Les Maîtres des Dimensions

Résumé général : Alors que Harry déprime après la mort de Dumbledore, il rencontre Némésis, une étrange femme qui lui propose une mission : se rendre dans un monde parallèle afin de créer un autre futur. Il part donc en 1976, dernière année de ses parents à Poudlard, sous le nom de Terry Star, accompagné d'Hélios son phénix mais également de Drago, qui a été renié par son père, portant le pseudonyme de Sylciu Celford. Ils se présentent comme des cousins venus d'Amérique.

Chapitre précédent : Suite à l'absorption d'une potion de partagpensée, Drago perd connaissance et se retrouve coincé dans les souvenirs de Harry. Puis, peu de temps plus tard, Harry tombe également inconscient. Parallèlement, Veena accepte de se rendre à Pré-au-Lard avec Sirius pour se faire pardonner de sa réaction excessive après l'agression de Regulus. Remus, pour sa part, jure de découvrir le secret de Narcissa.

Chapitre 32 : Ensemble

- Cela semble confirmer mon diagnostic, soupira le Dragon en regardant les deux élèves allongés.

James ne savait pas si elle disait ça par dépit ou s'il s'agissait d'une simple constatation. Il ne posa pas la question. Voir ses deux amis sur un lit d'hôpital le ramenait à de très mauvais souvenirs. Sans parler de l'inquiétude qu'il ressentait. Il avait été appelé en tant que Préfet-en-Chef pour veiller sur Sylciu lorsqu'il avait vu avec effroi Terry être amené en urgence.

Le professeur Dumbledore entra, accompagné d'un Rogue aux traits tirés.

- Avant que vous ne posiez la question, Monsieur le Directeur, je vais être claire. Je ne sais absolument pas ce qu'ont ces deux élèves. Je pense que c'est en rapport avec la potion de Partagpensée, mais rien d'autre.

"Comment vont-ils ?"

La voix de Sirius raisonna bizarrement dans l'esprit de James. Il n'était pas sûr d'aimer ça.

"Je ne sais pas Patmol, concéda-t-il. Pomfresh non plus."

"C'est plus embêtant… Prévient moi si…"

"Évidemment."

L'amusement né de la possibilité d'échanger des pensées ou de fouiner dans les souvenirs des autres avait vite disparu lorsque les élèves avaient vu les effets de la potion sur les deux américains. James en avait presque été soulagé : Sirius n'avait, hélas, aucune notion de vie privée. Ce qui se passait entre Lily et lui ne regardait en aucun cas ce cabot !

Le Préfet-en-Chef, quand à lui, avait vite cessé ses investigations. Savoir combien de filles son meilleur ami avait mis dans son lit ne revêtait pas pour lui un quelconque intérêt (le jeune homme en question s'était insurgé face à un tel comportement – aucune notion de vie privée, je vous dis !).

puis, Terry avait été retrouvé inconscient et ce qui était inquiétude s'était mué en crainte.

- En principe, la potion devrait cesser de faire de l'effet d'ici quelques heures, non ?

Regardant Rogue qui venait de parler, James se demanda avec qui il partageait ses pensées. Mais le vert et argent semblait tout entier à son inquiétude pour son ami et son condisciple songea que ce n'était pas vraiment le moment de se poser ce genre de questions.

- C'est ce que j'espère, Monsieur Rogue, soupira l'infirmière. Et…

- Mmgrff

Les personnes présentes dans l'infirmerie sursautèrent en voyant Terry s'agiter et ouvrir les yeux. Le visage de Rogue s'illumina d'une façon que le Préfet-en-Chef n'aurait jamais imaginée. Décidément, il était possible qu'il ait fait une grosse erreur sur ce garçon, songea-t-il en voyant le Serpentard se ruer sur son condisciple.

- Terry ? Tu vas bien ? Bon sang, pourquoi te ne m'as pas dit que tu n'allais pas bien ? Et…

- Monsieur Rogue ! rugit le Dragon. Laissez le tranquille !

Le vert et argent eut un air penaud et s'écarta d'un Terry manifestement ahuri. L'infirmière s'approcha de lui et lui tendit ses lunettes.

- Comment vous sentez vous, Monsieur Star ?

