Les Maîtres des Dimensions

Résumé général : Alors que Harry déprime après la mort de Dumbledore, il rencontre Némésis, une étrange femme qui lui propose une mission : se rendre dans un monde parallèle afin de créer un autre futur. Il part donc en 1976, dernière année de ses parents à Poudlard, sous le nom de Terry Star, accompagné d'Hélios son phénix mais également de Drago, qui a été renié par son père, portant le pseudonyme de Sylciu Celford. Ils se présentent comme des cousins venus d'Amérique.

Chapitre précédent : Les Evans, Drago et Harry se trouvent au zoo. Lorsqu'ils arrivent dans le vivarium, Harry entend les serpents dire qu'ils vont être sauvés. Voldemort arrive sur ces entrefaites et les libère. Harry se bat avec les Mangemorts et Voldemort avant que les aurors n'arrivent à la rescousse grâce à Hélios. Les parents de Lily sont blessés et Dumbledore envoie les trois amis chez les Potter. Avant de partir Harry et Lily ont une discussion concernant les sentiments de la jeune fille vis-à-vis de James.

Chapitre 20 : Potter

Michel regarda un à un ses trois invités. Il connaissait Lily Evans pour avoir entendu Sirius parler d'elle à de nombreuses reprises. Les deux autres étaient des américains dont on ne savait pas grand-chose. James et Sirius lui avaient parlés d'eux.

Sylciu Celford, le blond, était à Gryffondor. Bon élève mais effacé et traînant visiblement lourd passé derrière lui, il avait des relations assez conflictuelles avec son cousin.

C'était ce dernier qui était le plus intéressant. À des moments ouvert et enjoué et à d'autres renfermé et triste, c'était un Serpentard peu conventionnel. Il ne se souciait pas outre mesure des règlements et se trouvait généralement toujours à l'endroit où les choses se passaient. Il avait une maîtrise de ses nerfs et de ses réactions qui n'avait rien à envier aux aurors les plus entraînés d'après James… Mais en même temps, il semblait parfois être un simple adolescent torturé.

Terry Star était plein de contradictions… Était-il un Mangemort ou un auror en puissance ? Comment avait-il pu tenir tête à Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom seul, allant jusqu'à pénétrer son esprit ? Qui était ce garçon à la fin ? Pourquoi le professeur Dumbledore lui accordait-il sa confiance et le couvrait-il ? Quelles étaient leurs relations ? Pourquoi un adolescent venu d'Amérique pour d'obscures raisons se trouvait-il en moins de quatre mois au centre des pensées du chef des aurors ?

Trop de questions et si peu de réponses, cela ne plaisait pas à Michel. Il devrait garder un œil vigilant sur son invité.

Il se trouvait dans le salon des Evans. Miss Evans et les deux nouveaux élèves de Poudlard venaient d'arriver et le saluaient avec politesse. Son regard dévia à nouveau sur le jeune Star. Pourquoi l'attirait-il ainsi ? Qu'y avait-il dans ce garçon de familier à Michel au point de le rendre aussi nerveux ?

L'auror décida de chasser ces réflexions de son esprit et se reconcentra sur le plus urgent.

- Nous allons rejoindre le manoir Potter par cheminée. Le mot de passe que vous devez dire après la destination est lumière. N'oubliez pas de le dire sinon les barrières vous empêcheront d'entrer. Nous avons dû renforcer nos défenses aux vues des circonstances actuelles.

Il regarda un à un les adolescents. Ils ne semblaient pas surpris par cette mesure. Comme tout le monde ces temps-ci. Ils vivaient vraiment une époque troublée.

Le second américain, Sylciu Celford, entra dans la cheminée, bientôt suivit par la jolie Lily Evans. La concernant, Michel devait bien admettre qu'elle était charmante, James avait bon goût. Terry Star grimaça en arrivant devant l'âtre.

- Quelque chose ne va pas ? s'enquit l'auror d'une voix menaçante.

L'élève de Poudlard sembla surpris et se tourna vers Michel. Il ressemblait vraiment à un garçon de son âge tout ce qu'il y avait de plus normal. Il s'agita, rougissant légèrement.

- Rien… C'est juste que je n'aime pas trop les voyages par poudre de cheminette, fit-il d'un air gêné en enlevant ses lunettes.

À en juger par son regard, il était aussi myope que Michel ou James. Cela ne le rendait que plus humain. Il semblait totalement différent du jeune homme qui affrontait Celui-Que-L'On-Ne-Nomme-Pas entouré d'un grand nombre de serpents aux crocs affûtés et de Mangemorts aux baguettes en avant.

Sans avoir conscience des pensées du père de son condisciple, Terry était entré dans la cheminée et avait disparu dans une nuée de flammes vertes. L'auror poussa un soupir et décida de laisser de coté ses considérations concernant son jeune invité. La suite dirait certainement qui été cet américain et ce qu'il cherchait.


Harry eut un soupir soulagé en se sentant atterrir sur ses jambes. Il ne s'était pas ridiculisé, c'était déjà ça. Merlin, ce qu'il pouvait haïr les voyages par poudre de cheminette ! Il remit ses lunettes et ce qui l'entourait lui apparu. Devant lui, Lily et dans une moindre mesure Drago observaient avec émerveillement le hall dans lequel ils venaient de se matérialiser.

Le Survivant fit quelques pas en avant, observant la maison dans laquelle avait grandi son père. Qu'était-elle devenue dans son univers ? Était-ce à Godric's Hollow, la maison dans laquelle ses parents avaient trouvé la mort ?

Harry sentit un frisson lui parcourir le dos. Cette idée ne lui plaisait pas, c'était morbide !

- Michel !

Une femme arriva près d'eux. De taille moyenne mais au port de tête noble, aux yeux noisette et aux longs cheveux bruns, elle avançait en souriant.

- Soyez les bienvenus les enfants, s'exclama-t-elle. Michel m'a prévenu de votre venue il y a une heure. Mais tu m'avais dit que vous n'arriveriez pas avant plusieurs heures !

Se retournant, Harry remarqua que l'auror se trouvait derrière lui et affichait un air amusé.

- Allons ma chérie, ce n'est pas important !

Elle le foudroya du regard.

- Les chambres ne sont pas encore prêtes, signala-t-elle, mais je vais envoyer Frany s'en occuper. Venez avec moi, les enfants, reprit-elle, cette fois sur un ton beaucoup plus doux, Sirius et James sont dans le jardin.

Fantastique. Le Survivant se demandait s'il n'aurait pas préféré aller rejoindre Voldemort. Il vit Lily hésiter mais Drago la poussa sans pitié en avant. Espèce de traître !

Inconsciente de la situation Mme Potter se dirigeait d'un pas vif vers le jardin. D'ailleurs ce n'était pas le meilleur mot pour qualifier cette étendue de verdure plus proche d'un parc que d'autre chose. Le fils de la maison était assis dans un arbre contre lequel était appuyé Sirius. Ils semblaient en grande discussion sur un sujet qui échappait à Harry.

- Dites-moi qu'ils savent que nous devons venir, supplia ce dernier.

- Non, je n'ai pas eu le temps de la prévenir puisque mon époux n'a apparemment jamais entendu parler d'un emploi du temps…

Y avait-il de l'eau dans le gaz au sein du couple Potter ? Le grand sourire de la mère de famille faisait penser au voyageur dimensionnel que ce n'était pas le cas.

- Evans ? Sylciu ? Star ? Qu'est-ce que vous faites ici ? s'exclama Sirius alors que James sautait de son perchoir.

- Ils passeront Noël avec nous, annonça Mme Potter.

Les regards des deux Gryffondors se posèrent sur Harry qui comprit parfaitement le message : il n'était pas le bienvenu, contrairement aux dires de la mère de son condisciple. Il eut un soupir intérieur. Il ne l'admettrait certainement pas, mais le comportement des Maraudeurs le blessait énormément. Pourquoi avait-il fallut que Némésis l'envoie à Serpentard ?

