Les Maîtres des Dimensions
Résumé général : Alors que Harry déprime après la mort de Dumbledore, il rencontre Némésis, une étrange femme qui lui propose une mission : se rendre dans un monde parallèle afin de créer un autre futur. Il part donc en 1976, dernière année de ses parents à Poudlard, sous le nom de Terry Star, accompagné d'Hélios son phénix mais également de Drago, qui a été renié par son père, portant le pseudonyme de Sylciu Celford. Ils se présentent comme des cousins venus d'Amérique.
Chapitre précédent : Suite à une mésaventure d'occlumancie, Harry décide de réinventer la potion Tue-Loup. Pour cela il demande de l'aide à Drago mais également à Severus et Lily. Ils se rapprochent les uns des autres. Hélios vole le trophée pour service rendu à l'école de Harry, James, Lily et Veena, occasionnant une course-poursuite dans tout Poudlard. Lily invite Drago à passer Noël chez elle, puis en fait de même pour Harry. Le renié accepte mais décide de faire un sale coup à Harry et ne lui en parle pas. Les deux voyageurs créaient une nouvelle histoire pour expliquer que Harry soit un sang-mêlé. Celui-ci traite ensuite les Maraudeurs de Serpentards refoulés. Le lendemain, suite à un quiproquo, la rumeur d'une idylle entre Harry et Lily se répand, faisant définitivement du Survivant la cible privilégiée des Maraudeurs…
Chapitre 18 : Evans
Harry soupira en croisant son reflet dans le miroir ce matin-là.
- Très seyant, signifia Severus en passant près de lui.
Cela tira un nouveau soupir au Survivant. Il croisa le regard mordoré d'Hélios et aurait juré que le phénix riait.
- Je vous remercie de votre soutien ! annonça le voyageur dimensionnel. Bon qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire pour ça ?
- Connaissant le don de Potter pour la métamorphose, pas grand-chose à mon avis, observa platoniquement le futur maître des potions. Mais bon, tu es doué toi aussi…
Lestrange entra dans le dortoir et se figea.
- Encore ? fit-il. Mais qu'est-ce que tu as fait aux Gryffondors pour mériter ça ? Oh, et puis peu importe, trouve un moyen de l'annuler parce que tu fais honte à notre maison !
Sur ce, il ressortit. Harry secoua la tête d'un air agacé. Il ne savait pas qui été les plus énervants : les Maraudeurs ou les Serpentards ?
Il se tourna vers Severus.
- Tu sais faire les tresses ? demanda-t-il.
- Nous partirons après-demain avec le Poudlard Express. Mais parents viendront nous chercher à la gare.
Drago approuva de la tête aux paroles de Lily. Mais soudain il manqua s'étouffer avec son toast. Il vit Lily suivre son regard et avoir un air désolé. Potter venait d'entrer et il avait apparemment encore une fois fait les frais d'une blague de la bande de son futur père. Ses cheveux étaient devenus incroyablement longs et avaient prit une teinte verte fluo. Il ne semblait pas s'en émouvoir plus que ça. Il les avait coiffés en natte et discutait avec Severus sans tenir compte des regards surpris ou moqueurs posés sur lui.
- Idiot de Potter. Quand va-t-il arrêter ? souffla Lily.
Un coup d'œil au lion en question apprit à Drago que ce n'était pas pour tout de suite. Une semaine avait passée depuis que cette rumeur d'une aventure entre l'Élu et la Préfète-en-Chef avait été lancée et il ne passait pas un matin sans que le premier n'ait une mauvaise surprise. Il avait pris le parti de feindre l'ignorance, mais le renié se doutait fortement de l'effet que cette agressivité ouverte des Maraudeurs pouvaient avoir sur Saint Potter. De nouveau, il s'était enfermé dans les livres de magie et s'entraînait plus que de raison.
Affligeant. Comment son coéquipier pouvait avoir un tel cœur d'artichaut ?
- Le pire, reprit Lily, inconsciente des pensées de son camarade, c'est qu'il ne s'intéresse pas vraiment à moi.
Le renié leva un sourcil. Il y avait comme une pointe de regret dans les paroles de la jeune fille. Elle se tourna vers lui et sembla se rendre compte du regard surpris de son ami. Ami ? Drago sursauta à cette pensée, oubliant complètement son raisonnement. Merlin il était en train de perdre la tête ! Non seulement il s'intéressait aux états d'âme de Potter mais il se considérait comme l'ami de la rouge et or. Peut-être devrait-il appeler Ste Mangouste en urgence ?
Lily eut un rire nerveux.
- Non pas que je veuille qu'il s'intéresse à moi. Je trouve juste qu'il exagère…
- Bien entendu, fit Drago avec un sourire en coin.
Finalement, au mage noir Ste-Mangouste ! Ce n'était pas si désagréable que ça d'avoir des amis… À ce sujet, Potter et Severus s'étaient approchés d'eux. Enfin surtout Potter parce que son compagnon ne semblait pas vouloir de tenir trop proche de la table des lions, certainement de peur d'être contaminer par leurs bons sentiments… C'est décidément ce que Drago aurait du faire !
- Joli natte, fit ce dernier à son pseudo cousin.
Celui-ci sourit.
- Faut remercier Narcissa d'avoir volé à notre secours. Parce que Severus ne se lancera certainement pas dans une carrière de coiffeur !
- Cela ne faisait pas partie de mes idées d'orientation ! siffla l'intéressé à quelques pas de là.
Potter étouffa un petit rire alors que Lily et Drago souriaient à pleines dents.
- Bref, pour la potion, je propose qu'on attende la rentrée pour la finaliser et la tester, qu'est-ce que vous en dites ? fit l'Élu.
- Parfait ! approuva la Préfète-en-Chef.
