Les Maîtres des Dimensions
Résumé général : Alors que Harry déprime après la mort de Dumbledore, il rencontre Némésis, une étrange femme qui lui propose une mission: se rendre dans un monde parallèle afin de créer un autre futur. Il part donc en 1976, dernière année de ses parents à Poudlard, sous le nom de Terry Star, accompagné d'Hélios son phénix mais également de Drago, qui a été renié par son père, portant le pseudonyme de Sylciu Celford. Ils se présentent comme des cousins venus d'Amérique.
Chapitre précédent : Harry, Drago, Lily et les Maraudeurs sont chez les Potter pour le réveillon du jour de l'an où sont réunis tous les membres du ministère lorsque les serpents, sous les ordres de Voldemort attaquent la maison. Alors que ses amis combattent les Mangemorts dans le parc, Harry retourne en courant dans la maison pour aider une fillette qu'il a rencontré pendant la fête. Mais alors qu'il la rejoint, il est attaqué par un Mangemort albinos très dangereux: Kevin Parkley surnommé le Seigneur de Douleur. Avec l'aide d'Hélios, Harry utilise l'épée d'anti-magie de la famille Potter contre cet homme, parvenant in extremis à lui porter un coup fatal. Drago de son coté est touché par un sort qui lui fait perdre la mémoire après avoir sauvé Sirius.
Chapitre 22 : Roitelet
Les jours qui suivirent le réveillon du jour de l'an et que le petit groupe passa à Poudlard en attendant la rentrée, furent particulièrement moroses. Le souvenir du sourire de la jeune Mary semblait suivre comme un fantôme chaque pas des jeunes étudiants.
De nouveau, Potter, s'étant vite remis de sa rencontre avec le Seigneur de la Douleur grâce à la venue d'un médicomage spécialisé, s'était enfermé dans ses recherches, collectionnant les livres poussiéreux. Impossible pour Drago de dire de quoi ils pouvaient bien traiter, mais il semblait que l'Élu trouvait à travers eux un moyen de passer les sentiments néfastes qui l'habitaient. Le renié n'était pas convaincu par le procédé, mais il ne dit rien à ce sujet. Chacun ses méthodes.
Les Maraudeurs semblaient plus décidés que jamais à combattre le Seigneur des Ténèbres, et travaillaient dans ce but, entraînant Pettigrow dans leur sillage.
Cette tragédie avait toutefois, et contre toute attente, emporté un point positif: Potter père et Lily avaient cessés de tourner autour du pot et ils étaient enfin officiellement un couple. C'était bien la seule chose qui était parvenue à tirer un sourire à l'Élu.
Mais il y avait une chose à laquelle Drago s'intéressait tout particulièrement, c'était ce sortilège qu'il semblait avoir utilisé lors de l'attaque de la demeure Potter. Aux dires de Black (qui voulait que l'Anonyme l'appelle Sirius, mais il ne s'y était toujours pas résolu) il était très puissant et lorsque le voyageur dimensionnel l'avait invoqué des runes étaient apparues.
La magie runique. Drago l'avait suffisamment étudiée pour savoir qu'on ne la conjurait pas si facilement et qu'il n'avait pas les connaissances nécessaires pour le faire. Ce d'autant qu'il s'agissait d'une magie assez longue à mettre en oeuvre et donc peu appropriée au combat. Il fallait tout d'abord tracer les runes sur le sol puis réciter de nombreuses formules pour les activer. Ce que le blond ne parvenait à faire que difficilement.
Pourtant, d'après tous ceux qui avaient été présents lors de l'attaque, sa riposte avait été aussi rapide qu'avec un sortilège ordinaire. Alors que s'était-il passé ? Cela avait-il un rapport avec la mésaventure en métamorphose au début de l'année et avec les pertes contrôles de ses pouvoirs que Potter connaissaient ?
Pourquoi avait-il fallu qu'il soit touché par ce sortilège et oublie tout ? Il devait certainement être maudit, il ne voyait que cette explication !
Il referma son livre sur la magie runique. Rien à faire, tout ce qu'il lisait là-dedans lui disait que ce que lui racontaient les Gryffondors était impossible. Or, Drago doutait qu'ils aient inventés une histoire pareille. Quel intérêt ?
- Toujours rien ?
Le renié se retourna et vit que Potter venait d'entrer dans la bibliothèque, sa nouvelle épée à la main.
- Tu fais des recherches dessus ? demanda le blond en désignant l'arme d'un mouvement de menton.
- Oui, j'ai le droit de circuler avec jusqu'à l'arrivée des autres élèves, ensuite il faudra la mettre en lieu sûr.
- Pourquoi ? À part James et toi, personne ne peut la soulever.
- On ne sait jamais, mieux vaut prévenir que guérir, signala l'Élu. De toute façon, je préfère que le fait que je possède une arme comme celle-ci ne s'ébruite par trop.
- Il te faudrait un fourreau.
- En effet, mais comme la lame est en anti-magie, c'est très difficile à trouver… Enfin bon, ce n'est pas le plus important. Tu vas bien ?
- Je te demande pardon ? s'étrangla Drago.
- Tu as l'air bizarre depuis ce qui s'est passé au réveillon…
- Alors là c'est le cracmol qui se fout du moldu (1) ! s'exclama le renié, offusqué. C'est toi le docteur ès bizarrerie je te signale !
Potter sourit.
- Justement, lorsque c'est moi on n'y fait pas attention, alors que lorsque c'est toi, c'est plus alarmant.
- Depuis quand tu t'intéresses à mes états d'âme ? fit Drago avec une moue.
- Toujours aussi expansif, se moqua son équipier. Enfin, je voulais juste savoir comment tu te relèves de ton amnésie.
L'Anonyme soupira en baissant la tête.
- C'est énervant de ne pas se souvenir. Je sais que j'ai fait quelque chose d'important mais… argh ! J'ai beau me creuser la tête, rien à faire, c'est le trou noir ! Pourtant j'ai utilisé un pouvoir qui nous serait utile…
- Tu as l'air décidé à lutter contre Voldemort à présent.
Drago croisa le regard vert du visage d'emprunt de Potter.
- Parfois je vois Mary sourire. Elle était mignonne et tellement innocente. Elle ne méritait pas ça. Jusqu'à présent, je n'avais jamais ressenti ça. Cette révolte contre des morts sans fondement, précisa-t-il. Je comprends maintenant pourquoi tu te bas. Ce n'est plus un désir de vengeance qui me fais avancer ni celui de prouver que je vaux quelque chose. Tout ce que je veux c'est qu'il n'y ait plus de Mary. C'est une raison comme une autre, non ?
- C'est une bonne raison, si tu veux mon avis.
- C'est la tienne ?
Le Survivant soupira.
- Je ne sais pas vraiment. Je ne me suis jamais demandé pourquoi je faisais ça. Je voulais protéger les autres j'imagine. Et maintenant… Je pense que ce que je veux c'est éviter que les personnes que j'aime ne subissent dans ce monde ce qu'elles ont subies dans le nôtre. C'est moins altruiste que ta raison.
Le renié se mit à rire.
- C'est le monde à l'envers ce voyage ! affirma-t-il. Tu ne trouves pas ?
- Peut-être. Ou peut-être pas. Toujours est-il que j'ai l'impression que chaque jour qui passe dans cet univers nous aide à nous découvrir et à avancer sur le chemin que nous voulons prendre… Je ne suis pas sûr que Némésis ait seulement voulu répondre à l'appel de ce Dumbledore.
- Une pierre, deux coups, c'est ça ? Ça ne m'étonne pas vraiment à vrai dire.
- Elle m'a dit que le voyage pouvait avoir perturbé notre magie. C'est peut-être ce qui est à l'origine de ton étrange pouvoir lors de l'attaque.
- Tu es au courant ?
Potter sourit avec amusement.
- Sirius ne tarit pas d'éloges à ton sujet ! Crois-moi, tout Poudlard est au courant, affirma-t-il.
Drago grommela. C'était bien sa chance d'avoir sauvé une langue aussi pendue !
- J'aurais dû sauver Lupin, lui au moins il est discret ! gémit-il.
Son compagnon se contenta de rire.
- Quoique tu ais fait à ce moment-là, je pense que tôt ou tard, tu pourras le refaire. Mais ça viendra tout seul, comme ma legilimancie.
- Je sais pas si c'est censé me rassurer ou me faire peur.
- Va savoir, fit Potter, mystérieux.
Albus marchait dans les couloirs de Poudlard, un paquet à la main. Il entra dans la bibliothèque où Terry discutait avec son cousin. Les deux garçons semblaient être en meilleurs termes qu'à leur arrivée à l'école.
- Professeur Dumbledore ! s'exclama le brun. Que faites-vous ici ?
- Je te cherchais justement, Terry. Monsieur Celford.
- Que peut-on faire pour vous, professeur ?
