Les Maîtres des Dimensions

Résumé général : Alors que Harry déprime après la mort de Dumbledore, il rencontre Némésis, une étrange femme qui lui propose une mission : se rendre dans un monde parallèle afin de créer un autre futur. Il part donc en 1976, dernière année de ses parents à Poudlard, sous le nom de Terry Star, accompagné d'Hélios son phénix mais également de Drago avec le nom de Sylciu Celford.

Chapitre précédent : Dans le monde d'origine des deux voyageurs dimensionnels, Drago est torturé par Voldemort. Il a de fortes chances de finir rapidement sa vie lorsque Némésis lui propose de venir en aide à Harry, sans préciser que c'est lui. Drago se rend donc dans l'autre monde sous le nom de Sylciu Celford. Il arrive en retard pour la répartition et découvre que son coéquipier est Harry Potter. Et puis, comble de l'horreur, il se retrouve à Gryffondor.

Chapitre 6 : Familles

Harry avait décidé de laisser le problème Malefoy là où il était pour le moment - c'est à dire chez les Gryffondor. De toute façon les Maraudeurs semblaient l'avoir fait venir près d'eux, donc si l'ancien Serpentard décidait de faire quelque chose ils s'en rendraient compte.

Il observa autour de lui les membres de sa nouvelle maison avec attention. Le groupe des septièmes années était presque entièrement composé de Mangemorts en puissance. Le regard de Harry se posa sur Rogue. Il se tendit. Il n'arrivait pas à accepter la présence du futur professeur. Il le revoyait sans cesse, la baguette à la main, lança le dernier sort que Dumbledore ne verrait jamais. Il détourna les yeux vers une autre partie de la table. Son regard tomba sur un garçon ressemblant de façon frappante à Sirius. Son petit frère sans aucun doute. Regulus, c'était son nom d'après ce dont Harry se souvenait. Il était mort avant la « disparition » de Voldemort en voulant quitter le corps des Mangemorts… Assassiné.

Le Survivant soupira profondément. Il allait commencer par essayer de réconcilier les deux frères. Peut-être était-ce une folie. Certainement était-ce une folie. Il n'y arriverait certainement pas. Il se demanda un instant si Regulus était R.A.B. C'était possible, il ne connaissait pas son second prénom. Il fronça brusquement les sourcils. Ici peu importait qui était R.A.B ! Il y avait toutes les chances que le véritable médaillon se trouve dans la grotte.

Réalisant cela, le jeune homme sursauta : il n'aurait donc pas de mal à le détruire. Sa joie retomba toutefois rapidement. Il ne pouvait pas quitter Poudlard pour le moment - c'était trop tôt. Alors mieux valait qu'il se concentre sur les élèves. Son regard retomba sur Rogue.

Il avala rapidement son petit-déjeuner et sortit de la grande salle. Il rejoint rapidement le parc. Il marcha sans but jusqu'à arriver jusqu'au lac. Il jeta un caillou qui fit quelques ricochés avant de disparaître dans l'eau sombre de l'étendue d'eau. Il soupira profondément. À chaque fois qu'il regardait le futur maître des potions, son futur lui revenait à l'esprit, la baguette tendue, lançant l'avada kedavra sur Dumbledore. Harry ferma les yeux et porta une main tremblante à son visage. Il se sentait mal…

Il se retourna vers le château, comme pour se rassurer. Ici Dumbledore allait bien. Il était tout ce qu'il y avait de plus vivant. Et le Survivant voulait qu'il le reste. Lui, ses parents, Sirius et tous les autres. Il se laissa tomber sur le sol. Pour cela il devait aider Rogue. Éviter qu'il devienne un Mangemort et peut-être parviendrait-il à saisir ce que le directeur avait entrevu dans le Serpentard pour lui donner sa confiance. Il allait devoir prendre sur lui, mettre de coté ses rancunes…

-Je n'y arriverais pas, murmura-t-il pour lui-même.

Il sentit un poids sur son épaule. Hélios venait de le rejoindre. Le phénix le regarda de ses beaux yeux mordorés et se frotta gentiment à sa joue, comme pour lui remonter le moral. Harry eut un petit sourire.

