Les Maîtres des Dimensions
Résumé général : Alors que Harry déprime après la mort de Dumbledore, il rencontre Némésis, une étrange femme qui lui propose une mission : se rendre dans un monde parallèle afin de créer un autre futur. Il part donc en 1976, dernière année de ses parents à Poudlard, sous le nom de Terry Star, accompagné d'Hélios son phénix mais également de Drago, qui a été renié par son père, portant le pseudonyme de Sylciu Celford. Ils se présentent comme des cousins venus d'Amérique.
Chapitre précédent : Les élèves de Poudlard – Serpentards et Gryffondors de septième année – viennent d'arriver en France, au lycée moldu Charles Baudelaire (qui est entièrement imaginaire, je reprécise). Pendant ce temps, Voldemort, très en colère que Dumbledore ait mis en place ce stage, projette de tuer les moldus qui accueillent les sorciers. Pour cela, il décide de se rendre en France et commence par envoyé deux jeunes mangemorts en reconnaissance au Ministère de la Magie de l'Hexagone : Lucius Malefoy et Bellatrix Black. Ceux-ci se retrouvent sous les ordres de Bernard Durant, au département des animaux dangereux. Autant dire que Bellatrix est loin d'être ravie !
Chapitre 24 : Lycée
Assise sur les marches du palier menant aux chambres allouées aux sorciers, Narcissa regardait la nuit disparaître peu à peu au profit du soleil levant. Ses pensées étaient tournées vers son jeune cousin, Regulus. Il avait vraiment changé en quelques jours, semblant plus sûr de lui, moins torturé. Certes pour la plupart, rien n'était visible, mais pour la jeune fille, c'était évident. Tout comme la cause de ce changement inattendu : Terry Star. Il semblait avoir l'étrange capacité de tout bouleverser autour de lui.
Et la jeune Serpentard ne semblait pas faire exception à la règle. Elle avait regardé avec une certaine désinvolture l'américain arriver chez les serpents. Les liens qu'il avait peu à peu tissé avec Severus, habituellement si solitaire tout en se rapprochant dans le même temps des Gryffondors – principalement Evans et les Maraudeurs. Elle avait vu ce garçon se démener comme un beau diable lors de l'épidémie. Elle avait compris qu'il jouissait de connaissance que nul autre n'avait à Poudlard.
Narcissa Black avait parfaitement saisi que Terry Star n'était pas une personne ordinaire. Mais ça ne l'intéressait pas. Narcissa Black ne s'intéressait pas aux autres. Elle n'y voyait pas d'intérêt. Pire, elle y voyait un danger. Dans sa vie tracée à l'avance, mieux valait ne pas laisser de stupides sentiments venir la troubler.
Dire que Narcissa était une farouche défenseuse des idées familiales sur le sang aurait été faux. Elle ne s'était jamais vraiment posée la question.
On lui avait dit que son sang devait rester pur. Soit.
On lui avait dit que Sirius, son cousin chéri, celui avec qui elle avait, dès son plus jeune âge, partagé ses jeux, était un traitre au sang. Soit. Elle l'avait rayé impitoyablement de sa mémoire.
On lui avait dit qu'elle devrait se marier avec Lucius Malefoy, fils unique de la grande famille de sang-pur. Soit. Elle l'épouserait et remplirait ses devoirs d'épouse comme il se devait.
C'était ainsi que la vie programmée de Narcissa Black devait se dérouler. Sauf que rien ne se passait comme prévu.
Tout avait commencé lorsqu'Andromeda avait, à son tour, trahi les idéaux familiaux en s'accoquinant avec un né de parents moldus. La Serpentard se souvenait très bien de la colère de leur mère ce jour-là. Elle avait eu effroyablement peur. Elle n'était pas vraiment une fille courageuse, mais savait se contrôler lorsqu'il le fallait. Elle s'était donc contenter de hocher la tête alors que son autre sœur, Bellatrix, s'enflammait contre la « traîtresse ».
À ce moment là, la vie de Narcissa s'était compliquée. La ligne de conduite qu'elle s'était tracée lui apparaissait de plus en plus intenable : déchirée entre ses deux sœurs, elle ne savait que faire. Elle avait toujours adoré Andromeda, calme et douce. Elle était la grande sœur par excellence, à l'écoute et compréhensive. C'était elle qui lisait des contes à la vert et argent lorsqu'elle était petite. C'est au son de sa voix, lisant Cendrillon ou la Petite Sirène, que Narcissa parvenait à rejoindre un sommeil sans cauchemar, elle, dont les nuits étaient peuplées de visions affreuses.
Définitivement, la blonde adorait son aînée. Et si à onze ans son esprit d'enfant avait pu exclure Sirius, à quinze ans, l'affaire avait été toute autre…
Et puis, il y avait Bellatrix, son autre sœur, impulsive et sûre d'elle. Elle était l'exact opposé de son aînée. Avec elle, étant petite, Narcissa ne s'ennuyait jamais, même s'il lui arrivait souvent de ne pouvoir suivre la cadence des jeux de Bellatrix. Elle avait une telle énergie ! Et la Serpentard l'aimait également tout autant qu'Andromeda.
C'est ainsi qu'elle s'était retrouvée tiraillée entre ses deux sœurs. Bellatrix avait ordonné qu'elle oublie Andromeda, qu'elles n'avaient plus aucun lien de parenté avec cette traîtresse. Narcissa ne le pouvait pas. Quant à l'aînée de la fratrie, elle s'était contentée de dire qu'elle serait toujours la bienvenue chez les Tonks si elle le désirait et qu'elle espérait de tout cœur que Narcissa fût heureuse.
Heureuse ? Cette réplique avait plongée la vert et argent dans un grand désarroi. Pourquoi sa sœur avait-elle dit cela ? Bien sûr qu'elle était heureuse ! Non ? Décidant que c'était bien le cas, elle avait enfoui ces questions au plus profond de son esprit. Jusqu'à se faire croire qu'elle les avait oubliées.
C'était sans compter sur l'arrivée de Terry Star. L'américain avait-il conscience de son propre pouvoir ? De fait que par sa simple présence il était en train de chambouler le monde bien défini de la famille Black ? Certainement en ce qui concernait Regulus, mais savait-il que Narcissa l'avait pris sous son aile après le… hum… « départ » de Sirius ? Probablement pas. Personne, pas même les parents du cinquième année ne le savait. C'était une histoire entre eux, une façon qu'il avait trouvé de se soutenir mutuellement, eux qui souffraient de l'absence d'un garçon qu'ils aimaient… Mais qui ne se l'avoueraient même pas à eux-mêmes.
La jeune fille soupira en regardant le soleil inonder peu à peu les environs de sa lumière matinale. Pourquoi fallait-il que Terry soit apparu maintenant ? Encore un an et elle aurait vécu comme cela était prévu sans jamais se poser de questions. Mais maintenant… Elle avait entrevu un espoir. Regulus allait s'en sortir et retrouver son grand frère, elle le savait. Et elle…
Elle ferma les yeux pour essayer de chasser ces idées de sa tête. Mais derrière ses paupières closes réapparu immédiatement l'objet du rêve qui l'avait réveillé de si bonne heure. Non ! Ce n'est pas possible. Terry était en train de complètement l'embrouiller.
