla comme une feuille en voyant apparaître Envy dans mon dos. Ses larmes redoublèrent d'intensité et elle posa sa tête contre ses genoux, entourant ses jambes de ses bras, honteusement. Je fis les gros yeux à l'homonculus qui plaidait l'innocence en haussant les épaules, puis soufflai doucement :
- Il faut que tu viennes…
- Je n'irais pas ! coupa-t-elle, criant presque. Si Ery a réussi à prendre ma place pour la dernière scène, il y arrivera pour les salues !
- Qui te dit que j'ai pris ta place, pauvre…
- Si ce n'était pas le cas, quelqu'un m'aurait cherché, et personne n'aurait applaudit, riposta-t-elle furieusement. C'est toi le crétin, si tu croyais que je n'allais rien comprendre !
Ni Envy ni moi ne trouvâmes quelque chose à répliquer. Fallait l'avouer, sa crise de jalousie et son plan machiavélique nous avait mit dans un sacré pétrin. Quelle galère…
- Ça n'empêche qu'il faut que tu te pointes, insista Envy, glacial. Maléfice et Aurore doivent être présentes toutes les deux sur scène. Alors si t'a un minimum de fierté, tu ravales tes larmes, et tu te grouilles. Crétine.
Rose lui lança un regard furieux, mais il l'ignora et fit volte-face, m'abandonnant face à la jeune fille en disparaissant derrière les multiple rideaux et murs en carton qui composaient les coulisses. Déjà, on entendait les « dépêchez-vous, venez tous, c'est le salue ! », et je me mordis la lèvre d'inquiétude et de désolation envoyant la jeune fille sortir péniblement du placard pour attraper son costume reposant encore au sol. Je lui indiquai que je m'en allais retrouver les autres, et d'un regard elle me promit de me rejoindre dans quelques instants. Et en effet, au dernier moment, tandis que tout le monde l'appelait dans tous les sens, elle se glissa entre Lust et moi pour prendre nos mains, son visage n'exprimant plus qu'un joli sourire forcé et toute trace de larmes ayant quitté ses traits. Eh bien ! Je ne pensais pas qu'elle était capable de jouer aussi bien la comédie ! Du coin de l'œil, je vis Envy semblant tout aussi impressionné que moi, et enfin les rideaux s'ouvrirent sur nous tous, vaillant acteurs.
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Ce fut l'après coup, le plus douloureux. Même si j'avais revêtu mon habituel pantalon de cuir ainsi qu'un simple t-shirt noir, Mustang ne me rata pas.
- Tiiiiens ! Mais c'est le prince Philippe ! Tu as abandonnés tes collants verts ? C'est dommaaage, tu étais tellement mignon ! Et même l'épée, sur le côté, c'était…
- La ferme, coupai-je en levant la main devant son nez pour le faire taire.
Il ricana, mais ne se démonta pas :
- Quelle impertinence ! Pour un prince, ce n'est pas très charmant ! Ah, ah, ah ! Vous avez entendu, Lieutenant ? « Pas très charmant, pour un prince ; comme prince charmant ! » Oh, oh ! Je suis vraiment trop fort !
- Vous êtes surtout très lourd, assénai-je, traduisant d'une pierre deux coups les pensées de Riza et les miennes.
Je grimpai sur une chaise haute et commandait un café bien corsé à Ranfan qui, je le vis, ne pouvait s'empêcher de sourire de ma situation. Pendant les minutes qui suivirent, je fus sourd à toute intervention, puisque, de toute manière, elles n'étaient fondées que sur des moqueries. Enfin on aborda un sujet qui me fit tendre l'oreille avec attention, et un soupçon d'inquiétude :
- En tout cas, la dernière scène, avec Aurore et le prince, c'était… charnel. Je ne savais pas que tu profiterais d'une telle situation pour emballer Rose, Ed !
La voix agaçante de Mustang se moquait de moi, mais je fus incapable de m'énerver, ou bien même de répliquer. Est-ce que, comme il le disait, nous avions été si passionné sur cette scène, Envy et moi ? Je ne me souvenais pas de l'avoir embrasser en perdant mon sang froid. Si tant est que je me souvienne de ce genre de moment… Le doute s'empara de moi, et je ne pus m'empêcher de demander :
- Pourquoi vous dîtes ça ? Nous avons joué normalement, je…
- Ha ! éclata mon supérieur. Tu parles ! Si Rose était sensée dormir, alors elle faisait un sacrée rêve, parce que pour répondre à un baiser avec autant de fougue quand on dort, moi j'dis, faut le faire.
