Les Maîtres des Dimensions
Résumé général : Alors que Harry déprime après la mort de Dumbledore, il rencontre Némésis, une étrange femme qui lui propose une mission : se rendre dans un monde parallèle afin de créer un autre futur.
Chapitre précédent : Après la mort de Dumbledore, Harry va très mal. Il n'arrive plus à dormir, torturé par des cauchemars et s'éloigne peu à peu de tout le monde, se renfermant sur lui-même. Pendant le mariage de Bill et Fleur, Harry rencontre une jeune femme aux cheveux blanc prénommée Némésis qui lui fait une proposition incroyable : aller aider le professeur Dumbledore d'une dimension jumelle en 1976, la septième année de ses parents.
Chapitre 2 : Décision
La proposition de Némésis hantait l'esprit de Harry depuis deux jours. Cette nuit-là, comme à son habitude, le jeune homme, harcelé par les cauchemars, ne dormait pas. « Grandeur et décadence de la magie noire » posé négligemment à coté de lui, il revoyait les cheveux blancs et les yeux dorés de l'étrange jeune femme. Aider le professeur Dumbledore, c'était là une tache tentante en elle-même ; mais si c'était dans le Poudlard des Maraudeurs, la tentation n'en était que plus grande.
Cependant, il ne devait pas oublier ce qu'il avait à faire dans son monde. Les Horcruxes, Voldemort..., c'était à lui de s'occuper de tout cela. C'était la mission qui lui avait été confiée par la prophétie - cette maudite prophétie. Trelawney puisse-t-elle s'étouffer la prochaine fois qu'elle en ferait une. Il n'avait pas envie de ce rôle! Il n'avait jamais demandé à être le Survivant ou l'Élu. Il ne désirait rien de plus qu'être un garçon comme les autres. Peut-être pourrait-il l'être dans cet autre monde. A oublier toutes les horreurs qui hantaient son esprit. Les morts qui se produisaient autour de lui.
Il fixa le plafond, se demandant si c'était réellement possible. Au fond de lui, il n'y croyait pas vraiment. Cette destinée, malgré le dégoût qu'elle lui inspirait, faisait partie de lui.
Il passa sa main sur son visage, fatigué. Il avait avant tout besoin de sommeil. C'était ce qui lui fallait dans l'immédiat. Peut-être plus que des réponses à ses interrogations. Il attrapa son livre et tenta de s'y intéresser. Sans succès. Il ne parvenait pas à se débarrasser de l'impression tenace que sa vie lui échappait. Qu'il n'était plus qu'un pantin entre les mains de marionnettistes sadiques se plaisant à le faire souffrir. Ne pouvait-il pas décider de ce qu'il ferait de son existence ? Devait-il avant même sa naissance être un combattant dont le seul destin était d'affronter un mage noir à moitié (voir totalement) fou ?
N'en pouvant plus, Harry se leva dans un mouvement rageur. A pas de loup, il sortit de la chambre, faisant attention à ne pas réveiller Ron. Il rejoint le salon du Terrier, le livre à la main et les pensées beaucoup plus loin. Son regard tomba sur un balai – certainement celui de Fred ou de George. Il sourit et s'en saisit, abandonnant sans regret « Grandeur et décadence de la magie noire » sur la première table qu'il trouva.
Il sortit dans l'air frais de cette nuit de juillet. Et il fut dans les airs avant que quiconque ne puisse réaliser sa sortie. Il vola pendant des heures, se vidant l'esprit dans le vent qui fouettait son visage. Le balai qu'il avait emprunté n'avait pas la puissance de son Eclair de Feu qu'il regretta vite. Toutefois, ce dernier était dans la chambre et allait le chercher revenait à prendre le risque de réveiller Ron ou quelqu'un d'autre dans la maison. Le savon auquel il aurait alors irrémédiablement droit le dissuada de toute action dans ce sens. Il n'était pas censé sortir la nuit – ou même le jour – sans être accompagné : trop dangereux avec Voldemort et ses adeptes qui rodaient.
