Dernier chapitre (avant l'épilogue !), bonne lecture !

8 – Mégane fronça les sourcils en découvrant le dessin de Kraft.

- Un entrepôt ? Désolée Monsieur Kraft mais cette information ne va pas beaucoup nous avancer. Avez-vous la moindre idée du nombre d'entrepôts, vides ou non, qui existent dans cette ville ?

Kraft lui arracha pratiquement le carnet des mains et se mit fébrilement à en tourner les pages. Lorsqu'il eut trouvé ce qu'il cherchait, il agita le carnet sous le nez de Mégane.

- Là, là vous voyez … ce … cet oiseau ! Il apparaît dans chacune de mes visions avec cet entrepôt, il doit y avoir un lien !!!

Sa voix était mêlée d'une pointe d'hystérie.

Mégane prit le carnet. Kraft était peut-être un charlatan mais il avait un beau coup de crayon. On reconnaissait parfaitement l'oiseau. Mégane rendit son carnet à kraft et arracha presque le combiné du téléphone de son socle.

- J'ai besoin d'une équipe au 162, 16ème rue, sur Wallace et Bridge, dans WorldPort, aboya t-elle avant de raccrocher.

- Euh, l'entrepôt sur la 16ème ? Ce ne serait pas là que … marmonna Colby.

David lui lança sa veste.

- Yep, c'est l'endroit où Korakia a été tuée par Simmons. Etrange non, comme coïncidence.

Mégane qui avait elle aussi enfilé sa veste d'intervention se tourna vers ses coéquipiers.

- Ce n'est pas une coïncidence. Aucun d'entre vous n'a fait de grec ?

Colby fit une petite grimace.

- Nope, désolé. Le français a déjà été une belle torture !

- Ah ouais, le taquina David, t'as même pas fais un peu de chinois dans ta préparation d'espion modèle ?

- Ahaha, très drôle, rétorqua Colby.

Mégane quant à elle leva juste les yeux au ciel. Elle avait eu de la chance de n'avoir que des sœurs !

- Messieurs, un peu de concentration s'il vous plaît.

- Euh, oui, désolé Mégane, s'excusa David. Alors, c'est quoi le lien entre cet oiseau et la jeune Korakia ?

Mégane sourit.

- Justement, il est le lien. Korakia veut dire « corneille » en grec, répondit-elle en lui tendant le carnet à dessin ouvert à la page que lui avait montré Kraft. Et c'est aussi l'un des anthroponymes des Roms, termina t-elle (32). Allez, on y va, il faut que --

- Je viens avec vous, l'interrompit brusquement kraft.

David et Colby échangèrent un regard amusé : comme si Mégane allait accepter qu'un civil les accompagne. Après une longue minute de silence, le verdict tomba …

- D'accord, annonça Mégane.

… et ce n'était pas tout à fait celui auquel s'attendaient les deux agents du FBI. David et Colby se dévisagèrent un long moment, se demandant ce qui avait bien se passer dans la tête de Mégane.

- Alors, vous venez ? Leur demanda Mégane.

Les deux hommes la suivirent, précédés de kraft qui enfilait une des vestes d'intervention du FBI, son carnet à dessin fermement calé sous son bras.

Cette mission prenait vraiment un tour étrange, pensa Colby. Est-ce que tout le monde avait perdu la tête, Mégane compris ? Yep, c'était ça, ils étaient entrés dans la quatrième dimension : une dimension où les professeurs de mathématiques appliquées sont des médiums, où des corps disparaissent de la morgue comme par enchantement, où des corneilles guident la police vers l'endroit où se trouvent les victimes.

Et où Mégane Reeves commettait une entorse au règlement du FBI.

Ouais, toute cette affaire prenait vraiment une étrange, étrange tournure.

Et Dieu seul savait ce qui les attendait sur les quais.


Le coup de feu semblait avoir figé tous les occupants de la pièce. Le silence qui suivi fut de courte durée et chacun pouvait désormais entendre les gémissements qui émanaient de la forme recroquevillée sur le sol près du mur.

Mais ce fut le rire de Simmons qui termina de les sortir tous de leur stupeur.

- Oups ! Fit-elle, haussant les épaules en signe d'excuse que le sourire sadique qu'elle affichait démentait. Le coup est parti tout seul, désolée … mais ce n'est pas grave n'est-ce pas agent Eppes ? Je suis certaine que Charlie va vous arranger ça en un rien de temps.

Elle s'agenouilla près de Don et examina la blessure qu'elle venait de lui infliger.

