Les Maîtres des Dimensions
Résumé général : Alors que Harry déprime après la mort de Dumbledore, il rencontre Némésis, une étrange femme qui lui propose une mission : se rendre dans un monde parallèle afin de créer un autre futur. Il part donc en 1976, dernière année de ses parents à Poudlard, sous le nom de Terry Star, accompagné d'Hélios son phénix mais également de Drago, qui a été renié par son père, portant le pseudonyme de Sylciu Celford. Ils se présentent comme des cousins venus d'Amérique.
Chapitre précédant : Après une mésaventure au zoo, Harry, Drago et Lily se retrouvent invités chez les Potter où ils doivent passer la fin des vacances de Noël. Malgré un début assez houleux, les relations entre les jeunes gens deviennent plus cordiales et on assiste à un rapprochement certain entre James et Lily. Bref tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes… enfin, presque.
Note d'un auteur désespéré : Encore un chapitre sortit de nulle part ! (Je n'ai plus aucun contrôle dans cette fic !) Il n'était absolument pas prévu puisque l'action qu'il raconte était censée se dérouler dans le chapitre 20. Celui-ci menaçant de devenir d'une longueur excessive, j'ai donc décidé de couper ! Enfin, maintenant le retour à Poudlard est proche et bientôt tout ce beau monde se retrouvera chez les moldus !
Chapitre 21 : Réveillon
Le jour de Noël, Harry se réveilla alors que le soleil était déjà haut dans le ciel. Il ne se leva toutefois pas tout de suite, préférant savourer l'atmosphère chaude de sa chambre. Jamais il ne s'était senti ainsi chez lui ailleurs qu'à Poudlard. Certes, il se sentait bien au Terrier, mais il avait conscience de n'être qu'un invité, malgré les efforts appréciables de Mme Weasley en la matière.
Alors pourquoi avait-il l'impression d'être chez lui chez les Potter ? Ce n'était pourtant pas le cas. Terry Star n'avait aucun droit de prétendre une telle chose.
Harry soupira profondément. Il n'avait aucune envie de disserter sur cette question ce matin-là. Tout ce qu'il désirait pour le moment était de profiter des vacances inattendues qui lui étaient offertes. Ses parents sortaient enfin ensembles, ses relations avec les Maraudeurs s'étaient considérablement réchauffées, bref tout allait pour le mieux !
Le Survivant se demanda un instant si Dumbledore avait reçu son cadeau. Il avait envoyé Hélios l'apporter la veille au soir et le phénix était revenu sans le paquet. Restait à espérer qu'il est livré le présent au bon endroit, car l'oiseau de feu, avec son fichu caractère, n'avait que très peu apprécié être utilisé comme un hibou postal.
Hélios justement émit un son joyeux. Il avait été assez gâté la veille. Harry sourit, il avait toujours su que les phénix étaient des animaux merveilleux et très puissants, mais il ne s'était jamais douté que les sorciers leur vouaient une pareille fascination, c'était presque un culte. Ce qui dans le cas particulier d'Hélios n'était pas une bonne nouvelle. Il était déjà suffisamment imbu de sa personne comme ça !
Le Survivant venait de se lever, encore un peu endormi lorsqu'une tornade noire pénétra dans sa chambre.
- Star ! s'exclama-t-elle. Dépêche, on va faire un match de Quidditch !
Et sans attendre, elle sortit de la pièce.
- Bonjour à toi aussi, Sirius, murmura Harry, un sourire aux lèvres en attrapant le premier pantalon qui lui tomba sous la main.
Hélios émit un son amusé en sortant d'on ne sait où le balai de son compagnon.
- Je ne suis pas sûr de pouvoir le prendre, tu sais, lui signala son compagnon, il n'a pas encore été inventé ici…
L'animal pencha la tête et le sorcier sourit.
- Remarque, j'ai bien envie de le prendre, mais il va falloir trouver une histoire qui tienne la route sinon Drago risque de hurler.
Le phénix s'ébroua et laissa échapper quelques notes ressemblant énormément à un petit rire.
- C'est vrai qu'il a une tendance naturelle à la mauvaise humeur, s'amusa Harry. Mais je suis content que dans une certaine mesure nous nous entendions. Il n'est pas du tout comme je croyais avant. Et puis…
Le jeune homme laissa son regard vagabonder au dehors quelques instants avant de reprendre.
- Et puis je pense que cela aurait rendu le professeur Dumbledore heureux. Cela lui aurait plu de voir que malgré nos différences, nos maisons ennemies, nous arrivions à avoir une entente plutôt cordiale.
Harry se laissa tomber sur son lit avec un petit rire.
- C'est idiot ! Peu importe ce qu'aurait pensé Dumbledore, il est mort maintenant, comme beaucoup d'autre. Drago a peut-être raison finalement, peut-être que je vis trop dans le passé, que je pense trop aux morts…
- STAR ! appela soudain la voix surexcité de Sirius. Active le mouvement !
Hélios s'envola et Harry, après avoir attrapé son Eclair de Feu, lui emboita le pas. Lorsqu'il arriva dans le parc il fut surpris de voir le soleil aussi haut dans le ciel. Il ne pensait pas avoir dormi aussi tard. Regardant autour de lui, il réalisa que le phénix avait disparut Merlin seul savait où.
- C'est hors de question ! rugit James, tirant le nouveau venu de ses pensées.
- Mais… tenta Sirius.
- Pas de mais ! répliqua son ami, implacable. Tu arbitreras du sol, un point c'est tout !
- Que se passe-t-il ? demanda à mi-voix Harry en s'approchant du petit groupe que formaient Drago, Remus et Lily.
- C'est une bonne question, objecta le premier. La seule chose que j'ai comprise c'est que Potter refuse que Black monte sur un balai.
Son équipier cilla. Quelle drôle d'idée ! Comment James voulait-il qu'ils jouent au Quidditch s'ils ne pouvaient pas monter sur leurs balais ? Un gloussement amusé attira son attention. À coté de lui, Remus tentait tant bien que mal de retenir son hilarité.
- Si vous voyez vos têtes, pouffa-t-il. C'est vrai que vous vous êtes vraiment bien intégrés, on en oublie parfois que vous êtes nouveaux ! Pour la petite histoire, sachez que Sirius est une véritable catastrophe avec tout ce qui vole. James prétend qu'il serait même capable de faire voler un hypogriffe de travers – cependant cela reste à prouver. Bref, il lui est formellement interdit de monter sur un balai.
- Lors de notre premier cours de vol, renchérit Lily en souriant, il a blessé deux personnes et cassé trois balais à lui tout seul ! Ne me demandez pas comment il a fait, je n'ai jamais compris. Toujours est-il que même notre professeur de vol a été impuissant face à une telle calamité et a fini par abandonner après pas mal de passages à l'infirmerie.
- Depuis, conclut Remus, Sirius est formellement interdit de balai ou de toute autre chose pouvant voler – exception faite pour sa moto qui, on ne sait par quel miracle, résiste au carnage.
Drago et Harry se regardèrent, dubitatifs. Toutefois, le brun se souvint brusquement de sa première rencontre avec les deux Maraudeurs au moment de son arrivée dans cette dimension. Il n'eut toutefois pas le loisir de se pencher plus sur ses souvenirs, car, contre toute attente, le renié éclata de rire.
- Qui aurait pu croire que le grand Sirius Black avec une telle tare ! s'esclaffa-t-il.
Le susnommé se tourna vers lui, affichant une moue boudeuse.
- C'est fou ce que tu peux manquer de tact par moment, grommela le Maraudeur.
Harry regarda tour à tour les deux protagonistes. Sirius ne semblait pas réellement vexé par la réplique de Drago qui lui était complètement hilare. Le Survivant cilla. Cette scène ne semblait pas réelle, comme si son cerveau refusait d'admettre que celui qui avait été si longtemps son ennemi puisse ainsi rire avec son futur parrain. Depuis quand étaient-ils devenus aussi proches ? Qu'avait bien pu vouloir Némésis en les envoyant tous les deux ici ? Etait-ce là son but ? Faire changer Drago ? Harry se sentait perdu, abandonné. Que lui arrivait-il tout à coup ? Etait-il… jaloux ?
Le voyageur dimensionnel sursauta. Jaloux ? Il était jaloux de Drago ? Il se mordit la lèvre. Impossible ! Il ne pouvait pas ressentir de tels sentiments. Il était heureux que le renié sache enfin ce que c'était que l'amitié… Non ?
Non, peut-être pas. Peut-être aurait-il préféré que Drago continue à souffrir. Pourquoi ? Pourquoi ? Etait-il comme Voldemort, appréciait-il voir les autres blessés ? Dans ce cas, avait-il le droit de se prétendre de près ou de loin un proche de Dumbledore ?
A moins que ce soit qu'au fond de lui, malgré toutes ses bonnes résolutions, il en voulait toujours au blond d'avoir été l'instrument de la mort du directeur. Etait-ce cela ? Etait-il pétri de vengeance ? Peut-être. Peut-être était-il venu ici pour se venger de Voldemort…
Non ! Ce n'était pas ça ! Ce n'était pas son but. Que lui arrivait-il à la fin ? Il était ici pour protéger ceux de ce monde, voilà tout ! Que lui arrivait-il ? Quelles étaient ces pensées ?
