Les Maîtres des Dimensions
Résumé général : Alors que Harry déprime après la mort de Dumbledore, il rencontre Némésis, une étrange femme qui lui propose une mission: se rendre dans un monde parallèle afin de créer un autre futur. Il part donc en 1976, dernière année de ses parents à Poudlard, sous le nom de Terry Star, accompagné d'Hélios son phénix mais également de Drago, qui a été renié par son père,portant le pseudonyme de Sylciu Celford. Ils se présentent comme des cousins venus d'Amérique.
Chapitre précédent : La maladie s'étend dans Poudlard et commence à faire des victimes. Veena remarque que les sangs purs sont touchés en priorité et se demande si leur système immunitaire n'est pas en cause. Contre toute attente on assiste à un rapprochement entre James et Lily avant que celui-ci ne tombe également malade. Il semble que la magie ne fasse qu'empirer la maladie et que donc Mrs Pomfresh empoisonne ses patients sans le savoir. Dumbledore tombe malade et Harry jure de trouver comment le soigner. Il part avec Veena et Lily pour chercher des médecins moldus qui semblent être les seuls à pouvoir faire quelque chose. Mais lorsqu'il rentre à Poudlard il perd connaissance.
Chapitre 16 : Annonces
Harry revint à lui lentement. Sa bouche était pâteuse et quelque chose le gênait au niveau de son bras gauche. Il cilla et de la main droite tâtonna autour de lui à la recherche de ses lunettes.
Après les avoir trouvées et chaussées, il put regarder autour de lui. Il était dans l'antre du dragon, ce qui lui arracha une grimace. Ce qui le dérangeait au niveau du bras n'était autre qu'une perfusion. Il fallut quelques instants à Harry pour remettre les évènements à leur place. Regardant autour de lui, il remarqua que même si l'infirmerie n'avait pas retrouvée sa taille habituelle, elle était beaucoup plus petite quela dernière fois que le Survivant l'avait vue.
- Salut la belle au bois dormant, fit une voix rieuse.
Lily venait d'arriver près de lit de son futur fils, un grand sourire aux lèvres.
- Comment tu te sens ? demanda-t-elle.
- Mal réveillé, marmonna-t-il. J'ai dormi longtemps ?
La Préfète-en-Chef pouffa.
- Une semaine, annonça-t-elle.
- UNE SEMAINE !! répéta Harry en se redressant d'un bon.
- MONSIEUR STAR VOUS ÊTES DANS UNE INFIRMERIE !!
Le hurlement du dragon raviva le mal de tête du susnommé qui grimaça. Une femme vêtue de blanc s'approcha de lui.
- Vous avez l'air mieux, Monsieur Star, dit-elle gentiment.
Le jeune homme fronça les sourcils, tentant de se rappeler qui elle pouvait bien être. Elle sembla s'en rendre compte.
- Vous ne vous souvenez peut-être pas de moi, vous n'étiez pas très en forme lorsque nous nous sommes vus. Je suis Léonora McDouglas, du ministère de la santé.
Le Survivant se rappela brusquement. Il hocha la tête.
- Comment ça se passe pour les autres ? demanda-t-il.
La Moldue sourit.
- Apparemment vous êtes du genre à vous occuper de la santé des autres avant la vôtre, sourit-elle. Bien, nous avons trouvé un antibiotique efficace contre cette maladie et nous avons même mis au point un vaccin. Tout le monde est en train de se remettre.
- Combien de morts, finalement ?
- Treize, c'est le bilan définitif.
Harry ferma les yeux, un frisson le parcourant. Treize de trop… Treize vies qu'il avait échoué à sauver. Un grand bruit se fit entendre, attirant l'attention du jeune homme.
- C'est Potter et sa bande, grommela Lily.
Une chose étrange, informe, recouverte en partie de plumes fuchsia et de pelage kaki, d'après le peu que put voir le Survivant, passa en courant devant le lit du susnommé.