D'un coup d'œil, je lu sur le visage des autres qu'il disait vrai, et mon malaise n'en fut que plus important. Tous durent prendre cela pour la gêne d'avoir embrassé la pseudo-Rose, car Lin ricana :
- Tu nous avais caché ta relation avec elle, Edo. Mais fais gaffe, tu sais que c'est ton élève…
- Je n'ai aucune relation avec elle ! me défendis-je haut et fort, sentant le rouge me monter aux joues.
- Alors c'est encore pire ! rajouta Mustang, moqueur.
Je me mordis la lèvre pour ne pas répliquer et, de ce fait, déblatérer un flot incontrôlable de conneries, et décidai plutôt de monter dans mes appartements en emportant mon café. Ouais. Ça c'était une bonne idée. J'allais être tranquille, maintenant.
Du moins, je pensais l'être, mais comme presque à chaque fois que je pénétrais dans ma chambre, Envy m'y attendais, ce jour là appuyé sur le rebord de la fenêtre en faisant tournoyer le pendentif que je lui avais offert entre ses doigts. Il bondit vers moi à peine eu-je refermer la porte, et je fus propulsé contre cette dernière lorsque ses bras glissèrent à la perpendiculaire de mes épaules, et ses mains s'écrasèrent contre le mur dans mon dos. Il semblait un peu… à cran.
- Tu… ça va ? m'enquis-je, presque méfiant.
- Y'a un truc qui cloche. Mais vraiment. Un putain de truc.
Il commençait à m'inquiéter, là.
- Que… qu'est-ce que c'est ?
- L'autre a comprit – ou du moins, elle se doute de quelque chose – du fait que je lui ai piqué sa place pendant le spectacle.
Il s'arrêta là, et ma perplexité glissa de mes lèvres :
- Oui… et… alors ?
- Alors rien ! s'exclama-t-il, plaidant l'évidence en se reculant et faisant des grands gestes des bras.
- J'avoue que je ne te suis pas, là…
- Rien. Elle ne dit rien. Elle ne fait rien. C'est comme si elle ne savait rien, alors que je sais qu'elle sait !
Bon, soit c'était moi qui avait un sérieux retard, soit il racontait absolument n'importe quoi. Avant que je me charge de m'en assurer, il enchaina :
- Je m'attendais... à des pleures, des cris, des menaces, ou même des exécutions de menace ! Je m'attendais à ce qu'elle court chez le dirlo pour dire que je n'étais pas normal, je m'attendais même à devoir la menacer de mort pour qu'elle se taise ! Mais… non. Tout ce qu'elle fait… c'est m'observer en biais, constamment.
- Envy… le spectacle est finit depuis à peine trois heures, tu ne crois pas qu'elle doit réfléchir à tout ça avant de prendre une décision ?
- Je te dis qu'elle ne dit rien. Et elle ne va rien dire, ça se voit ! Sinon elle aurait cette tronche qui me donne envie de la baffer, du genre « j'ai gagné, et paf ! ».
Il paraissait sincèrement déboussolé, cela le rendait presque effrayant. Je devais l'inciter au calme, et au plus vite, ou c'est moi qui allais finir par paniquer. Lentement, je m'approchai de lui tandis qu'il se dandinait sur lui-même, comme monté sur piles. Calmement, je m'emparai de ses mains et l'empêchai de bouger, plongeant mon regard doré dans ses prunelles incandescentes, ce qui l'arrêta sur le champ.
- Envy, calme-toi. Si ça se trouve, elle n'a rien comprit, elle s'est juste dit que tu as mis une perruque et que, comme tu as un visage de fille et que vous faite à peu près la même taille, personne n'a rien calculé.
- J'ai un visage de fille ?! J'te remercie ! râla-t-il, passant outre tout ce que j'avais pu dire à côté.
- Dis, tu m'écoutes ?! m'emportai-je.
- Bien sûr. Mais, malgré le fait qu'ils soient véritablement tous arriérés mentaux, il faut appeler un chien, un chien. Il m'aurait reconnu si je m'étais simplement déguisé, et si moi je le sais, alors l'autre débile aussi.
Je me reculai et croisai les bras sur mon torse, considérant mon amant avec un soupçon de résiliation.
