Les Maîtres des Dimensions

Résumé général : Alors que Harry déprime après la mort de Dumbledore, il rencontre Némésis, une étrange femme qui lui propose une mission : se rendre dans un monde parallèle afin de créer un autre futur. Il part donc en 1976, dernière année de ses parents à Poudlard, sous le nom de Terry Star.

Chapitre précédent : Harry arrive dans l'autre monde et après une discussion avec un Dumbledore surpris par son jeune âge se rend au Chaudron Baveur. Au Chemin de Traverse, Harry rencontre James et Sirius et remarque que l'atmosphère est très tendue à cause de Voldemort. Alors qu'il est interrogé par un auror, le bracelet de Harry lui permet de préserver sa fausse identité. Pour son anniversaire, le garçon à la surprise de voir que l'œuf offert par Némésis éclore pour donner naissance à un jeune phénix.

Chapitre 4 : Rentrée

Harry regarda le Poudlard Express avec une expression indéchiffrable. Tout cela lui semblait tellement habituel et en même temps si différent de l'ordinaire. Cette année, Hermione ne l'incendierait pas parce qu'il n'avait pas d'emploi du temps règlementant l'usage de chaque minute de la journée, Ron ne râlerait pas contre elle, Rogue et les Serpentards, Ginny n'embêterait pas son frère, Neville ne ferait pas de gaffes et Luna ne prendrait pas son air rêveur en citant le Chicaneur. Tout serait indubitablement différent.

Mais en même temps, il ne pouvait pas s'empêcher de penser que même s'il était resté chez lui, rien n'aurait pu être pareil de toute façon. Dumbledore était mort. Il ferma les yeux pour réprimer un frisson. Il secoua la tête. Ce n'était pas le moment de penser à cela. Depuis son arrivée dans ce monde, il parvenait à mieux dormir. Même si ce n'était pas formidable, il n'était plus constamment fatigué par le manque de sommeil. A un moment, il avait bien cru qu'il allait finir par ressembler à Lupin.

Il sentit un poids soudain sur son épaule. Hélios venait de se poser et lisait tranquillement les plumes de ses ailes.

- Je ne t'avais pas dit de rester tranquille pour éviter de me faire remarquer ? demanda-t-il au phénix avec un regard entendu.

L'animal avait atteint en un mois la taille d'un corbeau. Ses plumes, plus brillantes que jamais, provoquaient une cascade de couleurs chaudes et ses yeux mordorés brillaient d'intelligence. Il regarda le Survivant avec un air signifiant clairement « je suis trop beau pour me cacher » et reprit paisiblement son lisage. Le jeune homme jugea que l'animal était tout sauf modeste, mais ne dit rien, se contentant de secouer la tête avec un petit sourire sur les lèvres.

Il eut aussitôt la preuve – s'il y en avait besoin – que se balader avec un phénix sur l'épaule ne permettait pas de passer inaperçu. Il jura mentalement contre cet oiseau têtu qui lui faisait perdre tout anonymat.

Il monta rapidement dans le train et s'engouffra avec soulagement dans un compartiment libre.

- Tu es fier de toi ? Maintenant tout le monde m'a remarqué ! siffla Harry.

Le phénix ne sembla pas s'émouvoir de la colère de son compagnon et se contenta de pencher la tête d'un air détaché.

- Oiseau de malheur ! grinça le Survivant.

Grand mal lui en prit car avec une vivacité insoupçonnée, le susnommé lui bondit dessus et lui tira l'oreille.

- Aïe, aïe, aïe… Hélios ! C'est bon, c'est bon je m'excuse !

L'animal le lâcha et s'envola vers la seconde banquette. Là, il tourna un regard satisfait vers le sorcier qui massait son oreille rougie et ébouriffa joyeusement ses plumes. Il mit quelques minutes à s'installer confortablement, après quoi il occupait à lui tout seul la place de deux personnes. Sans le formuler, son compagnon se demanda comment il avait pu être heureux d'avoir un phénix. Cet oiseau était un vrai dictateur.

