Les Maîtres des Dimensions

En remerciement pour les 800 reviews que j'ai accumulés sur cette fic (un GRAND ! merci à tous ceux qui m'ont laissé des reviews) voici une petite annexe. Vous y trouverez un petit indice par rapport au chapitre précédent (juste un petit détail sans aucune importance avec la fic). ;p

Annexe 2
Brisé ~ Rodolphus

J'ai vu disparaître des mirages
Qui ne reviendront jamais
J'ai vu encore tellement de voyages
Finir par faire naufrage
Alors qu'ils commençaient…
(Le Roi Soleil, « La vie passe », 2005)

Les pensées de Rodolphus étaient confuses. Ce n'était pas dans ses habitudes. Il avait été élevé pour ne jamais perdre le contrôle de lui-même et de ses pensées. Pourtant, il revoyait clairement un Mangemort lui lancer un sort.

Foutaise ! Cela n'était pas possible ! C'était probablement un rêve. Sans le moindre sens d'ailleurs. Sa famille était l'une des premières à avoir suivi le Seigneur des Ténèbres, ce dont le jeune homme était particulièrement fier. À sa sortie de Poudlard, il irait rejoindre son maître, s'agenouillerait devant lui et lui jurerait fidélité. A cette pensée il sentit son cœur se gonfler de joie et de fierté. Bientôt, il mettrait sa baguette au service de ce grand homme. Il se battrait pour la plus juste des causes : celle du Seigneur de Ténèbres, pour la grandeur des sorciers.

Une terrible douleur traversa le corps du Serpentard alors qu'il tentait de bouger. Il serra les dents pour ne pas gémir. Un Lestrange ne gémit pas. Un Mangemort ne gémit pas. Il ne gémirait pas.

La douleur se fit plus forte et un gémissement s'échappa des lèvres du jeune homme, le remplissant de honte.

- Ne bougez pas, Monsieur Lestrange. Vous êtes à Ste-Mangouste.

Ste-Mangouste ? Que faisait-il là-bas ? Rodolphus fouilla dans son esprit à la recherche d'une réponse. Il aurait dû être en France, il en avait la certitude. Mais il était en Angleterre, dans un hôpital qui plus est. Une explication ?

L'attaque. Le lycée avait été attaqué… par des Mangemorts ?! Oui. Par des Mangemorts. Le Serpentard fut soudainement pris d'une nausée incontrôlable. Ce n'était pas un rêve ! Un Mangemort l'avait réellement visé. Pourquoi ?

Il se débattit sous la poigne d'une personne inconnue. Il ne comprenait pas. Ça n'avait pas de sens !

- Calmez-vous !

La voix était autoritaire. Habitué à obéir aux ordres – il avait été élevé pour ça – Rodolphus s'immobilisa. Reprenant ses esprits, il vit que le propriétaire de la voix était un homme, un médicomage à en juger par sa blouse.

- Où suis-je ?

La bouche du jeune homme était pâteuse. Combien de temps avait-il dormi ? Il tenta de se redresser. La douleur le fit grimacer mais cette fois il parvint à retenir son gémissement.

- Ménagez-vous, Monsieur Lestrange, conseilla le médicomage, vous avez été gravement blessé.

Le blessé lui lança son regard méprisant typiquement Serpentard, comme disait son frère avec fierté. L'homme ne sembla pas en être affecté.

- Donnez lui une potion contre la douleur, ordonna une voix féminine.

Rodolphus cacha mal son sourire de satisfaction lorsque sa mère, suivie de son frère pénétrèrent dans la salle.

- Et trouvez lui une chambre individuelle. Il est hors de question que mon fils reste avec cette populace, ajouta-t-elle avec un geste dédaigneux vers les deux autres personnes présentes dans la pièce.

Les remarquant pour la première fois, le Serpentard vit que Lupin et Star étaient là. Le premier avait simplement haussé un sourcil face à la réaction de Madame Lestrange alors que le second était manifestement toujours inconscient.

- Avant tout, temporisa le médicomage, je dois vous parler, Madame.

- Je vous écoute, fit la mère du blessé, tranchante.

- Il vaudrait mieux que nous soyons seul à seule.