Tout d'abord, côtoyer le jeune homme faisait tomber à l'eau toute les théories sur les sang-purs : on ne pouvait pas décemment plus affirmer que ceux-ci fussent supérieurs aux sang-mêlés. Cependant, Narcissa devait admettre ne jamais s'être vraiment intéressée à cette théorie qui lui paraissait à présent ridicule et obsolète.
« Toujours purs », telle était la devise de sa famille. Et elle semblait dès lors aussi ridicule que les préjugés de supériorité du sang – évidemment puisqu'elle était basée dessus. Narcissa se mordit la lèvre. Ridicule. Cette famille était tout bonnement ridicule. Sirius avait dû la quitter pour être heureux, Regulus avait eu besoin de l'intervention d'un parfait étranger pour se lever et tenter de faire cesser ses souffrances. Elle, sa propre cousine, n'avait rien su faire. Elle avait laissé le garçon subir les coups de sa mère sans rien faire.
- Je ne les laisserai plus faire, murmura-t-elle.
Adieu ses belles résolutions visant à se protéger. Elle ne pourrait certainement pas vivre toute sa vie dans ses illusions, sans s'accrocher à personne. Et puis si ses rêves se réalisaient… Elle eut un sourire en coin. Ces songes n'avaient pas l'air si mal à vrai dire.
Elle ne pouvait pas continuer comme ça à nier ce qui se passait. Bellatrix devenait de plus en plus fanatique et Narcissa commençait sérieusement à avoir peur. Le Seigneur des Ténèbres que servait son futur époux n'était pas quelqu'un qui valait la peine qu'on se sacrifie pour lui. Ses idées étaient fausses, la jeune fille le sentait du plus profond de son être. Elle devait choisir à présent. Faire ce choix qu'elle refusait d'envisager depuis si longtemps. Bellatrix ou Andromeda ? Voldemort ou Dumbedore ? La résignation ou l'espoir ? Lequel des deux choix était le meilleur ? Elle ne savait pas. Le premier était certainement le plus simple et le second serait en tout état de cause le plus douloureux… A moins que les deux ne soient qu'illusions.
- Tout change vraiment autour de lui… souffla la vert et argent en songeant que c'était Terry qui, sans même le savoir, avait forcé cette introspection.
- Je ne suis pas certain qu'il en est réellement conscience, ajouta une voix douce.
Narcissa sursauta et se tourna brusquement. Elle cligna des yeux, surpris de voir Remus Lupin face à elle.
- Je peux m'asseoir ? demanda-t-il en s'approchant.
La jeune fille approuva distraitement. Elle pensait pourtant être la seule à se lever à une heure aussi matinale.
- Alors d'après ce que j'ai compris, Terry fait des siennes parmi les Serpentards également ?
- Il a également secoué les Gryffondors ? s'étonna Narcissa.
Lupin se mit à rire.
- Il a une propension à nous mettre face à nos défauts qui est impressionnante. D'autant plus qu'il nous apporte en général également une solution pour nous rendre meilleur.
Après un moment de silence, la vert et argent se permit un pâle sourire.
- Je me demande s'il ne tente pas de mettre fin à la guerre entre les maisons, opina-t-elle.
Son interlocuteur la regarda un instant avant de lui rendre son sourire.
- Qui sait… fit-il simplement.
Fous. C'était le seul terme qui venait à l'esprit de Sirius dans un moment pareil. Fous. En même temps, on lui avait souvent dit… Mais tout de même, juger sur ce simple fait était certainement un peu simpliste.
Admettons qu'ils soient fous. Cela semblait être réellement le cas. A moins que ce ne soit la différence de culture ? Non-non. Ils étaient fous, c'était évident. Mais de toute façon, ce n'était pas une raison pour justifier le discours que Sirius avait entendu de sa famille pendant ces années d'enfance. La pureté du sang, quelle idée absurde ! Tout ce que cela finirait par apporter, c'est une consanguinité dangereuse.
Bref, revenons-en à nos moutons. Car, Sirius en était convaincu, ce n'était pas le moment de se pencher sur les principes de Celui-Que-L'On-Ne-Nomme-Pas et de toute sa clique de joyeux abrutis. Il avait un problème beaucoup plus grave à résoudre. Au sens propre comme au figuré.
Il jeta un coup d'œil autour de lui. Sylciu affichait un air complètement dépassé, il regardait devant lui comme si un dragon rose à poids verts venait d'apparaître en dansant la salsa. Assise à coté de lui, Evans cherchait frénétiquement dans son manuel. Peut-être était-ce la solution…
Le regard de Sirius se posa sur son propre livre de cours, qui lui avait été distribué peu avant. La réponse était certainement dedans… Il se tourna vers son voisin en quête d'informations. Mais à en juger par la tête de James – qui était pourtant jusqu'alors très confiant et sûr de lui – il était clair que celui-ci ne comprenait pas un traître mot de ce qui était demandé.
Sirius prit une grande inspiration, attrapa un de ces stylos moldus, une feuille de papier et ouvrit d'n geste sec son manuel. Bon, il n'était pas dit que Sirius Black, Gryffondor de Poudlard, Maraudeur et animagus, se laisserait vaincre sans opposer de résistance. Si les moldus pensaient qu'il était si facile à battre, ils allaient voir de quelle magie il se chauffait !
Il nota consciencieusement la formule écrite sur le tableau noir devant lui (1). « Les mathématiques sont une langue universelle, » avait annoncé Williams ce matin-là en leur donnant leurs emplois du temps.
- Langue universelle, mon œil ! grommela le rouge et or en mâchouillant le bout de son stylo.
Il entendit James rire doucement à sa gauche. Le jeune homme le regardait avec amusement.
- Qu'est-ce que tu comptes faire exactement ? chuchota le jeune Potter avec un sourire en coin.
- Hors de question que je m'avoue vaincu ! siffla Sirius en replongeant dans son manuel.
L'horloge de la classe, affichant 8 heures 30, lui annonçait qu'il lui restait encore une heure et demi afin de trouver la réponse de cette… ékassion… ercation… écrasion… truc !
S'il avait jamais eu un doute, cette fois Severus en était réellement sûr. Les moldus étaient fous. Fous, insensés, marteaux, déments, complètement atteints… Le jeune homme se jura au passage de chercher dans le dictionnaire s'il n'y avait pas d'autres adjectifs, ceux-ci ne suffisant pas à exprimer sa pensée.
Par ailleurs, les moldus n'étaient pas les seuls fous de sa connaissance. Dumbledore tenait également une place de choix au palmarès des gens bons pour Sainte-Mangouste – ou son équivalent français.
Décidément, tout allait de mal en pis. C'était le deuxième jour qu'il passait dans cette école, le soleil était levé depuis à peine une heure, et déjà les choses prenaient une tournure affolante. Qu'en serait-il au bout des dix jours de stages ? Par Merlin, il n'y survivrait pas ! D'autant plus qu'il n'avait plus de baguette.