- Tttttt, oui, ce n'est pas joli-joli mais les blessures abdominales le sont rarement. Gros risque d'hémorragie et d'infection, surtout dans un environnement comme celui-ci.

- Non … murmura Charlie les yeux rivés sur la tâche rouge qui ne cessait de s'agrandir sur les vêtements de son frère. Non … non, non, NON !

- CHERYL ! Cria Tinsdalle. Mais qu'est-ce qui t'as pris ! Nous avions promis de ne pas --

Simmons qui jouait avec le revolver de Tinsdalle, le faisant tournoyer comme un shérif de pacotille, sourit à cette dernière.

- De ne pas quoi Helen ? De ne pas faire de mal à nos deux bons amis ici présents ? Et cette promesse, elle date de quand, hein ? Après les avoir enlevés ? Après l'entorse de Charlie ? Après avoir enfermé Monsieur Police d'Etat dans le coffre d'une voiture ? Ou après avoir drogué son petit génie de frère ?

Helen resta silencieuse, bouche ouverte, yeux écarquillés comme si l'ampleur de ce qu'ils avaient fait venait enfin de la frapper.

- Oui, c'est bien ce que je pensais, répondit juste Simmons. Le seul moyen pour qu'il vous obéisse (elle désigna Charlie du menton) c'est de lui donner la bonne … disons, motivation.

Simmons approcha Charlie qui, hagard, fixait toujours la forme inerte de son frère. Kévin et Eric l'avaient lâché.

Karen abandonna sa place aux côtés des deux jeunes garçons et s'installa près de Don : Eric et Kevin l'ignorèrent et se placèrent aux côtés d'Helen, de l'autre côté de la civière.

- Allez Charlie, roucoula Simmons, Don a besoin de toi, besoin de tes talents. Oh, je ne parle pas des petits miracles mathématiques que tu sors habituellement de ton cerveau tels les lapins blancs que le magicien tire de son chapeau, nope, cette fois, je parle de tes talents cachés …

Elle se pencha vers lui, écarta doucement une des boucles de cheveux collés sur son front, et lui murmura à l'oreille.

- … et est-ce que ce n'est pas merveilleux ? Vous allez mourir tous les deux, ensemble. Deux frères unis jusque dans la mort.

- Elle a raison, s'exclama soudainement Kevin qui baissa sa capuche et se tourna vers Helen, tout sourire, puis vers Charlie. Plus vite tu nous aides et plus vite tu pourras l'aider lui, alors magne toi ; mets tes putains de mains sur le corps de Lorie et fais la revenir !


La douleur menaçait de lui faire perdre le peu qui lui restait de prise sur la réalité. Don respirait de manière saccadée, tentant vainement de lutter contre la douleur comme le ferait une femme enceinte lors d'un cours Lamasse. Le problème, c'était que la douleur qu'il ressentait au bas ventre était plus proche de celle qu'avait du expérimenter l'officier Kane dans la fameuse scène d'Alien que celle d'une femme mettant au monde un enfant. Quelque chose de froid toucha son front et Don eut un mouvement de recul qui lui arracha un cri.

- Hey, hey, ça va aller. Je vais rester avec vous jusqu'à ce que Charlie ait fini. Il pourra s'occuper de vous après.

Don ouvrit les yeux. Une jeune fille lui tamponnait gentiment le front avec un tissu mouillé. Et semblait parfaitement ignorer le fait qu'il se vidait littéralement de son sang … Génial, c'était la folle de la voiture ! Celle qui avait dit qu'elle prendrait soin de Charlie pour lui et -- CHARLIE !

Don, oubliant la douleur, tourna la tête vers l'endroit où se tenaient Helen et ses acolytes.

Ainsi que Simmons.

- Non. SIMMONS !

- Oula, du calme ! Tout va bien se passer je vous l'ai dit. Lorie va revenir et après Charlie vous rejoindra. Les choses vont rentrer dans l'ordre. Je vais récupérer ma sœur et vous, votre frère.

- Votre … quoi ? Ecoutez (Don tira sur ses liens), si vous voulez m'aider, libérez moi, ok.

- Karen.

- Pardon ? Grinça Don, dents serrées contre la douleur.

- Karen, c'est mon prénom.

La jeune fille hésita un moment puis se décida brusquement. Elle plongea la main dans la poche de l'ample robe de druide qu'elle portait et en sortit un petit canif. Elle sourit à Don.

- Une femme doit toujours être armée … au cas où. Vous ne croyez pas ?

Ouais, sûr, pas de problème pensa Don. Du moment qu'elle tranchait ses liens et non sa gorge. Il hocha la tête lentement, espérant que le sourire qu'il lui adressait ne ressemblait pas à la grimace qu'il était persuadé de faire.