-Il vaut mieux que j'y aille, sinon je serais en retard à mon premier cours !

Joignant le geste à la parole et laissant derrière lui ses sombres pensées, il rejoint la salle de métamorphose en un temps record. Arrivé à l'avance, il pu même choisir sa place, au fond de la classe, près de la fenêtre.

Il observa silencieusement ses camarades. Le cours était dispensé en commun à la totalité les septièmes années ayant choisit l'option, toutes maisons confondues. Ainsi les Maraudeurs, Lily, Frank et Malefoy représentaient les Gryffondors. Le Survivant avait du mal à admettre que son ennemi de toujours soit dans la maison des lions mais il décida de ne pas y penser.

Coté Serdaigle, ils étaient quatre. Trois garçons et une fille. Des inconnus. Il n'y avait qu'un Poufsouffle, une fille. Et enfin, les Serpentards étaient quatre, Harry inclus.

Bref, une classe de vingt et un élèves.

L'enseignante entra d'un pas ferme et se tourna vers son auditoire.

-Bonjour à tous et bienvenu pour votre septième et dernière année dans cette école. A la fin de l'année, vous passerez vos ASPIC aussi je vous conseille vivement de ne pas vous reposer sur vos lauriers ! Vos résultats en ASPIC seront votre porte d'entrée vers le monde professionnel et vous permettrons de choisir votre voie future, aussi j'attends la plus grande assiduité de votre part.

L'Élu cessa d'écouter. Un petit sourire flottait sur ses lèvres. Finalement, quel que soit la dimension ou l'espace temporel dans lequel il se trouvait, McGonagall restait McGonagall. C'était rassurant en quelque sorte…


ooo

James ne prêta pas d'attention aux explications de sa directrice de maison. Il avait déjà eu droit à ce sermon par son père et sa mère. Cela suffisait, il avait compris. Il décida donc de mettre ce moment à profit pour commencer son investigation sur les deux nouveaux.

Star regardait l'enseignante avec un air amusé mais ne semblait pas vraiment écouter. Ses yeux étaient lointains et pleins de tristesse. Chaque geste de ce garçon respirait la mélancolie. Il ne semblait pas chercher à s'intégrer dans sa nouvelle maison, mais bon, il n'était à Poudlard que depuis la veille, alors c'était peut-être normal.

Paradoxalement, Celford n'avait pas du tout le même comportement que son serpentardesque cousin. Il semblait être constamment sur le qui-vive là où Star se permettait sans mal d'être rêveur ou perdu dans ses pensées. On aurait dit que le nouveau Gryffondor craignait être attaqué à tout instant. C'était une conduite étrange.

Celford avait dit que leur famille avait disparue dans un incendie, alors pourquoi agissait-il comme quelqu'un qui s'était fait attaquer ? Et puis les États-Unis n'avaient pas de mage noir sévissant actuellement. Certains prétendaient que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom allait agir outre-atlantique, mais James n'y croyait pas vraiment…

Cela dit, d'après les dires de son père, les Star étaient une famille s'étant par le passé opposé farouchement à Grindelwald mais que l'on disait disparue. Il était possible que Celui-Qu'on-Ne-Nomme-Pas les aient retrouver… Mais alors pourquoi venir en Angleterre où le mage noir avait le plus de pouvoir ? Pour être sous la protection de Dumbledore ? Ce n'était pas improbable mais pas non plus évident…

Restait à ajouter dans cette équation, Hélios le phénix. James avait toujours appris que ces oiseaux étaient des créatures bénéfiques, il avait donc bien du mal à imaginer Star comme un espion Mangemort, tout Serpentard qu'il soit.

Et Celford ? Il semblait être complètement pommé, mais pas méchant. C'était ce qu'en pensait le Préfet-en-Chef. Il faudrait qu'il en parle avec ses amis.

Le cours passa rapidement et les Maraudeurs se retrouvèrent sur le chemin de la salle de potion.

-Qu'est-ce que vous pensez des nouveaux ? demanda Remus à voix basse.

James sourit. Son ami avait donc pensé la même chose que lui.

-Ils ont l'air plutôt sympas mais ils sont pas nets, objecta Sirius.

