Les Maîtres des Dimensions

Résumé général : Alors que Harry déprime après la mort de Dumbledore, il rencontre Némésis, une étrange femme qui lui propose une mission : se rendre dans un monde parallèle afin de créer un autre futur. Il part donc en 1976, dernière année de ses parents à Poudlard, sous le nom de Terry Star, accompagné d'Hélios son phénix mais également de Drago avec le nom de Sylciu Celford. Ils se présentent comme des cousins.

Chapitre précédent : Harry et Drago sont interrogés par Slughorn sur leur famille. Cela ne suffit pas aux Maraudeurs qui se méfient des deux nouveaux. Ceux-ci ont une discussion qui ne se termine pas trop mal. Drago doute énormément, il pense qu'il n'est pas la meilleure personne. De son coté, Harry insulte les Mangemorts et Voldemort en plein milieu de la salle commune de Serpentard.

Chapitre 7 : Baguettes

Une semaine avait passé depuis la rentrée et l'arrivée des deux nouveaux. De brèves recherches avaient permit aux Maraudeurs de confirmer l'histoire de famille de Star. Ils n'en restaient pas moins sur leurs gardes. Les circonstances les rendaient suspicieux. Le mage noir qui faisait régner la terreur dans toute la Grande-Bretagne prenait chaque jour de l'assurance. On murmurait ça et là qu'il ne craindrait bientôt plus Dumbledore et attaquerait Poudlard.

Si l'école de sorcellerie venait à tomber, un coup fatal serait porté à la société des sorciers. Poudlard était tout un symbole.

Les quatre farceurs avaient conscience de tout cela, et avaient décidé qu'il était grand temps de détendre l'atmosphère. Aussi étaient-ils en train de se faufiler en catimini dans les cuisines.

-Tu crois que ça va marcher ? souffla Peter.

Sirius eut un sourire assuré.

-Ce sera amusant, crois-moi ! fit-il.

-Pourquoi prendre toute l'école pour cible et pas juste les Serpentards ?

-Parce que, répondit James à la place de son ami, on veut améliorer l'ambiance et en ne s'en prenant qu'aux Serpentards on ne fera que créer des problèmes en plus !

Peter grimaça et se tourna discrètement vers Sirius.

-Depuis quand on fait des blagues pour la bonne cause ? souffla-t-il.

L'interrogé eut un geste théâtral.

-Depuis que Cornedrue est devenu Préfet-en-Chef et a brusquement été touché par l'éclair de la responsabilité. Paix à son âme !

Remus leva les yeux au ciel et James fit celui qui n'avait rien entendu alors que Peter gloussait.


Les nuits de Harry ne s'étaient pas améliorées. Cauchemars se mêlaient aux tristes souvenirs des morts de ceux qu'il aimait. Même celle de ses parents revenait sans cesse. Alors que pendant des années il n'en avait jamais rêvé, y avait à peine pensé.

Il soupira en s'aspergeant le visage. Ses nouveaux cheveux longs n'étaient pas vraiment pratiques, se dit-il en les mouillant à moitié. Il lança un sort rapide pour les sécher et les coiffer avant de quitter le dortoir des Serpentards. Sa petite intervention le jour de la rentrée ne l'avait pas rendu très populaire chez les verts et argents qui le fuyaient comme la peste.

Il n'avait comprit que trop tard que cette affaire allait le desservir. Comment approcher les futurs Mangemorts en agissant ainsi ? Idiot ! Lui qui pensait être devenu un peu plus réfléchit, quelle déception ! Si Hermione avait été là, elle lui aurait sans doute passé un savon. Et Ron aurait été dégoûté à l'idée même qu'il soit à Serpentard. Il était vrai que la maison de Salazar était loin d'être accueillante. Harry se demanda un instant comment Malefoy pouvait l'aimer mais il repoussa vite la question. Déjà qu'il n'était pas le plus fin psychologue que la terre n'est jamais portée, il n'allait pas en plus tenter de saisir la façon de penser des Mangemorts en puissance !

Il arriva dans la grande salle en s'installa à son coin de la table des verts et argents. Il se sentait certes un peu isolé mais avait prit le parti de faire avec et de ne pas se miner pour ça. Il avait des sujets de préoccupation autrement plus graves ! Par exemple : qu'est-ce que le Voldemort de ce monde pouvait bien mijoter ?