- C'était quoi ? fit le docteur McDouglas, incrédule.
- Sans doute Rogue… fit la Préfète-en-Chef, imperturbable. Les Maraudeurs vérifient que leur magie fonctionne bien.
La Moldue secoua la tête.
- J'ai décidément du mal à me faire au monde magique, dit-elle ne secouant la tête. Bien, Monsieur Star je vous laisse, mais je vous demande de vous ménager, vous nous avez fait très peur!
Le Survivant eut un pâle sourire alors que la doctoresse s'éloignait.
- Alors ? demanda-t-il en se tournant vers sa future mère. Quelles sont les nouvelles ?
Elle sourit.
- Le ministre a frôlé la syncope lorsqu'il a appris que nous avions amené des Moldus à Poudlard, ricana-t-elle. Mais comme ils ont trouvé une solution alors que les meilleurs médicomages de Sainte-Mangouste ne parvenaient à rien, il n'a rien pu dire mais il a fait croire que c'était son idée. Parce que le virus n'était pas que dans l'école mais touchait tout le monde sorcier. Les aurors ont découverts qu'il s'agissait de recherches menées par Cesarus Harbeter qui étaient en cause. Comme nous le pensions, il a tenté de créer sur la base des armes chimiques moldus un virus qui toucherait les sorciers. C'est pour ça que toute source de magie faisait progresser la maladie. Mais apparemment, il n'est pas vraiment arrivé à ses fins et son arme est restée inachevée. Les légistomages pensent qu'il est mort à cause de son propre virus.
- Mais pourquoi fabriquer un truc pareil ? fit Harry, encore un peu dans les vapes.
Lily haussa les épaules.
- C'était un Mangemort, on pense qu'il a fait ça pour Tu-Sais-Qui. Mais en fait on sait pas trop mais Tu-Sais-Qui n'a pas apprécié apparemment… On pense qu'il n'avait jamais demandé le développement de cette arme mais que Harbeter l'a fait pour… euh, lui faire plaisir.
Le Survivant grommela quelque chose d'intelligible alliant les mots « Voldemort » et « étrangler ». Puis soudain il sursauta, reprenant ses esprits.
- Comment vont Potter et Sylciu ? Et Sunlight ? s'enquit-il vivement.
- Calme toi, conseilla la rouge et or, ils vont tous très bien. Veena est tombée malade juste après toi mais le vaccin a été prêt quelques heures plus tard alors elle s'est très vite remise. Tu sais que nous sommes en colère après toi, Terry, tu nous as menti !
Le garçon afficha un air angélique et incompréhensif.
- C'est ça, fit son interlocutrice, prend moi pour une idiote ! Tu nous as dit que tu allais très bien alors que tu savais que tu étais malade. C'est de l'inconscience pure et simple ! Qu'est-ce qui t'a pris de vouloir jouer les héros comme ça ?
Harry sourit gentiment.
- Tu es agaçant ! siffla Lily en soupirant. Le professeur Dumbledore va faire un discours dans quelques minutes. Si tu me promets de te tenir tranquille, tu peux venir si tu veux…
- C'est trop aimable à vous, ô implacable Préfète-en-Chef ! répliqua le voyageur dimensionnel, moqueur. Mais Pomfresh risque de ne pas vouloir…
La Gryffondor rit doucement.
- Oh, ne t'en fait pas pour cela ! Elle a autre chose en tête ces temps-ci !
Elle montra du doigt l'infirmière qui discutait vivement avec un des médecins moldus. Harry les regarda sans comprendre ce que cherchait à lui montrer sa condisciple. Elle sembla s'en rendre compte parce qu'elle pouffa.
- Apparemment, il y a une chose pour laquelle tu n'es pas doué finalement, fit-elle victorieuse. Les sentiments ! Parce que ces deux-là font jaser toute l'école…
Le Survivant s'étrangla.