Le directeur fut surpris d'entendre le second envoyé de Némésis prendre la parole. Il demeurait habituellement à l'écart. Apparemment les habitudes allaient changer.
- Je suis venu offrir mon cadeau de Noël à Terry, avec un peu de retard, je m'en excuse.
Il posa son paquet sur la table.
- En remerciement pour celui que j'ai reçu.
Le Serpentard sourit.
- Je suis ravi que cela vous ait plu.
Son cousin ne dit rien, mais Albus vit les questions dans son regard. Mais déjà Terry se penchait sur le présent qu'il venait de recevoir. Il l'ouvrit avec précaution et ses yeux s'agrandirent.
- Un fourreau… souffla-t-il.
- Il est superbe, intervint Mr Celford.
- Spécialement conçu pour recevoir une épée d'anti-magie, précisa le directeur. Je pense que ça devrait te servir.
Le fourreau en lui-même n'était pas fantastique. Il était simplement noir avec un liseré argenté sur lequel étaient gravés quelques éclairs enluminés. En revanche, et c'était ce qui le rendait si spécial, il avait été forgé dans un métal spécial qui avait pour propriété d'absorber les émanations d'anti-magie sans se détériorer.
- Je ne sais pas quoi vous dire, souffla Terry. C'est un cadeau bien trop précieux…
- Allons, allons ! fit Albus. Pas de tergiversations. Je dois vous laisser, j'ai à faire.
Et sur ce, il quitta la bibliothèque. Il avait encore deux professeurs à auditionner…
Remus regarda les deux Américains entrer en discutant d'un sujet qui lui était inconnu et qui le demeurerait certainement. Le loup-garou ne savait plus vraiment quoi faire concernant ces deux garçons. C'était vrai qu'ils avaient des secrets, mais après tout ils n'étaient pas les seuls… Et puis comment pouvait-il agir ainsi à présent ?
Sylciu avait sauvé Sirius et Star mit sa vie en jeu pour Mary. Pouvait-on raisonnablement se méfier de personnes comme ça ?
Le lycanthrope soupira.
- Un problème Remus ? lui demanda James.
Il se tourna vers son ami et sourit.
- Non, tout va bien. Sirius, passe-moi les pommes de terre.
L'interpelé s'exécuta alors que la Grande Salle se remplissait rapidement. Visiblement, le Poudlard Express venait d'arriver. Les cours ne reprendraient que le lendemain mais les vacances semblaient si lointaines à Remus.
- Tu devrais manger, Peter, signala James.
- Je n'ai pas faim, répondit celui-ci.
Comme chacun des Maraudeurs depuis l'attaque chez les Potter. Cependant, il fallait continuer à vivre, Star et Sylciu le leur avait bien dit. Justement, l'Américain blond venait de rejoindre la table. Il posa une assiette bien rempli sous le nez de Peter.
- Mange ou je te le fais avaler de force, fit-il froidement.
Il était sérieux, pas de doute là-dessus.
- S'il vous plaît, appela soudain la voix de McGonagall, un peu de silence, je vous prie.
Remus se tourna vers la table des professeurs pour voir le directeur se lever.
- Bonsoir, jeunes gens, sourit Dumbledore. Je ne prendrai que quelques instants pour éviter que vos plats ne refroidissent.
- C'est bien une préoccupation à la Dumbledore ça! sourit le loup-garou.
- Il a raison ! s'exclama Sirius avec ferveur.
- Tu n'es qu'un estomac avec des jambes ! soupira Lily, assise à coté de son petit-ami.
- Je tiens à vous présenter, continua le directeur, le professeur Andy Lindhall qui remplacera notre regretté professeur Chourave en botanique, et le professeur Robin O'Neill qui complétera le cours du professeur Williams en vous enseignant diverses méthodes de protections magiques et non magiques. Le ministère et moi-même avons jugé que la situation actuelle justifiait la mise en place d'un tel cours. La matière sera optionnelle et pourra être choisie par n'importe quel élève indépendamment de son année ou de ses options. A présent, bon appétit !
- Un cours de protection ? fit James. Je me demande où Dumbledore veut en venir…
- Je crois savoir, dit sa compagne d'une voix rêveuse. Si je ne me trompe pas, Robin O'Neill est un épéiste reconnu…
Sylciu se mit à rire.
- Il est là pour Terry, fit-il. J'en reviens pas ! C'est vraiment du Dumbledore tout craché…
Remus se retint de lui demander comment il pouvait connaître les habitudes du directeur… Il avait décidé de respecter les secrets des deux Américains – si toutefois ils étaient réellement Américains.
Harry pesta. Il pensait sincèrement qu'avec l'amélioration de sa vie dans ce monde, il cesserait de faire des cauchemars. Mais non, le fantôme de la petite Mary semblait s'être ajouté aux autres. Ainsi, même si ces mauvais rêves paraissaient moins virulents que précédemment, cela ne changeait pas que le jeune homme ait été réveillé au milieu de la nuit. Son cauchemar avait été particulièrement désagréable et il n'avait aucune envie de replonger dedans, aussi se leva-t-il à pas de loup et quitta-t-il son dortoir.
Il bailla de façon fort peu élégante et partit en traînant des pieds vers la salle commune. Depuis quand rêvait-il de la mort de ses parents ? Il soupira profondément en s'approchant du premier fauteuil venu dans le but de s'avachir dessus. Observer les flammes avait un effet apaisant sur lui ces derniers temps, même si la salle commune des verts et argents était moins propice à cela que celle de Gryffondor.
Mais cette nuit-là, il n'était apparemment pas le seul à chercher du réconfort auprès de l'âtre. Une autre personne se trouvait là, recroquevillée dans un fauteuil. Harry n'eut aucun mal à la reconnaître. Elle ressemblait tellement à son frère…
Regulus Black. Que faisait-il ici ?
Le garçon sembla brusquement prendre conscience de la présence de son aîné et se leva d'un bon. Il partit rapidement vers son dortoir, les yeux rivés vers le sol. Mais pas assez rapidement pour que Harry ne remarque pas les hématomes qui couvraient ses bras. Le voyageur temporel ne prit pas le temps de réfléchir à l'attitude à adopter et se mit en travers de la route du jeune serpent.
- Tu vas bien ? s'inquiéta-t-il.
- Laisse moi passer, siffla le vert et argent, menaçant mais regardant toujours le sol.
Harry sourit. Le cinquième année n'était pas très impressionnant ainsi.
- Montre-moi ça, fit le Survivant en s'approchant du garçon.
Celui-ci se tendit brusquement et recula précipitamment. Son condisciple fronça les sourcils. Qu'avait- il bien pu se passer ? Une idée lui traversa l'esprit mais il préféra ne pas la croire. Ce n'était pas vraiment une perspective agréable.
- Tu ne veux pas me dire ce qui t'arrive ? insista Harry.
- Je n'ai rien à dire à quelqu'un qui fraternise avec les Gryffondors ! grogna Regulus.
Malgré lui, le voyageur dimensionnel eut un sourire. Sa cote de popularité parmi les Serpentards était incroyablement variable ! Un jour il était le héros des disciples de Salazar et l'autre il était le traître à sa maison. De son point-de-vue c'était assez comique. Mais le problème actuel n'était pas là.
- Moi je pense au contraire que tu as des choses à dire. Je ne suis pas ton ennemi, Regulus.
Entendant son nom, le garçon se tendit.
- Pour toi, c'est Black ! s'exclama-t-il, vindicatif.
- Comme tu voudras, Regulus.
Cette fois, le frère de Sirius releva enfin les yeux vers son interlocuteur qui lui souriait gentiment bien qu'un brin moqueur.
- Qu'est-ce que tu cherches à faire ? demanda-t-il mi-menaçant, mi-hésitant.
- Savoir ce qui ne va pas, je te le dis depuis tout à l'heure, signala Harry.
- En quoi ma vie peut-elle bien t'intéresser ?
Le Survivant croisa ses bras sur son torse.
- Je te signale que qu'il est trois heures du matin et que tu es ici. On est donc en droit de s'inquiéter, non ?
- Tu es là toi aussi, signala Regulus.
- J'ai fait un cauchemar, éluda l'aîné.
- Et bien moi aussi, répliqua son interlocuteur.
Harry ricana doucement.
- Ce n'est pas un cauchemar qui t'a fait ça, répondit-il en désignant les blessures du jeune garçon.
Celui-ci tenta sans grande réussite de les cacher.
- Tu es allé voir Pomfresh ? demanda le Survivant.
- Pour quoi faire ?
Le voyageur dimensionnel leva les yeux au ciel, agacé.
- Pour te faire soigner, jeune idiot ! Pas pour aller lui demander des nouvelles de son couple.
- Je vais bien, affirma l'intéressé.
- Et moi je suis le meilleur ami de Lestrange, ironisa Harry. Assis-toi là que je regarde.
- Je vais bien, insista Regulus.
- Parfait, comme ça ce sera vite réglé. Assis toi.