À cet instant les Maraudeurs semblèrent s'agacer de voir le héros national et Severus trop près de leur table et commencèrent s'agiter. Levant les yeux au ciel, Potter s'éloigna. Le suivant du regard, Drago le vit passer à proximité de Sunlight.
- Superbe coiffure ! lança-t-elle avec un brin de moquerie.
- N'est-ce pas ? répliqua le jeune homme avec un air suffisant emprunté à son futur père ou parrain (le renié ne savait pas vraiment).
Cela dit en passant, il ne lui allait pas du tout !
Le surlendemain arriva bien vite et avec lui les vacances de Noël. Souriant, Drago tirait une valise assez succincte, compte tenu du peu de choses amenées dans ce monde. Il arriva dans la Grande Salle en même temps que Lily.
- Je suis contente que tu sois prêt. Allons vite chercher Terry ou bien nous risquons de rater le train, lui dit-elle.
Le jeune homme eut un sourire innocent. Son plan s'était déroulé à merveille…
Les registres de l'orphelinat de Tom Jedusor à éplucher. Voilà une activité fantastique pour les vacances de Noël ! Tournant une page jaunie et cornée, Harry tenta de ne pas bailler. Chercher les Horcruxes était peut-être fondamental mais c'était également assez rébarbatif. Il tritura machinalement le médaillon de Serpentard qu'il avait autour de cou. Après l'épidémie, Lily le lui avait rendu, pensant qu'il s'agissait d'un bijou de famille, assimilant le S du patronyme du fondateur à celui du nom d'emprunt du voyageur dimensionnel. Celui-ci ne savait pas vraiment pourquoi il gardait aussi précieusement le bijou, pourquoi il y était attaché. Peut-être était-ce un peu malsain… Après tout, ç'avait été un Horcruxe de Voldemort.
Il tourna une nouvelle page.
- Terry ? Tu n'es pas encore prêt ?
Relevant la tête, l'interrogé croisa le regard surpris de Lily alors que derrière elle, Drago avait du mal à caché son amusement.
- Prêt pour quoi ? demanda le Survivant, surpris.
La Préfète-en-Chef cilla avant de lancer un regard sévère vers le renié.
- Sylciu… fit-elle, menaçante.
- Aurais-je oublié de le prévenir ? observa le susnommé d'un air angélique.
- De me prévenir de quoi ? s'inquiéta Harry.
- Que tu étais invité à venir passer Noël chez Lily ! s'exclama Drago, sur le ton de l'évidence. D'ailleurs tu as accepté l'invitation !
Son équipier s'étrangla. Le blond lui jeta un coup d'œil.
- C'était trop drôle de te voir te morfondre à l'idée de passer Noël avec tes bouquins ! confessa-t-il.
L'envie de l'étrangler prit soudainement le Survivant mais son regard se posa sur le registre.
- Il vaudrait peut-être mieux que je reste ici pour… heu… travailler.
Lily sembla surprise mais Drago comprit visiblement de quel genre de travail il s'agissait. Après tout il avait laissé de coté la recherche des Horcruxes avec cette affaire de maladie… Les vacances étaient le moment parfait pour agir en toute liberté et discrétion. Le renié eu une mimique et attrapa le lourd volume du bout des doigts.
- Ne me dit pas que tu penses que cette… chose sera de meilleure compagnie que nous ! grimaça-t-il. Tu devrais savoir que les vacances sont l'occasion de se vider la tête ! Tu devrais la faire parce qu'à en juger par tes cernes, la tienne est sur le point d'exploser…
Harry cilla. Décidément, il ne reconnaissait plus Drago ! Mais il n'avait pas tort…
- Tu devrais te dépêcher si tu ne veux pas louper le train, signifia le renié.
- Tu me le payeras ! grinça son pseudo-cousin entre ses dents avant de s'élancer.
Derrière lui il entendit le blond s'écrier.
- Quoi ? C'était une bonne blague ! Pourquoi tu me regardes comme ça !?
- Ces garçons ! soupira Lily juste avant que son futur fils ne quitte la grande salle.
Il fit irruption dans le dortoir.
- Failamalle ! s'exclama-t-il en donnant un coup de baguette.
Il secoua Hélios qui dormait sur son lit. Le phénix lui jeta un regard courroucé.
- Changement de plan, lui signifia son ami. Je pars en vacances chez Lily. Tu peux venir si tu veux mais tu devras être discret parce que ce sont des Moldus…
L'animal eut une note joyeuse et s'envola, mais Harry ne fut pas certain qu'il ait intégré la seconde partie de la phrase.
Sans même regarder sa valise, il la réduisit et la fourra dans sa poche. Il se mit de nouveau à courir et arriva au Poudlard Express juste avant qu'il ne parte.
Lily poussa un soupir de soulagement en voyant Terry arriver, à bout de souffle. Sylciu avait vraiment un humour pitoyable ! Le Serpentard se laissa tomber sur la banquette du compartiment où se trouvaient ses deux amis, les joues rouges.
- Je suis contente que tu ais eu le temps d'arriver, sourit-elle.
- Qui en a jamais douté ? fit le blond en mordant dans une chocogrenouille.
- Idiot ! répliqua la jeune fille.
Hélios entra à son tour sur ces entrefaites et se posa sur les genoux de son maître. Le voyage commença tranquillement, Lily et Sylciu jouant aux échecs pendant que Terry lisait un ouvrage intitulé « Les mystères de la magie antique ».