Un vaste sujet. Ici le mage noir était dans tous les esprits et terrorisait le monde sorcier de façon plus importante que chez le Survivant, pourtant, objectivement, il était moins puissant. La seule différence était qu'il n'y avait personne ici susceptible de le battre sur qui reporter ses espoirs. Harry soupira, en revenant à nouveau à ses questions. Était-ce toujours à lui de vaincre Voldemort ? Ou bien quelqu'un d'autre dans ce monde avait-il été le sujet d'une prophétie ? Ou fallait-il attendre la naissance du Harry Potter d'ici ?

Ce n'était pas simple…

Il fut tiré de ses pensées par l'entrée de Malefoy dans la grande salle, accompagné de la Préfète-en-Chef. Le regard de Harry s'attarda quelques instants sur celle qui deviendrait sa mère mais lorsqu'elle porta son attention vers lui, il se détourna. Il ressentit un instant une pointe de jalousie vis-à-vis de Malefoy qui pouvait lui parler et être avec elle autant qu'il le voulait. Mais le susnommé ne semblait pas en profiter - quel imbécile ! Il demeurait distant, comme un peu décalé avec le monde dans lequel il vivait. Décidément, il était devenu très étrange. Némésis lui avait fait quelque chose ?

Le Survivant décida de chasser son ennemi de ses pensées et observa la grande salle en buvant distraitement son jus de citrouille. Les Maraudeurs semblaient anormalement calmes ce matin-là. D'après l'expérience de Harry, cela ne voulait dire qu'une seule chose : une blague imminente.

Le jeune homme ne fut pas vraiment rassuré par cette découverte. Il portait, après tout, les couleurs de maison des serpents. Ce n'était jamais une bonne chose avec les quatre farceurs dans les parages. Il songea sérieusement à opérer un repli stratégique, mais se l'interdit vivement, se rappelant qu'il était un Gryffondor et que le courage était sensé être une de ses qualités, même si cet abruti de Choixpeau s'était laissé corrompre et l'avait envoyé chez les verts et argents. Il attendit donc courageusement la suite des évènements en jetant un air méfiant aux aliments qui se trouvaient devant lui.

Suite qui ne se fit pas attendre. Un son étrange se fit soudain entendre. Il fallut un long moment à Harry pour réaliser que Rogue, qui se trouvait être l'auteur de ces borborygmes, était en train de chanter. Impossible d'identifier la chanson.

Par contre, le rythme qui s'élevait de la maison de Serdaigle était clairement du Claude François. Un peu plus tard, un autre bleu et bronze entonna un extrait d'un groupe non identifié qui rappela vaguement à Harry les boys band que sa tante affectionnait tant. Chez les Poufsouffles ce n'était pas mieux.

Mais très vite, il devint impossible de saisir qui chantait quoi. Harry se surprit brusquement à se mettre à chantonner un air de Madonna - un des préférés de Dudley, beurk ! – il ne savait pas très bien duquel il s'agissait mais il s'inquiéta. La chanteuse avait-elle déjà commencé sa carrière en 1976 ? Il n'en avait pas la moindre idée !

À la table des Gryffondors, Sirius aboyait un air tout aussi inidentifiable que celui de Rogue, et les rares personnes à ne pas s'être mit à chanter se tenaient les cotes de rire. Il fallait dire que voir McGonagall chanter du Mozart était désopilant. Enfin, le compositeur, lui, n'aurait certainement pas trouvé cela fantastique…

Cette cacophonie musicale – si on pouvait appeler cela de la musique – dura deux heures avant que les professeurs ne parviennent à y mettre fin. À cet instant, Harry regretta de ne plus avoir de divination : il aurait facilement pu prédire une tempête de pluie pour le lendemain.

Les Serpentards semblaient hors d'eux, ce qui ne surpris pas le Survivant qui décida de n'y prêter aucune attention.

La matinée étant perdue, il décida de s'installer dans la salle sur demande et de lire la Gazette du jour. En l'ouvrant, il fronça brusquement les sourcils.

« Incendie inexpliqué au chemin de traverse ! La boutique Ollivander (fabriquant de baguettes magiques depuis 382 avant J.C.) a été victime du feu » titrait le quotidien. Qu'est-ce que cela voulait dire exactement ? Était-ce une action de Voldemort ? C'était étonnant, pourquoi attaquer ce genre de boutique ? Cela n'était pas dans ses intérêts…

Une idée subite germa dans l'esprit de Harry. Son regard se posa sur sa baguette. Il se leva brusquement et s'élança vers le bureau directorial où il trouverait certainement Dumbledore qui était lui-même l'ami d'Ollivander.

