Les Maîtres des Dimensions

Résumé général : Alors que Harry déprime après la mort de Dumbledore, il rencontre Némésis, une étrange femme qui lui propose une mission : se rendre dans un monde parallèle dans lequel il aura un an pour créer un autre futur. Il part donc en 1976, dernière année de ses parents à Poudlard, sous le nom de Terry Star, accompagné d'Hélios son phénix mais également de Drago, qui a été renié par son père, portant le pseudonyme de Sylciu Celford. Ils se présentent comme des cousins venus d'Amérique.

Chapitre précédent : Le frère et la sœur Harbeter (deux serpentards) rentrent de l'enterrement de leur père et semblent porteurs d'une maladie très virulente qui s'étend petit à petit à toute l'école. Lorsque Harry tente d'utiliser les larmes de phénix comme médicament, la personne qui les a but décède rapidement. Drago, qui est malade, le secoue pour qu'il poursuive les recherches. James est très inquiet pour Sirius lui-même malade et les deux Préfets-en-Chef sont appelés à aider à la recherche d'une solution alors que le Ministre de la Magie met Poudlard en quarantaine. Une jeune Serdaigle de sixième année, Veena Sunlight propose son aide à Harry pour les recherches. Pour finir, le voyageur dimensionnel envoie James se coucher avant qu'il ne s'endorme dans un couloir.

Petite précision préalable Concernant la review de Shaynna, je dois bien admettre qu'elle m'a beaucoup embêtée. Je ne voudrais pas être taxée de plagiat, d'autant plus que j'ai eu l'idée de ces deux chapitres sur la base de la série 24 (pour l'idée de l'arme chimique) et que je me suis certainement également inspirée de NIH mais que je ne vois vraiment pas, excepté ces deux séries, ce qui pourrait s'en rapprocher autrement. Bon, j'espère en tout cas qu'il n'y aura pas de problèmes avec cette idée parce que ces chapitres me permettent de mettre la suite en placeEnfin, si quelqu'un a un commentaire à faire sur cette histoire, je vous en pris, je n'ai vraiment pas envie de créer de polémique

Chapitre 15 : Virus

Même s'il ne l'admettrait certainement jamais, James était reconnaissant à Star pour ses paroles. Il tombait de fatigue à force de courir dans tous les sens depuis plus de dix-huit heures.

Il arriva dans les appartements des Préfets-en-Chef avec plaisir. Mais à peine était-il entré qu'il s'arrêta. Sur le divan de la salle commune, Evans était assise, pleurant. Elle sursauta en le voyant. Elle essuya vivement ses larmes et s'apprêta à partir. Mais en quelques enjambées, son condisciple la rattrapa.

- Ça va ? demanda-t-il d'une voix douce.

- Un Elfe vient de me prévenir que Marlène est tombée malade… murmura-t-elle sans regarder son interlocuteur. Est-ce qu'on va tous y passer ?

James se le demandait…

- Bien sûr que non ! assura-t-il vivement. Qu'est-ce que tu vas chercher là ? Tout le monde est en train de faire des recherches et la solution va vite arriver.

- Qu'est-ce que tu en sais ? s'enquit Evans, désillusionnée.

- Je viens de voir Star, répondit le Préfet-en-Chef.

Il préféra ne pas dire que le Serpentard avait les traits tirés et se débattait furieusement avec des livres pas très coopératifs.

- Il ne peut pas gérer tout ça tout seul, fit la jeune fille. Je vais aller l'aider…

- Inutile, intervint James, il a une Serdaigle qui l'aide, Sunlight je crois.

- D'accord, alors je vais me coucher…

La voix d'Evans se brisa alors qu'elle s'éloignait. Mais son compagnon ne la laissa pas faire. Il l'attrapa par le poignet et réalisa qu'elle tremblait.

- Tu es sûre que ça va ? répéta-t-il.

Elle se tourna vivement vers lui, les yeux emplis d'une flamme de colère.

- Comment peux-tu me demander ça ? explosa-t-elle en tentant de libérer son poignet. Comment veux-tu que ça aille !?

Elle semblait complètement à bout de nerf. James commençait à sincèrement s'inquiéter.

- Depuis quand tu n'as pas dormi ? demanda-t-il.

Evans se débattit.

- Tu trouves vraiment que c'est le moment de se poser ce genre de questions ??

Le regard de James se durcit.

- Il faut que tu dormes sinon tu ne tiendras pas ! affirma-t-il avec vigueur. Tu as besoin de repos, tu ne pourras aider personne dans cet état.

Elle sembla soudainement se calmer, prise d'une profonde lassitude. Elle cessa de se débattre et laissa tomber sa tête contre le torse du jeune homme. Il se figea, il ne s'attendait pas à une telle action.

- Je n'arrive pas à dormir, murmura-t-elle d'une voix faible. Je… je fais des cauchemars… Je rêve que tout le monde est mort…

Mû par une impulsion soudaine, James l'entoura de ses bras.

- Ça n'arrivera pas. Je te le jure Lily.

Il s'attendait à se recevoir une gifle pour l'avoir appelée par son prénom mais au lieu de ça, elle s'accrocha un peu plus à lui. Le Gryffondor n'aurait pas pu dire combien de temps ils étaient restés ainsi, il se sentait étonnement bien. Mais il réalisa soudain que la jeune fille s'était détendue et que sa respiration de s'était faite régulière. Il eut un sourire attendri. Elle était tellement fatiguée qu'elle s'était endormie debout.

James eut un rire silencieux en prenant son homologue dans ses bras et en la conduisant à sa chambre. Elle avait définitivement besoin de repos. Il la posa délicatement sur son lit et soupira. Ce serait certainement la seule fois où il pourrait faire une chose pareille. Il fallait qu'une épidémie touche l'école pour qu'il puisse tenir dans ses bras la fille dont il était amoureux. C'était pitoyable.