De cela, Harry n'en avait, à cet instant, absolument rien à faire. Pour la première fois depuis des semaines, il se sentait bien, seul dans les airs avec pour unique lumière la lueur des étoiles et du faible croissant de lune. Ralentissant sa course, le jeune homme regarda la constellation du chien brillait au dessus de lui, Sirius offrant sa lueur à tous. Il sourit. Quelques temps plus tôt, il avait emprunté un livre d'astronomie à Hermione et s'était entraîné à reconnaître les astres. Il devait bien admettre ne pas être un expert, malgré les nuits passées à étudier sur le sujet, mais il savait au moins reconnaître la constellation de son parrain.
Toujours dans les airs, il repensa à nouveau à la proposition de Némésis. Elle signifiait revoir Sirius, connaître ses parents… Mais ils ne seraient pas vraiment les siens puisque venant d'un monde parallèle, non ? Malgré les livres qu'il avait lus sur le sujet, Harry n'arrivait pas vraiment à saisir les subtilités de la théorie qui relevait d'ailleurs le plus souvent de la science-fiction. Il avait besoin de plus amples explications de la part de cette Némésis.
Il survola une forêt, touchant du bout des doigts la cime des plus grands arbres. Il adorait voler. Le vol lui offrait une sensation de liberté alors que tout l'enfermait. Il ne rentra au Terrier que lorsque le soleil commença à révéler paresseusement ses premiers rayons à l'horizon : il valait que personne n'ait connaissance de sa petite escapade. Il reposa le balai là où il l'avait trouvé et récupéra le livre qui lui sembla encore plus vide d'intérêt que précédemment. Il décida donc, en désespoir de cause, de partir à la recherche d'un autre ouvrage. Il n'avait de toute façon pas envie de voir qui que ce soit. Il n'avait parlé à personne de Némésis et ses histoires de dimensions, s'employant à s'isoler autant que possible. Il avait besoin d'être seul et il était difficile pour lui de voir des personnes à qui il tenait. Ses cauchemars revenaient en force. Car depuis un moment, il ne rêvait plus uniquement à des morts ayant eu lieu mais aussi à celles de personnes qu'ils savaient encore en vie. Combien de fois avait-il vu Hermione, Ron ou Ginny allongés sur le sol avec un teint cadavérique ? Trop pour que cela n'affecte pas son comportement.
Il secoua la tête, penser à ça n'était pas une bonne idée. Il feuilleta rapidement un livre intitulé « Les Grandes Découvertes magiques » avant de le ranger. Il était sans intérêt. Les livres de potions n'étaient pas ce qu'il avait envie de lire pour le moment - il n'aurait probablement jamais envie de les lire. Il sourit en tombant sur un ouvrage au titre accrocheur : « Comment ensorceler son fromage ».
-Comment peut-on écrire des livres pareils ? se demanda-t-il à haute voix tout en poursuivant ses recherches.
Il grimaça devant les livres de divinations et se rabattit sur un bouquin de métamorphose. Il venait de l'ouvrir sans grande conviction lorsque quelqu'un entra.
-Harry ? Que fais-tu ici ? s'étonna Hermione.
-Je m'occupe, répondit platoniquement l'interrogé.
La jeune fille s'approcha de lui.
-Tu ne dors toujours pas bien, souffla-t-elle.
-Toujours pas, approuva laconiquement le Survivant.
-Je pensais pourtant que tu allais mieux… Que s'est-il passé au mariage ? Ginny est en colère, elle dit que tu as flirté avec une française aux cheveux blancs.
-Quoi, Némésis ? Je n'ai pas flirté avec elle ! Elle… Enfin. C'est compliqué.
-Explique moi, demanda avec douceur son amie.
Harry soupira en tournant son regard vers elle.
-Ça va certainement te sembler fou mais… elle m'a fait une proposition assez tentante. Mais… pff… je ne sais pas. Ça semble si incroyable…
-Une proposition ?
-Aller dans un autre monde pour aider Dumbledore.
Hermione cilla.
-Un autre monde ? Comment ça ?
-Dimension parallèle. Némésis appelle ça une dimension-jumelle.