La femme renâcla avec mépris.

- Parlez, vous me faites perdre mon temps !

Le médicomage soupira.

- Votre fils a reçu un sortilège de magie noire très puissant, expliqua-t-il. Nous l'avons soigné aussi bien qu'il était sorcièrement possible, mais il y aura des séquelles.

Rodolphus déglutit difficilement.

- Quel genre de séquelles ? demanda sa mère, mettant des mots sur sa pensée.

Son interlocuteur s'agita, jetant un coup d'œil vers son patient. L'inquiétude de celui-ci monta d'un cran.

- Parlez ! rugit Madame Lestrange. Je n'ai pas que ça à faire.

- Nous ignorons quel sortilège l'a touché mais sa magie a été gravement atteinte, expliqua-t-il. Il… Il ne pourra plus l'utiliser de la même façon qu'avant de recevoir ce sort.

Le visage de la mère de famille se décomposa l'espace d'une seconde avant qu'elle ne reprenne le contrôle d'elle-même.

- Qu'entendez-vous par là ? s'enquit-elle d'une voix blanche.

- Tout sort d'un niveau relativement élevé lui est désormais impossible.

- « Relativement élevé » ? C'est-à-dire ?

Le médicomage soupira encore en lançant un regard désolé à son patient.

- Je ne pense pas qu'il puisse lancer des sortilèges dépassant le niveau d'un première/seconde année à Poudlard.

Rodolphus se vida de ses couleurs. Sa tête se mit à tourner furieusement. Comment était-ce possible ? C'était un cauchemar ! Une mauvaise blague. C'était impossible !!!

- Mère…

La voix du jeune homme ressemblait plus à un couinement qu'à autre chose. C'était une supplique. Il croisa le regard maternel et y vit ce qu'il redoutait. Madame Lestrange attrapa le bras de son plus jeune fils et se détourna.

- Viens, Rabastan. Nous partons.

- Non… gémit le blessé.

Ce fut sans effet. Sa mère ne se retourna même pas. Seul son frère le regarda. Un regard de pitié. Il fit autant de mal à Rodolphus que l'indifférence de Madame Lestrange. Le médicomage le regarda avec mansuétude. Le Serpentard se détourna, il ne voulait pas de sa compassion. Il remonta ses couvertures sur son visage et ferma les yeux.

Ce n'était qu'un cauchemar. Il allait se réveiller et tout serait normal. Il serait toujours l'héritier de la glorieuse famille Lestrange, le préféré de ses parents, futur Mangemort au service du Grand Lord.

Des larmes lui piquèrent les yeux. Non, il ne pleurerait pas, évidemment. Il était un Lestrange. Un sorcier sans la moindre goutte de sang impur dans les veines. Il valait mieux qu'une fillette pleurnichant sur son sort.

Et puis son père allait venir. Il battrait sa femme pour avoir ainsi traité leur fils aîné et il viendrait le chercher. Évidemment, il n'y avait pas à s'inquiéter. D'ici quelques heures, il serait là.

Une heure passa et un homme entra dans la pièce. Un sourire fleurit sur les lèvres de Rodolphus. Et se fana aussitôt.

- Remus ! s'exclama le nouveau venu. Le ministère vient de me prévenir. Comment te sens-tu ?

- Bonjour papa, sourit Lupin.

Son condisciple cessa d'écouter, prit d'une bouffée de haine pour le Gryffondor. Son regard tomba sur sa baguette, posée sur sa table de nuit. Un sort. Un unique sort et plus jamais le Maraudeur ne pourrait sourire à son père.

Il tendit la main. Mais lorsque ses doigts se posèrent sur sa baguette, celle-ci eut une réaction étrange. Des étincelles jaillirent, brulant le bout de ses doigts. Rodolphus cria – autant de surprise que de douleur. Une infirmière s'approcha de lui.

- Ne touchez pas à ça, Monsieur Lestrange. Cette baguette ne vous convient plus.

- Quoi ? coassa le jeune homme.

Il ne comprenait pas. Il ne voulait pas comprendre.

- Elle est trop puissante, Monsieur Lestrange.

- Non ! Non ! NON !!!!