En désespoir de cause, le Serpentard se tourna vers ses camarades d'infortune. Lily était plongée dans un livre, les sourcils froncés. Severus l'avait déjà vue ainsi et il savait ce que cela signifiait : elle réfléchissait intensément. À coté d'elle, Potter, jusque là si sûr de lui, semblait légèrement dépassé par les évènements. Le vert et argent se serait volontiers moqué de lui s'il n'avait pas été encore plus perdu.
Un peu plus loin, Black griffonnait – pas vraiment étonnant pour un Gryffondor – frénétiquement Merlin-savait-quoi sur la feuille qui lui avait été donnée. Il ne pensait tout de même pas pouvoir comprendre ce… truc ! Il avait vraiment l'air ridicule ! D'ailleurs Terry s'en rendait visiblement compte car il tentait tant bien que mal de ne pas se mettre à rire devant l'air concentré du rouge et or. Cela ne semblait pas évident. Et pour finir, Sylciu affichait un air boudeur en fixa d'un œil noir le tableau sur lequel était écrit la formule source de tous leurs maux (1).
Réellement n'importe quoi. « Les mathématiques sont une langue universelle, » leur avait expliqué l'enseignante moldue (reprenant au passage les grandes phrases de Williams), Mme Dussow ou Dissauw – Severus n'avait pas vraiment écouté, ça ne l'intéressait pas le moins du monde.
- Langue universelle, mon œil ! grommela le vert et argent à mi-voix.
- Haut les cœurs ! se moqua gentiment Terry en l'entendant. C'est la fête. N'es-tu pas heureux de t'initier aux mathématiques ?
- Je ne vois pas l'intérêt de ces… trucs ! s'obstina Severus.
- À mon avis, le seul intérêt est de nous donner l'impression qu'on est stupide ! intervint le second américain.
- C'que tu peux être négatif ! plaisanta son cousin. Sourie Sylciu, c'est amusant.
- Tu es désespérant, affirma, toujours en chuchotant, le susnommé.
Severus était bien d'accord. Il ne voyait vraiment pas ce qu'il y avait de drôle dans cette affaire. Mais alors, vraiment pas. D'autant plus que s'il avait bien lu, ils avaient deux heures de mathématruc et qu'à peine plus d'une petite demi-heure était passée.
- Merlin nous vienne en aide ! soupira le vert et argent.
- Alors, ça avance ? demanda une voix par-dessus son épaule.
Sirius fit un bond, surpris. Il se retourna le croisa le regard vert rieur du nouveau. Star paraissait s'amuser de la situation mais… que faisait-il là exactement ? Le Serpentard eut un sourire en coin, comme comprenant le questionnement de son condisciple.
- C'est l'interclasse, les moldus font une pause, expliqua-t-il. Tu as trouvé la solution ?
Le Maraudeur émit un grognement.
- Presque, mentit-il – il ne comprenait absolument rien à cette éklasion !
D'ailleurs, l'américain ne sembla pas convaincu, mais il eut le bon goût de se garder de tout commentaire.
- Il est des fois où il faut avoir le courage de s'avouer vaincu, philosopha Sylciu depuis sa place.
Evans lui lança un regard outré.
- Tu es fou ? s'étrangla Sirius. Nous sommes des Gryffondors !
Rogue leva les yeux au ciel d'un air désespéré mais son avis intéressait Sirius autant que son premier balai (et Merlin savait qu'il en avait eu un nombre impressionnant, des balais).
- Gryffondors ou non, relativisa James, tu ne trouves pas la solution à cette équation alors que les moldus l'ont déjà tous résolue. À mon avis, il y a un petit manque dans notre éducation ce niveau-là.
- C'est pas comme si on était complètement incultes ! s'insurgea Sylciu. Après tout, je ne vois pas en quoi savoir résoudre ce problème peut nous être utile.
- Ça sert aux moldus, répondit calmement Star, pour diverses choses. Par exemple, ils ont besoin de faire des calculs lorsqu'ils construisent des maisons, pour éviter qu'elles ne s'effondrent au premier coup de vent ou lors de catastrophes naturelles comme des séismes. Ils s'en servent également pour construire des voitures, des avions, des trains, etc…
- Je savais que ces mathématiques étaient dangereuses ! s'exclama l'américain blond d'un air tragique. Elles servent à construire ces machines de torture sur roues !
- T'es désespérant, soupira son cousin.
- Toujours est-il qu'on fait tout ça grâce à la magie, donc les mathématiques ne nous servent à rien, conclut Rogue.
Ce n'était pas faux, Sirius devait bien l'admettre. Il sourit.
- Dans ce cas, en bon sorcier que je suis, je vais laisser tomber ce truc ! annonça-t-il joyeusement.
- Parle moins fort ! souffla Evans. Ils ne doivent pas savoir que nous sommes des tu-sais-quoi !
- Je t'en prie, s'agaça le jeune homme, comme s'ils pouvaient nous entendre de là où ils sont. En plus, on parle anglais !
Sa condisciple ricana.
- C'est pas parce que tu ne sais pas parler de langue étrangère que c'est le cas de tout le monde.
Sirius grogna, mais la discussion s'arrêta là, perturbée par la reprise du cours.
- J'en peux plus ! pleurnichait Drago. Je veux rentrer à Poudlard !
Harry sourit. S'il était déjà dans cet état après seulement deux heures de cours, il peinait à imaginer comment serait les neuf jours à venir.
- La salle est là, annonça Lily en pointant une porte du doigt.
- On a quoi maintenant ? s'enquit Severus, appréhendant visiblement la réponse qui allait lui être donnée.
- Philosophie, répondit la rousse en consultant son emploi du temps.
- Pitié ! gémit Sirius. J'ai fait de la philomagie une fois, j'ai cru devenir fou !
- C'est sûr qu'avec ton niveau intellectuel, ce genre de réflexion est au-delà de ton entendement ! persiffla le futur maître des potions.
- Tu me cherches, Servillus ! commença le Maraudeur.
- Stop ! les arrêta immédiatement Harry. Vous me donnez mal à la tête !
Il était vrai qu'il avait la migraine, mais il devait admettre ne pas être convaincu que ce fût du fait des deux ennemis. Dès qu'ils furent entrés dans la classe, il se laissa tomber sur la chaise. Il se sentait mal, c'était étrange…
Il ferma les yeux, tentant de chasser son mal de tête.
Une ville de marbre blanc, des tours s'élevant fièrement vers le ciel…
Harry sursauta et rouvrit les paupières. Autour de lui, les élèves s'asseyaient tranquillement, attendant l'arrivée de leur enseignant. Qu'est-ce qui lui arrivait ?
La ville s'étendait à ses pieds. Tout paraissait calme, idyllique… mais il allait se passer quelque chose. Il le savait. Comment ?
Des cris. Qui criait ? Ce hurlement silencieux semblait déchirer le corps de Harry. Il avait mal, affreusement mal. Que se passait-il ?
Il regarda autour de lui. Il se trouvait à présent sur une grande place pavée de pierres blanches, entourée de bâtisses superbes et grandioses. Des gens, vêtus à la façon antique, s'affairaient autour de lui sans paraître remarquer sa présence ni le cri.