-C'est de la science fiction ! s'exclama la préfète incrédule.
-Semblerait que non.
-Incroyable ! Et tu irais aider Dumbledore ?
-C'est ce qu'elle a dit.
-Cette Némésis, elle est digne de confiance ? s'inquiéta Hermione.
Harry soupira.
-Je ne sais pas, admit-il. Mais je ne sais pas pourquoi je sens que je peux lui faire confiance…
-Et si c'était un Mangemort ?
-Je ne pense pas. Elle prononce le nom de Voldemort avec une telle décontraction. Comme si elle parlait de la pluie et du beau temps. Et puis… j'ai comme l'impression qu'elle est de mon coté. Je ne sais pas d'où ça vient. Je n'ai pas arrêté de vérifier mes barrières mentales lorsque je lui parlais…
-Tu as travaillé l'Occlumancie ?
-Un peu tard, mais oui.
-Alors c'est que c'est ton instinct qui te dit qu'elle est digne de confiance. Et jusqu'à présent, ton instinct a plutôt été bon, non ?
-Pas toujours… souffla Harry.
-Nul n'est parfait, trancha autoritairement sa condisciple. Tu n'es pas infaillible, c'est normal !
-Il y a autre chose, elle a dit que j'irais aider Dumbledore en 1976…
-La septième année de tes parents, murmura Hermione.
-Tu sais toujours tout toi ! ronchonna gentiment le Survivant.
Son amie se mit à rire.
-Fais le, dit-elle brusquement.
Harry la regarda, surpris. Il s'attendait à ce qu'elle s'insurge contre le fait qu'il est ne serait-ce qu'eu l'idée d'accepter.
-C'est une chance de connaître ou de revoir ceux que tu aimes et d'exorciser ces fantômes qui te hantent. Peu importe que ce ne soit pas vraiment eux, ils seront très semblables puisque cette Némésis appelle l'autre monde une dimension-jumelle. Et comme ce n'est pas vraiment notre univers, tu pourras sans créer de problème changer ce qui s'est passé. Sauver tes parents, Sirius, faire que Peter ne trahisse pas, ainsi de suite…
-Tu… tu crois que c'est possible ? bredouilla l'Élu.
La jeune sorcière haussa les épaules.
-Pourquoi pas ? Je n'y connais rien, mais je ne trouve pas ça si improbable... à partir du moment où l'on admet que l'on puisse voyager entre les dimensions. En plus ce sera une chance pour toi de t'entraîner tranquillement, puisque là-bas, Voldemort ne saura même pas que tu existes. Pour peu que tu saches te montrer un peu discret, ajouta-t-elle avec un regard lourd de sens.
Son meilleur ami lui offrit son air le plus angélique mais elle ne sembla pas le trouver très convaincant.
-Merci, Hermione.
-J'aimerais pouvoir faire plus tu sais. Je n'aime pas te voir ainsi !
-Tu fais déjà beaucoup. Mais il reste un problème…
-Lequel ?
-Je ne sais absolument pas comment retrouver Némésis…
La préfète grimaça.
-En effet, ça ne va pas nous aider, admit-elle.
Elle sembla réfléchir quelques instants avant de hausser les épaules.
-Si tu veux mon avis, c'est elle qui va te retrouver, conclut-elle.
Elle se tourna alors vers ses livres et en sortit un d'une taille plus que respectable. Elle le tendit avec un air victorieux à Harry.
-Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il.
Jetant un coup d'œil il remarqua le titre : « La Legilimancie : une discipline fondamentale ». Hermione eut un sourire entendu.
-Maintenant que tu es un occlumens accompli, il ne te reste plus qu'à te lancer dans la legilimantie ! affirma-t-elle.
Harry s'étouffa.
-C'est un blague ?
-Pas le moins du monde.
-Hermione ! Si je lis tes bouquins c'est uniquement parce que je n'arrive pas à dormir et que j'ai dans l'espoir qu'ils m'endorment !
-Sous-entendrais-tu que mes livres sont soporifiques ? s'enquit-elle, menaçante.
-Je ne le sous-entend pas : je l'affirme.
