Les Maîtres des Dimensions
Résumé général : Alors que Harry déprime après la mort de Dumbledore, il rencontre Némésis, une étrange femme qui lui propose une mission : se rendre dans un monde parallèle afin de créer un autre futur. Il part donc en 1976, dernière année de ses parents à Poudlard, sous le nom de Terry Star, accompagné d'Hélios son phénix mais également de Drago, qui a été renié par son père, portant le pseudonyme de Sylciu Celford. Ils se présentent comme des cousins venus d'Amérique.
Chapitre précédent : Alors que Drago tente de découvrir la nature de la magie qu'il a utilisé lors de l'attaque de jour de l'an, définitivement décidé à combattre Voldemort, Harry, suite à une discussion avec Regulus Black, décide d'aider le jeune garçon à se sortir de la situation dans laquelle il se trouve. En effet, il semble évident que sa mère, lui reprochant d'être moins doué que Sirius, le frappe fréquemment. Narcissa l'embrasse sur la joue pour le remercier ce qui lui vaut d'être de nouveau dans le collimateur des Serpentards. Parallèlement Dumbledore engage un nouvelle enseignant pour une nouvelle matière : le cours de protection. Il s'avère que cet homme est un épéiste reconnu. Toujours concernant le corps enseignant, la dernière hypothèse pour expliquer le comportement du professeur Williams est qu'il serait xénophobe – chose que Harry ne semble pas croire. Pour finir, le couple de Lily et de James est désormais officiel.
Rating : Je tiens à préciser que deux passages dans ce chapitre sont à classé T (anciennement PG-13). Je ne change pas le rating de la fic entière puisque ce sera vraiment des passages très ciblés, mais je suis toutefois contrainte de le signaler ici. Si cela pose un problème, je peux les annuler, toutefois je pense qu'ils sont importants pour saisir les personnages.
Chapitre 23 : France
Lily regardait avec un réel amusement Sylciu pester contre le monde entier – Dumbledore en priorité. L'idée de se rendre dans la France moldue ne semblait pas lui plaire outre mesure.
Le blond attrapa rageusement sa valise – signalant au passage que cette interdiction d'utiliser un sort d'allégement ou de rétrécissement était complètement idiote – et sortit de la salle commune.
- Tu es prête ? souffla alors une voix tendre à l'oreille de la jeune fille.
Elle se retourna et croisa le regard noisette de son petit-ami.
- Tu n'es pas dans les appartements des Préfets-en-Chef ? s'étonna-t-elle.
Il eut un sourire en coin qui le rendait particulièrement séduisant.
- J'avais quelque chose à faire avant de partir. On y va maintenant ?
Sirius était en train d'aider Peter à tirer sa valise et Remus sortait de la salle commune en discutant avec Marlène. Le départ approchait.
- Allons-y, fit Lily.
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Il regardait avec dégoût les septièmes années se diriger vers les calèches qui les conduiraient à la gare en discutant joyeusement. Comment pouvaient-ils accepter une telle humiliation ? Se mêler aux moldus. Se faire passer pour des moldus. C'était la pire chose qu'on pouvait demander à un sorcier ! C'était la plus grave des offenses envers les jeunes Sangs-Purs qui se retrouvaient obligé de faire cela !
Le Seigneur des Ténèbres ne l'accepterait pas. Il ne laisserait pas une telle chose se produire. Pour le moment, nul ne savait où se situait l'établissement qui accueillerait les élèves de Poudlard, mais bientôt ce secret serait connu de tous et cette école serait rasée par les Mangemorts voire par le Maître lui-même !
Cette nouvelle apportait une joie sans borne à l'espion. Imaginer ces moldus hurlant et pleurant alors que le Seigneur des Ténèbres les torturaient et les tuaient lui apportait un plaisir intense et sans comparaison.
Il passa sa langue sur ses lèvres en voyant Terry Star se diriger à son tour vers les calèches, son phénix volant au dessus de lui.
- Bientôt, murmura l'espion. Bientôt tu seras à moi, ennemi du Maître. Bientôt.
L'idée de ce qu'il pourrait faire subir à ce garçon arrogant était encore plus jouissive que la mort des moldus français. Mais il faudrait patienter… Tant pis, cette attente ne rendrait la capture du Serpentard que plus plaisante.
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Severus arriva devant le Poudlard Express, accompagné de Terry et d'Hélios. Le professeur Williams était en train d'appeler les Serpentards et les Gryffondors qu'il encadrait alors que les Serdaigles et les Poufsouffles rejoignaient Mrs Skoski, une femme d'une quarantaine d'année qui enseignait l'étude des moldus.
- Bien, annonça Williams. Vous avez été divisés en trois groupes qui iront chacun dans une classe différente à notre arrivée à l'école française. Même si vous vous connaissez déjà tous, je tiens à ce que vous vous réunissiez suivant ces groupes afin de réviser tous ensemble les histoires que nous avons mis au point. N'oubliez pas qu'un des buts de ce voyage est d'apprendre à agir comme des moldus, autrement dit les français ne devront pas comprendre que vous êtes des sorciers. Cet exercice comptera dans vos notes d'ASPIC, ne l'oubliez pas.
Severus grogna. Dumbledore était vraiment fou ! À coté de lui, il entendit Terry ricaner, se moquant visiblement de lui.
- Le premier groupe sera composé de Sirius Black, Sylciu Celford, Lily Evans, James Potter, Severus Rogue et Terry Star.
Le Prince au Sang-Mêlé demeura figé. Lui avec Black et Potter ? C'était un blague ? Il allait tuer Dumbledore, c'était officiel. Les Maraudeurs ne semblaient d'ailleurs pas vraiment ravi de la nouvelle. Terry lui tapota gentiment sur l'épaule.
- Courage ! fit-il, légèrement moqueur.