Le vert et argent ne semblait pas avoir envie de s'exécuter mais il le fit toutefois sous le regard attentif de son interlocuteur. Celui-ci observa avec attention les nombreux hématomes qui couvraient les bras du garçon. Étant donné la saison, il n'aurait aucun mal à les cacher pour aller en cours. En fait, si Harry ne s'était pas réveillé de son cauchemar cette nuit-là, il n'aurait certainement rien remarqué…
- Qu'est-ce qui t'es arrivé ? s'enquit- il en étudiant les blessures.
- Je suis tombé dans les escaliers.
Il aurait au moins pu avoir la décence de trouver une excuse un peu plus convaincante, songea le Survivant en sortant sa baguette de sa poche. Finalement cette manie qu'il avait prise de toujours avoir sa baguette sur lui était utile…
- Cura !
Les blessures diminuèrent un peu, mais ne disparurent pas totalement.
- Je ferais un piètre médicomage, songea Harry à haute voix. Enlève ton t-shirt que je soigne les autres.
Regulus se tendit.
- Qu'est- ce qui te fait dire que j'en ai d'autre ? bredouilla-t-il.
- Lorsqu'on tombe dans les escaliers on ne se fait pas juste mal aux bras, tu ne crois pas ?
Le jeune Serpentard releva les yeux vers son interlocuteur. Celui-ci avait énoncé sa question sur un ton tel qu'il ne pouvait qu'avoir compris que le voyageur dimensionnel n'était pas dupe, mais pour le moment, Harry préférait ne pas le brusquer.
D'un geste lent et précautionneux, le frère de Sirius se mit donc torse nu. Et là, le Survivant se figea. Comment cela pouvait être possible? Il secoua finalement la tête d'un air désolé.
- Je ne peux pas soigner ça efficacement, Regulus, il faut que tu ailles voir Pomfresh… dit-il doucement.
- Non ! s'exclama brusquement l'intéressé. Je ne peux pas !
- De quoi as-tu peur ? demanda Harry d'une voix douce. Que s'est-il passé ?
- Ce n'est pas important, répondit le garçon en attrapant son t-shirt et en s'apprêtant à se lever.
Mais son compagnon ne l'entendait pas de cette oreille et le força à demeurer assis.
- Je ne pourrais pas t'aider si tu t'obstines à me mentir ou à me fuir, Regulus.
- Je n'ai pas besoin d'aide !
- Moi je pense que si. Je ne suis pas ton ennemi, tu sais.
- Je n'ai pas besoin d'aide, se buta le jeune Black.
Le Survivant soupira. Que pouvait-il faire pour aider ce garçon s'il se montrait aussi têtu ? L'espace d'un instant, Harry se demanda si c'était ce qu'avait ressentit les gens qui avaient tenté de l'aider mais dont il avait refusé le soutien… Mais ça n'avait rien à voir, décida-t-il arbitrairement. Les sujets étaient parfaitement différents. Non ?
- Ce n'est pas vrai, affirma le jeune homme aux yeux vert, repoussant ses réflexions à plus tard. Alors pourquoi refuses-tu ainsi ?
- Tu ne sais pas de quoi il retourne, fit amèrement son cadet en détournant les yeux.
- Alors explique-moi.
- Je ne peux pas !
- Bien sûr qui si. Nous sommes seuls tous les deux. Qui pourra savoir que tu m'en as parlé ?
- Elle le saura, souffla Regulus d'une voix éteinte. Et je ne veux pas qu'elle ait encore honte de moi.
Harry fronça les sourcils. Cette histoire semblait beaucoup plus compliquée que ce qu'il aurait cru de prime abord. Il avait vraiment le don pour s'embarquer dans des affaires tordues !
- Qui ça ? se hasarda- t- il.
Regulus le regarda quelques instants et sembla sur le point de répondre mais se rétracta au dernier moment.
- Peu importe.
Le Survivant grogna mentalement. Un pas en avant, deux pas en arrière, c'était énervant et stérile comme comportement.
- Cura ! invoqua-t-il en pointant les nombreuses blessures qui parsemait le torse de son interlocuteur.
Encore une fois, le volume diminua mais elles ne disparurent pas pour autant.
- Tu sais, reprit-il, je peux comprendre que tu ne veuilles pas m'en parler, mais il faut que quelqu'un t'aide. Alors parles-en, d'accord ?
- En parler ? répéta Regulus en ricanant tristement. On voit bien que tu es nouveau. On ne parle pas chez les Serpentards. Et surtout pas de ce genre de choses.
Charmante maison… Cette situation commençait à devenir compliquée…
- Garder ses problèmes pour soi n'a jamais été un bon moyen pour les régler, annonça Harry.
C'était fou le nombre de bon conseil qu'il pouvait donner sans pour autant les appliquer. Il était passé maître dans l'art du «faites ce qui je dis, pas ce que je fais». C'était tout de même un tantinet ridicule…
- Je n'ai pas de problème.
L'espace d'un instant, Harry crut qu'il allait exploser de colère mais il respira profondément, tentant de reprendre le contrôle de ses nerfs. Cette histoire était un bon exercice de self-control finalement. Cela dit, il valait mieux que ça ne s'éternise pas.
- On n'avancera pas ainsi, Regulus, signala-t-il avec un calme qui n'était qu'apparent.
- Je ne vois pas vers quoi on pourrait avancer.
Dans la famille Dutêtu, je demande le fils. Harry commençait à être à court d'idée pour faire parler ce garçon. La torture peut-être ? Bon sang, il avait passé trop de temps à étudier le passé de Voldemort il avait été contaminé ! Il fallait qu'il se reconcentre avant de dire des bêtises. Il en pensait déjà suffisamment…
- Tu es heureux ? demanda brusquement le Survivant, décidé à mettre fin à cette situation ridicule.
Regulus cilla.
- Hein ? s'exclama-t-il bêtement, entièrement surpris par cette étrange question.
- Cette discussion n'avance pas, donc je te propose une chose. Si tu peux me regarder dans les yeux et me dire que tu es heureux sans me mentir, alors je te laisserai tranquille et tu n'entendras plus parler de cette histoire. Sinon, tu devras répondre à mes questions. Ça te va ?
Le garçon sembla hésiter mais finit par accepter d'un geste de la tête.
- Je te précise que je suis legimens, fit alors Harry, donc je le saurais si tu me mens.
C'était un coup de bluff puisque le Survivant était loin de maîtriser correctement ce pouvoir… Mais ça, le frère de Sirius n'en savait rien.
C'était fou ce que le nouveau pouvait être têtu. Regulus ne savait plus trop sur quel pied danser ni comment échapper aux questions de son aîné. Et en même temps… en même temps il n'était pas vraiment sûr de vouloir y échapper. Depuis quand personne ne lui avait demandé comment il allait ? Depuis quand n'avait-il pas pu parler de ses problèmes avec une oreille attentive ? Il ne voulait pas y penser. C'était trop douloureux. Beaucoup plus que toutes ces blessures que Star avait guéries. Penser à lui était trop dur.
Pourquoi avait-il accepté la proposition du nouveau? Il n'était pas certain de pouvoir mentir efficacement. L'éducation à la Black allait devoir être mise à contribution…
- Je te précise que je suis legimens, annonça Star avec décontraction, donc je le saurais si tu me mens.
Adieu mensonge. Là, ça devenait vraiment compliqué ! Pourquoi, nom d'un dragon, avait-il accepté ? Qu'allait-il bien pouvoir dire au septième année ? Cette histoire était compliquée mais surtout elle ne le regardait en rien. C'était des affaires de famille ! Jamais sa mère n'accepterait que quelqu'un d'autre qu'un Black s'en mêle. Fichue famille ! Fichue période ! Fichu Star ! Ils étaient tous ligués contre lui ou quoi ?
Regulus avait envie de disparaître dans le sol. De ne plus être là. Ainsi sa mère ne serait plus à lui dire qu'il était indigne. Il ne dirait plus de bêtise la rendant honteuse d'être sa mère. Il ne serait plus promis à recevoir la marque des ténèbres. Il ne souffrirait plus.
Il croisa le regard vert de Star. Celui-ci avait une telle puissance. Regulus le savait. Le Serpentard était reconnu comme le seul à pouvoir tenir tête à James Potter et même le battre en duel. Il était certainement aussi plus fort que lui.
Pourquoi est-ce qu'un sorcier comme lui s'intéressait à quelqu'un comme Regulus ? On lui avait suffisamment répété qu'il n'était pas assez fort, pas assez puissant, pas assez beau et ainsi de suite… Il avait fini par le croire et le prendre comme une vérité immuable. Alors dans cette optique, l'intérêt que lui portait Star semblait complètement dénué de sens.
- Alors ? fit le susnommé.
Son cadet le regarda sans savoir quelle attitude adopter. La puissance dans ces yeux verts semblait pouvoir à elle seule lui interdire tout mensonge. Comment ? Qui pouvait bien être cet Américain ?