Lorsque les deux rouges et ors eurent achevé leur partie, la Préfète-en-Chef se tourna vers le Serpentard pour lui demander s'il désirait jouer avec eux, mais elle eut un sourire avant même d'avoir ouvert la bouche. Le jeune homme s'était endormit, le livre sur le coté et les lunettes de travers. Il avait un air tellement innocent dans cette position. Sur ses genoux, Hélios avait lui aussi opté pour une sieste. Lily eut un sourire et, après avoir retirer les lunettes du nouveau, se glissa discrètement sur le coté pour attraper son sac. Elle en sortit l'appareil photo que ses parents lui avaient offert l'année précédente (moldu malheureusement, ce qui l'empêchait de l'utiliser dans Poudlard) et immortalisa le moment. Le bref flash ne réveilla même pas Terry.
- Surprenant, chuchota Sylciu.
- Quoi ? lui demanda la jeune fille sur le même ton.
- Qu'il dorme toujours. Il doit se sentir en sécurité ici pour avoir un sommeil aussi lourd…
L'américain n'en dit pas plus mais cette simple phrase relança la théorie de Lily selon laquelle les deux nouveaux n'avaient pas eu une vie facile…
Terry se réveilla quelques kilomètres avant l'arrivée à Londres et sembla à son tour surpris d'avoir dormi aussi longtemps. Hélios avait disparut mais il ne sembla pas s'en émouvoir outre mesure. Il était vrai que l'animal était assez indépendant.
Mais en sortant du train, le jeune homme émit un son désespéré. Lily descendit à son tour et comprit la raison de l'affliction de son ami. Il venait de retrouver son phénix.
- Quelqu'un sait qui c'est ? murmura Terry en désignant la femme à qui Hélios était en train de faire du charme.
La Préfète-en-Chef sourit. Difficile de ne pas le savoir ! La sorcière en question était l'étoile montante de la haute couture sorcière en Grande-Bretagne. Naïla Fergett, top model de son état, semblait apprécier l'attention de l'oiseau de feu. En apprenant cela, la grimace de l'américain s'agrandit.
- Je lui avais dit d'être discret ! gémit-il, atterré. Pourquoi n'écoute-t-il jamais ?
Il sembla réfléchir quelques instants avant de se tourner vers Lily.
- Dit moi, tu penses que tes parents aimeraient manger du phénix à la broche ce soir ? demanda-t-il.
La question désarçonna la jeune fille. Elle n'avait pas été dite très fort, mais Hélios sembla l'entendre puisqu'il se tourna brusquement vers son maître et s'élança vivement vers lui, surprenant tout le monde. Enfin, peut-être pas le jeune homme puisqu'il sortit avec une célérité digne d'un bretteur sa baguette et la pointa vers l'oiseau, le coupant net dans sa course.
- N'y pense même pas, Hélios ! ordonna-t-il.
L'animal lui jeta un regard flamboyant.
- Si tu continues comme ça, lui annonça son maître sans tenir compte du mécontentement de son interlocuteur à plumes, je mettrai ma menace de te faire cuire à la broche à exécution ! Ou pire ! Je t'enfermerai dans une cage comme un vulgaire canari !
Joignant le geste à la parole, Terry donna un coup de baguette sur le bec du phénix qui se prit soudainement une couleur jaune criarde assez ridicule. Hélios sembla s'en rendre compte et poussa un piaillement outragé mais son chant n'était pas aussi mélodieux que d'ordinaire.
- Hélios le canari, ça ne sonne pas si mal ! se moqua son maître.
Avec un mouvement d'humeur, le susnommé évita le Serpentard et alla se caller sur l'épaule de Sylciu.
- Je signale que je ne prendrai parti pour personne dans cette affaire ! annonça le lion.
Le phénix lui lança un regard meurtrier alors que Terry riait franchement. Les autres élèves de Poudlard, qui commençaient à être habitués (dans un certain sens) aux disputes du vert et argent et de l'oiseau de feu, regardaient la scène en pariant sur la victoire d'un des deux protagonistes – cette fois le jeune homme avait l'avantage. Mais les parents semblaient incrédules osant à peine croire ce qu'ils voyaient. Il fallait dire que même si le monde magique recelait son lot de surprises quotidiennes, il était assez rare de voir un adolescent se disputer avec un des animaux les plus vénérés de la création.
- Mes parents arrivent, signala Lily, mettant fin à la discussion.
Les trois compagnons s'avancèrent donc vers le couple des Evans.
Sa mère, Marianne Evans, était de petite taille avec des yeux noisette et des cheveux blonds. Elle avait un air ouvert et chaleureux. Elle s'avança vers le groupe en souriant gentiment.
Son père, lui, était d'une taille assez importante. Ses yeux étaient les mêmes que ceux de sa fille et ses cheveux étaient bruns. Il regarda avec une certaine réserve les deux américains. Lily eut un soupir intérieur. Stephen Evans n'allait tout de même pas refaire la scène du père surprotecteur !
Les deux Moldus eurent un moment d'arrêt. Suivant leurs regards, la Préfète-en-Chef tomba sur Hélios qui secouait la tête d'un air agacé.
- Euh… qu'est-ce que c'est ? hésita le père de la jeune fille.
Regardant le phénix, le Serpentard eut un rire ironique.
- Normalement c'est un phénix, expliqua Lily pince-sans-rire, mais suite à une dispute avec Terry, c'est momentanément un phénix-canari…
Ses parents eurent un air incrédule. Le maître de l'animal se tourna vers lui.
- Tu vois, avec tes bêtises tu me fais passer pour un fou ! reprocha-t-il à l'oiseau de feu.
Celui-ci lui lança un regard signifiant clairement qu'il ne compatissait pas le moins du monde et était même ravi par la situation.
- Papa, maman, je vous présente Terry Star et Sylciu Celford. Ils sont nouveaux à Poudlard, ils arrivent des États-Unis.
Les deux américains saluèrent le couple de la tête.
- Nous vous remercions de l'invitation, fit le vert et argent.
- Je vous en prie, jeunes gens, sourit la mère de leur amie, c'est un plaisir pour nous. Allons-y !