- Tu n'en démordras pas, hein.
- Sûrement pas, riposta-t-il. Je sais que j'ai raison, et c'est bien ce qui m'inquiète.
- Bon, bon, bon, soupirai-je, vaincu. Nous verrons ça demain. En attendant, je vais me coucher, je suis exténué.
Je m'attendais à ce qu'il me prenne dans ses bras, réclamant un bien que j'étais tout à fait à même de lui offrir, mais il décida plutôt de virevolter jusqu'à la fenêtre en expliquant avec vivacité et conviction :
- D'accord. Moi je vais espionner la crétine, j'te dirais ce que j'ai découvert, bonne nuit.
Sans même que j'ai le temps de protester, il ouvrit le bâtant de la fenêtre et se jeta dans le vide. Un souffle de frustration vint me broyer l'estomac, et je du me mordre la joue pour ne pas lui hurler toutes les insultes qui me passaient par la tête. Furieux, je refermai aussitôt la vitre et fis de même avec les volets, hésitant même à continuer sur ma lancée en verrouillant la porte. Je me retins tout de même, ne souhaitant pas re-provoquer sa colère alors que notre réconciliation était tout juste établie. C'est donc d'un pas lourd et agacé que je regagnai ma chambre et m'enfonçai dans les draps, seul, abandonné, délaissé. J'espère que cette histoire avec Rose allait lui passer bientôt, car je n'allais pas pouvoir supporter ce genre d'humiliation trop longtemps.
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Le lendemain, j'étais plutôt content que mes cours reprennent, car cette histoire de pièce de théâtre m'avait assez exaspérée pour que j'aie peur de retourner en classe. Hors, aujourd'hui, ils étaient tous parés à étudier l'alchimie, moi-même plutôt heureux de savoir que mes cours allaient retrouver un peu de décence quant au fait que j'avais enfin récupéré mon automail. Lorsque j'entrai, tous avais pris leur place habituelle, et cela me fit presque étrange de ne pas les entendre brailler leur texte à tout rompre, assis sur les tables, en robe de princesse ou tenues de villageois. De même pour mon bureau, placé sur l'estrade, qui avait regagné sa place et cet ordre auquel je m'étais habitué.
Ma frustration de la veille bien affaiblie, j'arrivai même à échanger un regard complice avec Envy, qui visiblement n'avait rien trouvé d'assez palpitant au sujet de Rose pour ne pas m'en faire part dans l'instant. Je commençai mon cours bien tranquillement, vantant les mérites de ma mécanicienne qui m'avait enfin redonné un bras, puis leur intimai de tous prendre une feuille de papier.
- Nous avons fait beaucoup de recomposition, nous allons voir aujourd'hui si vous arrivez à décomposer la matière. Tracez le cercle habituel.
Ils s'exécutèrent, même les cinq homonculus, même s'ils savaient qu'ils n'y arriveraient pas. Étrange, d'ailleurs. J'avais momentanément oublié ce fait, il fallait que je songe à m'y intéresser.
Les élèves se réhabituèrent rapidement. La plus part réussirent à faire ce que je demandais, sans grande difficulté. Certains ne réussirent qu'à me réduire en cendre un coin de la feuille, d'autre se contentèrent de la déchirer en trois parties simplement, ou d'autre la chiffonnèrent. Mais dans l'ensemble, tout se passait bien – seuls les immortel du côté droit restaient stoïques face à leur nouvel échec. Envy devait être franchement habitué, pour ne pas s'énerver. Au contraire, il finit par placer nonchalamment son menton dans sa main, m'observant faire mes allez et venu entre les rangs. Mais lorsque je passai dans celui opposé au sien, je remarquai un échange quelque peu incongru, et réussis à rattraper au vol un papier lancé par Rose à l'adresse d'une fille quelques tables devant. La jeune fille piqua un fard mais je m'en préoccupai pas, ayant dans l'idée de me la jouer prof responsable et de désintégrer le papier sous ses yeux, histoire d'y ajouter un intérêt pédagogique. Cependant, l'entraperçu le prénom d'Envy, et la curiosité l'emporta sur le reste. « Tu ne trouves pas qu'Ery est vachement sexy, finalement ? ». Si j'avais été cardiaque, j'aurais sans doute fait une attaque. Chancelant, je rivai mon regard dans celui de la jeune fille confuse, et j'écarquillai des yeux ronds en constatant sans mal qu'elle ne plaisantait pas. Serrant l'incompréhensible papier dans ma mains, des chuchotis curieux commençant à faire surface, je reculai jusqu'à mon bureau, trébuchait contre l'estrade et atteints enfin ma serviette, dans laquelle je balançai le secret, devenu une simple boule blanche chiffonnée.