- Le deuxième groupe, annonça Williams, sera composé de Narcissa Black, Remus Lupin, Marlène McKinnon, Peter Pettigrow et Britanus Wilkes.
La Gryffondor blonde tordit le nez en jetant un regard à Brutus. C'était compréhensible, personne ne désirait faire équipe avec un abruti pareil.
- Le troisième groupe sera constitué d'Eric Avery, Rodolphus Lestrange, Rosa Leroy, Frank Londubat et Evan Rosier.
Bon sang quel était l'abruti qui avait fait ces groupes ? Londubat allait se faire tuer en moins de temps qu'il ne faut pour le dire ! Ceci dit, Severus n'avait rien contre le lynchage d'un Gryffondor. Mais étant dans le groupe à Potter, ça pourrait lui retomber dessus, alors il espérait que Lestrange saurait contrôler ses pulsions.
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Sirius se laissa tomber sur la banquette du compartiment qui avait été alloué à son groupe et lança un regard mauvais à Servilo qui entrait à la suite de Star. Pourquoi avait-il fallu que ce mangemort tombe dans son groupe ? Il aurait mieux valu que ce soit ce pauvre Frank qui se retrouvait seul avec les serpents !
James s'assit à coté de lui alors que Star et Rogue prenait place en face tout comme Sylciu. Lily, entrée la dernière, regarda le groupe avec réserve avant de se mettre aux cotés de son petit-ami.
La jeune fille se tourna vers Star.
- Pourquoi est-ce qu'on ne nous a pas dit où on allait exactement ? demanda-t-elle sans préambule.
Le Serpentard fut aussitôt l'objet de tous les regards. Il s'installa confortablement avant de se tourner vers la Préfète-en-Chef.
- Il semblerait que certaines personnes désapprouvent ce stage. Aussi, par mesure de sécurité, il a été décidé que l'on ne dévoilerait pas l'endroit où nous allons.
- Mais toi tu le sais, fit Lily.
Ce n'était pas une question. Star sourit gentiment.
- Nous allons dans un endroit protégé par les aurors et les duellistes français. Nous ne risquons rien.
- Si nous ne risquons rien, pourquoi un tel déploiement de force ? siffla Rogue en montrant du doigt un auror qui passait dans le couloir.
- Mieux vaut prévenir que guérir, philosopha son condisciple.
- Peut-être, fit Sylciu avec réserve. Mais ce que je me demande, c'est pourquoi est-ce que les parents des élèves désapprouvant ce voyage ne les ont pas retirés de l'école…
- C'est une bonne question, releva Sirius. Parce que ça m'étonnerait que ma très chère famille voit ce voyage d'un bon œil, or Narcissa et Regulus y participent.
- C'est à cause d'un règlement ministériel, répondit James à la place de Star. Aux vues de la situation politique actuelle, notre ami le ministre de la magie a ordonné qu'aucun élève ne puisse quitter Poudlard sans ses ASPIC ou une autorisation expresse de l'administration – autrement dit que cette personne soit renvoyée par Dumbledore et que le renvoi soit validé par le ministère.
- Mais c'est contraire à notre politique d'éducation ! s'exclama Lily.
- Nous sommes en guerre, signala Sylciu, les politiques s'en ressentent.
- Dans l'absolu, c'est une bonne chose puisque ça revient pour le ministre à dire qu'il considère que Poudlard est l'endroit le plus sûr pour les élèves, analysa Star. Mais le problème c'est qu'on peut lire ce décret d'une autre façon : le ministre se dit que tant qu'on est à Poudlard, on relève de la responsabilité de Dumbledore et donc pas besoin de s'occuper de nous. Mais bon, vous savez ce que je pense de ce ministre.
James pouffa.
- Ça oui ! rit-il franchement.
Sirius fronça les sourcils.
- Comment ça ? demanda-t-il à son meilleur ami.
- C'est vrai que vous n'étiez pas là, se rappela celui-ci. Lors de l'épidémie, lorsque le ministre nous a annoncé notre mise en quarantaine, Star l'a carrément insulté devant Dumbledore et les autres ! C'était quelque chose !
- Je dirai plutôt que je l'ai proprement remis à sa place, estima Terry.
- Tu aurais pu avoir des problèmes avec ça, sermonna Lily.
Le Serpentard lui répondit d'un sourire angélique.
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- Comment ça vous ne savez toujours pas où ils vont ?
Voldemort trépignait de colère. Comment pouvait-il être à ce point entouré d'incompétents ? Comme toujours Dumbledore le narguait, l'empêchant de faire ce qu'il désirait. Mais maintenant, pire encore, il le provoquait ! Envoyer les élèves de Poudlard en stage chez les moldus. Comment ? COMMENT OSAIT-IL ?
- Endoloris !
Le mangemort le plus proche s'effondra en hurlant de douleur, mais cela n'aida pas Voldemort à évacuer sa colère. Il voulait savoir où allaient les septièmes années ! Ses espions semblaient incapables de lui donner cette information capitale, il devrait donc aller la chercher personnellement. Lorsqu'il l'aurait, il pourrait doublement se venger : il tuerait ce garçon qui avait osé se mettre en travers de sa route – Terry Star selon ses espions – et il détruirait le rêve de Dumbledore.
Mais avant tout, il devait trouver cette information. La France était vaste et il lui était impossible de découvrir quelle école avait été choisie par ce vieil amoureux des moldus sénile. Certes, l'idée d'en attaquer quelques unes au hasard était tentante, mais ça ne lui permettrait pas de découvrir où étaient les sorciers, sauf un gros coup de chance. Or, Lord Voldemort ne croyait pas à la chance, mais seulement au talent. À son talent.