- Ne me dit pas qu'ils sont ensembles ! souffla-t-il.
Mais le sourire de Lily était hélas sans équivoque…
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Drago entendait sans y prêter attention Londubat discutait vivement avec Alice McSergly, sa petite-amie. Il avait d'ailleurs fort à parier qu'elle était également la future mère de ce balourd de Neville Londubat.
Non loin de là les quatre Gryffondors s'étant surnommé les Maraudeurs parlaient doucement. L'atmosphère était morose.
La porte de la grande salle s'ouvrit et Evans entra, accompagnée de Potter. Ainsi donc le héros était réveillé… Pour la première fois de sa vie, Drago qualifiait le Survivant de « héros » sans la moindre ironie. Ainsi donc c'était pour cela que Harry Potter était tellement aimé… Parce qu'il était près à tout pour aider les autres. Cette découverte laissait le renié partagé.
D'un coté, il était bien forcé de reconnaître que c'était une attitude admirable – elle lui avait d'ailleurs sauvé la vie.
Mais de l'autre, cette démonstration de bons sentiments purement gryffondorienne le dégoûtait… S'il ne passait pas son temps à vouloir secourir autrui, l'Élu serait certainement beaucoup plus fort. Il perdait son temps et son énergie à des causes vaines. Certaines personnes étaient trop faibles pour suivre le mouvement et elles devaient donc être laissées en arrière pour ne pas entraver la progression du groupe. C'était la loi de la nature et il était idiot de vouloir lutter contre.
Potter fit quelques pas dans la grande salle avant de se figer, blême. Drago regarda autour de lui, cherchant ce qui pouvait bien mettre un garçon capable de se battre en duel avec le Seigneur des Ténèbres dans un tel état. Son regard se posa sur les tentures noires qui ornaient la pièce. Les mêmes qu'après le Tournoi des Trois Sorciers. Les mêmes que pour la mort de Diggory. Ainsi le plus jeune champion de Poudlard ne s'était toujours pas remit de cela… Les morts continuaient à le hanter. Diggory, son parrain, Dumbledore… Ses parents ?
Drago jeta un coup d'œil par-dessus son épaule à Potter père. Il se demandait si ce garçon qui semblait si insouciant hantait l'esprit de son futur fils. Ce dernier avait rejoint d'une démarche mécanique la table des Serpentards. Son « cousin » surprit le regard attentif de Dumbledore sur le Survivant. Alors ici aussi le directeur était aux petits soins avec le Garçon-Qui-A-Survécu. Ce n'était pas vraiment étonnant finalement. Potter était de ces sorciers qui ne pouvaient laisser personne indifférent. Qu'on l'aime ou qu'on le haïsse, il tenait une place importante dans la vie de tous ceux qu'il avait croisé. Drago fronça les sourcils. Et lui, dans quelle catégorie se rangeait-il ? Il y a peu il aurait répondu sans hésitation qu'il détestait Potter. Qu'il le vomissait. Mais maintenant ?
Dumbledore demanda le silence, libérant sans le savoir le voyageur dimensionnel de son dilemme mental.
- Jeunes gens, je suis très heureux de vous voir réunis ici. Il y a quelques jours, nous n'étions pas sûrs de pouvoir nous retrouver ainsi. Aujourd'hui est donc un jour de joie, mais malgré tout, nous ne devons pas oublier ceux qui n'ont pas eu notre chance. Je vous demande donc un instant de recueillement pour Mike Stevenson en sixième année à Serdaigle.
Il marqua un pause, son regard bleu se posant sur la table des bleus et bronze.
- Joy et Daniel Harbeter, en quatrième et cinquième années à Serpentard.
Si chez les aigles, on montrait clairement de la tristesse, les serpents eux, demeurèrent de marbre. Il n'était pas dans les habitudes des disciples de Salazar de montrer leurs sentiments. Impossible donc de savoir si ce manque de réaction était un moyen de cacher de la tristesse ou s'il démontrait que les verts et argents n'avaient que faire de la mort de deux d'entre eux.