Mais pourquoi est-ce que ça me mettait dans un état comme ça ?! Ce n'était qu'une simple déclaration, inconsciente et sans intérêt. Mais n'empêche… pourquoi est-ce qu'elle avait dit ça ? Elle détestait Envy ! Même pour tout l'or du monde, elle n'aurait jamais sortit une chose pareille, en temps normal ! Plutôt mourir que de complimenter son ennemi juré, même s'il s'avérait qu'elle le pense réellement. Non, je devais délirer. Elle devait délirer. Ce n'était qu'une blague, elle devait se douter que j'attraperais ce papier, c'est pour ça qu'elle l'avait balancé juste à l'instant où je passais. Oui, c'était ça, elle avait tout prévu. Elle avait prévu que je raconte tout à Envy, et que, de ce fait, elle pourrait lui infliger des maux de tête insupportables en songeant à son regard langoureux posé sur lui. N'empêche, si Envy avait été capable d'avoir mal au crâne, ça aurait pu marcher.
Un peu rassuré par cet intelligent raisonnement, je relevai enfin mes yeux vers ma classe, et constatai cinquante regards inquisiteurs braqués sur moi. Oups. J'avais du être plus long à réfléchir que ce que j'avais imaginé. Mécaniquement, je dirigeai mes yeux vers mon amant, et vis qu'il n'avait pas bougé d'un cil, m'observant seulement avec le même air mi-surpris mi-incrédule que les autres. Ah, le pauvre… S'il savait ! Est-ce que j'allais lui dire ? Est-ce que j'allais mettre à jour le vil plan de Rose ? Tiens, d'ailleurs, qu'est-ce qu'elle devenait, celle-là ? A l'instant où je me posai cette question, elle bondit de sa chaise et se rua sur la porte, puis disparue, suivit du martellement incessant de ses talons sur le sol. Tiens donc… pourquoi étais-je satisfait ? Ce n'était pas mon genre de me complaire dans le malheur de quelqu'un – surtout s'il s'agissait d'une fille – ça c'était plutôt la spécialité d'Envy. Sans doute, qu'au fond de moi, ce mot m'avait profondément agacé. Pour une raison inconnue, par contre. Bah, je n'avais pas que ça à faire ; j'y repenserai plus tard.
Suivant mes propres conseil (pour une fois) je toussotai nerveusement, ordonnai à une élève d'aller fermer la porte, puis repris mon cours comme si de rien était, dans la joie et la bonne humeur.
Une heure et demi plus tard, tous les élèves sortaient un à un, mais bien entendu l'homonculus de mes nuits préféra sauter sur mon bureau avec l'agilité d'un singe.
- Tu m'expliques ou il faut que je devine ? lança-t-il.
- Quoi donc ?
Il roula des yeux, exaspéré.
- Ce qui s'est passé avec l'autre crétine, tout à l'heure. Sache qu'à part elle, personne n'a comprit votre délire.
Bon, allez, je ne lui disais rien. Et puis, après tout, ce n'étais pas bien important.
- Ah, ça. Bah, rien de très exceptionnel, elle… elle allait filler un mot à sa copine pour lui conseiller d'améliorer son cercle de transmutation. Ça m'a étonné, parce que je ne pensais pas qu'elle connaissait l'évolution de ce…
- C'est normal qu'elle ne le connaisse pas, coupa-t-il froidement, il est impossible de modifier ce cercle pour faire ce genre d'exercice. Arrête de me mentir.
Oups. J'avais oublié qu'il était incroyablement doué du côté de la théorie, je n'aurais jamais du essayer de le berner. Maintenant franchement embêté, je fis mine de ranger toutes mes affaires dans ma serviette tandis que mon cerveau travaillait activement à la confection d'une nouvelle excuse.
- Ed, je risque de mal le prendre, j'espère que tu en es conscient.
Je soupirai. Bon, ma résolution de ne rien lui avouer n'aurait pas durée longtemps. Tant pis pour lui s'il devait affronter un pseudo-mal de tête. J'aurais essayé de le préservé, j'ai rien à me reprocher.
