Encore un chapitre pour vous ! Désolé du p'tit retard, mais bon, faut comprendre, c'est les vacances :p. Pour me faire pardonner, voici un lemon (et un vrai de vrai, cette fois) ; dîtes moi ce que vous en pensez, s'il vous plait .. Un grand merci à nos reviewer, you are the best ! Yeah !

Bonne lecture !

xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

Chapitre 19

Menace et innovation

--POV Edward--

J'avoue que je ne m'y attendais pas. Même dans mes rêves les plus fous, je n'aurais jamais imaginé la scène qui s'était déroulé aujourd'hui devant mes yeux. Cela m'avait même poussé à fuir. Mais fuir quoi ? La réalité ? Ma jalousie ? Oui, parce qu'il fallait l'avouer, j'étais jaloux. Trouver Rose dans les bras d'Envy, MON Envy, me foutait en rogne. C'était sans doute pour ça que j'avais déguerpis en vitesse ; je préférai être discret, au contraire de mon amant, qui lui aurait sans doute piqué sa crise en plein milieu du couloir.

Fonçant au travers des couloirs sans trop savoir où j'allais, je compris que mes pieds m'avaient d'eux-mêmes conduit près de mes appartements. J'y fonçai, mais très vite je distinguai une ombre noire aux formes aguicheuses, appuyée contre la porte, les bras croisés sous sa poitrine volumineuse.

- Lus… euh… Lux ? Qu'est-ce que tu fais ici ?

- Vous pouvez m'appeler Lust, si vous en avez prit l'habitude avec Envy. Puis-je entrer ? demanda-t-elle, aussi froide que la glace.

Je déglutis difficilement, essayai de ne pas songer au fait qu'en un tour de main elle était capable de me perforer le bide, et acceptai sa requête. En passant près d'elle, je sentis son regard sulfureux aux étincelles d'améthyste brûler contre ma nuque, et pris soin de rester sur mes gardes à chaque seconde, maintenant que je savais qu'elle n'avait plus de raison de se retenir de se débarrasser d'un gêneur comme moi. En bon gentleman, je lui tins la porte et lui permit d'entrer, pour la suivre à pas de loup dans son dos. Que me voulait-elle ? Si elle avait si facilement affirmé savoir que j'étais au courant pour ses… origines, c'était qu'elle avait quelque chose à me dire à ce propos. Et puis, pourquoi venir seule ? D'habitude, elle était toujours escortée par Glutony. Enfin, je n'allais pas m'en plaindre ; j'aurais plus de chance de me défendre si je n'avais qu'un adversaire.

M'avançant au centre de la pièce à sa suite, je laissai deux bons mètres entre nous, attendant qu'elle daigne m'expliquer les raisons de sa présence ici. Ce qu'elle fit, ne me regardant même pas, promenant ses yeux de chat autour d'elle, comme pour s'occuper :

- Je suis directement venu vous voir, Fullmetal, parce qu'Envy ne veut rien me dire. Même si je me doute de quelque chose, je veux en être sûre, pour savoir comment agir.

- A quel propos ? m'enquis-je innocemment.

Enfin, elle braqua son regard au mien, et demanda, aussi cinglante qu'une gifle :

- Qu'est-ce qu'il y a entre vous et Envy ?

Je blêmis, rougis, toussai.

- Il n'y a… c'est-à-dire… nous sommes am…

- Ne me mentez pas, professeur. Je n'aime pas trop ça.

Que devais-je dire ? Faire ? Qu'est-ce qu'Envy aurait fait, à ma place ? J'aurais bien besoin d'aide, là… Je savais qu'en tant qu'homonculus, il n'avait pas le droit de fricoter avec un alchimiste (d'Etat, qui puis est), mais quel était le prix à payer pour cet affront ? J'ignorai si cette faute était assez colossale pour que je prenne le risque de m'opposer à Lust. Alors quoi ? Devais-je admettre, nier, me soumettre, me défendre ?

- Fullmetal ? J'attends.

Comment une femme pouvait-être aussi impressionnante ? Enfin, je n'avais pas le choix. Si Envy avait tenu si longtemps sans rien lui avouer, c'est qu'il avait ses raisons. Je devais lui faire confiance, même si, dix minutes plus tôt, je l'avais surpris dans les bras de sa meilleure ennemie. Je pris une grande respiration et lâchai sombrement :

- Il n'y a rien entre Envy et moi, si c'est ce que tu veux savoir. Je suis, certes, au courant pour vous tous, mais… Envy n'est qu'un ami. Rien… d'autre.