Karen lui rendit son sourire et trancha les liens.

Don poussa un autre cri de douleur lorsque ses bras, enfin libérés, retombèrent brutalement le long de son corps. Il se recroquevilla en position fœtale. La dernière chose qu'il entendit avant de perdre conscience fut Charlie qui l'appelait.


- Don ! Cria Charlie en voyant son frère s'effondrer aux pieds de Karen.

- Bon, ça suffit maintenant, explosa Eric qui attrapa Charlie par les cheveux et se mit à le secouer comme une poupée de chiffon. T'as entendu Kevin, tu nous obéis ou bien …

Eric arracha l'arme que Simmons tenait toujours dans ses mains et la pointa vers Don.

- … ou bien je le finis. Capice ?

Il secoua encore Charlie qui agrippait la main du jeune homme espérant, vainement, relâcher un peu la pression qu'il exerçait sur son malheureux cuir chevelu. Les larmes aux yeux, Charlie hocha la tête.

- Bien, alors vas y !

Eric relâcha Charlie qui se retrouva une fois encore devant le corps de Lorie Newkirk.

Tremblant, il posa ses mains sur le drap et ferma les yeux.


Charlie avait peur d'ouvrir les yeux, il ne voulait pas voir ses mains posées à plat sur -- ok, penser à autre chose. Comme par exemple comment faire pour sortir de ce pétrin. Et sauver Don.

Don … Charlie, resserra instinctivement ses doigts sur le drap en pensant à son frère, au sang qui le maculait littéralement. Rouge, si rouge … Comment pouvait-on être encore en vie après avoir perdu autant de sang ?

Don était mort. Il ne pouvait pas en être autrement. Don … Mort … comme Ibolya.

Les dernières traces du brouillard dans lequel il évoluait depuis qu'il avait bu la concoction de Tinsdalle, disparurent complètement, remplacées par la colère. Une rage comme il n'en avait jamais connue s'empara de lui. Une rage dirigée contre ceux qui avaient fait ça ; contre ceux qui avaient tué son frère, massacré une innocente.

Il sentit la force de toute cette rage qu'il refoulait depuis des mois monter en lui comme un tsunami. Une vague irrésistible. Terrifiante.

Charlie ouvrit les yeux.

Et la terre se mit à trembler.


Ils n'étaient plus qu'à quelques minutes de leur destination, en plein cœur de WorldPort lorsqu'ils ressentirent les effets de la secousse. La route devant eux se mit à onduler comme si le goudron n'était qu'un fil de réglisse !

- Merde ! Lâcha Colby qui tentait en vain de maîtriser son véhicule.

David s'accrocha au tableau de bord.

- Attention, devant toi !

Une bouche à incendie venait d'exploser dans les airs. Colby donna un violent coup de volant et le couvercle en laiton de la bouche alla s'écraser sur le pare-brise d'une voiture à l'arrêt. Les alarmes des quelques voitures qui se trouvaient près de l'entrepôt s'étaient mises à hurler.

Et aussi soudainement que le chaos était apparu, le calme revint.

//David ? Colby ? Tout va bien ?//

La voix de Mégane qui ramena David et Colby à la réalité.

David prit la radio.

- Ouais, plus de peur que de mal. Bon sang ! Je croyais que l'USGS surveillait la faille de San Andréas (34) !

//Nous allons attendre les secours. Nous ne sommes plus qu'à quelques minutes de l'entrepôt mais je préfère -- Hey ! Kraft !!! Non ! //

Immédiatement en alerte, Colby remis la voiture en route (slalomant entre les débris et les voitures à l'arrêt). David hurla dans la radio.

- Mégane, qu'est-ce qui se passe ? Mégane !!!

Le silence qui suivit transforma Colby en pilote digne du NASCAR (36).

- Accroche toi ! Lança t-il à son équipier avant d'accélérer.


- KRAFT ! S'époumonait Mégane.

NONDENON … Génial, non vraiment c'était génial, elle s'était faite avoir comme un bleu ! Mais il fallait dire que le tremblement de terre impromptu n'avait pas franchement aidé.

Pourquoi avait-elle accepté d'emmener Kraft sur la scène d'un crime ? Ce type lui faisait tout simplement perdre la boule, et malheureusement pas au sens romantique du terme. Il parvenait à la déstabiliser. Quel psy elle faisait !