- OK, OK, je vais te le dire.
Plongeant un bras dans mon sac, je recherchai à tâtons la boule de papier que j'avais précédemment laissé trainer là, puis la lui tendit. Il haussa un sourcil septique, ouvrit le mot, et je pu aisément décrire la dégringolade de couleur qui affubla son visage idyllique. Rose, orange, bleuté, violet, rouge foncé… C'était accompagné de sa gêne, puis du souvenir de qui était l'auteur de ce mot, du dégoût que cela influait, puis de la profonde colère qui survint en dernier lieu. C'était à la fois drôle et inquiétant. De ce fait, je souris amusé, mais reculais prudemment. Il leva les yeux vers moi et me désigna le bout de papier, encore coincé entre son majeur et son indexe.
- C'est l'autre débile qui a écrit ça ?!
- Euh… ouais. Mais je ne pense pas que c'était sincère, elle devait avoir prévu que je le ramasse.
Il plissa les yeux, septique, et répliqua :
- Non, elle avait l'air complètement bouleversée, t'à l'heure.
- Elle nous a à tous deux prouvé qu'elle savait bien jouer la comédie, quand elle voulait. Et puis, réfléchis, c'est physiquement impossible qu'elle ait dit une chose pareille ! On parle de Rose et toi, là.
- Certes…, admit-il, pensif.
Il fut parcouru d'un incontrôlable frisson de dégoût, et nous décidâmes d'un commun accord d'aller manger quelque chose. En chemin, Envy changea d'avis et décida plutôt de m'entraîner dans ma chambre, histoire de satisfaire un soudaine accès de sa libido incontrôlable. Je me laissai faire, sautant sur l'occasion de me remettre de ma frustration de la veille, le sourire aux lèvres.
Lorsque nous passâmes devant les doubles portes qui donnaient accès au couloir des étudiants, deux voix s'élevèrent dans l'obscurité, dont une plus que familière. D'un même mouvement, nous nous arrêtâmes avec brusquerie, et tendîmes l'oreille, comme deux vieilles commères raffolant des détails croustillant sur la vie des autres. Notre surprise fut commune lorsque la voix de Rose souffla soudain :
- Oui, ce que je voulais te dire, c'est que… Ery a changé, je trouve. Enfin, pour moi. Je… je ne le vois plus de la même manière, c'est étrange.
- Ery ?! Tu parle d'Ery Bell ?! s'exclama une fille à la voix suraigüe.
- Chuuuut ! Mais cris pas, on pourrait t'entendre !
Un instant passa ; sans doute que les deux jeune filles vérifiaient nerveusement si il n'y avait aucun bruit suspect à l'horizon. Fort heureusement, Envy et moi étions plutôt discrets, trop curieux pour avoir le malheur de nous trahir. Elles reprirent :
- Oui. Je… je ne sais pas pourquoi… mais… enfin, tu ne le trouves pas super sexy, toi ? s'enquit Rose.
J'entendis vaguement les genoux d'Envy percuter le sol, tandis que je me retenais au mur pour ne pas m'écrouler à mon tour.
- Je, euh… non ! On dirait une fille… Et puis, tout le monde sait qu'il est gay, alors…
J'osai jeter un coup d'œil en biais à mon amant, qui avait à nouveau perdu quelques couleurs. Mentalement, je me préparai à devoir le retenir au cas où il se décidait à aller arracher la tête de l'impertinente adolescente, et reportai mon attention sur la conversation incongrue qui se déroulait non loin de nous.
- Gay ? Ah, oui, c'est à cause des rumeurs avec Ed…
- Tu ne pourrais pas l'appeler Monsieur Elric, comme tout le monde ? grinça la copine, visiblement agacée de voir que la jeune fille avait des relations poussées avec son professeur d'alchimie.
- Euh… oui, enfin j'ai perdu l'habitude. Mais tu sais, à propos d'Ery, je ne pense pas qu'il soit totalement gay… Bi', peut-être, mais il s'est intéressé à Melissa, pendant un moment…
Je posai mes yeux sur le concerné, qui haussa les épaules, l'air de dire qu'il ne se souvenait absolument pas de ce détail.
- Tu parles ! Tout le monde a vu que c'était à cause du Fullmetal Alchemist, il essayait de le rendre jaloux.
- Tu… tu crois ?