Heureusement, le mot de passe n'avait pas changé depuis la dernière visite du Survivant ce qui lui permit de ne pas perdre de temps. Le journal froissé dans la main il entra sans autre forme de procès dans l'antre du directeur.

Et quelle ne fut pas sa surprise d'y trouver M. Ollivander en personne.


Contrairement à son ami, Albus ne fut pas surpris de voir l'envoyé de Némésis arriver ainsi dans son bureau. Il en fut plutôt satisfait. Ce garçon savait donc pas mal de choses… À moins que ce ne soit qu'une coïncidence, chose à laquelle le mage ne croyait pas vraiment.

-Bonjour M. Star, le concert de ce matin vous a plut ? demanda-t-il joyeusement.

Un sourire naquit sur les lèvres de l'interrogé.

-Assez oui, professeur. Et vous ?

-Je trouve ces quatre Gryffondors pleins d'imagination !

Le Serpentard ricana.

-C'est peu de le dire.

Albus eut la vague impression que ce garçon en savait plus que ce qu'il ne disait. Il décida d'ajouter cela à la liste des choses à élucider concernant les deux cousins.

-Mais je me doute qui vous n'êtes pas venu pour me parler musique ? fit l'amateur de sucrerie en tout genre.

Le visage de Terry Star devint brusquement sérieux. Trop sérieux pour quelqu'un de son âge, songea le directeur de l'école de sorcellerie avec tristesse. Qui pouvait bien être cet enfant ? Que cachait-il derrière ce regard mélancolique ? Qu'avait-il vu ?

-Je voulais vous parler de l'incendie au Chemin de Traverse.

Le jeune homme posa son regard sur Ollivander. Un regard perçant et troublant. Que voulait-il savoir exactement ? Cherchait-il à sonder le fabriquant ? Albus observa la scène avec la plus grande attention.

-Des baguettes ont-elles été détruites ? demanda l'élève.

En face de lui le propriétaire de la boutique brûlée sembla hésiter. Il jeta un coup d'œil au maître des lieux qui lui fit parvenir son assentiment d'un geste de la tête.

-Quelques-unes, mais la majorité a pu être préservée par les sorts de protections qui se trouvaient dans le magasin. Ce qui est étrange c'est qu'ils n'aient pas protégé toutes les baguettes.

Terry sembla réfléchir à la question pendant quelques instants avant de se tourner vers un Albus très intéressé.

-Je crois avoir lu quelque part que le feu était un élément très influencé par la magie, c'est ça ?

La question força le mage à reconsidérer son approche du problème.

-Pensez-vous qu'il s'agisse d'une action de Voldemort, M. Star ?

Ollivander frissonna mais l'interrogé ne sembla pas s'émouvoir de l'utilisation de nom du mage noir, cela n'étonna pas Albus : il s'en était déjà rendu compte. Pour son plus grand plaisir, l'envoyé de Némésis ne semblait pas avoir la moindre peur de ce nom et ne rechignait pas à l'utiliser.

-Je ne sais pas, répondit prudemment le jeune homme. Mais je trouve ça illogique. La disparition de la meilleure boutique de baguette de Grande-Bretagne n'est pas dans son intérêt. Au contraire, cela le dessert !

Jusque là, c'était exactement ce qu'avait raisonné le directeur. C'était à partir de ce point qu'il bloquait dans sa recherche afin de savoir ce qui s'était passé. Le feu était-il la réponse ? Il s'agissait d'un des éléments fondamentaux utilisés dans plusieurs formes de magie… Mais en quoi cela pouvait-il les aider … ? Terry sembla avoir son idée là-dessus.

-Ma question va peut-être paraître incongrue, mais je voudrais savoir si une baguette en particulier a été détruite.

Ollivander fronça les sourcils et la curiosité d'Albus augmenta encore. Il n'aurait pas cru que ce fut possible ! Ce garçon était définitivement plein de surprises. L'espace d'un instant, le directeur avait été inquiet. Il avait eu peur qu'il ne s'agisse d'un des aspirants mangemorts de Tom, mais non, cet élève n'en avait absolument pas le profil. Le vieux mage avait donc décidé de lui faire confiance tout en cherchant malgré tout à élucider les mystères qui planaient autour de lui et de son cousin.

