Les Maîtres des Dimensions
Résumé général : Alors qu'Harry déprime après la mort de Dumbledore, il rencontre Némésis, une étrange femme qui lui propose une mission : se rendre dans un monde parallèle afin de créer un autre futur. Il part donc en 1976, dernière année de ses parents à Poudlard, sous le nom de Terry Star, accompagné d'Hélios son phénix mais également de son « cousin » Sylciu Celford, qui n'est autre que Drago.
Chapitre précédent : La nuit de la pleine lune, Drago, intrigué par un étrange groupe d'animaux, se retrouve nez à nez avec Remus transformé et est sauvé in extremis par Hélios. Pendant ce temps, Harry se rend à la grotte pour récupérer le médaillon de Serpentard. Il rentre à Poudlard complètement épuisé et est conduit à l'infirmerie où Dumbledore va le voir. Harry semble très heureux et confie le médaillon à Dumbledore, qui est ébahi que le jeune homme connaisse l'existence des Horcruxes. Remus arrive à l'infirmerie après sa nuit de transformation et entend Pomfresh dire qu'Harry a bu une potion de Voldemort. Après une discussion entre les Maraudeurs et le Survivant, toutes les personnes valides sont mises dehors par le Dragon de l'infirmerie (c'est-à-dire Pomfresh). Harry envoie semble-t-il Hélios guérir les blessures de Remus, qui se pose de plus en plus de question sur le nouveau.
Chapitre 9 : Lycanthropie
- Il a fait ça ?
James affichait un air incrédule alors que Sirius semblait ne plus savoir à quel mage se vouer.
- Je ne suis pas sûr, répondit Remus, mais je crois, oui.
- Pourquoi ?
La question de Peter pouvait sembler puérile au premier abord, mais c'était pourtant celle que tout le monde se posait. Le lycanthrope secoua la tête pour montrer son désappointement.
Les quatre amis étaient réunis dans les quartiers de Préfet-en-Chef de James afin de pourvoir discuter à l'abri des oreilles indiscrètes de leurs camarades.
- Je ne comprends pas pourquoi Star aurait envoyé son phénix te soigner, c'est un Serpentard, non ?
Patmol était apparemment gêné par la situation.
- Et encore, fit Lunard, vous ne savez pas tout ! Figurez-vous qu'il était à l'infirmerie parce qu'il avait bu une potion de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom !
Stupeur générale chez les Maraudeurs. James secoua la tête pour se remettre les idées en place.
- Tu crois que c'est un espion Remus ?
L'interrogé tordit le nez.
- J'ai du mal à le croire, avoua-t-il. Mais les apparences sont contre lui en tous cas !
- Peut-être qu'il a envoyé son phénix soigner Remus pour gagner notre sympathie, observa Peter.
- C'est possible, approuva Sirius, cet oiseau est bizarre !
James pouffa.
- Tu dis ça uniquement parce qu'il t'a ridiculisé dans le Poudlard Express.
- Cet animal devrait être mit en cage ! s'exclama avec véhémence Patmol.
Le Préfet-en-Chef leva les yeux au ciel.
- Moi je trouve plutôt que tu l'avais cherché, commenta-t-il.
- Pfff… souffla le jeune Black.
- Toujours est-il, reprit Remus en riant sous cape de l'air agacé de son ami, que Star est vraiment très étrange. Il faudrait le surveiller. Ah oui, ça me rappelle, j'ai la vague impression d'avoir vu le phénix pendant ma transformation, que s'est-il passé ?
Les trois animagus semblèrent soudainement assez mal à l'aise.
- Quelqu'un nous a vu depuis le parc pendant que nous longions la forêt interdite, confessa finalement James. Tu l'as pris en chasse et le phénix l'a sauvé…
Le lycanthrope était devenu pâle comme un linge.
- Tu plaisantes ? Tu veux dire que j'ai faillit mordre quelqu'un et que si je ne m'étais pas souvenu d'Hélios vous ne me l'auriez pas dit !!
- Remus, essaya le Préfet-en-Chef.
Mais le susnommé lui coupa la parole d'une voie dure.
- Qui ? demanda-t-il.