Il poussa un second soupir en lui retirant ses chaussures et s'apprêta à partir lorsqu'il sentit quelque chose lui prendre la main. Il se retourna et vit avec surprise qu'Evans l'avait retenu. Elle semblait toujours dormir pourtant. James se mordit la lèvre, hésitant quelques instants sur la démarche à suivre puis décida d'envoyer au mage noir (1) les conséquences et de faire ce dont il avait envie.

Il s'allongea donc aux cotés de la jeune fille et s'endormit dans un soupir de satisfaction sans penser à la gifle qu'il ne manquerait pas de se prendre au réveil.


Harry étouffa un bâillement alors qu'un Poufsouffle hypocondriaque lui expliquait pour la cinquième fois en une heure qu'il était gravement atteint parce qu'il venait de faire une poussée d'urticaire.

Il se tourna vers Sunlight, à la recherche d'un soutien providentiel, mais la jeune fille était plongée dans la lecture d'un ouvrage intitulé « La varicelle du dragon, par Gunhilda de Goorsemoor » et qui d'après l'œil vide de la Serdaigle ne devait pas être passionnant.

Par bonheur, la nuit n'avait pas trop été agitée et aucun nouveau cas n'était à déplorer. Le soleil commençait à étendre peu à peu ses rayons et Sunlight montrait de plus en plus de signes de fatigue même si elle s'employait tant bien que mal à les dissimuler.

Dans un sourire bienveillant, Harry l'envoya se coucher et décida d'en faire de même après avoir réveillé James et Lily pour qu'ils prennent le relais. Il entra dans les appartements des Préfets-en-Chef, remerciant mentalement Dumbledore de lui avoir donné le mot de passe, et se dirigea vers la chambre de son futur père. Il fut surpris de la découvrir vide. Un poids se fit soudain sentir sur son épaule.

- Tiens, Hélios ! Où étais-tu passé encore ? demanda le Survivant, pour la forme avant de se tourner vers la seconde chambre.

Il soupira en regrettant que le phénix ne soit pas plus grand, sans quoi il aurait pu demander leur aide à Hermione et Némésis. Mais l'oiseau de feu était hélas encore trop jeune pour traverser les dimensions…

Le sorcier s'arrêta sur le pas de la porte en sentant son cœur se mettre à battre plus vite. Les deux Gryffondors étaient enlacés, tout habillés sur le lit qui n'avait pas été défait. Un sourire attendri fleurit sur les lèvres de Harry. Il était étrangement heureux de les voir ainsi.

Il sentit Hélios lui caresser la joue de la tête. Il se tourna vers le phénix et eut l'impression que celui-ci lui faisait un clin d'œil. Certainement avait-il rêvé. Il recula donc et ferma le plus doucement la porte. Il n'avait pas le cœur à réveiller le couple. Ils avaient l'air si bien…

Il sortit des appartements des deux jeunes gens avec une bonne humeur retrouvée. Il se rendait aux dortoirs de Serpentard lorsqu'il vit Sunlight débouler au coin d'un couloir.

- Star ! s'exclama-t-elle. Je viens de croiser le professeur McGonagall, Flitwick est touché et on a un nouveau mort. Marc McFurty, un première année de Serpentard.

L'allégresse de Harry disparut instantanément.

- Ça fait trois... récapitula-t-il. Merlin...

Il se laissa tomber le long d'un mur. Il avait peur. Terriblement peur de ne pas réussir à sauver ceux qu'il aimait… une nouvelle fois…

- Star ? appela doucement Sunlight. Est-ce que ça va ?

- Je sais pas trop… soupira l'interrogé. Je crois que cette histoire va mal finir…

- Alors tu baisses les bras ?

Il y avait de la déception dans la voix de la Serdaigle. Harry eut un rire amer en se relevant.

- Non. Mais mes recherches tournent en rond pour le moment. Ce n'est pas très encourageant…

- Ce n'est peut-être rien, mais j'ai remarqué un truc avec la liste des malades. Un point commun.

Le Survivant releva vivement la tête vers elle.

- À une ou deux exceptions près, ce sont tous des sangs-purs. Ça ne veut peut-être rien dire…

Harry porta sa main à sa tête. Elle le faisait souffrir. Le manque de sommeil devenait vraiment handicapant.

- Tu devrais peut-être aller voir Mrs Pomfresh pour qu'elle te donne une potion, signala Sunlight en le voyant grimacer.

- Pas le temps, grommela le jeune homme. On va fouiller cette histoire de sangs-purs. C'est le seul indice qu'on ait.

Il se tourna vers la Serdaigle et la vit sortir quelque chose de sa poche.

- Tiens, ce n'est pas aussi efficace que les potions mais ça t'aidera à diminuer ton mal de tête.

Harry reconnut sans mal ce qu'elle lui tendait.

- De l'aspirine ! Merlin soit loué, Sunlight tu es fantastique !

La susnommée se mit à rire, montrant clairement qu'elle trouvait qu'il exagérait un peu alors qu'Hélios laissait échapper un trémolo joyeux.


Lily ouvrit lentement les yeux. Elle se sentait étonnement bien. Elle sentait un souffle chaud lui caresser la joue. Elle leva le regard pour tomber sur un visage masculin. Les cheveux encore plus en bataille que d'ordinaire, James Potter était décidément craquant. La jeune fille sourit. Elle n'aurait jamais cru que ce m'as-tu-vu puisse être aussi attentionné. Peut-être était-il temps pour elle de revoir son jugement sur le farceur. Ces derniers jours lui avaient montrés une facette insoupçonnée de la personnalité de son condisciple. Et elle devait bien admettre qu'elle aimait beaucoup ce qu'elle avait découvert…

Elle hésita quelques instants avant de se blottir un peu plus contre lui et de se rendormir.


Albus regardait Terry et Miss Sunlight s'agiter au milieu d'un amoncellement de dossiers en faisant des grands gestes. Pas besoin d'avoir recours au mythique troisième œil pour comprendre qu'ils avaient trouvé quelque chose.

Le directeur s'approcha donc de ses deux élèves. Il croisa alors le regard vert de Terry. La fatigue y était omniprésente mais une détermination inébranlable s'y consumait également.