Ses yeux se plissèrent, imperceptiblement. Avais-je été convainquant ? Me croyait-elle ? Déjà, avoir la certitude que j'étais au courant pour les homonculus devait être sacrément agaçant, mais je redoutais le fait qu'elle ait encore des doutes en ce qui concernait mes liaisons assez poussées avec Envy.

- Comment savez-vous pour nous, les homonculus ?

- Je l'ai découvert.

- A cause de la gaffe d'Envy, en cours ?

- Ouais.

Elle soupira, se passa une main sur le front comme si elle était prise d'une migraine, bien qu'elle fût incapable d'un jour en ressentir. Finalement, elle releva ses yeux perçants vers moi, et lâcha, glaciale et menaçante :

- Vous savez que je devrais vous tuer, pour ça ?

Je me raidis, paré à me défendre, mais aussitôt une voix familière mais teintée d'une profonde colère s'éleva dans mon dos :

- N'essaye même pas, Lust.

Je pivotai et trouvai Envy s'avançant vivement vers moi, les yeux plissés de colère, son regard ne quittant pas l'immortelle qui me menaçait.

- Tu serais donc prêt à tous nous trahir, pour un Alchimiste d'Etat ? demanda-t-elle avec dédain.

- En effet. T'approche pas de lui, ou t'aura affaire à moi.

Je dévisageai Envy, surpris. Lust était sa meilleure amie, celle à qui il se confiait depuis qu'il avait été créé, la plus proche des homonculus. Il la menaçait. Il se rebellait contre elle, pour moi. Pour me protéger. Pourquoi ?! Il n'avait rien à gagner à se mettre en danger par ma faute, et j'étais tout à fait apte à me défendre tout seul ! Nous aurions très bien pu nous mettre d'accord, de chacun faire croire à son camp que nous étions ennemis, et continuer à nous voir dans l'ombre. Nous aurions pu feindre des combats, des discordes, et rien de fâcheux ne serait arrivé. Qu'est-ce qui lui prenait ?!

Lust resta silencieuse un long moment, son regard intraduisible passant d'Envy à moi. Finalement, elle poussa un nouveau soupir et ferma les paupières, comme exaspérée.

- Je ne peux pas me battre contre toi, Envy. Agis comme bon te semble, mais je n'interviendrais pas, quoiqu'il arrive. J'espère juste que tu sais ce que tu fais.

Mon amant ne répondit rien, tendu comme un arc devant moi, ne quittant pas des yeux la silhouette féline qui s'avançait vers la porte. Lust m'adressa un dernier regard incroyablement déstabilisant, puis disparue enfin. Envy se détendit et passa un bras derrière sa nuque, geste nerveux qui découlait d'une angoisse profonde.

- 'Tain, elle est flippante quand elle veut, celle là !

- Envy…

- Ah, oui, j'étais venu pour m'expliquer, me coupa-t-il en se tournant vivement vers moi. Je te jure qu'il ne se passait rien avec Rose, c'est elle qui s'est mise à me pleurer sur l'épaule…

- Envy, je…

- Nan, mais tu m'imagines avec cette cruche ? D'ailleurs, elle a les fils qui se croisent, parce qu'elle déraille complètement, la pauvre. Elle dit être « amoureuse » de moi. MOI, quoi ! Son ennemi de toujours ! Tu y crois, toi ?

- Je ne…

- Y'a des jours, comme ça, où les humains me font sincèrement peur. Enfin, elle peut même se mettre à danser nue sous le clair de lune pour me séduire, elle me dégoûtera toujours.

- Env…

- Pas qu'elle soit la plus moche de toutes – ça non, y'en a des vraiment plus gerbantes qu'elle – mais bon, voilà quoi, question de principe. Quoiqu'il en soit, tu…

J'optai pour une manière simple et radicale de le faire taire, histoire d'avoir l'espoir de me laisser en placer une : plaquant mes lèvres contre les siennes, il sembla déstabilisé un instant, et je pu enfin dire ce que j'avais à dire. Je me reculai doucement et approchai mon visage de son oreille :

- Merci, Envy.