Le train était parti depuis un moment. Harry et Hélios avaient, dans un accord tacite, décidés de s'ignorer mutuellement lorsque un boucan surprenant attira l'attention du jeune homme. Il remarqua un grand nombre d'ombres devant sa porte, comme si un attroupement de personnes s'y trouvait. Le Survivant allait se lever pour aller voir lorsque la porte s'ouvrit, dévoilant James et Sirius.

- Oh ! Salut Terry ! s'exclama le second. C'est toi le nouveau ?

- Aux dernières nouvelles, sourit l'intéressé. Mais je ne suis pas le seul. Pourquoi ?

Il remarqua alors que tous les regards étaient rivés sur son compagnon à plumes qui faisait celui qui n'avait rien remarquer mais qui rougissait d'orgueil. Le jeune homme eut un soupir désolé. Derrière les deux Maraudeurs se trouvait un certain nombre de personnes. Harry reconnut sans mal Remus à son air fatigué et Peter, à coté du lycan. Les autres demeuraient invisibles.

- Alors c'est vrai, tu as un phénix, souffla James.

Hélios afficha un air choqué et le Survivant un sourire désabusé. Personne ne sembla s'en rendre compte.

- Comment il s'appelle ? demanda une petite voix.

Une fillette regardait l'oiseau avec un air fasciné qui fit sourire Harry.

- Hélios, répondit-il.

- Je peux le toucher ? s'enquit la gamine.

- Demande lui, moi je ne lui adresse plus la parole !

La réplique sembla ébranler tout le monde : elle était plus qu'inattendue. Le phénix lança un regard mauvais au sorcier qui ne s'en ému pas le moins du monde.

- Pourquoi ? interrogea James, assez ahuri.

- Parce que c'est un vrai danger public ! affirma Harry.

Cela ne sembla pas plaire à Hélios qui tenta d'attaquer à nouveau son ami pour lui passer l'envie de dire de pareilles choses. Mais le Survivant fut plus rapide que lui et l'oiseau se retrouva devant la baguette du jeune homme.

- Tu ne m'auras pas de fois de la même façon, annonça-t-il avec satisfaction.

Le phénix prit un air offensé et s'envola sur l'épaule de la fillette en se faisant doux comme un agneau.

- Quel faiseur de cinéma ! s'exclama le garçon de l'autre monde.

- Qu'il est beau, souffla quelqu'un.

Comme s'il n'était pas suffisamment orgueilleux comme ça, gémit intérieurement Harry. Il sentit alors un regard posé sur lui. Il se tourna légèrement et croisa les yeux de James. Il put y lire une certaine admiration mais également de la méfiance. Il comprenait, dans les circonstances qui étaient celles de cette époque, toute chose sortant de l'ordinaire était suspecte. Et un élève avec un phénix, c'était loin d'être banal.

- Je trouve qu'il ressemble au faucon de chasse qu'avait eu Hagrid, tu ne trouves pas James ?

Au moment où Harry entendit la réplique, il vit venir la catastrophe. Hélios s'était vivement tourné vers Sirius. Le Survivant le leva au moment où son compagnon à plumes saisissait l'oreille du Maraudeur. Celui-ci cria, autant de surprise que de douleur. Son supplice ne dura pas longtemps. La baguette du surnommé Terry s'abattit sur la tête de l'oiseau qui lâcha sa proie. Sans attendre, l'Elu attrapa le phénix par les pattes et le tint, tête en bas.

- Désolé, il est assez susceptible, s'excusa Harry devant un Sirius ahuri.

Hélios ne semblait pas apprécier être tenu comme une volaille d'abattoir et battait des ailes avec force mais sans réussir à se libérer.

- Toi, gronda le Survivant en se tournant vers lui, tu devrais te faire tout petit ! Quel mal élevé tu es ! Attaquer les gens comme ça !

Le phénix lança un regard en biais vers Sirius, signifiant clairement « c'est de sa faute ». À coté, James tentait tant bien que mal - plutôt mal, d'ailleurs - de contenir son hilarité.

- Ça te fait rire ? s'offusqua son meilleur ami.