- Ah ! Professeur. Nous avons trouvé quelque chose d'étrange. Enfin, c'est surtout Sunlight qui l'a trouvé.

La jeune fille approuva de la tête, tendant une liste de noms au mage. Il les reconnut sans mal : les personnes contaminées.

- Nous avons remarqué que tous les élèves malades sont des sangs purs, expliqua-t-elle, oubliant sa timidité face à l'urgence de la situation. Enfin, à quelques exceptions près. Il est donc possible que la maladie touche en priorité les sangs purs…

Albus fronça les sourcils. Quelle idée étrange !

- Je sais que c'est bizarre, intervint Terry, comme lisant dans les pensées du directeur, mais d'après les moldus les enfants héritent du système immunitaire de leurs parents. Ce que nous pensons, c'est que celui des sorciers et celui des moldus sont différents et que donc les sangs mêlés et les nés de parents moldus ont des anti-gènes que les autres n'auraient pas. Pour le moment ce n'est qu'une idée comme ça, mais ça se tient… Et puis de toute façon nous n'avons pas d'autre piste alors mieux vaut fouiller celle-là. Nous avons trouvé quelques livres de médecine moldue dans la réserve et ils nous confortent dans cette idée mais on manque cruellement d'informations. Il n'y a vraiment aucun moyen d'avoir des contacts avec l'extérieur ?

Le vieil homme réfléchit quelques instants. La théorie des deux jeunes gens lui semblait complètement farfelue mais en même temps elle était la seule dont ils bénéficiaient pour le moment.

- Les phénix pourraient contourner la barrière ministérielle. Fumseck l'a déjà fait.

Terry se tourna vers Hélios.

- Ha ! Tu vas enfin pouvoir te rendre utile ! lança-t-il à l'oiseau.

Celui-ci afficha un air courroucé avant de se réfugier dans les bras de Miss Sunlight qui sembla pour le moins surprise.

- Faiseur de cinéma ! grinça l'envoyé de Némésis entre ses dents. Bon, nous aurions besoin de livres de médecine moldue. Dis moi Sunlight, tes parents pourraient s'en occuper ? On doit être discrets.

- Pas de problème, ma mère sera ravie de nous aider. Enfin, elle sera certainement très inquiète d'apprendre pour cette épidémie. Mais par contre, vous êtes sûrs que les phénix ne pourront pas répandre la maladie ?

Albus analysa rapidement la situation.

- Il va falloir que nous lancions un certain nombre de sortilèges sur Hélios et Fumseck mais il n'y aura pas de problème ainsi, expliqua-t-il.

Oui, c'était faisable. Avec l'aide de Terry, bien sûr.


James marchait à grands pas dans les couloirs de l'école de sorcellerie. Il s'était réveillé peu de temps plus tôt, tenant Lily dans ses bras. Elle dormait encore et il avait envie de garder ce moment privilégié pour lui seul. Mais, pensant à la gifle qui viendrait forcément après, il avait préféré se replier, quitte à faire de l'ombre au légendaire courage des Gryffondors. Courageux, oui, peut-être même téméraire, mais pas suicidaire tout de même.

Bref, James avait réalisé en retrouvant ses esprits que la matinée était bien avancée et que le milieu de la journée arrivait à grand pas. Et il avait du boulot. Il n'aurait pas du dormir aussi longtemps.

Il tomba sur Star et Sunlight au tournant d'un couloir. Ils avaient les bras pleins de livres et de parchemins de toutes sortes. Leurs cernes étaient aussi imposantes que celles de Remus après la pleine lune. Ils n'avaient pas dormi, c'était clair.

- Du nouveau ? demanda-t-il sans attendre.

- Oui, répondit Star sans attendre. Apparemment, les sangs purs semblent les premiers touchés par la maladie. On travaille sur cette piste.

James pâlit brusquement.

- Je suis un sang pur, souffla-t-il.

- Je sais, fit le Serpentard. Je suis désolé Potter. Mais la situation est grave et je pense que tu préfères savoir de quoi il retourne.

C'était vrai, mais c'était douloureux. Mais un bruit étrange attira l'attention du Préfet-en-Chef. Le phénix du nouveau venait d'apparaître, lâchant une dizaine de livres sur la tête de son maître. Celui-ci poussa un juron imagé à l'intention de l'oiseau qui feignit de rien entendre. Grommelant, Star ramassa les ouvrages éparpillés sur le sol.

- Ce sont les livres que nous envoie ta mère, signala-t-il à la Serdaigle en se massant l'épaule. Dit moi Potter, la médecine moldue, ça te tente ?

James cilla. Qu'est-ce que ça voulait dire ?


Lily se réveilla et fut prise d'une profonde déception. Il était partit. Elle ferma les yeux et ravala les larmes qui menaçaient de s'y insinuer. À quoi avait-elle pu penser ?

Elle enfonça son visage dans un coussin. Zut ! Quelle idiote elle était. Elle avait craqué. Elle était tombée amoureuse de Potter. Malgré elle, elle se mit à sangloter.

- Je suis minable, hoqueta-t-elle tristement.

Puis elle se mordit la lèvre. Non ! Elle ne pleurerait pas pour James Potter. Elle était Lily Evans, préfète-en-chef de Poudlard et ce garçon n'avait pas la moindre importance. Elle avait du travail et elle devait s'y atteler.

Elle inspira profondément, s'aspergea le visage d'eau glacée et partit rejoindre l'infirmerie où on avait certainement besoin d'elle. Mais alors qu'elle passait devant la grande salle afin d'y récupérer un peu de nourriture, elle tomba sur une scène assez improbable. À la table des Serpentard, quasiment vide, étaient installés Potter, Star et Sunlight, plongés dans la lecture attentive de livres qui semblaient, à première vue, moldus.

Vision assez étrange il fallait bien l'admettre. Lily croisa le regard de Dumbledore. Et malgré les circonstances alarmantes, les yeux bleus du directeur pétillaient en se posant sur le groupe inattendu.

- C'est étrange, ce truc, objecta Potter, attirant l'attention des deux autres.

Ils se penchèrent vers lui.