Apparemment, Dumbledore avait bien fait les choses en Grande-Bretagne et il ne parvenait pas à obtenir ce qu'il voulait, alors pourquoi ne pas changer de stratégie ?
Le mage noir eut un sourire en coin. Oui, il allait changer de plan. La France était un vieux pays dans lequel on trouvait de nombreuses familles de Sangs-Purs qui désiraient protéger la société sorcière contre le fléau des moldus et des Sangs-de-Bourbes.
C'était décidé, Lord Voldemort allait se rendre outre-manche pour y étendre son influence néfaste et absolue... Et veiller à ce que les élèves de Poudlard n'aient plus d'autres alternatives que de tomber dans sa coupe. Bien, très bien...
Il parcourut l'assistance du regard et s'arrêta sur deux ombres se tenant en arrière. Des nouvelles recrues. Parfait, c'était ce dont il avait besoin. Comment s'appelaient-ils déjà ? Ah oui !
- Lucius Malefoy, Bellatrix Black, avancez ! ordonna-t-il sèchement.
Ils s'exécutèrent dignement, mais le mage noir sentait la peur qui leur nouait les entrailles. On ne cachait rien à Lord Voldemort. Mais ces deux-là appartenaient à d'illustres familles à la pureté sans défaut. Ils étaient des recrues de choix et il aurait été dommage de les perdre, mais ils devaient également prouver leur valeur… La marque sur leur bras était toute nouvelle et, n'ayant participé au fiasco du jour de l'an, ils n'avaient pas encore eu l'occasion de montrer leur valeur à leur maître.
- Vous allez vous rendre en France, annonça-t-il. Vous vous ferez embaucher au ministère de la magie et attendrez mes ordres. Est-ce clair ?
- Oui, maître, firent-ils d'une même voix.
Mieux valait qu'ils en sachent le moins possible, ainsi s'ils étaient capturés, ils ne pourraient rien révéler. De plus, Voldemort soupçonnait sérieusement cet empêcheur de tourner en rond de Dumbledore d'avoir mis des espions dans ses rangs. Il devait être prudent.
- À présent, sortez tous ! ordonna-t-il. Sauf vous, Grim Reaper et Tristan.
Les deux susnommés demeurèrent donc sur place alors que la salle se vidait peu à peu.
Grim Reaper regardait avec mépris les mangemorts sortir un à un. C'était une jeune femme à la beauté glaciale, au teint d'albâtre et aux yeux d'un vert qui n'était pas sans rappeler son sortilège de prédilection. Elle était l'Ange de la Mort du Seigneur des Ténèbres. Certes, celui-ci savait parfaitement que Grim Reaper n'était pas son véritable nom, mais lui mieux que personne pouvait comprendre le désir de se détacher d'un nom offert par ses géniteurs.
À coté d'elle se tenait Tristan, observant en coin les adeptes de son maître qui sortait, cherchant probablement qui il pourrait faire son esclave. Rares étaient les esprits pouvant résister à Tristan Von Uchten. Le germanique était le Maître des Esprits, usant d'une magie noire avancée qui aurait fait frémir d'horreur même ses professeurs à l'esprit le plus retord de l'institut Durmstrang.
L'absence de Kevin n'était que plus présente… Terry Star paierait pour cela !
- Je n'ai pas confiance en eux, maître, grimaça Grim Reaper alors que les mangemorts avaient tous quittés la salle. Ce ne sont que des novices.
- Tu n'as confiance en personne, ma belle, signala Voldemort. De toute façon, ils n'en savent pas assez pour nous nuire pour le moment.
- Vous désirez posséder la France ? demanda Tristan, louchant sur le décolleté de sa voisine.
- En effet. Ici Dumbledore arrive encore à me barrer la route. Je vais donc le contourner et commencer par la France. Une fois que je m'en serai emparé, je retrouverai sans mal les élèves de Poudlard.
Le regard de l'Ange de la Mort s'alluma d'une lueur méchante.
- Et le meurtrier de Kevin paiera, fit-elle férocement.
- Oui, ma belle. Il paiera son arrogance et le meurtre d'une de mes Âmes Damnées. Et Dumbledore verra tous ses espoirs d'entente entre les sorciers et les moldus brisés. Tous les élèves de l'école où se trouvent les sorciers devront être tués ainsi que les Sangs-de-Bourbes. Je me prononcerais au cas par cas pour les Sangs-Mêlés.
- Et dans ces deux novices vont nous servir de taupes au sein du ministère français, fit Tristan. Brillant, comme toujours maître.
- Bien entendu, fit Voldemort sans modestie.
- Puis-je aller implanter quelques sortilèges dans leurs esprits, maître ? demanda l'homme.
- Fais donc.
Le Maître des Esprits s'inclina et s'en fut. Grim Reaper s'approcha d'une démarche voluptueuse du Seigneur des Ténèbres. Elle s'installa à califourchon sur lui et murmura sensuellement.
- Me laisserez-vous tuer cet impudent qui a tué Kevin, mon maître ?
- Serais-tu attaché à lui, ma belle ? demanda Voldemort d'une voix gutturale.
- Je ne suis attachée qu'à vous, maître, assura-t-elle soumise.
- Je l'espère, fit le mage noir, menaçant.
Il renversa durement la jeune femme et, la surplombant, prit violemment possession de ses lèvres. Il sentit un plaisir profond s'insinuer en lui alors que le goût métallique du sang de son amante se mêlait à celui du baiser.
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- J'ai envie d'un café.
Le regard de Severus se tourna vers Harry alors qu'ils marchaient dans la gare de Londres.
- Maintenant ? s'étrangla le vert et argent.
- Oui, maintenant, pas à notre arrivée en France ! Zut, j'aurais dû aller voir les Elfes pour qu'ils me fassent un thermos !
- Accro à la caféine ! s'exclama Lily en passant à coté de lui. Dépêche-toi où nous allons louper le train.