Le Survivant eut un rire sarcastique intérieur. Némésis avait bon dos par moment. Peut-être que sa maison n'avait rien à voir avec le fait que James et Sirius soient aussi remontés contre lui. Peut-être tout simplement n'était-il pas ce que les deux seules figures paternelles qu'il n'ait jamais connues auraient voulu…

Il se donna une gifle mentale. Ce n'était pas le moment de penser à cela. La mission, il ne devait se concentrer que sur la mission !


Drago devait bien l'admettre, la maison des Potter – qui ne méritait pas le titre de maison mais plutôt celui de château – n'avait rien de comparable avec ce qu'il avait pu voir jusqu'alors. À coté, le Manoir Malefoy lui paraissait rachitique et ridicule. Et tellement impersonnel…

Chacun des murs de cette demeure semblait raisonner de souvenirs, de rires et de pleurs… Comme si elle était vivante. La magie qui imprégnait les lieux était palpable et si douce. Alors voilà ce que c'était d'être un Potter. Était-ce pourquoi ils étaient si renommés ? Cette magie qui les entourait…

L'Anonyme se surprit à penser au Survivant. Il n'avait pas connu tout cela et pourtant il était aussi puissant que ses ancêtres sinon plus. Quel était le secret ?

Drago avait suffisamment côtoyé Lily pour comprendre les préjugés sur le sang des sorciers nés de parents moldus étaient plus qu'erronés mais il continuait à croire en l'importance de l'héritage.

Celui des Malefoy coulait dans ces veines et celui des Potter dans celles de l'Élu. Cela signifiait-il qu'ils étaient prisonniers de ce legs ? Le jeune voyageur dimensionnel l'avait pensé pendant longtemps, mais à y réfléchir, ce n'était pas certain. Après tout, son grand cousin, Sirius Black, s'était bien entièrement détaché de la tradition de sa famille… Et puis, Drago avait été renié… Cela avait-il de l'incidence sur son héritage ? La cérémonie magique que son père avait opérée sur lui avait-elle fait plus que lui retirer son nom et son honneur ?

Le blond se mordit la lèvre. Il n'avait jamais réfléchi à cela ainsi.

- Qui suis-je finalement ? demanda-t-il à haute voix.

Il aurait tant voulu que la magie qui imprégnait les lieux puisse lui répondre. Mais d'un autre côté, il ne s'en sentait pas vraiment digne. Son ancienne famille et celle des Potter n'avaient jamais été dans les meilleurs termes.

Il soupira et se laissa tomber sur le lit de la chambre qui lui avait été allouée. Les couleurs chaudes qui la décoraient l'auraient quelques mois plutôt indisposés, mais à présent il les trouvait apaisantes. Elles représentaient en quelque sorte une autre vie. Une vie dans laquelle il n'était pas un futur mangemort, en grande partie responsable de la mort d'un grand sorcier, renié par son père et abandonné par sa mère… Une vie où il était juste un garçon orphelin, venu d'un autre pays. Une vie où il avait des personnes sur lesquelles il pouvait compter…

Finalement, il aimait ce personnage de Sylciu Celford qu'avait créé Némésis. Tout aurait été tellement plus simple si ce n'avait pas juste été une invention…

Une note douce raisonna à son oreille et il se retourna pour croiser le regard mordoré d'Hélios. Il sourit gentiment, geste qu'il n'aurait certainement jamais fait autrefois !

- Salut Hélios. Qu'est-ce que tu fais là ?

L'animal pencha la tête, comme s'il cherchait à saisir les paroles de son interlocuteur.

- Tu ne devrais pas être avec ton maître ? reprit Drago. Parce que je crois que les Maraudeurs ne vont pas s'arrêter de lui en faire voir de toutes les couleurs sous prétexte que c'est les vacances…

Malgré lui, l'Anonyme s'amusait de cette situation. Elle était tellement improbable ! Le Grand Harry Potter, Gryffondor par excellence, subissant les foudres de son futur père pour être un vert et argent et le soi-disant petit-ami de sa future mère.

- C'est réellement pathétique et ridicule ! s'exclama Drago en riant.

Le phénix s'installa confortablement sans quitter le jeune homme du regard. Il semblait parfaitement à sa place dans cet endroit. La magie de la demeure des Potter paraissait l'avoir adopter comme s'il avait toujours vécu ici.

- J'aimerais bien que tu puisses parler, confessa le renié. Peut-être pourrais-tu m'expliquer pourquoi Némésis m'a envoyé ici. Non pas que je regrette, ce n'est pas le cas. Je lui suis même reconnaissant. Bon d'accord, je lui en veux peut-être un peu encore de m'avoir envoyé à Gryffondor. Certes cela m'a énormément aidé, mais je suis un Serpentard envers et contre tout, moi. Enfin… Peu importe, toujours est-il que je me demande à quoi je sers. Je veux dire, Potter semble connaître sa mission, mais la mienne, quelle est-elle exactement ? De réussir la potion ? Je serais ici uniquement pour ça ?

L'oiseau de feu le regarda en battant des paupières. Drago soupira.

- Tu n'en sais rien toi, n'est-ce pas… Et bien moi non plus…


Lily marchait d'un pas vif dans les couloirs de la demeure de son homologue masculin, les paroles de Terry flottant dans son esprit. La discussion qu'elle avait eu la veille avec le vert et argent la hantait. Jamais elle n'avait vue les choses dans cette optique, mais force était d'admettre que les dires de l'américain se tenaient parfaitement. Il avait analysé la situation avec un pragmatisme dont Lily n'avait su faire preuve.

Elle s'arrêta brusquement. Elle ne pouvait pas continuer ainsi. Elle tourna les talons et repartit à contresens. Elle frappa à peine à la porte avant d'entrer dans la chambre de son ami. Trop perdue dans ses pensées elle l'entendit à peine crier.

- Lily, attention !

Malheureusement, elle ne fut pas assez rapide pour éviter une texture visqueuse qui le recouvrir dans un bruit très peu ragoûtant.

- Quelle horreur, gémit-elle. Qu'est-ce que c'est ?

Elle releva les yeux vers Terry pour croiser son regard désolé. Il avait conjuré un bouclier autour de lui. Lily comprit aussitôt.

- JE VAIS LE TUER ! rugit-elle en sortant de la pièce, toujours recouverte de cette affreuse substance.

Le Serpentard s'élança à sa suite.

- Calme toi, tu ne voudrais pas d'abord aller prendre une douche et réfléchir à tout cela à tête reposée ?

Elle s'arrêta et se tourna vers le jeune homme.

- Comment peux-tu dire ça ? souffla-t-elle. Comment peux-tu le défendre après tout ce qu'il t'a fait ? Parce que c'était toi qui était visé par ce… ce truc, n'est-ce pas ? Pourquoi acceptes-tu cela ? Tu pourrais certainement lui faire payer, alors pourquoi es-tu si gentil ?

Terry eut un triste sourire.

- Nous pouvons tous faire des erreurs. Les siennes ne sont rien face à celles que j'ai commises…

- Qu'est-ce qui se passe ? s'exclama soudain une voix, coupant le brun dans sa phrase.

Sylciu venait d'apparaître à l'angle d'un couloir, Hélios le suivant de prêt. Il s'arrêta brusquement en regardant la préfète-en-chef.

- Je comprends le cri maintenant, fit-il. Mais je te signale que la salle de bain la plus proche est dans l'autre sens.

Lily grogna.

- Je vais tuer Potter avant toute autre chose, répliqua-t-elle.

- Certainement pas ! s'opposa son ami. Tu vas plutôt aller enlever ce truc qui te recouvre. Merlin seul sait ce que c'est sensé faire !

