Les Maîtres des Dimensions

Résumé général : Alors que Harry déprime après la mort de Dumbledore, il rencontre Némésis, une étrange femme qui lui propose une mission : se rendre dans un monde parallèle afin de créer un autre futur. Il part donc en 1976, dernière année de ses parents à Poudlard, sous le nom de Terry Star, accompagné d'Hélios son phénix mais également de Drago, qui a été renié par son père, portant le pseudonyme de Sylciu Celford. Ils se présentent comme des cousins venus d'Amérique.

Chapitre précédant : Sous l'impulsion de Sirius – et contre l'avis de Harry – les sorciers quitte le lycée où ils étaient censés rester et partent explorer la capitale française. Séparés à leur arrivée, ils doivent se débrouiller avec les moyens du bord pour finir par se retrouver aux pieds de la tour Eiffel – malgré une expérience désagréable pour Drago.
Pendant ce temps, le professeur Williams participe à une réunion avec Bernard Durant, chef de la Confrérie de la Fleur de Lys. Découvrant la disparition de ses élèves, il demande l'aide de ladite confrérie pour les retrouver – ce qui se fait rapidement et sans problèmes.
De leurs cotés, les plans tordus de Bellatrix pour s'attirer les faveurs de son maître semblent vouer à échouer les uns après les autres…

Chapitre 26 : Moldus

Lorsqu'il était entré aux FEES – Faculté d'Etudes Elevées en Sorcellerie – en option LICORNE (Lutte Intense Contre les ORganisations NEfastes), Alec ne pensait pas qu'être Auror ressemblait à ça. Certes, un de ses instructeurs le leur avait répété « la réalité n'a rien à voir avec ce que vous apprenez à la faculté ! », mais à ce point…

Il avait choisi ce métier par amour de liberté et de l'aventure, pensant aux hauts faits qu'il pourrait accomplir. Et voilà qu'il devait surveiller des gamins anglais en voyage scolaire ! Ce n'était pas pour cela qu'il avait rejoint la Confrérie de la Fleur de Lys ou l'Ordre des Aurors ! Absolument pas !

Oui, il avait bien comprit que Celui-Que-L'On-Ne-Nomme-Pas risquait d'attaquer ces enfants, mais où était l'intérêt de surveiller ce Sirius Black en train de faire du charme à la fille de la famille dans laquelle il était reçu ?

Sans intérêt. Le sorcier soupira. Dissimulé dans l'immense jardin de la famille De Laforge, il s'ennuyait ferme. Et dire qu'il n'était même pas midi et que la relève n'arriverait pas avant dix-neuf heures. Les sept prochaines heures allaient être longues à passer. Mais il allait falloir se tenir en alerte, surtout aux vues de la mésaventure de la veille.

Ces inconscients de gamins avaient quittés le lycée où ils étaient accueillis pour aller visiter Paris alors que leur professeur était en réunion avec M. Durant. Lorsqu'il s'en était rendu compte, le british avait mis toute la Confrérie en alerte pour retrouver ses élèves. C'était heureusement allé assez vite : ils furent repérés par Maryse, femme du propriétaire du Mage Bariolé et membre de la Confrérie depuis la disparition de son fils, partit étudier en Ecosse, dès leur entrée dans le bar et interceptés au sud de l'Allée des Quatre Points.

Alec imaginait sans mal le savon qu'avait dû se prendre les apprentis sorciers. Ils l'avaient mérité, cela dit. Ils étaient britanniques, non ! Ils devaient connaître le danger que représenté le mage noir qui sévissait dans leur pays ! On pouvait encore comprendre que des français fussent ainsi irréfléchis, puisque Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom n'avait, pour le moment, pas été très intéressé par l'Hexagone. D'ailleurs le Ministère ne le considérait absolument pas comme un danger prioritaire.

Évidemment, ce n'était pas l'avis de la Confrérie de la Fleur de Lys – c'était pour cela que Alec les avait rejoint – qui estimait que le mage noir ne s'arrêterait pas à la frontière. La preuve, s'il en fallait, il était en train d'étendre son influence en Allemagne et au Benelux ! Que fallait-il de plus pour que ces imbéciles de politiciens se réveillent ? Cette tendance à jouer les autruches était particulièrement détestable.

Heureusement, la Confrérie de la Fleur de Lys était là. Jamais Alec n'aurait pensé pouvoir intégrer une organisation aussi importante. Créée par Henri IV en 1575 c'est-à-dire avant son accession au trône de France – elle se nommait à l'époque l'Ordre du Gave – elle avait pour but de protéger l'Hexagone contre toute attaque de magie noire. Beaucoup d'historiens s'étaient penchés sur cette création, avec pour idée maîtresse de savoir comment, Henri IV, alors roi de Navarre, avait pu connaître l'existence de la magie. C'était demeuré un sujet obscur, mais on ne s'en formalisait pas trop : la Confrérie était entourée de nombreux mystères, à commencer par l'identité de ses membres.

On connaissait son existence, elle était admise par tous, mais personne ne savait qui étaient les confrères, et encore moins le dirigeant de la Confrérie. Alors lorsque Alec avait été approché par un des membres de cette illustre caste, il avait eu du mal à y croire. Pour un Auror, il s'agissait d'une consécration fantastique, surtout lorsqu'on était aussi jeune que le sorcier – il n'avait que trente-et-une années.

Il était alors entré dans le cercle très fermé des confrères et avait appris un des grands secrets de la Confrérie : l'identité de son dirigeant. Jamais il n'aurait passé que Bernard Durant puisse être à la tête de la caste. Il avait d'abord cru à une farce, mais non, cet homme bourru du département des animaux dangereux était bel et bien le dirigeant de l'illustre Confrérie de la Fleur de Lys. Qui l'aurait cru ?