-Harry ! rugit-elle.
Le jeune homme évita de justesse le lancé du livre de legilimancie. Mais son amie ne sembla pas vouloir s'arrêter là et se mit à lui courir après, armée du livre - préalablement récupéré - et de sa baguette – le Survivant se maudit d'ailleurs de ne pas avoir vu qu'elle l'avait avec elle. Il décida donc d'opérer un repli stratégique. Il savait bien qu'une Hermione énervée était aussi dangereuse qu'un mage noir. Peut-être même plus.
La course poursuite qui s'en suivit réveilla très probablement tout le Terrier et se termina dans la cuisine, sous les yeux ébahis de Molly Weasley. Elle ne s'attendait certainement à voir, alors qu'elle préparait le petit-déjeuner, débarquer les deux Gryffondors, en pyjama, jouant comme des gamins. Les cheveux de Harry étaient devenus rouges après avoir reçu un sort bien placé. Le jeune homme se sentit brusquement partir en avant et s'étala lamentablement sur le sol. Hermione avait réussi un splendide sortilège de Croque-en-Jambes.
Victorieuse, elle agita le tome de « La Legilimancie : une discipline fondamentale » qu'elle tenait encore dans la main.
-Il va falloir que tu l'apprennes par cœur, chantonna-t-elle joyeusement.
Son ami pâlit.
-C'est un blague ! s'étrangla-t-il.
Le sourire sadique de la préfète l'inquiéta au plus haut point.
-Et si je m'excuse ? se hasarda-t-il.
La sorcière fit mine de réfléchir.
-Si tu me fais des excuses dans les règles et que tu promets de devenir un legimens dans l'année, je veux bien ne pas t'obliger à l'apprendre par cœur, fit-elle.
-C'est de l'arnaque ! protesta vivement Harry.
-Cinq cent quarante deux pages – sans compter la préface, énonça-t-elle en agitant de nouveau le livre sous le nez du susnommé. Tu vas te régaler !
-Espèce de sadique, grommela le Survivant, toujours assis par terre.
Il fit toutefois des excuses dans les règles à son amie, jurant in petto qu'il lui ferait payer cette humiliation. Satisfaite, elle lui fourra l'ouvrage dans les mains en lui rappelant joyeusement les termes de l'accord. Ravie de voir Harry se comportant comme quelqu'un de son âge, Molly servit un petit-déjeuner princier aux deux belligérants et incendia Ron lorsqu'il arriva en râlant contre le boucan de tous les diables qui l'avait réveillé.
C'est en riant que l'Élu et sa condisciple quittèrent la cuisine sous le regard rempli d'incompréhension de leur ami. Ils se rendirent dans la chambre allouée à la jeune fille afin de trouver un moyen de contacter au plus vite Némésis. Ils espéraient trouver un sort de localisation dans un des manuels. Aussi quelle ne fut pas leur surprise de découvrir la mystérieuse femme aux cheveux blancs allongée sur le lit, lisant un livre écrit dans une langue inconnue. Elle le ferma tranquillement en les voyant entrer.
-Bonjour, jeunes gens. Comment allez-vous ? demanda-t-elle gaiement.
-Comment êtes-vous entrée ici ? s'enquit Harry, de nouveau sur la défensive.
Némésis rit doucement en se levant d'un mouvement félin.
-J'ai mes propres méthodes. Avez-vous réfléchi à ma proposition, M. Potter ?
-Avant tout, j'ai quelques questions à vous poser, intervint Hermione en s'avançant.
La jeune femme aux cheveux blancs ne sembla pas s'en étonner. Elle claqua dans ses doigts et deux confortables fauteuils apparurent.
-Je n'en attendais pas moins de vous, Mlle Granger, sourit Némésis. Asseyez-vous, vous serez plus à l'aise.
Les deux Gryffondors s'exécutèrent sans quitter l'inconnue des yeux.
-Admettons que cette histoire de dimension parallèle soit véridique – Harry semble le croire et j'ai confiance en son jugement. J'ai quelques interrogations à ce sujet, déclara Hermione.