Le poursuiveur pouffa.

- Ça t'apprendra à comparer un phénix et un faucon ! répliqua-t-il en éclatant de rire. T'aurais vu ta tête !

- Cet oiseau est un véritable danger public, faut lui mettre une muselière ! protesta Sirius.

Hélios sembla outré mais Harry ricana.

- Tu vois, je suis pas le seul à le dire. Alors à partir de maintenant, soit tu te tiens à carreau soit je te fais faire un muselière ! annonça-t-il.

Le phénix battit des ailes avec plus de force, montrant clairement son désaccord.

- Vous êtes un drôle de couple tous les deux, observa d'un air rêveur Remus.

Surpris par cette phrase le Survivant croisa le regard du lycan. Il sentait qu'il y avait quelque chose de caché dans ces paroles, mais ce ne fut apparemment pas le cas de Sirius.

- C'est l'oiseau qu'est dangereux ! Pourquoi tu l'as pas mis en cage ? demanda-t-il.

- T'as déjà essayé de mettre un phénix en cage ? répliqua simplement Harry avec amusement.

Son futur parrain regarda la bête en chien de faïence. Hélios ne s'était apparemment pas fait un ami. Il fallait dire que le caractère de l'oiseau n'était pas facile, d'où ses fréquentes disputes avec le Survivant. Celui-ci s'était demandé si c'était propre à son compagnon ou si tous les êtres de son monde étaient ainsi. Après tout, Némésis n'était pas non plus des plus accommodantes. Harry se promit d'éviter autant que possible l'univers natal de la jeune femme aux cheveux blancs.

Pendant ce temps, les curieux avaient fini par se disperser, le laissant tranquille. Il savait cependant que son animal de compagnie peu commun les attirerait à nouveau. Il finit par lâcher un Hélios hors de lui et se laissa tomber sur sa banquette. Le phénix le regarda en penchant la tête, comme semblant chercher à comprendre ce qui n'allait pas. Il semblait avoir oublier sa colère.

- Tu crois que tout va bien se passer ? souffla le Survivant.

L'oiseau s'approcha de son compagnon pour se lover sur ses genoux. Il émit quelques douces notes qui réchauffèrent le cœur du jeune homme. Celui-ci sourit. Hélios était assez inconstant. Très susceptible, il n'en était pas moins un appui fantastique. Restait à réussir à composer avec son mauvais caractère.

La porte s'ouvrit à nouveau et une jeune fille entra. Harry sursauta en la reconnaissant. Elle lui sourit.

- Bonjour, je suis Lily Evans. C'est moi qui suis la Préfète-en-Chef cette année. Tu es Terry Star, c'est bien ça ?

L'interrogé approuva de la tête alors que la nouvelle venue s'approchait de lui.

- Et voici la terreur de Black. Un oiseau charmant, dit-elle en caressant Hélios qui sembla beaucoup apprécier.

- Et avec un sale caractère, compléta le Survivant en évitant agilement un coup de bec de son ami.

Lily eut un rire chantant.

- Il est vraiment superbe. J'avais entendu dire beaucoup de chose sur les phénix mais je n'en avais jamais vu… Il parait que Dumbledore en a un aussi.

- C'est ce qu'on m'a dit, répondit Harry. Mais je ne pense pas qu'il soit aussi caractériel qu'Hélios.

- Il a pourtant l'air assez calme, observa la jeune fille.

- Maintenant oui, mais c'est parce qu'il sait que je redoute un peu l'arrivée à l'école. Et même s'il n'en fait qu'à sa tête, c'est un bon camarade.

- Tu es américain, c'est ça ? Pourquoi viens-tu à Poudlard ? demanda-t-elle. Si ce n'est pas indiscret bien sûr… se reprit-elle aussitôt.

- J'étais aux Etats-Unis jusqu'à maintenant mais ma famille a été tuée. Alors comme le voulait ma mère j'ai été placé à Poudlard pour être sous la protection du professeur Dumbledore.

- Je suis désolée.

- Tu n'y es pour rien.