- Sssssssssssa n'a pas l'air d'aller, signala une voix sifflante.
Harry sursauta et regarda frénétiquement autour de lui.
- En bas, humain sssssssssstupide ! rouspéta la voix.
- Ah ! s'exclama quelqu'un – Harry était tellement plongé dans ses pensées qu'il ne reconnu pas la voix. Un serpent !
En effet, un reptile ondulait sur le sol au pied du jeune homme. Ce dernier fronça les sourcils.
- Toi ! s'exclama-t-il, reconnaissant l'animal dont il avait fait la connaissance – enfin, façon de parler – lors de sa mésaventure avec la legilimencie. Que fais-tu là ?
- Tu pourrais avec la déssssssssssenssssssssse de t'adresssssssssssssssser à moi dans ma langue, sssssssssse n'est pas parssssssssssse que nous avons été lié et que de ssssssssse fait je te comprends que tu dois te croire tout permis, ronchonna l'animal, apparemment peu disposé à être aimable. Enfin, on ne peut pas demander aux humains d'être poli, ils ne ssssssssssavent pas ssssssssssse que ssssssssssssa veut dire !
Harry rit jaune. Il devait très certainement être maudit pour tomber sur un serpent pareil.
- Je viens jussssssssssssssste te prévenir, siffla celui-ci semblant devenir sérieux, que le desssssssssssssendant de Ssssssssssserpentard a ordonné aux miens de tuer le fourchelangue renégat – toi en l'occurenssssssssssssssssse.
- Pourquoi ? demanda le Survivant sans même penser à parler dans la langue de l'animal.
- Humain ssssssssssstupide et impoli ! Tu es à l'image de ton peuple, arrogant et ignorant ! Réfléchit deux ssssssssssssecondes, même ssssssssssssssssi sssssssssssse n'est pas dans tes habitudes ! Tu es le sssssssssssssssseul en dehors du dessssssssendant de Sssssssssssssserpentard à pouvoir parler avec nous. Donc tu es un danger pour ssssssssssssssses plans ! Il ne veut pas que tu puissssssssssssssses mettre ssssssssssses plans en déroute. Donc il a fait de toi un ennemi des sssssssssssssserpends.
- Dans ce cas, pourquoi venir me prévenir ?
- Ssssssssssssstupide ! répéta le serpent, excédé. Imbécile ! Ignorant ! Comment un être tel que toi peut-il être aimé de la Magie, ssssssssssa me dépasssssssssssssssssse !
Il tourna autour de Harry avec un agacement évident.
- Ssssssssssssi je le pouvais, je te mordrais hissssssssssssssssstoire qu'on en finisssssssssse avec tout ssssssssssssa ! Ha ! La pesssssssste sssssssoit de ssssssssssssette dette ! Sssssssssssache ssssssssseulement que le dessssssssssssendant de Sssssssssssserpentard te cherche car il ne veut pas que sssssssssson plan ssssssssssoit mit à mal par ta présensssssse. Tous les miens ont été appelés et bientôt ils attaqueront.
- Quand ? Où ? Dis le moi !
- Ne me donne pas d'ordres ! rugit l'animal. Ssssssssi je sssssuis issssssssi sssssssss'est par resssssssspect pour ma dette ! Tu ne le mérites pas ! Ferme mieux ton esssssssprit où il parviendra à nouveau à y entrer.
Le voyageur dimensionnel sursauta et fit un pas en arrière.
- Tu veux dire que…
- Bien, l'humain, tu réfléchis pour une fois ! Tu étais jaloux de ton semblable – il n'y a que les humains pour faire sssssssssa ! Jamais un ssssssssserpent ne ssssssssera jaloux d'un autre ! Quelle sottisssssse ! – et le dessssssssssendant de Ssssssssserpentard en a profité pour exasssssserber ssssssssses ssssssentiments.
- Comment ? Nous ne sommes plus liés ici…
- Liés ? Isssssssi ? Tu ssssssssembles avoir pas mal de sssssssecrets, humain. Peut-être es-tu intéresssssssssssant finalement. Mais peu importe. Votre bataille mentale de l'autre jour a laissssssssssé quelques ssssssssssséquelles. Sssssssssoit plus prudent à l'avenir. Adieu et à jamais !
L'animal se mit à onduler en s'éloignant.
- Attend ! Je ne comprends pas… Pourquoi es-tu venu ici ?
Le reptile se retourna et comme d'ordinaire laissa échapper un chapelet de jurons colorés avant de reprendre sur un ton condescendant.
- Bien, je vais me répéter pour que ton petit ssssssssssserveau d'humain idiot puissssssssse intégrer la nouvelle. Je suis venu te dire que le descendant de Ssssssssssssserpentard avait l'intention de te faire tuer ou au moins te mettre hors d'état de lui nuire afin que ssssssssssson plan intégrant les miens ne ssssssssoit pas mit à mal par ta capassssssssssité de parler fourchelangue – capacité que tu n'as même pas la déssssssssssensssssssse d'utilisssssssssser lorssssssque tu t'adressssssssssses à moi ! Bref, ssssssssssi j'ai fait sssssssssssa sssssssssss'est en paiement de ma dette envers toi.
- Ta dette ?
- Oui, imbéssssssssile ! Tu m'as évité de mordre un lycanthrope. Le sssssssssssang des lycans est très nossssssssssif pour les ssssssssssserpends, j'en sssssssssssserais peut-être mort ! Mais maintenant ma dette est payé et tout aimé de la Magie que tu ssssssssois, je sssssssssssouhaite ne plus jamais te revoir et encore moins t'adressssssssser la parole. Tache donc de te tenir tranquille quelques jours le temps que le desssssssssssssendant de Ssssssssserpentard mette son plan à exécusssssssssion.
Sur ce, le serpent s'apprêta à partir.
- Mersssssssssssi, lança Harry en fourchelangue.
Son étrange interlocuteur émit un sifflement agacé avant de disparaître dans les hautes herbes.
Ce ne fut qu'à cet instant que le voyageur dimensionnel se rappela qu'il n'était pas seul dans le parc.
- Ah ! s'exclama Evans brusquement, tirant Sirius de sa discussion avec Sylciu. Un serpent !
Le Maraudeur se retourna et vit qu'en effet, un reptile se trouvait aux pieds de Star. A coté de lui, James avait tiré sa baguette, prêt à se débarrasser de l'indésirable.
- Toi ! fit soudainement Star, surprenant tout le monde. Que fais-tu là ?
Sirius cilla. Le nouveau était-il devenu fou ? Il ne parlait tout de même pas au serpent !? Quelle ne fut pas la surprise du Gryffondor d'entendre l'animal émettre un long sifflement, comme pour répondre.
Le Serpentard eut un rire sarcastique alors que le reptile continuait à siffler.
- Je rêve, murmura James, visiblement sidéré par la scène qui se jouait sous ses yeux.
Son meilleur ami se le demandait aussi. Que diable se passait-il au juste ?
- Pourquoi ? demanda l'américain.
Par Merlin, il parlait avec le serpent ! Ca ne voulait dire qu'une seule chose : un fourchelangue. Non, ce n'était pas ça, sinon il aurait parlé dans la langue des serpents. Alors quoi ? Une discussion télépathique ? La rumeur voulait que les legilimens puissent le faire mais beaucoup disaient qu'il ne s'agissait que de racontars. Mais quoi d'autre ?
- Dans ce cas, pourquoi venir me prévenir ? s'étonna Star.
Le serpent eut un sifflement menaçant et se mit à tourner autour du Serpentard. Sylciu sortit sa baguette. Lui devait certainement savoir ce qui se passait…
- Qu'est-ce que ça veut dire ? demanda Remus, prenant son ami de vitesse.
- Je ne sais pas encore, répondit le Gryffondor américain. Mais Terry n'a pas une grande autorité.
Que voulait-il dire par là exactement ? Que se passait-il, nom d'une chouette à deux têtes ?!
- Quand ? Où ? Dis le moi !
La bonne nouvelle, si on pouvait appeler ça comme ça, c'était que Star ne semblait pas le moins du monde inquiété par la situation. Cependant, Sirius ne se sentait pas du tout enclin à une confiance excessive.
Comme pour lui donner raison, le Serpentard sursauta, blêmissant brusquement, et fit un pas en arrière.
- Comment ? bredouilla-t-il. Nous ne sommes plus liés ici…
À son tour, l'inquiétude apparut sur les traits de Sylciu. Il s'apprêta à s'approcher, baguette au poing. Mais contre toute attente, ce fut le serpent qui bougea, après avoir émit un nouveau sifflement énervé.
- Attend ! s'exclama Star. Je ne comprends pas… Pourquoi es-tu venu ici ?