Conclusion typiquement siriusienne. Le Préfet-en-Chef rit doucement.

-Je ne sais pas qui ils sont et s'ils sont vraiment ceux qu'ils disent, observa-t-il, mais je suis sûr d'une chose, c'est qu'ils en ont vu beaucoup. Ça se voit dans le regard. C'est le même que celui des Aurors ayant vu des combats contre les mages noirs, c'est assez déroutant…

Ses amis le regardèrent avec intérêt, cherchant des réponses.

-Tu penses que ce sont des Mangemorts ? s'enquit Peter en frissonnant.

-Je ne sais pas, admit James. Mais il y a le phénix. Je ne crois pas qu'un phénix puisse être avec un adepte de magie noire.

-Mais il est à Serpentard, signala Queudver.

L'argument était irréfutable. Les quatre amis décidèrent d'un commun accord d'en rester là. Déjà ils entraient dans la salle de potion et Peter les laissait, il n'était pas parvenu à un niveau suffisant, malgré les efforts de ses amis, pour être admis dans la classe. Slughorn accueillit les deux nouveaux avec chaleur.

-Bienvenue à Poudlard tous les deux ! Je suis Horace Slughorn, professeur de potion et directeur de Serpentard.

Il lança un coup d'œil insistant à Star qui eut un sourire tout ce qu'il y avait de plus forcé. Cela amusa James. On aurait dit que le vert et argent avait comprit à qui il avait à faire. Quand à Celford, il s'était renfrogné.

-Dites moi, vous faîtes partie de la famille de Silène Star ?

Star semblait gêné par la question, mais pour la première fois depuis qu'il le connaissait, James apprécia l'indiscrétion de son professeur.

-Oui, finit par répondre le Serpentard. C'est mon arrière-grand-mère.

-Elle a eut quatre enfants, non ? Lequel est votre grand-père ?

Star soupira.

-Est-il vraiment nécessaire de faire mon arbre généalogique ? demanda-t-il.

Autrement dit, il n'avait absolument pas envie d'en parler. C'était mal connaître Slughorn. Les Maraudeurs se regardèrent, compatissant sans mot pour le nouveau.

-Cela m'intéresse énormément, s'exclama joyeusement l'enseignant.

Star soupira profondément.

-Mon grand-père était Philip… commença-t-il.

-Mmm… le coupa le maître des potions. Les enfants de Silène s'appelaient Octavie, Ciceron, Philip et Steven, c'est bien cela ?

-Oui.

Le vert et argent semblait s'agacer. À coté de lui, Celford s'agitait de plus en plus.

-Octavie est morte, tuée pas Grindelwald en même temps que son mari Laurent Brusk, réfléchit Slughorn. Les autres ont disparus… Je crois me souvenir de votre grand-père était marié à Ingrid Phaelis, une sorcière charmante ! Je la connaissais bien, voyez-vous, même si elle était déjà sortie de Poudlard lorsque j'ai eu le plaisir de devenir enseignant. Combien ont-ils eut d'enfants ?

-Deux, mon père, Apollon et ma tante, Diane.

Les dents de Star étaient serrées et il semblait très tendu. Les Maraudeurs se regardèrent avec surprise. C'était une étrange réaction.

-Et vous, Monsieur Celford, vous êtes aussi de la famille Star ? demanda le professeur.

Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. L'interrogé explosa.

-Non mais c'est pas fini toutes ses questions !? Ma famille vient de mourir ! Vous ne pouvez pas les laisser dans leur tombe ?!

Il tourna les talons et sortit dans un claquement de porte. James fit surpris de voir Star froncer les sourcils avant de se tourner vers Slughorn.

-Je vous prie de l'excuser, professeur, dit-il. Il est encore un peu chamboulé par ce qui s'est passé.

-Vous semblez moins touché, observa l'homme.

Star approuva distraitement de la tête.

-Mes parents sont morts lorsque j'étais tout jeune et j'ai été élevé par ma famille maternelle. Celle de Sylciu. Je suis triste également, mais différemment. Mais pour répondre à votre question, ma mère et celle que mon cousin étaient sœurs, il n'a donc aucun lien avec les Star. Puis-je aller le voir ?