- Les moldus se servent des maladies pour en faire des armes ?

Star approuva de la tête.

- Oui, les armes biologiques. Pourquoi ?

- Et bien, il est dit ici qu'ils ont fait des recherches pour que les… euh… virus, c'est comme ça qu'ils les appellent, puissent cibler une catégorie de personne en particulier mais qu'ils n'ont pas rencontré un franc succès.

- Je préfère pas savoir qui a fait ce genre de recherche, grommela Sunlight.

- C'est vrai que c'est assez sordide, grimaça Potter, mais imaginez qu'un sorcier ait reprit ces recherches et qu'avec l'aide de la magie il est créé un virus qui cible en premier lieu les sorciers.

- Ça ressemble à de la science-fiction, signala la Serdaigle.

- Mais Cesarus Harbeter, le père des deux premiers malades, était chercheur à Ste Mangouste, reprit le Maraudeur, et les mauvaises langues disent que c'était un Mangemort.

- Mais enfin, Voldemort…

Tressaillement général.

- Oh, s'agaça Star, ce n'est qu'un nom ! Bon, je disais donc que Voldemort ne voudrait certainement pas d'une arme copiée sur les moldus et tuant les sangs purs en priorité !

- Professeur Dumbledore !

Un préfet du Poufsouffle venait d'entrer en trombe dans la salle.

- C'est le professeur McGonagall, Monsieur, elle vient de perdre connaissance.

Potter poussa un juron coloré et se leva d'un bon mais il s'écroula presque aussitôt.

- Merde ! s'écria Star en s'agenouillant près de lui. James ! Réponds moi !

Mais il ne servit à rien de secouer le Préfet-en-Chef. Il avait lui aussi contracté la maladie. Lily secoua vainement la tête. Elle était en plein cauchemar. Dorcas, Black, Marlène et maintenant Potter. Allaient-ils tous mourir ?


Fou d'inquiétude, Harry secouait son futur père avec l'énergie du désespoir sans même se rendre compte qu'il l'avait appelé par son prénom, ce qu'il n'était pas censé faire puisqu'ils ne se connaissaient théoriquement pas. Mais le Survivant était bien loin de toutes ses considérations. D'un sort, il souleva le corps du Préfet-en-Chef et l'entraîna le plus vite possible vers l'infirmerie.

Agrandie magiquement, celle-ci faisait à cet instant la taille de la grande salle et il avait fallu faire appel à des volontaires pour aider Mrs Pomfresh. En entrant dans les lieux, Harry remarqua qu'un drap était posé sur un lit, recouvrant entièrement son occupant et que le dragon, le visage fermé, étendait un autre sur le visage d'une jeune fille.

- Non ! hurla Lily. Dorcas !

Sunlight la retint tant bien que mal alors que l'infirmière se dirigeait vers eux.

- Mettez le là, Star, dit-elle d'une voix plus aiguë que d'ordinaire.

- Où en est-on ? demanda le susnommé en s'exécutant.

- Didier Green, un Serdaigle de cinquième année et Dorcas Meadows viennent de mourir. Constantin Lorney, un Serpentard de troisième année, ne va pas tarder à les suivre. Et professeur Chourave est également très atteinte. Le nombre de malade augmente à chaque minute. Vous devez trouver quelque chose, parce que je suis impuissante…

Harry n'aurait jamais cru voir un jour Pomfresh dans un tel état. Elle semblait complètement désespérée. Il regarda la pièce et poussa un soupir. Il comprenait bien pourquoi… son regard se posa sur Drago et Sirius, dont les lits étaient côte à côte. Ils étaient d'une pâleur à faire peur et avaient sombré dans l'inconscience. Allaient-ils mourir eux aussi ? Le voyageur dimensionnel refusait cette idée avec force.

La théorie de James était-elle la bonne ? Une arme biochimique ? C'était plausible dans le monde de Harry, mais en 1976, où en était la recherche concernant ces armes ? Le Survivant n'en avait pas la moindre idée. D'autant plus que sa culture sur le sujet s'arrêtait aux films américains (pas forcément très intelligents) que regardait Dursley. Il soupira profondément et se frotta le visage avec la ferme intention de se réveiller. La fatigue se faisait plus présente à chaque moment et le mal de tête était revenu. Il allait falloir qu'il demande une autre aspirine à Sunlight, ça lui avait fait beaucoup d'effet. Et il faudra également qu'il fasse un tour par les cuisines, un café serait le bienvenu.

Lily pleurait en tenant Meadows, comme pour ne pas admettre qu'elle n'était plus. Harry serra les dents. Que s'était-il passé ? Cette affaire n'aurait pas du avoir lieu ! Dorcas Meadows devait entrer dans l'Ordre du Phénix, pas mourir maintenant.

- Tout a changé… murmura le jeune homme.

Il ne savait pas si c'était en bien ou en mal… Il avait sincèrement peur. De nouveau il regarda James. S'il venait à mourir Harry aurait l'impression d'avoir échoué. Peut-être aurait-il réellement échoué. Il ferma les yeux, son cœur battait fort dans ses tempes. Il sentit une main se poser sur son épaule. Lily s'était levée et l'observait d'un regard plein de larmes.

- Ça va ? Demanda-t-elle d'une voix enrouée.

- Oui, affirma son futur fils en tentant de se convaincre. Il faut que je retourne aux recherches.

- Je peux venir avec vous ? S'enquit la Préfète-en-Chef.

- Plus on sera, plus vite on ira… Sunlight ?

La Serdaigle se tourna vers son nouveau condisciple. Elle opina du chef et suivit sans mot les deux septièmes années. Après un passage éclair aux cuisines et avec plusieurs litres de café sous le bras, les trois compagnons rejoignirent leurs livres.

Quelques heures plus tard, on leur annonçait de décès de Constantin Lorney rapidement suivi par le professeur Chourave. Et le stress des chercheurs augmenta un peu plus. Le professeur Slughorn s'était joint à eux, et ils tentaient d'approfondir la théorie du Préfet-en-Chef, priant silencieusement pour qu'elle fût la bonne, mais elle était de toute façon la seule qu'ils avaient en stock.