- Qui t'a fait ça ? reprit ce dernier.
- Je suis tombé dans les escaliers, répéta Regulus.
Il savait parfaitement que Star n'y croyait pas. C'était vraiment une mauvaise excuse. D'ailleurs le septième année sembla profondément agacée par la réponse. Pourquoi ne pas lui dire la vérité ?
- Et comment s'appellent ces escaliers ? demanda Star sur un ton entendu.
Regulus le regarda. Oui, pourquoi ne pas lui dire ? Ce serait tellement plus simple pour tout le monde… enfin, surtout pour lui en vérité. Mais pourquoi n'aurait- il pas le droit pour une fois de se simplifier la vie ?
- C'est ma mère.
La phrase était sortie sans vraiment qu'il ne le réalise. Mais maintenant, il ne pouvait plus reculer. D'un coup de baguette, Star fit s'approcher un autre fauteuil et s'assit. Un sortilège informulé… On n'exagérait pas concernant le niveau du nouveau…
- Que s'est-il passé ? demanda- t- il avec douceur.
Regulus se sentait ébranlé par une telle gentillesse. Il n'y était vraiment pas habitué.
- Je la déçois, je ne suis pas à la hauteur de ses espérances…
- Et ça justifie qu'elle te batte?
- Elle ne me bat pas ! s'exclama le cinquième année. Je l'avais déçue et elle m'a corrigée. C'est normal !
Le regard de Star se durcit.
- Non, Regulus, ce n'est pas normal. Une mère ne doit pas faire cela à son enfant. Quelles que soient les raisons, elle ne le doit pas.
- C'est de ma faute, plaida le jeune Black. J'avais parlé de lui. Je n'aurais pas dû.
L'américain leva un sourcil.
- Lui ? répéta-t-il.
Son interlocuteur s'agita. Il n'avait pas vraiment envie de parler de cela.
- Mon frère, dit-il rapidement.
- Sirius ? corrigea Star, sans pitié. Ta mère lui en veut parce qu'il a fugué l'année dernière ?
Apparemment, même le nouveau était au courant dans cette affaire…
- Je ne sais pas ce qu'il t'a dit à ce sujet, mais quoi qu'il en soit, mère l'aimait. Elle avait mis tous ses espoirs en lui. À juste titre d'ailleurs. Il était beau, il brillait dans tout ce qu'il entreprenait, il avait été admis à Poudlard, c'était le parfait héritier pour la maison des Black. Et puis il est parti à Gryffondor.
À présent, Regulus parlait autant pour lui que pour Star, ce qui n'empêcher par ce dernier de l'écouter avec attention.
- Ça encore, mère aurait pu lui pardonner. Comme ses frasques et peut-être même son amitié avec un Potter. Mais il a quitté notre famille ! Il a préféré ces amoureux des moldus à nous ! Sa propre chair et son propre sang ! Comment aurait-elle pu l'accepter ?
Le garçon se tourna vers son interlocuteur. L'Américain ne semblait pas choqué par son argumentation mais ne paraissait pas pour autant y adhérer. Il écoutait cette histoire en tant que personne extérieure. Cela pourrait certainement aider le jeune Black a y voir plus clair dans cette affaire, avoir un avis extérieur serait certainement bénéfique.
- Alors mère l'a déshérité. C'est normal aussi, il l'avait cherché ! Elle l'aimait et il l'avait déçu !
Regulus s'arrêta un instant pour baisser le regard et reprit à voix basse.
- Du coup, c'est moi qui suis devenu l'héritier de la famille. Tu comprends, tous les autres enfants de la famille sont des filles. Mes cousines, Bellatrix, Narcissa et Andromeda. Ceci dit, Andromeda aussi a des problèmes avec la famille. Enfin bon, du coup je me suis retrouvé seul héritier et… Et bien je ne suis pas aussi doué que Sirius. Alors mère est déçue. C'est normal.
- Et cela justifie le traitement qu'elle te fait subir, selon toi ?
Il n'y avait aucun jugement dans la question de Star. C'était juste une question.
- Si j'étais meilleur, répondit avec honte l'interrogé, elle n'aurait pas à faire ça. Elle serait fière de moi.
- Regulus, déclara après un moment de silence le nouveau, je ne pense pas que ce soit le bon raisonnement. Tu n'es pas Sirius, c'est évident. Mais ce n'est pas pour cela que tu n'as pas tes propres qualités.
- Je ne suis pas aussi doué en magie que lui… soupira Regulus.
- Il n'y a pas que la puissance magique dans la vie, signala l'Américain.
- C'est facile à dire pour toi, tu es le meilleur étudiant de Poudlard !
- Et bien, en tant qu'un des meilleurs étudiants de Poudlard, je te le dis, il y a des choses bien plus importantes que le fait d'être puissant.
- Quoi donc ? siffla le plus jeune, agacé.
- Aimer. Être heureux. Être en bonne santé, énuméra Star, mais son interlocuteur le coupa sans ménagement.
- Je suis en bonne santé ! protesta- t- il.
- Et es-tu heureux ?
- On en revient à cette question, grommela Regulus.
- Bien sûr, affirma le nouveau en se callant dans son siège. Elle est au cœur de tout. Comme le fait d'aimer.
- J'aime ma mère !
- C'est bien. Et normal dans un sens. Mais est-ce une raison pour lui passer tout ce qu'elle fait ? Enfin, de toute façon tu as l'air aussi buté que ton frère, et moi, je suis en manque de sommeil, donc laissons cette discussion là. Réfléchis-y.
Il se leva et s'éloigna de quelques pas avant de se retourner.
- Si demain tu penses que la magie est toujours si importante que ça, je veux bien t'aider en Défense contre les Forces du Mal si tu le désires. Mais je te répète que ça ne t'aidera certainement pas à te sentir mieux.
Et il s'éloigna définitivement, disparaissant dans le couloir menant aux dortoirs.
- Regulus Black ? répéta Drago. Tu marches sur des œufs, là.
Potter soupira.
- Si je ne peux pas l'aider, je vois mal ce que je pourrais faire pour les autres Serpentards, signala-t-il.
- Tu recommences, grogna le renié. Tu n'es pas Supermage, Potter. Tu ne peux pas sauver tout le monde. Enfonce le toi dans le crâne une bonne fois pour toute qu'on puisse passer à autre chose !
Le Survivant se tourna vers lui et sourit.
- Voyons, Drago, si je n'avais plus de défauts, après qui hurlerais-tu ?
Le renié émit un grognement.
- Concentre-toi sur Regulus Black et arrête de dire de pareilles âneries. Un Potter parfait ! Quelle horreur !
Il mima un frisson alors que son équipier se levait en riant.
- Je te laisse à tes runes, fit l'Élu. Et je vais entretenir mes défauts.
- Très bonne idée ! affirma Drago.
- Je savais que ça arriverait tôt ou tard. C'est vraiment la meilleure nouvelle depuis longtemps !
Marlène regardait Lily en souriant alors que cette dernière attachait ses cheveux en arrière.
- Tu n'arrêtes pas de le répéter depuis hier soir, soupira la Préfète-en-Chef.
- Je sais.
Les deux jeunes filles étaient dans la chambre de la rousse. Marlène était assise sur le lit alors que Lily terminait de se préparer.
- Mais je veux des détails, insista la blonde.
- Tu te fais des idées.
L'amie de Sirius eut une moue boudeuse.
- Tu ne veux pas me le dire, fit- elle.
- Je te dis que tu te fais des idées, répéta Lily en se tournant vers elle.
Marlène lui jeta un regard soupçonneux.
- Dis-moi au moins comment il embrasse ! s'exclama-t-elle après un moment de silence.
Les joues de la rousse se colorèrent.
- Tu es indiscrète, signala-t-elle.
- Je sais ! trépigna Marlène. Alors ?
- Alors elle t'a dit que tu étais indiscrète, répéta une voix masculine cette fois.
La blonde se retourna vers James qui venait d'entrer dans la chambre et prit un air agacé.
- Vous n'êtes pas drôle tous les deux, vous le savez ? Depuis le temps qu'on attendait que vous vous mettiez ensemble !
- On ? releva le jeune homme.
Marlène eut un air conspirateur.
- Oui, on, répéta-t-elle. Tout le monde à Poudlard ! Sauf peut-être les Serpentards et les membres du fan-club de James.
- Le fan-club ? Tu n'exagères pas un peu ? tempéra le Préfet-en-Chef.
La blonde eut un sourire en coin. Elle voyait Lily froncer les sourcils et regarder son petit-ami avec un air inquiet. Il fallait bien admettre que s'il y avait bien un groupe de filles folles du Maraudeur, mais de là à parler de fan-club, c'était certainement un peu exagéré.
Bah ! Ce serait la vengeance de Marlène face au manque d'information qu'elle avait eu à se mettre sous la dent. D'humeur joyeuse, elle se leva et quitta les appartements des Préfets-en-Chef pour rejoindre par un passage prévu à cet effet la salle commune de Gryffondor.
