Les Maîtres des Dimensions
Annexe 1
Famille # Narcissa
Tu es de ma famille, tu es de ma famille
Du même rang, du même vent
Tu es de ma famille, tu es de ma famille
Même habitant du même temps
Tu es de ma famille, tu es de ma famille
Croisons nos vies de temps en temps
(Jean-Jacques Goldman, « La Famille », 1985)
Dix ans plus tôt
Narcissa éclata de rire alors que Sirius soupirait.
- Non, non, non, répéta-t-il pour la énième fois avec patience. Regulus, tu tiens ta baguette à l'envers.
- Maieuh ! protesta l'enfant. Je fais comme toi !
Le fou-rire de la fillette augmenta, ce qui lui valu un regard noir de son cousin.
- Non, fit-il en se retournant vers son frère. Regarde, comme ça.
Joignant le geste à la parole, il opéra un mouvement souple du poignet, faisant bouger le bout de bois qu'il tenait dans sa main droite. Regulus le regarda avec attention avant de se concentrer, tirant légèrement la langue, sur son propre morceau de bois. Evidemment, à cinq et sept ans, ils étaient trop jeunes pour avoir de vraies baguettes – elles ne leur seraient acheté qu'à onze ans, au moment de leur entrée à Poudlard – mais ça n'empêchait pas les trois cousins de s'entrainer en vue du jour où ils entreraient enfin chez Ollivander !
Quelques heures plus tôt, Sirius avait décidé d'enseigner les mouvements de baguette à son cadet qui s'était rapidement prêté au jeu, idolâtrant son frère. Narcissa, qui passait la journée avec ses cousins, se montrait bon public, riant des tentatives de Sirius.
Un peu plus tôt, découvrant leur jeu, la mère du garçon les avait réprimandés. Les enfants devaient rester à leur place et un tel apprentissage ne servait à rien. Avaient-ils bien révisé leur leçon de protocole au moins ? Sirius avait grogné, la fillette avait bien vu qu'il était en colère. Ci-tôt sa mère sortit, il avait tiré effrontément la langue à la porte avant de reprendre ses jeux comme si de rien n'était. Narcissa n'aurait jamais osé. Elle aurait gentiment obéit à l'ordre donné, même si elle était triste d'arrêter ses jeux.
Il avait fallut un petit moment à Sirius pour la convaincre de se remettre à jouer. Mais le garçon pouvait être diablement persuasif lorsqu'il voulait.
- Bravo, Reg ! s'exclama-t-il brusquement, tirant sa cousine de ses pensées. C'est exactement ça !
Le garçonnet rougit de plaisir d'être ainsi félicité et se mit à donner des coups de baguette imaginaire un peu partout. Narcissa ne put s'empêcher de se remettre à rire devant ce spectacle. Les deux frères échangèrent un regard complice.
- Elle se moque de nous, je crois, objecta Sirius.
- Oui, approuva Regulus. Torture ?
- Non ! protesta la fillette. Pitié !
- Si ! s'exclama l'aîné des deux garçons en se ruant vers elle.
Il fallait savoir une chose, c'était que Narcissa était très chatouilleuse. Et Sirius en avait parfaitement conscience. S'en suivit donc une bataille de chatouilles que la jeune fille avait perdue d'avance. L'entrée de la tante Walburga mit cependant vite fin au jeu.
- Qu'avais-je dit, Sirius ? s'exclama-t-elle, menaçante. Vous devriez être en train d'apprendre au lieu de vous montrer aussi indécent avec votre cousine !
- Mais Mère… tenta le garçon.
- Suffit ! Sirius, je veux que vous vous rendiez immédiatement en salle d'étude où votre professeur vous attend ! Vous, Regulus, dans votre chambre ! Immédiatement !
Narcissa vit l'aîné de ses cousins baisser la tête, mais elle remarqua clairement ses dents serrées et ses phalanges devenant de plus en plus blanches. Elle se souvenait que l'oncle Alphard avait dit un jour que Sirius se révolterait. Elle ne comprenait pas bien ce que cela signifiait, mais elle avait l'impression que c'était ce qui été en train de se passer. Mais de toute façon, l'oncle Alphard avait été assez excentrique, disait sa mère. Ne sachant pas ce que signifiait « excentrique », Narcissa ne pouvait qu'approuver.
- Ma chère Narcissa, déclara sa tante d'un ton radoucit lorsque Sirius et Regulus furent partit, j'ai appris que votre mère vous avait enseigné un nouveau point de broderie, je serai ravie que vous me montriez votre talent.