- Rem… retenta sans plus de succès James.
- QUI ?! répéta Lunard.
- Celford, finit par lâcher Sirius en baissant le regard.
- Merlin ! murmura le loup-garou en enfouissant son visage dans ses mains.
Il tremblait, horrifié à la simple pensée de ce qui aurait pu se passer si le phénix n'était pas intervenu.
- Remus… souffla avec douceur James.
Le lycanthrope leva un regard torturé vers son ami.
- Je suis vraiment un monstre…
- Ne dit pas ça ! rugit Sirius. Ce n'est pas vrai ! C'était un accident !
Mais le jeune homme se leva brusquement et sortit. Sirius tenta de le suivre mais James le retint. Aucun des trois amis ne pouvait faire quoi que ce soit pour leur compagnon…
Remus courrait dans les couloirs de Poudlard, cherchant plus à se fuir lui-même qu'autre chose. Il sentait des larmes lui piquer les yeux. Il percuta soudainement quelqu'un de plein fouet et se retrouva assis sur le sol, un peu sonné.
- Remus ? fit une voix féminine.
Le susnommé croisa un regard vert émeraude inquiet. Reprenant ses esprits, il reconnu Lily et Celford. Ses deux condisciples le regardaient. Assis à terre (c'était apparemment lui contre qui Remus avait buté), le jeune homme affichait un air distant, comme à son habitude, alors que Lily affichait un air assez soucieux. Le loup-garou les regarda et eut un mouvement de recul.
- Tu vas bien ? demanda-t-elle. Remus ?
Il continua à reculer. Il ne voulait pas leur faire de mal. Il tourna les talons et se mit à courir comme un dératé. Il ne s'arrêta qu'une fois à l'orée de la forêt interdite, le souffle court.
Il se laissa tomber le long d'un arbre, les membres tremblants. Il avait honte. Il détestait le loup qui était en lui. Il se détestait lui-même d'être aussi faible. Il avait failli s'en prendre à Celford. Cette fois tout s'était bien terminé, mais la prochaine ? Qui serait la victime ? Le phénix de Star ne serait pas toujours là pour protéger ses proies de son instinct bestial.
Le jeune homme se replia en position fœtale et ferma les yeux. Il tremblait toujours, horrifié par ses propres actions. James, Sirius et Peter… Il les mettait en danger, eux, ses amis. Ses seuls amis. Personne d'autre ne voudrait d'un loup-garou pour compagnie, mais eux n'en avaient eu que faire. Ils ne s'étaient pas détournés de lui en apprenant sa lycanthropie. Enfin, James lui avait quand même passé un beau savon pour avoir cru qu'ils ne seraient plus amis à cause de ça. Ils étaient même devenus des animagus pour le soutenir…
Mais pourtant ils avaient tort tous les trois. Remus était dangereux, très dangereux même. Il était un monstre.
- Lupin ?
Il releva vivement la tête avec un mouvement de recul.
- Black ? cilla-t-il en découvrant la cousine de Sirius face à lui.
Narcissa Black semblait surprise de le voir ainsi assis. Elle-même était surprenante. Ses cheveux étaient emmêlés et son uniforme était de travers. Le lycanthrope fronça les sourcils.
- Tout va bien, Black ?
La Serpentard afficha un air étonné.
- C'est plutôt à moi de te le demander non ?
Ils se regardèrent en chien de faïence pendant un moment avant que la jeune fille ne tourne les talons et ne s'éloigne. Remus la regarda faire en fronçant les sourcils.
- Elle est vraiment étrange, se dit le Gryffondor lorsqu'elle eut disparu.
Harry pénétra dans le bureau du Dumbledore avec le cœur plus léger qu'à l'accoutumée. Le directeur l'y attendait en observant le médaillon de Serpentard.
- Bonjour professeur, fit le jeune homme en entrant.
- Bienvenu Terry, je vous attendais. Comment allez-vous ?
- Très bien, merci. La potion préparée par le professeur Slughorn m'a remise sur pied.
Le mage eut un sourire entendu.
- Pompom est hors d'elle. Vous êtes sortit sans son autorisation.