- C'est bien beau tout ça, mais et mon café ? s'écria puérilement Harry.
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Bellatrix marchait fièrement dans les couloirs du manoir de son maître. Elle venait de recevoir sa première mission de la bouche même de l'homme qu'elle adulait. Certes pour le moment elle n'était pas certaine de comprendre l'intérêt, mais elle n'était pas là pour réfléchir, elle devait seulement obéir.
Elle jeta un coup d'œil à Malefoy. Pas question qu'il fasse échouer cette mission, tout fiancé de sa sœur qu'il soit, il avait intérêt à marcher droit. De toute façon Narcissa était belle et son sang était pur, elle n'aurait aucun mal à trouver un nouveau prétendant s'il venait à arriver quelque chose de malheureux à celui-ci.
Quelques instants plus tôt, le Maître des Esprits était passé les voir, les assurant de son soutien. Le soutien d'une Âme Damnée, c'était presque aussi bien que celui du Seigneur des Ténèbres en personne.
- Tenez, leur dit abruptement une vieille femme en leur fourrant des parchemins dans la main. Les papiers attestant de votre embauche au sein du ministère. Ne vous inquiétez pas pour les personnes à qui ils appartenaient, elles ne sont plus en état de vous nuire.
Bellatrix sentait la jalousie dans son regard. Elle eut un sourire en coin. Elle était devenue une privilégiée, recevant ses ordres du maître en personne. Elle était au dessus de ce genre de personne à présent. Elle lui lança donc un regard méprisant et tourna les talons sans un mot. Malefoy en fit de même et ils se dirigèrent vers la cheminée.
La jeune femme attrapa une poignée de poudre de cheminette.
- Service des déplacements internationaux ! s'exclama-t-elle.
Elle apparut au ministère de la magie. Elle avait, après son entrevue avec le maître, revêtu une belle robe richement décorée. Elle toisa la réceptionniste qui l'avait saluée à son arrivée et entra sans préambule dans le bureau du responsable. Le petit homme au crane dégarni et au regard éteint sursauta en voyant la jeune femme entrer d'un pas assuré. Elle sentit la présence de Malefoy derrière elle mais s'en désintéressa.
- On nous attend au ministère français, annonça-t-elle, impétueuse. Nous avons besoin de l'autorisation.
Le petit homme, « l'agent Tad McFully » d'après sa plaque (quel nom ridicule !), s'agita dans son fauteuil.
- Euh… Oui… euh… madame… euh… mademoiselle, bredouilla-t-il.
Il se mit à fouiller frénétiquement dans ses dossiers en tremblotant. Une pile de dossier glissa et s'éparpilla sur le sol. Ce type était pathétique. Bellatrix lui jeta un regard dégouté. Il réussit contre toute attente à sortir deux formulaires qu'il remplit avec une écriture illisible.
- Vos… vos noms s'il-vous-plait ?
- Bellatrix Black et Lucius Malefoy, annonça le blond, offrant à l'agent son air le plus hautain.
Il fallait dire que Malefoy était très doué en la matière. Pour une fois, son intervention avait été bien menée. Quand au petit homme, il était encore plus nerveux depuis qu'il savait qu'il avait à faire à deux membres de grandes familles sorcières au Sang-Pur. Qu'aurait-il dit s'il avait su qu'ils étaient en mission pour le Seigneur des Ténèbres ? Bellatrix ricana méchamment.
- Voi-voilà, balbutia l'agent en leur tendant deux laissez-passer.
La jeune femme les lui arracha dédaigneusement et tourna les talons sans un regard. Elle croisa le regard dégoûté que Malefoy avait posé sur le fonctionnaire et se dit qu'il n'était finalement pas si idiot qu'il y paraissait. Peut-être était-il un bon mangemort, contrairement à ce que prétendaient les mauvaises langues ? Après tout, sa mère l'avait choisi comme époux de Narcissa, il ne devait pas être si incapable que cela…
- Allons-y, lui dit-elle en se dirigeant vers la cheminée.
De nouveau elle attrapa de la poudre et entra dans l'âtre.
- France ! annonça-t-elle.
L'instant d'après elle se trouvait au service des déplacements internationaux du ministère de la Magie français. Malefoy ne tarda pas à la rejoindre et ils s'avancèrent vers le comptoir, leur laissez-passer à la main.
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- Paris, s'exclama joyeusement Sirius. Quelle belle ville…
- Qu'est-ce qui te prend ? s'étonna James. Je ne te savais pas cet amour pour la France !
Son ami lui jeta un regard entendu.
- Mon oncle Alphard m'a parlé des Françaises, vois-tu, signala-t-il rêveur. Si tu avais entendu ses histoires !
- Idiot ! s'insurgea Lily. Ce ne sont que des préjugés.
Les élèves de Poudlard étaient en train de marcher dans la gare du Nord, suivant le professeur Williams dans un dédale de quais et de couloirs. Sylciu pestait contre la lenteur des moyens de transport moldus et Rogue approuvait entièrement alors que Star leur priait avec plus ou moins de tact de cesser leurs jérémiades. Contrairement à ses deux camarades Sirius trouvait ce voyage plaisant. Et l'idée de rencontrer les Françaises des histoires de son oncle le mettait en joie. Une seule ombre venait obscurcir ce tableau idyllique.
- Vous croyez qu'on sera obligé de manger des cuisses de grenouilles ? s'enquit-il, inquiet.
James s'étrangla alors que Lily éclatait littéralement de rire.
- Bien entendu ! affirma-t-elle. Les Français sont très attachés à leur gastronomie !
Sirius grimaça.
- Les escargots aussi ?
- Lily, sermonna le Préfet-en-Chef en prenant sa petite-amie par la taille, arrête de le taquiner. Sirius a l'estomac sensible !