Un moment s'écoula, jusqu'à ce qu'il assimile totalement ma déclaration, ainsi que le contexte que j'y référais. Doucement, il passa ses bras autour de mon buste et me serra fortement contre lui, silencieusement, sans une explication. Je n'en avais néanmoins pas besoin, car nos sentiments communs se passaient de mot. Comme toujours.

xxx

Une semaine s'écoula. Rose était toujours aussi étrange, mais semblait avoir comprit qu'il ne fallait pas « brusquer » ce sensible homonculus. J'avais néanmoins surpris une de ses nombreuses conversations féministes avec une de ses copines de classe, où elle affirmait sans peur et sans reproche qu'elle était tout à fait à-même de séduire l'intouchable Envy. Elle le voulait, elle l'aurait, selon elle. Toute poussée d'orgueil mise à part, il fut un temps où elle me voulu, et elle ne m'eut jamais. Bon, c'était elle ou un homonculus désagréable, agressive et obsédé. Le choix était facile…

Quoiqu'il en soit, il était treize, ce jour là, et je respirai anormalement calmement en me dirigeant vers sa chambre. C'était la première fois que je faisais ça, et pourtant j'étais parfaitement détendu. D'une part, parce que je savais qu'Envy ne pourrait me refuser une telle requête, et d'autre part, parce que j'en avais envie. Incroyablement envie. Pourquoi ? Sais pas. Une habitude que j'avais pris, sans doute. Il me faisait envie, et je ne pouvais me battre contre ça. De plus, ça faisait longtemps que nous n'avions pas… Enfin, bref. Je parcourrais toujours les couloirs d'un pas tranquille, mains dans les poches, sifflotant gaiement. Qui pourrait croire qu'en cet instant je me dirigeais tout droit vers la chambre d'un de mes élèves, pour l'éduquer d'une façon… peu catholique. Cette pensée me fit sourire. Elle m'aurait fait pleurer, quelques temps plus tôt, mais c'était une époque révolue, désormais. J'étais avec Envy. Envy l'homonculus. Certes, nous ne nous affichions pas, ou le moins possible, nos relations étant rigoureusement tenues au secret, mais le fait qu'il soit démunie d'humanité me gênait de moins en moins. A vrai dire, je le revoyais à peu près comme à l'époque « d'Ery », mais avec quelques différences : l'horreur de la vérité, mais le plaisir de la sincérité.

D'ailleurs, j'aimais à savoir qu'il ne me cachait rien. Lui, par contre, ne me posait aucune question, sur mon compte, bien qu'il eu une fois essayé de se renseigner sur l'origine de l'étrange costume de mon frangin. Il ne devait pas être très curieux – ou bien il avait peur d'une nouvelle querelle. Et puis, il n'était pas très bavard non plus, si ce n'était pour proférer des menaces à n'importe qui. Ce qui m'inquiétait le plus, c'était les autres homonculus. Lust et Sloth, en particulier. Elles étaient tellement… perspicaces. Glutony était trop stupide pour se rendre compte de quoique ce soit, et j'étais persuadé que Greed devinerait notre relation en moins de deux s'il cherchait vraiment à le savoir. Pour moi, il restait dans sa petite bulle de bêtise, ne cherchant ni trop près ni trop loin des problèmes qui ne le concernaient pas. Je devais avouer, qu'après Envy, bien sûr, il était de loin celui que j'appréciais le plus, même s'il pouvait être effrayant, parfois. Et quant à Wrath, je ne le connaissais pas bien, ce qui me permettait de ne pas trop craindre de lui. Il restait le sujet d'interrogation principal d'Alphonse, qui s'acharnait à tenter de comprendre pourquoi est-ce qu'il avait réussit à utiliser l'alchimie sans cercle. Cette pensée cette fois me serra le cœur. J'étais au courant de tout, et pourtant je ne lui disais rien, pour Envy. Je tenais tant à lui que j'en venais à trahir mon frère, Winry, l'armée… Je savais tellement de chose, mais je les tenais au secret. J'étais un être abominable, moi qui rompais une promesse faite à mon frère ; mais il m'était impossible de reculer désormais, car il y avait Envy. Et, pour une raison inconnue, cet homonculus était, au fond de moi et malgré moi, l'être qui m'apparaissait comme être le plus important sur cette planète. Une révélation soudaine ? Non, pas vraiment. Comme aujourd'hui, j'y avais réfléchis longuement, et cette conclusion s'était faîtes d'elle-même. Elle n'était mise en doute que lorsque je discutais avec Alphonse, qui me renvoyait si superbement l'amour fraternel que je lui devais, et tout ce que j'aurais été capable d'accomplir pour lui (comme me séparer de mon bras et ma jambe, par exemple…).