- Hum, hum…
Le Survivant s'éclaircit la gorge en tentant de cacher son sourire. Il était vrai qu'il avait faussé compagnie au Dragon de l'infirmerie. Mais après tout il se sentait bien et il n'avait aucune envie de rester là-bas alors !
Il regarda le directeur avec une joie mêlée à de la tristesse. Récupérer le médaillon et voir qu'il n'avait pas encore été échangé par R.A.B avaient provoqué en lui une euphorie inattendue. C'était certainement pour ça qu'il s'était jeté dans les bras de Dumbledore. Il rougit en se souvenant de cette action malheureuse. Le directeur avait du le prendre pour un fou. Il secoua la tête et reporta son attention sur sa mission.
- Il faut le détruire, dit-il en désignant le médaillon.
- C'est ce que je pense aussi, admit le vieil homme. Désirez-vous le faire ?
- Pas spécialement. Mais je pense que c'est tout de même à moi de le faire. Par contre je veux bien que vous m'aidiez. Je dois trouver la bague d'Elvis Gaunt, ainsi que la coupe de Poufsouffle ; pour finir le journal d'école de Tom Jedusor. Ce sont tous les trois des Horcruxes. Concernant les autres, je ne sais pas ce dont s'est servi Voldemort.
Il y eut un moment de flottement avant que Dumbledore ne reprenne.
- Vous êtes étonnement bien informé, jugea-t-il.
Harry se demanda un instant s'il n'en avait pas trop dit. Il avait oublié que cet homme n'était pas celui qu'il connaissait et que par conséquent il lui était difficile d'imaginer qu'un garçon d'à peine dix-sept ans puisse savoir tout cela. Le jeune homme hésita un instant mais il décida de garder la ligne de conduite qu'il avait choisie : être le plus franc possible.
- En effet, approuva-t-il donc, c'est pour cela que Némésis m'a envoyé.
Le professeur Dumbledore sourit.
- Il semblerait que son choix soit excellent. Mais je ne comprends pas vraiment le rôle de votre cousin dans note affaire.
Le jeune homme rit jaune. À part l'embêter et ajouter à ses sujets de préoccupation, Malefoy n'avait pas fait grand-chose depuis son arrivée dans ce monde.
- Il semble avoir quelques problèmes d'intégration, poursuivit le directeur. Peut-on faire quelque chose pour lui ?
Cette demande dans la bouche du vieil homme semblait tellement ridicule… Harry les revoyait sur cette tour quelques mois plus tôt… Il chassa l'image et se reconcentra sur la conversation. Il était vrai que Malefoy agissait bizarrement depuis un moment…
- Non, dit le Survivant. Ne vous en faites pas.
Dumbledore sembla se rendre compte qu'il y avait quelque chose d'anormal dans la voix de son interlocuteur mais ne dit rien à ce sujet.
- Concernant les Horcruxes, vous pouvez compter sur moi, Terry.
Le susnommé approuva de la tête en souriant. Il se leva, attrapa le médaillon et s'approcha de la porte avant de se retourner impulsivement.
- Vous savez professeur, vous pouvez me tutoyer…
Et il sortit.
La nuit était en train de tomber doucement et Remus n'avait pas bougé, toujours collé contre son arbre. Il ne savait que faire. Retourner au dortoir ? Il devait le faire tôt ou tard.
Il déglutit difficilement. Et s'il partait ? S'il quittait l'école ? Il ne mettrait plus jamais ses camarades en danger…
- Tu sais que tout Gryffondor est à ta recherche, signala soudain une voix.
Il releva vivement la tête pour découvrir une Lily souriante, un livre à la main.
- Je ne pensais pas voir un jour Potter dans un tel état. Il m'est rentré dedans et n'a même pas pensé à me demander de sortir avec lui ! C'est suffisamment incroyable pour mériter que soit décrété un jour férié !
- Ce n'est pas très gentil, objecta le lycanthrope.
Sa condisciple se baissa vers lui et le regarda avec insistance.
- Remus, pourquoi t'inquiètes-tu à longueur de temps pour les autres ? Pourquoi suis-tu Potter et les autres ? Tu n'es pas comme eux ! De quoi te sens-tu redevable ?