- Pour ta gouverne, Black, sourit Star, les Français ne se nourrissent pas d'escargots ou de cuisses de grenouille.
- Merlin soit loué ! s'exclama le jeune homme.
- Lorsque nous en aurons fini avec les considérations gastronomiques de Mister Black, fit Williams, nous pourrons nous préparer à prendre notre train.
- Encore un ? soupira Avery.
- Oui, encore un, Mister Avery, sourit l'enseignant. Les moyens de transport moldus sont moins polyvalents que les nôtres. Allons-y, voulez-vous ?
- Pourquoi ne sait-on toujours pas où nous allons ? s'enquit Lestrange – pour une fois qu'il posait une question intelligente !
- Mesure de sécurité, répondit un auror qui les accompagnait. Nous allons rejoindre les duellistes détachés par le ministère de la magie français.
- Tout ça pour un voyage scolaire, soupira Lily.
- Nous vivons des temps troublés, Miss Evans, fit gentiment Williams.
Toutes les personnes présentes ne le savaient que trop bien. Gryffondors et Serpentards poursuivirent leur route en silence. Ils avaient quittés leurs condisciples des deux autres maisons un peu plus tôt dans la journée, ceux-ci se rendant dans un autre établissement - Dumbledore semblait penser que plusieurs expériences ne seraient que plus intéressantes.
- Cet uniforme me plaît pas, grommela Brutus en gigotant de façon ridicule dans ses nouveaux habits.
Pensant à tout, comme à son habitude, le directeur avait fait faire pour les voyageurs une version moldue des uniformes de Poudlard afin de rendre l'affaire plus crédible.
- Moi je les trouve très sympa, sifflota Sirius en passant près de l'imbécile vert et argent. Je sens que je vais aimer ce stage !
- Pourvu qu'on n'utilise pas de voiture ! gémit Sylciu.
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Hélas, ils utilisèrent non pas une voiture, mais un bus et Drago fut, bien entendu, malade. Heureusement, Lily ayant fait des recherches sur la question, elle lui lança discrètement un sort qui l'aida à tenir pendant le trajet.
Toutefois, quelques minutes avant l'arrivée à l'école qui se trouvait dans les environs de Paris, le professeur Williams annonça que chacun devait lui remettre sa baguette. Cette idée ne plaisait pas du tout à Harry. Il détestait se retrouver sans son unique moyen de défense contre une attaque mangemort, mais l'enseignant fut intransigeant face à tous les protestataires : c'était les ordres de Dumbledore afin de s'assurer que personne n'utiliserait la magie. Le Survivant se promit d'avoir une petite discussion avec lui et regretta d'avoir laissé l'épée à Poudlard sous sa surveillance, elle aurait pu servir.
- Bien, annonça le professeur de défense contre les forces du mal, je vais faire un dernier point avant notre arrivée. Nous nous rendons au lycée Baudelaire dans lequel vous serez répartis dans des classes de terminale. Vous avez déjà étudié tout cela avec vos directeurs de maison, n'est-ce pas ?
L'approbation fut générale, bien entendu.
- Un dernier conseil avant de vous laisser, n'oubliez pas qu'il est strictement interdit de faire de la magie et de révéler quoi que ce soit aux moldus. Le cas échéant, cela ferait perdre des points à votre groupe et pour votre ASPIC. Mais je suis certain que vous agirez au mieux ! Bonne chance à tous et faites honneur à Poudlard et à la société sorcière.
- Alléluia ! conclut Drago, cynique.
Harry allait répondre lorsque soudainement une forme rougeoyante surgit de nulle part.
- Hélios ? s'écria le Survivant. Mais qu'est-ce que tu fous là à la fin ?
Le phénix s'ébouriffa et s'installa confortablement sur un dossier, conscient d'être la cible de tous les regards.
- Non, non, non et non ! fit le brun en le menaçant du doigt. Tu ne dois pas être là. Je te l'ai expliqué, Hélios. Tu ne peux pas venir. Comment veux-tu que j'explique aux moldus ta présence ?
L'oiseau de feu pencha la tête d'un air dubitatif.
- Hélios, s'agaça Harry, ne fait pas celui qui ne comprend pas ! Retourne tout de suite à Poudlard pour l'amour de Merlin !
Le phénix émit un son joyeux et s'installa plus confortablement sur le dossier du fauteuil.
- Je n'ai aucune autorité, gémit le voyageur dimensionnel.
- Je compatis, affirma avec hypocrisie Drago en lui tapotant sur l'épaule.
Son compagnon releva les yeux d'un air affligé et remarqua les regards ahuris des duellistes. Il était vrai que si les élèves de Poudlard, et dans une moindre mesure les aurors, étaient habitués à ce genre de manifestations, les Français devaient être complètement dépassés de voir le jeune homme se disputer avec l'oiseau de feu.
- Pourquoi ne pas lui demander gentiment ? proposa Narcissa en levant les yeux de son livre.
- Si Hélios écoutait les requêtes aimables, ça se saurait, ironisa le Survivant.
Mais le phénix, dans l'esprit de contradiction qui le caractérisait, s'envola et se posa sur l'épaule de la jolie Serpentard. Il lui donna un coup de bec affectueux avant de disparaître. La jeune fille demeura figée, complètement interdite face au geste de l'oiseau de feu alors que son condisciple de l'autre monde marmonnait avec mécontentement que le seul but de « cet espèce d'ostrogot à plumes » était de l'ennuyer.
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- Nous sommes ravis de vous accueillir en tant que membres de notre ministère, Mademoiselle Black, Monsieur Malefoy.
Lucius regardait avec gourmandise la belle secrétaire d'État qui lui souriait. Audrey Dufleuve, c'était son nom, serait leur supérieure au sein du ministère français. Dommage que cette fille soit une Sang-de-Bourbe, songea le mangemort.