- Alors ? lui demanda immédiatement Sirius.
- Alors rien, que dalle, nada, soupira-t-elle, je n'ai rien pu en tirer !
- Moi, c'est pareil avec James ! C'est déprimant !
- Laissez les tranquilles tous les deux, soupira Remus qui se trouvait également là.
C'est sur ces entrefaites que le portrait de la grosse Dame s'ouvrit pour laisser entrer Celford. Marlène eut un air conspirateur et sauta littéralement sur le nouveau.
- Tu tombes bien, Celford… commença-t-elle.
- Sylciu, la corrigea Sirius.
Elle ne se fit pas prier, elle n'attendait que cela.
- Tu tombes bien, Sylciu, reprit-elle joyeusement, tu t'entends bien avec Lily, n'est-ce pas ? Donc tu dois avoir des détails croustillants.
- Des détails ? répéta l'Américain avec un air incompréhensif.
- Sur son couple ! On n'a aucune information, c'est affligeant !
Le nouveau hésita quelques instants avant de prendre la parole.
- Ce n'est pas un peu indiscret ? signala-t-il.
Remus ricana.
- Marlène est la reine de l'indiscrétion, précisa-t-il. Et Sirius est son roi.
Le jeune Black eut un grand sourire et fit une révérence devant son amie.
- My Lady, salua-t-il.
- My Lord, lui répondit-elle avec une courbette très cour de Louis XIV en lui offrant sa main pour un baisemain.
Sylciu les regardait avec l'air incrédule de quelqu'un en train de voir des scroutts à pétard faire un numéro de claquettes. Remus s'approcha de lui et lui tapota l'épaule.
- Je sais, je sais, même après sept ans, ces deux-là me désespèrent toujours autant, compatit-il.
Les bras croisés sur le torse, nonchalamment appuyé contre un mur, Harry attendait. Il était intimement persuadé que Regulus viendrait le voir pour qu'il l'aide à développer sa magie, même s'il pensait que ce n'était pas la bonne solution. Ce jeune Serpentard était- il R.A.B ? C'était possible mais pas obligatoire. De toute façon, le but présent de Harry était qu'il ne devienne jamais un Mangemort. Ce qui n'était pas gagné d'avance…
À en juger par la conversation de la veille, la vie du frère de Sirius n'était pas toute rose et il peinait à entrer dans un rôle qui ne lui convenait pas. Le Survivant n'était pas certain d'être le mieux placé pour aider ce garçon. Les attentes d'une mère ne signifiaient rien pour lui. La seule personne à avoir vraiment attendu quelque chose de lui était le professeur Dumbledore, et malgré toute sa gentillesse il était difficile de le voir comme une mère ! Harry pouffa à cette idée.
L'arrivée de Regulus mit fin à ce débat intérieur. Le jeune vert et argent regarda son aîné avec défiance. Le voyageur dimensionnel soupira. Cette affaire n'allait pas être simple…
- Je me doutais bien que tu viendrais, Regulus, dit-il d'une voix qu'il voulait neutre.
- Si les autres l'apprennent, j'aurai des problèmes, répliqua ce dernier.
- Oui, fit rêveusement Harry, il parait que ma cote de popularité chez les Serpentards est en baisse actuellement… Bof ! On aura qu'à ne pas leur dire. Allez, viens, le professeur Dumbledore m'a indiqué une salle de classe vide que je pouvais utiliser à ma guise.
Certes, lorsque le directeur avait fait cela, c'était dans le but de laisser au voyageur dimensionnel l'occasion d'apprendre à manier l'épée d'anti-magie, mais le jeune homme se garda bien de le préciser. Il sentit dans son dos Regulus hésiter quelques instants avant de lui emboîter le pas.
Harry eut un sourire intérieur en repensant à la dernière fois où il avait donné des cours. L'A.D. lui avait laissé un très bon souvenir tout compte fait. Enfin, ce n'était pas la même chose cette fois, il allait falloir se montrer prudent sur ce qu'il apprendrait au vert et argent pour le moment.
C'est au moment où ils entrèrent dans la salle de classe que Regulus décida enfin de se dérider.
- Il parait que tu as affronté et tué le Seigneur de la Douleur, c'est vrai ?
Le Survivant sentit tous ses muscles se tendre. Depuis que cette affaire était survenue, quelques jours plus tôt, il n'en avait plus reparlé – il n'en avait même pas rêvé, ce qui pour lui était exceptionnel. Mais en effet, il avait tué un homme…
Il ne se tourna pas vers le jeune vert et argent, demeurant figé au milieu des tables alignées face à un bureau professoral qui ne devait pas servi depuis longtemps.
- C'est vrai, finit-il par souffler.
- C'est génial ! s'exclama le garçon.
Ce fut comme si Harry avait été parcourut par une décharge électrique. Il se retourna vivement.
- NON ! se récria-t-il. Ce n'est pas génial ! C'est un meurtre, peu importe qu'il ait été fait en état de légitime défense.
Le frère de Sirius fit un pas en arrière, l'air inquiet. Le voyageur dimensionnel en fut surpris. Était-il si effrayant que ça ?
- J'ai tué un homme, Regulus, reprit-il plus posément. Ça n'a rien de génial.
Il se retourna et reprit sa marche dans l'allée.
- Mais c'était une des Âmes Damnées, signala le Serpentard d'une petite voix.
- Une Âme Damnée ? releva le Survivant en s'approchant d'une armoire où Dumbledore lui avait dit qu'il trouverait du matériel qui pouvait lui servir.
- Tu ne sais pas ce que c'est ? s'étonna Regulus. Note que c'est logique après tout, tu es Américain… se reprit-il après coup. Le Seigneur des Ténèbres a trois Mangemorts proches de lui que l'on appelle les Âmes Damnées. Le Seigneur de la Douleur était l'une d'entre elles.
- Ce sont des sortes de Mangemorts d'élite ? demanda Harry en ouvrant l'armoire.
- Je ne sais pas si l'on peut dire ça comme ça. Ils se veulent des artistes, répondit son jeune camarade en s'asseyant sur une table. Chacun d'eux est spécialisé dans un Sortilège Impardonnable. Il parait qu'ils ont travaillé toute leur vie sur leur sort pour le modifier afin de le rendre aussi performant que possible. Le Seigneur de la Douleur pour le doloris, le Maître des Esprits pour l'imperium et l'Ange de la Mort pour l'avada kedavra.
- Pas besoin d'être un professionnel pour utiliser l'avada kedavra, ricana le voyageur dimensionnel, en parcourant les étagères de l'armoire des yeux à la recherche de matériel. Il tue point final, n'importe qui pourrait l'utiliser.
Mais malgré ses sarcasmes, Harry comprenait mieux après les explications de Regulus. C'était pour cela qu'il s'était sentit si mal face au doloris de Parkley. Cet homme était un professionnel de ce genre de sort. Cela éclairait également les explications des Aurors sur le fait que le sortilège ait été différent de ceux utilisés par les autres Mangemorts.
- C'est vrai, poursuivit le plus jeune. Il parait que la mort par l'avada kedavra de l'Ange de la Mort est différente des autres. Remarque, personne n'en a jamais témoigné…
- C'est très mauvais comme humour, jugea son condisciple en refermant l'armoire - il n'y avait rien d'intéressant dedans pour une entrée en matière.
- C'est la vérité, trancha Regulus. En tout cas, le Seigneur des Ténèbres ne doit pas être content.
- Les états d'âme de ce mage noir sont bien le cadet de mes soucis ! fit Harry en parfaite hypocrisie. Mais je te remercie de tes explications. Je comprends mieux la situation maintenant…
- Je peux te poser une question ?
- Je t'en prie.
- Pourquoi ton cousin et toi êtes vous venus en Angleterre ? Avec le Seigneur des Ténèbres qui rôde, les sorciers ont plutôt tendance à partir…
Le Survivant sourit. C'était justement parce que Voldemort était ici qu'ils étaient venus…
- Notre famille a toujours voulu revenir en Angleterre, répondit- il. A leur mort, nous sommes venus nous mettre sous la protection de Dumbledore qui avait l'admiration familiale.
- Parce qu'il a vaincu Grindelwald que ta famille a combattu.
- Exactement. Et puis tu sais, vu des États-Unis, ton Seigneur des Ténèbres n'est rien d'autre qu'un malade que les Aurors ne vont pas tarder à attraper.
- Ce n'est pas mon Seigneur des Ténèbres ! s'indigna Regulus.
- Ah bon ? Pourtant j'avais entendu dire que seuls les Mangemorts l'appelaient comme ça, fit Harry, sans pitié.
- Alors tu penses que je suis un Mangemort ? fit le Serpentard.
Son aîné sourit gentiment.