- Avec plaisir, ma tante.
Quoiqu'elle en dise – Narcissa avait été bien élevée – elle n'avait aucune envie de broder. Les jeux avec Sirius étaient beaucoup plus amusants ! Et puis, qu'y avait-il d'indécent dans une bataille de chatouilles ? Narcissa ne comprenait vraiment pas… Mais elle suivit docilement sa tante, sans penser un seul moment à protester. C'était un des premiers interdits que son éducation avait posé.
Sept ans plus tôt, rentrée
Poudlard, enfin ! Narcissa était aux anges ! On venait de l'appeler et le professeur McGonagall s'apprêtait à poser le mythique Choixpeau sur sa tête.
- Une Black, je vois, tu as été élevée dans la tradition de ta famille, oui. Mais tu n'es pas comme ta sœur Bellatrix, tu es polie et obéissante, tu es plus comme Andromeda. Où vais-je bien pouvoir te mettre ? Serdaigle serait certainement une bonne maison, oui, certainement mais… Serpentard ? Tu manques d'ambition pour cette maison… Enfin, pourquoi pas… SERPENTARD !
Poussant un soupir de soulagement, la fillette se releva du tabouret sur lequel elle était assise. Un moment, elle avait cru qu'elle irait à Serdaigle. Ce n'était pas vraiment très grave – ce n'était pas Gryffondor ! –, mais sa famille aurait été déçue qu'elle ne soit pas chez les vert et argent.
- Black, Sirius, appela la directrice adjointe.
Elle posa le Choixpeau sur la tête du cousin de Narcissa. Le regardant, la fillette remarqua qu'il avait fait un signe de la tête à un garçon à lunettes qui venait d'être réparti chez les lions et qui le regardait avec un mélange de curiosité et d'espoir.
- GRYFFONDOR ! s'exclama le Choixpeau.
Narcissa manqua tomber de sa chaise. Sirius affichait un air satisfait alors que la table des rouge et or applaudissaient avec ferveur et que le garçon à lunettes félicitait le jeune Black. À la table des Serpentards, par contre, c'était la consternation. Un Black chez les Gryffondors ? Un sacrilège !
Avant même de recevoir les lettres enflammées de ses parents, avant même les beuglantes de la tante Walburga, avant même les plaidoyers ardents de sa sœur Bellatrix, Narcissa avait compris. Ce jour-là, elle venait de perdre son cousin adoré…
Sept ans plus tôt, vacances de Noël
- Comment peux-tu le soutenir, Alphard ? hurlait Walburga.
Malgré le coussin qu'elle avait plaqué sur ses oreilles, Narcissa entendait les cris de sa tante depuis sa chambre. Elle sanglotait sans bruit, regrettant de ne plus croire au Père Noël, ce qui aurait pu lui donner un peu de magie – dès leur cinq ans on avait annoncé la vérité aux jeunes Black, ils ne devaient pas vivre dans l'illusion, avait dit sa mère.
- Cissy ? appela une voix douce.
Relevant la tête, l'appelée croisa le regard doux d'Andromeda.
- Meda, fit la fillette en se jetant les bras de sa sœur.
- Calme toi. Attends, je vais insonoriser la pièce, comme ça tu ne les entendras plus crier, d'accord ?
Narcissa approuva de la tête en séchant maladroitement ses larmes.
- Comment va Sirius ? demanda Andromeda, après avoir jeté son sortilège.
Ayant terminé sa scolarité, elle pouvait évidemment faire de la magie là où bon lui semblait, contrairement à Narcissa.
- Il s'est fait des amis. Euh… James Potter et Remus Lupin et un autre, je me souviens plus de son nom.
- Potter ? releva Meda avec une grimace. La tante ne va pas être ravie… Ça plus Gryffondor, Sirius n'y va pas avec le dos de la baguette !
Elle semblait amusée par la situation.
- Je ne comprends pas, hésita la première année. C'est mal ce qu'il fait ! Pourquoi fait-il ça ? Mère m'a interdit de lui parler ! Et Regulus a passé la journée à pleurer parce que Sirius ne voulait pas venir pour Noël !
Andromeda soupira en caressant les cheveux de sa petite sœur.
- C'est compliqué, Cissy. Tu comprendras certainement un jour les tenants et les aboutissants de cette affaire. Ce que Sirius a fait…
L'aînée des deux sœurs hésita.