Sirius commençait sérieusement à se poser des questions sur la santé mentale de vert et argent. Quoique le fait qu'il soit dans la maison des Serpentards était déjà en soit une explication de son déséquilibre.
De son coté, le reptile s'était retourné et avait émit un long sifflement assez peu rassurant.
- Ta dette ? fit Star.
C'était officiel, Sirius était en plein délire. Il avait l'impression d'avoir prit une potion hallucinogène ! Mais que se passait-il par le chapeau de Gryffondor ? Le serpent sifflait toujours, ce qui commençait à devenir très stressant. Puis il sembla de nouveau prêt à partir.
Ce qui suivit glaça le sang de Sirius, le faisant promptement tirer sa baguette. Un sifflement semblable à celui du reptile s'était échappé des lèvres de l'américain. L'animal disparut dans la végétation sans que le Maraudeur n'y prête attention. Il fixait le vert et argent, horrifié par l'idée qu'il ait pu un jour trouver ce type sympathique.
Un fourchelangue. C'était bien un fourchelangue par les quatre fondateurs réunis ! Un mage noir !
Star sembla prendre conscience de la présence de ses condisciples et sembla brusquement très gêné. D'autant plus que les baguettes des trois Maraudeurs étaient pointées vers lui. Il fit un pas en avant mais Sirius ne lui laissa pas le temps d'en faire plus.
- Stupefix ! s'écria-t-il.
Les yeux du vert et argent s'élargirent de surprise mais il ne lui fallut que quelques secondes pour reprendre ses esprits et bondit sur le coté tout en tirant sa baguette de sa poche. C'était comme s'il était habitué à subir ce genre d'attaques, songea Sirius. Mais il n'eut pas vraiment le temps d'approfondir sa pensée, car déjà l'américain avait répliqué.
- Expelliamus !
Le Maraudeur sentit sa baguette lui échapper des mains sans qu'il ne puisse opposer la moindre résistance. Elle s'envola pour atterrir dans la paume ouverte de Star. Le jeune homme regarda ses compagnons quelques instants et Sirius se sentit, sans savoir pourquoi, honteux sous ce regard blessé.
Le Serpentard commença à s'approcher d'eux et le fils déshérité de la famille Black sentit les deux autres Maraudeurs hésiter.
Passant près de Sirius, le nouveau lui jeta sa baguette aux pieds et continua sa route vers la maison sans un regard pour quiconque. Son balai dans une main, sa baguette dans l'autre, il s'éloignait inexorablement et le Gryffondor avait une étrange impression de malaise qui s'amplifiait à chaque pas de Star.
- Terry ! s'exclama soudainement Evans en s'élançant vers lui. Attend ! Où vas-tu ?
L'interpelé jeta un coup d'œil vers la jeune fille.
- Je rentre à Poudlard, répondit-il d'une voix étrangement neutre. J'ai des choses à faire et je n'aurais jamais dû venir avec vous.
- Ne dit pas de bêtises ! s'indigna la Préfète-en-Chef. Tu as tout à fait ta place ici ! Black n'est qu'un idiot qui ne comprend rien à rien.
L'insulté grinça des dents mais James le retint, lui interdisant d'un geste toute intervention. C'était bien parce que c'était sa petite-amie (non officielle) que Sirius demeura silencieux. Le vert et argent eut un rire douloureux.
- Je ne pense pas que le problème vienne de Black. Tout le monde voit les fourchelangues comme une menace, c'est ainsi. Je n'ai pas la prétention de changer cet état de fait. Et je n'ai aucune envie de me battre contre eux, j'ai mieux à faire de mon énergie. Remercie ta mère pour moi, Potter.
Sur ce il tourna les talons et s'en fut. Evans tenta de le rattraper mais Sylciu l'arrêta.
- Tu ne peux rien y faire, Lily. Ce n'est pas la première fois qu'on le met de coté à cause de son pouvoir, moi le premier j'ai agi ainsi.
- Pourquoi ? s'insurgea-t-elle. En quoi le fait qu'il parle aux serpents changerait-il quelque chose ? C'est toujours Terry ! Le Terry qui se dispute avec son phénix ! Celui qui s'est donné corps et âme lors de l'épidémie, quittant Poudlard alors même qu'il se savait malade et incapable de faire de la magie ! Celui qui est toujours prêt à nous donner un coup de main si nous en avons besoin ! C'est toujours Terry !
- Lily a raison, signala Remus.
Sirius croisa le regard d'ambre du jeune homme et il se sentit rougir de honte. Il avait agit envers Star comme beaucoup agissait envers les loups-garous. Ces personnes même que le Maraudeur condamnait férocement. Il n'avait pas été meilleur que sa mère qui prétendait les sorciers nés de parents moldus inférieur à cause de leur naissance. Il avait été un de ces sorciers emplis de préjugés idiots et de peurs irraisonnées.
- Quel idiot, souffla-t-il en baissant les yeux.
- Oui ! Tu n'es qu'un imbécile Black ! Et de la pire espèce et…
- Lily…
La voix douce et ferme de James fit taire instantanément la jeune fille qui releva un regard surpris vers le Préfet-en-Chef. Sirius comprenait pourquoi, elle n'avait certainement jamais vu cette facette de son condisciple qui faisait de lui le leader des Maraudeurs, même si beaucoup prétendaient qu'il s'agissait en fait de Sirius.
- Tu devrais y aller, reprit James en se tournant vers son meilleur ami.
- Laissez moi d'abord lui parler, intervint Sylciu.
Sans attendre de réponse, le blond s'élança en courant vers la maison.
Cette fois, Black avait agi de façon encore plus idiote que l'Élu. Drago courait de la maison à la poursuite du héros national en grommelant contre son grand cousin. Qu'est-ce qui lui avait pris d'attaquer Potter ainsi ? Certes, ce dernier aurait mieux fait de taire son don de fourchelangue, mais ce n'était pas comme s'il avait décidé d'entamer une discussion dans la langue des serpents sans raison. Tiens ? Devenait-il plus conciliant envers Potter ? C'était à surveiller !
Il arriva devant la chambre de son équipier et entra sans cérémonie. L'occupant des lieux étaient avachis sur son lit, un bras en travers du visage.
- Si c'est pour me faire la morale que tu es là, Drago, c'est inutile, fit-il d'une voix maussade.
- C'est ta mère qui a fait la morale à Black, répliqua l'Anonyme du tac-au-tac.
- Hum…
Bon, ce n'était pas gagné. Mieux valait passer directement à l'essentiel.
- Que t'a dit le serpent ?
- Rien de très original. Vold…
- Ne prononce pas son nom ! s'exclama vigoureusement Drago.
Son interlocuteur soupira mais n'avait apparemment pas le courage de lui faire la leçon.
- Tu-Sais-Qui a ordonné que je sois mis hors d'état de nuire, il prévoit une attaque avec les serpents et apparemment je n'ai pas assez travaillé mon occlumancie.
- Alors il y a encore un lien entre vous ? s'étonna le renié.
- Non, j'ai simplement été trop laxiste et je n'ai pas assez travaillé après notre rencontre, il a pu rester plus ou moins en contact avec mon esprit et lorsque j'ai ressenti des sentiments négatifs il a tenté de les exacerber. J'avais lu que c'était possible dans un livre d'occlumancie d'Hermione mais c'est du haut niveau, bien supérieur au mien. Pourtant ce Vol… Tu-Sais-Qui est moins puissant que le nôtre.
- Tu plaisantes ?
- Non. Je l'ai senti l'autre jour au zoo. Il est moins puissant mais plus téméraire, plus impatient. Toujours est-il que le serpent m'a conseillé de me faire oublier le temps que je ne sois plus une menace pour Tu-Sais-Qui et que je vais l'écouter.
- Tu plaisantes !? s'exclama Drago, sidéré. Potter, tu n'es pas toi-même !
- Et bien si ! répliqua le jeune homme en se relevant brusquement. Peut-être que j'en ai assez d'être le brave Harry Potter, le héros national comme tu dis ! Peut-être que j'ai envie d'une vie tranquille. Et puis merde, quel intérêt de faire tout ça ! Tout ce que ça me rapporte c'est de me faire agresser par mon propre parrain !
- Ça suffit ! s'écria le renié, s'emportant à son tour. Tu es venu ici en connaissance de cause, non ? Alors quoi, tu vas abandonner parce que Black réagit comme un sorcier normalement constitué ? Dois-je te rappeler notre deuxième année ? Tout le monde a réagit comme lui et ça ne t'a pas arrêté pour autant !
- Les circonstances étaient différentes et maintenant je n'ai plus l'énergie de me battre. De toute façon, quel intérêt, dis moi ? Tous ceux que je voudrais protéger meurent les uns après les autres ! J'en ai assez !
- Idiot !
- Trouve quelque chose de plus original, j'ai déjà eut droit à toute la panoplie tout à l'heure.
Excédé, Drago attrapa le jeune homme par le col et le souleva avec une facilité déconcertante. Il n'aura jamais cru que Potter était aussi léger !