Mais c'était son bras droit, la belle secrétaire d'Etat Audrey Dufleuve, qui était la supérieure de Alec – il ne voyait en vérité quasiment jamais M. Durant. Ce qui ne le dérangeait pas outre mesure, traiter avec Melle Dufleuve était un plaisir.

Il secoua la tête pour chasser les images déplacées de la jeune femme qui s'étaient immiscés dans son esprit. Ce n'était pas vraiment le moment de fantasmer. Concentration.

- Je m'ennuie ! gémit à mi-voix le jeune homme.

En plus, il commençait à faire froid et ses doigts étaient engourdis. Il fut forcé de se lancer un sort pour se réchauffer. Marre. Il en avait marre. Fichus gamins, n'avaient-ils rien de mieux à faire ?

Il jeta un coup d'œil sur sa montre. Quatorze heures. Encore cinq heures à passer. Marre. Il aurait dû prendre un livre. Certes, c'était interdit par le manuel des aurors, mais là, il en avait plus qu'assez.

Quel était l'imbécile qui avait dit que le métier d'auror était palpitant, fait d'aventures et de combats trépidants ? Si Alec le trouvait, il lui dirait ses quatre vérités, à commencer par le fait qu'il était un abruti profond qui n'avait certainement jamais mis un uniforme de chasseur de mage noir !

Quatorze heures cinq.
Quatorze heures cinq et trente secondes.
Quatorze heures six.
Quatorze heures six et trente secondes… La journée s'annonçait très longue !


Harry regardait Drago du coin de l'œil depuis un moment, et un seul mot lui venait à l'esprit : étrange. Le comportement du renié était réellement étrange. Que s'était-il passé la veille, lorsqu'il avait passé la journée chez les Prochet ?

Cette journée de dimanche avait été plus que compliquée. Tout d'abord, ils avaient perdus énormément de points suite à leur sortie du samedi et leur retour à Poudlard allait sonner le début d'une longue série de retenues – méritées, Harry devait l'admettre. Étonnement, il n'avait pas été puni plus que ses camarades pour avoir mis en place le Portoloin ou avoir eu en sa possession la baguette – dont il ne voulait pas connaître l'origine. Tout le monde avait écopé de la même sanction. Autant dire que lorsqu'ils avaient appris qu'ils passeraient le jour dominical repartis chez les familles de leurs camarades moldus, ils n'étaient pas spécialement joyeux.

L'idée de se retrouver seul entouré de moldus n'inquiétait pas spécialement le Survivant – il avait bien souvent vécu ce genre de situation – mais d'autres étaient beaucoup plus réservés. James comptait sur sa connaissance en français pour le sortir de ce mauvais pas, mais Severus et Drago, par exemple, étaient plus que dépassés.

Et puis lorsqu'il était revenu, l'Anonyme était définitivement étrange. Harry remarqua que Lily observait le blond avec un air amusé qui le laissait coi. Que pouvait-il bien se passer à la fin ?

Kevin Loberge passa devant Harry et lui jeta un regard méprisant. Le Survivant eut un soupir intérieur. Décidément, la journée qu'il avait passé dans la propriété Loberge n'avait pas vraiment amélioré son entente avec les moldus.

Tout d'abord, le voyageur dimensionnel avait été sidéré par l'étendue de ce que le français appelait « my omeuh » – il avait un anglais déplorable. Le manoir Potter avait presque de la concurrence. La demeure de style victorien de son camarade était un signe extérieur de richesse incontestable. Malgré son français plus que limité, Harry avait compris que la plupart des élèves du lycée Charles Beaudelaire avaient des parents très aisés pécuniairement parlant. Loberge en faisait partit.

C'était un garçon hautain et très antipathique qui n'avait rien à envier à Drago à l'époque où il était encore un parfait Malefoy.

- Des Serpentards version moldue, soupira Sirius en regardant leurs camarades.

Jusqu'alors, les sorciers ne s'étaient pas réellement mêlés à leurs hôtes, restant entre eux surtout à cause de leur problème de langue. En une journée, Harry avait cependant remarqué qu'il avait fait quelques progrès – lorsqu'il fallait absolument se faire comprendre on se découvrait des capacités d'apprentissage insoupçonnée. Toutefois, rares étaient ceux qui avaient été heureux de cette découverte.

- Ne nous compare pas à ces… êtres ! siffla Avery.

Certainement faut-il remettre les choses dans leur contexte. C'était lundi matin – huit heures pour être précis – et les sorciers étaient réunis dans une salle de classe avec leur… comment la directrice avait-elle dit déjà ? Ah oui, « correuspundant »… ou un truc de ce genre. Face à eux, le professeur Williams les regardait avec un air dur. Sa colère de l'avant-veille était encore dans les esprits de tous ses élèves. Harry ne faisait absolument pas exception, si ce n'était qu'il avait été d'accord avec l'enseignant dans cette affaire.

Bref, les étudiants de Poudlard avaient été réuni dans ladite salle dès leur arrivée et attendaient patiemment – plus ou moins – que leur encadrant prenne la parole.

- Aux vues des évènements de samedi, commença Williams – ses élèves se renfrognèrent –, j'avais pris la décision de vous coller jusqu'à la fin de l'année…

Cette fois, les jeunes sorciers avaient la forte envie de disparaître derrière leurs chaises.

- Mais, poursuivit leur professeur, sans pitié, cela va s'avérer impossible à mettre en œuvre en pratique…

Sirius se redressa avec un grand sourire alors que Pettigrow semblait reprendre espoir. Harry, pour sa part, se sentait de plus en plus méfiant.