-Allez, allez, Monsieur Star.

James regarda le Serpentard sortir précipitamment en se disant qu'il ne lui restait plus qu'à vérifier ces informations et il ne doutait pas que Slughorn en fasse de même.

-Bien, comme d'habitude nous allons vous mettre en binôme, fit l'enseignant sans s'embarrasser d'avantage de ce qui venait de se passer. Cette année étant celle des ASPIC elle est fondamentale, mais je ne doute pas que l'on vous l'ait déjà dit, aussi nous allons passer au vif du sujet.

Il commença donc à donner les groupes. Sirius eut une grimace significative lorsqu'il apprit qu'il serait avec Rogue. James compatit pour lui. En tant que Préfet-en-Chef, Slughorn l'avait mit avec son homologue, c'est-à-dire Evans. Il n'était pas contre. Remus se retrouva avec un Serdaigle sympathique et le cours commença avec la préparation d'un philtre régénérateur à la Mandragore. Patmol leva les yeux au ciel.

-Comme si on pouvait un jour avoir besoin de ce genre de potion sans intérêt ! murmura-t-il à son meilleur ami avant de rejoindre son équipier.


ooo

Harry pesta contre Slughorn et sortit la Carte à la recherche de Malefoy. Il était dans le par cet apparemment seul. Parfait, une petite discussion entre sorcier d'un autre dimension s'imposait.

-Malefoy ! appela-t-il.

L'interpellé se tendit comme si le Survivant venait de lui lancer la pire des insultes. Le jeune homme fronça les sourcils. Quelle drôle de réaction.

-Que veux-tu Potter ? grommela l'autre.

L'interrogé se campa devant son condisciple.

-A quoi tu as joué avec Slug ?

-Ce type est un idiot.

-Parce qu'il ne t'a pas invité l'année dernière ? siffla Harry.

-La ferme Potter ! gronda Malefoy.

Mais encore une fois, il n'agissait pas comme d'habitude, son ton n'était pas le même. Cela commençait à inquiéter son interlocuteur.

-Qu'est-ce que Némésis t'a dit de notre mission ici ? demanda abruptement le Survivant.

Malefoy le regarda un instant avant de répondre sans enthousiasme.

-Elle m'a demandé d'être ton coéquipier afin de t'aider à changer le futur de ce monde. Et elle a précisé que personne ne devait savoir que nous venons d'un autre univers.

-C'est ce qu'elle m'a dit aussi, donc pas de nouveauté à ce sujet.

Alors qu'il parlait, Harry sentit Hélios se poser sur son épaule. Le phénix émit une note joyeuse et s'ébouriffa. Malefoy le regardait avec les yeux ronds.

-Oh, fit le nouveau Serpentard en réalisant que son condisciple ne connaissait pas l'animal, voici Hélios. C'est un phénix du monde de Némésis, elle me l'a donné juste avant que je ne parte de notre dimension.

L'oiseau s'approcha du garçon mais il recula. Cette réaction surprit le Survivant.

-Je ne pense pas qu'il m'apprécierait, dit rapidement Malefoy.

Harry ne dit rien là-dessus. Mais il n'en pensait pas moins.

-Écoute, reprit-il, j'ai bien l'intention de mettre des bâtons dans les roues de Voldemort, si tu as quelque chose contre ça, dit le maintenant.

Le fils de Mangemort releva un regard flamboyant vers lui.

-Je n'ai rien contre ça, affirma-t-il avec force.

Le Survivant releva que les paroles du sorcier étaient d'une vérité absolue… Finalement le peu de legilimancie qu'il avait fait fort utile, nota-t-il.

-Parfait, fit-il donc, je pense que le mieux pour le moment est de se concentrer sur les élèves de Poudlard. De faire en sorte qu'ils ne tombent pas dans les filets de Voldemort. Tu as vu quelqu'un que tu veux aider en priorité ?

Apparemment, Malefoy était surpris par cette question. Elle était pourtant logique : il connaissant beaucoup de Mangemorts. Peut-être avait-il plus d'informations que Harry.

-Ma mère est ici, dit-il d'une voix faible.

-J'ai vu, elle est dans le groupe de Rogue. Ça ne va pas être facile de l'approcher.