- À quoi tu joues, par Serpentard !? Bon sang, Potter, si tu perds espoir, si tu arrêtes tout, comment veux-tu qu'on s'en sorte ? COMMENT ?
Il le poussa, le laissant tomber sur le lit comme une poupée de chiffon. Drago bouillait de rage alors que son interlocuteur le regardait avec un regard perdu.
- Merde, Potter ! Alors que je commençais à croire qu'on pouvait changer les choses, s'opposer au Seigneur des Ténèbres !
Le renié s'éloigna de son équipier, commençant à faire les cents pas dans la pièce. Pourquoi ? Pourquoi cet imbécile devait-il baisser les bras maintenant ? Drago commença à faire l'inventaire de tous les noms d'oiseaux qu'il pouvait connaître et les associa mentalement à Harry James Potter.
-Alors c'est ça. C'est ça mon rôle, n'est-ce pas ?
Le timbre de la voix de Survivant avait changé. Drago se tourna vers lui. L'expression sur son visage s'était également modifiée. Il semblait étrange. Quoique ce n'était pas le mot. Potter était toujours étrange. Mais là il était plus étrange que d'habitude.
- Ton rôle ?
- Oui, reprit l'Élu en regardant par la fenêtre, en fait tout ce que toi et les autres attendaient de moi c'est de porter les espoirs des autres.
Drago croisa ses bras sur son torse.
- Et c'est reparti ! Saint Potter nous joue le complexe du héros malheureux. Réveille-toi, pour l'amour de Viviane ! Tu n'es pas le seul à avoir une vie difficile et je ne prétends pas que tu aies écopé du meilleur rôle mais c'est toi qui m'as dit que ça ne servait à rien de nier ce que nous sommes. Je suis un ancien aspirant mangemort qui a amené la perte d'un des plus grands sorciers de l'histoire avant de se retrouver équipier de son ancien ennemi et toi tu es l'antithèse du plus grand mage noir de l'histoire envoyé dans un monde parallèle pour sauver tout cet univers. Voilà, c'est un fait, il faut vivre avec.
Potter se mit à rire.
- C'est une étrange façon de nous définir mais parfaitement pertinente. J'imagine que le but de la manœuvre était de me montrer que je ne suis pas le plus mal loti ?
- Je ne sais qui de nous deux est le plus mal loti, soupira Drago, mais je pense que ce serait bête de baisser les bras alors qu'on a une chance d'en faire voir de toutes les couleurs au Seigneur des Ténèbres. Tu sembles très doué pour ça.
Le Survivant s'esclaffa.
- Tu ne crois pas si bien dire ! Il est hors de question que je laisse monsieur l'encagoulé en chef se servir des serpents pour attaquer qui que ce soit !
- Potter, j'arrive pas à croire que tu manques à ce point de respect au Seigneur des Ténèbres.
- Je ne vois pas du tout pourquoi je lui devrais du respect !
- Parce que la quasi-totalité du monde sorcier a tellement peur de lui qu'on en prononce plus son nom ? proposa Drago.
- Je ne prononce pas son nom, répliqua Potter, je lui donne des surnoms. Et je te signale que je m'appelle Harry.
L'Anonyme cilla.
- Je le sais, fit-il, dubitatif.
- Alors pourquoi d'obstines-tu à m'appeler Potter ?
Sylciu rejoint les Maraudeurs au rez-de-chaussée avec un air rêveur sur le visage. Remus ignorait ce qu'il avait bien pu dire à son cousin, mais apparemment la discussion le faisait réfléchir.
À coté de James, Sirius s'agitait, mal à l'aise, depuis un moment et il se leva brusquement en voyant le blond arriver.
- Je vais aller m'excuser maintenant, annonça-t-il d'une voix tendue.
L'américain le regarda quelques instants et Remus le sentit traverser de sentiments contradictoires. Pourtant le nouveau ne dit rien et s'effaça pour laisser le Maraudeur passer. Ce dernier disparut donc dans le couloir alors que James se tournait vers Sylciu.
- Comment va-t-il ?
L'interrogé releva un regard vert distant vers le Préfet-en-Chef.
- C'est étrange de ta part de demander ça.
Cette fois, ce fut au tour de James de se sentir mal-à-l'aise.
- Sylciu, s'il te plait, tempéra Lily. Ce n'est pas le moment de régler nos comptes.
- Je n'ai aucun compte à régler, précisa l'américain, je ne fais que préciser un fait, c'est tout. Et pour vous répondre, le problème ne vient pas vraiment du fait que Black ait agi comme un imbécile. Terry a l'habitude de ce genre de réaction à vrai dire. Enfin, peu importe, c'est réglé maintenant.
Comme pour clore la conversation Sylciu s'éloigna sous le regard surpris de ses amis.
- Je n'arrive pas à comprendre, réfléchit Remus tout haut. Quelle relation entretenez-vous tous les deux ? Parfois vous semblez proches et parfois presque ennemis. Que cachez-vous tous les deux ?
Le nouveau s'arrêta mais ne se retourna pas vers les trois amis.
- Il y a des choses qui nous rapprochent bien que nous soyons très différents l'un de l'autre. Mais cela ne vous regarde pas.
Et il s'en fut. Remus soupira. Ces deux-là étaient vraiment très étranges. Et si au début seul Star semblait cacher quelque chose, il était maintenant évident qu'il en allait de même pour Sylciu. Était-ce le même secret ou des secrets distincts ? Impossible de savoir, mais le jeune loup-garou entendait bien connaître tôt ou tard la réponse…
Finalement, Black et Terry s'était réconciliés après une longue discussion et le reste de la semaine était passé tranquillement. Cette mésaventure ne semblait pas avoir réellement touché le Serpentard qui affichait une bonne mine qui faisait très plaisir à Lily.
Par contre ce qui lui plaisait moins c'était les regards moqueurs que lui lançaient le jeune homme. Il n'était d'ailleurs pas le seul à rire de la préfète-en-chef, Sylciu, Black et Remus n'était pas en reste. Le sujet de cet amusement masculin ? Il était simple : l'ambiguïté de la relation que la jeune fille entretenait avec James.
Bientôt, elle admettrait certainement qu'ils étaient un couple, après tout c'était certainement ce qui se rapprochait le plus de leur relation. Mais de toute façon ce n'était qu'un détail. Elle était heureuse, c'était tout ce qui comptait.
En ce 31 décembre, tout le monde s'activait dans la demeure Potter et pour cause, quelques heures plus tard, c'était à cet endroit que se déroulerait la fête du réveillon réunissant les personnalités les plus importantes de la communauté sorcière.
Lily réajusta sa robe de soirée et soupira devant son miroir. Ce n'était pas du tout le genre de vêtements qui allait être porté par les personnes présentes ce soir-là. Mais de toute façon, c'était ce qu'elle avait en stock.
Elle sentit tout à coup deux bras l'étreindre tendrement.
- Tu es superbe, souffla une voix à son oreille.
- Tu dis encore des sottises, grogna Lily en souriant.
Elle se retourna vers James qui la regardait avec douceur. Il portait lui aussi une robe de soirée qui ne le rendait que plus séduisant que d'habitude.
- Tout le monde est prêt ? demanda la préfète-en-chef, tentant de chasser ces pensées.
Le brun se mit soudainement à rire.
- Nous avons connu un léger problème avec Star et Sylciu. Ils n'avaient pas de tenues. Je ne te parle pas de l'affaire !
- Vous avez trouvé une solution ? s'inquiéta Lily.
- Pour Star, ça n'a pas vraiment été très difficile, il est juste un peu plus petit que moi donc mes affaires lui vont. Remarque, je ne croyais pas qu'il soit aussi frêle ! Mais le problème vient de Sylciu, il a fallu qu'il emprunte une robe à Sirius ce qui s'est avéré plus que difficile quand on connaît l'énergumène !
- Pauvre Sylciu… rit la jeune fille à son tour. Et il y est parvenu ?
- Lorsque Star prend les affaires en main, c'est impressionnant de voir à quel point les choses peuvent être rondement menées. Nous allons devoir descendre maintenant, les invités vont arriver, tu viens ?
Lily sourit tendrement et emboîta le pas à son compagnon.
Contrairement à ce qu'avait laissé entendre ce dernier, il s'avéra que Sylciu, comme Terry d'ailleurs, était très élégant ce soir-là. Le premier semblait tout à fait dans son élément, alors que le second paraissait plutôt mal-à-l'aise. Encore une différence notable entre les deux cousins. Ça n'en faisait toujours qu'une de plus, nota philosophiquement la jeune fille.
Les invités arrivèrent rapidement, comme prévu par James et son homologue (qui était beaucoup plus que ça mais qui ne voulait pas l'admettre, quelle tête de mule !) commença rapidement à s'inquiéter. Il y avait un nombre considérable de personnes et elle n'en connaissait aucune. Ce qui était apparemment anormal aux vues des réactions autour d'elle. Les seuls à être aussi perdus étaient les deux américains qui avaient pour excuse de n'être arrivés que quelques mois plus tôt dans le pays.