- Marc McFurty, première à Serpentard.
Décidément, l'ancienne maison de Drago avait été durement touchée.
- Didier Green, cinquième année à Serdaigle.
Et encore un membre des bleus et bronze. Ils semblaient encore plus abattus…
- Dorcas Meadows, septième année à Gryffondor.
Le renié sursauta. Meadows ? La fille timide qui était souvent avec Evans ? Elle était morte ?
- Constantin Lorney, troisième année à Serpentard.
Encore un serpent, nota Drago dans un coin de sa tête. Mais il était occupé à regarder Evans et McKinnon sangloter. La Préfète-en-Chef devait déjà savoir mais pas sa compagne. Certains malades étaient encore à l'infirmerie et c'était la première fois que la liste des morts était donnée aux élèves.
- Le professeur Pomona Chourave, directrice de Poufsouffle.
Il y eu un hoquet de surprise dans la salle. Un professeur était mort? Bien entendu, ils étaient tout aussi vulnérables que les autres, mais cette idée était difficile à admettre. Encore plus pour Drago. Car si Chourave était morte, elle ne pourrait jamais enseigner à son époque. Le jeune homme croisa le regard de Potter. Les choses avaient irrémédiablement changées…
- Brian Wellings, quatrième année à Serpentard.
Qu'est-ce que cela impliquait ? Drago avait du mal à appréhender la situation. En quoi leur simple présence avait-elle pu changer ce genre de choses ? S'ils n'étaient pas venus, cette épidémie n'aurait-elle pas eu lieu ?
- Nelly Lingholm, troisième année à Serdaigle.
C'était la première fois que le renié se posait ce genre de questions. Cette mission ne l'avait pas obsédé ces derniers temps… Mais il détestait ne pas comprendre…
- Todd Blane, première année à Poufsouffle.
Mais il ne pouvait pas croire que leur simple arrivée puisse avoir modifiée tant d'éléments. Avaient-ils fait quelque chose susceptible de provoquer un tel changement ? Lui, certainement pas. Mais Potter… Il avait bu cette potion de Voldemort, mais pourquoi ? Certainement pas pour expérimenter de nouvelles sensations ! Ce n'était pas dans le caractère de Saint Potter. Donc il devait y avoir une bonne raison. Et cette bonne raison était peut-être à l'origine de toutes ces modifications…
- Myriam Rousseard, septième année à Serdaigle.
L'Élu sursauta et pâlit. Drago se creusa la tête… Rousseard ? Ah oui, il se souvenait. Une fille qui était avec eux en défense contre les forces du mal. Elle faisait de charme à Potter, d'ailleurs. Mais le renié n'avait pas l'impression qu'ils sortent ensembles…
- Et Megan Campbell, sixième année à Gryffondor.
Il y eut un long moment de silence, en signe de recueillement. Drago laissa son regard courir d'une table à l'autre. Les visages étaient tristes et les traits tirés – excepté peut-être chez les Serpentards où les faces étaient plutôt inexpressives. Parmi eux, Potter semblait être épuisé malgré sa semaine de sommeil.
- Je tiens à remercier chaleureusement l'équipe du docteur Zacharie Brasey sans qui nous ne serions certainement plus là.
Les applaudissements surprirent le renié. Il s'attendait à des remerciements de rigueur mais ceux-ci semblaient parfaitement sincères. Les élèves de Poudlard avaient compris qu'ils devaient la vie à ces moldus, malgré tous les préjugés. Bien entendu, chez les serpents on était beaucoup plus réservé. Quand à Drago, il ne savait pas vraiment comment réagir. Heureusement, Dumbledore reprenait déjà la parole. Son sourire en coin et ses yeux encore plus pétillants que d'ordinaire inquiétèrent le renié.