Le jeune homme sourit.
- Tu as tort, je ne me sens pas redevable à leur égard. Mais tu n'es pas objective, tu ne te rends pas compte à quel point James, Sirius et Peter sont des amis formidables.
Lily eut une moue boudeuse. Elle ne semblait pas être convaincue. Mais Remus ne s'en offensa pas, elle ne pouvait pas comprendre ce qu'ils avaient fait pour lui.
- Si ce sont de si bons amis, que s'est-il passé pour que tu campes ici ?
Le loup-garou hésita.
- J'ai fait quelque chose qui…
Il soupira profondément en fermant les yeux.
- Peu importe. Je ne mérite pas leur amitié.
La préfète-en-chef cilla.
- Si c'est Potter qui t'a dit ça je te jure qu'il va souffrir !
Son compagnon leva les yeux au ciel.
- Tu as remarqué que dans une conversation qui n'a rien à voir avec James tu n'arrêtes pas de parler de lui ? signala-t-il.
La jeune fille sembla se rendre compte de la véracité des paroles de son ami. Elle secoura la tête, horrifiée.
- Potter n'a rien à voir de cette affaire ! affirma-t-elle. Je dis simplement que je ferais passer un mauvais quart d'heure à celui qui t'a mis une telle bêtise en tête.
- Personne ne m'a rien mis en tête, répliqua-t-il.
Lily eut un regard mauvais.
- Alors qu'est-ce qui te fait dire des choses pareilles ? grinça-t-elle.
Il soupira de nouveau. Il était complètement épuisé et ne voulait sûrement pas aborder ce sujet avec son amie. Il ne voulait pas qu'elle sache pour sa lycanthropie. Il n'était pas prêt à l'assumer.
- Remus ? Tu m'écoutes ?
Il la regarda, ses cernes semblaient s'être encore étendues.
- Je n'ai pas envie d'en parler Lily.
- À cause de la pleine lune ?
Le jeune homme cilla en sursautant.
- De quoi parles-tu ?
Sa voix tremblait, son cœur cognait dans ses tempes. La Gryffondor ne pouvait pas savoir… Remus ne voulait pas qu'elle soit au courant. Pas elle.
Elle plongea ses yeux émeraude dans le regard ambre du garçon.
- Je t'en prie Remus, ne me prends pas pour une idiote. Tu ne crois honnêtement pas que je n'ai pas compris pourquoi tu allais voir ta grand-mère malade toutes les nuits de pleine lune.
Si, il le croyait. Et il voulait continuer à y croire. Elle eut un sourire tendre et lui prit la main.
- Tu sais Remus, tu es le garçon le plus doux et le plus gentil que je connaisse. Peu importe ce qui se passe une nuit par mois, tu es toujours le même pour moi.
- Lily…
Le jeune homme fut surpris par sa propre voix. Pourquoi ressemblait-elle tellement à une supplique ? La susnommé ne sembla pas s'en rendre compte, parce qu'elle l'enlaça gentiment.
Tous les muscles du loup-garou se tendirent et il eut un mouvement de recul – mais il était toujours contre l'arbre qui s'empêcha de se dégager.
- De quoi as-tu peur ? lui demanda-t-elle avec douceur.
- Je pourrais te faire du mal…
La Préfète-en-Chef éclata d'un rire cristallin.
- Toi ? Tu ne serais pas capable de faire du mal à une mouche !
- Je suis sérieux ! protesta Remus, frustré par cette réponse.
Son interlocutrice fit la moue.
- Tu ne feras de mal à personne, assura-t-elle finalement.
- J'ai attaqué Celford la nuit dernière.
Lily sembla sincèrement surprise.
- Sylciu ? Vraiment ? Il n'a rien dit à ce sujet. Remarque, il ne dit pas grand-chose. Depuis la rentrée je n'ai pas réussi à faire quitter son attitude distante, et pourtant, Merlin sait que j'ai tout essayé ! Enfin, il était bien aujourd'hui, c'est la preuve que tu ne lui as rien fait !
- Le phénix de son cousin est intervenu à temps pour empêcher que je le blesse.