Elle les invita à la suivre pour leur montrer leur poste. Quel ennui, en être réduit à être un subalterne ! Cette situation déplaisait fortement à Lucius. Mais le maître avait donné ses ordres et pour la réussite des idéaux de cet homme qu'il admirait, le blond acceptait cette mission bien que désobligeante.
À coté de lui marchait Bellatrix Black, droite et majestueuse. Lucius espérait que sa sœur avait le même port, c'était important pour une future madame Malefoy. La rumeur la disait très belle et beaucoup plus réservée que son aînée - c'était mieux ainsi, les femmes devaient rester à leur place. Lucius n'avait aucune envie d'avoir une rebelle pour épouse.
Les trois sorciers entrèrent dans une petite salle étriquée. Un homme d'un certain âge, de petites lunettes sur le nez, releva les yeux vers les nouveaux venus.
- C'est quoi, ça ? grinça-t-il.
Lucius rougit de colère. C'était de lui dont parlait cet effroyable individu. Comment osait-il ?!
- Bonjour à vous aussi, Bernard. Je vous présente Bellatrix Black et Lucius Malefoy, vos nouveaux assistants.
- Assistants ? s'étrangla le dénommé Bernard. Audrey, c'est une blague ? Je travaille seul.
- Eh bien plus maintenant, signifia la secrétaire d'État avec un regard rieur. Mademoiselle Black, monsieur Malefoy, voici Bernard Durant, il gère le département des animaux dangereux, vous l'assisterez à partir d'aujourd'hui.
Si le vieil homme ne semblait pas ravi de la nouvelle, ce n'était rien en comparaison de a colère de Lucius. Comment lui, l'unique héritier de la grande famille Malefoy pouvait-il en être réduit à être un sous-fifre dans un département ministériel sans la moindre importance !? Si ce n'était pas une mission du Maître, il aurait certainement tué cette Sang-de-Bourbe et ce vieux croûton !
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« Lycée Charles Baudelaire ».
Severus regarda le pus – à moins que ce soit un bus ? – s'arrêter devant la grille. Une école moldue. Comment cela pouvait-il être possible ? Comment pouvait-il être ici ? Le jeune homme jeta un coup d'œil au dessus de son épaule et regarda Terry. Il ne semblait pas mécontent d'être là. Pourtant le Prince au Sang Mêlé se sentait affreusement mal…
- Ne t'énerve pas, lui souffla le nouveau. Ce n'est pas une mauvaise chose. Dis-toi que c'est un jeu.
- Un jeu ? Excuse-moi mais nous n'avons pas les mêmes centres d'intérêt.
L'Américain ne sembla pas vexé du ton abrupt de son camarade. Au contraire, un petit sourire flottait sur ses lèvres. Ce garçon était vraiment incroyable. Au moment de son arrivée, il était très distant voire mauvais avec Severus. Et puis il y avait eu cette histoire de potion et ils s'étaient rapprochés jusqu'à ce que Terry devienne ce que l'Anglais avait de plus proche d'un ami – surtout grâce à Evans, il fallait bien l'admettre.
C'était étrange… Depuis l'arrivée des deux cousins, tout changeait dans Poudlard. Ce n'était pas un changement très clair, il était assez diffus à vrai-dire. Mais le fait était que les choses n'étaient plus les mêmes.
- Ça va être génial !
Bon, certes, certaines choses restaient les mêmes, la bêtise de Sirius Black était de celles-là. Cette affaire était tout sauf géniale.
Une femme assez épaisse, les cheveux en broussaille et de grosses lunettes assez peu féminines sur son petit nez s'approcha d'eux en se dandinant. Elle affichait l'air aimable d'une porte de prison.
- C'est sûr, grinça Severus, ça va être génial.
Terry eut un petit rire alors que Brutus lui jetait un regard vide comme lui seul pouvait en avoir. Merveilleux !
- Monsieur Williams ! aboya la grosse femme en s'approchant de l'enseignant. Nous ne vous attendons pas avant quelques heures. Vous avez fait bon voyage ?
Un point pour elle, elle parlait un bon anglais quoiqu'avec un petit accent. Par contre, Severus était à présent sûr de son jugement : cette femme était affreusement antipathique.
- Je suis le proviseur de cet établissement, Françoise Martin, se présenta-t-elle.
Le professeur de défense contre les Forces du Mal la salua avec une politesse réservée. Apparemment, le proviseur était une sorte de directeur. Elle invita – il serait plus juste de dire qu'elle ordonna – les nouveaux venus à la suivre. Passant près des bâtiments qui semblaient être ceux de l'école, Severus ne put retenir une grimace, cela ressemblait plus à des baraquements qu'autre chose. Affreux. Merlin lui vienne en aide !
- Cesse de faire cette tête ou on va croire que tu es le fils de cette charmante française, chuchota Terry afin que Severus soit le seul à entendre.
Le jeune homme sursauta vivement et fusilla l'américain du regard avec méchanceté et vexation. Sans s'en émouvoir le moins du monde, le nouveau lui sourit gentiment avant de reporter son attention sur autre chose.
Grommelant, le Prince au Sang-Mêlé suivit le mouvement et emboîta le pas à son professeur de Défense contre les Forces du Mal. Mais que faisait-il ici ?
Furieux, il accéléra le pas et arriva au niveau de Sylciu. Celui-ci marchait à pas mesurés, tentant avec difficulté de cacher la grimace qui tordait son visage. Tout Gryffondor qu'il soit, il ne semblait guère ravi de cette visite forcée dans le joyeux monde des Moldus. Severus secoua la tête. Merlin, il était en train de perdre l'esprit. Il n'y avait pas à dire, ce stage était réellement néfaste pour la santé des étudiants.