On présenta ainsi à Lily, entre autres personnes, un secrétaire du bureau des Centaures (elle ignorait qu'il existait une telle branche au Ministère mais il devait y avoir une histoire autour car Black sembla hilare en voyant l'homme), un dresseur de troll de sécurité, un membre de l'agence du conseil des nuisibles, le directeur de l'unité de capture des loups-garous (qui fut étrangement très rapidement indisposé et qui dut quitter prématurément la réception).
- Il y a vraiment des métiers bizarres dans le monde des sorciers, souffla Terry à son oreille alors que ce beau monde défilait.
Lily approuva discrètement de la tête alors que le directeur du département de la justice magique saluait chaleureusement Mme Potter. Une brochette d'Oubliators entra à ce moment-là et la préfète-en-chef décida que le département des Mystères ne figurait pas dans la liste des lieux où elle aimerait travailler. Ces hommes semblaient aussi aimables que des portes de prison.
Le défilé se poursuivit, allant jusqu'à l'arrivée du ministre de la Magie lui-même. Il y eu un moment de flottement lorsqu'il croisa le regard de Terry, puis, avant que le Serpentard n'ait eu le loisir d'ouvrir la bouche, le politicien lui fit l'accolade comme s'ils étaient de vieux copains de régiment. Le jeune homme sembla sur le point d'exploser mais se contint à temps alors que derrière lui, Black et Sylciu avaient toutes les difficultés du monde à cacher leur hilarité. À côté de Lily, James semblait avoir une profonde envie de mettre son poing dans la figure du politicien et Remus ne paraissait pas non plus être en de bonnes dispositions vis-à-vis de l'invité en question.
L'arrivée de Pettigrow en compagnie de ses parents fit oublier au petit groupe leurs envies de meurtres envers le chef du ministère de la magie même si celui-ci semblait ne pas vouloir lâcher Terry, certainement de peur que le vert et argent ne lance une réplique bien sentie au sujet de l'épidémie.
Cependant, Lily doutait fortement que le Serpentard en n'ait jamais eu l'intention. Il finit par se débarrasser du ministre et revint vers ses condisciples l'air épuisé.
- Je ne te savais pas si proche du ministre, Terry, ricana Sylciu.
- La ferme ou je te fais bouffer ta robe de soirée ! grogna le susnommé.
- Et voilà, le ministre nous l'a mis de mauvais poil ! s'exclama le blond avec une pose dramatique.
Son cousin sembla songer de façon très sérieuse à l'étrangler. Aussi Lily crut-elle bon de changer de sujet.
- Je ne pensais pas qu'il y aurait autant de monde, signala-t-elle en se tournant vers James.
Le fils de la maison approuva de la tête.
- Étant donné le contexte politique actuel il était impossible de faire une fête au ministère, donc mes parents ont proposés que ça se fasse ici, expliqua-t-il.
- Ils sont très populaires dans le monde magique apparemment, jugea Terry qui semblait être revenu à de meilleures dispositions.
James sourit.
- En fait, je ne suis pas sûr qu'on puisse dire qu'ils sont très populaires. Ils le sont dans la lutte contre Tu-Sais-Qui mais si tu te places du coté Mangemort, ils sont des cibles à abattre.
- Ça ne les rend que plus sympathiques, trancha sur un ton léger l'américain.
- Tu es vraiment bizarre comme type, signala Black.
Le Serpentard se contenta de sourire.
- Terry ! s'exclama soudain une petite voix.
Une tornade brune surgit de nulle part et atterrit dans les jambes de l'interpelé qui sourit.
- Ah ! Mary, fit-il gentiment alors que ses compagnons regardaient ahuri la fillette qui venait d'arriver. Je vous présente Mary Logfire qui m'a sauvé des griffes du ministre tout à l'heure.
Ce fut autour des autres de sourire et Remus se pencha vers l'enfant.
- Tu es une héroïne dis moi, lui dit-il avec la douceur qui le caractérisait.
La fillette rougit de plaisir et dès lors elle ne lâcha plus les deux jeunes hommes de la soirée. Son père, un membre de la confédération internationale des mages et sorciers, vint d'ailleurs s'en excuser humblement, mais Terry et Remus affirmèrent qu'il n'y avait pas le moindre problème. Il fallait dire que la petite Mary était un véritable boute-en-train. Elle s'entendit d'ailleurs très rapidement avec Black. Elle décréta ensuite que quand elle serait grande elle voudrait être aussi belle que Lily (l'intéressée ne sembla pas convaincue par ce projet d'avenir) et James lui assura qu'elle avait parfaitement raison (réaction typiquement masculine, souligna sa petite-amie).
Malgré sa bonne entente avec tous les membres du groupe, Pettigrow compris, Mary demeurait toutefois en admiration totale devant Terry qui en été presque mal à l'aise. Au passage, cela amusait beaucoup Sylciu, à se demander si son passe-temps favori n'était pas de voir son cousin dans des situations désagréables.
Mais soudain, le Serpentard cessa tout mouvement et se tendit. Chez quelqu'un d'autre, cela n'aurait peut-être pas inquiété Lily, mais elle avait apprit à se fier aux réactions du vert et argent.
- Que se passe-t-il ? s'enquit vivement Sylciu.
Il avait apparemment adopté la même ligne de conduite que son amie concernant le brun. Les quatre Maraudeurs se tournèrent vers eux, certainement surpris par la brusque inquiétude qui émanait de leurs camarades.
- Un problème ? souffla James.
- Je ne sais pas, répondit Terry d'une voix tendue. Je… j'ai l'impression d'entendre quelque chose.
- Les serpents ? demanda Black.
- J'ai du mal à savoir, grinça l'américain entre ses dents, il y a beaucoup trop de bruits de fond.
Il fallait bien admettre que c'était parfaitement vrai. Lily aurait bien été incapable de dire combien de personnes se trouvaient dans la pièce et la plupart étant en train de parler, cela donnait une jolie cacophonie dans laquelle il était même surprenant que Terry ait entendu quoi que ce soit.
- Tu as mal à la tête ? fit Mary en tirant la robe du jeune homme.
Il se pencha vers elle avec un gentil sourire.
- Non, mais… commença-t-il avant de s'arrêter brusquement.
Son visage s'illumina brusquement.
- Bien sûr ! s'exclama-t-il.
Il ferma les yeux et sembla se concentrer.
- Qu'est-ce qu'il fait ? questionna Pettigrow.
- Si je le savais, soupira Sylciu.
Terry se leva alors et s'éloigna de la table vers le mur. Ses compagnons se regardèrent, dubitatifs. La question du plus petit des Maraudeurs était dans tous les esprits sans trouver de réponse.
- Il est quand même bizarre comme type, signala Black.
Comment lui donner tort ?
- C'est pas vrai ! jura alors le Serpentard, comme pour lui donner raison. Pas encore !
Plusieurs têtes se tournèrent vers lui.
- Alors, que se passe-t-il ? s'impatienta son cousin.
Terry revint vers le petit groupe et se posta devant James.
- Vous avez des canalisations qui passent dans ces murs ?
L'interrogé cilla. Il fallait bien admettre que ce n'était pas la question à laquelle il s'attendait. Sylciu fronça les sourcils et sembla penser à quelque chose mais Lily n'y fit guère attention.
- Certainement, je ne suis pas sûr, hésita Préfet-en-Chef, pourquoi ?
- Ne me dit pas qu'il utilise encore cette méthode, intervint l'américain blond en regardant son cousin.
Ce dernier haussa les épaules.
- Il n'a jamais été dit qu'il était très original, répliqua-t-il avant de se tourner vers ses autres camarades et de reprendre à voix basse. Il faut faire évacuer la maison, Vous-Savez-Qui va nous attaquer rapidement. Mais il faut être discret parce que rien ne dit qu'il n'y a pas des Mangemorts dehors.
- Tu es sûr de toi, Star ? fit James sur le même ton. Parce que sinon c'est pas Tu-Sais-Qui qui va nous tuer mais ma mère pour avoir gâcher sa fête du réveillon !
Black mina un frisson.
- Je ne sais pas ce qui est le plus terrifiant ! gémit-il.
- Si c'est pour dire des bêtises pareilles, il vaut mieux encore que tu te taises, répliqua Remus du tac-au-tac.
Son ami eut un regard de chien battu.
- C'est méchant ça, Mumus !
Le surnommé sembla sur le point de renoncer face à la sottise de Black lorsque James se leva et se dirigea vers son père d'une démarche si calme qu'on n'aurait certainement pas cru qu'il allait annoncer une attaque. Cela dit, l'annonce de Terry semblait surréaliste à Lily. Rien ne laissait présager une quelconque présence mangemorienne et si ce n'avait pas été le Serpentard, elle aurait certainement cru un canular de mauvais goût.
Elle vit Remus s'agiter brusquement et se tourna vers lui.
- Tu ne te sens pas bien ? s'inquiéta-t-elle.