Ils s'apprêtèrent à quitter la quai 9 lorsque Terry se tourna vers Hélios.
- Je te rends ton apparence normale mais, pour l'amour de Merlin, ne te fais pas remarquer par les Moldus !
Une fois n'est pas coutume, le phénix s'en tint à l'ordre de son maître. Ils arrivèrent donc à la voiture de la famille Evans sans problème. Si le Serpentard semblait parfaitement dans son élément, Sylciu avait des yeux de merlan frit.
- Alors, comment trouves-tu le joyeux monde des Moldus ? s'enquit joyeusement le serpent.
La voiture ne roulait pas depuis un quart d'heure et le Gryffondor avait un teint aussi verdâtre que le blason de la maison de son cousin.
- Franchement, se moqua ce dernier, c'est moins désagréable qu'un voyage en portoloin ou par poudre de cheminette !
Sylciu offrit un grognement pour toute réponse. Terry se divertissait apparemment beaucoup. Après le mauvais tour que lui avait joué le lion un peu plus tôt, Lily ne pouvait pas le blâmer.
- Je suis navrée, jeune homme, fit sa mère. Nous arrivons bientôt…
Le malade émit un borborygme inquiétant et son cousin éclata de rire.
- La prochaine fois, prépare toi une potion contre le mal des transports ! fit-il moqueur.
- La ferme ! répliqua Sylciu avant d'avoir un haut-le-cœur.
Ils arrivèrent enfin chez les Evans. La maison était un pavillon typique de la classe moyenne, la famille avait toutefois du s'endetter pour l'acquérir. Ils n'étaient pas riches, mais pas pauvres non plus. Bref, le domicile était peint à la chaux, avec un jardin modeste, dans une banlieue de Londres.
Le Gryffondor ne cacha pas sa joie d'être descendu de « l'engin de torture » et Hélios s'élança pour faire le tour du propriétaire. Terry sembla avoir un instant d'hésitation mais il reprit vite la maîtrise de lui-même.
Tout allait bien jusqu'à ce que Pétunia apparaisse. Elle grimaça de façon visible en voyant les deux garçons.
- Qu'est-ce qui font là ces deux monstres ? cracha-t-elle.
- Nous sommes également ravis de vous rencontrer, mademoiselle, répondit Terry du tac-au-tac.
Lily vit les yeux de sa sœur s'agrandirent de stupeur.
- Ne… ne m'adresse pas la parole… Monstre !
Elle tourna les talons et s'en fut en claquant la porte.
- Charmante, grinça le Serpentard avec un air ironique.
- Je suis désolée, veuillez excuser ma fille, fit la mère de la Préfète-en-Chef, elle a du mal à accepter la magie…
- Compte tenu des réactions des sorciers envers les Moldus, on ne peut pas décemment vous en vouloir, signifia Terry, n'est-ce pas Sylciu ?
L'interrogé émit un grognement incompréhensible, tirant un sourire à son cousin.
- Il est d'accord, traduit le vert et argent avec un air un brin moqueur.
Décidément, il était de très bonne humeur. C'était un plaisir pour Lily de voir les deux américains aussi enjoués, même si le voyage en voiture avait considérablement refroidit le rouge et or.
- Lily, fit la mère de la susnommée, montre à tes compagnons la chambre d'amis, puis nous déjeunerons…
La chambre en question était plutôt petite aux yeux de Drago, mais ni sa condisciple, ni Potter ne semblèrent partager son avis. Il préféra donc ne pas faire de commentaires. De toute façon, son passage de cette voi-il-ne-savait-plus-quoi l'avait mis dans un tel état qu'il n'avait même pas envie de faire de sarcasmes.
Il aurait certainement dû mieux réfléchir avant d'accepter cette invitation. Merlin comment avait-il pu ne pas se rendre compte qu'il allait passer deux semaines avec des Moldus ?
Lily laissa les deux voyageurs dimensionnels seuls après leur avoir expliqué qu'ils avaient environ un quart d'heure avant le repas.
Potter se tourna vers lui.
- Ça va ? demanda-t-il avec une sollicitude toute gryffondorienne.
- Tu me crois si je te dis que je n'avais pas réfléchi au fait que les parents de Lily étaient des Moldus ?
Le brun éclata de rire.
- Si on m'avait dit, il y a un an, qu'un jour tu ne penserais pas au sang de quelqu'un, je ne l'aurai pas cru ! s'esclaffa-t-il. Mais dit toi que c'est une chance de te familiariser avec les us et coutumes moldues avant notre stage…
- Ne me dis pas que Dumbledore était sérieux avec cette histoire ?!
- Bien sûr que si !
Drago se laissa tomber sur un lit, les bras en croix.
- C'est un cauchemar ! gémit-il alors que cet imbécile de Potter continuait à rire.
Mais soudain, le renié se releva brusquement.
- Je n'ai que des robes de sorciers ! Pas un seul vêtement moldu ! s'exclama-t-il.
Son compagnon fronça les sourcils et sortit sa valise de sa poche.
- Je dois avoir une ou deux tenues qui iraient, mais pas plus… reste à espérer qu'elles soient là…
Le renié jeta un coup d'œil par-dessus l'épaule du jeune homme et leva un sourcil dubitatif.
- Tu peux me dire pourquoi tu as pris ton balai ? s'enquit-il, moqueur.
Potter se tourna vers lui, un sourire en coin.
- Mais bien entendu ! affirma-t-il. Vois-tu, une certaine personne dont je tairai le nom a oublié de me prévenir de l'invitation de Lily, j'ai donc dû préparer mes affaires rapidement afin de ne pas rater le train que j'ai d'ailleurs eu de justesse et avec un sprint digne des champions de cent mètres. Par conséquent, je n'ai pas eu l'occasion de vérifier les effets de mon sortilège qui a, semble-t-il, un peu débordé du sujet. Cette réponse te convient-elle ?