-Laquelle ? s'enquit le fabriquant des items magiques.

-Bois de houx, 27,5 centimètres, contenant une plume de phénix.

Cette fois, l'attention des deux sorciers était toute entière au jeune homme.

-Ce phénix, insista-il toutefois en désignant Fumseck.

Il eut soudain une mimique étrange, jetant un regard noir par-dessus ses lunettes en direction du perchoir du susnommé. Albus se retourna pour voir à coté de son oiseau une version plus petite mais tout aussi majestueuse de l'animal. Il sourit avec amusement.

-Je ne te demanderai pas ce que tu fais là, Hélios, gronda Terry avant de reporter son attention sur Ollivander.

Le phénix émit une note joyeuse.

-En effet, admit alors le boutiquier, il semblerait que ce soit elle que le feu visait.

Une fois de plus, le Serpentard sembla analyser à toute vitesse les éléments qui lui étaient donnés.

-À mon avis, il y a deux possibilités. La première est que Voldemort (Ollivander frissonna de nouveau) ait découvert l'existence de cette baguette et ait décidé de la détruire pour éviter tout danger. Je ne sais pas ce que vous en pensez professeur, mais je trouve cela fortement improbable.

C'était en effet la conclusion à laquelle était arrivé le directeur, mais il avait du mal à croire que ce jeune homme puisse tenir de tels raisonnements en si peu de temps. Il n'y avait qu'une seule explication à cela : Terry Star en savait beaucoup sur Voldemort.

-L'autre solution… commença l'élève, rêveur.

Il s'arrêta, semblant perdu dans ses pensées. Albus avait la nette impression que l'envoyé de Némésis ne se rendait pas compte que ses deux interlocuteurs étaient pendus à ses lèvres.

-L'autre solution, reprit-il avec plus de conviction, est que notre arrivée ait commencé à modifier les choses.

Le directeur plissa les yeux. Que voulait-il dire par là ? Qui était ce garçon ? Et pourquoi Némésis l'avait-elle envoyé lui et pas un autre ? Pourquoi n'était-elle pas venue en personne ? Ces questions qu'Albus s'étaient posées à l'arrivée de Terry refirent brusquement surface.

-Est-il possible, hésita le vert et argent, que… je ne sais pas comment dire ça… euh… le destin change ?

Le mage n'était pas sûr de comprendre la question, mais elle ne semblait pas non plus très claire dans l'esprit de son jeune interlocuteur.

-Je veux dire… reprit celui-ci. Que ce soit la magie qui ait engendré ce feu pour effacer une possibilité de… euh… de lutter contre Voldemort.

La magie comme entité pensante ? Albus ne le croyait pas. Pourquoi aurait-elle agit ainsi ?

-Je ne vois pas comment, fit-il.

Mais il valait mieux qu'il se penche avec plus d'attention sur le sujet. En attendant, il observa avec attention le visage de Terry. Il semblait un instant y avoir eu de la déception mais elle avait disparue pour laisser place à une expression de réflexion.

Hélios s'avança et alla se poser sur l'épaule de son maître. L'animal chantonna doucement. Son chant avait quelque chose d'étrange, nota Albus, comme s'il essayait de dire quelque chose à travers ces notes. Mais quoi ? Comme une sorte d'approbation… C'était vraiment très énigmatique. Et cela ne le devint que plus lorsque Fumseck se joignit à son petit semblable. Le directeur avait toujours su que les phénix étaient des créatures étonnantes, mais il avait pensé les avoir plus ou moins compris…

Apparemment il s'était un peu avancé. Les oiseaux de feu gardaient encore beaucoup de secrets… Mais cherchaient-ils à dire que l'hypothèse de Terry était la bonne ? Peut-être l'était-elle… mais dans ce cas, Albus suspectait son élève de ne pas tout lui avoir révélé. Ça ne l'étonnait pas vraiment. Après tout, Némésis aussi était entourée de mystères, pourquoi en aurait-il été autrement pour ses envoyés ? Mais cela titillait fortement la curiosité de vieil homme. Et il comptait bien découvrir de quoi il en retournait.