Un silence gêné s'imposa entre les deux jeunes gens. Il fut brisé par le chant d'Hélios. Harry ferma les yeux pour s'imprégner de cette musique magique. Elle était douce et apaisante, comme d'ordinaire et semblait pouvoir faire disparaître tous les problèmes. Lorsqu'elle se stoppa et qu'il rouvrit les paupières, il vit devant lui une Lily bouleversée.

- Je… je n'avais jamais rien entendu de pareil… je… C'est fantastique. Et encore, le mot est faible.

- Le chant des phénix est très spécial, admit le Survivant.

- Tu as vraiment un animal formidable, souffla la Préfète-en-Chef.

Hélios s'envola des genoux du jeune homme pour se poser sur l'épaule de Lily. Il frotta gentiment sa tête contre la joue de la sorcière qui ne semblait pas oser bouger.

- Il t'aime bien, observa simplement Harry. Si tu as un problème, appelle le, je pense qu'il viendra t'aider.

Elle leva un regard plein de reconnaissance vers le susnommé. Il sourit.

- Remercie le à lui, pas à moi.

Elle approuva maladroitement de la tête.

- Je dois y aller, nous allons arriver, fit-elle. Tu devrais mettre ton uniforme.

Elle sortit après une caresse à Hélios. Celui-ci se tourna vers son ami et lui signifia du regard qu'il aimait beaucoup sa future mère. Car Harry était sûr que le phénix savait de quoi il retournait. En souriant, il se changea, enfilant un uniforme sans blason. Il soupira en se souvenant de son entrevue avec Dumbledore quelques jours plus tôt. Celui-ci avait insisté pour que le jeune homme soit réparti après les premières années, devant tout le monde. Il s'en serait bien passé.

Soupirant, il descendit du train et chercha Hagrid du regard. Celui-ci ne fut pas difficile à trouver. Hélios perché sur l'épaule, le Survivant se dirigea vers le demi-géant d'un pas traînant. Ce dernier sembla avoir les yeux qui sortirent des orbites en voyant le phénix. Harry lui sourit gentiment avant de lui emboîter le pas.

Pour la seconde fois de sa vie, il fit la traversée en barque et rien ne fut différent de la première fois, sauf peut-être l'émerveillement moins important. De nouveau, le professeur McGonagall accueillit les élèves, expliquant les modalités de la répartition. Rien de bien original en somme. Harry se tourna vers Hélios.

- Tiens toi tranquille d'accord, demanda-t-il à mi-voix.

Mais l'oiseau ne semblait pas l'entendre ainsi. A peine les portes furent-elles ouvertes qu'il s'envola dans la Grande Salle et se posa fièrement sur le pupitre de Dumbledore. Celui-ci sourit, connaissant l'animal au caractère impossible, alors que Harry désirait ardemment disparaître sous terre. Le directeur commença son sempiternel discours que son assistant imprévu conclut par un doux tremolo. De son coté, l'Ami des Phénix était dans un état proche du désespoir.

Il n'écouta pas les premières années être répartis, préférant étendre son esprit autour de lui afin de voir si son faible entraînement de legimens de l'été avait été utile. Les sentiments qu'il capta étaient trop confus pour en tirer quoi que ce soit, aussi abandonna-t-il bien vite.

- Star, Terry ! appela alors McGonagall.

Le susnommé s'avança en songeant qu'il aurait tout donner pour être ailleurs.

« Bonjour Monsieur Potter, » fit le Choixpeau. « Je vous attendais. »

- Comment ?

« J'ai eu une discussion avec Némésis préalable à votre répartition et votre future maison a été décidée. »

- Minute, je suis à Gryffondor,. Il n'y a aucune discussion à avoir là-dessus.

Harry était de plus en plus inquiet. Connaissant la jeune femme, il s'attendait au pire.