- Alors tu vois ! Tout est bien qui finit bien !
- Cette fois peut-être ! Mais un oiseau mythique ne sera pas toujours là pour me sauver la mise ! s'énerva le jeune homme. Je suis un danger pour cette école !
- Oh, ça suffit Remus ! s'agaça la sorcière d'un voix ferme. Cesse de dire des bêtises pareilles ! Le seul danger pour cette école c'est Potter et sa bêtise !
- Tiens, tiens, fit le lycanthrope en laissant apparaître un sourire, ça faisait longtemps que tu n'avais pas parlé de James.
- Ne change pas de sujet ! siffla la jeune fille, menaçante.
Mais contrairement à son attente son condisciple éclata de rire en voyant dans quel état le simple fait de parler du Maraudeur pouvait la mettre.
- Remus ! Je ne trouve pas ça drôle.
- Il faudra bien que tu admettes un jour où l'autre que James ne te laisse pas indifférente.
- Bien entendu ! Il m'exaspère au plus au point !!
Elle jeta un coup d'œil en biais au préfet.
- Mais je suis contente que tu ailles mieux, confessa-t-elle. Parce que tu ne dois pas penser que tu es dangereux, parce que c'est faux. Et puis aussi, sans toi, Poudlard serait vraiment triste.
Remus sourit.
- James a bien de la chance, dit-il simplement.
Son amie battit des paupières.
- Que vient-il faire dans cette conversation ? demanda-t-elle incrédule.
Le loup-garou ricana.
- Et c'est toi que demande ça ! Mais pour te répondre je trouve qu'il a de la chance qu'une fille comme toi soit amoureuse de lui !
- Je ne suis pas amoureuse de Potter !!! hurla Lily en se levant, indignée, les joues rouges de colère.
Et l'hilarité de son condisciple redoubla.
Harry était plutôt de bonne humeur le lendemain matin lorsqu'il entra dans la grande salle précédé d'un Hélios toujours aussi joyeux. Le phénix fit un tour d'honneur avant de rejoindre son compagnon qui s'était déjà installé à la table des Serpentards afin de prendre son petit déjeuner. L'oiseau, lui, picora quelques sucreries avant de reprendre son activité préférée : se faire caresser et flatter par les jeunes sorcières toutes maisons confondues. Le Survivant lui lança un regard blasé avant de se concentrer sur son repas.
Il n'eut pas le loisir de le faire longtemps car des exclamations se firent entendre, attirant nécessairement l'attention d'un garçon aussi curieux qu'Harry. Il soupira en voyant qu'un Serpentard bien connu était la cause de l'indignation générale.
On ne pouvait pas passer à coté de Wilkes sans le remarquer. Sa carrure était impressionnante. Pour une petite comparaison, à coté de lui Crabbe et Goyles ressemblaient à des nains rachitiques. Wilkes était l'armoire à glace dans toute sa splendeur.
Mais si sa physionomie pouvait impressionner, c'était absolument tout ce qu'il avait. En effet, il lui suffisait d'ouvrir la bouche pour se ridiculiser lamentablement. La rumeur disait qu'un de ses camarades Serpentards, excédé par sa bêtise qui semait la honte sur toute la maison des serpents, avait un jour tenté de lui lancer un sortilège de mutisme éternel.
Cela n'avait pas plu à la famille de l'intéressé qui avait fait lever le sort, pour le plus grand malheur des vert et argent. Britanus Wilkes était une vraie plaie.
Personne, par ailleurs ne l'appelait par son prénom et si le professeur Dumbledore ne l'avait pas utilisé, Harry aurait été certain que le nom de son condisciple était Brutus. C'était ainsi que tous l'appelaient, élèves comme professeurs.
Brutus Wilkes, donc, avec son quotient intellectuel avoisinant celui d'un escargot surdoué, venait d'entrer dans la grande salle bousculant au passage un groupe de première années de Gryffondor. Plusieurs des fillettes étaient tombées sur le sol et l'une d'elles semblait complètement sonnée.
Et les Maraudeurs venaient d'entrer à leur tour. Harry eut une grimace. Ça allait chauffer… Mais d'un certain coté, le voyageur dimensionnel était curieux de connaître la suite.