Drago eut toutes les difficultés du monde à ne pas éclater de rire. C'était étonnant pour lui d'être aussi décontracté en présence de Potter… Quand ce rapprochement avait-il eut lieu ? À quel moment le jeune renié avait-il cessé d'haïr l'Élu ?
Il sursauta brusquement, réalisant quelque chose.
- Dis Potter, Miss Tête-de-Cheval, c'est ta tante, c'est bien ça ?
Surpris, l'interrogé approuva.
- Oui, c'est chez elle qui j'ai vécu. Pourquoi ?
- Et bien, fit Drago, parce que pour le moment elle ne semble pas beaucoup aimer les sorciers !
- Rassure toi, c'est toujours le cas chez nous, intervint Potter en fouillant dans le capharnaüm qu'il avait l'audace d'appeler valise. Elle et mon oncle pensent que tout ce qui se rapporte à la magie est anormal… Ah ! Je les ai !
L'adversaire du Seigneur des Ténèbres tenait victorieusement les deux tenues moldues dont il avait parlé un peu plus tôt. Son compagnon ricana.
- L'usage d'un sortilège de repassage va s'imposer, signala-t-il moqueur.
- C'est sûr que je ne suis pas Andromeda Tronks, mais bon, tout est là, c'est le principal…
- Tante Andromeda ? répéta Drago. Que vient-elle faire dans cette histoire ?
Potter rit, comme se rappelant un bon souvenir.
- C'est Tonks – Nymphadora – qui m'a dit un jour où elle était venue me chercher chez moi que lorsque sa mère lançait le sort de failamalle, les chaussettes se pliaient toutes seules… Bref, tu vas pouvoir mettre une de mes tenues…
Le blond s'étrangla.
- Tu plaisantes ? Ça va m'être trois fois trop petit ! Parce que je voudrai pas te vexer – et si tu l'es c'est pas grave – mais tu n'es pas un géant, si tu vois ce que je veux dire !
- Je sais, je suis petit ! répliqua Potter. Mais c'est ça ou rien. Et puis avec un ou deux sorts on devrait pouvoir en tirer quelque chose…
Lorsqu'ils descendirent, Lily éclata de rire.
- Une séance de shopping s'impose, pouffa-t-elle.
- Je crois, approuva l'Élu, moqueur.
- La ferme ! grommela Drago.
Merlin, ce qu'il pouvait détester Potter !
Lily regardait avec un amusement voilé Sylciu tenter de s'adapter au monde moldu. Si Terry ne semblait pas éprouver la moindre difficulté, le blond paraissait tout bonnement dépassé par les évènements. Il suivait ses deux amis en pestant contre les moldus, une dénommée Némésis et le monde entier.
La jeune fille se demanda quelques instants qui pouvait bien être Némésis, mais elle préféra ne pas s'étendre sur le sujet, qui semblait décidément assez sensible…
Il fallut plusieurs heures passées dans les boutiques et de nombreux soupirs de Sylciu pour habiller convenablement les deux sorciers. Le Serpentard n'avait pas échappé à « l'amour du shopping tout féminin » (dixit Terry) de la Préfète-en-Chef. Le brun s'était docilement laissé faire, mais il était clair que cet étalage d'essayage l'avait profondément ennuyé.
Bref, c'était les bras chargés de paquets que les trois sorciers étaient rentrés à la demeure des Evans. Hélas, Pétunia s'y trouvait. Elle regarda le petit groupe d'un air hautain.
- Tiens, les monstres ! Vous n'avez rien à faire ici ! pesta-t-elle.
Lily se tendit. Elle n'avait aucune envie de vivre une nouvelle dispute avec sa sœur, surtout pas devant ses deux amis. Elle se tourna vers les cousins. Sylciu semblait un peu perdu mais le regard de Terry était dur, comme s'il savait ce qui allait suivre.
- Vous devriez monter dans la chambre pour ranger les achats, signala Lily aux deux américains.
Le vert et argent se tourna vers elle, mais ne fit aucuns commentaires.
- Pas question ! cracha Pétunia au visage de Lily. Vous n'avez rien à faire ici ! Toi et tous tes amis anormaux !
Ce fut sur ces entrefaites qu'Hélios entra dans la pièce. Il laissa échapper une note joyeuse, apparemment ravi de revoir son maître. Il s'était retrouvé dans l'incapacité de quitter la maison à cause d'un sort de vert et argent, ce qu'il n'avait certainement pas apprécié. Il se posa toutefois sans faire d'histoire sur l'épaule de Terry en donnant un coup de bec affectueux sur la joue du jeune homme.
Pétunia eut une grimace de dégoût.
- Qu'est-ce que cette chose fait ici ? grinça-t-elle.
Contrairement à son habitude, Hélios ne prit même pas la mouche. Il sembla interroger son maître du regard mais celui-ci d'un mouvement quasiment imperceptible de la tête parut le dissuader d'agir.
- Je refuse de voir tous ces trucs bizarres dans ma maison ! répéta Pétunia, hystérique.
- Que se passe-t-il ?
La voix du père des deux jeunes filles coupa l'aînée dans sa tirade.
Tout le monde se retourna brusquement, mais étrangement Terry ne semblait pas surpris.
- Rien, papa, minauda Pétunia avant de tourner les talons.
Pourquoi agissait-elle ainsi ? Allait-elle faire cela pendant toutes les vacances ?
- Péty, appela leur père. Reste ici ! Votre mère désire que nous allions au zoo, demain matin afin de montrer aux amis de Lily un lieu apprécié des Moldus. Soit prête à dix heures, veux-tu.
La jeune fille grimaça mais ne pipa mot. Terry eut un sourire étrange à l'annonce de la visite zoologique, mais lui non plus ne fit aucun commentaire.