Une soude terreur s'insinua dans le jeune homme. Il ne savait pas ce qu'il faisait là, mais il devait en partir. Immédiatement !
Comme pour lui donner raison, la terre se mit soudainement à trembler. Un mouvement de panique se créa aussitôt, les habitants de cette ville se mirent à courir de façon désordonnée. Un garçonnet tomba sur le sol, déséquilibré par une secousse. Harry eut un hoquet d'horreur en voyant un homme, tout à sa panique, le piétiner sans remord. Le voyageur dimensionnel s'élança vers l'enfant, sans même prendre le temps de se demander pourquoi est-ce que les tremblements de plus en plus violents ne le déstabilisaient pas.
Mais soudainement, une femme s'élança vers lui. Il s'attendait à ce qu'elle le percute, mais elle passa à travers lui… Un flot d'images envahit l'esprit de Harry, comme si en le traversant, elle lui avait donné une partie de ses souvenirs. Mais il n'arrivait pas à en comprendre le sens.
Il n'eut pas le temps de se poser plus de questions, une immense faille venait de se créer, engloutissant une dizaine de bâtiments. Les secousses se faisaient de plus en plus violentes, les personnes se trouvant encore sur la place ne pouvaient même plus courir. Quelque chose dans l'esprit du Survivant signala que de toute façon, s'enfuir n'aurait servit à rien…
De nouveau, une douleur affreuse le traversa. Le souvenir des doloris du Seigneur de la Douleur vint remonta à la surface. Mais ce n'était pas la même chose. Le Mangemort de provoquait qu'un mal physique. Là, Harry avait l'impression que son âme souffrait. Tout son être tentait de lutter… contre quoi ?
Trop tard. Sans qu'il ne comprenne comment, il savait que c'était trop tard. Mais trop tard pour quoi ? Définitivement, il ne comprenait pas…
Autour de lui, tout s'effondrait. Les gens hurlaient, pleuraient, priaient, appelaient à l'aide. Mais il ne pouvait rien faire. Cette douleur. Elle devenait de plus en plus insupportable. Il devait quitter cet endroit. Vite !
- …y ! entendit-il.
Quelle était cette voix ? Que disait-elle ? Impossible de le savoir. Il avait trop mal.
- …ry !
Cette voix était insistante. Mais la douleur aussi. Autour de Harry, c'était le chaos. Les bâtiments étaient en flammes, le sol fissuré de toute part, les corps sans vie de centaines de personne gisaient sur le sol, certains brûlants, d'autres tombant dans les failles. L'atmosphère était si lourde, l'air si épais que le jeune homme peinait à respirer. La mort. Il n'y avait que la mort ici.
Il y eut une grande lumière suivit par un grondement sourd et puis…
- TERRY !
Harry sursauta, tremblant. Autour de lui étaient regroupés ses compagnons, manifestement très inquiets.
- Merlin tu nous as fait une de ces peurs ! souffla Lily.
- Tout va bieun Monsieur Star ? s'enquit le professeur de philosophie – enfin, le Survivant estima que ce devait certainement être lui.
L'interrogé hocha maladroitement la tête. Il se sentait complètement vidé de toute énergie. Que s'était-il passé ? Il ne savait pas, il ne comprenait pas.
- Vous deuveu aller à l'infirmeurie, décréta l'enseignant avant de s'adresser à une jeune fille en français.
Elle approuva de la tête et s'approcha du voyageur dimensionnel. Il tenta donc de se lever pour la suivre, mais ses jambes refusèrent de le porter. Il serait tombé sur le sol si James ne l'avait pas rattrapé in extremis.
- Je crois que je vais t'accompagner aussi, objecta le Préfet-en-Chef en souriant.
En effet, cela semblait nécessaire, mais Harry n'avait même pas la force de donner son avis. Il acquiesça docilement de la tête et se laissa à demi-porter jusqu'à l'infirmerie. Là, il eut vaguement conscience de voir une infirmière s'enquérir de son état avant de l'envoyer dans un lit. Il s'y endormit avant même que sa tête ne touche l'oreiller.
- Comment te sens-tu ?
Potter sourit gentiment. Drago avait du mal à croire qu'il s'était sincèrement inquiété au sujet de son camarade.
- Je regrette d'avoir loupé le cours de philo, la tête de Sirius devait être impayable.
- T'es désespérant ! grogna le blond. Tu te rends compte qu'on s'est tous inquiété pour toi ? Tout à coup tu es devenu tout blanc et tu t'es mis à respirer de façon totalement anarchique. J'ai même cru que tu étais de nouveau en contact avec Tu-Sais-Qui.
L'Élu hocha de la tête en se touchant machinalement la sacrosainte cicatrice.
- Non, fit-il. Ça n'avait rien à voir. C'était étrange en même temps… Je… je ne sais pas ce que c'était. Ce n'était pas un rêve, c'était trop réel mais…
Il ferma les yeux en soupirant.
- En toute honnêteté, je suis complètement perdu…
Drago ne dit rien. Il commençait à connaître son pseudo-cousin, et il ne l'avait que rarement vu aussi dérouté. Qu'avait-il vu exactement ? Lui qui avait assisté aux actes du Seigneur des Ténèbres n'était pas si facile à impressionner…
- Ce qui prouve bien que même si tu arbores les couleurs de Serpentard, tu ne restes qu'un pitoyable Gryffondor, conclut-il, pompeux.
Potter rit franchement.
- C'est une façon de voir. Mais franchement, Drago, est-ce réellement la tienne ?
L'interrogé haussa un sourcil. Non, ça ne l'était certainement plus, mais Potter demeurait la dernière personne à qui il l'admettrait.
- Le Dragon-Version-Moldu veut que tu restes ici jusqu'à deux heures, éluda le blond. Repose-toi bien, Môsieur-Le-Grand-Malade.
- Hey ! protesta le surnommé, outré. Tu ne vas pas me laisser là !
L'Anonyme eut un sourire en coin.
- Je vais me gêner ! ricana-t-il en sortant.
Il entendit l'Élu pester et ne put s'empêcher de s'en amuser. Il avait encore du mal à savoir exactement vers quel genre de relation ce voyage allait les amener, mais vraisemblablement un semblant d'amitié. Évidemment, il n'avouerait jamais à Potter que cette idée lui déplaisait de moins en moins. Leur entente, au début forcée, devenait de plus en plus facile à supporter, voire même plaisante.
Le blond sourit en se disant qu'il y avait moins d'un an, cette situation lui aurait parue complètement folle et parfaitement irréalisable. Tellement de choses avaient changées…
- Hé Sylciu ! appela une voix féminine.
Drago était dérouté par cette tendance qu'avaient les français à appeler les personnes qu'ils connaissaient à peine par leur prénom ! Il se tourna vers la moldue qui l'avait appelé. Petit, les cheveux bruns et les yeux noisettes, elle n'avait rien de spécial, sinon un air sympathique. Comment s'appelait-elle déjà ? James le leur avait dit en revenant d'amener Potter à l'infirmerie – c'était elle qui l'avait accompagné. Impossible au renié de s'en souvenir. Il fallait dire qu'à ce moment-là il s'inquiétait pour l'Élu. Nom d'une chouette, il s'inquiétait pour Potter ! Il y avait décidément quelque chose qui ne tournait plus rond dans sa tête.