Et Dumbledore était fou.
Remarquez, ça ce n'était pas vraiment une grande nouvelle…
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Harry ignorait ce qui l'amusait le plus dans cette arrivée au lycée Charles Baudelaire.
La mine de Drago oscillant entre soulagement – il était sorti du bus, cet engin de torture etc… – et crispation – doux Merlin, dix jours chez les moldus ! Ce mélange de sentiments rendait l'Anonyme hilarant.
Un peu plus loin, Severus avait la tête d'un sorcier sur le point d'entrer dans l'antre d'un dragon – l'expression de son visage faisait vaguement penser à la tête des champions avant la première tache du Tournoi des Trois Sorciers.
Lestrange, de son coté, jetait des regards mauvais à la proviseur ainsi qu'à Sirius qui ne cachait pas sa bonne humeur – il semblait d'ailleurs quelque peu fatiguer son meilleur ami qui était beaucoup plus calme.
Lily marchait à coté de ce dernier en souriant doucement. Elle se tourna vers Harry.
- Tu as l'air moins stressé que Sylciu, releva-t-elle.
Le Survivant rit doucement.
- Je ne suis pas sûr que "stressé" soit le meilleur terme pour qualifier mon cher cousin en ce moment, mais on peut dire ça en effet.
La jeune fille approuva de la tête.
- Je comprends que cela soit difficile pour des sorciers issus de famille de sang-pur.
James passa alors son bras autour des épaules de sa petite-amie.
- Alors comme ça tu t'inquiètes pour Sylciu et pas pour moi ? Je vais être jaloux, tu sais.
Harry regarda ceux qui deviendraient plus tard ses parents batifoler avec un plaisir difficilement dissimulable. Ses questions sur les conditions de leur mariage avaient totalement disparues et l'idée même que son père ait pu forcer sa mère à quoique ce soit lui paraissait à présent totalement farfelue. Sirius et le professeur Lupin avaient parfaitement raison, il s'était inquiété pour rien.
C'est donc le cœur léger que le jeune homme pénétra dans la salle qui semblait être une sorte de gymnase. Les gradins se remplissaient peu à peu de jeunes élèves qui allaient être les compagnons des sorciers pendant une dizaine de jour. Un brouhaha s'élevait et remplissait toute la salle, mais Harry ne comprenait pas grand-chose aux paroles échangées : il ne comprenait pas le français et en l'absence de sortilège de traduction, tout cela n'était que mot sans le moindre sens.
- Les sorts de traduction ne sont pas très fiables, mima Severus. Je vais tuer Dumbledore.
- Prend un ticket, répliqua Drago, acerbe, je l'ai dit avant toi.
- Cessez de vous plaindre, soupira Lily, c'est une chance pour nous d'apprendre une autre langue et de mieux comprendre les moldus.
- Fantastique ! s'exclamèrent d'une même voix et sans conviction les deux sorciers.
- Avec un peu plus d'enthousiasme, je vous prie, et ce sera parfait ! fit la rousse, facétieuse.
Harry ricana à la mine renfrognée de ses deux amis alors que la Préfète-en-Chef se moquait ouvertement d'eux.
Les moldus continuaient à entrer et Lestrange semblait être sur le point de tourner de l'œil devant le nombre – le voyageur dimensionnel espérait franchement de le voir tomber dans les pommes, qu'est-ce que cela aurait été drôle ! Enfin, cela risquait de nuire à l'image de Poudlard… Mais était-ce si important ?
Hélas, le nombre d'élèves cessa d'augmenter et Lestrange semblait toujours plus ou moins maître de sa personne. Dommage…
La proviseur, Françoise Martin, ramena le silence en poussant un beuglement inquiétant et se mit à parler – en français selon toute vraisemblance – à une vitesse défiant toute concurrence. Harry déglutit difficilement en entendant cela.
- C'est pas gagné, jugea-t-il pour lui-même.
- Enfin tu reviens à la raison ! s'exclama Drago avec un regard entendu.
À côté de lui, Sirius semblait trouver ce voyage beaucoup moins à son goût et Lily regrettait visiblement de ne pas avoir son dictionnaire sur elle. James, pour sa part, paraissait prendre les choses avec philosophie et observait avec un air amusé l'attroupement de moldus.
Le Survivant tenta de se concentrer, cherchant dans les tréfonds de sa mémoire s'il n'avait pas appris un sortilège de traduction exécutable sans baguette. Quelle idée avait-il eu de se concentrer en priorité sur les sorts qui lui seraient utiles lors d'un duel ?!
- Alors ? demanda Drago qui apparemment avait saisi le but de la réflexion intensive de son camarade.
Harry soupira en haussant les épaules.
- On passe au plan B, conclut-il avec un air fataliste.
- Qui est ? s'enquit Sirius, visiblement très intéressé.
Le voyageur dimensionnel eut un sourire en coin.
- Improvisation la plus totale ! énonça-t-il avec un air docte et parfaitement sérieux.
Ses deux condisciples gémirent de concert alors que James peinait pour ne pas éclater littéralement de rire.
- Le groupe un, venez par ici, appela Williams.
Severus grimaça et fit celui qui n'avait pas entendu mais Harry l'attrapa par le bras et le tira à sa suite. Le Serpentard étouffa un certain nombre de jurons colorés mais se tut lorsque les six sorciers furent aux côtés de leur enseignant.
- Je compte sur vous, fit-il avec un regard insistant. Vous devez faire honneur à Poudlard et la communauté sorcière.