Elle fut hélas écourtée par l'arrivée inopinée de McGonagall qui se contenta de retirer cinq points à Serpentards et d'intimer aux quatre farceurs de rejoindre leur table dans le calme.
Le cours de métamorphose qui suivit commença sur des chapeaux de roue. Les élèves se virent tous remettre un lot de parchemins usés qu'ils devaient changer en animal vivant. La métamorphose animale, avait expliqué la directrice de la maison des lions, était une des plus ardues auxquelles ils auraient à faire, juste avant la métamorphose humaine, et elle avait un fort coefficient pour les ASPICs. Bref, la concentration était de mise et c'était bien ce que comptait faire Harry. Il décida donc d'occulter la présence Malefoy à ses cotés pour se focaliser sur la colombe qu'il devait faire apparaître à partir de vieux devoirs des années précédentes.
Un battement d'ailes se fit entendre : James avait réussit l'exercice et regardait avec fierté son oiseau décrire un arc de cercle au dessus des élèves. Lily affichait un air agacé alors que Sirius était aussi fier que si c'était lui qui venait de parvenir à créer la colombe. Coté Serpentard, Rogue fixait d'un regard haineux le Préfet-en-Chef alors que le reste de ses condisciples s'employaient à faire comme si le Gryffondor n'était pas là.
Un petit sourire sur les lèvres, Harry observait la scène en agitant sa baguette, ayant complètement oublié l'exercice. Aussi quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'un oiseau s'envola de sa table. Il sursauta et regarda furtivement autour de lui.
- Parfait Monsieur Star, déclara McGonagall comme elle l'avait fait quelques instants plus tôt avec James, dix points pour Serpentard.
Le Survivant n'eut pas le temps de se demander comment il avait fait pour transformer son parchemin en colombe car déjà ceux de ses camarades les plus proches se métamorphosaient à leur tour sans que leurs propriétaires respectifs n'aient rien fait. Ce fut à cet instant qu'Harry remarqua qu'une lumière blanche entourait sa main et sa baguette. Il secoua le poignet pour tenter de s'en débarrasser, sans succès.
- Monsieur Star, que faites-vous ? demanda l'enseignante.
Contrairement à ce que le jeune homme aurait pu croire, elle n'avait pas ce regard sévère qu'il lui connaissait mais un air inquiet. L'interrogé secoua la tête. Il n'en avait pas la moindre idée. Pendant ce temps les parchemins continuaient à se transformer dans la plus grande anarchie et sans contrôle.
- Faut toujours que tu te fasses remarquer, siffla Malefoy, agacé. Finite incantatem !
Les colombes redevinrent des bouts de papier et tombèrent sur le sol. Pourtant alors que le sort du nouveau Gryffondor agissait, celui de son « cousin » continuait. Les oiseaux apparaissaient pour disparaître. Cela semblait être un cercle sans fin. Harry se frotta les yeux. Un étrange symbole flottait au bout de la baguette de son coéquipier. Une rune ?
Un cri tira le Survivant dans ses pensées. Les cheveux de Rosa Leroy, qu'elle avait teints la veille, venaient de reprendre leurs couleurs normales. Les lunettes de James étaient cassées, le sac de Queudver s'était de nouveau déchiré, et ainsi de suite…
- Mais enfin, qu'est-ce qui se passe ? souffla Malefoy.
Harry regarda autour de lui.
- On dirait que tu annules tous les sorts, pas uniquement le mien… observa-t-il à mi-voix.
- Par Merlin ! s'écria McGonagall. Monsieur Star, Monsieur Celford ! Que faites-vous ?
Le Survivant ferma les yeux et tenta de se concentrer. Au bout de quelques instants, il sentit un pouvoir étrange évoluer autour de lui. Il se tenta de le saisir, sans succès. Pourtant il sentait que cette magie coulait en lui mais également en Malefoy… Harry ne comprenait pas d'où elle venait mais elle était liée aux deux voyageurs temporels. Et elle les liait entre eux…
Il rouvrit brusquement les yeux, rompant le contact. Le halo blanc autour de sa main disparut et la rune de Malefoy se volatilisa. Le calme retomba dans la salle de classe. Tous les regards étaient braqués sur les deux compagnons qui s'appliquaient bien à ne pas se regarder.