La rousse pâlit.

- Tu crois que ça a un effet autre que d'être dégoûtant ? s'étrangla-t-elle.

- C'était destiné à Terry, non ? répondit Sylciu sur le ton de l'évidence.

L'intéressé eut un nouveau regard désolé.

- JE VAIS LE TUER ! rugit Lily à nouveau.


Bon, résumons, Lily était couverte d'une fourrure bleutée et de fort mauvaise humeur, Harry forcé de maintenir ses boucliers en place vingt-quatre heures sur vingt-quatre, Drago faisait celui qui n'était pas concerné, Hélios était mort de rire et les Maraudeurs en pleine forme.

Définitivement, les vacances du Survivant n'étaient pas aussi délassantes qu'il l'aurait pensé. Pourquoi n'était-il pas resté à Poudlard déjà ? Les registres poussiéreux de l'orphelinat de Tom Jedusor semblaient tout à coup fort attractifs.

Les relations entre les deux préfets-en-chef étaient au plus bas malgré les efforts du voyageur dimensionnel qui commençait à se demander si ce n'était pas une cause perdue. La confidence que lui avait fait Lily sur ses sentiments vis-à-vis du Maraudeur avait fait naître en Harry un espoir qui se craquelait peu à peu. Certes, le professeur Lupin et Sirius lui avaient bien dit que ses parents étaient sortis ensembles en septième année, mais comment savoir si les choses se passeraient de même dans ce monde ? Les choses avaient commencé à changer peu à peu et rien ne disait que ce qui était arrivé dans l'univers d'origine du jeune homme se passerait nécessairement ici.

Il ferma les yeux en soupirant. Dehors, il pouvait voir James, Drago voler en tentant chacun de leur coté de se saisir d'un vif d'or. Le premier menait largement le jeu mais le renié n'était pas de reste.

Bien entendu, Sirius était cloué au sol – rien de surprenant quand on connaissait son don pour casser tous les balais qui lui passé à porté de main – et encourageait donc ses amis. Lily quand à elle lisait un livre non loin de là, profitant du beau temps malgré le froid mordant et regardait de temps à autre au dessus de son roman les trois joueurs.

Harry aurait aimé être avec eux, mais à quoi bon les empêcher de s'amuser ? L'antipathie des Maraudeurs envers lui était trop palpable pour qu'ils puissent être aussi décontractés en sa présence. Alors tant pis. Le Survivant regarda du coin de l'œil « La Legilimancie : une discipline fondamentale ». Il n'avait pas vraiment envie de travailler ces temps-ci. Mais il était vrai qu'il ne savait pas vraiment ce dont il avait envie.

Les mains dans les poches, il sortit dans de sa chambre et déambula sans but dans les couloirs, laissant ses pas le guider dans cette maison qu'il aurait du connaître mais qui lui était totalement étrangère. Comment étaient morts ses grands-parents ? Harry ne se l'était jamais demandé mais après tout, on lui avait bien dit qu'il n'avait plus de famille, non ? Voldemort les avaient-ils tués comme tant d'autres ?

Il secoua la tête. Ce genre de réflexion ne menait à rien, sinon à miner un peu plus son moral qui n'en avait définitivement pas besoin !

- Terry ? l'appela-t-on.

Il sursauta violemment et se retourna vivement. Il croisa le regard surpris de Mme Potter.

- Tu vas bien ? s'enquit la maîtresse de maison.

- Oui-oui, merci madame.

Elle sourit gentiment.

- Tu n'es pas avec James et ses amis ?

Harry hésita.

- Je ne suis pas vraiment la personne la plus appréciée par votre fils, madame. Je suis à Serpentard.

Mme Potter s'agita, mal à l'aise.

- Peut-être avons nous donné un peu trop de préjugés à notre fils concernant les maisons de Poudlard, concéda-t-elle.

- Les préjugés semblent faire partie du fonctionnement de cette école, répondit Harry avec un sourire indulgent. Et puis il faut dire que ce n'est pas le seul grief que votre fils à vis-à-vis de moi…

- Ah bon ? Vous vous êtes disputé ?

- C'est sans importance. Ne vous en faites pas.

La maîtresse de maison prit un air sévère.

- Ne pas m'en faire ? Cela va être difficile, jeune homme. Je ne peux pas accepter que mon fils agisse de la sorte avec un de nos invités, ou même deux puisque Lily a été une malencontreuse victime de cette affaire.

Le Survivant devait bien admettre comprendre le raisonnement de celle qui serait sa grand-mère. James et les autres Maraudeurs exagéraient…

- Je l'ai insulté… avoua-t-il donc un peu à contrecœur.

Mme Potter sembla surprise. Elle étudia quelques instants son interlocuteur avant de reprendre la parole.

- Je ne pense pas que tu es fait ça sans raison, je me trompe ?

Définitivement, elle était beaucoup trop clairvoyante au goût du voyageur dimensionnel. Il n'avait certes pas envie de raconter cette histoire à la mère du Préfet-en-Chef mais en même temps il devait bien admettre qu'une part égoïste en lui avait envie qu'elle sache pour qu'elle l'apprécie. Après tout, il n'avait pas de grands-parents dans son monde, c'était donc une occasion unique de les connaître…

- Tu sais, Terry, reprit Mme Potter, prenant certainement son silence pour un refus de dire ce qui s'était passé, tu peux me le dire. De toute façon, je connaîtrais le fin mot de l'histoire. Je suis membre de Magenmagot, c'est mon travail de tirer des affaires au clair.

Malgré lui, Harry sourit. Ce travail allait vraiment très bien à sa future grand-mère. Et il ne doutait pas qu'elle fût très efficace.

- Ce n'est pas très important, dit-il enfin. C'est juste qu'ils ont un peu malmené un de mes camarades et que j'ai pris sa défense…

Mme Potter fronça les sourcils d'un air sévère.

- Ce ne serait pas Severus Rogue par hasard ?

Le jeune homme ne sut que répondre. Comment savait-elle cela ? Elle était au courant de ce que son fils et ses amis faisaient subir à Severus ? Avec la chance qu'il avait, elle allait certainement approuver les actions des quatre Maraudeurs… Après tout, les Potter étaient connus pour leur position contre la magie noire et les Serpentards pour ses penchants pour ladite magie.

- Ton silence est éloquent, poursuivit-elle d'une voix dure. Mais moi, James et Sirius vont m'entendre.

Cette fois, Harry ne savait plus que penser. Mais Mme Potter ne sembla pas s'en rendre compte et l'entraîna à sa suite dans le dédale de couloir de sa demeure. En passant, le voyageur temporel commençait à trouver l'immensité des lieux ridicule et inutile, mais il se garda bien de le signaler. Donc, après être passé devant moult portes dont la quasi-totalité menait vers des pièces inconnues du Survivant, ils arrivèrent par on ne sait quel miracle (Harry se serait certainement perdu s'il avait été tout seul) dans le parc.

Une nouvelle fois, le jeune homme fut pris d'une envie de disparaître, mais, une fois n'est pas coutume, il ne fut pas le seul. Si Mme Potter paraissait douce de prime abord, Harry apprit à ce moment que sa future grand-mère pouvait aussi être très impressionnante. On comprenait aisément ce qui avait fait d'elle un important membre du Magenmagot. James et Sirius en prirent pour leur grade.

Lorsqu'ils quittèrent le jardin, grommelant, Harry songea que cette affaire n'allait pas arranger ses relations avec le groupe de farceurs et se félicita de ne pas avoir fait part à son hypothétique future grand-mère de l'affaire concernant Lily. Ils régleraient ce quiproquo sans aide extérieure – du moins c'était ce qu'il espérait.


Lily marchait dans l'immense bibliothèque de la famille Potter en observant avec émerveillement les lieux. Elle se serrait cru dans un film tant cet endroit semblait tout droit sorti d'un palais des temps anciens.