Mais brusquement l'enseignant tituba.

- Professeur Slughorn ! s'exclama Lily en se levant.

Encore une personne atteinte par la maladie. L'épuisement, le désespoir et l'inquiétude menaçaient de submerger Harry d'un moment à l'autre. Et sa tête le faisait de plus en plus souffrir.

- Remus et Pettigrow ont été touchés, dit la Préfète-en-chef en revenant après avoir déposé le maître des potions. En fait, quasiment tout le monde a contracté la maladie. Il ne reste plus que quelques élèves en bonne santé, la plupart sont nés de parents moldus. Je crois que la théorie de Potter est la bonne. Mais ce que je me demande c'est pourquoi tu n'as pas été touché, Star. Tu es un sang pur pourtant ! Et tous les sangs purs sont malades.

- Je suis un sang mêlé, répliqua-t-il par réflexe.

- Et ton mal de tête ? demanda Sunlight. C'est un des symptômes. Tu es peut-être malade !

Les regards des rares personnes présentes dans la grande salle se posèrent sur Harry. Il afficha un air agacé.

- Je vais très bien, affirma-t-il, et…

- Star ! Evans ! appela quelqu'un.

Un Poufsouffle arriva brusquement.

- C'est Dumbledore… haleta-t-il. Il… il est malade… il demande à parler à Star…

Le Survivant pâlit. Non, pas le directeur ! Il se redressa en quatrième vitesse et courut à en perdre haleine vers l'infirmerie. Elle avait encore été agrandie, mais Harry ne le réalisa même pas. Il arriva devant Dumbledore. Le vieil homme, inconscient, était livide et respirait difficilement. Le voyageur dimensionnel attrapa le poignet du directeur.

- Cette fois je vous sauverais professeur, murmura-t-il avec une sourde colère dans la gorge. Je vous jure que je vous sauverais…


Lily regarda Star rentrer dans la grande salle. Il semblait complètement vidé de ses forces mais une étincelle déterminée vibrait dans ses yeux. La Préfète-en-Chef décida de lui faire confiance et de laisser les mystères qui entouraient le jeune homme de coté pour le moment. Elle était beaucoup trop inquiète pour ses camarades pour le moment.

Elle vit Veena – elle avait décidé d'appeler la Serdaigle par son prénom – donner deux comprimés à Star.

De l'aspirine, un médicament moldu.

Et le Serpentard qui n'était pas malade.

La théorie de James (tiens, depuis quand c'est James ? Ce n'était pas le moment de penser à ça).

Les larmes de phénix.

- Nom d'une chouette ! Bien entendu !! S'exclama-t-elle brusquement. Voilà pourquoi tu n'es pas malade ! Grâce à l'aspirine.

Le vert et argent cilla en la regardant.

- Qu'est-ce que tu racontes ? demanda-t-il.

- Réfléchis, si la théorie de James est la bonne et que quelqu'un veut créer une maladie qui touche les sorciers, cette personne fera tout pour que les potions et les sorts ne marchent pas, même qu'ils aggravent la situation. Mais les médicaments moldus, non ! C'est pour ça que Mike Stevenson, le Serdaigle qui a prit les larmes de phénix, est mort aussi vite. Il s'agit d'une des méthodes de guérison les plus magiques qui soient !

- Ça voudrait dire, comprit Veena, qu'en tentant de les guérir, Mrs Pomfresh…

- … est en train de les empoisonner, termina Star. Merde !

Les trois compagnons se levèrent d'un bon et s'élancèrent vers l'infirmerie. Peut-être avaient-ils tort, peut-être faisaient-ils fausse route, mais Lily voulait croire en sa supposition. Le dragon était sur le point de donner une potion à James qui avait reprit conscience.

- Arrêtez ! cria Veena.

Sans attendre, la Préfète-en-Chef attrapa le gobelet et le fit tomber à terre dans un bruit de verre cassé.

- Qu'est-ce qui vous prend ? s'étrangla l'infirmière alors que James (enfin, c'est Potter ! Pas James) affichait un air complètement dépassé.

- Nous pensons qu'il s'agit d'un virus fabriqué par un mangemort sur le modèle d'arme chimique moldue dans le but de toucher les sorciers en priorité, expliqua Lily, par conséquent il est très possible que les potions et autres ingrédients sorciers ne fassent qu'empirer les choses.

Mrs Pomfresh eut un cri muet, horrifiée.

- Que tout le monde cesse de prendre les remèdes qui lui ont été donné ! Ordonna-t-elle, reprenant ses esprits.

- Star ! Appela une voix.

Le regard de la Gryffondor se posa sur Rogue (tiens, il était malade lui aussi ? Un de plus à ajouter à la liste) qui soutenait Terry, l'empêchant de s'écrouler sur le sol. Le nouveau était pâle et apparemment très faible.

- Mr Star, allez vous coucher ! Intima l'infirmière.

L'ordonné se releva difficilement.

- Tout va bien, affirma-t-il avec une mauvaise foi caractérisée. Ne vous en faites pas.

Ben voyons, il suffisait de le regarder pour se rendre compte qu'il était prêt à courir un marathon ! Lily secoua la tête. Les sarcasmes ne lui allaient pas bien. Elle ferait mieux de se concentrer. Veena non plus ne semblait pas être dans son assiette.

- De toute façon, intervint cette dernière, nous ne pouvons rien faire sans recevoir de l'aide. C'est une chose de savoir que cette maladie doit être guérie par des moyens moldus, s'en est une autre de savoir comment. Nous ne sommes pas épidémiologistes !

La Serdaigle avait raison. Cette fois, les livres ne suffiraient plus.

- Nous avons besoin d'un médecin moldu, conclut James.

- Vous voulez nous faire soigner par un moldu ? S'étrangla Rogue. C'est de la folie ! De toute façon un moldu ne peut pas venir à Poudlard, d'autant plus avec la quarant…

Il fut prit d'une quinte de toux incontrôlable qui l'empêcha de terminer sa phrase.