- Bien sûr. Ça se voit comme le nez au milieu de la figure, qu'ils sont ensembles. Je ne sais pas ce que tu as, avec eux deux, mais maintenant que tu n'es plus sur M'sieur Elric, voilà que tu t'intéresses à celui que tu détestes depuis des lustres. Vraiment, Rose, je ne te comprendrais jamais.
Un point pour la copine, et une enclume sur la tête pour Envy et moi. Comment ça « ça se voit comme le nez au milieu de la figure, qu'ils sont ensembles » ?! J'ignorais que tout le monde savait ! J'espérais que ce n'était qu'une simple déduction de la part de la pertinente jeune fille, et non pas une généralité au sein de l'établissement, ou alors j'étais dans de beaux draps. Si cela parvenait aux oreilles de l'armée, ou même à celles d'Al, j'étais foutu… Du côté d'Envy, il semblait plus déstabilisé par le fait que Rose puisse s'intéresser à lui que par notre anonymat défaillant.
- Ce n'est pas grave, de toute manière je ne me comprends même pas moi-même, souffla Rose, évasive.
- Mais qu'est-ce qui s'est passé pour que tu penses ça d'Ery, si soudainement ?
Elle marqua une pause, et j'imaginais très bien son visage rêveur replongeant dans des souvenirs plus ou moins agréables, qui lui avait imposé l'évidence de ses sentiments envers mon amant. Enfin, elle répondit :
- Un… Incident, entre lui et moi. Je sais qu'il ne l'a absolument pas ressentit comme moi, mais… ça m'a ouvert les yeux. Ce que j'ai pu être bête, jusque là…
Surpris, je me tournai vers Envy, qui lui avait l'air complètement horrifié, une main sur la bouche pour s'empêcher de crier. Mais qu'est-ce qu'ils avaient pu faire pour que Rose réagisse ainsi ?! Ce qui était sûr, c'était qu'Envy savait très bien de quoi parlait la jeune fille.
- Et c'était quoi cet… « incident » ? demanda la soprano, inquisitrice et un tantinet agacée des changements d'humeur de son amie.
Envy écarquilla les yeux, plus que jamais curieux de savoir ce qu'allait répondre Rose. Un nouveau silence s'écoula, et enfin elle répondit doucement :
- Je ne peux pas le dire. Peut-être qu'un jour tu le sauras. Mais… pour lui, je ne dirais rien.
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- Mais c'est quoi ce DÉLIRE ?!?!
La voix d'Envy raisonna dans l'enceinte de mon bureau, après que nous ayons foncé vers les marches lorsque nous comprîmes que les deux filles avaient dans l'idée d'aller prendre un café.
- Je te pose la même question. Qu'est-ce qui s'est passé ?
Et vlan. Apparemment, l'homonculus ne s'attendait pas à ce que j'aborde ce sujet tout de suite, car il bloqua sa respiration avec brusquerie, le visage figé dans une réflexion qui allait sans doute m'agacer.
- Euh… c'est-à-dire, que…
- Ne cherche pas à me mentir.
Pourquoi j'avais la sensation que cette situation s'était produite quelques minutes plus tôt ? Ah, sans doute parce que c'était le cas, mais dans l'autre sens. J'attendis, inflexible.
- En fait… je… je l'ai embrassé. Ça va, pas la peine de faire ces yeux là, tu sais bien que je ne l'ai pas fait de gaité de cœur ! C'était seulement pour qu'elle se laisse emmener dans l'armoire tranquille.
C'est là que toute la réalité de la situation me sauta au visage, ainsi que mon idiotie suprême de ne pas y avoir pensé plus tôt.
- Mais… Comment as-tu fais pour lui enlever sa robe, dis-moi ?
Ces mots avec glissés de ma bouche avec lenteur, redoutant la réponse. Il serra les lèvres et baissa les yeux, et je compris immédiatement ce qu'il m'avouait silencieusement.
- Mais… tu ne pouvais pas simplement l'assommer ?! Je pensais que c'était comme ça que tu avais fais, moi, comme d'habitude !
- Et imagine si quelqu'un l'avais retrouvé, elle aurait facilement pu m'accuser ! Alors que si je l'humiliais jusqu'au plus profond de son être, elle n'aurait rien pu dire. D'ailleurs, ça a l'air de marcher.