- Aux vues de leur contribution vitale à cette affaire, j'ai jugé avec l'accord du ministère qu'il serait souhaitable de resserrer nos liens avec les moldus.
Drago eut un hoquet d'horreur. Qu'est-ce que ce vieux fou était encore allé inventer ? Le pire était à craindre.
- Il a donc été décidé que les cinquièmes, sixièmes et septièmes années auraient un voyage scolaire dans un pays étranger et fréquenteraient des établissements scolaires moldus.
Le voyageur dimensionnel était tétanisé. C'était une blague ? Une mauvaise farce, n'est-ce pas? Dumbledore faisait de l'humour (effroyable, cela soit dit en passant). Il ne pensait pas sérieusement les envoyer chez les moldus !
- Ce voyage aura lieu à la rentrée des vacances de Noël. En attendant, bon appétit à tous !
Drago n'avait vraiment plus faim. Chez les moldus ? Merlin lui vienne en aide, le directeur avait complètement pété les plombs ! Autour de lui, chacun y allait de son petit commentaire. Les Maraudeurs avaient l'air de trouver l'idée amusante, Evans affirmait que cela serait instructif… Mais le renié avait envie de vomir. L'idée de vivre avec des moldus même pendant peu de temps le rendait malade.
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- Mrs Pomfresh veut te voir, Star, annonça le préfet de Serpentard au concerné.
Harry grimaça. Le dragon le demandait ? Quel malheur ! Le pire était à craindre. Il se rendit à l'infirmerie en traînant les pieds et en grommelant. Il n'avait aucune envie de rejoindre l'antre de la bête.
Il entra toutefois et se figea. Devant lui se déroulait la scène la plus bizarre qu'il eût jamais cru voir ! Et pourtant il avait été témoin de beaucoup de choses et son imagination était fleurissante. Mrs Pomfresh et un des médecins moldus étaient en pleine séance de flirt assez inattendu.
- Hum, hum…
L'espace d'un instant, alors que Harry s'éclaircissait ainsi la gorge, il se demanda s'il ne ressemblait pas à Ombrage en agissant ainsi. Beurk… Définitivement, l'infirmerie n'était pas bonne pour sa santé. C'était évident ! Et s'il repartait ? Le dragon avait l'air occupé et mieux valait ne pas le déranger, ce n'était pas poli !
- Monsieur Star !
Loupé ! Arg, il était repéré. Grognant il vit Pomfresh s'approcher de lui d'une démarche volontaire, suivit de près par son jules.
- Oh ! Mon infirmière préférée, s'exclama Harry avec une fausse joie. Comment allez-vous, Mrs Pomfresh ?
- Cessez ceci, Monsieur Star, ça ne marchera pas. Avez-vous prit vos médicaments ?
- Oui m'dame !
- Et votre potion ?
Le Survivant s'étouffa.
- Encore une ? Mais j'ai déjà bu toutes celles qu'on pouvait imaginer la dernière fois !
- Le jour où vous cesserez de vous mettre ainsi en danger je cesserai de vous donner mille et une potions, Monsieur Star, mais jusque-là vous boirez tout ce que je vous donne! Restez ici, je reviens.
Sur ce elle tourna les talons et s'éloigna, partant certainement chercher une de ses boissons terribles.
- Tortionnaire ! siffla Harry dans son dos.
Il entendit un petit rire. Il se tourna et tomba nez à nez avec un homme d'une quarantaine d'année, les cheveux poivre et sel, les yeux brun, le visage anguleux.
- Je suis le docteur Timothée Jackson, j'étais là lorsque vous êtes venu nous chercher au ministère.
Le voyageur dimensionnel eut un sourire.
- Ah oui, je n'étais pas en grande forme à ce moment-là. Je suis Terry Star, enchanté.
Le moldu approuva de la tête.