- Aussi une autre punition a été décidée.

Déception chez Sirius et son camarade alors que la méfiance du voyageur dimensionnel augmentait encore un peu. Il le sentait vraiment très mal.

- J'espère donc que l'organisation de la journée de dimanche vous a plu, car à présent, étant donné le peu d'importance que vous donnez au mal que se donne les membres de ce lycée pour nous accueillir dans leurs murs alors qu'ils n'ont normalement pas de système d'internat, nous allons changer de système. Vous allez donc être répartis un par un dans des familles d'accueil.

Lestrange s'étrangla, manifestement horrifié.

- Les familles qui vous ont accueillis hier ont acceptées de continuer à le faire jusqu'à la fin de ce stage. De plus, il semble que cela ait été bénéfique à votre apprentissage de français. Voilà donc qui est parfait.

Quelqu'un gémit. Apparemment, il ne partageait pas le point-de-vue de l'enseignant.

- Sur ce, bonne journée, annonça Williams.

À l'avis de Harry, la journée serait tout sauf bonne…


- Surtout, ne le laissez pas s'approcher d'une corde, ou il risque de se pendre ! plaisanta Amandine en voyant la tête de son collègue.

Alec semblait sur le point d'exploser. La nouvelle n'avait pas l'air de le ravir. En même temps, duelliste ou auror, personne n'était charmé de cette idée. Ils allaient devoir continuer à protéger les sorciers britanniques dans les demeures moldues, beaucoup moins sûres que le lycée autour duquel avaient été placées de nombreuses protections de toutes sortes.

Ça n'allait pas leur faciliter la tache…


Bellatrix envoya un coup rageur dans une pile de dossiers qui s'affaissa immédiatement.

- BLACK ! hurla Durant. Vous êtes là pour ranger, par déranger ! Auriez-vous des problèmes de compréhension ??

La jeune femme ouvrait la bouche mais Malefoy l'arrêta.

- Suffit ! siffla-t-il à mi-voix mais avec autorité. Si tu continues tu vas mettre toute la mission en péril ! Cesse de faire l'idiote !

La mangemorte lui lança un regard flamboyant, furieuse qu'il ose lui donner des ordres, mais la présence de ce Cracmol de Durant lui interdit toute réplique bien sentie. Elle se vengerait plus tard… Oui, elle se vengerait…


La situation déplaisait fortement à James, et encore, il devait admettre que sa connaissance du français le sauvait de pas mal de problèmes. Restait que question punition, Williams n'y était pas allé de main morte. Les séparer de la sorte n'allait pas rendre le stage plaisant.

Certes, une facette de lui-même – certainement le côté Préfet-en-Chef – devait admettre que les séparer ainsi était la meilleure solution pour ne plus avoir de problème du genre de celui de samedi. Mais il restait un Maraudeur, et en tant que tel, l'idée d'être isolé de ses camarades et amis lui semblait intolérable et insupportable. Sans parler d'être séparé de Lily…

- Faut trouver une solution, murmura Sirius à sa droite alors que le professeur d'espagnol parlait passionnément d'un sujet inconnu des deux sorciers. Tu as le miroir ?

- Ouais. Au moins on pourra se contacter tout les deux, positiva le Préfet-en-Chef. Parce que ça va pas être la joie.

- Tu parles ! Les Laforge, quelle bande de… de… Serpentards !

La grimace de Sirius était assez comique, mais James n'avait pas envie de rire.

- Courage, vieux frère, il ne reste que cinq jours et demi.

- Fantastique ! Merlin puisse-t-il nous venir en aide…


La journée était finie, et Bellatrix attendait patiemment dans le logement de fonction qui avait été mis à disposition de Malefoy. Elle-même habitait dans l'appartement mitoyen.

Le jeune homme ne se fit pas attendre. Réglé comme une horloge suisse, il poussa la porte à dix-huit heures exactes. Il eut un moment d'arrêt en découvrant sa collègue. Elle se leva du fauteuil où elle était assise et s'avança d'une démarche féline du blond. Elle vit ses yeux s'agrandir. À quoi pensait-il exactement ? Elle s'en doutait sans mal.

Elle s'approcha de lui. Proche. Très proche. Presque collée à lui, elle poussa la porte encore entrouverte qui se ferma dans un claquement sec. Une étincelle dansait dans le regard de Malefoy. Du désir ? Certainement, elle était une femme désirable. Et cet homme était pathétique ! Pour qui se prenait-il exactement ? Pensait-il pouvoir la contenter ?

- De quel droit m'as-tu donné un ordre ? siffla la Mangemort à mi-voix.

Le regard de son interlocuteur changea. Il fit un pas en arrière. Trop tard.

- Endoloris !

Évidemment, Malefoy cria – Bellatrix avait anticipé cette réaction en insonorisant les lieux. Il tomba pitoyablement sur le sol en hurlant. La jeune femme partit d'un rire irrésistible. Elle adorait ça. Cette sensation de puissance, d'avoir tout pouvoir sur sa victime lui apportait un plaisir que nulle autre chose.

Voilà la seule chose que Malfoy pouvait faire pour la contenter : se rouler sur le sol en pleurant, criant, suppliant pour qu'elle cesse. Ce qu'elle ne ferait pas de si tôt. Il devait apprendre qu'elle lui était supérieure. Si supérieure

Et bientôt, elle serait supérieure à n'importe quel mangemort. Elle prendrait même la place de cette Grim Reaper comme favorite du maître. Oui, elle serait sa favorite. La seule et l'unique, même si pour cela, elle devait tuer des membres de son propre camp. À commencer par cette pimbêche qui osait se faire appeler l'Ange de la Mort…


Bon, cette fois, Severus en était sûr, il haïssait Dumbledore.
Il le vomissait, l'abhorrait, l'exécrait, le maudissait…

Oui, c'était une bonne idée, il devrait le maudire. Le genre de malédictions vicieuses dont était experte la maison des serpents. Un truc vraiment détestable.