Pris dans mes songeries, je ne me rendis pas tout de suite compte que mes pieds m'avaient d'eux-mêmes portés jusqu'à la chambre en question, sans que je ne les dirige. Je respirai un bon coup pour me donner du courage, jetai un petit regard aux alentours (ils étaient tous en train de manger, mais je savais qu'Envy était resté dans sa chambre pour terminer un devoir que je lui avais donné la veille – faut pas croire, nos cours particuliers portaient tout de même leurs fruits, parfois) et enclenchai la poignée, sans même prendre la peine de frapper. Entrant discrètement, le grattement du stylo sur le papier me parvint, et je souris tendrement en trouvant mon amant, perpendiculaire à la porte, sérieusement penché sur son bureau, en train de griffonner des réponses sur une feuille, ne m'ayant vraisemblablement pas entendu. Il devait être très concentré, pour ne pas avoir remarqué que quelqu'un entrait dans la chambre. Doucement, je me décalai vers la droite, le plus silencieusement possible, et m'avançai à pas de loup vers lui, priant pour qu'il ne gâche pas mon effet de surprise en tournant la tête.

Victoire ! J'étais arrivé derrière lui qu'il écrivait toujours, visiblement inconscient de ce qui l'entourait. C'était trop mignon. Contrôlant ma respiration, je me penchai légèrement au dessus de son épaule, et c'est en souriant malicieusement que je glissai mes mains autour de son cou, enfouissant ma tête dans sa nuque, soufflant chaleureusement :

- La question cinq, tu as tout faux.

Il sursauta à peine et me reconnu bien vite, dans un mélange entre un soupir de plaisir de me trouver ici, et un grognement de mécontentement, dû à ma remarque. Je ricanai. Il laissa tomber son stylo sur le bureau et leva les bras jusqu'à pouvoir entourer ma tête reposant contre son cou, déviant la sienne légèrement pour que je puisse sentir la jointure de ses lèvres contre mon front.

- Tu n'es pas parti manger ?

Je souris :

- J'avais faim d'autre chose.

Il haussa un sourcil, en parfaite coordination avec son superbe sourire en coin, puis reporta son attention sur sa feuille, se penchant en avant pour que je m'éloigne, soufflant d'un ton mimant l'innocence :

- J'vois pas de quoi tu veux parler.

Il plaisantait, mais je ne pu empêcher une boulle de frustration venir obstruer ma gorge. Je m'éloignai plus encore alors qu'il s'afférait derechef à son devoir, m'appuyant contre le mur dans son dos, croisant les bras sur ma poitrine. Bien qu'un tant soit peu exaspéré, je ne fus pas mécontent de la vue que m'offrait cette position. J'avais son dos en plein dans ma ligne de mire. Il était ce jour là vêtu d'un t-shirt rouge vif le moulant à la perfection, comme à l'accoutumée, laissant la blancheur de ses bras musculeux miroiter au soleil. Oui, je me sentais poète, aujourd'hui. Penchant la tête sur le côté, je pus admirer ses flancs recourbés en avant, sans un poil de gras, légèrement tordu par sa jambe gauche relevée à la perpendiculaire, son pied reposant sur son genou. Il avait revêtu un large pantalon noir en coton qui lui allait plutôt bien, et j'apercevais le bout de ses pieds dû à ses éternelles chaussettes trouées (il s'amusait à pendre un ciseau et à styliser toute ses paires dès qu'il en avait, ce crétin…). Bon sang, c'était incroyable, un être aussi beau. Il fallait que je me calme, rien que le regarder ainsi m'envoyait des bouffées de chaleurs étouffantes aux joues, et il risquerait fortement de se moquer de moi si, en se retournant, il me trouvait le visage en feu, complètement perturbé par sa simple personne. Et je n'avais pas envie qu'il se moque – encore – de moi, j'avais assez donné.

Décidant donc de regarder ailleurs, j'écoutai distraitement le stylo gratter la feuille, les yeux rivés sur un point entre la fenêtre et le mur. J'attendais. Je ne sais même pas combien de temps il me fit patienter, comme ça, comme un idiot, planté contre le mur, attendant sagement qu'il daigne s'occuper de mon cas. Enfin, le stylo fut expulsé vers le côté droit du bureau, puis il poussa un petit soupir et se leva lentement, tandis que mon regard reprenait vie en le voyant se mouvoir. Il se planta face à moi, croisa, à mon instar, les bras sur sa poitrine, et s'enquit :

- Bien. Je suis à toi. Que veux-tu donc manger ?