- Je sais qui vous êtes. Votre nom est sur toutes les bouches ici. Notamment sur celle de Pompom. Vous lui en faites voir des vertes et des pas mûres d'après ce que je sais.
Harry tordit le nez.
- Elle exagère. Je ne suis ici que depuis quelques mois ! Et puis c'est elle qui me torture et qui s'acharne contre moi ! Je ne sais vraiment pas comment vous pouvez la supporter !
À peine avait-il dit ces mots qu'il les regrettait. Quelle gaffe ! Qu'est-ce qui lui avait prit de dire ça ? Mais contre toute attente, le docteur Jackson se mit à rire.
- Il est vrai qu'elle a un caractère bien à elle. Mais c'est ce qui la rend charmante !
Le Survivant gémit.
- Merlin, elle vous a ensorcelé ! Vous êtes sûr qu'elle ne vous a pas fait boire de l'Amortentia ?
- Je n'aime pas vos sous-entendus, Monsieur Star, gronda une voix derrière lui.
Le susnommé sursauta. Le dragon montrait le bout de son museau.
- Je vais vous faire une confession, ô maîtresse de l'infirmerie, annonça-t-il. C'est parce que je suis jaloux !
- Buvez votre potion et disparaissez ! ordonna Mrs Pomfresh.
Le jeune homme eut un grand sourire alors qu'elle repartait vers un autre de ses patients.
- Vous savez vous y prendre avec elle, observa le médecin, admiratif.
Affichant clairement sa jubilation, Harry avala sa potion avant de quitter rapidement l'infirmerie en sautillant joyeusement.
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James entra dans le bureau de Dumbledore où il venait d'être convoqué. Il se figea lorsqu'il vit Evans. Il avait du mal à savoir comment réagir avec elle depuis cette fameuse nuit la semaine précédente. Elle ne lui adressait plus la parole et agissait comme si rien ne s'était passé. Devait-il en faire de même ?
- Asseyez-vous, Monsieur Potter, nous vous attendions.
La voix aimable du directeur rompit la réflexion du Préfet-en-Chef.
- Je vous ai fait venir ici à propos des recherches que vous deux, Terry Star et Veena Sunlight avaient faites sur la maladie. J'ai décidé, avec vos professeurs, de vous décerner un prix pour service rendu à l'école.
- Étant donné que notre ministre a jugé qu'il valait mieux que ce soit lui qui récolte les lauriers et non de simples élèves, ironisa James, c'est vraiment très gentil de votre part.
Dumbledore eut un air amusé alors qu'Evans paraissait outrée.
- En plus de ce prix, j'ajoute cent points à chacun de vous pour cet excellent travail. J'imagine qu'après ça si l'un de vous désire devenir médicomage, il aura toutes les portes ouvertes… Encore une fois, toutes mes félicitations. Je vous laisse aller prévenir vos camarades.
Approuvant de la tête, le Préfet-en-Chef quitta le bureau directorial, son homologue sur les talons. Il la regarda à la dérobée. Elle l'ignorait tout bonnement. Il soupira. Que devait-il faire?
- Terry ! appela soudainement la jeune fille en s'élançant.
Le Serpentard, surpris, se retourna.
- Salut Lily, Potter. Qu'est-ce que vous faites là ? Parce que si vous voulez aller voir le dragon, je vous conseille une préparation mentale parce que c'est assez choquant !
Evans éclata de rire. Merlin qu'elle était belle…
- C'est Veena et toi que nous cherchons, dit-elle. Le directeur a décidé de nous décerner un prix.
Star grimaça. Cette idée ne semblait pas l'emballer outre mesure.
- C'est une bonne nouvelle, insista Evans.
Le nouveau secoua la tête avec un sourire désabusé.
- Si tu le dis, concéda-t-il.
- Tu es désespérant ! diagnostiqua la Gryffondor. Bon, allons chercher Veena. Elle est certainement encore dans la grande salle.