-Je vous écoute.
-Tout d'abord, toutes les dimensions sont différentes, n'est-ce pas ?
-Effectivement, approuva Némésis, certaines sont en tout point différentes de la vôtre. D'autres lui ressemblent plus ou moins, et enfin d'autres sont ce que l'on appelle des dimensions-jumelles : elles sont identiques à la vôtre. C'est-à-dire que les personnes qui y vivent sont les mêmes et, que si elles ne reçoivent pas d'intervention, elles évolueront de la même façon – même si il peut y avoir quelques différences mineures.
-Donc dans le monde où vous voulez envoyer Harry, Voldemort est en pleine ascension et ne sera arrêté que cette nuit d'halloween à Godric's Hollow.
Le regard d'or de la femme se posa sur la cicatrice de Harry.
-Vous avez compris Mlle Granger. Mais le professeur Dumbledore de ce monde désire venir en aide à ses élèves, et pour cette raison il a fait appel à moi. À vrai dire, si vous ne le saviez pas, vous ne pourriez pas faire la différence entre ce monde et votre passé. Sauf peut-être à cause de quelques détails minimes.
-Mais comme c'est un monde parallèle, on peut sans problème changer ce qui va arriver, se hasarda Hermione.
-C'est l'idée, approuva Némésis, M. Potter sera là-bas pour mettre en place un futur plus enviable que celui que vous vivez.
-Comment dois-je faire cela ? demanda Harry.
-Comme vous le souhaitez, répondit la jeune femme. Ce sera à vous de choisir la façon dont vous voudrez que ce monde change.
-De quel droit pourrais-je faire ça ?
-Du droit que tout être humain à de tenter à construire le futur.
-Ce n'est pas mon futur que je construirais, mais le leur ! C'est… c'est dictatorial.
Némésis sourit.
-Ça le serait si vous arriviez dans ce monde et que vous décidiez de changer ce qui doit se passer. Vous allez là-bas parce que Dumbledore le demande. Cela relève donc de sa responsabilité.
-Et si je fais une erreur ?
-Il n'y a que ceux qui essaient qui se trompent, Monsieur Potter. Vaut-il mieux que vous vous trompiez en essayant ou que vous regardiez les choses se faire ? Je vous donne une possibilité de changer ce qui va arriver. Je ne nie pas qu'il s'agit là d'une lourde responsabilité et on n'est jamais à l'abri d'un problème ou d'une erreur. C'est un choix que vous devez faire en connaissance de cause.
Harry interrogea Hermione du regard. Celle-ci se tourna vers Némésis.
-Mais comment allez-vous l'intégrer dans ce monde ? reprit-elle. Je doute sérieusement qu'il soit possible de le faire arriver en disant « salut je viens du futur d'une dimension parallèle, je vais changer ce qui va arriver ici ! ».
-C'est entendu, approuva sérieusement la jeune femme. Personne – pas même Dumbledore – ne devra savoir qu'il vient d'une autre dimension. Ce serait très dangereux car les deux mondes pourraient entrer en contact. Cela ne doit jamais arriver.
-Que se passerait-il si ils entraient en contact ? demanda Harry avec inquiétude.
-Ils risqueraient de se détruire mutuellement. Ou du moins c'est ce qui est arrivé quand de tels scénarii ont eu lieu. C'est assez compliqué, mais il faut que vous compreniez que si votre identité venait à être découverte, mieux vaut que l'on croie que vous venez du futur du monde dans lequel vous vous trouverez que de celui d'une dimension jumelle.
-Donc vous allez m'envoyer là-bas avec une fausse identité, comprit le Survivant.
-Si vous acceptez la mission, objecta Némésis.
-Ne vous faites pas plus bête que vous ne l'êtes, vous avez très bien compris qu'il l'acceptait ! répliqua Hermione.
Son interlocutrice se mit à rire joyeusement.