Un sourire pervers s'était dessiné sur ses traits, et je ne pus retenir le mien, alors que je me décollai lentement du mur.

- J'sais pas. Plus très faim, finalement. J'vais peut-être rentrer, en fait, la nourriture est meilleure ailleurs…

J'eus à peine le temps de finir sur ma phrase qu'il avait presque bondi sur moi, ses deux mains encerclant mon visage, ses lèvres se plaquant contre les miennes avec passion. Mon cœur eut un raté presque inquiétant, et mon cerveau mit un moment avant de se remettre en marche et de daigner me faire bouger à mon tour. Poussé par un élan fougueux, je répondis ardemment à son baiser en le collant honteusement à moi, encerclant son buste de mes bras, et un petit tour de côté me permit de le faire dévier de trajectoire, de sorte à ce que ce fut moi qui le colle contre le mur avec brusquerie. Il s'éloigna pour me dévisager, mais je m'emparai de ses lèvres sans lui laisser le temps de répliquer, glissant mes mains le long de ses flancs et son dos, tandis que peu à peu lui-même se perdait dans les courbes de mon corps. A bout de souffle, nous finîmes par rompre notre sulfureux baiser, et il m'éloigna de lui en chuchotant :

- Cette fois, je ne veux pas être dérangé…

Il faisait sans doute référence aux dizaines de fois où nous avions été interrompus depuis le début de nos ébats… J'haussai un sourcil incrédule mais il disparut soudainement de ma vue, ayant bondit vers la porte à toute vitesse, pour enclencher le verrou avec précaution. De loin, il m'envoya un franc sourire ravi, et il commençait d'ores et déjà à s'avancer vers moi que j'esquivai sa silhouette habilement pour attraper son poignet et le faire tomber au sol, juste au pied du lit. Mon plan était en marche, et il ne comprenait, jusque là, rien du tout. Il s'apprêtait à bredouiller quelques mot, mais je l'enjambai et l'embrassai derechef, mes mains se perdant au touché de ce corps idolâtré. Il ne se débâtit pas bien longtemps, repoussant sans doute ses questions ailleurs dans sa tête, bien trop déboussolé pour répliquer plus longtemps. Moi-même, il m'était considérablement difficile de garder un tant soit peu de contenance pour réussir à réfléchir convenablement, le feu qui brûlait en moi accroissant de seconde en seconde, à mesure que nous intensifions nos échanges.

J'eu vite fait de lui ôter son t-shirt superflu, et lui de faire de même avec le mien. Savourant la tiédeur de sa peau se fondre avec la chaleur de la mienne, je plongeai dans sa nuque en agrippant quelques mèches de ses cheveux, tandis que lui avait enfoncé ses ongles dans mon dos et parcourait mon cou avec passion. J'étais heureux d'avoir le contrôle, heureux de le voir ainsi se cambrer sous mes caresses, sous mes baisers. Et je refusais que cela s'arrête.

Ma langue glissait le long de son torse marmoréen, savourant chaque courbe avec plus d'intensité que la précédente, embrassant à n'en plus finir, ses soupirs incontrôlés m'enflammant d'avantage. Doucement, précautionneusement, j'avais légèrement basculé sur le côté en revenant vers son visage pour glisser mes mains jusqu'à son pantalon, le dégrafant avec douceur pour ne pas qu'il se doute de quelque chose. Pour le moment, il était consentant, mais je devais être prudent et respirer plus convenablement si je ne voulais pas supplier l'Envy Dominant de s'occuper de moi… Me délectant de ses joues rosies par le désir, je commençais à passer ma main autour des parois de son pantalon pour le baisser qu'il arrêta soudainement ma main, haletant :

- Tu… tu fais quoi, là ?