Les six compagnons approuvèrent de la tête plus ou moins vigoureusement. Lorsque les yeux chocolat de son professeur se posèrent sur Harry, celui-ci sentit que le séjour ne serait pas de tout repos. Il soupira intérieurement, se demandant ce qu'il avait bien pu faire pour que Williams qui était pourtant impartial et ne faisait aucun cas des maisons de ses élèves lui en veuille de la sorte. Il doutait que la xénophobie soit la raison de cet étrange comportement, mais il ne pouvait pas s'empêcher de se poser des questions…
- Bien, reprit l'enseignant. Vous allez être répartis au sein de la terminale 1. Voici Madame Pierrat, le professeur principal de la classe dans laquelle vous passerez le mois.
Une femme d'une trentaine d'année se tenait souriante devant le petit groupe de britanniques.
- Je serais votre professeur de français, dit-elle dans un anglais hésitant. N'hésitez pas à venir me voir si vous avez le moindre problème. Suivez moi maintenant, vous allez pouvoir faire connaissance avec mes élèves.
Drago semblait ravi à cette perspective, mais seul Harry qui le connaissait suffisamment bien remarqua sa grimace. Quand à Severus, il se contenta d'émettre un soupir sonore signifiant son abandon face à la situation.
Les six compagnons suivirent l'enseignante jusqu'à une salle adjacente où les attendaient une trentaine de jeunes moldus.
- Merlin nous vienne en aide, gémit Drago en les voyant.
Sirius manqua éclater de rire face à l'air complètement désespéré du voyageur dimensionnel mais Lily le fit taire d'un regard. Les français observaient le petit groupe avec intérêt mais Harry avait la vague impression d'être un animal exotique dans un zoo. C'était très désagréable !... mais pas réellement nouveau.
Une fille s'avança et se mit à parler à une vitesse inquiétante. Le Survivant qui était le plus prêt d'elle cilla avec un air de parfaite incompréhension. Il n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle avait pu dire.
- Ce stage va être génial, minauda Drago. Parfois mon pauvre Sirius tu perds des occasions de te taire !
- Est-ce que c'est ma faute à moi si Dumbledore n'a pas jugé bon de nouveau donner des cours de français avant de nous envoyer ici ? s'agaça le susnommé.
- Maudit soit ce vieux fou ! cracha Severus.
Harry se retourna vivement, le foudroyant du regard, tant et si bien que le Serpentard fit un pas en arrière et sembla pris de passion pour la contemplation de ses chaussures.
- Je crois comprendre que vous ne parlez pas français, sourit Mme Pierrat. Bien, cela ne va pas faciliter les choses mais nous allons nous en sortir.
Le voyageur dimensionnel brun se tourna vers elle.
- Merci, fit-il franchement. Mais le but de notre venue ici est d'apprendre votre langue, donc si chacun y met du sien on devrait pouvoir rapidement avoir des conversations à peu près correctes.
Il appuya son intervention avec un regard entendu à l'attention particulière de Severus et Drago qui firent mine de ne pas avoir compris.
- C'est pas gagné ! rit James.
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Avant toute chose je dois m'excuser pour ce gros retard et vous faire part d'une mauvaise nouvelle : le prochain chapitre ne sera pas pour tout de suite. Mon ordinateur portable a complètement planté : les chapitres 24 et 25 ont été perdus dans la bataille et il est heureux que celui-ci ait été à la correction parce que sinon il ne serait pas là ! Un Grand merci, donc, à Xelloss.
Ceci dit, prenez votre mal en patience, j'écrirai la suite dès que possible !
Pour répondre à la question de leopard des neiges concernant le titre du chapitre précédant, ce n'est pas compliqué. Le personnage qui y est le plus travaillé (mettons de coté Harry qui est le héros de l'histoire) c'est Regulus. Or en latin Regulus signifie « petit roi ». D'où Roitelet qui est un roi dont le pouvoir est très faible à l'instar de Regulus qui est un héritier sans le moindre pouvoir sur son avenir.
Bref, disons que c'est un peu du chipotage mais que je trouvais plus sympa de mettre ça plutôt que tout simplement Regulus comme titre ;)
Concernant la question de Scrunchy, je l'ai déjà dit à plusieurs reprises, il n'y aura pas de slash Harry/Drago dans cette fic.
Je ne pense pas nécessaire de répondre à la question de Funnygirl qui demandait si les autres Âmes Damnées apparaîtraient dans cette fanfic. C'est chose faite.
Pour Temi-chou, je suis ravie de voir que je fais l'unanimité dans la famille ! Par contre fait plus attention à ce que tu dis ! Heureusement qu'Hélios sera un peu absence de ces chapitres parce que s'il avait appris que tu le compares à un hibou… holà, je ne veux pas savoir ce qui se serait passé ! (Tu le connais, il est tellement susceptible ;p).
Certain se demandent s'il y aura une petite romance pour Harry, peut-être mais ce n'est pas encore à l'ordre du jour et ce ne sera en aucun cas Veena (je l'ai déjà casée). Concernant justement la relation Veena/Regulus, puisque j'ai encore plus de questions la concernant, oui elle va bien évoluée, mais je ne dirais pas vers quoi. Suspense, suspense ;)
Et pour finir Mary Garland semble penser que le professeur Williams serait un adepte de Grindelwald. Je dirais… peut-être. Ou peut-être pas. ;p Je ne vais pas tout dire d'un coup non plus, ça ferait perdre tout l'intérêt de la fic !
Et voilà. Pour en revenir à ce chapitre je tiens à préciser que c'est un chapitre de transition qui me permet de passer à une nouvelle partie de cette fic à savoir le stage chez les moldus.
Ce stage couvrira 2 ou 3 chapitres, peut-être plus, je n'ai pas encore décidé… en tout cas ce sera l'occasion de scène cocasses et d'un peu d'amusement avec le retour aux choses sérieuses !
Pour le moment, donc, nous allons suivre les (mes)aventures des élèves de Poudlard et du duo de choc Bellatrix/Lucius en France !