- Tu préfères mourir comme ça peut-être ? Grinça Star, profondément agacé. Je te signale que ce sont tes amis encagoulés qui nous ont mit dans ce pétrin !

- Ce n'est pas le moment de se disputer, le coupa durement Veena, d'autant plus que des épidémiologistes, ça ne court pas les rues et que comme dit Rogue, nous sommes en quarantaine.

- Abruti de ministre, s'exclamèrent d'une même voix Star et James.

Lily et la jeune Serdaigle échangèrent un regard amusé. Mais le problème les empêcha de savourer complètement le moment. Il était vrai que cela n'allait pas être facile…

- Peut-être que quelqu'un a un médecin moldu dans la famille ou dans les amis, proposa le Préfet-en-Chef.

Rogue avait définitivement décidé de bouder la conversation. L'idée de faire appel à des moldus le mettait apparemment dans tous ses états.

Star renifla avec une certaine ironie.

- Ce serait trop beau qu'un de nos condisciples aient un épidémiologiste dans la famille ! Ricana-t-il.

Un rapide sondage auprès des élèves malades et des rares encore sains donna raison au Serpentard : il n'y avait aucun médecin spécialisé dans les épidémies parmi l'entourage familial des élèves et même pas de généraliste.

- Et voilà, affirma Star, dépité, quand ça commence…


En effet, les choses n'allaient pas s'arranger. Deux nouveaux morts étaient à déplorer et personne ne semblait avoir d'idée sur la façon de s'allouer les services d'un médecin moldu.

- Au diable les convenances, s'exclama le nouveau, profondément agacé, on en kidnappe un et ensuite on lui efface la mémoire avec un sort d'oubliette et puis… zut !

Veena tordit le nez. Star ne semblait pas apprécier d'être impuissant. D'autant plus qu'à chaque minute qui passait, il était un peu plus faible et bientôt il ne pourrait plus être d'aucune utilité, cloué à un lit d'infirmerie. La Serdaigle sourit, amusée par l'agacement du jeune homme.

Un peu plus loin, Lily se creusait la cervelle. La plus jeune des trois chercheurs elle aussi était dans ses pensées. Que faire ? Même si elle semblait folle, l'idée de Star était la seule à disposition.

- Si on fait ça, ça risque de rendre nos relations avec les moldus assez tendues ! jugea la bleue et bronze. On pourrait simplement aller voir un épidémiologiste et lui demander de nous aider.

- Oh oui, je vois la scène d'ici : « bonjour docteur, nous sommes élèves à l'école de sorcellerie où sévit une épidémie touchant les sorciers en priorité, vous pourriez nous aider ? », ricana Star.

Veena le fusilla du regard.

- Vous avez une meilleure idée ? siffla-t-elle, énervée.

- Non, affirma le jeune homme. C'est certainement la seule chose à faire. Je vais faire une déprime.

- Allons donc, et pourquoi ça ? rit Lily. Après tout c'est faisable. Les médecins sont censés vouloir aider leur prochain !

- Ouais, ben je suis pas convaincu, annonça le Serpentard. Et toute cette histoire à un goût de mauvais feuilleton de série B voire de série Z !

La préfète-en-chef pouffa.

- Tu as l'air de t'y connaître en culture moldue, jugea-t-elle.

- Ouais. Bon, vous avez une idée de quel médecin on doit aller voir ?

- Ma mère a fait une recherche, intervint Veena. Zacharie Brasey, il est spécialisé dans les épidémies pour le ministère de la santé moldu. Ses bureaux sont à Londres. Il a toute une équipe sous son autorité.

- Génial ! grommela Star. Ça fait combien de personne à enlever ?

- On ne va pas les enlever, reprit Lily avec patience, on va demander leur aide.

- Et une fois qu'on leur aura parlé de magie et qu'ils nous prendront pour des fous on sera obligé de les enlever, décréta le vert et argent.

- De toute façon, pour le moment on a aucun moyen de quitter Poudlard, tempéra la Serdaigle.

- Un portoloin, proposa le serpent.

Les deux filles se regardèrent avant d'observer leur compagnon.

- Tu sais faire les portoloins, toi ? s'exclama la Gryffondor.

- Ouaip.

- Le ministère va nous détecter, signala Veena. Et ils nous attraperont au vol.

- Si on l'utilise à l'aller, fit Star. Mais s'ils le voient pour le voyage de retour, ils ne pourront rien faire.

- Et comment on y va, alors ? s'agaça Lily.

- Ah, ça ? Les Sombrals…

La Serdaigle n'avait pas la moindre idée de ce que pouvait être les Sombrals, mais le Serpentard semblait sûr de lui.

- Tu ne comptes pas venir ? fit la préfète-en-chef avec une voix menaçante.

- Bien sûr que si ! s'exclama-t-il sur le ton de l'évidence.

- Tu es malade, appuya la rousse.

- Je vais très bien ! répliqua le nouveau.

Ce n'était pas vrai, ça se voyait. Mais Terry Star était certainement la plus grosse tête de mule que la Terre ait jamais portée. C'est ainsi, sans vraiment que Veena n'ait compris par quel stratagème, qu'il avait en quelques minutes fait plier l'inflexible préfète-en-chef et ils marchaient tous les trois dans le parc.

Lorsque le nouveau s'arrêta, dans un recoin isolé proche de la Forêt Interdite, la Serdaigle regarda autour d'elle d'un air dubitatif.

- Euh… Il n'y a rien ici, signala-t-elle.

- Veena a raison, renchérit Lily. On n'a pas le temps de faire des détours.

Leur compagnon eut un sourire avant de se tourner vers quelque chose que la bleue et bronze ne voyait pas. Son bras caressa quelque chose d'invisible.

- Je suis content que vous ne les voyiez pas, déclara-t-il sur un ton doux et assez surprenant. Même si ç'aurait été plus pratique en l'occurrence.

Il se tut quelques instants. Levant les yeux vers le ciel, Veena réalisa qu'un phénix venait de les rejoindre. Fumseck ou Hélios ? L'oiseau se posa sur l'épaule de Star. Ce devait être Hélios.