Et merde. Il était décidément beaucoup trop perspicace, et si je démarrais comme ça, jamais il me serrait possible d'aller jusqu'au bout. Je souris avec tendresse, puis décidai de jouer la carte de l'innocence, en répondant simplement :

- Allons sur le lit… c'est pas très confortable, ici…

Il m'inspecta du regard un instant, mais je mis fin à ses soupçons justifiés en l'embrassant brièvement et me hissant de mes bras pour me redresser. Il fut plus rapide que moi, comme je l'escomptais, et à peine nous fûmes installés sur le lit, je le fis basculer en arrière avec brusquerie. Cette fois, il comprit. La bizarrerie de la situation était trop évidente pour qu'il ne voit pas où je voulais en venir. Il commençait à se débattre, mais je mis fin à ses efforts en claquant des mains avec rapidité et plongeant ses poignets entre les barreaux de bois, pour qu'eux-mêmes se forgent tels des menottes incassables. Il hoqueta de stupeur, mais préférant éviter tout débordement au cas où sa force herculéenne aurait brisée mon petit tour d'alchimie, je m'emparai d'un drap reposant non loin de la pour le transmuter en une corde solide (ouais, une corde en coton, c'est possible^^), se rajoutant avec puissance à ses liens.

- Mais… mais qu'est-ce que tu fous, bordel ?! s'écria-t-il, le rouge-désir qui lui était monté au joue étant soudainement passé au rouge-fureur.

Je toussotai brièvement, éloignai quelques mèches rebelles qui obstruaient son magnifique bien qu'effrayant visage, et répondis doucement :

- Aujourd'hui, on innove. T'es d'accord ?

Même s'il avait deviné mes intentions avant que je les laisse entendre, ses yeux s'écarquillèrent d'une certaine forme de terreur, ce qui me fit ricaner un peu. Un Envy dans tous ses états, c'était pas tous les jours qu'on voyait ça.

- Bien sûr que non, je ne suis pas d'accord, imbécile ! Détache-moi tout de suite ! Tu vas t'en prendre une, je te préviens !

Je m'appuyai sur lui pour arriver près de son visage et braquai mon regard dans le sien, alors que tous ses traits étaient comprimés dans la fureur. Doucement, je soufflai :

- Rien qu'une fois, Envy. Fais ça pour moi.

- Tu peux toujours crever ! cracha-t-il aussitôt.

Je fermai les yeux en soupirant, puis me reculai un peu.

- Tant pis. Ce sera un viol.

Il s'agita plus encore, alors que je m'étais assis sur ses jambes pour les immobiliser, mes mains s'égarant à déboutonner son pantalon. Sa mâchoire se contracta plus encore à mesure que ses bras tentaient vainement de se délier de mon alchimie.

- Non mais… Ça va pas bien ?! T'es malade ! Arrête !

Trop tard, je ne l'écoutais même plus. Plus que concentré, je libérai une de ses jambes pour lui retirer le pantalon avec difficulté, alors qu'il l'agitait en tout sens, essayant vraisemblablement de me coller un coup de pied pour me faire dégager. Je l'évitai avec agilité, et clamai, alors qu'il grognait des injures à tout va en se débâtant comme un dingue :

- Ne m'oblige pas à t'immobiliser les jambes, Envy !

- Fais donc ! Au moins t'arriveras pas à atteindre mon cul !

Je roulai des yeux ; qu'il pouvait être cru, parfois… C'en était presque écœurant. Enfin, c'était sans doute le but recherché. Il voulait que je le lâche. Mais j'étais plus malin que ça, moi.

- J'arriverai à te retourner, répliquai-je du tac au tac, en souriant sournoisement, comme lui savait si bien le faire.

Il blêmit, et je lui envoyai un sourire vainqueur qui le fit frémir. Désormais presque nu devant moi, son pantalon reposant sur le sol au pied du lit, je pris appuis sur mes bras en prenant soin de toujours bloquer les jambes de mon amant, et posai ma tête contre son torse agité par la rage, pour tendrement l'embrasser, priant tout de même pour qu'il se calme. Il fut longtemps insensible à mes caresses, me refusant obstinément l'accès à ses lèvres en détournant vivement la tête, m'offrant tout de même la tiédeur de son cou. Laborieusement, je réussis, au bout d'un bon moment, à le calmer, pour que son corps ne reste plus qu'une masse immobile que je tentais de ravir par mes bienfaits, mais qui semblait douloureusement forgé dans l'indifférence totale. Alors que je divaguais pour la énième fois sur son torse, ne l'entendant ni frémir, gémir, ou bien même soupirer, je décidai d'employer les grands moyens, près à tout pour qu'il soit préalablement réceptif à ce que je comptais lui infliger prochainement. Doucement, je reculai, mes lèvres sillonnant son abdomen, mes mains s'aventurant à lui enlever ce qui lui restait comme vêtement. Il grogna lorsqu'il comprit sa soudaine nudité, et je souris, avant de faire glisser sa virilité entre mes lèvres, attentif au moindre mouvement de sa part. Fort heureusement, mes attentions délicates eurent l'effet escompté ; alors que je l'observais toujours, ma tête balançant dans de doux va-et-vient, je le sentis frémir, son visage contracté par les efforts qu'il déployait pour résister aux décharges de plaisir qui affluaient en lui, tentant toujours de rester emprunt de cette contrariété enfantine qui refusait mes caprices. Finalement, j'humidifiai un instant deux de mes doigts avant de retourner à ma tache, et ma main glissa sous lui, s'infiltrant sous sa peau avec douceur, ce qui, enfin, lui arracha un cri de plaisir vainement étouffé.