En même temps, le vieux fou n'était pas le seul responsable de la situation. Williams avait également sa place dans le palmarès des imbéciles heureux de Poudlard.

Et puis il y avait les Dépinoy. Eux avaient une place à part dans le cœur de Severus à cet instant. Le même genre de place que dans celui du Seigneur des Ténèbres : celle des personnes à abattre. Rapidement si possible. Et douloureusement aussi, c'était important.

Bref, autant dire que le Serpentard n'était pas ravi du tout de son passage dans sa famille d'accueil. Il s'était d'ailleurs enfermé un peu plus tôt dans la chambre d'ami qui lui avait été allouée et ne comptait pas en sortir avant longtemps. Quitte à sauter le repas – on n'avait rien sans rien !

Maudit soit Dumbledore et ses idées stupides ! Vivement que le Seigneur des Ténèbres se débarrasse de lui définitivement, ça éviterait aux élèves de Poudlard de subir ses idées stupides ! Vieux fou.

Et ces Dépinoy. Bande de moldus idiots. Pour qui se prenaient-ils exactement ? Qui étaient-ils pour le regarder ainsi de haut, genre je-te-suis-supérieur-alors-tu-la-fermes-et-tu-rentres-dans-le-rang ? Il était un sorcier et en cela, leur était supérieur en tout point ! Des êtres incapables d'utiliser la magie ! Pathétique. Le fait qu'ils aient apparemment beaucoup d'argent pour des moldus ne leur donnait aucun droit. Absolument aucun.

Finalement, le Seigneur des Ténèbres semblait avoir raison lorsqu'il disait que les moldus ne méritaient pas d'être traité en égaux avec les sorciers. Oui, aucun doute là-dessus, une personne maniant la magie était nécessairement supérieure à une autre ne pouvant le faire.

Restait le problème de la méthode du mage noir. Là, Severus avait du mal à adhérer. Il était trop extrémiste. Enfin, à ce moment-là, peut-être que le meurtre des Dépinoy ne lui aurait pas semblé exagéré…


Narcissa regarda avec une certaine retenue la maison – villa – des Dehacre chez qui elle passerait le reste du stage. Elle avait du mal à croire qu'elle allait réellement vivre chez des moldus pendant cinq jours. Que dirait sa famille lorsqu'elle l'apprendrait ? Andromeda rirait certainement de ses déboires si elle pouvait les lui raconter – rien n'était moins sûr – mais Bellatrix…

La Serpentard ferma les yeux. Sa sœur serrait folle de rage. Contre Dumbledore ou contre elle ? À moins que ce soit contre les deux…

- Narcissa ?

L'intéressée se tourna vers Madame Dehacre qui venait de l'appeler et lui faisait signe de la suivre. Heureusement pour la sorcière, son mari, étant commercial dans une grosse société – elle n'était pas certaine d'avoir réellement compris en quoi cela consisté –, parlait couramment la langue de Shakespeare et l'aidait à s'améliorer en français.

Elles entrèrent toutes deux dans le salon où se trouvait Yann, le fils de la maison se trouvant dans la classe où avait été répartie la Serpentard au lycée. Il se leva et lui fit un grand sourire.

- Viens. Je va montrer à toi le de la maison jardin grand et la piscine, fit-il.

Il n'était réellement pas très doué en anglais, mais la jeune fille lui était reconnaissance des efforts qu'il faisait en la matière. Contrairement à beaucoup de ses camarades, il faisait preuve d'une réelle gentillesse envers les anglais – Narcissa en particulier. La sorcière n'était pas stupide, et elle voyait clairement les regards qu'il lui lançait. Il n'était pas le premier, du reste. Quoique si, il était certainement le premier moldu à avoir des vues sur elle.

Que dirait Bellatrix si elle savait ça ?

- Comment se passer au lycée ? s'enquit Yann, la tirant de ses pensées.

- Pas trop mal, fit-elle en articulant pour qu'il la comprenne. Mais j'ai encore du mal avec le français.

- Toi en sort bien. Moi étudie l'anglais depuis six ans et mal parler.

Ça, elle confirmait. Mais il y mettait du sien, c'était déjà pas mal. D'ailleurs, toute sa famille était charmante et accueillante. Rien à voir avec la famille Black… Etait-ce ce que Sirius avait trouvé auprès des Potter ? Si c'était le cas, alors Narcissa commençait à réellement comprendre. Face à cela sa propre famille était… La Serpentard réprima un frisson en pensant à ce que ses parents auraient fait à un éventuel invité.

Elle sentit quelque chose se poser sur ses épaules. Elle se tourna vers Yann et fut surprise de voir qu'il avait lui avait mis sa veste.

- Tu as froid, releva-t-il simplement.

Il lui offrit un grand sourire avant de reprendre.

- Qui a dit que seul les anglais sont des gentlemen ?

Ça sonnait comme une phrase apprise par cœur : elle était trop juste. Mais Narcissa se prit à trouver l'attention charmante.

- Les jeunes ! appela soudain la voix de Monsieur Dehacre – en anglais. À table !

Son fils ne sembla avoir aucun mal à comprendre. La sorcière sourit en songeant que certaine chose était comprise sans même que l'on comprenne la langue – l'appel de l'estomac en faisait partie.