- Star a raison, il se passe quelque chose… Le loup est très bizarre… Je ne sais pas ce que c'est…
À la mine renfrognée de Terry vint donc s'ajouter l'air inquiet et hagard du lycanthrope et cette fois, Lily sentit que quelque chose aller se passer. C'était comme si l'atmosphère avait changé alors que rien de significatif ne s'était produit. Les discussions continuaient bon train, les gens étaient détendus, profitant de la soirée et scrutait l'horloge dont les aiguilles approchaient rapidement de minuit.
- Connaissant Vous-Savez-Qui, fit le vert et argent sur le ton de la conversation, il y a fort à parier qu'il va vouloir frapper un grand coup de façon grandiose. Si c'était moi, j'attaquerais à minuit, un peu comme pour souhaiter la bonne année.
- C'est bien un raisonnement de Serpentard, grogna Black, c'est complètement tordu !
Personne ne le nia, mais la pensée de Terry tenait affreusement bien la route. Lily regarda le jeune homme. Il était de plus en plus agité, regardant autour de lui avec inquiétude.
- Les serpents sont dans les canalisations, c'est ça ? s'enquit Remus.
- Oui, approuva le fourchelangue, je les entends parler et je peux te dire qu'ils ne sont pas ici pour boire le thé. Ils sont diablement bien remontés.
- Tu ne peux pas les arrêter ? fit Sylciu.
Son cousin secoua négativement la tête.
- Non, leur parler ne mènerait à rien, d'autant plus qu'ils ont ordre de me tuer s'ils me voient ou si je me mets en travers de leur chemin.
- OK, pas de discussion, conclut Black, quel est le plan B ?
- J'y réfléchis justement.
- Aïe, fit le Maraudeur dans une grimace.
C'était un bon résumé de la situation. Lily avait de plus en plus de mal à agir comme si de rien n'était. James semblait avoir terminé d'expliquer à son père de quoi il retournait, car M. Potter releva la tête et posa un regard perçant sur Terry. Le vert et argent soutint sans le moindre problème apparent les yeux inquisiteurs de l'auror. Au bout d'un moment, ce fut ce dernier qui rompit le contact pour se pencher vers un de ses voisins, un capitaine des aurors nommé… comment déjà ? Ha oui ! Alastor Maugrey, d'après ce qu'on avait dit à Lily. Après un mouvement de tête, le susnommé se leva et sortit d'un pas vif.
Terry grimaça.
- C'est tout ? s'indigna-t-il.
Il fit un pas en avant pour rejoindre le maître de maison, mais Black le retint.
- C'est une mauvaise idée, intervint celui-ci. Pense à la colère de Tara Potter ! C'est très dangereux !
Le Serpentard lui jeta un regard décidé.
- Je préfère assister à sa colère qu'à ses funérailles ! répliqua-t-il, acerbe.
Le Maraudeur demeura figé, comme si cette éventualité ne lui était pas passée par l'esprit. L'américain s'était dégagé, mais son interlocuteur resta dans la même position, les yeux dans le vague, comme prenant conscience de l'existence d'un monde dangereux et cruel autour de lui qu'il refusait de voir jusqu'alors. Lily le trouva touchant ainsi.
- Sirius ? appela la voix inquiète de Remus.
- Je vais l'aider, fit l'interpelé d'une voix tremblante.
Sylciu l'en empêcha.
- Nous avons perdu pas mal de proches ces derniers temps, dit-il avec sérieux, et Terry est hanté par leur disparition. Il est normal qu'il raisonne comme il le fait alors que toi non. N'ais pas honte de ne pas y avoir pensé. Espère ne jamais avoir à agir ou à réfléchir comme lui, Black. Espère le pour toi et pour ceux qui t'entourent.
Le mystère entourant les deux nouveaux semblaient de plus en plus opaque à chaque nouvel élément dont Lily avait connaissance et son inquiétude ne faisait que croître. Black regardait le blond avec un air incrédule. Ce n'était pas vraiment surprenant d'ailleurs.
Des éclats de voix interrompirent la discussion. Les étudiants se retournèrent pour voir Terry et M. Potter en plein milieu d'une discussion houleuse. Mais contre toute attente, celle-ci se conclut bien vite et l'auror se tourna vers ses convives pour les invitant à se rendre dans le jardin pour y célébrer le passage à une nouvelle année.
Cela ne sembla surprendre personne et tout le monde suivit joyeusement le maître de maison.
Hélas, cela ne dura pas. Lily vit Terry sursauter violemment et se retourner.
- Attention ! s'exclama-t-il.
Trop tard, une femme s'écroula en poussant un cri.
- Un serpent ! paniqua une voix – masculine ou féminine, la Préfète-en-Chef n'aurait su le dire.
- Sortez tous d'ici ! ordonna brusquement M. Potter d'une voix ferme. Suivez les aurors rapidement et dans le calme je vous prie !
Pour le rapidement, on lui obéit parfaitement. Pour le calme, c'était une autre histoire. Les invités se bousculaient vers la sortie et il fallut que le chef des aurors rappelle à l'ordre plusieurs fois. Lily se sentit entrainée dehors par la foule. Elle tenta de lutter afin de retrouver ses compagnons, sans grande réussite.
Elle se retrouva vite dehors, sous les étoiles. Elles brillaient d'une lumière calme, inconscientes de ce qui se jouait sous leur regard. Une main se posa sur l'épaule de Lily, la tirant de sa contemplation. Elle sursauta violemment et se retourna en brandissant sa baguette.
- Du calme ! s'exclama Terry en levant des mains. Ce n'est que moi.
Sylciu était avec lui.
- Tu m'as fait peur, idiot, fit-elle dans un soupir de soulagement. Où sont les autres ?
- Là, lui répondit James en apparaissant d'on ne sait où, Remus, Black et Pettigrow sur les talons. Vous allez bien ?
La jeune fille opina du chef. A coté d'elle, les aurors faisaient rapidement transplaner les convives.
- C'est trop lent, souffla l'américain brun. Il faut les évacuer plus vite.
- On ne peut pas, répliqua le Préfet-en-Chef, les barrières de protection nous bloquent.
Terry jura.
- Nous sommes prisonniers. Si les Mangemorts parviennent à pénétrer dans le parc, ils risquent de tous nous massacrer… Il faut trouver une solution.
- Laquelle ? répliqua son cousin, acide. Les serpents sont à l'intérieur de la maison, donc impossible de s'y réfugier, et ce n'est qu'une question de minutes avant que les Mangemorts n'entrent…
Il fut coupé dans sa démonstration par l'arrivée du père de Mary, blême.
- Est-ce que vous avez vu ma fille ? demanda-t-il, complètement paniqué. Personne ne l'a vue.
- Elle devrait être avec vous ! s'exclama Lily. Ne me dites pas qu'elle est restée à l'intérieur…
- Non ! se récria Sylciu. Attend, Terry !
Mais son cousin s'était déjà élancé vers la porte d'entrée de la maison.
- Idiot ! l'insulta le blond alors qu'il disparaissait. Pourquoi faut-il toujours que tu joues les héros ?!
- Allons l'aider, fit Black, trépignant.
- Je suis entouré d'une bande d'imbécile ! gémit le nouveau rouge et or. Nous allons tous nous faire tuer c'est tout ce que nous allons réussir à faire ! Et puis…
De nouveau, Sylciu se trouva interrompu. Il y eut un grand fracas, suivit par des cris et des hurlements.
- Ils ont passé la barrière, souffla James. Ils arrivent.
Black jura de façon colorée, ce à quoi l'américain blond approuva. Ils sortirent tous promptement leurs baguettes.
-Cette fois, pas d'alternative, soupira le nouveau, il va falloir se battre…
Harry courrait à perdre haleine dans la demeure de ses grands parents.
- Mary ! cria-t-il. Mary, où es-tu ?
- Un inconssssssssssssient ! Il n'est pas très gros, mais je vais le mordre, miamssssssss…
- Stupefix ! s'exclama le fourchelangue.
Avant que le serpent n'ait eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait, il se trouva immobiliser et Harry poursuivit sa route sans se soucier de lui.
- MARY !
Le voyageur dimensionnel entra dans la salle où la réception se tenait quelques instants plus tôt. Elle grouillait de serpents. Quelques corps reposaient sur le sol, attaqués par les reptiles. Harry grimaça, dégouté.
- Incendio ! conjura-t-il, écartant les animaux.
Hélas, les personnes en question étaient toutes mortes, certainement terrassées par le venin des serpents. Ceux-ci n'arrêtaient pas de siffler dans les oreilles du jeune homme qui faisait de son mieux pour faire abstraction, les repoussant à coup de sortilèges bien placés.
- MARY ! cria-t-il. MARY ! Pyro ! REPOND MOI !
Les reptiles se faisaient de plus en plus nombreux et Harry avait de grandes difficultés à les repousser.
- Merde, grinça-t-il. Dans quel pétrin me suis-je encore fourré ?
- Au secours ! s'exclama soudain une voix étouffée. J'ai peur ! Papa, au secours !