- Bien sûr que non, assura-t-il en s'approchant. Sinon nous ne serions pas ici. Je pense simplement qu'il serait dommage que tu suives la voie que tu as commencé à emprunter. Être un Mangemort n'a jamais aidé qui que ce soit. Bien, nous allons commencer par voir comme tu t'en sors avec le sort de désarmement.
Deux jours passèrent et Drago commençait à sérieusement s'inquiéter. La cause ? Un calendrier. Cela pouvait paraître insolite sur le moment, mais ce calendrier n'était pas n'importe quel calendrier. Il symbolisait le cauchemar du voyageur dimensionnel et était une grande source d'amusement pour son équipier – la peste soit de ce Potter !
Le blond envoya voler le manuel intitulé « la trigonométrie d » sur lequel il se cassait les dents depuis une heure et jeta un regard mauvais au calendrier honni.
- Tu es tendu, on dirait, signala Lily, quelque peu sarcastique en se levant pour ramasser le livre.
- Je ne suis pas tendu, répliqua son camarade. Et puis quand je le suis j'imagine les tortures que je pourrais faire subir à Dumbledore et ça me détend énormément.
D'une certaine façon, c'était vrai, mais certainement pas dans le sens que l'imaginaient ses camarades – sauf peut-être Saint Potter qui avait la fâcheuse manie de le comprendre un peu trop bien ces derniers temps. Pouvoir dire cela était un soulagement pour Drago car cela montrait un recul nouveau sur la mort du directeur de son monde. À moins que ce soit une négation ?
Peu importe ce n'était pas le sujet actuel de préoccupation du renié. Il regarda de nouveau férocement le calendrier.
- Laisse ce pauvre bout de papier en paix, soupira Lupin. Il ne t'a rien fait.
- Il me rappelle sans cesse que ce jour approche, grommela le voyageur dimensionnel.
- Je ne vois pas ce qui te met dans un tel état, signala Sirius – Drago avait décidé de l'appeler ainsi suite à une scène que le Maraudeur lui avait fait la veille sur le sujet et qu'il ne voulait certainement pas revivre !
- Eh bien moi je vois très bien ! affirma l'Anonyme. Plus que quatre jours avant notre départ pour les enfers…
- Les enfers, répéta Lily, moqueuse, tu es sûr que tu n'exagères pas ?
- Non, répliqua le blond, inflexible.
La jeune femme secoua la tête d'un air désespéré et s'assit à coté de son petit-ami qui la regarda tendrement.
- Et bien moi je pense que c'est une super idée ! s'exclama Sirius. Vivre comme des moldus pendant…
- NON ! se récria Drago, le coupant sans ménagement. Ne le dit pas ! Je vais faire une déprime…
Les Maraudeurs éclatèrent de rire devant la tête d'enterrement de leur condisciple.
Harry riait sous cape en marchant dans les couloirs de l'école. Il venait de voir quelques minutes plus tôt un Drago dans tous ses états. Le voyage chez les moldus se rapprochait rapidement – puisque le départ des septièmes années était pour trois jours plus tard – et le renié voyait cela comme une catastrophe d'ampleur mondiale.
Bref, c'était hilarant. Et lorsque le Survivant imaginait son coéquipier vivant comme un moldu, les situations qui lui venaient à l'esprit étaient toutes plus cocasses les unes que les autres. Il fallait dire que l'épisode de la voiture des Evans avait été une bonne entrée en matière. Qui aurait pu croire que Drago puisse être aussi comique ?
Le voyageur dimensionnel sortit de ses pensées en entendant des pas venir dans sa direction. Regulus venait d'arriver. Bien entendu, le jeune Serpentard avait tordu le nez lors de leur premier entraînement. Pourquoi tout le monde réagissait-il ainsi lorsqu'il proposait de travailler le sort de désarmement ? Ce sortilège était très utile, la preuve, il lui avait sauvé la vie !
Enfin, le frère de Sirius s'était rendu à l'évidence et était depuis un élève particulièrement studieux. Un peu trop au goût de Harry. Il manquait de fantaisie. Enfin non, ce n'était pas réellement ça. Il avait l'air d'être un garçon très enjoué et aussi blagueur que son frère, mais il cachait cette nature derrière des faux-semblants de froideur et un air mauvais assez peu convainquant. Finalement, Regulus se sentait à l'étroit dans un rôle qui n'était pas le sien.
Le Survivant n'était pas vraiment certain de l'aider mais que pouvait-il faire d'autre pour le moment ?
Les deux Serpentards marchaient silencieusement vers la salle de classe où ils s'entraînaient, lorsque Veena apparut à l'angle d'un couloir, portant difficilement un nombre de livres assez excessif au goût de Harry.
- Tu comptes ouvrir une annexe de la bibliothèque ? ricana-t-il en déchargeant la jeune fille de la moitié de ses livres.
- J'ai un devoir à faire, fit- elle.
- Et tu as besoin de tous ces bouquins ? C'est un devoir ou une thèse que tu fais ?
La Serdaigle s'agita, un peu mal-à-l'aise.
- C'est de la défense contre les forces du mal… J'ai des problèmes avec cette matière et en plus avec les cours de défense qui commencent bientôt…
Le voyageur dimensionnel sourit, amusé.
- Je ne suis pas convaincu que t'abrutir de manuels en tous genres sur le sujet t'aide réellement, signala-t-il.
- Tu as une autre idée ?
- Viens avec nous, ordonna Harry en la poussant gentiment dans le dos de sa main libre. Je vais vous donner des cours particulier à tous les deux. Je suis sûr que ça ne dérangera pas Regulus, n'est-ce pas ?
Le jeune homme tourna la tête vers le vert et argent. Bien sûr que ça le dérangait, cela se voyait dans son regard, mais il ne dit rien. Parfait, songea le Survivant. C'était une chance inespérée qui s'offrait à lui. S'il parvenait à faire en sorte que Veena et Regulus s'entendent, alors ces entraînements n'auraient pas été superflus. Mais pour cela, il allait devoir faire preuve de finesse…
Les deux jeunes gens passèrent devant lui, restant à une distance raisonnable l'un de l'autre.
- C'est pas gagné, soupira le brun en secouant la tête.
Albus signa le dernier dossier et se laissa aller dans son fauteuil avec un sourire satisfait.
- Puis-je vous signaler que c'est une idée désolante ? intervint une voix, de fort mauvaise humeur.
- Vous pouvez, Phineas, sourit le vieil homme. Mais je ne vous écouterai pas.
Cette idée, quoique puisse en dire l'ancien directeur, était brillante. Envoyer les élèves de Poudlard chez les Moldus était une de ses meilleures initiatives en tant que directeur, et ce malgré la montagne de lettres en tous genres (dont beaucoup de beuglantes) qui attendait dans son placard – insonorisé, bien entendu.
Albus jeta un coup d'œil au dossier qui se tournait sur le haut de la pile en lissant machinalement sa barbe. Gryffondor et Serpentard de septième année. Ils partaient au début de la semaine suivant pour dix jours dans un établissement moldu français, sous prétexte bien entendu d'apprendre la langue de Molière.
Cela allait être très divertissant, pas de doutes. Albus regrettait de ne pouvoir les accompagner et se demandait sérieusement si Terry parviendrait à mettre à profit ce petit voyage.
Quel dommage qu'il ne puisse les accompagner… Le directeur soupira.
Harry regarda tour à tour Veena et Regulus. C'était leur deuxième entraînement en commun et l'atmosphère était assez tendue. Le Serpentard refusait d'adresser la parole à la Serdaigle qui semblait à la fois mal-à-l'aise et en colère. Le voyageur dimensionnel eut un sourire intérieur en songeant que si elle avait été Lily, le frère de Sirius se serait déjà prit un savon pour être aussi méprisant avec elle. Mais voilà, Veena n'était pas l'enflammée Gryffondor et la situation était assez inquiétante.
Aussi une question essentielle se posait : comment faire perdre à Regulus ses préjugés sur les sorciers nés de parents moldus ?
Et là commençait les problèmes. Pour réussir un tel projet il fallait remettre en question quinze années d'éducation « made in Black ». Ce n'était pas gagné. Mais alors pas du tout. Que faire ?...
- Terry !
Lily venait d'entrer en trombe dans la salle. Elle avait senti qu'il pensait à elle ou quoi ? Elle jeta un coup d'œil surpris aux deux belligérants, mais s'en désintéressa vite.
- Le professeur Williams veut nous voir tout de suite, fit-elle, pressante. Dépêche-toi ou on va être en retard !
Oh, mauvaise idée. Déjà que le professeur de défense contre les forces du mal ne le portait pas dans son cœur, Harry n'imaginait que trop bien ce qui se passerait. l'image du professeur Rogue dans ses grands moments de gentillesse vint à l'esprit du jeune homme suivit par celle d'Ombrage. Qui des deux étaient le plus inquiétant, il n'était pas sûr de le savoir.