- Peu importe, finit-elle par dire. Maintenant tu dois dormir pour être en forme demain et ouvrir tes cadeaux. D'accord ?
Narcissa approuva de la tête. Et, comme le veut le privilège de l'enfance, elle s'endormit immédiatement.
Trois ans plus tôt, vacances d'été
- Je te l'interdis !
Narcissa avait réellement peur. Jamais elle n'avait vu sa mère dans un tel état. Les yeux injectés de sang, le visage rouge, et tutoyant sa fille – dans la famille Black, le vouvoiement était de mise.
- Je ne vous demande pas votre avis, Mère, affirma Andromeda, le regard décidé.
- Pas mon avis ? s'étrangla la susnommée. Pas mon avis ? Je suis ta mère et j'ai tout pouvoir dans cette affaire !
- Non, trancha la jeune femme. Je suis majeure et autonome, je décide de ce que je fais de ma vie.
- Ne parlez pas ainsi à votre mère, Andromeda, intervint le père des jeunes filles. Il vous est interdit de vous marier avec ce Sang-de-Bourbe, point.
Narcissa n'avait quasiment jamais vu sa sœur en colère. Elle était d'un caractère doux et n'appréciait pas la confrontation. Mais cette fois, c'était différent…
- DE QUEL DROIT ? s'écria Andromeda, irritée. QUI ÊTES-VOUS POUR OSER INSULTER MON FIANCÉ ?
- Nous sommes vos parents ! s'exclama son père. Et nous vous interdisons de vous adresser à nous de la sorte!
La plus jeune des filles Black vit leur mère approuver avec vigueur. Elle avala difficilement sa salive. Ce n'était pas comme ça que leurs parents réussiraient à ramener Andromeda vers eux…
- Vous ne m'interdirez plus rien ! annonça cette dernière avec colère. J'épouserai Ted avec ou sans votre bénédiction !
Elle tourna les talons et s'apprêta à sortir. Narcissa sentit un sentiment de panique lui nouer l'estomac. Non. Sa mère ne devait pas dire ça. Surtout pas… Merlin, par pitié…
- Si tu fais cela, je te déshériterai ! se récria Druella Black, malgré la prière de sa fille.
Des larmes se mirent à couler sur les joues de la blonde. Inutile d'écouter la réplique de sa sœur, elle la connaissait déjà… Elle s'enfuit donc et se laissa tomber sur son lit où elle pleura toutes les larmes de son corps. Sirius, l'oncle Alphard et maintenant Andromeda. Devait-elle perdre tous ceux auxquels elle tenait ?
Présent
Narcissa marchait dans les couloirs d'un petit cottage en chantonnant, un chiffon à la main. Elle sentit deux bras l'enlacer tendrement.
- Tu as un jour de congé et tu fais le ménage, fit une voix qu'elle connaissait bien d'un ton de reproche.
Elle se mit à rire en se libérant de son étreinte.
- Moi aussi, je suis heureuse de te voir, mon chéri, fit-elle, moqueuse. Comment ça se passe au Ministère ?
L'homme devant elle fit une grimace. Elle n'arrivait pas à voir son visage, il restait cachait dans l'ombre malgré la luminosité des lieux.
- Ça avance dirons-nous, fit-il.
Souriant à nouveau, il posa sa main sur le ventre de la jeune femme.
- Ça aussi, ça avance on dirait… Salut, bonhomme, fit-il tendrement avant de relever son regard vers Narcissa. Tu devrais te ménager, tu sais, chérie.
- Ah non ! S'il-te-plait, tu ne vas pas commencer ! J'en suis à peine à quatre mois de grossesse. Ne fais pas le mari inquiet, s'il-te-plait !
Son époux grommela, mais elle savait parfaitement ce qu'il en pensait.
- Tu as réfléchi à des prénoms ? demanda-t-elle en se dirigeant vers le salon.
- Oui, mais à vrai dire, je ne trouve pas grand-chose. Ce qui me vaut les moqueries des autres ! annonça le jeune homme sur un ton dramatique.
Narcissa imaginait parfaitement la scène.
- Si c'est un garçon, il y en a un qui me plait, fit-elle cependant. J'avais pensé à Terry, mais je ne suis pas sûr que ce soit très facile à porter.
- Certainement pas parmi notre génération, admit son mari. Et lequel est celui que tu aimes ?