En effet, Sunlight y était bien. Et contrairement au vert et argent, l'idée de cette récompense sembla lui plaire même si elle ne jugeait pas vraiment la mériter… Elle était vraiment sympathique.
De bonne humeur, Harry s'était installé dans la tour d'astronomie. Il en avait assez de passer sa vie dans la Salle sur Demande et il n'avait pas sommeil malgré la nuit tombante. Il s'était donc assis dans l'encadrement d'une fenêtre, après avoir lancé quelques sorts pour éviter tout danger, il le côtoyait suffisamment sans en rajouter.
Le directeur avait annoncé que le lendemain aurait lieu une cérémonie où il remettrait leur prix aux quatre chercheurs. Cinq jours avaient passé depuis le réveil de Harry et tous les malades étaient désormais sortis de l'infirmerie. Les moldus repartiraient aussitôt la remise de la récompense effectuée. Bref, les sombres journées de cette épidémie s'éloignaient inexorablement pour le plus grand plaisir du Survivant.
La Carte du Maraudeur et sa cape d'invisibilité à portée de main, le jeune homme ouvrit son manuel de legilimancie. La pleine lune lui offrirait une bonne partie le la lumière dont il avait besoin mais en attendant un petit charme s'en chargerait.
Alors qu'il parcourait les lignes, Harry songea que cela faisait longtemps qu'il n'avait pas travaillé là-dessus. Trop occupé par ses entraînements en magie antique et les recherches pendant l'épidémie.
Il se lança donc dans les exercices, poussant de plus en plus le niveau. Mais soudain se passa quelque chose qu'il n'avait pas sentit depuis un moment. De nouveau il sentit la magie se mouvoir autour de lui sans qu'il n'ait la moindre prise sur elle. Un halo blanc l'entoura et quelque chose en lui se débloqua.
Il eut soudain l'impression que son esprit quitter son corps. Il volait dans les cieux, ses yeux voyaient jusqu'à l'horizon. Il battit des bras pour attraper un courant d'air ascendant. Il hoqueta brusquement. Ces bras ! Ils étaient devenus des ailes ! Il se débattit mais sans succès. Il vira, suivant le vent, et son regard tomba sur la tour d'astronomie. À une des fenêtres se découpait une silhouette humaine.
C'était lui ! Il sentit la terreur le prendre à la gorge. Qu'est-ce que cela voulait dire ? Il ne comprenait plus. Mais soudainement, il se sentit tomber.
«…pas faire ce devoir…»
«…mignonne mais franchement, elle est con…»
«…pas envie d'aller en potion demain…»
«…comment a-t-il pu me faire…»
- Taisez-vous ! tenta Harry.
Mais aucun son de sortit de sa bouche. Il marchait tranquillement dans les couloirs de Poudlard, balançant sa queue à droite à gauche et observant autour de lui. Avec un peu de chance il trouverait une souris ou un petit oiseau à se mettre sous la dent…
«…m'a trahi, comment peut-elle…»
«…il est mort. Pourquoi ? Ce n'est pas juste!»
«…sort du patronus. C'est vraiment trop dur, je n'y arriverais jamais…»
«…je vais gagner…»
«…quel emmerdeur ! Il…»
Harry n'arrivait pas à faire taire toutes ses voix et sa tête devenait de plus en plus douloureuse. Que lui arrivait-il encore ? Était-ce comme cette fois en métamorphose et ensuite lors de la destruction de l'Horcruxe du médaillon ? Il perdait le contrôle de ce qu'il faisait.
De nouveau il se sentit ballotté et se retrouva dans l'herbe, rampant tranquillement vers deux ombres qui se déplaçaient rapidement.
- Par isssssssssi petits humains ! Ssssssssss'est l'heure du dîner ! siffla-t-il.
Il sursauta. Un serpent ! Il était un serpent et il s'apprêtait à mordre quelqu'un! Il se concentra de toutes ses forces, pas question d'attaquer qui que ce soit !