Quittant ce débat intérieur inutile, il emboîta le pas à la Préfète-en-Chef avec un air maussade. Laisser Veena et Regulus seuls tous les deux ne le rassurait pas vraiment.
- Je me demande pourquoi le professeur Williams vous a pris en grippe comme ça, Sylciu et toi, objecta Lily. Tu le sais, toi ?
Harry secoua la tête d'un air résigné.
- Peut-être qu'il n'aime pas les Américains… proposa-t-il à défaut de meilleure explication sur le sujet.
- Le professeur Williams serait xénophobe ? J'ai du mal à y croire…
La discussion s'arrêta là. Les deux compagnons venaient de rejoindre la salle de défense contre les forces du mal. Harry se laissa tomber sur une chaise au fond de la pièce alors que Lily rejoignait les Maraudeurs.
Ce fut sur ces entrefaites que Williams entra, accompagné par le nouvel enseignant, le dénommé Robin O'Neill.
- Bonjour à tous, fit le premier, une fois installé devant le tableau noir, je vous remercie d'être venus aussi rapidement. Je voulais vous voir pour plusieurs raisons. Tout d'abord je tiens à vous présenter personnellement mon collège, le professeur O'Neill qui vous dispensera après votre retour de stage des cours de protection. Comme vous l'a dit le directeur, ces cours seront facultatifs aussi j'espère que la majorité d'entre vous s'y inscrira.
Williams parcourut la salle du regard. Ses yeux s'arrêtèrent sur Drago et une flamme se mit à danser dedans. Harry fronça les sourcils, habitué à être la proie du professeur, il n'avait jamais pu analyser ses actions comme un observateur extérieur. Mais cette fois, il le voyait clairement : c'était de la haine qui apparaissait dans le regard de l'Auror. De la haine mais également de la tristesse… Le Survivant demeura figé. Ces expressions… elles étaient incroyablement semblables à celles qu'il voyait en se regardant dans un miroir.
Pourquoi ? Pourquoi Williams ressentait-il cela ? S'était-il passé quelque chose entre lui et la pseudo-famille des deux voyageurs dimensionnels ? Mais qu'est-ce qui pouvait justifier de tels sentiments ?
Observant avec attention l'enseignant, Harry remarqua qu'il avait posé sa main gauche sur son poignet droit au moment où il avait commencé à fusiller Drago du regard. Qu'est-ce que ça signifiait ?
- … inscriptions, mais si vous désirez encore réfléchir, vous pourrez le faire à votre retour de stage, disait le professeur de défense contre les forces du mal.
Zut… Le Survivant se mordit la lèvre, perdu dans ses pensées, il n'avait pas écouté ce que disait l'Auror. Or ce n'était absolument pas le cours pour ne pas être attentif, car s'il s'en rendait compte, Williams ne le louperait pas.
- Si tu veux participer au cours d'O'Neill il faut que tu t'inscrives sur la feuille qu'ils vont faire passer, glissa à mi-voix Severus qui se trouver juste devant Harry.
Ce dernier sourit, il ignorait comment son camarade avait pu se rendre compte qu'il n'avait pas écouté, mais il le bénissait de l'avoir fait.
- Au fait, reprit le Prince au Sang-Mêlé, pour la potion, on s'y remettra après le retour du stage ou bien vous avez décidé d'abandonner ?
Le voyageur dimensionnel jura mentalement. Il avait été tellement occupé, entre son désir d'aider Regulus, ses recherches sur les Horcruxes et sur l'épée, qu'il en avait complètement oublié la potion pour Lupin !
- Pas question d'abandonner, protesta-t-il à mi-voix. Après le stage, on s'y remet et on finit !
Severus eut un sourire en coin et se retourna pour inscrire son nom sur la feuille d'inscription que venait de lui passer son voisin. Quelques minutes plus tard, Harry en faisait de même, après tout un cours de protection ne pouvait lui être que bénéfique compte tenu des évènements, même s'il se demandait sérieusement où il allait trouver le temps de faire tout ce qu'il avait prévu.
- Bien, fit Williams après avoir récupéré la liste des inscrits, la seconde chose que je voulais vous dire concerne le stage que vous allez faire dans quelques jours.
Il y eu de l'agitation coté Serpentard, apparemment l'idée de ce voyage n'était pas au goût de tous. Mais l'Auror ramena rapidement le calme.
- Vous êtes les premiers à partir et ceux qui demeureront hors de Poudlard le plus longtemps. Vos directeurs de maison vous le dirons certainement, nous comptons sur vous pour montrer l'exemple. Cette visite du monde moldu est une chance pour vous de mieux le comprendre et d'ainsi faire disparaître les préjugés que vous avez dessus. En ce moment, il s'agit de quelque chose de fondamental.
Harry regardait l'enseignant parler avec ferveur. Quel dommage qu'il fasse preuve d'une telle hostilité envers les deux voyageurs dimensionnels, il aurait pu être d'une grande aide…
- C'est pour cela, poursuivit l'Auror, que c'est moi qui vous encadrerai pour ce voyage.
Des murmures approbateurs s'élevèrent du coté Gryffondor alors que chez les verts et argents, on grommelait toujours. Quand à Harry, il ne savait pas vraiment comment prendre la nouvelle… Il y réfléchissait encore lorsque l'enseignant libéra la classe. Il regarda sans vraiment y penser ses camarades sortir, commentant la situation avec plaisir ou sarcasme et finit par leur emboîter le pas, toujours dans ses pensées.
- Monsieur Star ? appela un voix lorsqu'il fut dans le couloir.
Il se retourna, surpris. Robin O'Neill se dirigeait vers lui d'un démarche féline. Ses yeux noisette pailleté d'or lui donnait un regard presque irréel qui, ajouté à ses cheveux bond coiffés en catogan, lui donnait l'air d'un chevalier du moyen-âge égaré dans un autre temps.
- Professeur, le salua poliment Harry, se demandant ce que l'homme pouvait bien lui vouloir.
- Dumbledore m'a dit que vous aviez acquis une épée assez spéciale récemment.
Allons donc, qu'est-ce que le directeur était encore allé manigancer ?
- Il pense qu'il serait bénéfique que vous appreniez à la manier correctement.
C'était évident, songea le brun. Donc c'était pour cela que le vieil homme avait engagé O'Neill.
- Si je comprends bien, le cours de protection n'est qu'un prétexte, c'est ça ? fit-il.
Le nouvel enseignant sourit.
- Disons que c'est un moyen de légitimer ma présence et qu'il est certain que ce cours n'est qu'une approfondissement de ceux de défense contre les forces du mal et que le professeur Williams aurait pu sans mal les assurer. Mais le directeur semble penser que vous avez un rôle primordial à jouer dans la guerre actuelle, aussi votre entraînement devient primordial. Je vous enseignerais donc l'escrime à votre retour de France.
- Je vous remercie, professeur, répondit simplement le Survivant.
O'Neill le salua de la tête et s'en fut. Perdu dans ses pensées, Harry entreprit de rejoindre la salle dans laquelle il avait laissé Regulus et Veena, priant pour qu'ils ne se soient pas entretués pendant son absence.
Mais lorsqu'il arriva, la situation était sensiblement plus tendue que prévu. Car ce n'était pas face à Veena que se trouvait Regulus mais face à un groupe d'une demi-douzaine de Serpentards assez peu amicaux.
- … ridicule ! Tu fraternises avec des Sangs-de-Bourbes et des amoureux des moldus ! C'est une honte ! Tu mérites une correction ! Locomotormortis !
- Protego ! s'écria Regulus.
Le sort de son adversaire fut absorbé, mais celui-ci ne sembla pas apprécier qu'on lui tienne tête. Il pointa à nouveau sa baguette sur son condisciple. Mais cette fois, Harry ne l'entendait pas ainsi.
- Expelliarmus ! s'exclama-t-il en s'approchant.
Six baguettes tombèrent à ses pieds alors que leurs propriétaires faisaient un vol plané de quelques mètres en arrière.
- Je peux vous aider ? siffla le Survivant avec une expression mauvaise emprunté au professeur Rogue (même si Harry admettait ne pas parvenir au niveau de son enseignant).
Les six verts et argents hésitèrent puis celui qui avait attaqué Regulus, probablement le chef, prit la parole.
- Reste en dehors de ça, Star, cracha-t-il. Ça ne te concerne pas !
Le voyager dimensionnel ricana.
- Au contraire, je crois que ça me regarde, répliqua-t-il. Et je vous conseille de laisser Regulus en paix ou vous aurez à faire à moi !
- Comme c'est mignon ! piailla le garçon. Le petit Regulus a besoin qu'on le protège !
- Pour le moment, fit Harry menaçant, le seul qui est besoin de protection, c'est toi, imbécile. Parce que, sans baguette, je vois mal ce que tu vas faire.
Il se baissa pour ramasser lesdits objets tombaient à ses pieds. Il les fourra dans sa poche et s'approcha du frère de Sirius.