« C'est un fait reconnu, mais pour le bien de votre mission nous avons convenu que vous seriez mieux à… SERPENTARD ! » cria-t-il

Le Survivant serait certainement tombé de son siège s'il n'avait pas connu suffisamment Némésis pour se douter, à partir du moment où son nom était apparu dans la conversation, qu'il y avait anguille sous roche. Ayant conscience qu'il n'y avait plus rien à faire et que vociférer insultes (même si cela aurait été très agréable) n'aurait été d'aucune utilité, il prit sa plus belle face inexpressive (de quoi faire pâlir Rogue de jalousie – il y avait travaillé pendant tout le mois) et se dirigea vers la table des verts et argents en jurant mentalement qu'il aurait la peau de la femme aux cheveux blancs.

Il ne se mêla pas aux Serpentards ce soir-là, préférant demeurer à l'écart. Il sentit plusieurs fois le regard surpris de Dumbledore sur lui et ne desserra pas les dents, rêvant de tortures à faire subir au Choixpeau lorsqu'il lui mettrait la main dessus. Pour la première fois depuis le début de sa scolarité, Harry ne profita pas du banquet et demeura morose.


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À la table des Gryffondors les Maraudeurs regardaient le nouveau avec circonspection. Si quelques heures plus tôt on leur avait demandé la future maison du jeune homme, ils n'auraient jamais pensé à Serpentard. D'ailleurs, Terry ne semblait pas ravi de la nouvelle. Il était apparemment divisé entre la colère et l'abattement, avait jugé Remus.

- Tu crois que c'est un Mangemort ? demanda Peter en se tournant vers James.

- C'est impossible, statua ce dernier. Un Mangemort avec un phénix, c'est du jamais vu.

- Je suis d'accord, intervint le lycan. Star n'est pas une aura d'encagoulé, mais il y a quelque chose chez lui qui est étrange…

- Il est dangereux d'après toi ? s'enquit Sirius. Parce que je trouve qu'il a l'air très sympa.

- Je ne ressens pas de danger lorsque je le vois, mais le loup s'agite. Ceci dit, je n'ai jamais été assez proche de lui pour savoir.

- Il est quand même étrange, observa James. Il arrive en dernière année, avec un phénix, Remus le trouve bizarre et il est à Serpentard. C'est suffisant pour qu'on le garde à l'œil.

Ses trois camarades opinèrent du chef avant que Sirius ne reprenne la parole.

- Maintenant, annonça-t-il, place à notre salutation de cette nouvelle année qui commence !

- Ça ne veut absolument rien dire comme phrase, se permit de signaler son meilleur ami.

- C'est vrai, approuva le loup-garou. De plus, je te rappelle que James est Préfet-en-Chef, il doit montrer l'exemple.

- Oh ! Lunard ! gémit l'animagus chien avec des yeux de cocker battu. Ne me dit pas qu'on va devoir être sages toute l'année, c'est de la torture ! Surtout maintenant que nous avons enfin terminés la Carte !

Le lycanthrope soupira en afficha un faux air désolé alors que son compagnon laissait entrevoir un sourire sadique.

- J'ai tout prévu, annonça-t-il.

- Je crains le pire, gémit Peter.

Il n'était pas le seul, mais les deux autres ne le dirent pas, attendant la suite des évènements. Elle ne fut pas longue à arriver. Soudainement Rogue se retrouva habillé en courtisane du roi soleil, les cerceaux de sa jupe se relevèrent et il manqua se faire assommer alors qu'à coté de lui, Wilkes lisait sa fine moustache de garde du cardinal. Un bruits monstrueux se fit entendre de la table de Poufsouffle : un garçon qui s'était retrouvé en armure de chevalier avait plié sous le poids de cet accoutrement et s'était lamentablement étalé sur le sol. L'instant d'après, tout le monde s'était retrouvé déguisé en personnages d'époques.

James et ses trois acolytes s'étaient changés en mousquetaires, Frank semblait prêt à danser le french cancan, Dorcas, changée en Lady Godiva n'avait dû de ne pas dévoiler son anatomie à tous qu'à un bon réflexe de son voisin qui l'avait recouvert de sa cape, lui-même étant un prince moyenâgeux non identifié. Lily semblait hors d'elle, vêtue comme si elle sortait de la Grèce antique, elle était très séduisante et ça n'échappa pas à son soupirant qui lui offrit un sourire charmeur qui la mit encore plus en colère.