Il rejeta sa tête en arrière, son regard braqué sur le plafond, son souffle s'accélérant sensiblement, tandis que mes doigts et mes lèvres se jouaient honteusement de lui.

- Arrête…ça…

Sa voix n'était qu'un murmure, douloureux élan de dignité qui le parcourait encore. Je ne pris pas la peine de répondre, ma tête descendant plus bas encore, ce qui lui valut un sursaut contracté dû à la décharge de sensation soudaine. Préférant tout de même le laisser languir un moment, je me retirai et remontai jusqu'à lui, dégrafant discrètement les boutons de mon propre pantalon. Envy m'envoya un regard de haine profonde, mais je lui répondis par un immense sourire.

- Tu… sais que… tu as tout gâché ? lança-t-il, essoufflé par les efforts qu'il maintenait pour résister.

Je ne me démontai pas, nullement impressionné et sourd à tout ce qu'il pourrait inventer pour me faire culpabiliser. Même si ses lèvres m'évitaient encore, je me contentais de sa joue couverte d'un léger voile de transpiration, et décidai de passer à l'ultime et colossale étape. Vivement, je dégageai mon pantalon sur le côté et mon dos se courba, ma respiration s'accélérant, mon cœur battant dans ma poitrine, les pores de ma peau semblant tous s'ouvrir un à un, les laissant se voiler d'un film d'eau incontrôlé. Bon, il fallait que je reste zen. Ça devait être plus difficile pour lui que pour moi. Lentement, je passai de force d'une de ses jambes par-dessus mon épaule, observant son visage forgé dans la certaine tentation de m'arracher la tête avec les pieds. Il aurait pu le faire, c'est certain. Mais il était gentil, semblait-il. Même s'il avait des envies meurtrières, là, tout de suite, et contre moi… Je devais être cinglé pour avoir une telle confiance en lui.

Je fermais les yeux, mes mains glissèrent jusqu'à ses hanches, j'ignorai son grondements menaçant, et enfin, lentement, précautionneusement, j'entrai en lui. Il se raidit, moi aussi. C'était la première fois que je ressentais ça, et j'en avais presque le tournis. Comme il l'avait fait pour moi, je me forçai à le laisser s'habituer à ma présence, tandis que ses mains emprisonnées étaient serrées comme des étaux, et sa mâchoire tremblante d'un mélange d'humiliation et de désir. Avec douceur, je commençai de lents mouvements à l'intérieur de lui, qui lui arrachèrent des cris douloureux, communs à ceux que j'avais poussé lors de ma première fois. Mon sang battait contre mes tempes, mes mains tremblaient de désarrois, appuyant plus sur son bassin à chaque mouvement que faisait le mien. Ses bras se raidirent à leur tour, se cambrant, le forçant à s'étirer presque, me facilitant le passage inconsciemment. Il se mordait les lèvres, désormais, et je pus lire sur son visage que le stade de la douleur était derrière nous, et que le plus intéressant restait à venir. Le bout des doigts de ma main droite frôlant sa peau de craie, je m'emparai à nouveau de sa virilité, associant les mouvements de mon poignet au rythme de mon bassin. Cette fois, le cri de plaisir franchit la barrière de ses lèvres, tandis que les miens montaient en crescendo, au fur et à mesure que je le désirai, que j'accélérai, qu'il acceptait.