- Rend nous ça ! rugit le chef du groupe.
Le Survivant sourit en se tournant vers eux.
- Si vous êtes sage, les enfants.
Et sur ce il partit, entraînant Regulus avec lui.
- Tu n'aurais pas dû faire ça ! rouspéta ce dernier une fois hors de portée de voix de ses condisciples. Maintenant je vais passer pour un faible !
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
- Si j'ai besoin de protection c'est que je suis incapable de me protéger moi-même ! On va croire que je suis faible ! s'agaça le jeune Black.
- C'est pourtant ce que font les Mangemorts et tu n'as pas l'air de les croire faible.
Harry se tut quelques instants, observant Regulus à la dérobée.
- Cependant, reprit-il, pour le moment ces abrutis te laisseront en paix, c'est le principal. Où est Veena ?
Le cinquième année eut une moue boudeuse.
- On s'est disputé et elle est partie.
- Je vois, soupira le voyageur dimensionnel. C'est dommage. Veena est une fille intelligente et douée, tu pourrais beaucoup apprendre d'elle et réciproquement. Elle m'a beaucoup aidée lors de l'épidémie. Tu pourrais peut-être essayer de faire un effort ?
Le garçon demeura silencieux, mais Harry eut l'impression qu'il avait compris ce qu'il lui demandait…
Veena se laissa choir sur son lit. Ce Regulus Black était exécrable ! S'il n'avait pas été un ami de Terry, elle lui aurait sûrement fait part de sa façon de penser de façon assez violente ! Lily lui avait appris à donner ces gifles monumentales qui avaient été la terreur de James Potter pendant quelques années…
La Serdaigle sourit à ce souvenir. La rousse était quelqu'un d'incroyable. A la fois douce et impitoyable… Veena n'en revenait toujours pas d'avoir une telle amie. Elle n'aurait jamais cru, quelques mois plus tôt pouvoir appartenir au cercle d'amitié de personne comme Terry ou Lily… Populaires et puissants, même si la popularité du Serpentard était assez aléatoire.
Le simple fait d'être proche de ces deux-là avait changé beaucoup de choses pour la jeune fille. Des personnes qui ne lui accordaient autrefois pas un seul regard étaient brusquement devenues beaucoup plus avenantes avec elle. D'un coté, cela lui faisait plaisir, mais de l'autre, elle savait parfaitement que ce n'était pas elle qu'ils voyaient en venant vers elle mais la possibilité de se rapprocher de Terry ou de Lily, encore plus depuis que la Préfète-en-Chef était la petite-amie de James Potter.
Elle soupira. Tant pis, elle resterait toute seule, comme autrefois. Elle ne voulait pas d'amis hypocrites. Et puis si elle se sentait vraiment trop seule, elle pourrait toujours allez voir le Serpentard ou la Gryffondor. Eux, au moins, n'attendaient rien d'elle…
Harry était assis à la table des Serpentards, prenant son petit déjeuner avec Severus lorsque Narcissa s'assit soudainement à coté de lui. Il releva le regard vers elle surpris. Elle n'était pas du genre à se mêler ainsi aux autres. Le voyageur dimensionnel avait bien remarqué que la future mère de son équipier était assez solitaire voire même asociale, sauf avec Severus peut-être.
- Je voulais te remercier, dit-elle brusquement, sans s'embarrasser de préambule.
Le Survivant – puisque c'était à lui qu'elle s'était adressée – cilla.
- Pourquoi ça ? s'étonna- t- il.
- Pour ce que tu as fait pour mon cousin.
Il était clair qu'elle parlait de Regulus et non de Sirius. Mais son interlocuteur n'en était pas moins surpris. Il ne savait pas du tout que les deux parents étaient proches.
- Tu n'as pas à me remercier, affirma- t- il.
Narcissa lui sourit – chose qu'elle faisait relativement peu souvent ce qui était dommage.
- Moi je pense que si, assura-t-elle. Alors merci.
Joignant le geste à la parole, elle posa un baiser sur la joue de Harry. Sans attendre une quelconque réponse, elle se leva et quitta la pièce, laissant derrière elle un voyageur dimensionnel assez sonné. Il la regarda s'éloigner en se demandant s'il n'avait pas rêvé ce qui venait de se passer. Ça relevait presque de la science fiction ! Il se tourna vers Severus à la recherche de soutien mais croisa le regard hilare de son ami qui lui fit penser qu'il ne serait pas d'une grande aide.
- Tu verrais ta tête ! ricana le vert et argent. Remarque, je comprends ta surprise. Je me demande ce qui a pris à Narcissa de faire ça devant tout le monde…
D'un geste rapide, Harry regarda autour de lui et réalisa que beaucoup de regards étaient braqués sur lui. Beaucoup plus que d'ordinaire… Severus planta sa fourchette dans un morceau de bacon qui restait dans son assiette.
- Tu viens d'élargir ton cercle d'ennemis parmi les Serpentards, jugea le futur maître des potions.
- Pourquoi tu dis ça ? s'enquit son ami.
Le vert et argent prit le temps d'avaler son bacon avant de répondre.
- Narcissa fait tourner beaucoup de tête dans notre maison mais elle s'est toujours refusée à la moindre familiarité avec qui que se soit – moi mis à part peut-être mais avec distance. Et elle vient de t'embrasser. Sur la joue, certes, mais de t'embrasser quand même.
Harry attrapa son verre de jus de citrouille.
- Je vois, fit-il. Bof, ça fait juste que les quelques de serpents qui ne m'avaient pas encore dans le collimateur me détestent maintenant. Rien de bien fantastique.
Severus secoua la tête d'un air désolé.
- Je me demande comment tu peux prendre ce genre de choses avec une telle philosophie.
Son compagnon lui fit un sourire.
- Je suis un grand optimiste, annonça- t- il.
Le Serpentard afficha un air septique. Il n'avait pas tort, le Survivant n'était pas du tout convaincu d'être aussi optimiste qu'il le prétendait. Par contre il était passé maître en la matière lorsqu'il s'agissait de se mettre les autres à dos, songea-t-il en buvant son jus de citrouille.
(1) : version sorcière de « c'est l'hôpital qui se fout de la charité » (par moi)
Désolée de vous avoir fait attendre ainsi avec ce chapitre (je remercie d'ailleurs Xelloss pour son aide), mais, cours obligent, je n'ai pas beaucoup de temps pour écrire. Pour ceux qui s'inquiètent – dont Tchingtchong – rien à craindre, je ne compte pas du tout abandonner cette fanfic
Aux vues des questions, je me suis rendue compte que je n'avais pas été très claire. Donc pour mettre les affaires au point, sachez que Mary est bel et bien morte.
Certains m'ont demandé s'il y avait un rythme de parution des chapitres de cette histoire, la réponse est non. Lorsque j'ai le temps d'écrire je m'arrange pour qu'il y ait plus ou moins un chapitre toutes les semaines, mais pour le moment, ce n'est pas d'actualité (pour toutes réclamations, plaignez-vous à mes profs et chargés de TD qui nous enterrent sur les devoirs).
Merci à Nautiküs qui a reviewer tous les chapitres de cette fic (il faut du courage) ainsi qu'à toutes les autres personnes ayant permis à cette fic d'attendre les 502 reviews ! Je suis vraiment très contente !
Pour répondre à Amande, la fin de la potion n'est pas pour tout de suite, mais elle arrive toutefois à grand pas.
Voilà donc pour ce chapitre et pour l'entrée en scène de Regulus (je sais que la discussion était un peu longue, mais c'était nécessaire) ! L'intrigue autour du professeur Williams s'épaissit, Harry va avoir des cours pour apprendre à utiliser l'épée et le caractère de Drago fait un bon en avant. Autant dire que ma fic avance plutôt bien !
Au programme du prochain l'arrivée chez les moldus ! Au passage, je tiens à signaler plusieurs choses: tout d'abord, j'ai choisi la France pour pouvoir jouer avec les différentes habitudes et manies qu'à chaque pays et parce qu'il fallait choisir un pays qui ne soit pas anglo-saxons (pour le prétexte de l'apprentissage de la langue), et c'est bien entendu la France que je connais le mieux sur ce sujet... ;)
Ensuite, l'établissement dans lequel se retrouveront les sorciers est entièrement inventé, donc que personne ne se sente visé ! Enfin, comme je suis un peu sadique, j'ai un peu exagéré plusieurs situations afin de mettre les sorciers en mauvaises postures. Donc imaginons que comme c'est un monde parallèle, les choses ne se passent pas exactement comme dans la France réelle.
Voilà, maintenant que vous êtes prévenus, rendez-vous au prochain chapitre !
Au passage, je vous signale que j'ai rajouté un dessin pour cette fic. Cette fois c'est Drago/Sylciu qui j'ai croqué ! N'hésitez pas à aller jeter un coup d'œil et à me donner votre avis. Comme toujours le lien est dans ma bio.
Eterna