- Comment Teurry aller ? s'enquit la jeune fille, hésitante.
Encore une tendance des français : mettre les mots dans n'importe quel sens ! Ce n'était pourtant pas bien compliquer. De temps en temps ils auraient pu tomber juste. Mais non, toujours dans le mauvais sens ! Désespérant.
- Il va bien.
Parler lentement et avec des mots simples. Pour le moment, il s'agissait du seul système de communication que les sorciers avaient trouvé. Les connaissances des moldus en anglais étaient relativement restreintes et mieux valait ne pas parler de celle des élèves de Poudlard concernant la langue de Molière. D'ailleurs, Drago se demandait bien qui pouvait être ce Molière… Certainement un personnage important, s'était-il dit. Lorsqu'il avait demandé à Lily, elle avait soupiré et décrété qu'il allait falloir suivre des cours de littérature. Parfaitement incompréhensible.
Bref, Drago reporta son attention sur son interlocutrice. S'il avait bien compris, elle était la déléguée de classe, une sorte de préfet d'après James.
- Peur il a fait à nous, déclara-t-elle avec sérieux.
Pour sa part, l'Anonyme avait beaucoup de mal à le rester. Était-elle incapable de faire une phrase correcte ? En même temps, souffla une petite voix dans sa tête, elle a le mérite d'essayer. Évidemment, il ne l'écouta pas. Il sourit simplement.
- Il ne faut pas s'en faire. Il est toujours comme ça.
- Santé fragileu ?
- Si on veut. Mais je dirais plutôt « importante capacité à s'attirer des problèmes de toute sorte » !
Elle fronça les sourcils en se renfrognant. Il n'était pas difficile de comprendre le problème…
- Laisse, c'était juste de l'ironie, fit Drago.
Elle hocha la tête, visiblement soulagée. Elle n'avait apparemment pas compris une partie de la phrase. Ses amis l'appelèrent en criant quelque chose que le britannique ne comprit pas. Elle eut un air désolé avant de le saluer et de partir. Malgré lui, Drago ne put pas s'empêcher de se demander ceux que les moldus avaient bien pu dire pour qu'elle le regarde ainsi…
Il haussa les épaules et reprit sa route vers le réfectoire devant lequel ses camarades devaient être en train de l'attendre.
Lily sourit en voyant Sylciu arriver rapidement. Son sourire avait deux significations : tout d'abord, à l'expression sur le visage de son ami, elle concluait sans mal que Terry allait bien, et deuxièmement, ils allaient pouvoir aller manger, ce qui ferait enfin taire Sirius qui se plaignait de la faim depuis une heure.
Le cours de philosophie avait été épique. Principalement parce que les connaissances des sorciers en français flirtaient avec le néant, ce qui rendait très complexe le suivit d'un raisonnement philosophique. Déjà que les moldus dont c'était la langue maternelle avaient du mal !
Bref, avec en plus cet imbécile de Sirius qui n'arrêtait pas de dire « j'ai faim » à longueur de temps, cela devenait vraiment agaçant. Seul point positif de l'affaire, il avait appris à le dire en français ! Définitivement désespérant. Lui arrivait-il de penser à autre chose que son estomac ?
- Alors, comment va-t-il ? s'enquit James alors que Sylciu les rejoignait.
- Décidément, ironisa l'interrogé, c'est la question du jour.
Lily n'était pas sûre de comprendre ce qu'il avait voulu dire par là.
- Il va très bien, mais l'infirmière veut le garder jusqu'à la reprise des cours.
- Les moldus ont également leur dragon, annonça Sirius d'un air tragique.
- T'as pas fini de dire des conneries ? soupira Remus.
- Jamais ! affirma son ami avec ferveur. On va manger ?
- Merlin allons-y vite, qu'il se taise ! gémit Severus.
- Pour une fois, je suis parfaitement d'accord avec Rogue ! annonça Frank.
James se mit à rire devant l'air outré de son meilleur ami. Lily le regarda du coin de l'œil en souriant. Elle adorait le voir rire ainsi. C'était devenu trop rare depuis ce fameux réveillon du nouvel an. D'une certaine façon, ce voyage leur permettait d'oublier leurs peurs et leurs angoisses. Elle aurait tant voulu que ce soit également le cas pour Terry… Mais elle sentait bien que malgré ce qu'il laissait paraître, il était torturé… Ce qui s'était passé ce matin-là en était certainement une conséquence. Si l'américain ne levait pas le pied, il finirait par s'épuiser… Il n'avait pas à porter le poids du monde sur ses épaules !
Elle sentit un bras s'enroulait autour de sa taille.
- Ne fais pas cette tête, murmura une voix tendre à son oreille.
Elle sourit à son petit-ami. Oui, elle ne devait pas se miner avec cette histoire. Elle en parlerait plus tard avec le concerné. Pour le moment, autant profiter du repas.
- Euh… fit intelligemment Brutus – alias, Britanus Wilkes, le cerveau de Serpentard – alors qu'ils entraient.
Remarquez, on ne pouvait pas s'attendre à mieux de sa part. Le problème venait du fait qu'il n'était pas le seul à arborer cette expression éclairée. Sirius, premier de la file, s'était arrêté et paraissait tout bonnement dépassé.
- Qu'est-ce qui se passe ? s'enquit Remus qui se trouvait derrière Lily.
Elle haussa les épaules alors que le jeune Black se tournait vers eux avec un air gêné.
- Je ne sais pas comment on fait, avoua-t-il d'une petite voix.
La rousse éclata de rire en comprenant ce qui se passait. James affichait un air complètement désespéré alors que, pour la première fois depuis qu'elle la connaissait, Narcissa arborait un (minuscule mais tout de même présent) sourire.
- Si je comprends bien, aucun de vous n'est jamais allé dans une cafétéria, s'amusa la Préfète-en-Chef.
- Un caféta-quoi ?
Inutile de préciser de qui venait la réplique, nous aurons tous reconnu l'intelligence supérieure de ce cher Brutus. Lily secoua la tête d'un air affligé.
- Au lieu de prendre tes grands airs de Miss-Je-Sais-Tout, passe donc devant, nous te suivons, cingla Severus, les bras croisés sur le torse.
- C'est demandé si gentiment ! ironisa la jeune fille. Il va vraiment falloir que tu prennes des cours d'amabilité auprès de Terry, mon cher Severus.
- Pauvre Terry, compatit Narcissa.
- Ça veut dire quoi ? grommela son ami.
- Qu'avec un élève comme toi, j'irai bientôt fleurir sa tombe, annonça-t-elle pince-sans-rire.
Sirius éclata de rire – ce qui était loin d'être discret étant donné le rire qu'il avait – en regardant la vert et argent.
- Je ne savais pas que tu avais un humour pareil ! s'exclama-t-il avec franchise.