- Je rêve ou tu viens de trouver cette excuse à l'instant ?! m'exclamai-je. Parce que je te rappelle qu'hier-même tu croyais qu'elle irait tout balancer au directeur !
Il eut la tête embêtée du gars qui vient de se faire griller, et je m'abandonnais à ma fureur en m'exclamant :
- Tu lui à fais croire que tu voulais coucher avec elle pour pouvoir lui piquer sa robe et l'enfermer dans le placard ?! Mais t'es malade ! Qu'est-ce qui t'a pris de faire ça ?!
- Elle… elle était plutôt consentante…
- Sans blague ?! J'avais pas remarqué, dis-moi ! Je me demandais aussi pourquoi est-ce qu'elle fantasmait sur toi depuis le spectacle, justement ! ironisai-je avec agressivité.
- Eh, là, pas la peine de t'énerver comme ça, pour le nombre de fois où tu l'as embrassé, je ne crois pas que tu ais quelque chose à me reprocher !
- Je n'étais pas consentant !
- Ben tiens !
- Et puis on ne parle pas de moi, mais de toi, alors ne changes pas de sujet, veux-tu ! ordonnai-je.
- Parce que maintenant je vais me faire engueuler parce que je me suis forcé à embrassé la fille qui m'écœure le plus pour ne pas qu'elle t'embrasse toi ?! Bonjour la reconnaissance !
Il croisa les bras sur sa poitrine et détourna les yeux de mon visage furieux, boudeur. C'est à cet instant que je percutai ses paroles, et me rendis compte de leur vérité, qui accentuait plus encore la stupidité de ma réaction. Bon sang… et je me mettais dans un état pareil à cause de Rose ? Quelle idée. Ça n'allait pas bien, moi… Envahis par une vague de culpabilité qui vainquit ma fureur passagère, je poussai une grande expiration et m'approchai de l'immortel, puis enroulai mes bras autour de son buste dénudé. Il frissonna mais m'ignora, détournant la tête, m'offrant involontairement son cou. J'y déposai mes lèvres, et je le sentis se raidir, assaillit par des sensations que je connaissais par cœur.
- C'est une façon de t'excuser, ça ? demanda-t-il.
Je ne répondis pas, trop fier pour aller jusque là. A la place, ma main glissa le long de son abdomen et virevolta sous son pantalon, jusqu'à frôler sa partie intime. Sa respiration changea de rythme, et je souris assez discrètement pour qu'il ne le remarque pas.
- Tu changes de comportement plutôt rapidement… tu as les hormones qui déglinguent ou quoi ? lança-t-il, piteuse tentative de garder un peu de contenance face à ce que je lui infligeais.
Mes lèvres effleurèrent sa joue, sa nuque, et ma main de chaire descendit un peu plus bas tandis que l'autre zigzaguait sur son bras, traçant des lignes glacées par le métal sur sa peau d'albâtre. N'y tenant plus, il se retourna vivement et s'empara de mes lèvres, ses deux mains entourant passionnément mon visage, accentuant un baiser délicieusement déroutant. Enfin, il laissa reposer son front contre le mien, plongeant ses améthystes étincelantes dans mon regard éblouis par sa beauté insolente.
- Bon, et si nous prouvions les dires de tous ces élèves un peu trop attentifs, qu'en dîtes-vous, Monsieur Elric ?
Je souris et l'embrassai à nouveau, en guise de réponse plus qu'affirmative. Mais nous fûmes bien vite coupés dans notre élan lorsque, en à peine deux secondes, des martèlements de métal vinrent bouleverser le silence jusque là instauré, suivit de la porte de mon appartement s'ouvrant à la volée.
- Ed ! s'exclama mon frangin.
Il s'arrêta en constatant la présence de moins en moins surprenante d'Envy, qui s'était vivement reculé de moi, mais je remis ses pensées en ordre en demandant curieusement :
- Qu'est-ce qui se passe, Al ?
- Winry s'en va.
- Qu… quoi ?! Mais elle ne m'avait pas prévenu !
- Justement, je crois que c'était voulu. Viens, Mustang ne va pas pouvoir la retenir bien longtemps !
Surpris, j'échangeai un regard incrédule avec Envy, puis me décidai à suivre mon frère, présentant encore quelques mauvaises nouvelles s'affairant à m'affliger plus encore d'un désespoir qui commençait sérieusement à me fatiguer.
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Merci de votre attention ! A bientôt avec Izu !
By Yumi.