Assis sur son lit, Drago contemplait silencieusement son genou. La blessure qu'il avait reçue l'avant-veille n'avait rien de grave, bien qu'elle ait saigné assez abondamment. Elle n'était que superficielle et disparaîtrait rapidement sans laisser de trace. Cependant, elle était la source de nombreuses questions dans l'esprit de l'Anonyme à commencer par une principale : quand se l'était-il faite ?

Lorsque Lily l'avait retrouvé à Paris, il était partit du principe que ce qu'il avait vu – cette cité en ruine – n'était qu'un rêve. Comment aurait-il pu en être autrement ? La capitale française n'avait jamais été détruite de la sorte, la Tour Eiffel n'était jamais tombée. Ce ne pouvait être qu'un rêve dû à un mauvais coup sur la tête au moment de l'atterrissage. C'était logique. Terriblement logique.

Et terriblement contradictoire avec cette blessure. Car elle ressemblait comme deux gouttes d'eau à celle qu'il s'était fait juste avant que le mur ne lui tombe dessus dans son rêve.

Deux possibilités d'explication s'offraient à lui : soit ce songe n'en était pas un – chose hautement improbable – soit il s'était fait cette entaille alors qu'il était inconscient et son subconscient avait intégré cela à son rêve sous la forme d'une chute. Après tout, c'était bien possible…

Enfin, ça n'expliquait pas comment il se l'était fait…

Seulement, il y a des choses parfois plus puissantes que les questions, et ce soir-là, ce fut le sommeil qui eut raison des interrogations de Drago.


- Elle est charmante, je te dis, répéta Sirius.

Dans le miroir, James leva les yeux au ciel.

- Par Merlin, tu ne t'arrêtes jamais, Patmol ? fit-il sans cacher son amusement.

- Pourquoi je m'arrêterais ? D'autant plus que mon oncle Alphard m'a dit que…

- Je sais que ton oncle t'a parlé des françaises et de tout ça, mais tout de même ! Si Williams apprend que tu cherches à coucher avec la gouvernante de ta famille d'accueil, il risque de piquer une crise !

- Comment veux-tu qu'il le sache ? En plus ce n'est pas la gouvernante mais la baby-sitter.

- Autrement dit, elle est là pour garder les enfants pendant que leurs parents sont sortis et non pour s'envoyer en l'air !

- Cornedrue ! Il est onze heures du soir, les marmots dorment et les Laforge ont dit qu'ils ne rentreraient que vers cinq heures du matin. Allez, dit moi comment ça se dit ?

- Non ! Je ne serais pas complice de ça ! Elle est majeure au moins !?

- Mais c'est pas vrai, on dirait Lily ! Tu t'es laissé intoxiquer, mon vieux ! Relax !

- Tu crois, fit James avec une certaine inquiétude dans la voix.

- Sûr ! Détend toi, je ne vais rien faire de mal. Je n'ai jamais violé personne, je te signale.

- Je sais, je sais…

- En plus, coupa Sirius, elle a vingt-cinq ans. Et si les Laforge ne m'avaient pas laissé ici sous prétexte que je ne suis pas assez bien pour aller à leur soirée on n'en serait pas là.

- C'est pas une bonne raison.

- Elle est super canon, c'est une bonne raison ?

- Mouais.

Il ne sembla pas convaincu.

- Allez, Cornedrue ! Je te demande rien de fantastique, juste une petite traduction ! S'te-plait !

- Ok, ok, après tout, c'est à elle de voir si elle veut de toi ou non. Qu'est-ce que tu veux que je te traduise déjà ?


- Je veux savoir ce qui se passe !

Drago releva les yeux vers un Potter assez agacé. Le renié cilla, surpris. Ils étaient en coupure, puisqu'ils avaient une heure de libre et se trouvait tout deux dans la cour de récréation du lycée.

- Hein ?

Ce fut la seule réponse de Drago. Il ne comprenait pas. Qu'avait-il fait ?

- Tu es bizarre, annonça Potter en le regardant d'un air soupçonneux.

Le blond regarda son camarade avec un air ahuri. Qu'est-ce que c'était que cette affaire ?

- Je ne comprends pas de quoi tu me parles, avoua-t-il, mi-figue, mi-raisin.

Peut-être savait-il finalement… Mais il ne pouvait pas croire que Potter lui demande ça.

- Lily dit que tu es amoureux… commença Potter.

Il lui lança un regard perçant.

- C'est vrai ?

Drago se sentit rougir.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, nia-t-il.

- Tu te souviens que je suis legimens ?

- Je me souviens que tu ne maîtrises pas la legilimencie !

- Change pas de sujet. Alors, comment elle s'appelle ?

- Je ne vois pas de quoi tu parles.

- C'est la déléguée, Marina Prochet, celle chez qui tu habites, n'est-ce pas ?

Drago s'étrangla.

- Qu'est-ce que tu chantes ? Mais tu pètes les plombs Potter !

L'Élu leva le sourcil avec un sourire en coin.

- Je t'ai connu plus convainquant, fit-il, un brin moqueur.

- La ferme, grogna le blond.

Son interlocuteur s'assit à ses cotés.

- Tu n'as pas à avoir honte. Et si tu ne veux pas m'en parler, parles-en à Lily par exemple.

- Je n'ai pas honte ! s'indigna l'Anonyme. Je… enfin… Je ne sais pas trop.

Il soupira. Il n'avait aucune envie de se confier à Potter. Quoique…

- Comment sait-on que l'on est amoureux ? fit-il en se tournant vivement vers le brun.

Celui-ci cilla, comme sonné par la question.

- Holà ! Tu ne t'adresses pas réellement à la meilleure personne pour ce genre de problème… Pff… Je ne sais pas trop. Tu le sais, c'est tout… Je ne sais pas, franchement, demande plutôt à Lily.