- Drago. Un petit dragon… J'aime beaucoup…
- Ce n'est pas beaucoup plus facile à porter, se moqua gentiment le jeune homme.
Son épouse eut une moue vexée. Il l'attrapa par la taille et l'embrassa tendrement. Comme toujours, Narcissa se sentit fondre. Pourquoi ne pouvait-elle pas lui résister ? C'était de l'abus de pouvoir, ça ! Et le pire, c'était qu'elle adorait. Pff… Sa santé mentale était définitivement mise à mal par ce mariage !
- Drago, c'est parfait, murmura son mari à son oreille.
Elle était heureuse. Elle releva les yeux vers son visage, et pour la première fois, elle le vit, reconnaissant le jeune homme. Elle ouvrit la bouche…
Et se réveilla. Narcissa se redressa dans son lit et secoua la tête pour tenter de chasser ce rêve de son esprit. Elle ne devait pas non plus penser au fait que ce n'était pas la première fois que son mari prenait ce visage. Ce n'était que son subconscient qui lui jouait des tours. Rien de plus.
Regardant autour d'elle, elle vit Evans et Leroy qui dormaient encore à poings fermés. Elles étaient trop peu de filles pour être mis dans des chambres différentes parce qu'elles n'étaient pas dans le même groupe – chose qui avait été faite pour les garçons –, avait expliqué le professeur Williams.
À pas de loup, la Serpentard attrapa ses vêtements et rejoint la salle de bain. Quelques heures plus tard, la première journée de cours moldus des élèves de Poudlard commencerait avec un cours de mathématiques…
Voila un petit chapitre bonus pour fêter les 100 favoris ! À vrai dire, c'est le second que j'écris, le premier étant sur Severus mais je ne peux pas le mettre en ligne pour le moment sans révéler ce qui va se passer dans les derniers chapitres. Narcissa aura donc la primeur de votre lecture.
Chronologiquement, la partie « présent » se situe juste avant le chapitre précédant.
Je tiens à signaler plusieurs choses. Tout d'abord je sais que je n'ai pas respecté l'âge d'Andromeda, qui est censée n'avoir que deux ans de plus que Narcissa, mais comme c'est un monde parallèle, je peux me le permettre.
Ensuite, plus important, ce chapitre n'a pas réellement d'intérêt pour la trame de l'histoire, c'est réellement un complément. En fait, même si vous le ne lisez pas, vous comprendrez le reste de la fic. Il s'agit juste de connaître les différentes choses qui se sont passées dans la famille Black vues par Narcissa. J'ai volontairement laissé beaucoup d'aspects de ce personnage dans l'ombre, pour ne pas révéler trop de choses… La dernière partie en dit déjà pas mal ;p
Mis-à-part ça, j'espère que vous aurez passé un bon moment (c'était l'idée) et dites moi si vous voulez que je fasse d'autres annexe comme celle-ci (en plus de celle de Severus que vous aurez de toute façon).
Concernant le chapitre précédant, je suis contente que Narcissa vous plaise (heureusement pour ce bonus). Que voldemort xxx et mushu1 se rassurent, ce qu'ils ont demandé (je ne précise pas quoi volontairement) va arriver, c'est prévu ;)
De même, James cachant sa connaissance du français, ça a eut l'air de plaire. Merci à tous pour vos reviews !
Bref, visiblement, tout le monde s'interroge sur la vision de Harry. Atlantis, cité elfique, antique, ou flash back d'une vie antérieure, j'ai eu droit à toutes les théories. Pour y répondre je dirais qu'aucune n'est bonne… mais aucune n'est mauvaise non plus. Je sais, ça ne vous avance pas à grand-chose, mais je dois entretenir mon suspense, moi !
Je suis d'accord avec titmo, Hélios me manque aussi, mais il ne pouvait pas venir pour deux raisons : parce que chez les moldus ça ne serait pas vraiment passé inaperçu, même si j'avais pensé à le transformer en un animal normal (un rapace peut-être) mais je lui ai trouvé une autre mission. Mais chut ! encore pour le suspense évidemment :p
Je suis contente que syfaro approuve le nombre de chapitres que j'ai prévu. J'avais peur que ce ne soit trop long…
Éterna
PS : Bonne nouvelle, il semblerait (je mets semblerait parce que je n'ai aucune confiance en mon ordi ces temps-ci) que mon portable soit réparé (ALLÉLUIA !). Bref, le prochain chapitre est pour bientôt.