Une expression fugace passa dans les yeux de la jeune fille. Lily n'aurait pas su dire ce que c'était mais elle sentait que la Serpentard était elle aussi en train de changer. Elle croisa le regard de Remus et comprit que lui aussi avait remarqué cette étrange lueur dans les yeux de la jeune Black.
Mais ses réflexions s'arrêtèrent là. Derrière eux, les moldus commençaient visiblement à s'impatienter, il était temps d'avancer.
James devait se retenir pour ne pas rire. Si un jour on lui avait dit qu'une telle chose aurait lieu, il n'y aurait jamais cru. Ça relevait tout simplement de la science-fiction. Et pourtant, la situation était la suivante : Lily venait de prendre un plateau et commençait à avancer dans le self-service, ce qui en soit n'avait rien de fantastique. La situation devenait comique quelques centimètres plus loin lorsque Sirius reproduisait exactement les gestes de la Préfète-en-Chef, suivit par un certain nombre de Serpentards.
Qui aurait pu un jour croire que les verts et argents calqueraient leur comportement sur la rousse ? Certainement personne, pas même Dumbledore qui prônait un rapprochement des maisons.
C'était hilarant !
- Cette situation est assez comique, fit Remus qui se tenait à coté de lui.
- Tu me retires les mots de la bouche, avoua son ami en souriant.
- Est-ce ce que les Nés-de-Moldus ressentent en arrivant dans le monde de la magie ?
La question laissa James sans voix. Juste derrière le lycanthrope se trouvait la cousine de Sirius qui avait posé cette question. Les deux Maraudeurs se regardèrent avec surprise.
- C'est certainement le cas, objecta finalement Remus.
Narcissa approuva de la tête mais ne dit rien de plus. Réellement étrange. Il se passait beaucoup de changement cette année-là. Était-ce dû à l'arrivée des deux américains ? James se le demandait de plus en plus souvent. Qui était ces deux garçons ?
Non, ce n'était pas le moment de se poser ce genre de questions. Après tout, ils avaient tous les deux gagné le droit à la confiance des Maraudeurs depuis longtemps. Mais qu'était-il arrivé aux Serpentards ce matin-là ? C'était réellement très étrange…
Bellatrix avait des envies de meurtres. Bon, d'accord, ça n'avait rien d'original. Sinon que ce jour-là, elles étaient justifiées. Elle jeta un regard mauvais par-dessus son épaule en direction de son patron.
- Black ! rugit ce dernier. On ne rêve pas, on travaille !
Maudit soit-il. Lui et toute sa descendance sur cent générations ! Et encore, elle était gentille de ne pas le maudire éternellement. Certainement devrait-elle le faire. Oui, c'était une bonne idée.
Quoique cela entrait en contradiction avec son autre résolution : le faire mourir d'une mort lente et aussi douloureuse que possible. Cela ne servait à rien de maudire quelqu'un de mort. Voilà qui posait problème. Mmm…
Ah oui ! Elle avait la solution ! Elle allait le maudire pour qu'il ait une mort lente et douloureuse.
Oui, mais non. Ça n'allait toujours pas. Si elle faisait ça, elle ne pouvait plus le torturer. Non, non, non. Elle devait pouvoir le torturer, c'était une obligation. Ce serait certainement le seul moyen de faire disparaître l'affront qu'elle était en train de subir.
Elle, Bellatrix Malicia Black, relayait au rang de simple sous-fifre d'un obscur département du ministère français. Quelle honte ! Si c'a n'avait pas été pour son maître, elle ne l'aurait jamais toléré. Forcée de classer les dossiers d'hybrides et autres animaux sans intérêt. Pathétique.
Elle se vengerait !
- Franchement, je me demande ce que c'était ! répéta Sirius.
Star sourit, manifestement amusé. Il venait de rejoindre les autres sorciers qui quittaient le réfectoire, enfin libéré par l'infirmière pour la reprise des cours.
- C'était si mauvais que ça ? fit-il.
- Pas mauvais, tenta son interlocuteur. Juste…
- Indéfinissable, l'aida Remus.
- C'est ça ! Carrément indéfinissable. Je serais bien incapable de te dire ce que c'était !
- De la nourriture de cantine, quoi, conclut Star.
- Tu connais ? s'étonna Rogue.
- Ouais. Je mangeais à la cantine en primaire. Tout le monde n'a pas la chance d'avoir de super Elfes de maison pour cuisiniers.
- C'est vrai que ces bestioles peuvent être utiles, concéda Lestrange. La nourriture moldue est immangeable !
- Et toi tu es imbuvable, répliqua Star, acide. Ça fait la paire ! Tu devrais peut-être rester ici.
Le Serpentard eut un mouvement de recul. Lorsqu'on connaissait la puissance de l'américain, ça se comprenait aisément. Il était d'ailleurs étrange que le brun, habituellement si calme et stoïque, s'énerve ainsi. Mais il fallait dire que Lestrange le méritait. Ce type était exécrable. À coté de lui, Rogue était la personne la plus sympathique que Sirius connaisse – ce qui n'était pas peu dire.
- Sinon, changea de sujet Evans, comment te sens-tu, Terry ?
- Très bien.
La Préfète-en-chef jeta un regard mauvais au Serpentard. Un instant, Sirius se demanda si elle n'était pas plus terrifiante que lui lorsqu'il s'énervait après Lestrange.
- Ne me mens pas, Terry ! aboya-t-elle.
L'image d'une Tara Potter après son fils passa dans l'esprit du Maraudeur. Exactement pareil, songea-t-il. Evans s'exerçait à l'autorité maternelle sur Star ? Le pauvre, conclut le Maraudeur. D'ailleurs le jeune homme avait fait un pas en arrière face à la Préfète-en-Chef.
- Je t'assure que je vais bien, Lily, tenta-t-il maladroitement.
Le regard émeraude de la susnommée se fit perçant. Face à ces yeux inquisiteurs, l'américain eut un petit rire nerveux.
- Laisse le tranquille, Lily, intervint James.
- Toi ne t'en mêles pas ! le coupa vivement la rousse. Je vois bien qu'il me ment !
- Et bien, et bien, objecta Narcissa d'une voix traînante. Je plains votre futur enfant !
Les deux Préfets piquèrent un far et se mirent à bredouiller alors que Star se permettait de souffler, visiblement soulagé d'échapper aux griffes de la jeune fille. Sirius regardait sa cousine sans mot. Elle semblait tellement différente de ce qu'elle avait été les sept années précédentes… D'où venait cet étrange revirement ? Un plan des Mangemorts ? C'était possible, après tout personne n'était sans savoir que la vert et argent appartenait à la partie de la famille vénérant Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, comme sa sœur Bellatrix.
Un frisson parcourut Sirius à la pensée de sa seconde cousine. Cette folle dangereuse, fanatique des idées de supériorité du sang…
- Atchouuuummmmm !
Agacée, Bellatrix renifla. Fichu job, fichu pays, foutue mission ! Comme si ce n'était pas assez de la faire classer des dossiers sans intérêt toute la matinée, voilà que maintenant il la prenait pour un Elfe de maison. Faire le ménage ? Elle ? Dépoussiérer des étagères pleines de vieux registres tombant en ruine ?