M. Evans se tourna vers les deux garçons. Harry était partagé entre l'inquiétude du regard perçant du père de son ami et l'amusement face au ridicule de la situation. L'homme les dévisageait avec circonspection, les analysant et les jugeant. Il cherchait certainement à savoir s'ils étaient dignes de sa fille.
Celle-ci attrapa les paquets et sortit de la pièce. Drago allait la suivre lorsque M. Evans le retint.
- Je voudrais vous parler les garçons, dit-il.
Harry vit son coéquipier lui lancer un regard désappointé et inquiet. Il était clair que la discussion allait être tendue… Mais le Survivant avait décidé de prendre la situation avec humour. Après tout il n'avait aucune vue sur Lily – elle était sa future mère ! Bref la situation était assez ridicule.
- Ma fille semble vous apprécier…
C'était parti. Cela faisait étrange à Harry de voir son grand-père (même s'il ne l'était pas vraiment) lui tenir un tel discours. Quand à Drago à coté de lui, il semblait assez tendu et gêné. Il n'avait pas de vues sur Lily au moins ? L'idée de l'avoir pour père tira une grimace au brun. Beurk, quelle horreur !
En tout cas, le voyageur dimensionnel désespérait de voir ses parents se mettre ensembles. Il avait bien cru, lorsqu'il les avait vu tous les deux pendant l'épidémie que c'était gagné, mais apparemment il s'était fait des idées… Parfois il se demandait même s'il n'avait pas rêvé la scène ! Car les Préfets-en-Chef agissaient comme s'il ne s'était rien passé.
Et cela agaçait profondément leur futur fils.
Mais pour le moment il ferait mieux de se concentrer sur ce que disait M. Evans. C'était amusant de savoir ce que son père allait prochainement vivre. Drago semblait beaucoup moins se divertir, tendu et incertain. Certainement n'avait-il jamais entendu de tel discours, et encore moins de la part d'un moldu !
- Ma fille semble vous apprécier…
Stephen regarda les deux garçons qui se trouvaient face à lui. Dans les yeux verts identiques des sorciers dansaient des expressions différentes. Sylciu Celford, le blond, avait l'air un peu inquiet et perdu. Son cousin, Terry Star était bien plus petit que lui mais paradoxalement il émanait de lui une sensation de puissance. Même Stephen, qui n'était pas un sorcier, le sentait au plus profond de son être. Le brun ne semblait pas impressionné par le père de son ami, il était… amusé ?
- Je ne tolérerai pas de débordements. Vous êtes presque adultes mais tant que vous serez sous mon toit vous devrez vous en tenir aux règles que j'ai mises en place…
Il avait pris son air sévère, celui qui inquiétait généralement les garçons qui tournaient autour de sa fille, mais Terry ne semblait absolument pas se sentir concerné. Quand à Sylciu il paraissait mal-à-l'aise, toutefois ce n'était pas tant à cause de ce qu'il avait sur la conscience qu'à cause de l'air mauvais de Stephen.
Il allait devoir les surveiller tous les deux… et parler à Pétunia pour qu'elle cesse d'agir de façon aussi grossière avec les invités.
Le soir venu, en entrant dans la chambre, l'attention de Harry fut attirée par un livre posé sur une des tables de nuits. Il s'approcha en se demandant s'il n'était pas devenu comme Hermione, obsédé par ces blocs de papiers couverts de lettres. Merlin, quelle horreur ! Non, ce n'était absolument pas ça… C'était de la curiosité, juste de la curiosité, rien d'autre !
Il secoua la tête et se concentra sur l'ouvrage. « Mémoires d'Anonymes, » titrait-il. À première vue, rien de bien palpitant. Il tendit la main pour le prendre, mais quelqu'un l'attrapa juste avant.
- C'est à moi, signifia Drago en s'éloignant, le livre sous le bras.
Quand était-il entré ? Harry l'observa de coin de l'œil et son intérêt pour l'objet redoubla.
- De quoi ça parle ? s'enquit-il, l'air de rien.
Le renié ne répondit pas, ignorant la question.
- Drago ? insista le Survivant.
- Ce sont des récits d'Anonymes, lâcha l'appelé rapidement.
Son compagnon eut un sourire en coin.
- C'est ce qui dit le titre, en effet, fit-il. Je peux avoir plus de détails ?
Le blond ricana sans se tourner vers son pseudo-cousin.
- Ton manque de culture sorcière est abyssal, Potter, siffla-t-il avec une pointe de mépris. Pour ta gouverne, les Anonymes sont les personnes qui ont été reniées, c'est comme ça qu'on les appelle, puisqu'elles n'ont pas ou plus de noms.
-Je vois, observa Harry sans se formaliser du ton de son équipier.
Il savait parfaitement qu'il avait touché un point sensible, aussi hésita-t-il à poursuivre cette conversation. Après un moment de silence il reprit toutefois.
- Tu sais, j'ai réfléchi à cette histoire et je ne suis pas sûr de tout comprendre, se hasarda-t-il. Tu vois, je pensais que ton père tenait à toi comme à la prunelle de ses yeux et franchement, même si ce n'est pas toi qui as tué Dumbledore, l'opération que tu avais mise en place a été un succès alors je ne comprends pas pourquoi tu as été renié.
Drago soupira.
- Bien sûr, dit-il autant pour lui-même que pour son interlocuteur, tu ne connais rien de tout cela… Bon, j'imagine que je te dois des explications. Lorsque cette mission m'a été confiée, c'était pour redorer le blason de la famille Malefoy. Ma victoire devait rendre ses lettres de noblesse à ma famille et faire oublier l'échec de mon père. C'était pour cela que j'avais été choisi. Mais seulement voilà, ce n'est pas un Malefoy qui a tué Dumbledore, mais Rogue. C'est de son nom que l'on se souviendra, même si c'est moi qui ai tout mis en place. On se rappellera que Severus Rogue a tué Dumbledore sous les ordres du Seigneur des Ténèbres.