Un sourire fleurit sur les lèvres du Survivant. Il ne pouvait que reconnaître l'auteur de cet appel. C'était Mary. Il s'élança sans attendre vers la source du cri. C'est avec surprise qu'il se retrouva dans la petite salle où il avait vu l'épée d'anti-magie quelques jours plus tôt.
Mary était là, perchée sur la statue afin d'échapper aux reptiles qui, hélas pour elle, commençaient à grimper sur l'œuvre d'art.
- Stupefix !
Les rampants tombèrent mollement sur le sol.
- Terry ? fit la fillette.
- Tout va bien, lui répondit l'appelé avec un sourire. Descends, je vais t'amener dehors. Tu ne risques plus rien.
- Je n'en serais pas aussi sûr si j'étais vous, ricana une voix moqueuse derrière lui. Endoloris !
Harry sentit brusquement une souffrance insupportable le transpercer de part en part. Il ouvrit la bouche pour crier mais aucun son n'en sortit. Il connaissait le sortilège de douleur, mais il était incapable de se concentrer pour lutter contre. Il était impuissant. Son esprit semblait refuser de fonctionner. Il entendait quelqu'un hurler sans comprendre ce qui était dit.
Soudainement, la douleur disparut comme elle était venue, laissant derrière elle les pensées du voyageur dimensionnel embrumées. Il était étendu sur le sol, la joue contre le dallage froid. Que faisait-il là exactement ? Que se passait-il ?
- Tu es coriace, fit une voix doucereuse à son oreille. Mais je suis le Seigneur de la Douleur, tu ne m'échapperas pas.
Le Seigneur de la Douleur ? Qu'est-ce que c'était que ça ? Ce ne pouvait pas être un serpent… Le cerveau de Harry peinait à analyser les informations, endormi par la souffrance provoquée par l'Impardonnable.
Un Mangemort, ce ne pouvait être qu'un Mangemort. Mary ! Où était Mary ?!
Le Survivant tenta difficilement de se redresser.
- Courageux ce petit, ricana le soi-disant Seigneur de la Douleur. Ça va être un plaisir pour moi de te faire perdre la raison…
Le voyageur dimensionnel ne lui prêta aucune attention. Il venait de remarquer la fillette allongée sur le sol, les yeux ouverts dans le vide.
- Mary ! s'exclama-t-il.
Sans savoir d'où il puisait la force de le faire, il se leva et s'élança en titubant vers la susnommée, faisant fi des élancements qu'il ressentait dans toutes les parties de son corps à chaque mouvement.
- Impressionnant, entendit-il. Tu es très impressionnant, gamin…
Mais il n'y fit pas attention, se laissant tomber à genoux près de Mary. Il eut un soupir de soulagement en constatant qu'elle était toujours vivante. Il releva alors les yeux vers son agresseur. Il était grand, portait une cape noire mais pas de masque. Il avait les joues creuses, le visage pale et les yeux rouges. Un albinos très certainement, songea Harry. Sans savoir pourquoi, le jeune homme eut soudainement la certitude que cet individu était taillé dans le même moule que Voldemort. Mais après tout, il connaissait bien le mage noir pour avoir était de nombreuses fois en contact avec lui.
Le Mangemort s'avança vers lui, un sourire sur les lèvres.
- Il est rare qu'on me résiste de la sorte, signala-t-il, apparemment appréciateur. Qui es-tu, petit ?
L'interrogé lui lança un regard mauvais en se redressant difficilement, la baguette en avant.
- Que crois-tu faire avec cela ? demanda le sbire de Voldemort. Tu es trop faible pour m'atteindre !
- Expelliarmus ! s'exclama Harry sans tenir compte des sarcasmes du Seigneur de la Douleur.
- Protego !
Le sortilège du Survivant fut annulé par le bouclier de son adversaire. Le jeune homme cilla. Comment était-ce possible ? Ce type lui semblait encore plus puissant que Voldemort.
- Je vais te montrer à quoi ressemble un véritable sort de désarmement, gamin, fit le Seigneur de la Douleur, doucereux. Expelliarmus !
Harry sentit sa baguette lui échapper inexorablement. Elle s'envola pour tomber sur le sol à mi-chemin entre lui et le Mangemort dans un petit bruit. L'albinos eut un sifflement admiratif.
- Tu es vraiment puissant, gamin. Je suis impressionné. Tu ferais un disciple de choix…
- Dans vos rêves ! cracha le voyageur dimensionnel.
- Ah, ah, tu ne manques pas d'audace, ricana son interlocuteur. Tu es seul, désarmé, et tu trouves encore le moyen de te montrer impertinent ! Mais je vais t'apprendre les bonnes manières, considère ceci comme ta première leçon. Doloris !
C'était insupportable. Harry s'écroula sur le sol en quelques secondes, hurlant à pleins poumons. Mais cette fois, la souffrance ne dura pas. Elle s'estompa rapidement. Le Mangemort n'avait maintenu le sortilège qu'un instant, mais sa victime se sentait sans énergie, incapable de faire le moindre mouvement. Sa baguette lui semblait si loin que la récupérait lui apparaissait être insurmontable. Il n'y avait plus rien à faire…
Le Seigneur de la Douleur s'approcha de lui, l'attrapa par les cheveux et approcha son visage du sien. Ses yeux brillaient d'une lueur de folie.
- Tu es à moi, maintenant, fit-il. Tu seras mon disciple, mon héritier. Ta puissance sera mise à la disposition de la douleur sous toutes ses formes.
Harry sentait le souffle de l'homme sur son visage, mais il était incapable du moindre mouvement. Il était complètement avachi, le corps sans force. Il avait perdu face à ce Mangemort…
Soudainement, à travers les brumes de son esprit, il perçu le chant merveilleux d'un phénix. Hélios ou Fumseck ? Il aurait été incapable de le dire tant il était dans un état d'épuisement avancé, mais les notes de l'oiseau de feu lui redonnèrent un sursaut de vigueur. Il sentit quelque chose de dur dans sa main droite, et sans réfléchir, il le précipita contre le Seigneur de la Douleur.
Il y eut un bruit étouffé. Les yeux de l'albinos s'élargirent, et il baissa son regard vers son ventre. Harry en fit de même et réalisa alors que c'était une épée qu'il avait dans la main et qu'il l'avait plantée dans l'abdomen du sbire de Voldemort.
La lame noire n'était pas totalement enfoncée dans le buste de l'homme, aussi le Survivant put voir qu'elle brillait d'une lueur irréelle.
- Comment… tenta le Mangemort, crachant du sang.
Mais il ne put même pas donner corps à sa question, il s'écroula dans une mare de sang. Harry lâcha le pommeau de l'arme, et se laissa à son tour tomber, assis sur le sol. Il remarqua alors à coté de lui, Hélios qui semblait sourire.
Des pas précipités se firent entendre. La porte de la petite salle vola en éclat et une demi-douzaine d'aurors apparue, M. Potter à leur tête. Il se figea en découvrant la scène qui s'offrait à ses yeux. Il regarda tour à tour, Harry, l'épée, le corps inerte du Seigneur de la Douleur et celui de la petite Mary. Une expression étrange passa sur son visage, mais le Survivant ne put en voir plus, car il perdit connaissance à ce moment-là.
Alors que Mme Pomfresh lui bandait la tête, Drago pestait contre Potter. Cet abruti était encore arrivé à se mettre dans un pétrin pas possible.
- Comment vous sentez-vous, Monsieur Celford ? lui demanda l'infirmière.
- Bien, merci, assura-t-il docilement.
- Faites attention, tout de même. Cette blessure à la tête est sérieuse et je ne voudrais pas qu'il y ait d'effets secondaires autres que votre petite amnésie.
Petite, c'était le mot. Drago se souvenait simplement que les Mangemorts avaient percés la barrière des Potter ensuite, il était à l'infirmerie de Poudlard. Entre les deux, le blanc total ! Il se tourna vers les Maraudeurs et Lily, bien décidé à avoir le fin mot de l'histoire. Le dragon était en train de penser les plaies de Lupin – que lui était-il arrivé pour être dans cet état ? Ça ressemblait aux effets de sectumsempra. L'Anonyme frissonna à ce souvenir.
- Alors, qu'est-ce qui s'est passé ? demanda-t-il. Et pourquoi Terry est là ?
Il désigna du doigt cet imbécile de Potter qui dormait encore dans un lit en face d'eux, sous l'œil attentif d'Hélios.
- Concernant Terry, je ne sais pas, admit Lily, il n'était pas avec nous au moment de l'attaque.
- Je m'en souviens.
- Bien, alors tu dois te souvenir que la barrière de la maison a cédé et que les Mangemorts sont entrés, fit Potter père. En fait, il semble qu'ils se soient servis des serpents pour nous forcer à sortir et à évacuer ce qui a affaibli les protections. Ils sont arrivés et ils se sont mit à lancer des sortilèges dans tous les sens. Nous avons aidé les aurors à protéger les gens qui étaient en train de transplaner. Mais Sirius a été attaqué par quelqu'un de sa famille – on ne sait pas vraiment qui c'était - et un autre Mangemort…
- J'étais mal en point, signala Black. Et tu es venu me donner un coup de main. Sans toi, je m'en serais pas sorti. Merci beaucoup Sylciu.