Et puis quoi encore ?
- Je prends ma pause, annonça Durant en se levant. Ne rêvassez pas pour autant !
Le vieux croûton sortit sans attendre. Bellatrix sourit. Enfin.
- Je pars à la recherche d'infos, annonça-t-elle sans laisser le temps à Malefoy d'ouvrir la bouche. Reste là !
Elle sortit à son tour avant qu'il n'ait pu répliquer. Parfait. Absolument parfait. Il lui suffisait de trouver les informations que le Seigneur des Ténèbres recherchait et cette mission ne serait plus qu'un mauvais souvenir.
Elle se faufila aussi discrètement dans les couloirs du ministère. Le département des aurors. Voilà ce qui l'intéressait. Mais où ? Où était-il ? Elle ne pouvait pas poser la question à un employé, il lui aurait certainement demandé pourquoi elle y allait et elle n'avait pas de réponse valable à donner.
Elle devait agir prudemment. Son maître comptait sur elle pour cela. Hors de question de le décevoir !
Le département des aurors. Où était-il, bon sang ?
- Besoin d'aide, mademoiselle ? proposa un homme avec un sourire séducteur.
Bellatrix dut se retenir pour ne pas avoir un mouvement de recul.
- Non merci, dit-elle poliment avant de reprendre sa route.
Et merde ! Elle devait être discrète ! Que ce type l'ait remarqué était très mauvais. D'autant plus que dans l'enceinte du ministère, impossible de le tuer ou de le réduire au silence. La sécurité était draconienne. La malchance semblait s'abattre sur la jeune Mangemorte. Que faire ? Que faire ?
Le cours d'espagnol venait de s'achever, au plus grand plaisir des sorciers. Non content de les faire vivre auprès de personne qu'ils ne comprenaient pour la majorité pas, voilà qu'on les faisait apprendre une autre langue !
- Ils sont fous, ces moldus ! grommela Sirius.
Harry sourit en voyant Drago approuver.
- Je ne comprends pas l'intérêt, objecta Severus, beaucoup plus pragmatique. Ils étudient l'anglais, mais, disons le franchement, sont loin de le parler, alors pourquoi ajouter une seconde langue ? C'est le meilleur moyen pour n'arriver à en parler aucune des deux !
Lily haussa les épaules.
- Va savoir, fit-elle.
Elle ne put pas donner son avis sur la question, car les sorciers venaient de croiser un groupe de moldus. Ceux-ci les regardaient d'un air hautain, parlant trop vite pour que quiconque puisse saisir un mot de leurs paroles. Harry eut cependant la désagréable impression de se trouver face à Drago lorsqu'il était encore un Malefoy. Ces garçons dégageaient une hostilité que son entrainement en legilimentie ne lui permettait pas de ne pas sentir.
D'autant plus que depuis sa mésaventure du matin, il ressentait les sentiments des personnes l'entourant avec plus d'intensité que jamais. C'était certainement pour cela qu'il s'était énervé après Lestrange, avant de reprendre les cours. Il avait sentit un tel mépris des Elfes de maison… Et lorsque Lily lui avait demandé s'il allait bien… il avait eu le souffle coupé par la force des sentiments qu'elle avait à son égard. Cette inquiétude… Jamais il n'aurait espéré en recevoir autant.
Mais le plus surprenant avait certainement été de sentir que Drago se faisait réellement du souci pour lui. Décidément, leur relation évoluait dans le bon sens !
Soudainement, Harry fut violemment tiré de sa réflexion. Une sourde colère émanait de James. Que s'était-il passé ? Le Survivant ne fut pas loin à saisir le problème : les moldus avaient dit quelque chose. Une chose, sur Lily selon toute probabilité, qui avait mis le Préfet-en-Chef dans un état de colère avancée. Minute, il avait compris ? Il y avait quelque chose de louche là-dessous !
Mais voyant James saisir un des français par le col, Harry reporta sa réflexion.
- Hey ! Calme-toi ! s'exclama-t-il en s'élança vers le Maraudeur.
Il fut stoppé en pleine course en entendant ce dernier s'adresser à son adversaire dans un français qui paraissait parfait. Le voyageur dimensionnel sentit la stupeur chez les moldus teintée d'une légère peur. Apparemment, James ne leur disait pas des mots doux. En même temps, il fallait s'y attendre…
- Arrête, James, je suis sûr qu'ils regrettent ce qu'ils ont dit maintenant ! s'exclama Harry, reprenant ses esprits.
C'était vrai, les moldus regrettaient vraiment. Il fallait dire que le regard de James les y aidait. Heureusement qu'un regard ne tuait pas et que le Préfet-en-Chef ne pouvait pas lancer d'avada kedavra sans baguette sinon… Disons que la Terre aurait été débarrassée de cinq moldus arrogants.
Le Maraudeur lâcha le français qui ne se fit pas prier pour quitter les lieux au grand soulagement de Harry qui craignait que la situation ne dégénère.
- Hum, hum, émit Drago dans une parfaite imitation d'Ombrage.
Se retournant, son coéquipier faillit mourir de rire en voyant les expressions faciales de ses camarades. Particulièrement celle de Sirius.
- James, gronda le susnommé. Va falloir que tu m'expliques ça, presto !
- Hum… Quoi donc ? demanda son presque-frère avec un air angélique.
- Je ne sais pas, moi, ironisa Drago. Par exemple comment se fait-il que tu ne nous ais pas dit que tu parlais français !?
Le Préfet-en-Chef éclata de rire.
- C'était tellement drôle de voir vos têtes lorsque vous ne compreniez rien ! confessa-t-il.
- Faux frère ! cracha Sirius. Retenez moi ou je le tue tout de suite.
- Compte pas sur moi pour te retenir, Black, annonça Severus.
- Sur moi non plus, renchérit le renié.
Quand à Lily, elle n'esquissa pas un seul geste.
- On me trahit ! s'exclama James, tragique.
Harry perdit son sourire. Oui, le double du jeune homme avait bel et bien été trahi… Les quelques souvenirs qu'il gardait de cette trahison lui revinrent en mémoire. Ce qui s'était passé cette nuit-là. Les cris de ses parents… Il secoua la tête. Ce n'était vraiment pas le moment de penser à ça !
- On te trahit ! s'offusqua Sirius en riant. C'est le monde à l'envers ! Je propose une séance de torture !
- Entièrement pour ! s'exclama Severus.
- Étrange. Venant de toi, ça m'étonne, ironisa Lily avec un sourire en coin.
- Hey ! protesta James. Y a-t-il quelqu'un qui va prendre ma défense ?! Terry ?
- Hola ! fit l'appelé. Moi je reste neutre dans cette histoire !
- Ben justement, tu étais au courant, avoue ! accusa Sirius.
- Non, répliqua le voyageur dimensionnel avec aplomb.
- Comment ça non ? fit le rouge et or, désappointé.