Quelques heures avaient passé depuis la colère de Mme Potter. Terry s'était enfermé dans la chambre qui lui avait été allouée, ce qui était certainement le mieux à faire vue la fureur dans laquelle se trouvaient ses deux imbéciles de Black et Potter. Quand à Sylciu il s'était volatilisé sans mot, Lily en avait donc conclu qu'il était allé voir son cousin.

La jeune fille parcourut du bout des doigts les tranches de livres qui devaient, au bas mot, avoir dix fois son âge. Ces ouvrages devaient valoir une fortune… Décidément, Potter était réellement né avec une cuillère en argent dans la bouche. Sa grosse tête venait certainement de là. Quoique ses parents n'étaient pas présomptueux, au contraire.

Elle secoua la tête. Pourquoi pensait-elle à Potter ? Elle soupira. Sa conversation avec Terry revenait à son esprit.

Mais soudain, un son la sortit de ses pensées.

- Du piano ? s'étonna-t-elle à haute voix.

Elle n'était pas une fine connaisseuse en matière de musique, mais elle entendait sans mal que le joueur n'était pas très loin d'elle et qu'il était hésitant. Pourtant, à l'oreille, il semblait savoir plutôt bien jouer…

Lily fit quelques pas vers la source de la musique. Quelques mètres devant elle s'arrêtait la bibliothèque et s'ouvrait une porte de pierre ouvragée, semblable à celles que l'on pouvait trouver à Poudlard. Elle hésita pas longtemps et passa par l'ouverture. Elle déboucha dans une pièce de taille moyenne inondée de la lumière faiblarde de ce jour de décembre. Un feu crépitait dans une grande cheminée.

Et au centre de la salle, un jeune homme se trouvait assis face à un grand piano en bois précieux. Il jouait bien mais se mains tremblaient. Pourquoi les mains de Potter tremblaient-elles ? Lily ne comprenait pas. Elle avait, bien entendu, tout de suite reconnu son homologue masculin. D'ailleurs depuis quand jouait-il d'un instrument ? Il n'était pas du genre à passer ça sous silence !

La musique s'arrêta brutalement.

- Que fais-tu là ? s'exclama Potter avec brusquerie.

Il s'était levé et éloigné de l'instrument.

- Je… J'ai entendu de la musique alors… je suis venue voir. Je ne savais pas que tu jouais du piano.

Le jeune homme rabattit d'un geste le couvercle sur les touches de l'instrument.

- Je n'y joue pas, fit-il en se dirigeant vers la sortie.

- Qu'est-ce qui te prend ? s'exclama Lily en se mettant en travers de sa route.

- Laisse moi passer, siffla son interlocuteur.

Il n'en fallait pas plus pour que la préfète-en-chef se braque. Elle se posta devant lui, les poings sur les hanches.

- Pourquoi t'écouterai-je Potter ?

- Parce que tu es chez moi, répliqua l'interrogé, mordant.

- Je suis chez tes parents, précisa Lily. Et cesse de prendre tes grands airs avec moi, ça ne marche pas !

Ils se défièrent quelques instants du regard mais Potter finit par se détourner, à la grande surprise de la jeune fille. Qu'est-ce qui lui arrivait tout à coup ? Elle ne reconnaissait plus ce garçon qui se trouvait face à elle. Pourquoi son regard ressemblait-il tellement à celui de Terry ?

- Tu es sûr que ça va ?

Malgré elle, Lily s'inquiétait. Elle ne pouvait pas s'en empêcher.

- En quoi cela t'intéresse ?

L'amertume dans la voix de James (non ! C'est Potter) était déroutante.

- Tu ne pourrais pas être poli pour une fois ! Je m'en fais pour toi, moi ! râla Lily.

- Quoi, tu as peur de ne plus avoir personne sur qui passer tes nerfs ? ironisa le Préfet-en-Chef.

Clac ! La gifle était partie sans que sa condisciple ne le veule vraiment. La joue droite du jeune homme portait la marque de la main de son interlocutrice qui le foudroyait du regard.

- Comment peux-tu être aussi odieux ? s'étrangla-t-elle.

- Odieux ? s'emporta-t-il à son tour. Non mais qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre ! Je te signale que c'est toi qui passe tes journées à me mettre des gifles ou à me hurler dessus ! Remets-toi un peu en question pour changer au lieu de tout me foutre sur le dos !

Le visage de Terry lors de leur discussion sur Potter revint à l'esprit de Lily une nouvelle fois, comme pour lui rappelait que l'américain lui avait tenu un discours assez similaire. Mais toute à sa colère, elle n'avait aucune envie de réfléchir à cette question pour le moment.

- Si tu n'étais pas aussi immature et prétentieux ça n'arriverait pas ! cracha-t-elle.

Potter s'avança, la dominant de toute sa taille. Le Maraudeur n'était pas très grand, Black le lui faisait d'ailleurs souvent remarquer, et il ne devait avoir que quelques centimètres de plus que Lily, mais elle se sentit soudainement toute petite.

- Reste à déterminer qui est le plus prétentieux de nous deux, Evans. Ne serait-ce pas toi qui te crois toujours supérieure à moi ?

La jeune femme demeura tétanisée. Comment ? Comment pouvait-il insinuer pareille chose ?

- Je… s'étouffa-t-elle. Je ne te permets pas !

- Ah oui ? Et pourquoi cela ? Miss la parfaite préfète n'aime pas s'entendre dire des vérités blessantes ? Pourtant crois-moi, je n'en suis qu'à l'échauffement !

Jamais. Jamais Potter n'avait osé lui parler ainsi ! Qu'est-ce qui lui prenait à la fin ? L'observant avec défiance, Lily réalisa qu'il n'était pas comme d'habitude. Qu'avait-il ?

Oh, et puis elle n'en avait que faire ! Les états d'âme de Potter lui passaient au dessus de la tête. Mais sa main tremblait…

Non ! Elle ne s'intéressait pas au Maraudeur. Comment pouvait-il prétendre être en droit de lui faire la leçon ? Après tout il se jouait d'elle depuis si longtemps…

« Franchement, tu crois vraiment qu'il aurait passé plusieurs années à tenter, maladroitement, certes, mais à tenter tout de même, de te séduire, acceptant tout ce que tu lui reprochais… »

Qu'est-ce que la phrase de Terry venait faire dans sa tête à cet instant-là ? Le nouveau n'avait rien à voir avec cette histoire.

Énervée, Lily tourna les talons, décidant de mettre le plus de distance possible entre elle et Potter, mais ce dernier ne semblait plus l'entendre de cette oreille.

- Je n'ai pas fini, prévint-il.

- Mais moi si, répliqua la jeune fille. Je n'ai rien à te dire. Tu n'es pas en mesure de me demander de me remettre en question ! Tu te joues de moi depuis des années, alors franchement, tes critiques ne m'intéressent pas. Pense ce que tu veux, je m'en fiche ! De toute façon, je vais répéter ce que tu m'as dit tout à l'heure : en quoi ça t'intéresse ?

L'expression qui apparu sur le visage du maître des lieux décontenança Lily. Même lorsqu'il s'était pris une gifle, un peu plus tôt, il n'avait pas réagi de la sorte. Elle n'avait pourtant rien dit de fantastique… Alors pourquoi cet air blessé ? Et pourquoi le fait de le voir ainsi lui donnait-il envie de le réconforter ?

- Comment peux-tu dire ça ?

Cette phrase était lourde de sentiments. Douloureuse, amère, emprunte de reproche, peut-être même d'une colère contenue.

- Tu m'en as jeté des choses au visage, mais je ne pensais pas que tu puisses pousser le vice jusqu'à me poser une question pareille. Tu n'as donc rien compris ?