- Lily ? rit doucement Drago. Je te signale qu'elle ne s'est pas rendu compte qu'elle aimait James pendant plusieurs années !

Potter pouffa avec franchise.

- Tu n'as pas tort. Une tare de famille certainement.

Les deux garçons restèrent silencieux un moment. Et puis le renié s'esclaffa.

- Tu imagines la tête de mon cher père s'il apprenait que je me demande si je suis amoureux d'une moldue.

Le blond croisa le regard de l'Élu et ils éclatèrent littéralement de rire.

- Je vois ça d'ici ! fit Potter. Il aurait certainement fait une crise cardiaque dans la seconde !

- Et bien, s'exclama une voix que Drago reconnu comme celle de Sirius, ça à l'air joyeux ici ! On peut se joindre à vous ?

Il venait de rejoindre les deux voyageurs dimensionnels en compagnie de James.

- Que se passe-t-il ? s'enquit ce dernier.

- Sylciu est amoureux, annonça Potter avec le plus grand sérieux.

L'intéressé s'étrangla.

- Génial ! s'exclama vivement Sirius sans lui laisser le temps de démentir. Qui ?

- Marina Prochet ! déclara victorieusement l'Élu.

- La déléguée ? Bon choix, approuva le jeune Black. Elle est mignonne. Et puis les françaises, c'est un bon plan !

- Oh, pitié Sir', épargne-nous ça ! gémit le Préfet-en-Chef avec un geste de désespoir théâtral.

- Quoi donc ? fit l'Anonyme, curieux.

- Vois-tu, la famille chez qui je loge a une baby-sitter super canon, une dénommée Julie et hier soir…

- Ça suffit Sirius ! le coupa James. On ne veut pas de détails sur ta vie intime !

- Sylciu a demandé pourtant ! répliqua l'interrompu.

- C'est bon, s'exclama vivement le blond. J'ai compris !

- Ok, ok, vous êtes tristement coincés les mecs ! soupira le Maraudeur. Bref, revenons-en à Marina. Tu lui as déclaré ta flamme ?

- Euh…

- Quoi pas encore ? Ah, la, la, t'es pas un rapide toi. Je te signale qu'on part dans moins de cinq jours maintenant, il est temps que tu t'agites. Je vais t'aider !

James et le Survivant se mirent étrangement à tousser à ce moment-là. Autant dire que cela ne faisait pas du tout réaliste et qu'on comprenait aisément qu'ils tentaient de cacher leur éclat de rire.

- Laisse donc ses incultes de coté, fit le déshérité de la famille Black avec une mine faussement hautaine. Je vais t'expliquer comment fonctionnent les filles.

- Euh… Sirius… tenta Drago.

Sans succès…


Harry regarda Sirius entrainer Drago en tentant – sans grande réussite – de garder son sérieux. Avec James écroulé de rire à coté de lui, ce n'était pas évident.

- Pauv' Sylciu, fit le Maraudeur entre deux éclats de rire. Il sait pas à quoi il s'expose là ! Les plans de Sirius en matière de drague sont généralement terriblement foireux !

- Je croyais que c'était un vrai Don Juan et qu'il était sortit avec la moitié des filles de Poudlard, s'étonna Harry.

- C'est là que je dis que les filles sont un vrai mystère ! Comment peuvent-elles gober ce qu'il leur dit, c'est pour moi une grande question ! Toujours est-il qu'il est désespérant.

Il secoua la tête un moment, d'un air désespéré avant de reprendre.

- Sinon, comment ça se passe pour toi dans ta famille d'accueil ?

Cette question fit un drôle d'effet à Harry, sans qu'il ne puisse vraiment mettre un mot dessus. Ce n'est pas ton père, lui glissa une inattendue conscience. Il ne voyait vraiment pas ce que cette réflexion venait faire dans cette affaire.

- J'ai pas à me plaindre. Les moldus ne sont ni particulièrement gentils ni exécrables, j'ai une grande chambre, et on me laisse en paix. Que demander de mieux ?

Le voyageur dimensionnel avait dit ces mots avec une réelle honnêteté – il les pensait. Aussi fut-il surpris du regard que lui lança son condisciple.

- Quoi ? fit-il. J'ai quelque chose sur le visage.

- Non, répondit simplement James. Mais parfois, tu es étrange. Dans ta façon de voir les choses j'entends. Enfin peu importe. Il y a une chose que je voulais te demander à propos de tout ça. Tu ne nous en veux pas trop ?

- Vous en vouloir ? répéta Harry. Pourquoi ?

- Pour samedi, évidemment. Tu ne voulais pas qu'on le fasse. Tu n'as pas arrêté de le dire mais on ne t'a pas écouté. Et finalement tu as été puni avec nous. Ce n'est pas juste.

- Je suis venu avec vous de mon propre chef, James, aucun de vous ne m'a forcé. Et puis je n'ai pas suffisamment insisté. Je savais que c'était dangereux – plus que n'importe lequel d'entre vous – mais pourtant je vous ai laissé faire au lieu de m'y opposer formellement. Je suis loin d'être innocent.

- Plus que n'importe lequel d'entre nous ? releva le Maraudeur. Pourquoi ? Pourquoi sembles-tu toujours avoir une longueur d'avance sur nous dans ce que tu sais ? Pourquoi es-tu si proche de Dumbledore ? Qui es-tu, Terry ?

L'interrogé lui lança un sourire mystérieux.

- Il est des questions dont les réponses sont inutiles, James. Je suis simplement Terry, voilà tout. Un Serpentard un peu bizarre débarqué d'Amérique avec pleins de secrets dans ses valises. Les connaître ne t'apporterait rien, crois-moi. Tu sais déjà l'essentiel : je ne suis pas ton ennemi ni celui d'aucune personne que tu aimes.