Ollivander observait la scène en ayant l'impression d'être un spectateur qui n'avait rien à faire là. Il ignorait qui était cet enfant – M. Star, c'était ainsi que Dumbledore le nommait.

Enfant, ce n'était certainement pas le terme. Absolument pas. Il y avait quelque chose dans le regard du Serpentard. Quelque chose que le fabriquant de baguette n'ait pas souvent vu… Mais qu'il pouvait apercevoir dans le regard du directeur de Poudlard.

Dans une certaine mesure, cet élève et le vainqueur de Grindelwald étaient semblables. Était-ce réellement possible ? Ollivander se demandait si son vieil esprit ne lui jouait pas des tours. Pourtant…

Pourtant, les deux interlocuteurs semblaient absorbés par le chant des phénix, comme s'ils pouvaient entendre quelque chose dans cette musique enchanteresse. Quelque chose que demeurait inaccessible aux autres personnes.

Et puis il y avait cette question troublante de jeune homme. Il ne s'était pas embarrassé d'interrogations préalables, il avait tout de suite demandé où était la baguette sœur de celle de Celui-Que-L'on-Ne-Nomme-Pas. Baguette dont seuls Dumbledore et lui-même connaissaient l'existence.

Qui était ce gamin ? Il disait sans peur le nom du mage noir et savait apparemment beaucoup plus de choses qu'un élève de son âge…

Et puis il y avait sa supposition : « que son arrivée ait commencé à modifier les choses ». Qu'est-ce que cela ça voulait dire ? Dumbledore n'avait pas semblait surpris par cette phrase. Que mijotait-il exactement ? Le jeune Serpentard faisait-il partie d'un plan pour vaincre Celui-Dont-On-Ne-Prononce-Pas-Le-Nom ?

De nouveau, Ollivander se sentit indésirable. Qui que soit l'élève de Poudlard, il était bien plus proche de Dumbledore que le fabriquant de baguette ne le serait jamais, et d'un certain coté, il n'en était pas mécontent. La destinée de ces deux sorciers n'était pas forcément la plus enviable…


Potter était aux abonnés absents. Mais cela ne dérangeait pas Drago outre mesure. Il avait d'autres problèmes pour le moment. Notamment les Gryffondors. Ils étaient tous gentils avec lui et c'était ça le problème.

Le jeune homme n'était pas habitué à tout cela. Et puis, c'était les lions ! Enfin, ils avaient été ses ennemis pendant des années ! Comment cela pouvait-il changer de comportement aussi rapidement ?

Certes, les choses avaient changé mais de là à fraterniser avec les Gryffondors aussi vite… Drago ne pouvait pas s'y résoudre.

Quelqu'un s'assit à coté de lui et il eut la surprise de voir Evans lui faire un doux sourire. Il ne lui manquait plus que ça, la mère Potter ! Pourquoi était-elle si avenante envers lui ? Il ne voulait pas ! Potter était égal à ennemi, point final, l'équation était simple. Pas question de revenir là-dessus.

En parlant de Potter, il venait d'entrer dans la grande salle pour rejoindre la table des Serpentards. Il semblait complètement perdu dans ses pensées. Drago aurait payé cher pour savoir sur quoi elles pouvaient bien porter. L'Élu était devenu assez étrange. Son comportement avait changé. Était-ce en rapport avec la mort de Dumbledore ?

Alors qu'il réfléchissait à ces questions, il se rendit brusquement compte qu'il était en train de s'intéresser à Potter. Cette idée l'horrifia et il décida de bannir le Survivant de ses méditations dans l'instant.

Il avala son repas et alla se coucher à toute vitesse, déterminé à cesser de penser pour la journée, cela ne lui réussissait définitivement pas depuis un moment.

Le lendemain, il se trouvait baillant dans la grande salle se demandant encore ce qui venait de se passer.

En se levant, il avait croisé Potter qui avait dit vouloir lui parler. Jusque-là rien de bien fantastique ! Ils avaient parlé de cette affaire de baguette, intéressante cela dit en passant. Cette affaire de modification des données par leur simple présence dans ce monde était passionnante, il faudrait certainement qu'il y réfléchisse à tête reposée.

Enfin toujours était-il que tout semblait bien aller et que soudainement ils s'étaient retrouvés à se disputer. Pourquoi ? Impossible pour Drago de s'en souvenir mais ils en étaient revenus au bon vieux temps et avait bien faillit en venir aux mains (ou plutôt aux baguettes) si Evans ne les avait pas séparés.