Lily cilla. Quoi ? De quoi parlait-il au juste ? Elle n'était plus certaine de comprendre. A moins que… Non. C'était une hypothèse qu'elle avait déjà réfuté.

- J'ai très bien compris que tu te fiches de moi, répliqua-t-elle.

Bien sûr qu'il n'avait que faire d'elle et de ses sentiments. Après tout, il était parti…

- Comment peux-tu dire ça ? se récria brusquement Potter, faisant sursauter sa camarade.

« Je veux dire qu'il a peut-être pensé que tu lui hurlerais dessus. Nous étions tous sur les nerfs et on peut comprendre qu'il n'est pas eu le courage d'affronter autre chose. Même les Gryffondors ont leurs limites. » Terry faisait une conscience particulièrement agaçante. Le Préfet-en-Chef l'avait laissée en plan parce qu'il n'éprouvait pas le moindre intérêt pour elle, point barre, il n'y avait rien de plus à ajouter. Il avait réussi à la faire craquer, elle s'était laissée aller auprès de lui et… et il l'avait laissée tomber comme on le fait d'un mouchoir en papier usagé. Toutes les considérations du Serpentard ne pourraient pas changer cet état de fait.

- Je n'ai rien à ajouter, fit-elle en tournant les talons.

Pourquoi avait-elle une boule dans la gorge ?

La main de Potter se referma sur le bras de la jeune fille. Il l'attira vers lui, la forçant à le regarder dans les yeux.

- Moi j'ai des choses à dire, affirma-t-il.

Il semblait brusquement beaucoup plus sûr de lui et Lily n'était pas sûre d'aimer ça. Elle se sentait fléchir face à ce regard noisette dans lequel brillait une lueur qu'elle n'était pas certaine de pouvoir interpréter.

- Je n'ai pas envie de parler… tenta-t-elle en se détournant de nouveau.

Où était passé son courage de Gryffondor au juste ? Elle avait du mal à le retrouver…

- Lily… fit Potter.

- Non !

Elle se retourna brusquement.

- Non ! reprit-elle. Je ne tomberai pas deux fois dans le panneau ! Laisse-moi tranquille !

Le jeune homme se figea, ses yeux s'élargissant de surprise. Son homologue féminin pensa un instant qu'il allait l'écouter mais il n'en fut rien. Il la retint de nouveau.

- Deux fois ? répéta-t-il. Qu'est-ce que ça veut dire ?

- Lâche-moi, ordonna-t-elle.

- Réponds-moi d'abord.

Hum… Un peu puéril comme discussion, releva une partie de l'esprit de Lily. Partie qu'elle n'écouta absolument pas, par ailleurs. Tout ce qu'elle voyait c'est qu'elle devait partir avant de craquer. Et il faudrait qu'elle dise deux mots à Terry au sujet de ses conseils à deux mornilles !

- Je… tenta-t-elle.

Mais elle se détourna.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce que je t'ai fait ? Je suis désolé si je t'ai blessé…

Pourquoi ? Pourquoi agissait-il ainsi ? Et pourquoi se sentait-elle fléchir de la sorte ? La question de Terry revint comme un leitmotiv « es-tu amoureuse de lui ? ». Oui, elle avait fini par tomber amoureuse de James Potter. De ses yeux noisette, de son sourire enjôleur, de son air buté, de son courage et… Et quoi d'autre ? Tout finalement. Nom d'une chouette, elle était devenue comme ces blondasses sans cervelle qui couraient après les Maraudeurs ? C'était une idée assez déplaisante…

- Laisse-moi.

Elle fut elle-même surprise par la faiblesse de sa voix. Elle fut également surprise de n'opposer aucune résistance lorsque James l'attira vers lui. Et voilà, envolées les bonnes résolutions, elle était en train de se faire avoir une nouvelle fois ! N'était-elle pas censée avoir de la personnalité ? De la volonté ?

Elle posa sa tête dans le creux du cou du jeune homme. Tant pis, songea-t-elle. Elle était vraiment très bien à cet instant-là…


Harry était assis sur le rebord de sa fenêtre, regardant sans vraiment y prêter d'attention le parc de la demeure de ses futurs grands-parents.

- Tu vas bien ? demanda soudainement une voix qu'il reconnut sans mal.

- Tu crois que ce que nous faisons ici est bien ? s'enquit le brun sans répondre. Tu crois que notre présence est susceptible d'amener du bien ?

- Encore une remise en question ? Tu deviens énervant avec ça, Harry Potter. Tu as certainement oublié que tu as largement contribué à résoudre l'épidémie il y a quelques semaines.

- Qu'est-ce qui nous dit que quelqu'un d'autre n'aurait pas trouvé la solution sans moi ?

- Rien, ce virus n'est jamais apparu chez nous. On ne sait pas ce qui se serait passé.

- Justement, Drago ! s'exclama Harry en se retournant et en descendant de son perchoir. Ce monde était censé évoluer comme le nôtre mais ça n'arrivera jamais parce que nous sommes intervenus ! Le professeur Chourave, Dorcas Meadows et Merlin sait qui d'autre ! Ils n'ont plus d'avenir parce que nous sommes venus ici.

Le Survivant se mit à faire les cents pas dans sa chambre. Drago émit un grognement.

- Tu es ridicule ! siffla-t-il. Arrête ça maintenant ! On ne sait pas ce qui se serrait passé alors, encore une fois, arrête d'utiliser des « si ».

Harry se laissa tomber sur son lit.

- Je n'aurais pas dû venir ici.

Son équipier cilla.

- Qu'est-ce que tu racontes ?

- J'aurais dû rester à Poudlard, continua le brun, continuer mes recherches et pas venir ici.

- À cause de tes parents et des tes grands-parents ? demanda l'Anonyme.

Harry releva un regard surpris vers lui.

- Je peux aussi être observateur, quand je veux ! précisa Drago, apparemment vexé par l'air étonné de son interlocuteur.

Son camarade eut un sourire.

- C'est vrai que tu t'améliores de jour en jour.

- Je vais faire comme si je n'avais pas compris l'allusion, répliqua le blond avec un air bourru. Bref, tu devrais plutôt être content maintenant que tes parents ont une relation un peu plus cordiale.

- Tu as une drôle de façon de dire ça…

- Pourquoi ? Ils ont dit qu'ils n'étaient pas un couple, hier, mais à la façon dont ils se regardent est sans équivoque. On dirait que ta petite discussion avec Lily a payé !

- On ne sait pas ce qui s'est passé, je te signale. Mais il est sûr que ce serait une bonne chose qu'ils aient eu une petite discussion.

Drago ricana.

- C'est vrai que pour toi ça vaudrait mieux, parce qu'après la colère de ta grand-mère hier après-midi, les Maraudeurs doivent être plutôt remontés contre toi.

- Je suis maudit, soupira Harry.

Son équipier se contenta d'un sourire en coin comme réponse.

On frappa à la porte et James apparu dans l'encadrement.

- Nous allons préparer le repas du réveillon. Vous venez ?

Les deux voyageurs dimensionnels se regardèrent. Harry sentit ses joues se colorer, il avait complètement oublié que c'était le 24 décembre. Emboitant le pas au fils de la maison, les deux équipiers marchèrent sans mots.

- Ma mère a décidé que nous mangerions dans le grand salon vu que nous sommes assez nombreux. Remus et ses parents viendront mais Peter ne peut pas, sa mère voulait qu'il aille voir une de ses vieilles tantes.

Harry fronça les sourcils. Il devait garder un œil sur le rat pour éviter tout problème le concernant.

Ils croisèrent Lily et Sirius qui portaient difficilement deux dizaines d'assiettes en porcelaine finement ouvragées. Les trois nouveaux venus s'empressèrent de les aider. James guida le petit groupe jusqu'à la pièce qu'il avait appelé le grand salon.