Malefoy regarda son interlocuteur avec une surprise palpable. Le croyait-il assez égoïste pour ne s'occuper que des Gryffondors ? Cette idée énerva profondément Harry. Il tenta toutefois de rester calme, sans quoi ils risquaient d'en venir aux mains ce qui serait très mauvais pour leur mission. Et pour le moment elle était primordiale et donc l'emportait sur toutes les autres rancunes. Ce n'était pas que partie remise.

-Bon, reprit-il, pour notre famille j'ai réglé la question, mais on doit quand même accordé nos violons.

-Accorder quoi ? répéta Malefoy.

Apparemment ce n'était pas une expression du monde magique, Harry en prit note et se corrigea.

-Nous mettre d'accord sur notre version. Donc comme tu m'avais dit, j'ai prétendu que nos mères étaient sœurs. J'ai aussi dit que mes parents étaient morts lorsque j'étais petit et que je vivais avec ma famille maternelle, c'est-à-dire la tienne.

Cela ne sembla pas enchanter le sorcier.

-Ma mère, reprit le Survivant, s'appelait Ambre Parker. Tu as choisi des noms pour ta famille ?

-Non, admit Malefoy, je n'y avais pas pensé.

Ce n'était pas étonnant puisqu'il était arrivé la veille, il n'avait pas vraiment eu le temps, Harry par contre avait tout prévu.

-Parfait, ta mère s'appellera Rubis Parker et ton père Aumao Celford. C'est bien ton second prénom ?

L'interrogé approuva distraitement.

-Bien, tu seras leurs fils unique. Nos grands-parents seront Crystal et Rigel Parker, ils sont morts dans l'incendie, comme tes parents ok ? Quand à tes grands-parents paternels on aura qu'à dire qu'ils sont morts il y a quelques années, nous étions petits donc nous ne nous en souvenons pas. Tu t'en souviendras ?

-Ça ne suffira pas, argumenta Malefoy, ils se rendront vite compte que c'est un mensonge.

-Non, le contredit Harry, la plupart de tout ça est vrai. Pour les Star et les Parker je n'ai rien inventé, sauf notre naissance bien sûr. Mais les bracelets de Némésis se chargeront de mettre en place de quoi accréditer le reste de l'histoire.

-Ils peuvent faire ça ?

Malefoy regardait le bijou avec un intérêt non voilé.

-Ils sont très puissants, d'après ce que j'ai pu voir. Mais il faut y faire attention.

-Je sais, Némésis m'a expliqué.

-Alors c'est parfait ! conclut le Survivant.

Il n'avait aucune envie de rester plus que de raison avec son ennemi de toujours, aussi tourna-t-il les talons et se remit en route.


ooo

Drago regarda Potter s'en aller sans vraiment savoir que penser. À quoi jouait-il exactement ? Le jeune homme ne le savait pas mais il était impressionné par l'aplomb du Gryffondor – qui ne l'était plus d'ailleurs, quelle bêtise ! Toujours était-il que le balafré semblait avoir minutieusement préparé cette mission. Certainement devait-il s'attendre à un tel interrogatoire de la part de cet abruti de prof. Il n'en ratait pas une celui-là.

Définitivement, Drago ne l'aimait pas. Mais pour le moment, il regardait Potter, de dos, s'apprêter à rentrer dans le château. C'était bien la première fois qu'ils avaient une aussi longue conversation sans insultes tous les deux. Malgré lui, le sorcier ne pouvait pas s'empêcher de trouver ça agréable. Il n'allait tout de même pas se mettre à apprécier Potter ? Quelle horreur ! Il n'allait vraiment pas bien !

Il secoua la tête. Pourquoi Némésis l'avait-il choisi à lui pour aider Potter ? Pourquoi pas Weasley ou Granger ? Ils auraient été cent fois mieux ! Qu'était-il passé par la tête de cette étrange femme aux cheveux blancs ? Drago regrettait de ne pas plus l'avoir interrogée. Il était tellement soulagé de pouvoir échapper aux tortures et à la mort qui l'attendaient qu'il avait totalement oublié le reste. Potter avait l'air d'en savoir beaucoup plus… Et puis il avait ce phénix.