-J'avais envie de vous l'entendre dire, répondit-elle. Voilà le pacte : je vous envoie là-bas aujourd'hui, vous arriverez le 29 juillet 1976, puisque nous sommes le 29 juillet, et vous resterez dans ce monde jusqu'au dernier jour de l'année scolaire. Vous ferez votre septième année là-bas. Pendant ce temps imparti, à vous de faire ce que vous voulez. Ça vous va ?
Harry prit une profonde inspiration.
-Je crois.
Némésis sourit.
-Bien, alors nous allons mettre au point votre nouvelle identité. Dumbledore sera le seul à savoir qu'elle est fausse et il ne connaîtra pas la vraie, bien entendu.
-J'ai une question, l'interrompit Hermione, si Dumbledore ne sait pas qu'il existe des dimensions parallèles, pourquoi vous avoir demandé de l'aider ?
-Parce que, répondit la jeune femme, il sait que j'ai des ressources cachées. Il n'a jamais réussi à savoir lesquelles et je peux vous dire qu'il cherche activement. Seulement il a eu la preuve que j'étais son alliée – entre autre parce que je lui ai sauvé la vie une fois. Alors il s'est un peu calmé sur les recherches… Un peu seulement.
Le Survivant rit doucement.
-Ce n'est pas le genre de Dumbledore de laisser un mystère irrésolu dans son esprit, observa-t-il avec une certaine tendresse pour le vieil homme.
Soupirant en secouant la tête, Némésis approuva.
-Hélas pour moi, ajouta-t-elle avec un faux air désespéré.
Cette situation sembla beaucoup amuser Hermione qui jeta un coup d'œil critique vers Harry. Ce dernier ne fut pas vraiment rassuré par le regard de son amie.
-Si il doit passer incognito, dit celle-ci, il va falloir changer son apparence, il ressemble trop à son père.
Le Survivant s'étrangla.
-Pas question !
Mais les deux autres ne semblèrent pas l'entendre.
-Il faut aussi lui donner un autre nom, ajouta Némésis. J'y ai déjà réfléchit en utilisant la méthode de Voldemort : il s'appellera Terry Jomaeph Star.
-Jomaeph ? répéta Harry. C'est un nom ça ?
La jeune femme le foudroya de ses yeux d'or.
-Pour votre gouverne, jeune homme, fit-elle avec mépris, c'est le nom de mon grand-père maternel. Alors du respect !
-C'est affreux ! gémit doucement le Survivant.
-Vous ne savez vraiment pas apprécier les choses dans ce monde, soupira Némésis, c'est pourquoi j'en ai fait votre second prénom.
-Et Star, vous n'allez pas me dire que c'est un nom de famille ! protesta à nouveau l'Elu.
Cette fois, ce fut Hermione qui répondit.
-J'ai lu quelque chose sur eux, il s'agissait d'une famille très vieille et puissante qui s'est opposée à Grindelwald. Ils ont disparus aujourd'hui.
-C'est vrai, approuva Némésis. Nous ferons croire qu'ils n'ont pas disparu, ils se sont simplement exilés aux Etats-Unis pour se protéger. Terry reviendra en Angleterre après avoir perdu les derniers membres de sa famille dans un accident.
-Je suis contre, annonça Harry.
-C'est un scénario plausible, approuva sa meilleure amie, l'ignorant superbement. Et ça pourra expliquer qu'il arrive en Angleterre alors que Voldemort sévit. Il suffira de dire que sa famille pensait que Dumbledore s'occuperait bien de lui pour sa dernière année.
-Dites, vous m'écoutez ? C'est de moi dont on parle, là ! s'agaça le Survivant.
-Quelque chose vous déplaît, M. Potter ? s'étonna Némésis, en se tournant vers lui comme si elle découvrait sa présence.
-Ça changerait quelque chose ? soupira le susnommé, résigné.
-Pas vraiment, rétorqua joyeusement son interlocutrice. Passons à votre apparence ! Il va falloir changer votre coiffure, la couleur de vos yeux, vos lunettes, peut-être un peu les traits de votre visage mais pas trop pour ne pas que les sorts soient dangereux…
-Commençons par les cheveux !
L'empressement de Hermione ne plaisait pas à son ami.