En y entrant, Harry cilla. L'endroit était immense. La lumière y pénétrait par de gigantesques fenêtres donnant sur le parc, éclairant des meubles de bois précieux sur lesquels étaient exposés toutes sortes de bibelots – dont la plupart était inconnue à Harry – le tout redécoré à la mode de Noël.

- Ah ! James ! s'exclama soudain une voix, surprenant le voyageur dimensionnel. On prépare la fête de Noël à ce que je vois ! Vous êtes de corvées ?

- Salut, Bowman ! Oui, sourit l'interpelé en se tournant vers un tableau accroché au mur, les elfes aident maman pour le repas, donc nous nous occupons de dresser la table.

Drago s'arrêta brusquement et Harry manqua lui rentrer dedans, passant près de renverser sur le sol tout son chargement.

- Vous êtes Bowman Wright ? s'étrangla le blond.

Qui cela pouvait bien être ? se demanda le Survivant. Il était sûr d'avoir déjà entendu ce nom quelque part, mais où ? Rien à faire, il ne parvenait plus à mettre le doigt dessus.

- Oui, mon petit ! répondit l'homme au visage rondouillard et au regard brillant. Ravi de te connaître.

L'Anonyme se tourna vers James.

- Il est de ta famille ?

L'interrogé approuva d'un mouvement de tête, un grand sourire scotché sur les lèvres.

- Ouaip, un cousin de mon arrière-arrière-etc.-grand-père.

Les yeux de Drago brillaient.

- C'est génial ! s'exclama-t-il avec une sincérité déroutante lorsqu'on le connaissait.

Harry cilla. Qui pouvait bien être cet homme ? Alors qu'il se creusait la tête, son pseudo-cousin se tourna vers lui et afficha soudainement un air atterré.

- Je t'en supplie, fit le blond sur un ton un peu trop grandiloquent, dis moi que tu sais qui c'est…

Le voyageur dimensionnel eut un air gêné.

- Et ben justement… fit-il, mais il fut coupé par le renié.

- Par la barbe de Merlin, peux-tu me dire comment tu as réussi à devenir le plus jeune attrapeur depuis un siècle en ignorant qui est Bowman Wright ? Ça me dépasse !

- Tu es attrapeur ? s'exclama brusquement Sirius en se plaçant devant celui qui serait plus tard son filleul. Pourquoi tu nous l'avais pas dit ?!

- Vous ne me l'avez pas demandé, se défendit puérilement le Survivant.

- Dites, intervint Lily, lorsque vous aurez fini cette discussion ô combien spirituelle, vous pourrez peut-être daigner vous mettre au travail ?

Harry ne se fit pas prier. Il se souviendrait plus tard que Bowman Wright était l'inventeur du vif d'or d'où l'air affligé de Drago, mais pour le moment, il se contenta de suivre les instructions fermes de Lily sur la façon de dresser la table de Noël.

Les cinq compagnons eurent terminés plus vite qu'ils ne l'avaient prévus, la Préfète-en-Chef étant une redoutable meneuse de troupe. Ainsi, chacun se mit à déambuler à sa guise dans le grand salon. Le regard de Harry passa sur des générations de Potter dont il ne connaissait même pas le nom avec une certaine tristesse alors que James bavardait joyeusement avec ses ascendants. Encore une chose dont Voldemort l'avait privé.

Le voyageur dimensionnel ferma les yeux, tentant de faire disparaître la boule dans sa gorge. Ce n'était pas le moment de se morfondre.

Il tourna les talons et continua sa visite des lieux. Son regard tomba alors sur une porte de bois taillé sur laquelle de nombreuses runes étaient représentées. Harry aurait bien été incapable de donner la signification de l'une d'entre elles, mais sur curiosité venait d'être piquée à vif. Il s'avança vers la porte qui s'ouvrit sans problème lorsqu'il la poussa. Il pénétra alors dans une petite pièce triangulaire. Dans chaque angle trônait une armure brillante qui semblait attendre d'être revêtue à tout moment. Des tentures au sens obscur représentant des scènes qui semblaient mythologiques étaient accrochées aux murs, rendant l'endroit encore plus irréel.

Au centre de la pièce se trouvait une statue d'une déesse antique, les bras en avaient, les paumes ouvertes vers le ciel. Sur ses mains avait été posée une épée aussi étrange que magnifique. Elle était entièrement noire, de la garde jusqu'au bout de la lame, mais d'un noir brillant, magique. S'approchant d'elle, le jeune homme remarqua des runes sur le pommeau, mais encore une fois, il était parfaitement incapable de les lire.

- C'est l'épée de la famille de James.

Harry sursauta brusquement, surpris dans sa contemplation de l'arme. Sirius venait d'arriver près de lui et lui fit un sourire concilient. Le voyageur dimensionnel en fut surpris. Ces relations avec les Maraudeurs étaient-elles en passe de s'améliorer ?

- Elle est très belle, admit Harry.

- Et très puissante, reprit son futur parrain. Le problème c'est que peu de personne peuvent ne serait-ce la toucher.

Il y eut un petit rire et le Survivant remarqua que James, Lily et Drago venaient d'entrer dans la pièce à leur tour.

- C'est vrai que lorsque tu as essayé, fit le premier avec un air amusé, tu as fait un vol plané majestueux !

Sirius eut une moue boudeuse.

- J'ai pas envie de reparler de ça, grommela-t-il.

Son meilleur ami rit de plus belle tout en s'approchant de l'arme.

- L'épée, dit-il, a un système d'autoprotection. Elle ne se laisse toucher que par ceux qu'elle reconnaît comme ses maîtres. Ce qui est très rare. Mon père et mon grand-père peuvent la toucher, certes, mais il leur est très difficile de la soulever, quand à moi, même si je suis des rares à être capable la manier, je ne peux pas utiliser son pouvoir.

- Son pouvoir ? répéta Harry, curieux.

- Elle est dans la famille depuis longtemps, mais la légende dit que cette épée représente une force d'anti-magie noire. Si elle entre en contact avec ce type de magie elle le détruit ou l'absorbe selon les versions.

- L'anti-magie n'est-elle pas interdite ? s'étonna Drago.

- Si, approuva James, mais cette épée déroge à la règle. Je ne sais pas pourquoi. De toute façon, il est apparemment impossible de la détruire et la déplacer devient assez compliquer à cause du nombre de personne extrêmement réduit pouvant la soulever.

- C'est le système d'Excalibur, remarqua Lily.

- Si on veut, fit le Préfet-en-Chef, sauf que cette épée est beaucoup plus vieille et qu'elle n'est pas plantée dans un rocher. Elle n'a pas non plus la même finalité. De nombreuses prophéties s'y rattachent, beaucoup faisant référence à son ultime possesseur sans qu'on n'ait jamais réussi à savoir de qui il s'agissait.

- Tout de même, remarqua le renié, une arme en anti-magie noire nous serait bien utile contre Vous-Savez-Qui.

James soupira.

- C'est ce que pense le ministre, et il voudrait bien trouver quelqu'un capable de l'utiliser mais il est tout aussi possible qu'une telle personne ne voit pas le jour avant des siècles !

- Bref, c'est une épée qui ne sert à rien, conclut Drago avec son tact habituel.

- C'est un bon résumé de la situation, admit toutefois James.

La discussion fut coupée par la voix de sa mère appelant le groupe. Mais avant de partir, Harry jeta un dernier coup d'œil à l'épée et il eut l'impression de la voir scintiller. Mais à peine eut-il cligné des yeux que tout redevint normal, si bien qu'il se demanda sérieusement s'il n'avait pas rêvé. Peut-être était-ce seulement un effet d'optique…


James eut un grand sourire en voyant Remus sortir de la cheminée, bientôt suivi par ses parents.

Rhéa Lupin était une très belle femme au regard et à la voix doux, son fils avait hérité de son calme et de sa gentillesse. C'était une femme avec laquelle il faisait bon se trouver.