Le jeune homme soupira. Il devait bien admettre qu'il avait été jaloux en voyant cela, mais il comprenait que son ennemi puisse avoir un tel oiseau et pas lui. Les phénix étaient des êtres ne se liant qu'à des cœurs purs et celui de Drago ne l'était décidemment plus. Il se sentit triste de ne pas avoir pu toucher la superbe créature. Il ferma les yeux. Il ne voulait pas penser à ça. De toute façon, l'oiseau ne l'aurait pas accepté.

Il songea alors que Potter ne lui avait pas vraiment demandé d'explication sur sa réaction brusque devant l'autre abruti. Ce n'était pas plus mal, il ne comptait pas expliquer sa situation familiale à l'Élu. Ça ne le concernait pas après tout.

Il repensa aux paroles de Potter. Sa mère était là mais elle ne serait pas facile à approcher. Alors Monsieur Parfait voulait aider Narcissa ? Drago avait du mal à le croire et en même temps se disait que ça collait parfaitement à l'image chevaleresque de Potter. Pitoyable. Mais pourtant c'était ce que voulait le garçon. Aider sa mère à ne pas devenir l'ombre de Lucius Malefoy qu'elle était dans son monde. Lui permettre d'être elle, heureuse auprès d'un homme qu'elle aimerait. Même si cela devait se traduire par sa propre destruction. Enfin plutôt son absence de naissance.

Alors que faire ? Demander de l'aide à Potter. Cette idée dégoûtait Drago. Mais pourtant, elle était la meilleure. Étant à Serpentard, le Survivant était mieux placé que son équipier pour agir. Il soupira tristement. Il faudrait bien qu'il s'y fasse.


ooo

Severus regarda Star pénétrer dans le dortoir, son phénix sur l'épaule. Cet oiseau était surprenant. Superbe et lointain, le Serpentard doutait certainement de pouvoir le toucher.

-Alors voilà le bourreau de Black, fit-il avec un de ses sourires.

En fait, ce n'était pas vraiment un sourire mais c'était ce qui s'en rapprocher de plus dans ses mimiques. Il vit Star avoir l'air surpris puis se tourner vers son animal.

-Un véritable danger public ! ricana le nouveau.

L'oiseau s'ébroua et prit un air supérieur. Cela sembla amuser son maître qui haussa les épaules, déstabilisant le phénix qui émit un son choqué.

Un drôle de couple, songea Severus. Il avait du mal à cerner Star. C'était apparemment un occlumens accompli, aucunes de ses pensées, aucuns de ses sentiments ne filtraient, même pas pour le Serpentard pourtant rompu dans son plus jeune âge à l'occlumancie et la legilimancie.

-Au moins il sait reconnaître les gens intelligent dont Black ne fait pas partie, objecta Severus.

Il vit Star avoir une expression indéchiffrable avant de reprendre une allure neutre.

-C'est surtout que Black l'a vexé, précisa-t-il. Mais tu n'as pas l'air de beaucoup l'aimer celui-là.

Severus eut une grimace significative. Dire qu'il ne l'aimait pas beaucoup était un pléonasme. Il haïssait tout bonnement Black et son acolyte Potter. Ils étaient méprisables !

-Ce sont des Gryffondors, fit-il.

-C'est un peu léger comme raison, objecta Star.

Un nouveau, définitivement.

-On voit que tu es à Poudlard depuis peu. Les Serpentards et les Gryffondors sont ennemis depuis toujours.

Le vert et argent regarda son interlocuteur, attendant de voir quel serait sa réaction. Contrairement à ce à quoi il s'attendait, Star eut une moue septique.

-Pourquoi ? demanda-t-il.

Severus cilla. Quelle question tordue ! Pourquoi, pourquoi, euh… Pourquoi au fait ? Bonne question. Alors, euh…

-À cause d'un différent entre Salazar Serpentard et Godric Gryffondor, répondit-il après un moment de réflexion.

-Alors, résuma le nouveau, vous êtes ennemis à cause d'une histoire qui s'est passé il y a mille ans ?

Dit comme ça, ça paraissait en effet un tantinet ridicule. Mais c'était certainement parce qu'il n'était pas dans l'esprit.