Cet énergumène avait refusé de rester dans la voiture et d'attendre avec elle les secours. Lorsqu'elle lui avait dit qu'elle ne lui donnait pas franchement le choix il lui avait juste souri eta avit attendu qu'elle soit occupée à débriefé David et Colby sur la situation avant de sortir de la voiture et de se mettre à courir comme s'il avait le diable à ses trousses.

Ou plus exactement comme s'il avait eu la révélation de la localisation du paradis. Un paradis dont les clefs seraient tenues non pas par Saint Pierre mais par un petit génie des mathématiques.

- Vous ne comprenez pas, lui avait-il lancé, furieux. Vous ne comprenez toujours pas : je peux le trouver, il me guidera vers lui !

Et donc, si elle récapitulait : petit 1, elle avait enfreint un des règlements sacro saint du FBI (« tu n'emmèneras point de civil sur les lieux d'un crime potentiel »), petit 2, elle était une déplorable psychologue et petit 3, elle était complètement folle puisqu'elle déambulait dans les rues lors d'un tremblement de terre !

Yep, une super journée pour l'agent Reeves.

- Hey Mégane !

Mégane se retourna, soulagée de voir apparaître ses coéquipiers.

- Tout va bien ? Demanda Colby qui l'examinait de la tête au pied à la recherche d'une quelconque trace de blessures.

- Oui, oui, seule ma dignité a été blessée … et ma voiture. Larry aura du mal à la réparer celle-ci ! La secousse m'a envoyé droit dans un poteau.

- Et Kraft ? Où est-il ? S'enquit david.

- Ca, c'est la question à un million, soupira Mégane en se passant la main dans les cheveux.

- L'entrepôt, c'est sûrement là qu'il va, proposa Colby.

Mégane hocha la tête.

- Vraisemblablement, son obsession est telle que je doute qu'il renonce à Charlie. Nous sommes sur, euh, la 15ème non ?

- Yep, une petite course ne nous fera pas de mal, hein David ?

Colby sourit à son partenaire. David grogna. Il détestait courir ! Surtout après les suspects : pourquoi le premier réflexe d'un type à qui vous dite « FBI, stop ! » est-il invariablement de fuir ?

Les trois agents s'élancèrent dans la rue, ignorant le vacarme des sirènes et le regard hagard des passants.


Il aurait du savoir que l'agent Reeves ne le comprendrait pas, qu'elle ne percevrait pas l'importance de ce moment. L'importance qu'avait le jeune Eppes. Kraft sourit. Jeune, pas si jeune que cela en fait, il avait près de 35 ans après tout mais il était si jeune dans ses … dans ses nouveaux pouvoirs ! Qu'est-ce que les mathématiques, les sciences pourraient lui apporter ? Comment toute cette connaissance pourrait-elle l'aider à comprendre et à maîtriser ce qu'il était devenu ? Non, Kraft en était certain : Charles Eppes avait besoin de lui. Il pourrait l'aider !

Là, c'est la prochaine sur la droite. Il le savait pour être souvent venu se recueillir à cet endroit, dans l'entrepôt, car il ne faisait aucun doute pour lui que c'était au moment précis où le professeur – non, Charlie – oui, c'était au moment précis où Charlie avait découvert le corps de la jeune Ibolya qu'il avait accédé à ses nouveaux talents. La séparation de l'âme de la jeune fille d'avec son enveloppe corporelle avait du tout déclencher et --

Et Kraft s'arrêta net de penser.

Il était arrivé devant l'entrepôt. Ou plus exactement ce qui en restait, c'est-à-dire rien. Il resta un long moment à fixer ce qui se trouvait devant lui comme si son cerveau avait du mal à enregistrer cette nouvelle information : l'adresse était la bonne mais ce n'était pas le bon endroit. C'était tout bonnement … impossible !

Du bâtiment, il ne restait rien. Pas même un pan de mur n'avait subsisté ou la moindre charpente métallique. Juste … rien. Tout s'était effondré. Aucune des images qui lui venaient à l'esprit, qu'il s'agisse de celle d'un bombardement ou des suites d'un tremblement de terre, ne ressemblaient à ce qu'il avait devant les yeux.

Un amas de cailloux. Comme si le bâtiment n'avait jamais existé, complètement oblitéré par … par quoi ? La secousse qu'ils venaient de vivre ne pouvait certainement pas expliquer ça !

Kraft s'avança et c'est à ce moment qu'il les vit, là, au beau milieu des décombres.

Deux formes humaines. Du moins, ça lui semblait humain.

Kraft s'approcha lentement puis son cœur fit un bond dans sa poitrine lorsqu'il reconnut l'une des formes.

- CHARLIE !