Le Survivant s'était aussitôt plié aux ordres de sa mère en baissant le regard, honteux. À cet instant, son condisciple avait ressentit une joie intense de voir Saint Potter ainsi. C'était sans compter sur le savon que lui avait passé la Préfète-en-Chef par la suite. De toute sa vie, il ne se souvenait pas s'avoir jamais reçu une engueulade pareille. Et lorsque Potter père s'en était mêlé, arguant qu'il s'agissait d'un Serpentard, il l'avait amèrement regretté. Une belle leçon contre les préjugés qui avait également servie à Drago. Jamais il n'aurait cru entendre un jour un tel discours dans la bouche d'une de ceux qu'il nommait les Sangs-de-Bourbe. Il fallait d'ailleurs qu'il cesse d'utiliser ce terme !

Il soupira en portant sans y penser un toast à ses lèvres. C'était idiot. Evans, Granger… Elles étaient peut-être nées de parents moldues, mais elles étaient parmi les meilleures sorcières qu'il connaisse… Je suis un idiot, pensa-t-il en mordant rageusement.

Cette rétrospection ne lui réussissait vraiment pas. Il secoua la tête, agacé. Il avait mal à la tête et il en avait assez. Il voulait que tout cela cesse. Toutes ses questions… Il voulait les chasser de son esprit. Peut-être n'aurait-il pas du accepter la proposition de Némésis. Peut-être aurait-il du rester dans son coin et mourir de la main de Voldemort. Il ferma les yeux. Il n'avait rien à faire ici. C'était la mission de Potter, pas la sienne. Il était incapable de venir en aide à quiconque.

Il sentit brusquement une main se poser sur son épaule. Il sursauta vivement et s'écarta énergiquement. Lorsqu'il regarda la personne à coté de lui, il vit la surprise dans les yeux vert émeraude. Des yeux qu'il connaissait bien mais qui n'était pas ceux de la personne habituelle.

-Sylciu ? Ça va ?


Lily regardait depuis un moment le nouveau. Il ne semblait pas aller bien. Il avait d'abord été visiblement en colère, mordant méchamment dans ses pauvres toasts innocents. Puis l'expression de son visage avait changé, il avait secoué la tête et finalement il avait fermé les yeux. À cet instant il avait semblé si désemparé, si perdu… La Préfète-en-Chef avait été touchée par la détresse de son condisciple. Elle posa sa main sur l'épaule de garçon.

Elle fut choquée par la réaction du jeune homme. Il s'éloigna vivement comme brûlé… ou attaqué. Elle fut surprise mais aussi inquiète.

-Sylciu ? Ça va ? demanda-t-elle doucement.

Le susnommé sembla complètement perdu, hagard. Qu'avait-il ? Que cachait ce regard si triste, si torturé ? Il semblait avoir vécu beaucoup de choses, dont la plupart n'étant pas spécialement belles… Lily avait envie de l'aider. C'était plus fort qu'elle, elle était touchée par cette détresse et avait l'espoir de la faire disparaître, ou à défaut de la faire diminuer.

Elle ne savait pas pourquoi Sylciu avait tendance à la rejeter. Il semblait vouloir se tenir à l'écart de tout le monde, y comprit de son cousin. Ces deux-là entretenaient une relation étrange. Ils n'avaient pas l'air de vraiment se détester, comme Pétunia et elle-même, mais en même temps, ils ne donnaient pas l'impression de s'apprécier. Peut-être cela avait-il un rapport avec la mort de leur famille et leur venue à Poudlard. Merlin seul savait ce qui s'était passé, les deux concernés n'en parlaient jamais. Ou du moins, Sylciu n'en parlait jamais parce que Lily n'avait vu qu'une seule fois Star et c'était pour les séparer tous les deux quelques minutes plus tôt.

Elle n'avait pas comprit pourquoi ils se disputaient. Lorsqu'elle l'avait demandé au Gryffondor il avait marmonné un vague « histoire de famille » qui n'avait pas vraiment convaincu la Préfète-en-Chef. Mais toujours était-il qu'ils avaient bien faillit se battre. Cela forçait la jeune fille à revoir son jugement. Peut-être les deux nouveaux se détestaient-ils tout simplement.