- Non, tu ne viens pas cette fois, fit son maître gentiment. Nous allons voir des Moldus.

Le phénix secoua la tête, mais obtempéra à la surprise générale. Il était pourtant connu à Poudlard pour n'en faire qu'à sa tête. Ce n'est qu'après l'avoir regardé s'éloigner que le Serpentard se tourna vers les deux filles.

- Les Sombrals sont là, dit-il calmement, vous ne pouvez simplement pas les voir. Je vais vous guider pour les monter. Vous êtes prêtes ?

Veena ne l'était pas. L'idée de monter un animal qu'elle ne voyait pas ne lui plaisait pas du tout. Elle n'était pas une Gryffondor et avait toujours été plutôt peureuse ! Avaient-ils vraiment besoin d'elle ? Le nouveau ne lui laissa pas vraiment le choix. Il la prit par la taille et la posa sur quelque chose de… pas très agréable. Elle respira profondément, cherchant à chasser sa peur et à oublier qu'elle était assise sur un truc invisible et sans doute pas très ragoûtant.

Elle poussa un cri tant de surprise que de peur lorsqu'elle se vit décoller et clôt ses paupières, décidée à ne les ouvrir qu'une fois sur le plancher des vaches. Pourquoi avait-elle proposé son aide ? Il fallait toujours qu'elle veuille se sentir utile ! Quelle idée, vraiment ! Il y avait des jours où elle ferait mieux de rester couchée.

Une secousse la fit sursauter.

- Nous sommes arrivé, Sunlight, signala la voix de Star.

Étrangement, elle n'était pas moqueuse, plutôt attentionnée. Elle ouvrit les yeux et croisa le sourire du jeune homme qui lui tendait la main pour l'aider à descendre.

- Dépêchons-nous, pressa Lily. Rien ne nous dit que le ministère ne nous a pas repéré.

Veena regarda autour d'elle. Que faisaient-ils dans une ruelle sale et mal éclairée ? Tiens, la nuit était déjà tombée ?

- On est où ? Et vous pensez qu'il y aura toujours quelqu'un à cette heure-ci ? S'enquit la Serdaigle.

- Y a intérêt, grommela le vert et argent. Allons-y, nous sommes juste derrière les bâtiments où travaille notre médecin. Du moins si on se fie au sens de l'orientation des Sombrals.

La jeune fille n'était pas rassurée. Mais elle suivit tout de même docilement ses deux aînés et eut l'heureuse surprise de voir qu'ils étaient bel et bien au bon endroit et qu'il y avait de la lumière malgré les vingt-et-une heures passées.

- Que Merlin bénisse les bourreaux de travail, chuchota Star.

Du coin de l'œil, Veena le regarda. Il était vraiment de plus en plus pâle… L'observant avec plus d'attention, elle réalisa soudainement quelque chose.

- Mince ! On ne s'est pas changé, on n'est pas habillé comme des Moldus !

Les deux autres se regardèrent mutuellement.

- Zut, souffla Lily, il faut qu'on se change ! Une petite métamorphose et…

- Pas le temps ! la coupa le Serpentard. On y va !

Il n'attendit pas l'assentiment de ses compagnes et se dirigea vers la porte. Et là, il déchanta.

- C'est fermé.

La Gryffondor soupira et sortit sa baguette.

- Tu es un sorcier, par Merlin ! grogna-t-elle. Alohomora !

Star eut un sourire charmeur qui rappela à Veena celui de James Potter.

- Je ne voulais pas te priver de ton heure de gloire, fit-il, bon prince.

- Ben voyons !

Apparemment, Lily n'était pas dupe. Elle entra dans le bâtiment, suivie de près par ses condisciples.

- Et maintenant ? se hasarda Veena.

L'immeuble faisait dix étages tous pouvant contenir deux ou trois fois sa maison. Autant dire que ça n'allait pas être simple.

- Et qu'est-ce qui nous dit que le docteur Brasey est ici ? reprit-elle.

- Quel optimisme décapant ! grinça le vert et argent.

- Pour ta gouverne, je suis pessimiste et je le revendique ! affirma la Serdaigle.

- C'est par ici ! s'exclama la Préfète-en-Chef, coupant cet échange au combien instructif.

- Comment tu le sais ? s'enquit Veena.

Lily sourit.

- Contrairement à vous, je me souviens que je suis une sorcière ! affirma-t-elle. Le sortilège des Quatre-Points, vous connaissez ?

La plus jeune allait ouvrir la bouche pour demander si on pouvait se servir de ce sort pour repérer les personnes, mais Star la coupa.

- Fait attention à tes chevilles, Evans, ironisa-t-il avec un grand sourire.

Grâce au sortilège de la susnommée, les trois compagnons trouvèrent sans mal le bureau du médecin qu'ils recherchaient. Lily entra en premier. L'homme releva la tête de ses dossiers et cilla.

- Qui êtes-vous ? Que faites-vous là ? s'exclama-t-il en se levant.

Le Serpentard croisa les bras sur son torse et attendit visiblement que ses compagnes prennent la parole. C'est ce qui fit la Préfète-en-Chef, expliquant en détail au Moldu quelle était la situation.

Celui-ci les regarda de biais.

- Écoutez les enfants, je n'ai pas de temps à perdre avec ce genre de bobards. Je ne sais pas comment vous êtes entrés mais je vous conseille de rentrer bien vite chez vous rapidement sinon j'appelle la sécurité.

Star afficha un air victorieux alors que Lily se renfrognait.

- Je l'avais dit ! affirma le nouveau. On peut l'enlever maintenant ?

- Ça ne se fait pas d'enlever les gens comme ça ! siffla la rouge et or, agacée.

- Peut-être, répliqua l'autre, mais ça ne se fait pas non plus de laisser tout Poudlard crever !

- Poudlard ? répéta une voix féminine derrière les trois adolescents.

Ils se retournèrent pour découvrir une femme d'une cinquantaine d'année, tenant une pile de dossiers dans les bras.