Kraft s'aventura dans les décombres, prenant soin de ne pas se tordre les chevilles sur les pierres qui étaient amoncelées là. Il s'agenouilla près de Charlie et identifia immédiatement la personne qui était avec lui.

- Agent Eppes … est-ce que tout va --

- Hey KRAFT !

Kraft fronça les sourcils et tourna la tête vers la personne qui venait de l'interpeller.

- Oh, Agent Granger. Vite ! Aidez moi !

Les trois agents le rejoignirent. Mégane ouvrit la bouche pour lui dire ce qu'elle pensait de sa petite escapade mais Kraft la fit taire d'un geste brusque de la main.

- Nous n'avons pas de temps à perdre avec ça, il a besoin de nous ! Ils ont besoin de nous !

David avait rejoint Kraft près de Charlie. Celui-ci se balançait d'avant en arrière, son frère fermement calé dans ses bras. Ses mains étaient couvertes de sang comme la tunique qu'il portait et Don était pâle comme un linge.

- Merde … Don ! Hey, Charlie, ça va aller, ça va aller. COLBY ! Essaye de joindre Cédar Sinaî !

Mégane s'installa à son tour près de Charlie. Elle fit un petit geste de la tête à David qui secoua la sienne. Ok, les tâches ingrates étaient toujours pour elle. D'une main tremblante, elle effleura le cou de Don, juste au niveau de la carotide et fut récompensée par la sensation d'une pulsation régulière sous ses doigts. Elle exhala un long soupir de soulagement, leva les yeux vers David et lui sourit.

- Je cois qu'il est juste inconscient.

David fit une grimace.

- Ouais, alors d'où provient tout ce sang ?

Mégane fronça les sourcils. Elle posa sa main sur l'épaule de Charlie.

- Charlie, est-ce que tu es blessé ?

Pas de réponse. Le balancement continuait comme si le jeune homme n'avait même pas conscience de leur présence. Mégane décida que ça suffisait ! Elle prit son visage entre ses mains et l'obligea à la fixer.

- Charlie, tout va bien maintenant, nous vous avons retrouvés et Don va bien.

- Don …

- Oui, il est là et il va bien. Charlie est-ce que tu es blessé ? Réitéra Mégane.

Charlie cligna des yeux et son regard fit le tour des visages autour de lui avant de venir à nouveau se fixer sur Mégane.

- Don … il … elle l'a tué.

- Non Charlie, il est là, regarde, il va bien.

- Euh, en fait, je crois qu'il … dort, précisa David.

Et en effet, le visage enfouit contre l'épaule de Charlie, Don ronflait.

- Putain, dit Colby qui se passa la main dans les cheveux, mais qu'est-ce qui s'est passé ici ?

- Un miracle, lui répondit Kraft, un miracle.

Epilogue pour la semaine prochaine !

(33) Petite explication, vous savez combien je les aime ! Il y a toujours eu, pour désigner le peuple Rom, de nombreux anthroponymes. Ces derniers témoignent de leur histoire et de leur incroyable diaspora. Ces anthroponymes peuvent désigner leurs occupations ou leurs origines territoriales. Ainsi, les kalderash (nom dérivé du roumain căldare qui veut dire chaudron) étaient des forgerons (Europe centrale) ; les Kokkalares (nom dérivé du grec Kokkala qui veut dire ossements) étaient des fossoyeurs et terrassiers (Europe orientale) ; et enfin, les Korakai ou Xoraxai qui tiennent peut-être leur nom du grec korakia (« corneille ») ! Il y en a bien d'autres mais la pauvre Ibolya était une petite « corneille » (source : wikipedia)

(34) Les habitants de Californie vivent avec une épée de Damoclès au-dessus de leur tête : le "Big One", un tremblement de terre majeur qui pourrait se produire prochainement. L'Institut de géophysique américain (USGS) a révélé que l'Etat de Californie a "plus de 99% de risques" d'être touché dans les 30 prochaines années par un séisme de magnitude supérieure à 6,7, susceptible de provoquer des dégâts majeurs (source : LCI).

(35) La faille de San Andreas est probablement le phénomène géologique le plus étudié du monde. Les sismologues utilisent le laser pour mesurer d'infimes déplacements espérant pouvoir en déduire le moment « approximatif » d'un grand séisme.

(36) NASCAR (the National Association for Stock Car Auto Racing) est le principal organisme (créé en 1948 par Bill France et aujourd'hui encore entre les mains de la même famille puisque le PDG est Brian France son petit fils) qui organise les courses automobiles de stock-car, discipline de course automobile extrêmement populaire aux États-Unis.