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De loin, Harry observait le manège de ses parents avec un petit sourire en coin. Les voir ainsi, heureux et insouciants lui mettait du baume au cœur. Lui-même n'avait subi aucun changement, il se doutait que c'était grâce au bracelet de Némésis. Celui-ci semblait avoir de multiples fonctions… Mais cela risquait de le desservir rapidement en l'état actuel des choses. Il sentit sur lui un regard et croisa les yeux de Dumbledore, habillé tel Merlin, en se retournant. Le Survivant lui offrit un sourire avant de pointer sa propre baguette sur son torse. Une petite formule de métamorphose et Harry devint immédiatement un mage égyptien (merci à Ron de lui avoir rabâché les oreilles à ce sujet durant une grande partie de leur troisième année).

Dans la grande salle, toutes les époques étaient représentées, des hommes des cavernes (Regulus avait écopé du rôle) à des costumes futuristes (une élève de Serdaigle semblait tout droit sortie d'un film de science-fiction). L'ensemble était assez comique, chacun s'amusant de son nouveau style vestimentaire – enfin, certains plus que d'autres, Rogue n'arrivant pas à s'asseoir convenablement et Dorcas étant rouge de honte.

Pendant que James faisait un baisemain à Lily, évitant avec savoir-faire une gifle lui étant destinée, Hélios s'était posé sur l'épaule de Harry. Le phénix regardait la salle d'un air critique.

- Que se passe-t-il ? s'enquit le Survivant.

L'animal se tourna vers lui et le jeune homme put voir une lueur dans les yeux mordorés de son compagnon.

- Qu'est-ce que tu mijotes ? s'inquiéta-t-il.

Mais contrairement à ses inquiétudes, le phénix ne fit rien de répréhensible et se contenta de laisser échapper quelques notes : Harry aurait juré qu'il s'agissait d'un rire. Finalement, grâce à l'intervention des quatre farceurs, la fin de soirée du nouveau venu fut bien moins triste qu'elle ne s'annonçait.

Le Survivant fut ensuite conduit par les préfets de sa nouvelle maison dans les dortoirs de celle-ci. Le jeune homme les jugea pour lui-même tout à fait dépriment et manqua pousser un cri de désespoir quand il réalisa qu'il allait dormir dans le même dortoir que la brochette de Mangemorts puissance que constituaient ses condisciples.

- Je suis maudit, gémit-il pour Hélios.

Il s'attendait à recevoir un interrogatoire dans les règles, aussi fut-il surpris d'être complètement ignoré par ses camarades de chambre. Il n'en fut toutefois absolument pas attristé et se coucha rapidement. Il ne trouva cependant pas le sommeil, ce qui ne l'étonna pas. Lorsqu'il fut sûr que tout le monde autour de lui dormait profondément, il se leva pas de loup, jeta un sort à son lit afin que personne ne puisse voir qu'il ne s'y trouvait pas et prit note mentalement de remercier les jumeaux – ils étaient les auteurs dudit sort qu'ils auraient pu publier dans un ouvrage intitulé « Comment échapper à Molly Weasley en dix leçons ».

A l'aide de sa Carte du Maraudeur, Harry n'eut aucun mal à rallier sans problème le bureau directorial.

- Monsieur Star ! s'exclama le propriétaire des lieux en le voyant entrer, je vous attendais. Je dois dire que j'ai été surpris par votre répartition.

- Et moi donc, s'exclama le susnommé. Je ne savais pas que le Choixpeau et Némésis complotaient contre moi ! M'envoyer à Serpentard ! C'est un comble !

Le regard de Dumbledore se fit pétillant.

- C'était un coup monté ! poursuivait l'Elu, agacé. Je vous jure que lorsque je trouve cette fille, je l'étripe !

- Allons, ne dites pas des choses pareilles, tempéra le directeur.

- Pourtant, je les pense, soupira son interlocuteur. Comment vais-je m'en sortir maintenant ?