- Peut-être, approuva Harry. Mais ils ont eu besoin de toi.
- En effet, et le Seigneur des Ténèbres en avait conscience, aussi a-t-il rendu sa place à mon père. Seulement, ce dernier n'était pas content du tout de moi. J'aurais dû tuer Dumbledore, c'était ma mission. Alors il est venu me voir avec un autre Mangemort et m'a interrogé en long en large et en travers sur ce qui s'était passé cette nuit-là. L'autre devait être un legimens parce que, je ne sais pas vraiment comment, mon père a compris que j'avais failli le trahir et accepter la main tendue par Dumbledore…
Le jeune homme se tut quelques instants avant de prendre une grande inspiration et de poursuivre.
- Pour mon père, le nom est plus important que tout. Et j'avais souillé celui des Malefoy en me montrant faible d'esprit et d'acte. Il m'a donc corrigé comme il se devait.
Le blond s'arrêta un instant.
- Tu sais, reprit-il. J'aimais mon père plus que tout. Pour moi c'était un héros… et je l'aime certainement toujours à moindre mesure. Savoir qu'il était mécontent et honteux de moi m'a beaucoup ébranlé… J'aurais fait n'importe quoi pour qu'il soit fier de moi. C'était pour cela que j'avais monté ce plan d'attaque sur Poudlard. Pas pour que Dumbledore meure, pas pour que le Seigneur des Ténèbres me félicite et consacre la famille Malefoy. Juste pour que mon père soit fier de moi… C'est idiot, n'est-ce pas ?
Harry regarda le renié. Il semblait en proie à des troubles intérieurs que son camarade n'aurait pas imaginés…
- Je ne sais pas, admit le Survivant avec sincérité. Je n'ai jamais connu de père à proprement parler. Mais je crois que je comprends… dans un certain sens.
Fuyant toujours le regard du sorcier, Drago approuva de la tête.
- Bref, j'étais désemparé. Mais ce n'était que le début. Mon père m'a réveillé en plein milieu de la nuit et m'a traîné, en pyjama, vers un autel qui se trouvait dans notre manoir. Et là, il a procédé à la cérémonie de reniement afin que jamais ma faiblesse ne ternisse le nom des Malefoy. A ce moment-là, j'ai cru que tout était fini. Tout mon monde s'était écroulé en l'espace de quelques minutes. Les Anonymes ne sont pas très estimés dans la société sorcière, comme tu dois t'en douter. Je suis donc devenu le souffre douleur du Seigneur des Ténèbres… Je serais certainement mort si Némésis ne m'avait pas proposé cette mission… Et voilà ma pathétique histoire !
- Tu as été victime de ton père, conclut Harry.
- Je dirais plutôt de ma faiblesse, le contredit le renié.
- Quelle faiblesse ? Celle d'avoir faillit prendre la main de Dumbledore, envers et contre tout ? Je ne pense pas que ce soit de la faiblesse ! Et je ne pense pas que ton père t'ait renié uniquement pour éviter que tu « souilles » le nom des Malefoy !
Drago se tourna vers le Survivant, hébété.
- Qu'est-ce que tu racontes ? s'exclama-t-il.
- Ben oui, reprit Harry, si ç'avait été ça, il aurait suffit qu'il te déshérite, comme pour Sirius et tout le monde t'aurait regardé comme le vilain petit canard de la famille ! Mais il a préféré te renier pour te détruire. Parce qu'il a senti que tu t'éloignais de lui et que tu prenais ton indépendance, que tu risquais de changer de camps tôt ou tard, un peu comme Regulus Black. Mais il voulait garder le contrôle et pour cela, il avait une seule solution : te détruire. Donc soit il te tuait, soit il te reniait. CQFD !
L'Anonyme cilla. Apparemment, il n'avait jamais vu les choses sous cet angle. Son compagnon sourit et attrapa le livre.
- Je confisque ça ! annonça-t-il. Une certaine personne, dans un moment d'illumination inattendu, m'a signalé que les vacances étaient l'occasion de se vider la tête. Alors appliquons cette suggestion pas si mauvaise que ça, et allons rejoindre Lily et ses parents !
Drago grogna en voyant son volume disparaître mais emboîta le pas à Harry lorsqu'il quitta la pièce…
Le lendemain matin, lorsque Drago se leva, Potter dormait encore. Le blond le regarda un moment sans mot. Comment avait-il put une fois de plus se confier ainsi à l'Élu ? Il ne se comprenait plus lui-même. Il n'était tout de même pas en train de s'attacher à héros national ?...
Il secoua la tête, migraineux. Il ne voulait pas réfléchir à ses sentiments vis-à-vis de Potter et encore moins se demander (ou admettre) s'ils étaient en train de devenir amis… Ami avec la coqueluche des Gryffondors, le préféré de Dumbledore, son ancien ennemi… Drôle de retournement de situation, Merlin avait décidément un humour étrange.
Bon, il fallait se préparer pour se rendre au zoo. Drago était allé au magizoo avec ses parents lorsqu'il était plus jeune, mais il devait bien admettre n'être jamais allé dans ce genre de lieux du coté moldu… Quels genres d'animaux s'y trouvaient ? Le renié en connaissait une partie mais il ne s'était jamais vraiment posé la question… En fait il ne s'était jamais vraiment posé de questions sur les moldus en général.