- Vous connaissez Poudlard ? tenta Veena d'une petite voix.

- Mon neveu en est sortit l'année dernière, répondit l'interrogée qui semblait légèrement désorientée.

- Alléluia ! s'exclama brusquement Star en levant les bras au ciel. Si ça ne tenait qu'à moi, on vous décernerait l'Ordre de Merlin de première classe dans la minute ! Vous allez pouvoir convaincre Môsieur de nous suivre !

- Je croyais que les sorciers avaient recours à Ste Mangouste en cas de maladie, objecta la Moldue.

Le Serpentard grommela.

- Les médicomages ne peuvent rien faire, finit-il par dire, nous avons besoin de médecins moldus.

La femme le regarda de la tête aux pieds, le détaillant minutieusement. Cela ne sembla pas plaire au sorcier mais il ne dit rien. Veena le sentait à bout de nerf, ce qui expliquait certainement son attitude différente de d'habitude. Et puis sa pâleur devenait réellement inquiétante.

- Supposons que cette histoire soit vraie, intervint le docteur Brasey, pourquoi aucun de vos professeurs n'est ici ?

- Parce qu'ils sont tous en train de mourir ! s'emporta Star.

Il avait peur, comprit alors la Serdaigle. Il avait peur qu'ils ne parviennent pas à trouver une solution à temps et que tout le monde meure. Terry Star n'avait pas peur de sa propre mort, mais il était terrifié à l'idée qu'un autre puisse rendre l'âme. C'était étonnant comme sentiments, mais ce n'était certainement pas le moment de réfléchir à ça. La tête de Veena la faisait de plus en plus souffrir à tel point que la jeune fille avait bien comprit la situation : elle était malade, elle aussi.

- Si la maladie est aussi virulente que vous le dites, jugea le médecin, vous n'auriez jamais du quitter votre école ! Vous risquez de répandre l'infection.

- Poudlard et ses alentours sont en quarantaine, fit simplement le vert et argent retrouvant son calme. Écoutez, je sais parfaitement que nous n'aurions pas du sortir, mais comprenez nous. Nos professeurs et nos condisciples sont en train de mourir les uns après les autres et au stade où nous en sommes, les livres de médecine moldue ne nous sont plus d'aucune utilité. Et pour couronner le tout, nous pensons que tous les remèdes sorciers à notre disposition empoisonnent les malades. Nous avons besoin de votre aide. C'est la seule solution.

- Vous avez des morts ? s'enquit le docteur Brasey.

- Neuf lorsque nous sommes partis, répondit Star.

Le médecin pâlit. Il se tourna vers sa collège.

- Léonora, allez chercher les autres ! Nous allons suivre ces jeunes gens.

À cet instant un soulagement sans nom put se lire sur le visage du Serpentard qui se laissa tomber dans un fauteuil. Il semblait être complètement vidé de ses forces.

En quelques minutes, un groupe de six personnes portant d'énormes mallettes s'était réunit dans le bureau. Veena se sentait un peu intimidée, d'autant plus que Star paraissait avoir rejoint un autre monde, comme s'il n'était plus conscient ce qui se passait autour de lui. La maladie ? se demanda la jeune fille. Mais déjà Lily secouait le sorcier.

- Mais tu es brûlant ! s'exclama-t-elle, horrifiée.

Le jeune homme ne répondit pas et sortit de sa poche un médaillon avec un S ouvragé. Certainement un bijou de sa famille.

- C'est un portoloin que j'avais fait à l'avance au cas où. Il suffit que tu donnes un coup de baguette dessus, dit-il faiblement en tendant le bijou à la Préfète-en-Chef.

- Pourquoi tu ne le fais pas ? s'enquit cette dernière.

Il rit doucement.

- Ça fait un moment que je n'arrive plus à utiliser la magie, Evans.

Les deux filles se regardèrent, très inquiètes. La Gryffondor donna un coup de baguette alors que Veena se tournait vers les Moldus.

- Vous allez prendre le médaillon et le tenir fermement, d'accord ? fit-elle.

Les médecins se regardèrent, incrédule et le docteur Brasey s'apprêta à parler mais la dénommée Léonora le coupa.

- Faites ce qu'elle dit, ordonna-t-elle.

Secouant la tête ou affichant des airs septiques à agacés, les Moldus s'exécutèrent. Et le portoloin s'activa.


Harry détestait toujours autant les modes de déplacement magiques. Les portoloins inclus. Il tomba lourdement sur le sol. Il avait mal à la tête, successivement chaud et froid, preuve d'une fièvre élevée et son incapacité à utiliser la magie le rendait d'autant plus irritable.

Il regarda autour de lui. Les Moldus semblaient complètement désorientés, ce qui était somme toute assez logique. Mentalement, le voyageur dimensionnel se félicita d'avoir enchanté à l'avance le médaillon de Serpentard qu'il gardait toujours avec lui sans vraiment savoir pourquoi. Sans cela les choses auraient été beaucoup plus compliquées. Il ne restait plus qu'à espérer que les Sombrals n'aient pas de problèmes…

Ce fut la dernière pensée cohérente de Harry. Quelques instants plus tard, tout devenait noir autour de lui.


Voilà qui conclut ce chapitre ! Alors, quel est votre avis là-dessus ?

Bon, c'est certainement le dernier chapitre que je mets avant la sortie du tome 7 en français, donc je veux mettre quelques précisions à ce sujet. Premièrement, même si je m'inspirerais peut-être, rien n'est moins sûr, de ce tome, il ne sera pas prit en compte dans cette fic. Deuxièmement, je ne compte pas m'arrêter parce que la parution des livres sera achevée et qu'on aura eu la conclusion de J.K. Rowlings sur cette saga. En enfin, j'espère que vous continuerez à lire ma version de la sixième année de Harry !

Enfin, merci à tchingtchong pour la correction de ce chapitre !

A plus tard, donc, et bonnes lectures !

Eterna

(1) « envoyer au mage noir » : version sorcière de l'expression « envoyer au diable », rien à voir avec Voldy :p !