John Lupin, paradoxalement, était le parfait opposé de son épouse. Cassant et bourru, il flirtait souvent avec la méchanceté et James l'avait quelques fois soupçonné d'être violent sans jamais en avoir la preuve. Face au refus de son ami lycanthrope d'aborder le sujet il avait gardé ses craintes pour lui (Sirius était trop gaffeur pour qu'on lui confit des choses pareilles), mais le fait été qu'il n'aimait pas vraiment John Lupin. Contrairement à sa femme, il ne devait d'être invité chez les Potter qu'au fait d'être le père de Remus.

- John, Rhéa ! s'exclama la mère du Préfet-en-Chef en souriant au deux susnommés. Je suis contente de vous voir. Tu as bonne mine, Remus, ajouta-t-elle à l'adresse du garçon dont elle connaissait le secret.

En effet, lorsqu'il avait découvert la lycanthropie du Gryffondor et décidé de l'accepter sans en tenir compte, James s'était toutefois confié à sa mère. Elle était une fervente défenseuse des droits de tous les sorciers et le jeune homme savait qu'elle était très fière de l'amitié qu'il entretenait avec Remus. Fière que son éducation ait ainsi portée ses fruits.

Le père de James ne fut pas long à arriver après ça et tout le monde passa joyeusement à table. Sylciu s'était vu flanqué d'un bonnet de père Noël par Sirius et ne semblait pas apprécier outre mesure. Hélios avait élu domicile sur la pointe du sapin qui penchait dangereusement sous le regard inquiet de Star et amusé de Remus. Lily était en pleine conversation avec Rhéa et la mère de James.

Tout allait bien. La soirée se passait de façon enjouée et détendue. Sirius n'avait pas fait de gaffe, le maître de maison n'avait pas été appelé en urgence à cause d'une attaque de Mangemorts, M. Lupin n'avait pas dérapé dans ses propos. Un Noël comme on ne pouvait que les espérer.

Il était vingt-trois heures trente et James avait renoncé à avoir une conversation correcte avec Sirius. Celui-ci était beaucoup trop surexcité pour aligner deux mots dans une phrase à peu près juste. En désespoir de cause, le Préfet-en-Chef s'était donc tourné vers son autre voisin, qui n'était autre que le Serpentard Terry Star. Celui-ci n'avait pas dit grand-chose depuis le début du dîner, regardant plutôt autour de lui, un léger sourire sur les lèvres mais toujours avec ce regard mélancolique. Comment pouvait-on être malheureux le soir de Noël ?

James regretta d'avoir poser cette question mentale dès qu'il l'eut commencée. Il savait pourtant pourquoi les deux américains étaient ici. C'était probablement le premier Noël qu'ils passaient sans leur famille, de surcroit dans un nouveau pays. Normal qu'ils se sentent mal. Le Maraudeur jeta un coup d'œil à Sylciu, qui avait fini par accepter le bonnet, discutait d'un air enjoué avec Lily. Il ne semblait pas spécialement triste, mais rien ne disait que ce n'était pas le cas.

Le Préfet-en-Chef reporta donc son attention sur Star. Ce garçon était plein de mystères. Au passage, Lily lui avait bien expliqué, quelques cris à l'appui, qu'il n'y avait rien entre eux sinon une franche amitié. Mais le problème actuel n'était pas là. Cette impétueuse envie d'aider le nouveau était en train de revenir à la charge.

- Hélios, souffla celui-ci, tentant d'être discret. Arrête ça tout de suite ! Tu vas casser quelque chose ! Hélios !

James tourna son regard vers le phénix qui semblait beaucoup s'amuser à explorer les environs, inspectant chaque objet qui lui passer sous le bec.

- Laisse, c'est pas grave, fit le Maraudeur avec un sourire. Ma mère se plaint toujours qu'il y a trop de vieillerie dans cette maison.

- Moi je trouve que tu as une très belle maison.

Ce n'était pas la première fois qu'on disait une telle chose, pourtant James avait le sentiment qu'il y avait autre chose qu'un simple compliment dans cette phrase. Mais quoi ? Le jeune homme n'arrivait pas à mettre un mot sur cette impression.

- Tu n'es pas trop triste ? demanda-t-il sous le coup de l'impulsion.

Star se tourna vers lui, visiblement surprise.

- C'est un Noël assez spécial, tu n'es pas chez toi, avec ta famille…

Le Serpentard eut un sourire… tendre ?

- C'est gentil. Mais ça va. C'est un Noël très agréable. Vraiment très agréable. Merci.

James était complètement dérouté par les paroles du nouveau, sans vraiment savoir pourquoi, mais Sirius vint vite casser le moment.

- Vingt-trois heures cinquante-neuf ! s'exclama-t-il brusquement en sautillant sur sa chaise. Ça y est !

- Non mais tu as quel âge ? soupira Lily, atterrée.

Mais soudainement, il se passa une chose à laquelle James ne s'attendait pas. Star s'était mis à rire devant cette scène, tant et si bien que la jeune fille en oublia apparemment ce qu'elle voulait dire. Il était vrai que le Préfet-en-Chef ne se souvenait pas avoir jamais entendu le Serpentard rire ainsi, d'un rire joyeux et insouciant. Emportée par cette réaction inattendu Lily s'esclaffa à son tour alors que Sirius affichait la mine vexée. Et bien vite le fou rire se propagea vite à tous les élèves de Poudlard, couvrant de ce fait les douze coups de l'immense horloge. Finalement, aucun d'eux ne savait vraiment pourquoi il riait, mais James n'en avait que faire. Il se sentait le cœur léger, comme porté par… par quoi ? Comme une sorte de force…

Il fut coupé par ses réflexions par sa mère.

- Avant que Sirius ne perde son sang froid, allez donc ouvrir vos cadeaux, ils sont tous dans le salon où nous avons installé le grand sapin.

- C'est parti ! s'exclama le susnommé en s'élançant.

Lily eut un air affligé alors que Remus et Sylciu emboîtaient le pas au jeune Black. Star ne fut pas long à en faire de même et les deux préfets-en-chef fermèrent la marche. Ils entraient tous les deux dans le salon lorsque Sirius les arrêta d'un geste.

- Stop !

Il montra du doigt l'encadrement de la porte sous lequel se trouvaient ses deux condisciples. Une branche de gui y avait été accrochée.

- On s'embrasse sous le gui, c'est la tradition, annonça Sirius d'une voix docte.

- C'est une tradition du jour de l'an, soupira Lily, pas de Noël !

- Il faut savoir innover ! répliqua le meilleur ami du fils de la maison avec la mauvaise foi qui le caractérisait.

La jeune fille allait répliquer, mais James décida de prendre les devants et l'embrassa. Il eut vaguement conscience d'entendre ses amis applaudir et quelqu'un lançait un « enfin ! » retentissant, mais il n'y prêta aucune attention, pas plus que sa compagne d'ailleurs.


Drago aurait bien été incapable de dire pourquoi il se sentait aussi euphorique de voir Potter père et Lily s'embrasser sous la branche de gui que Black avait fait apparaître quelques instants plus tôt. Pas plus d'ailleurs qu'il ne savait pourquoi voir l'Élu rire ainsi des bêtises de son futur parrain avait été aussi agréable…

Le renié n'arrivait plus à comprendre ses propres sentiments, il se sentait complètement perdu sans réussir à saisir ce qu'il était en train de devenir.

- Maintenant les cadeaux ! s'exclama Black en sautillant vers le sapin.

Cette fois, Lily ne soupira même pas de la puérilité du Gryffondor, trop occupée à rester serrer contre Potter père. La naissance du héros national dans cet univers était sur la bonne voie… Le couple s'avança à son tour vers l'arbre de Noël, suivi par Lupin. Potter demeurait légèrement en retrait.