Leur façon de vivre ne semblait pas si différente de celle des sorciers et parallèlement totalement opposée… Drago avait du mal à se faire une idée de ce que pouvait être la vie sans magie. Il avait vu Mme Evans utiliser de tas d'objets incompréhensibles… Ils utilisaient une énergie que les moldus appelaient l'électricité. Le blond en avait déjà entendu parler, mais il ne savait pas vraiment ce que c'était.
Bien entendu, Potter n'était pas du tout dérouté par la situation. Il évoluait chez les moldus comme un poisson dans l'eau – ce qui n'était pas vraiment étonnant. Mais cela énervait profondément son équipier. Ne pas comprendre ce que faisaient les gens autour de lui lui donnait l'impression d'être idiot et impuissant.
Était-ce ce que ressentait les Sangs-de-Bour… non, les sorciers nés de parents moldus lorsqu'ils arrivaient dans le monde magique ? Était-ce ce que Potter avait ressenti ?
Depuis quand Drago se posait-il ce genre de questions ? Quand avait-il changé de la sorte ? Malgré ce qu'il avait dit à Potter, l'Anonyme ne pensait pas que toute cette affaire puisse l'avoir autant touché. Il soupira.
Le Survivant grogna dans son sommeil et commença à s'agiter.
- Non, laissez les… murmura-t-il.
Assis sur son lit, le renié regarda avec surprise l'Élu se battre contre un ennemi invisible. Ses traits étaient tirés et il semblait profondément désemparé. Drago n'aurait jamais cru voir Potter dans cet état. Depuis leur arrivée dans ce monde il paraissait tellement assuré. Fatigué, triste mais assuré. Mais là il avait l'air désespéré et tellement vulnérable.
- Non… Je vous en prie, ne les touchez pas… Pas eux…
Il se débattait de plus en plus et autour de lui les objets s'étaient mis à trembler. Le renié eut un sourire en coin. Même en train de faire un cauchemar, l'antithèse du Seigneur des Ténèbres demeurait très puissant. Avait-il conscience de cela ? Drago avait dans l'idée qu'il ne mesurait pas l'étendue de sa propre force.
La lampe de chevet se mit à s'agiter dangereusement. Si ça continuait, Potter allait tout casser ! Les Evans risquaient de ne pas apprécier de voir leur futur petit-fils mettre leur maison sans dessus dessous. Avec un soupir le renié s'approcha du dormeur.
- Potter… se hasarda-t-il.
Pas de réaction. Drago hésita. Il n'aimait pas le rôle qu'il venait de prendre…
- Potter ? répéta-t-il un peu plus fort.
Il y eut une réaction cette fois là. Mais pas vraiment celle voulue par le blond. Les tremblements augmentèrent…
- HARRY ! s'exclama le sorcier en s'agrippant à la première chose qui lui tomba sous la main (une étagère en l'occurrence) afin de ne pas tomber.
L'appelé fit un bond et se réveilla brusquement, en sueur et le souffle court. Il regarda Drago qui avec un regard hagard alors que ce dernier se redressait et ramassait la lampe de chevet qui avait fini par rendre les armes et par rencontrer le sol de façon assez violente.
- Reparo ! lança le renié avec un coup de baguette.
La lampe reprit son apparence d'origine. Potter fronça les sourcils.
- C'est moi qui aie fait ça.
Ce n'était pas une question. Apparemment, ce n'était pas la première fois que l'Élu vivait ce genre de mésaventure. Il semblait embêté. De ce qui était arrivé ou que Drago en ait été le témoin ?
- J'ai cassé autre chose ? demanda-t-il.
- Tu as failli me rompre le cou, mais à part ça, tout va bien.
Pourquoi fallait-il qu'il soit toujours cynique dans ces cas-là ? Potter avait blêmit. Merde, il était fatiguant avec ces airs de chien battu.
- Bon, il faut nous préparer pour aller au zoo, signala Drago, désireux de changer de sujet.
L'Élu laissa tomber sa tête dans ses mains. Finalement, son équipier préférait le voir en tant que héros surpuissant et sans failles. C'était rassurant en un sens. Mais finalement, Potter était comme lui, avec ces forces et ses faiblesses, et dans son désir de protection contre le Seigneur des Ténèbres, Drago l'avait certainement oublié. Il secoua la tête, décidé à ne pas se laisser ce genre de pensée le hanter. Potter avait suffisamment de démons pour eux deux de toute façon.
Et puis il ne voulait pas penser à ce type ! Il attrapa ses vêtements et se rendit rapidement à la salle de bain.
- Toi qui connais les moldus, c'est habituel pour eux d'aller au zoo ? demanda-t-il à son équipier à travers la porte fermée.
- C'est une occupation parmi d'autres, répondit la voix étouffée du Survivant. On y est allé pour le onzième anniversaire de mon cousin Dudley.
- Et on voit quoi comme animaux ?
Tant qu'à faire, Drago préférait être préparé à ce qui allait suivre, histoire de ne pas avoir l'air trop bête pour une fois.
- Je me souviens surtout des serpents… signifia Potter d'un ton rieur.
Et voilà pour ce chapitre. J'ai d'ailleurs fait un dessin de Terry dans le train qui est publié sur deviantART (vous trouverez le lien dans ma bio). Je remercie encore tchingtchong pour la correction.
Au passage, je précise pour ceux qui ne le saurez pas (comme elle) que CQFD signifie "ce qu'il fallait démontrer".
Je suis contente de voir qu'Amande a craqué et a fini par venir sur ce site (je me demandais quand ça allait arrivé ).
Merci à Auctor pour son idée de blague, je la garde en réserve pour le retour à Poudlard !
Pour répondre à mo la rencontre avec Voldy approche à grand pas ! Mais je n'en dis pas plus pour préserver le suspence ! lol.
Voilà merci à tous pour vos reviews ! A la prochaine pour le chapitre 19 qui s'intitulera Zoo (avouez que ça vous aide à savoir ce qui va se passer! lol)