Elle laissa son regard vagabonder pour finir par le poser sur la table des Serpentards. Comme d'habitude, Star était seul. Cela ne semblait pas le déranger outre mesure. Plongé dans ses pensées, il faisait négligemment tourner sa fourchette dans ses doigts. Il pensait certainement à la dispute, se dit Lily.

Mais il avait une expression différente de celle de Sylciu sur le visage. En fait, s'ils n'avaient pas eu les mêmes yeux, la rouge et or aurait douté de leur lien de parenté. Ils ne ressemblaient guère à deux jeunes gens ayant été élevés ensembles. Leurs mimiques, leurs réactions, leurs façons de se tenir… Tout cela était différent. Et même leur passif semblait ne pas être le même. Elle soupira. Tu penses trop ma pauvre Lily, se rabroua-t-elle.

Toujours était-il qu'elle se sentait également touchée par Star et qu'elle avait cette envie impétueuse de lui venir en aide, quelles que soient les conséquences. Elle ne comprenait pas d'où venait ce sentiment. Certes elle avait toujours été de ceux qui aident les autres, c'était dans sa nature, mais à ce point-là, c'était anormal, presque inquiétant. Seulement elle n'était pas inquiète. Était-elle en train de devenir folle ?

Elle était attirée malgré elle par le ténébreux Serpentard. Qu'est-ce que cela voulait dire ? Elle regarda autour d'elle. Elle n'était pas la seule à regarder Star avec intérêt. Mais les autres jeunes filles à en faire de même étaient assises à la table de Poufsouffle et discutaient discrètement en riant bêtement. Encore des glousseuses, grinça mentalement Lily, apparemment le nouveau allait faire de l'ombre à Potter et Black. Cela l'agaçait fortement.

Elle eut soudain un sursaut. Était-elle amoureuse de Terry Star ? Elle secoua la tête. Elle avait du mal à mettre de l'ordre dans ses idées. Cette affaire était en train de devenir très bizarre.

-Tu es sûre que ça va, Evans ? lui demanda-t-on.

Elle soupira. Non, elle n'en était vraiment pas certaine !

-Je sais pas, admit-elle.

Mais à ce moment elle croisa un regard noisette interrogateur et surpris.

-Potter ! rugit-elle en reconnaissant son propriétaire. Qu'est-ce que tu fais là !?!

L'espace d'un instant, elle crut voir passer un ombre de soulagement dans les yeux de son homologue mais elle disparut presque aussitôt et Lily se demanda si elle ne l'avait pas rêvée. Déjà Potter affichait un de ses horripilants sourires qui faisait en général tomber les filles comme des mouches.

-Je viens juste de signaler qu'il est l'heure d'aller en cours.

Sans attendre une quelconque réponse, le Préfet-en-Chef sortit. Sa condisciple le regarda s'éloigner avec incrédulité. C'était tout ? Il ne lui demandait pas de sortir avec lui, ne passait pas sa main dans les cheveux et tout ça ? Enfin, qu'est-ce qui lui prenait ?

Lily cilla. La question était plutôt qu'est-ce qui lui prenait à elle ? Elle n'allait tout de même pas regretter ces comportements de Potter qu'elle avait toujours détesté !

-Décidément, il y a des jours où les choses ne tournent pas rond ! grinça-t-elle en se levant.


Un petit appel à l'aide d'un auteur désespéré (moi, en l'occurrence) : je n'ai plus idée pour les blagues des Maraudeurs (je n'ai hélas pas l'âme d'une farceuse), je demande donc de l'aide à vous, cher lecteur. Vos idées sont les bienvenues, parce que le syndrome de la page blanche me guète ! (roulement de tambours dramatique). :P

Bref, mes problèmes de rédaction mis à part, j'espère que ce chapitre vous a plut et je vous remercie pour vos reviews ! Je suis très heureuse d'avoir atteint la centaine ! Pour la peine, je mets ce chapitre plus vite et j'ajoute un dessin dans ma bio !

Je tiens donc à remercier tout ceux qui ont reviewer cette fic jusqu'à maintenant ainsi que ceux qui la suive et ceux qui l'ont mit dans leur favoris que j'invite à me laisser leur avis sur ma rédaction !

Enfin, merci à Xelloss pour sa relecture de ce chapitre et pour son très joli fanart que je vous invite à aller voir dans ma bio.

À la prochaine pour le huitième chapitre qui s'intitulera Médaillon

Éterna