- C'est vrai, tu as agi très courageusement, intervint Lily.
Drago cilla. De quoi parlaient-ils exactement ? Lui, il avait sauvé Black ? Il devait y avoir une méprise, c'était Potter le héros, pas lui !
- En tout cas, poursuivit le déshérité, inconscient de l'incompréhension de son interlocuteur, tu es drôlement puissant quand tu t'y mets toi aussi. Je sais pas ce que c'était que ce sort, mais tu as envoyé valser les quatre encagoulés les plus proches d'un seul geste !
Comment ça ? Il ne connaissait aucun sortilège susceptible de faire une telle chose. Ou plutôt, il n'en connaissait aucun qui le faisait avec sa puissance magique. Cette affaire était incompréhensible…
- Le combat n'a pas duré longtemps, précisa Lily. Plein d'aurors sont arrivés très rapidement. Un certain Maugrey les avait prévenus sur ordre de Monsieur Potter. Mais les Mangemorts ont eu le temps de lancer un sort étrange qui t'a touché à la tête et tu t'es écroulé comme si on t'avait frappé avec une pierre.
- C'était assez inquiétant, signala Pettigrow avec un air inquiet. On a eu peur à ce moment-là. Et puis on nous a transportés à Poudlard et tu t'es réveillé.
- Quelle histoire, souffla Drago.
- C'est peu de le dire ! s'exclama Potter père en lui tapant amicalement dans le dos. Mais en tout cas, s'il y avait besoin d'une épreuve initiatique pour entrer à Gryffondor, tu l'aurais passé haut la main. Tu es un véritable lion !
Le renié pensa immédiatement à décréter un jour de deuil national mais l'entrée d'un groupe d'auror à la tête duquel se trouvait M. Potter le détourna de cette considération. Le grand-père de l'Élu tenait un étrange paquet dans les mains. Il semblait avoir toutes les difficultés du monde à le porter. Il le laissa tomber avec soulagement sur la table de chevet de son futur-petit-fils.
- Papa ? appela le Préfet-en-Chef. Que se passe-t-il ? Tout le monde va bien ?
L'auror s'approcha du groupe d'élèves.
- Il y a eu quelques morts, mais rien en comparaison de ce que ça aurait été si votre ami n'avait pas été aussi rapide à détecter le danger. Honte à moi de ne pas lui avoir fait plus confiance.
- Ne vous en faites pas, intervint Drago, il a l'habitude.
M. Potter le regarda, cherchant visiblement à le sonder. L'Anonyme n'aimait pas ça.
- Que lui est-il arrivé ? demanda-t-il.
- Il s'est battu contre Kevin Parkley.
Les Maraudeurs sursautèrent.
- Le Kevin Parkley ? s'exclama Lupin. Le Seigneur de la Douleur ?
- En effet… approuva l'auror.
- Et qu'est-ce qu'il a de si spécial, ce type ? s'enquit Drago.
- Ses doloris font mal, signala la voix pâteuse de l'Élu.
Son équipier se retourna.
- Tu es encore dans les vapes, lui annonça-t-il, moqueur. Parce que le propre d'un doloris, c'est qu'il fait mal justement.
- Ceux que Parkley étaient différents, expliqua M. Potter. Non seulement ils étaient beaucoup plus douloureux que la normale, mais en plus ils faisaient perdre ses forces à la personne qui les recevaient. En général, on perdait vite la raison en recevant de tels sorts.
- Monsieur Star, intervint brusquement Mme Pomfresh, voici vos potions.
- Encore ? gémit le malade.
Le dragon le fusilla du regard.
- Si vous ne vous mettiez pas dans des situations impossibles, on n'en arriverait pas là ! Combien de doloris vous ont touchés ?
- Deux, grommela le héros national.
- Et bien tu as de la chance d'avoir encore toute ta tête, fit un des aurors qui accompagnait M. Potter. Beaucoup de personne perdent la raison dès le premier sort du Seigneur de la Douleur. Je n'ai jamais vu quiconque pouvoir raconter en avoir reçu deux.
Et voilà, il se faisait encore remarquer ! Idiot.
- Le second a été très court, précisa-t-il. Et je ne pense pas qu'il voulait que je perde la raison. Enfin, pas totalement. Il voulait que je sois son disciple d'après ce que j'ai compris.
- Surprenant, mais cela explique beaucoup de choses. Tu as du faire preuve d'une grande force mentale pour pouvoir te battre contre lui, fit le père du Préfet-en-Chef.
Le pseudo-cousin de Drago secoua la tête.
- Je n'avais plus de force et je n'aurais rien pu faire si Hélios n'était pas arrivé.
Le phénix s'ébroua d'un air fier.
- C'est lui qui t'a donné l'épée ? s'enquit M. Potter.
- Oui, approuva l'Elu, je ne sais pas d'où il l'a sortie, mais il me l'a mise dans la main.
- Il n'est pas allé la chercher bien loin, fit l'auror. Il s'agissait de l'épée qui se trouvait dans la salle où tu étais.
Le jeune homme sembla surpris.
- L'épée d'anti-magie ? Mais je croyais qu'on ne pouvait pas l'utiliser ? Et en plus, elle ne m'a pas semblé avoir un autre effet que celui d'une arme normale ?
- En effet, approuva son futur-grand-père, il semblerait que tu n'ais pas mis en route son pouvoir, mais malgré cela, elle est venue à toi et t'a reconnu comme son propriétaire. Regarde donc le paquet sur ta table de chevet.
Le Survivant s'exécuta et prit l'objet en question sans la moindre difficulté, comme s'il n'avait pas été lourd. Il l'ouvrit et l'épée d'anti-magie apparue aux yeux de tous. Sur sa lame autrefois lisse, on pouvait voir d'étranges runes. Potter sursauta en les découvrant et regarda immédiatement le bracelet qui lui avait offert Némésis. En effet, même Drago, en se tenant à quelques mètres de lui, put le voir : les runes étaient identiques.
- Je pensais que l'épée choisirait son porteur dans la famille Potter qui l'avait gardée pendant des générations, fit l'auror, mais il semblerait que le destin en ait voulu autrement. Fais-en bon usage, Terry.
L'intéressé approuva de la tête, un peu surpris.
- Je ferais de mon mieux, assura-t-il.
Il y eut un moment de silence où chacun sembla réfléchir aux conséquences que pouvaient emporter que l'Élu soit le porteur de l'épée. Mais soudainement, ce fut ce dernier qui prit la parole.
- Et Mary ? Comment va-t-elle ?
M. Potter soupira.
- La fillette qui était avec toi a aussi été touchée par un doloris, expliqua-t-il. Je suis désolé mais elle n'avait pas la force de résister. Son esprit a lâché.
- Non ! cria le Survivant en se redressant, mais il grimaça de douleur et dut se recoucher. Non… Ce n'est pas possible…
Et de nouveau, un sombre mutisme tomba sur l'infirmerie. Il n'y avait rien à dire, sinon crier sur les Mangemorts qui avaient prit l'esprit d'une petite fille qui ne représentait aucun danger pour eux…
Pour la première fois, Drago se sentit fier d'avoir changer de camp. Et il décida que lui aussi, à l'instar de Potter, se donnerait à fond dans ce combat, pour que plus jamais le sourire d'une petite fille ne disparaisse…
31 décembre 2007
Pour dédramatiser cette fin de chapitre, voici un petit incident de tournage :
Des pas précipités se firent entendre. La porte de la petite salle vola en éclat et une demi-douzaine d'aurors apparurent, M. Potter à leur tête. Il se figea en découvrant la scène qui s'offrait à ses yeux. Il regarda tour à tour, Harry, l'épée, le corps inerte du Seigneur de la Douleur et celui de la petite Mary. Et il fondit en larmes.
- C'est pas juste ! s'exclama-t-il. L'épée devait revenir à un Potter ! C'est pô zuste !
Harry le regarda, sidéré, avant de se tourner vers l'auteur.
- Tu serais pas en train de légèrement péter les plombs ? C'est quoi ce script à la noix ?
Suite à ce petit incident, l'auteur décide d'aller faire un petit séjour en hôpital psychiatrique histoire de se remettre les idées en place, la suite mettra donc du temps à venir.
Remarquez que Michel Potter en train de pleurer pour une épée, ça valait le détour ! Il manquerait plus qu'il suce son pouce…
Bref, redevenons sérieux, concernant les reviews, comme vous l'aviez tous deviné, l'épée revient à Harry et elle aura une grande importance pour la suite, mais je n'en dis pas plus pour le moment. Pour les cadeaux de Harry, il en a bien entendu reçu, tout comme Hélios d'ailleurs, mais je n'ai pas mis de quoi il s'agissait… A chacun de vous de l'imaginer ;) (il n'y a pas de raison que ce soit toujours moi qui fasse tout le boulot ! lol !).
En attendant, bon réveillon à tous et à l'année prochaine !
Eterna