-Nos caractères sont incompatibles, précisa Severus.

Une ombre fugace passa dans les yeux de Star.

-Je vois, finit-il par dire.

Ce fut cet instant que choisit Rodolphus pour se mêler de l'affaire. Il se planta devant le nouveau en affichant un air farouche. Un peu ridicule à l'avis de Severus, mais il ne dit rien. Il sentait que son condisciple avait peur du phénix, merci legilimancie ! Il ne doutait pas que Star le sente aussi. Même un novice aurait pu le sentir.

-On doit te parler Star, fit Rodolphus.

Derrière lui s'étaient placés Evan, Eric et Brutus. Cet abruti de Lestrange se prenait pour le Seigneur des Ténèbres ou quoi ? Par contre, le nouveau ne semblait pas impressionné.

-On s'est renseigné sur ce que t'a dit au professeur Slughorn, continua le Serpentard. Tu es un Sang-Pur.

Severus se tendit. Il n'aimait pas qu'on parle ainsi du sang. Il avait honte du sien… il se mordit la lèvre et baissa les yeux, ainsi personne ne pouvait voir son moment de faiblesse. Il sentit toutefois un regard sur lui. Il relava légèrement la tête pour croiser les yeux verts de Star. Il avait vu. Comment ? Était-il si puissant que ça ?

-Que penses-tu des sangs-de-bourbe ?

Ce n'était certainement pas la bonne approche. Trop direct. Quoiqu'on faisait difficilement plus direct. Le regard du nouveau se durcit. Severus vit venir l'orage avant tous les autres. Ce n'était certainement pas des lumières, songea-t-il tristement, mais il ferait de bons Mangemorts pour le maître. Quand à Star, il était assez inquiétant à voir ainsi.

Comme Severus s'y attendait plus ou moins, le nouveau saisit Rodolphus par le col.

-Écoute moi, gonda-t-il, tu vas te mêler de tes affaires et moi des miennes, et je ne dirais pas ce que je pense de la bande de salauds léchant les bottes d'un sorcier qui se prend pour un mage noir !

La bande de salauds léchant les bottes d'un sorcier qui se prend pour un mage noir, répéta mentalement Severus comme frappé par la foudre. Soit Star était très puissant, soit complètement fou pour appeler les Mangemorts ainsi ! Sans parler du Seigneur des Ténèbres ! Merlin, ce type était un fou furieux ! Rodolphus et ses comparses étaient tellement surpris qu'ils ne réagirent même pas face à l'insulte.

Star le lâcha et passa à coté d'eux pour rejoindre le dortoir. Cela sembla réveiller les quatre Serpentards qui se retournèrent vivement. Mais à ce moment, quelques notes s'échappèrent du bec du phénix. Severus se sentit complètement tétanisé. Et apparemment il n'était pas le seul. Ses quatre condisciples tentaient de se boucher les oreilles, sans grand résultat. Le chant semblait leur être assez douloureux.

Le nouveau ne se retourna même pas. Severus n'arrivait pas à croire que quelqu'un puisse agir ainsi…

On ne pouvait impunément défier le Seigneur des Ténèbres ! Ce n'était que folie. Star mourrait certainement pour ces quelques paroles. Ainsi allait la vie, on ne devait défier les plus forts que soit. Et surtout pas le maître. Il était puissant et savait parfaitement que faire pour aider la société sorcière à être débarrassée de plaies comme Potter et Black ! Severus le savait. Les sangs purs étaient supérieurs aux autres. Voilà pourquoi il ne pourrait jamais être un mage noir. À cause de ce sang ignoble qui coulait dans ses veines. Alors il servirait de toute son âme et de tout son être le Seigneur des Ténèbres pour qu'il arrive à son but et que plus jamais des sorcières comme sa mère ne voit leur sang souillé par une ordure de moldu comme son père.

C'était nécessaire pour le bien des générations futures.


¤ 08 août 2007 ¤

Étant donné que la question est récurrente, je précise qu'il n'y aura pas de slash Harry/Drago dans cette fic.

Bon, personnellement j'aime bien le passage avec Severus ! Dites moi ce que vous en pensez.

Éterna