Le Préfet-en-Chef soupira.

- Je suppose que je devrais me contenter de ça. Soit. Mais il y a une autre chose que je sais, Terry.

Le voyageur dimensionnel cilla, surpris et quelque peu inquiet.

- Tu dis que tu n'es pas mon ennemi ni celui d'aucune personne que j'aime. Tu es plus que ça. Tu es un ami. Quelqu'un d'important dans la vie de beaucoup d'entre nous. Que tu t'en rendes compte ou non, tu as acquis un grand pouvoir et des grandes responsabilités.

Harry resta un instant sans voix en croisant le regard sérieux de celui qui deviendrait son père. Son cœur battait la chamade. Mais soudain, l'arrivée de Pettigrow et Remus mit fin à ce moment privilégié. James perdit son air sérieux pour redevenir le Maraudeur que le Survivant connaissait et commença à expliquer à ses amis que Sirius tentait de permettre à Drago de sortir avec Marina.

À partir de ce moment, Harry n'écouta plus. Il remarqua sans vraiment y prêter d'attention que la cour se remplissait à vue d'œil – c'était manifestement l'heure de la récréation, ce qui expliquait la présence des deux autres Maraudeurs.

Le brun leva les yeux vers le ciel, se rappelant une question de James. Qui es-tu ? Il commençait à se le demander. Au fond de lui, il sentait qu'il avait changé. Il n'était plus le même qu'à son départ de son monde. Alors pouvait-il simplement répondre, je suis Harry James Potter, le Survivant ? Pour une obscure raison, cette simple réponse lui semblait incomplète. Comme s'il avait dû répondre également autre chose. Et que cette chose était un élément fondamental de ce qu'il était… Mais quelle était-elle ?

- Terry ? C'est l'heure de retourner en cours.


Bellatrix était assez joyeuse ce jour-là. Sa petite séance avec Malefoy la veille l'avait défoulée, lui permettant de retrouver bonne humeur et combativité. Elle sentait que cette journée serait la bonne. Celle où elle pourrait remplir la mission fixée par son maître. Et, Malefoy ayant dû garder le lit à cause de ses blessures – quelle petite nature ! – elle serait la seule bénéficiaire de ce succès.

Restait un problème. Elle jeta un coup d'œil par dessus son épaule. Durant était assis à son bureau, travaillant si Merlin savait quoi ! Tant qu'il restait là, Bellatrix ne pouvait rien faire. Il fallait que, d'une façon ou d'une autre, ce cracmol parte. Comment faire ?

En toute honnêteté, la mangemorte n'avait pas la moindre idée de la marche à suivre pour se débarrasser de lui.

Elle devait vraiment être dans un jour faste, car alors qu'elle tentait d'établir un plan pour se débarrasser du français, Audrey Dufleuve fit brusquement irruption dans le bureau. Elle était pâle et avait les lèvres pincées, mais Bellatrix n'y prêta aucune attention – les états d'âme d'une Sang-de-Bourbe étaient bien le cadet de ses soucis !

- Bernard, j'ai besoin de vous, annonça la secrétaire d'Etat d'une voix tendue.

L'appelé sembla inquiet alors que la britannique ricanait intérieurement. Quelle sorte d'animal avait bien pu s'échapper pour les mettre dans cet état ? Pitoyable !

- Black ! Restez ici ! annonça rudement Durant avant de sortir, emboitant le pas à Dufleuve.

Bellatrix eut toutes les peines du monde à retenir un cri de victoire. Cet abruti de frenchy venait de lui mâcher le travail. Car, était-t-il nécessaire de le préciser ?, elle ne comptait pas le moins du monde obéir à l'ordre qu'il venait de lui donner.

Elle attendit quelques minutes avant de se faufiler hors du bureau. Direction, les quartiers des aurors. À force d'incursions ratées, Bellatrix connaissait relativement bien les lieux. Aussi l'emplacement du bureau de Lionel Dumur lui était-il connu. Il ne restait plus qu'à s'y rendre discrètement.

Encore un fois, elle fut surprise par son soudain excès de chance : le département des aurors était en pleine ébullition, tant et si bien que personne ne fit attention à sa présence. Elle fut contrainte de faire taire la curiosité naissante qu'elle développait quand à la raison de cet énervement des aurors pour se concentrer sur son objectif.

Elle arriva devant le bureau de Dumur et un rapide sort lui apprit qu'il était vide – normal puisque c'était la journée de congés de l'auror d'après les informations que Bellatrix avait glanées. Parfait.

Elle entra aussi discrètement que possible, aidée en cela par un sortilège de magie noire de sa composition et poussa un soupir de soulagement. Elle était dedans, le plus dur était fait, mais elle ne devait pas se reposer sur ses lauriers.

Elle insonorisa la pièce et s'employa à trouver les données qu'elle cherchait. Plusieurs fois un tiroir ou une armoire lui résista – elle la fit proprement exploser. Mais elle déchanta vite en découvrant que les aurors, même absents, pouvaient toujours les pourrir la vie : toutes les notes de Dumur étaient cryptées.

- Maudit soit-il ! grinça-t-il.

Comment pouvait-elle faire ? Elle avait prévu de dupliquer les papiers et de réparer les dégâts qu'elle avait occasionnés, ainsi personne ne se serait rendu compte de rien. Mais on ne pouvait dupliquer un document magiquement crypté sans faire disparaître ce qu'il contenait.

Il fallait qu'elle passe à un plan B qu'elle n'avait pas encore mis au point. Zut. Et même merde.