-Je les vois bien un peu plus long, attaché en catogan. Ça permettra de cacher les nombreux épis propres aux Potter.
-Bonne idée, approuva Némésis. Et pour la couleur ?
-Mmmm… Foncés c'est sûr. Bruns ? proposa la préfète.
-C'est parti !
La jeune femme claqua des doigts et Harry sentit ses cheveux de mettre à pousser. Quelques instants plus tard, ils avaient prit une teinte brune et étaient attachés comme décrit par Hermione.
-Comment faites-vous ça sans baguette ? s'exclama la Née-Moldue.
-Vous pouvez me tutoyer. Chez moi l'usage des baguettes n'est pas démocratisé comme ici. Notre magie est différente. C'est pour cela que nous avons conscience des nombreuses dimensions qui nous entourent et nous y déplacer.
-Ton monde n'a rien à voir avec le nôtre, n'est-ce pas ? fit le Survivant.
-Rien, en effet. Mais continuons. La couleur des yeux maintenant.
-Je veux garder celle que j'ai ! se récria Harry.
-Impossible, le contredit immédiatement Némésis, cette couleur émeraude est trop reconnaissable. Mais si tu veux les garder vert, on peut les rendre plus foncés… un vert forêt, ça te dit ?
Le jeune homme approuva bon gré mal gré, non sans avoir préalablement montré son mécontentement. Sans attendre - et sans tenir compte de la manifestations de mauvaise humeur - la femme aux cheveux blanc s'occupa de ses yeux. Puis, les deux filles s'intéressèrent joyeusement à ses lunettes qui prirent une forme rectangulaire un peu adoucie par des contours légèrement courbés.
-Ça me donne un air intello, grimaça-t-il.
-Je ne trouve pas, objecta Hermione, mais ça ne te ferait pas de mal. N'oublie pas que tu devras être un légimens avant ton retour, ou bien…
Elle laissa la menace en suspend mais Harry décida qu'il n'avait aucune envie de savoir en quoi elle pouvait bien consister : son amie connaissait une quantité de sortilèges suffisamment variée pour qu'il prenne l'affaire au sérieux. L'échange sembla énormément amuser Némésis.
-Toujours est-il que tu es très mignon comme ça, jugea la Gryffondor en regardant le Survivant d'un œil critique.
-Dit carrément que je suis moche d'habitude !
Les deux filles pouffèrent face à l'air courroucé du garçon.
-Y a-t-il quelque chose que tu veux amener avec toi ? demanda Némésis. Tu trouveras argent et vêtements là-bas alors prends le minimum.
Harry réfléchit quelques instants.
-Ma cape d'invisibilité, la Carte du Maraudeur, mon Eclair de Feu, Hedwige. Je pense que c'est tout.
-D'accord, sauf pour la chouette, je ne suis pas sûre qu'elle puisse faire le voyage. Les animaux ont parfois des réactions bizarres. Hermione, tu peux aller chercher tout ça ?
Le Survivant remarqua que si, comme elle le leur avait demander, il était passé au tutoiement, elle en avant fait de même. La préfète se leva.
-Attends ! protesta-t-il. Je veux aller dire au revoir à tout le monde.
-Impossible, contredit Némésis, ils ne doivent pas savoir pour éviter que les dimensions entrent en contact !
-Mais Hermione… commença Harry.
-Elle sera mon contact ici, c'est pour ça qu'elle sait. Nous trouverons une excuse pour ta disparition, ne t'en fais pas.
Le jeune homme chercha le soutien de son amie, mais elle était déjà partie. Elle revint rapidement, ajoutant « La Legilimancie : une discipline fondamentale » à la liste de son condisciple. Il grinça.
-Tu n'en démordras pas, hein ?
Elle sourit avec impertinence. Némésis reprit la parole.
-Reste deux ou trois choses à régler.
Un objet un peu plus grand qu'un œuf apparut dans la main de la jeune femme. Irisé de teinte rouge, il était superbe.
-C'est un œuf venant de mon monde. Je te le donne, peut-être t'aidera-t-il, dit-elle.
-Quand doit-il éclore ? s'enquit Harry, fasciné.