- Nous sommes désolés professeur, fit calmement Harry. Je ne comprends pas ce qui s'est passé.
- Vous en parlerez avec le directeur, Monsieur Star.
- C'est inutile madame, cela ne se reproduira pas, assura le jeune homme.
Il n'était pas sûr de la véracité de ses paroles mais il comptait bien éclaircir la situation. Il détestait l'idée de pouvoir perdre le contrôle de ses pouvoirs de cette façon…
- À votre aise, mais sachez que si cela se reproduit je retirerai des points à vos maisons, précisa McGonagall.
Le cours se termina sans qu'Harry ne desserre les dents. Il quitta bien vite la salle de classe et alla s'enfermer dans la salle sur demande. Il tenta pendant des heures de ressentir à nouveau cette étrange magie, mais il ne parvint strictement à rien.
Il finit par abandonner et par rejoindre la grande salle. L'heure du repas était déjà arrivée et c'est perdu dans ses pensées qu'Harry s'assit à la table des Serpentards.
Des exclamations étouffées attirèrent son attention. Pour la seconde fois dans la journée, Wilkes fit une entrée remarquée. Harry s'étrangla en voyant la scène qui se jouait sous ses yeux. L'armoire à glace des vert et argent portait un tutu de ballerine et dansait sur ses pointes. Le Survivant cilla. Il venait de reconnaître – vaguement - les pas du ballet de Wilkes. Le Serpentard était en train de revisiter le Lac des Cygnes. Le spectacle n'avait certes rien à voir avec la version que la tante Pétunia avait passé en boucle pendant des semaines, afin de « pouvoir mener une discussion distinguée avec Mrs Lawrey », mais Harry était sûr qu'il s'agissait bien de ce ballet.
En revanche, le cygne qu'incarnait Wilkes n'avait rien de la grâce des danseuses étoiles habituelles. C'était plutôt un éléphant déguisé en oiseau.
Des rires et des sifflets s'élevèrent des tables des Gryffondors, des Serdaigles et des Poufsouffles alors que les Serpentards étaient au bord du suicide collectif. Leur maison n'avait jamais été aussi ridicule. Quant à Harry, il tentait tant bien que mal de ne pas s'esclaffer – ça aurait fait mauvais genre…
Le spectacle dura un moment sans que les professeurs ne parviennent à stopper les pas de danse de la brute des verts et argents. Mais suivant le mouvement général de sa nouvelle maison, le Survivant dû partir à contrecœur. Il aurait volontiers assisté à la mort du cygne s'il n'avait pas eu mieux à faire - sauver ce monde par exemple…
Faussant compagnie à la masse des serpents, le jeune homme se rendit rapidement dans la Salle sur Demande.
- À nous deux Voldemort, annonça-t-il en sortant le médaillon de sa poche. Destructo !
Au moment où son sort toucha l'Horcruxe, Harry comprit que ce ne serait pas aussi simple que ça. Il poussa un cri de douleur alors que des épines invisibles semblaient se planter dans sa main et laissa le bijou tomber à terre dans un petit bruit métallique assez inoffensif.
- Cura !
Les coupures de la main du Survivant ne se refermèrent pas malgré son sortilège. Il grogna. Pourquoi Voldemort était-il à ce point adepte des blessures physiques ? Il allait encore devoir aller voir le Dragon. Quelle plaie !
Le jeune homme s'assit sur le sol, face au bijou. Comment détruire un objet comme celui-là ? Apparemment ce ne serait pas facile… Dumbledore n'avait jamais dit comment il s'était débarrassé de l'Horcruxe de la bague des Gaunt… Quant au journal de Tom Jedusor, il l'avait détruit avec une dent de basilic. En y pensant, le basilic était toujours dans la Chambre des Secrets dans ce monde. Harry grimaça en regardant sa main. Il avait eu suffisamment d'émotions ces derniers jours sans avoir à ajouter un énorme serpent au regard tueur à sa liste.