Les trois Maraudeurs et Lily ouvraient joyeusement leurs cadeaux lorsque Black poussa un cri.

- Qui a osé m'offrir un livre ? rugit le jeune rouge et or.

La Préfète-en-Chef eut un sourire angélique et attrapa un des paquets portant son nom.

- Ce n'est pas drôle Evans, grommela Black. James ! Tu pourrais me soutenir.

Mais l'interpelé préféra rester neutre, reportant son attention sur une boite aux couleurs vives.

- Celui-ci est pour toi, Sylciu, fit Lupin, tendant un cadeau au voyageur dimensionnel.

Celui-ci mit quelques instants avant de réaliser que c'était à lui que s'adressait le loup-garou. Il ne s'attendait pas le moins du monde à recevoir le moindre présent cette année-là ! Qui pouvait bien avoir décidé de lui en faire un ?

Drago attrapa le paquet et déchira d'un geste le papier doré qui l'entourait pour découvrir un vieux grimoire écrit dans un dialecte ancien. Il releva la tête et croisa le visage souriant de Lily.

- J'avais remarqué que tu t'intéressais beaucoup aux runes ces derniers temps, dit-elle simplement. J'espère que tu n'es pas comme cet imbécile illettré de Black à grimacer à l'idée même d'un bouquin !

- Je ne suis pas un illettré ! s'insurgea l'insulté en se tournant vers le jeune fille, mais Lupin l'intercepta au vol, évitant une nouvelle dispute.

L'Anonyme ne prêta pas d'attention à la suite, fixant sans mot le grimoire, en proie à une déferlante de sentiments qu'il avait du mal à identifier. Jamais personne ne s'était vraiment intéressé à lui ainsi. Pas même sa mère. En général, elle lui demandait ce qu'il voulait pour Noël, ce qui simplifiait la situation pour tout le monde… Pourquoi tout lui semblait différent depuis qu'il était arrivé dans ce monde ? C'était comme si toutes les personnes qu'il rencontrait ici étaient différentes de celles qu'il avait l'habitude de côtoyer… Etait-ce ça la différence entre les Serpentards et les Gryffondors ? Non, il ne pouvait pas le croire. Réduire ces changements à ce simple état de fait était trop simpliste… Alors d'où cela venait-il ?

- Attrape ! lui cria brusquement Potter père.

Drago eut juste le temps de voir une chose verte non identifiée lui fondre dessus. Il tenta, sans succès de l'attraper mais elle tomba à terre dans un bruit sourd.

- Comme attrapeur, tu repasseras, ricana l'Élu en regardant l'Anonyme se baisser pour rattraper le projectile qui s'avérait être un paquet.

Le blond le foudroya du regard avant de reporter son attention sur le cadeau. Un autre pour lui ? Il avait du mal à y croire. Il l'ouvrit prudemment, priant pour que ce qui se trouvait à l'intérieur ne fût pas fragile, sans quoi il allait le retrouver en milles morceaux. Heureusement, celui qui avait acheté ce cadeau avait eu la présence d'esprit de la faire emballé de façon à ce qu'il supporte ce genre de mauvais traitement. Ainsi, Drago sortit un Rappeltout en parfait état de son paquet. Il fronça les sourcils. Quel drôle de présent.

Mais un morceau de parchemin qui était joint à l'objet lui fit comprendre la provenance de cet étrange cadeau. « On fait tous des erreurs, tache de ne pas oublier les tiennes et d'en tirer un enseignement… »

Ça c'était signé Saint Harry Potter ! Il n'y avait que lui pour écrire de telle absurdité ! Remarquez, Dumbledore aussi aurait pu le faire. Mais bon, de toute façon c'était l'écriture de Potter.

Drago regarda le Rappeltout à la lumière du feu qui brulait dans la cheminée. Non, il n'oublierait pas. Jamais.


Albus se trouva réveillé ce matin-là par un rayon de soleil s'étant faufilé à travers la fenêtre de ses appartements, les illuminant d'une douce lumière. Le feu magique crépitait encore dans l'âtre, faisant fuir de la pièce le froid hivernal.

Le vieil homme sourit, c'était bien une atmosphère parfaite pour un matin de Noël. Autour de la cheminée étaient empilés des dizaines de cadeaux de toutes tailles et couleurs. Le directeur eut un sourire. Peu importe l'âge qu'il avait, face à ce genre de festivités, il avait gardé son âme d'enfant.

Il se leva donc, redressa son bonnet de nuit qui menaçait de tomber sur son nez, enfila ses lunettes en demi-lune et chaussa ses pantoufles fourrées. Il attrapa le cadeau le plus proche et défit avec une lenteur mesurée le papier cadeau.

Un livre de magie blanche d'un auteur reconnu ne devant paraître que quelques semaines plus tard, pas mal, le Ministre de la Magie avait bien fait son choix. Enfin, c'était certainement sa secrétaire. Albus nota mentalement qu'il devait la remercier.

Il se saisit d'un autre paquet. Une glace de l'ennemi avec un petit mot « Vigilance Constante ». Le mage blanc rit doucement. Le capitaine des aurors Alastor Maugrey était quelqu'un de très sympathique mais un peu paranoïaque sur les bords…

Le directeur remarqua un présent à l'emballage écossais et sourit. Il l'ouvrit rapidement pour découvrir un assortiment de ses friandises préférées. Minerva était une perle, songea-il en dégustant une chocogrenouille.

Ce faisant, il ouvrit de nouveaux cadeaux. Un bibelot de magie blanche comme il en avait des dizaines, un livre, un autre livre, encore un livre… Pourquoi les gens jugeaient-ils indispensables de lui offrir des livres ? Pensaient-ils qu'il avait dans l'idée de rebâtir la bibliothèque d'Alexandrie ? Ou pire : le pensaient-ils si sérieux que cela ? Il n'était pas toujours plongé dans ses bouquins, par Merlin !

Il posa le énième ouvrage sur la pile qu'il avait faite, et avisa un paquet à la forme surprenante et n'étant selon toute probabilité pas composé de papier. Il l'attrapa d'un geste vif et l'ouvrit avec curiosité. Ses yeux s'agrandirent en découvrant le contenu de l'emballage rougeoyant. Plusieurs paires de chaussettes en grosse laine multicolore !

Les yeux d'Albus se mirent à pétiller. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas reçu pareille surprise. Et son origine n'en était que plus intrigante. Terry Star était un garçon plein de surprise. Qui aurait pu se douter qu'il savait tant de choses sur le directeur ?

Albus savait toutefois que l'envoyé de Némésis n'était pas un danger. Après tout, Tom et les siens n'avaient que faire des goûts du vieil homme en matière de cadeaux…

Après avoir posé les chaussettes sur le coté, le mage blanc saisit un nouveau paquet, l'esprit toujours occupé par un étrange adolescent aux yeux vert.


Merci, merci, merci ! Alors là, je suis aux anges ! 41 reviews pour le seul chapitre précédent ! Et en plus j'ai dépassé la barre des 400 reviews !

Pour répondre à titmo, je signale que je préfère ceux qui me mettent dans leurs favoris que ce qui suivent cette fic, mais comme on en est juste à alors je ne dis rien pour le moment. J'attends la centaine ;)

Pour la demande d'Elaur, il n'y a pas de problème au contraire, je suis ravie que tu es envie de reprendre Hélios dans ta fic. Mais ATTENTION ! je veux que personne ne le lui dise, il est largement assez égocentrique comme ça. Imaginez ce qui se passerait s'il le savait, on risquerait un suicide de Harry. Ce serait dommage que la fic tombe à l'eau, qu'est-ce que vous en pensez ?

En tout cas, je suis très contente de voir que le chapitre précédent a plu à tout le monde !

Joyeux Noël à tous !

Eterna