Bellatrix réunit tous les papiers qu'elle trouva et les rétrécit – le cryptage ne l'empêchait pas – avant de les fourrer dans sa poche, se félicitant au passage d'avoir mit une robe avec poches intérieures camouflées magiquement (produit interdit à la vente – car utilisant de la magie noire – aussi bien en Grande-Bretagne qu'en France) ce matin-là.

D'un coup de baguette elle fit apparaître une pile de papiers vierges qu'elle plaça là où elle avait pris les dossiers avant de réparer les meubles abimés. Maintenant restait à trouver comment faire en sorte que les aurors ne se rendent pas trop vite compte du vol des documents. Et pour cela, elle ne voyait qu'une solution : le feu.

Sauf que s'il se déclarait dans le bureau de Dumur cela serait très suspect. Et si elle le faisait apparaître dans un autre bureau et que les aurors l'éteignait avant qu'il ne s'étende à celui du contact de Dumbledore ça n'aurait pas le moindre intérêt.

Il lui restait cependant une chance : le facteur extérieur. Elle ignorait ce qui se passait, mais si les aurors continuaient à être obnubilés par ce qui se passait dehors, elle pourrait mettre son plan à exécution. Quelle chance elle avait qu'une personne – peu importe qui – est décidé d'attirer les aurors !

Elle sortit discrètement du bureau, notant avec plaisir que le sort qu'elle avait jeté pour s'assurer que personne ne la remarque était inutile puisque le couloir était vide. Elle eut un sourire carnassier avant de commencer à s'avancer. Elle devait choisir un endroit suffisamment éloigné de la salle de travail de Dumur pour que le rapprochement ne se fasse pas immédiatement mais pas trop non plus pour ne pas prendre le risque que le feu s'éteigne trop vite.

Elle trouva vite son bonheur. Décidée à brouiller les pistes au maximum, elle mit à sac le bureau d'un obscur auror – d'après sa plaque il était tout de même gradé. Puis, elle réunit des papiers, mit le feu à l'un d'eux par un sort puis alluma des petits foyers un peu partout dans le bureau à la manière moldue. C'était, comme chacun le savait, le meilleur moyen pour brouiller les pistes. Elle éteignit rapidement la première feuille qu'elle avait enflammée et la fit disparaître avant de quitter les quartiers des aurors, priant Merlin pour que son plan réussisse…


- Alors ? ricana James alors que les sorciers se réunissaient pour le repas de midi. Quelle est l'étendue des dégâts ?

Sirius lui lança un regard faussement méprisant.

- Pour ta gouverne, siffla-t-il. Sylciu sort avec cette petite française, grâce à moi !

Le susnommé eut une grimace.

- Qu'est-ce que tu as fait encore ? gronda le Préfet-en-Chef. Et ne me dit pas que tu as aidé ce pauvre Sylciu, on voit sur sa figure que tu ne lui as attiré que des problèmes !

- Quoi ? coassa son presque-frère. Cette accusation est parfaitement infondée ! J'ai agi avec tact et douceur…

Remus s'étrangla en avalant sa bouché de poulet et Terry fut forcé de lui taper dans le dos pour l'aider à se remettre.

- Parfaitement, Rem' ! enfonça Sirius avec un air fier. Tout s'est passé parfaitement bien.

- Écoutez moi ça, annonça Lily avec un geste grandiloquent. Sirius Black, spécialiste des sentiments humains ! Laissez moi rire !

- Ne sois pas jalouse, Lily-la-tigresse ! Je peux m'occuper de toi aussi.

Cette réflexion lui valu un coup derrière la tête de la part de James.

- N'y pense même pas ! gronda-t-il.

- Oh ! Potter sort les griffes, c'est trop mignon ! ironisa Rogue avec une grimace.

- Severus, le réprimanda Terry.

Le Serpentard graisseux haussa les épaules et reporta son attention sur son repas.

- Bref, Sylciu, dis moi ce qui se passe, intervint Marlène avec sollicitude. Besoin de conseils sur les filles ?

- Non… euh… Oui, peut-être mais c'est pas ça…

- Tu peux développer, parce que je ne suis pas sûre de comprendre, dit la rousse. Quel est le problème ?

- Je ne suis pas sûr d'avoir réellement envie de sortir avec Marina. Je veux dire… je ne sais pas si je suis amoureux d'elle.

- C'est accessoire ! affirma Sirius.

- La ferme, Black, tu m'énerves ! ralla Lily d'un air agacé.

Voyant que le sujet devenait épineux, James préféra en changer, espérant que Sylciu se sorte sans trop de difficultés de la situation dans laquelle Sirius l'avait fourré. Ceci dit, à la mine que Lily et Marlène affichait, le sorcier aurait parié sa baguette qu'elles allaient prendre les affaires en main.


Pardon. Pardon. Pardon. Je suis désolée du retard de ce chapitre ! Toutes mes excuses, avec mon boulot et mon manque d'inspiration, j'ai eu du mal à l'écrire.

Merci à ma correctrice qui, elle, a été rapide !

Pour répondre aux questions qui m'ont été posée… Et bien ce que Drago a vu à son importance mais quand à savoir s'il s'agit d'un futur possible ou autre chose… Mystère ! Je ne vais tout de même pas tout révéler tout de suite ! ;p

L'hypothèse de nicoincoin sur Williams m'a bien amusée ! Mais non, ce n'est pas le cas. Quoique c'aurait été très amusant !

Merci pour les compliments de chacun de vous. J'espère pouvoir mettre le prochain chapitre rapidement ! Il s'intitulera : Fiasco et notre ami Voldy reviendra à la charge.

Eterna.