Il cria longtemps. Très longtemps. Jusqu'à ce que ses cordes vocales n'en puissent plus. Jusqu'à ce que les tranquillisants que lui avait administré le personnel de l'hôpital fassent enfin leur effet, l'emportant dans le doux monde des rêves.

Là-bas, il était un fier Mangemort du Seigneur des Ténèbres. Marié à Bellatrix Black, fière défenseuse de la cause des sangs-purs et également Mangemorte du maître.

Là-bas, il était puissant. Héritier de sa famille et proche de son frère. Il tuait les moldus et les Sangs-de-Bourbe. Il était ce qu'il devait être.

Mais tout rêve à sa fin, et celui-ci ne fit pas exception. Rodolphus se réveilla dans une atmosphère brumeuse. Sa gorge lui faisait mal et son esprit battait la campagne. Il avait vaguement conscience de voix autour de lui. Mais il n'en avait que faire. Certainement des domestiques ou des elfes de maison, raisonna une partie de son esprit.

- QUOOOIII ???

Le cri fit sursauter Rodolphus. Sortant légèrement de son illusion, il discerna Star, redressé sur un lit qui pestait contre la terre entière et beaucoup contre le Seigneur des Ténèbres. De quel droit ? De quel droit osait-il faire cela ? Ce rebut de la communauté des sorciers…

Une bouffée de haine envahit Rodolphus. Il aurait tellement aimé pouvoir tuer cet américain arrogant ! Ce n'était pas difficile, même sans sa baguette. Il suffirait de serrer fort sa gorge. Quelques minutes et pouf ! plus de Terry Star. Le maître lui en serait reconnaissant. Peut-être même lui rendrait-il ses pouvoirs qui lui avaient été injustement arrachés.

La conscience du jeune homme vacilla. Une étrange fatigue le terrassa brusquement et il retomba dans ce monde onirique parfait. Il rêva de Star. De la façon dont il le tuerait, le faisant souffrir comme lui souffrait. Une joie sauvage s'empara de lui.

Il la ressentait encore lorsqu'il se réveilla. Il se sentait porté par ce sentiment. Hélas pour son plan, Star et Lupin étaient réveillés et gloussaient comme deux dindes. Ils auraient dû être répartis à Poufsouffle. Pathétique. À moitié perdu dans son monde, Rodolphus voyait en ces deux garçons l'incarnation de tout ce qu'il devait haïr.

La discussion qu'il avait eue avec Dumbledore par la suite restait confuse dans son esprit. Le vieux fou lui avait proposé de revenir à Poudlard. Pour voir tout le monde le regarder avec cette pitié dans le regard ? Hors de question. Il valait mieux que ça ! Et puis, franchement, suivre l'ennemi du Seigneur des Ténèbres, cet amoureux des moldus ! Pouah, plutôt mourir !

Le temps passa. Rodolphus en avait perdu toute notion. Et il n'en avait que faire. Une heure, un jour, une semaine, quelle importance ? Aucune. Plus personne ne l'attendait maintenant.

- Lestrange ? Lestrange ?

L'appelé ne reconnut pas la voix. Mais ça ne l'intéressait pas de toute façon.

- Rodolphus ?

Entendre son prénom l'incita à tourner la tête. Il croisa un regard vert dans lequel vibrait la puissance. À nouveau une sourde colère s'empara de lui.

- Nous rentrons à Poudlard. Est-ce que tu veux venir avec nous ?

Le convalescent n'écoutait pas ce que disait Star. Tout ce qu'il voyait c'était la puissance qui suintait de son condisciple. Sa haine monta d'un cran. Tout était de sa faute. Tout était de la faute de Star et des imbéciles comme lui qui s'opposaient au Seigneur des Ténèbres. S'ils n'avaient pas voulu créer cette « amitié » avec les moldus – une insulte à tout bon sorcier ! – rien de tout cela ne serait arrivé. Il n'aurait pas pris ce sort. Sa famille serait autour de lui. Tout serait parfait.