-Peut-être demain, peut-être jamais. Il n'éclot que lorsqu'il sent qu'il le doit. C'est une de ses particularités.
-Et quel animal est-ce ? demanda-t-il.
Némésis eut un sourire mystérieux.
-Tu verras s'il éclot.
-Ce n'est pas un dragon au moins ? s'inquiéta le Survivant, se rappelant avec appréhension de l'œuf de Norbert, qui était toutefois beaucoup plus gros.
-Non, le rassura la jeune femme en riant. Même si je connais un monde où les dragons agissent ainsi. Enfin peu importe.
Elle lui tendit un bracelet en argent stylisé et apparemment assez vieux. Elle venait certainement de le faire apparaître.
-Ceci est un bijou de mon monde également : il te permettra de voyager à travers les dimensions sans être tué. De plus il assurera que ton identité d'emprunt soit reconnue dans l'autre monde, comme par la Carte des Maraudeurs par exemple. Mais fait attention, la tienne ne sera peut-être pas touchée. De plus, tant que tu le porteras, ta fausse apparence ne tombera pas, quoiqu'il se passe. Ne le perd pas Harry, il est primordial.
-Je connais un sortilège qui t'empêchera de le perdre, fit Hermione en réfléchissant, mais il faudra le lancer de façon très importante et il pourrait t'empêcher de l'enlever…
-Il y a un contre-sort ? interrogea Harry.
-Oui.
-Alors apprend moi les deux.
Ce ne fut pas long. Le jeune homme réduit alors ses maigres affaires et les fourra dans sa poche sans ménagement. Il fut beaucoup plus méticuleux avec l'œuf. Il se tourna alors vers les deux filles.
-Une dernière chose, fit Némésis en lui tendant une chaînette en argent à laquelle était pendue une petite clé taillée dans le même métal. Voici la clé du coffre 552 à Gringotts, ce sera le tien durant ton passage dans l'autre monde, toutes les formalités ont été faite. N'hésite pas à t'en servir : il croupit depuis des siècles dans son coffre ! C'est une sorte de cagnotte faite pour ceux qui font des missions comme la tienne.
-Merci, dit simplement Harry, surpris.
Il sentit alors Hermione lui prendre les mains. Elle lui sourit tristement.
-N'oublie pas une chose, Harry, tu dois profiter de ce voyage pour te débarrasser de tes démons. Ici, nous avons tous envie de retrouver le Harry que nous connaissions. J'aurais voulu que tu sois toi-même et pas que tu te forces comme tu le fais depuis des jours à avoir l'air enjoué. Ne laisse pas ta colère te faire oublier qui tu es et qu'il y a des gens qui t'aiment. D'accord ?
-Hermione…
La voix du Survivant s'enroua d'émotion. Il n'aurait jamais pensé que sa meilleure amie l'ait ainsi percé à jour. Il avait vraiment eut l'impression de bien jouer son rôle, au point peut-être de se convaincre lui-même. Mais non. Il sourit et enlaça la jeune sorcière.
-Merci pour tout, souffla-t-il.
-Encore une chose, fit Némésis alors qu'ils se détachaient, tu ne sera pas seul dans l'autre monde. Tu auras un coéquipier qui te retrouvera un peu plus tard…
Un vent de tous les diables se mit soudain à souffler dans la pièce, faisant voler tout ce qu'il trouvait et interdisant toute réplique au Survivant. Une espèce de fenêtre venait de s'ouvrir. C'était comme une distorsion dans l'espace. Avec un sourire, Harry songea que c'était exactement ça. Il jeta un dernier coup d'œil derrière lui. Les deux filles le saluèrent d'un geste.
Et après un moment d'hésitation, il se jeta dans l'ouverture.
¤ 28 juin 2007 ¤
Merci à tous pour vos reviews qui m'ont incité à mettre rapidement la suite ! (et puis c'est aussi un moyen de ne pas ruminer sur mon désastreux niveau d'anglais qui m'empêche de lire le dernier tome avant sa sortie en français ! snif !).
Bon allez, à la prochaine !