Pendant des heures, il tenta donc toutes les techniques possibles et imaginables lui passant par l'esprit – sans succès. Tout y passa pourtant : sortilèges, armes blanches de tout types, potions (la Salle sur Demande était vraiment une merveille)… Même Hélios, arrivé entre-temps, tenta sa chance – sans plus de résultat que son compagnon.
La nuit était bien avancée, la fatigue commençait à embrumer l'esprit d'Harry ne faisant qu'augmenter sa frustration.
- Je n'ai pas fait tout ça pour m'arrêter là ! s'exclama-t-il.
Le phénix s'ébroua, affichant clairement son mécontentement en foudroyant l'objet du regard. Le Survivant se leva et tourna en rond dans la salle. Sa main l'élançait de plus en plus et il devrait certainement rapidement se rendre à l'évidence : rien ne marchait.
- Merde ! hurla-t-il en lançant contre un mur la première chose qui lui tomba sous la main.
Cela ne le soulagea pas vraiment. Il se tourna vers le médaillon. L'épuisement l'avait mis dans un état de fureur intense. Il sentit brusquement une force incontrôlable affluer dans ses veines. Tout se mit à trembler autour de lui. Des éclairs se mirent à crépiter partout dans la salle. Hélios eut un cri craintif. En le voyant, Harry réalisa que quelque chose n'allait pas. Que se passait-il ?
Le médaillon sembla soudainement chauffé à blanc alors que le Survivant sentait autour de lui la magie se déchaîner sans la moindre maîtrise. Un éclair s'abattit sur le bijou provoquant une onde de choc qui se répandit dans la salle, envoyant le jeune homme frapper durement contre le mur.
Et tout devint noir.
Il revint difficilement à lui en sentant quelque chose contre sa joue. Ouvrant douloureusement les yeux, il croisa le regard mordoré et inquiet d'Hélios. Le phénix s'écarta un peu alors que le sorcier se mettait difficilement en position assise. Il lui fallut un moment pour retrouver ses esprits.
Dès que ce fut fait, il regarda le médaillon. Il avait quelques traces de brûlé mais l'Horcruxe semblait avoir disparu. Harry cilla. Que s'était-il passé à la fin ?
Il se leva et remarqua que les blessures sur sa main avaient disparues. Il se tourna vers Hélios.
- C'est toi qui m'a soigné ? s'enquit-il, tentant de saisir ce qui avait bien pu se passer.
L'animal laissa échapper un trémolo joyeux. C'était bien lui.
- Et tu ne saurais pas ce qui s'est passé, tant qu'on y est ?
Hélios pencha la tête, d'un air perdu.
- Apparemment non, soupira le sorcier. Et bien, moi non plus…
16 août 2007
Merci à tchingtchong pour sa proposition de fleurs ;) C'est très gentil !
Je suis contente de voir qu'Hélios et son caractère plaisent, faut dire que j'adore ce personnage !
Pour Patmol qui semble s'interresser aux Impardonnables, sache qu'il est déjà prévu que l'Avada Kedavra soit au centre d'une réflexion un peu plus tard dans la fic, concernant les deux autres je n'y avais pas réfléchit mais c'est une bonne idée ! Je vais voir ce que je peux faire…
Pour Aryade, ce n'est pas faux que Harry s'en sort plutôt bien avec la potion, mais il aura besoin de Slughorn pour guérir. Enfin, peut-être que tu as raison, je n'y avais pas suffisamment réfléchi… Honte à moi ! Sinon, n'hésite pas à me faire partager tes longues inepties comme tu les appelles, elles me font très plaisir !
Pour ceux qui attendent impatiemment le héros de l'histoire, j'ai nommé Voldychou (je plaisante bien entendu) il sera question de ses frasques dans le chapitre douze mais il n'apparaîtra pas en personne avant le chapitre dix-neuf (à peu près, sauf changement de dernière minute). Ne pleurez pas, je me dépêche d'écrire tout ça !
De nouveau il me faut remercier Xelloss pour ses conseils et sa relecture !
Voilà, en attendant la prochaine partie, laissez moi UNE TONNE DE REVIEWS !!