- Je vous pense plein de ressources, Monsieur Star, de plus, peut-être vous sera-t-il plus facile d'aider les Serpentards en étant directement auprès d'eux.

Le Survivant grommela quelque chose d'inintelligible montrant parfaitement qu'il n'était pas convaincu, mais le sourire flottant sur les lèvres du vieil homme lui fit reprendre confiance. Ce n'était pas pour autant qu'il serait heureux ou même satisfait d'être chez les verts et argents, mais maintenant qu'il s'était fait avoir, autant tirer partit de la situation.

- Je vais tuer Némésis, réaffirma-t-il tout de même avant de quitter le bureau.

Il rejoint les dortoirs de Serpentard et s'endormit rapidement. Ses songes furent aussi agités qu'à l'accoutumée, tant et si bien qu'il était sur le pied de guerre à six heures du matin.

Il fut un des premiers à rejoindre la Grande Salle où il trouva Hélios en train de faire du charme à une jolie Serdaigle encore à moitié endormie. Il secoua la tête, désolé. Cet animal était définitivement irrécupérable. Il allait s'asseoir lorsqu'il réalisa brusquement être devant la table de Gryffondor. Les vieilles habitudes ont la vie dure, pensa-t-il en bifurquant vers celle de sa nouvelle maison.

Il mastiquait avec automatisme un morceau de bacon, lorsqu'il vit le directeur entrer dans la salle. Les têtes des quelques élèves suffisamment matinaux pour être là se levèrent pour saluer le vieil homme qui répondit d'un sourire et d'un regard pétillant plus qu'à l'accoutumée. Il s'approcha de Harry, traînant avec lui une atmosphère de bonne humeur qui sera le cœur du jeune homme. Plus jamais il ne pourrait voir son Dumbledore lui sourire avec cette malice, lui proposer une sucrerie à un moment incongru ou s'exclamer des paroles dépourvues du moindre sens qui lui donnait l'air d'être fou. Le Survivant en était à un point où il aurait même accepter les manipulations agaçantes du vieux mage si cela avait le ramener. Mais ici, tout était différent : c'était lui, Harry Potter, ou plutôt Terry Star (il fallait qu'il s'habitue à ce nom), qui avait toutes les cartes en main et en quelque sorte, c'était à lui de veiller sur ce grand sorcier comme celui-ci l'avait fait pour lui.

- Monsieur Star, dit-il dans un sourire, votre cousin vient d'arriver. Il vous attend dans mon bureau, le mot de passe est Chantilly, je dois dire que j'aime beaucoup ça !

Le jeune homme sourit devant l'excentricité du directeur, avala rapidement la fin de son verre de jus de citrouille et se rendit d'un pas rapide dans le bureau directorial. Il se demandait bien qui Némésis avait pu envoyer et il devait bien admettre craindre le pire – Merlin seul savait ce qui pouvait passer dans la tête de cette femme !

Prononçant le mot de passe d'une voix absente, Harry demeura dans ses pensées jusqu'à son entrée dans le bureau. La personne qui se trouvait là se tourna vers lui. Ses yeux s'agrandirent de stupeur.

- Potter !

Le susnommé n'eut pas à chercher plus longtemps qui était son « cousin ». Il n'y avait qu'une seule personne qui prononçait son nom de cette manière. Il eut un soupir, Némésis voulait définitivement sa mort. D'abord Serpentard et maintenant ça

- Ici c'est Star, Malefoy ! répliqua-t-il, acerbe.

L'autre le foudroya du regard.

- Que fais-tu ici ? renchérit-il.

L'échange était tout sauf cordial. Ils se défiaient méchamment des yeux, comme si chacun des deux attendait un faux pas de l'autre pour attaquer.

- Némésis, ça te dit quelque chose ? fit Harry, ironique.

- Ne me dit pas que tu es mon cousin.

Le Survivant se demanda un instant comme son ennemi de toujours pouvait mettre autant de dégoût dans un mot aussi banal.

- Qui veux-tu que ce soit ? T'en vois beaucoup d'autres des gens venus d'autres dimensions ?