Il ne masquait plus son plaisir, désormais, les yeux clos, la respiration saccadée, ses mains liées l'empêchant de faire le moindre mouvement compulsif dû à mes caresses. Cependant, cette situation m'embêtait. J'avais beau être incommensurablement fier de mon exploit, Envy me paraissait loin, reculé, et j'avais besoin de le sentir contre moi, de sentir la tiédeur de sa peau contre la mienne, son souffle chaud se mêlant au mien. J'avais besoin de ses bras, et je ne pouvais être pleinement satisfait s'il ne m'accordait pas cela. Mais allait-il s'enfuir si je le libérais ? Son visage forgé dans le plaisir m'indiquait le contraire, mais cet homonculus pouvait être tellement imprévisible, parfois, que j'en doutais… Bon. De toute manière, j'aurais réussis, quoiqu'il advienne. Qu'il s'en aille me décevrait, juste.

Déglutissant avec peine, je pris une grande respiration et ôtai mes mains de contre sa peau pour les claquer l'une contre l'autre, et étendre difficilement les bras vers les barreaux du lit pour libérer ceux de mon amant. Il hoqueta de stupeur, ne s'attendant visiblement pas à ça, et ma tête s'affaissa contre son torse, attendant qu'il prenne une décision quant à la fin du spectacle. Un instant passa, et il se redressa, me laissant supposer la mauvaise nouvelle, mais finalement ses bras musclés encerclèrent mon cou et il s'assit sur mes cuisses avec rapidité, se retenant néanmoins pour ne pas me les broyer de part son poids. Dans le creux de mon oreille, je pouvais entendre distinctement sa respiration saccadée et difficile, jusqu'à ce qu'il ordonne, me serrant plus encore contre lui :

- Continues… et ne dis rien…

Surpris mais plutôt ravi, je ne me le fis pas dire deux fois, et le rapprochai de moi d'un mouvement de bassin, entrant à nouveau en lui, le cambrant de cette sensation soudaine et inédite. Nos mouvements communs se mêlèrent alors, fusionnant comme à l'accoutumé, nos corps bouillant ne faisant qu'un, nos cœurs pourtant si différents s'emballant d'excitation. J'ignorai ce qui m'accrochait tant à lui, mais ce qui était certain, c'est que je ne pouvais m'en passer. Pourquoi me le dire toujours pendant ces moments là ? C'était stupide, et je passais pour un type se rendant compte de ses sentiments que sous la drogue du sexe. Ce n'était peut-être pas tellement faux, mais ces moments me rapprochaient tant de lui que j'avais la sensation de ne faire qu'un, que nous devenions deux personnes pour une même entité, s'assemblant comme les pièces parfaites d'un puzzle difficile. Nous nous opposions, mais l'un ne pouvait vivre sans l'autre. J'aurais pensé ne jamais pouvoir revivre une telle chose avec quiconque d'autre qu'Alphonse, et pourtant, Envy me prouvait le contraire. Lui qui aurait du être mon ennemis juré, était aujourd'hui mon amant. C'était une histoire bien sombre, bien compliqué, mais ces moments uniques, où nous nous mêlions, étaient tellement exceptionnels qu'ils arrivaient à effacer tous les doutes, craintes et souffrance que la vie pouvait nous apporter. C'en était presque surréaliste, mais cela me rendait heureux. Plus que jamais. Nous atteignîmes le dernier stade du plaisir, l'ultime vague, en un cri commun, nous serrant l'un contre l'autre à s'en étouffer, tremblants et faibles, mais satisfaits de cette plénitude emplie d'une sérénité inimitable. Nous basculâmes lourdement sur le côté, moi sur lui, et nous ne pûmes reprendre la parole avant plusieurs minutes, le temps de nous remettre de cette expérience plutôt rarissime. Ce fut finalement lui qui rompit le silence en premier, sa main jouant avec mes mèches blondes :

- C'était la première et dernière fois, t'as compris ?

- Message reçu.

Un identique sourire éclaira nos visages, et enfin il m'accorda le baiser que j'avais si ardemment demandé, sa main appuyant derrière ma nuque, la mienne glissant contre son torse humide.

Oui, il n'y avait pas à dire : voilà ma définition du bonheur.

xxxxxxxxxxxxxxx

Tadam ! Bon Dieu, j'ai la désagréable impression que cette fin est horriblement niaise. Est-ce dérangeant ? Qu'en avez-vous pensé ? Des questions ?

Merci de m'avoir lu en tout cas, et à la prochaine avec Izumy !

By Yumi.