Il bondit brusquement vers Star, bien décidé à mettre en pratique ses fantasmes morbides. Mais il était encore engourdi par les médicaments et il rata sa cible – la gorge de l'américain – et le griffa simplement. Trois traces rouges apparurent sur la joue de Star. Il porta ses doigts à sa blessure et parut surpris de voir du sang. Rodolphus sauta vers lui, mais cette fois, l'étranger réagit et l'arrêta.

Le personnel de l'hôpital arriva et plaqua le malade sur son lit. Il se mit à crier des phrases inintelligibles. Sa colère le faisait délirer. Il divagua longtemps. Combien de temps ? Sans importance. Il n'en avait que faire. Il était fatigué.

Le temps passa. Les infirmières tentaient de se montrer aimables. Elles étaient ses seules visites, et elles le savaient. Il ne voulait pas de leur pitié. Il voulait juste dormir. Et oublier. Dormir et oublier…

- Il n'a rien dit depuis des semaines, docteur, disait une voix. Je suis inquiète.

- A-t-il eut des visites ce mois-ci ?

- Aucunes.

Il entendait des voix de cette façon, de temps en temps. Il n'y prêtait aucune attention. Ça ne l'intéressait pas. Il ne voulait que dormir et oublier.

- Il est en dépression. C'est évident.

De qui parlaient-ils tous ? Pourquoi l'ennuyaient-ils de la sorte ? Qu'ils aillent se faire voir !

- Que fait-on à son sujet ?

- Le professeur Dumbledore nous a demandé de nous occuper de lui aussi longtemps qu'il le faudra. Il paye tous les soins.

- Aussi longtemps qu'il le faudra ? Il ne sortira jamais de cet état catatonique, et vous le savez. Il restera ici pour le reste de sa vie…

De la vie de qui parlaient-ils ? Certainement pas de la sienne, songea Rodolphus. Il n'avait plus de vie. Ou peut-être que si. Des restes de vie. Une vie brisée…

Il n'avait plus rien. Rien qu'une vie brisée.

Il avait envie de dormir. Dormir et oublier…


¤ 11 janvier 2009 ¤

Pour répondre à Lizziliane évidemment, je ne laisse pas Peter, seulement, Harry ne peut pas s'occuper de tout le monde en même temps (moi non plus, du reste). Il reviendra dans peu de temps, promis. :)

Pour, titmo, tu as en principe eu la réponse à ta question, s'agissant de l'origine des griffures sur la joue de Harry, même si ce n'est peut-être pas ce à quoi tu pensais (à moins que tu n'es pas l'esprit aussi mal tourné que Sirius – ce qui est fort possible).

Je dois admettre que la review de TheDrEamSpEcTraL m'a plutôt vexée, donc je vais être claire. Oui, j'ai lu les Portes d'Alohomora – une excellente fanfic, je pense que les trois quarts (au moins) des personnes lisant la mienne ont dû la lire. Ensuite, non, je ne l'ai pas plagié. Ce n'est pas parce que j'envoie Harry et Drago dans le passé que je plagie.
Que tu es eu des doutes, je le conçois très bien, mais il est assez vexant de s'entendre dire des choses pareilles, d'autant plus que si je pouvais le concevoir s'agissant de l'épisode de l'épidémie, qui était, je dois l'admettre après coup, assez proche des Grands Vagabonds de Charybde – ce qui était involontaire puisque je ne l'avais pas lu à ce moment – je ne vois pas en quoi, à ce niveau de la fic, elle pourrait être qualifiée de plagiat des Portes.
Bref, j'admets bien volontiers que chacun donne son avis, aussi je vais mettre mon égo de coté. De toute façon, il semble que tu sois revenu sur ton avis. Ceci dit, je te serais reconnaissante de ne plus lancer ce genre d'accusation si tu n'en es pas la certitude, comme je l'ai déjà dit, c'est vexant.

Bref, pour en revenir à une note un peu plus positive, voici le sujet du prochain chapitre « toutes les mésaventures qui peuvent tomber sur Harry en une seule journée ». Vaste sujet, n'est-ce pas ? Si vous avez des idées de situations, je suis ouverte à toutes les propositions. N'hésitez surtout pas !

A la prochaine (pas toute de suite, j'ai mes partiels début février, donc ce sera probablement pas avant…) et bonne année à tous !!

Eterna