Malefoy se tendit, comme s'il était sur le point d'être attaqué. Dans un coin de sa tête, Harry nota qu'il semblait étrangement sur la défensive. Non pas que ce ne soit pas habituel lorsqu'ils « parlaient » tous les deux, mais là, c'était différent…

- C'est plutôt à moi de te demander ce que tu viens faire ici, reprit l'ex-Gryffondor. Comme tu n'as pas réussi à tuer Dumbledore chez nous tu viens essayer ici ?

À peine avait-il dit cela que Harry sentit qu'il avait fait une erreur sans vraiment comprendre d'où lui venait cette impression, ou plutôt cette certitude. Le visage transformé de Malefoy se renfrogna immédiatement et il sembla encore plus sur la défensive. Le Survivant n'aurait pas cru que ce soit possible.

- La ferme, Potter, grinça-t-il entre ses dents.

Le susnommé fronça les sourcils. La voix de son adversaire n'était pas aussi menaçante qu'à l'ordinaire. Il y avait dedans comme un trace de… supplique ? Harry secoua la tête. C'était impossible ! Son esprit lui jouait des tours, voilà tout ! Il avait toujours su qu'être à Serpentard était foncièrement nocif pour la cervelle.

Pourtant… pourtant…

Il ferma les yeux quelques instants, reprenant son souffle et son calme.

- Bon, j'imagine que de toute façon nous n'avons pas le choix, capitula-t-il bon gré mal gré. Donc comme Némésis semble tirer les ficelles, le plus simple est de jouer le jeu pour le moment. Comme nous sommes sensés être cousin, sache qu'ici je m'appelle Terry Jomaeph Star.

Malefoy leva les yeux vers lui. Son regard interloqua le nouveau Serpentard. Depuis quand était-il si torturé ?

- Sylciu Aumao Celford, grommela-t-il, d'après Némésis nos mères étaient sœurs. Nous sommes les seuls survivants d'un incendie qui a éclaté dans la propriété familiale. Pour le moment la cause du feu est inconnue…

Il s'arrêta là, Dumbledore venait d'entrer. Il sembla surpris de voir les deux cousins se tenir bien loin l'un de l'autre mais ne dit rien à ce sujet.

- Monsieur Celford, annonça-t-il, veuillez me suivre. Nous allons vous répartir ce matin dans une des quatre maisons.

Le susnommé sursauta et se tourna vers Harry, surpris. Il sembla alors réaliser que le Survivant était vêtu en vert et argent.

- C'est quoi cette histoire ? grinça-t-il.

- La répartition revue et corrigée par Némésis, répondit simplement son condisciple avant de tourner les talons.

Il rejoint d'une démarche automatique la table des Serpentards. Son moral – qui n'était déjà pas très haut ce matin-là – était à présent au plus bas. Comme si la mission confiée par Némésis n'était pas suffisamment difficile sans qu'il doive en plus surveiller Malefoy ! Il poussa un soupir à fendre l'âme en s'installant dans un coin vide de la table des serpents. Il n'était vraiment plus sûr du tout que venir ici ait été une bonne idée…


¤ 31 juillet 2007 ¤

Et voilà, l'équipier de Harry est enfin apparu. D'ailleurs le prochain chapitre lui sera dédié. Je suis désolée pour ceux qui ne voulaient pas que ce soit Malefoy. Je l'aime bien ce personnage !

Pour ceux qui trouvaient que la présence d'un phénix était banale, j'espère que vous avez été satisfaits, Hélios est loin d'être un oiseau de feu conventionnel.

Ensuite, quand à savoir si dans cette fic Harry va être surpuissant, je n'irais pas jusque là, mais oui, il sera puissant. Ce n'est toutefois pas pour tout de suite. Concernant l'explication de Némésis sur le problème, elle n'a pas ce sens là. Mais je vais pas tout vous dire maintenant quant même sinon plus besoin d'écrire la fic !

En attendant, laissez moi des reviews, elles me donnent envie de continuer à écrire ! Merci à tous.

Eterna