- Je ne savais pas. Mais remarque, je comprends parfaitement qu'il ne l'ait pas dit. Ce devait être particulièrement amusant !
- T'es pas un Serpentard pour rien, grommela le Maraudeur.
Harry rit franchement devant la moue boudeuse du jeune homme.
- Alors, comment se fait-il que tu parles le français ? s'enquit Drago, redevenu sérieux.
- Mon père a travaillé pendant deux ans en tant qu'instructeur pour les aurors français, alors ma mère et moi sommes venus vivre en France. Je devais avoir sept ans environ, mes parents ont donc décidé de profiter de l'opportunité pour m'apprendre la langue.
- Bonne initiative, observa le Survivant.
- À qui le dis-tu ! approuva son ami.
- Qu'ont dit ces moldus ? demanda abruptement Severus.
Harry jeta un coup d'œil vers James. Celui-ci semblait en colère rien que d'y penser.
- Rien qui ne vaille la peine d'être répété, trancha-t-il avant de tourner les talons.
Le voyageur dimensionnel brun le regarda s'éloigner en silence avant de lui emboîter le pas. Il ignorait les détails de ce qui avait été dit, mais il était conscient que cela ne devait en aucun cas être en l'honneur de Lily. Peut-être, en effet, valait-il mieux que le Préfet-en-Chef garde le silence…
Un sourire éclaira le visage de Bellatrix. Enfin ! Enfin, après un quart d'heure de recherche intensive, elle venait de trouver ce quelle cherchait : un plan du ministère.
Et, ô comble du bonheur ! Il lui apprenait qu'elle était juste à coté du département des aurors. Qui avait dit qu'elle ne pouvait pas avoir un peu de chance ? Pff…
Bref, elle se dirigea vers le lieu tant recherché d'une démarche féline. Il ne lui restait plus qu'à découvrir où se trouvaient les élèves de Poudlard, dont sa sœur, Narcissa. Car elle n'accepterait pas un tel affront fait à sa cadette ! Envoyée chez les moldus ! La famille Black ne saurait le tolérer.
Enfin, la partie qui lui restait à faire n'était pas la plus aisée. Comment trouver les informations qui l'intéressaient ? D'après le peu de données dont elle disposait, il existait un auror français qui servait d'interlocuteur privilégier à Michel Potter, un de ses élèves paraissait-il. Autant commencer par son bureau.
Lionel Dumur. Restait à localiser l'endroit où se trouvait ledit bureau, ce qui n'était pas évident. Le plan qu'elle avait trouvé n'était hélas pas assez précis pour préciser des choses pareilles.
Une porte. Non, juste un local. Une autre. Non, ce n'était pas le bon nom. Une autre…
- Mademoiselle ?
Merde, merde, et re-merde ! Que faisait-il là celui-là ? Un homme en uniforme d'auror s'approchait d'elle à grands pas.
- Vous cherchez quelque chose ? fit-il.
Marre, elle allait devoir trouver une bonne excuse.
- Je suis nouvelle, improvisa-t-elle. Et je crois que je me suis perdue. Je travaille pour Monsieur Durand.
- Le département des animaux dangereux ? Vous n'êtes pas dans la bonne aile, mademoiselle. Suivez moi, je vais vous accompagnée.
Et voilà qu'il fallait qu'elle tombe sur un auror jouant les gentlemen. Fichu malchance ! Bellatrix jeta un coup d'œil par-dessus son épaule vers le département qu'elle était en train de quitter. Ce n'était que partie remise. Elle trouverait les informations que voulait son maître. Elle ferait tout pour ça !
Drago bailla en se laissant tomber sur son lit. La journée avait été tout bonnement épuisante.
- À ce rythme-là, on tiendra pas pendant tout le stage ! gémit-il.
- C'que tu peux être négatif, ricana Potter, moqueur.
- Tu es mal placé pour parler ! Tu as passé presque quatre heures à dormir tranquillement dans l'infirmerie ! Tu fais une recherche pour déterminer laquelle est la mieux ?
- Parfaitement, annonça l'Élu avec aplomb. Pour le moment, celle de Poudlard reste la meilleure, malgré le dragon !
- Désespérant, soupira le blond, totalement dépité.
- Bah, pourquoi ? Ça peut toujours servir ! intervint Sirius.
- Tais-toi, tu te ridiculises, lui conseilla Potter père – James, Drago avait décidé de l'appeler comme ça pour se simplifier la vie, avoir deux Potter, ce n'était décidément pas pratique.
- Pourquoi a-t-il fallu que je me retrouve entouré de Gryffondors ! se lamenta Rogue.
- Hey ! protesta Potter en souriant. Je suis toujours là !
À ce rythme, ils ne tiendraient jamais !
(1) : dans la version d'origine, j'avais mis l'équation en question (je trouvais que c'était comique), mais comme ce site refuse de prendre en charge les caractères comme le égal, cela a posé problème... donc, si vous allez lire ce chapitre sur un autre site et que vous voyez une différence, c'est normal !
Après une attente, j'ai enfin réussi à récupérer mon ordinateur portable et à réécrire ce chapitre, ce qui a été assez difficile pour moi – je déteste réécrire quelque que j'ai déjà écrit. D'autant plus que j'étais très contente de la première version et pas de celle-là. Enfin, bon, on fera avec !
Mauvaise nouvelle, cependant, malgré un changement de carte-mère, mon ordi ne marche toujours pas très bien (il passe son temps à planter c'est assez chiant !), donc je le ramène cet après-midi au SAV en espérant qu'on puisse régler ça rapidement. Une petite prière pour moi ? Lol.
Sinon, comme j'ai été très longue à poster ces derniers temps, je vous mets ce chapitre sans qu'il n'ait été corrigé, mais je le mettrais certainement à jour avant la publication du chapitre suivant. Pour une petite mise en bouche, celui-ci s'intitulera Sortie.
Pour répondre à Jully Reed, normalement cette « escapade française » devrait durer encore deux ou trois chapitres. Après, nous entrerons dans la dernière partie de la fic. D'après le dernier plan que j'ai fait, cette fic devrait compter environ une quarantaine de chapitres. Ce qui fait que nous avons dépasser la moitié ;) !
Safyro me demandait combien de temps je prévoyais entre les mises-à-jour. Compte tenu des difficultés que je connais avec l'ordinateur, je ne peux pas dire mais je vais essayer de faire ça le plus vite possible. De toute façon mes cours étant finis, je vais pouvoir écrire beaucoup plus souvent (même si je bosse) donc ce devrait être de plus en plus rapide (si l'ordi ne me lâche pas, évidemment).
Enfin, un grand merci à Kalicia qui a eut le courage de reviewer tous les chapitres (bravo, bravo !).
Et j'ai le plaisir de vous annoncer que j'ai dépassé les 100 favoris (102 pour être précise) ! Je suis trop contente ! MERCI À TOUS, à ceux qui m'ont mis dans leur favoris, évidemment, à ceux qui m'ont mise dans leur story alert, à ceux qui reviewent cette fic et même aux autres ! Vraiment, ça donne envie de continuer à écrire (rien de mieux pour stimuler ma plume !).
Eterna ;)