- Ssssssssort de ma tête ! s'indigna l'animal.
- Pas quessssssstion ! répliqua mentalement Harry, en fourchelangue. Pas tant tu n'auras pas renonsssssssssser à les attaquer !
Il ne savait pas vraiment comment il s'y était prit pour répondre, c'était venu instinctivement.
- T'en as de drôle, l'humain, s'agaça le reptile, qu'est-sssssssse que je vais faire ssssssssi je ne peux plus mordre les autres ?
- Ne me dis pas que tu n'as pas d'autres occupassssssssssion que de mordre les gens ?
- Ssssssssssssssssssssses humains !
Mais Harry sentit clairement que l'animal n'attaquerait pas cette fois. Il se détendit et aussitôt.
«…pourrait aller au restaurant ce week-end, ce serait romantique…»
C'était la voix de Pomfresh ! Le Survivant comprit brusquement. Toutes ces voix, c'était les pensées des élèves de Poudlard ! Il était en train de faire de la légilimancie sans le contrôler.
- Tu es obligé de faire ssssssssa de ma tête ? s'enquit le serpent.
- Je ne maîtrisssssse rien ! lui répondit le voyageur dimensionnel.
Il eut conscience du rire moqueur de l'animal.
«…un monstre. Et si je blessais quelqu'un ? James, Sirius et Peter sont en danger. Ils ne devraient pas venir avec moi. Comment pourrais-je les regarder en face si je faisais quelque chose ? Et si…»
Lupin… Il ne semblait pas aller bien. Harry se concentra sur lui et reçut un flot de sentiments multiples émanant du jeune homme. Peur, douleur, colère, dégoût, culpabilité… Alors c'était cela que lui inspirait sa condition de loup-garou? Le Survivant compatit sans mot.
- Ssss'est un lycan ? Ben heureusssssement que je ne l'ai pas mordu ! J'aurais été bon pour une indigessssstion !
Le jeune homme décida de ne pas répondre. Il tenta de reporter son attention sur son futur enseignant. Mais il réintégra brusquement son corps et tomba rudement sur le sol, sonné. Il porta sa main à sa tête. Elle bourdonnait encore mais les pensées de ses condisciples ne lui parvenaient plus. Il resta quelques instants assit sur le sol afin de remettre de l'ordre dans son esprit.
Il finit par se relever et vit Mrs Pomfresh remonter vers le château, certainement après avoir laissé le Gryffondor. La lune montante commençait à éclairer de sa douce lumière le parc. Harry se mordit la lèvre. Savoir que le Maraudeur était aussi mal dans sa peau l'attristait profondément.
Mais soudain un sourire fleurit sur le visage du jeune homme. Il avait une idée…
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Franchement j'ai du mal à croire que le premier couple de ma fic est celui de Pomfresh et son médecin moldu… C'est triste de voir que je perds ainsi le contrôle de ce que font mes personnages ! Enfin bon, il y certainement plus grave…
Shaynna a fait une remarque à propos du nom de Dorcas Meadows. Franchement, j'ignore si cela à un rapport avec le rapport Meadows sur les limites de la croissance en 1972. Il faudra poser la question à J.K Rowlings puisque ce personnage est à elle. C'était normalement une membre de l'ordre du phénix morte avant James et Lily dans son combat contre Voldemort. Voilà pour la précision.
Concernant le chapitre précédent je me suis rendue compte que je m'avais coupé à un moment fondamental sans même le vouloir puisque dans ma tête cette affaire était terminée avec l'arrivée des médecins moldus. Vous avez d'ailleurs du vous rendre compte que je ne m'étends pas trop dessus.
Bref, ce chapitre permet la mise en place de l'action des prochains. J'espère donc qu'il vous a plus et attends vos commentaires sur la question ! Pour la mise en bouche, le prochain chapitre s'intitulera Potion.