L'interrogé regarda sa paire de lunettes d'un air incompréhensif avant de relever la tête vers Pomfresh.

- Monsieur… Star ? fit-il perdu.

L'infirmière cilla, manifestement surprise. Le directeur s'avança vers le malade.

- Comment te sens-tu ? demanda-t-il avec douceur.

- Je… je ne sais pas. Je… Qu'est-ce que je fais là ?

- Ton ami Severus t'a trouvé inconscient dans le dortoir.

- Severus… répéta le brun, comme cherchant à comprendre. Rogue ?

- C'est ça, approuva patiemment le vieil homme. Tu te souviens de lui, Terry ?

- Terry ? Non. Je m'app…

Il s'arrêta et regarda autour de lui, semblant commencer à comprendre ce qui se passait. Brusquement il sursauta, enfila ses lunettes, regarda autour de lui et poussa un cri de surprise.

- L'un de vous à un miroir ? demanda-t-il brusquement.

Rogue et James échangèrent un regard perplexe alors que le Dragon attrapait un petit miroir dans un tiroir pour le tendre au nouveau. Lorsqu'il posa les yeux sur le surface réfléchissante de l'objet, l'américain poussa un cri.

- Qu'est-ce que… Comment est-ce possible ?

- Je ne suis pas certain de bien suivre se qui se passe, se hasarda James.

Le Serpentard aux cheveux gras eut un hochement d'épaule montrant bien qu'il était également dépassé.

- Je ne suis pas Terry, annonça soudainement le brun. Ne me regardez pas comme ça ! Ce n'est pas une blague ! Moi, c'est Sylciu. Enfin… plus ou moins.

- Comment ça, plus ou moins ? s'agaça Rogue. Tu es Sylciu, oui, ou non.

- Oui. Enfin, je crois. C'est pas évident…

Le jeune homme semblait désorienté. Et il n'était pas le seul. Le Préfet-en-Chef comprenait de moins en moins.

- Pouvez-vous nous expliquer, Monsieur Celford ? s'enquit Dumbledore d'un ton bienveillant.

- Et bien… Je suis Sylciu. Je veux dire, je sais que je suis Sylciu mais… Mes souvenirs et tout ça… Ce sont ceux de Terry. Je ne sais pas comment expliquer… C'est…

- Impossible ? proposa Rogue.

Terry-Sylciu lui jeta un regard mauvais. Hélios entra sur ses entrefaites et se posa sur le bas du lit du brun. Il l'observa, puis regarda le corps de Sylciu, puis se reporta à nouveau sur le premier. Et laissa échapper une note interrogative – James n'aurait pas été surpris de voir un point d'interrogation apparaître au dessus de la tête du phénix.

- Manifestement, Hélios ne semble pas comprendre non plus. Professeur Dumbledore ?

- Si la question est de savoir si je comprends, ce n'est hélas pas le cas. Il est possible que la potion ait été amplifiée par quelque chose qui a amené vos esprits à se fondre l'un dans l'autre jusqu'à ce que vos corps ne parviennent plus à faire la différence entre l'un ou l'autre. Du moins c'est une possibilité.

- C'est déjà arrivé ?

- Oui, mais uniquement suite à des rituels complexes dans lesquels les esprits sont mis à rude épreuve. À ma connaissance, la potion de Partagpensées n'a pas ce pouvoir. Dans quel état d'esprit étiez-vous lorsque vous avez bu votre préparation ?

- Je n'avais pas envie que mon cousin ait accès à mes pensées les plus intimes. Je voulais trouver une solution pour empêcher ça… Pourquoi ne se réveille-t-il pas, d'ailleurs ?

- Je ne sais pas. Il a perdu connaissance plus tard que vous…

- Je sais. En fait, mon esprit était en train de se… comment dire ?... dissoudre, plus ou moins, dans le sien. Mais il… il a fait quelque chose qui m'a ramené vers lui. Je sais que mes explications sont assez confuses mais c'est surtout du ressenti. C'était… vraiment étrange. Comme si ses souvenirs, ses sentiments et ses pensées étaient une espèce de torrent dans lequel j'étais emporté sans pouvoir rien faire.

- Tu veux dire que tu as vu tous ses souvenirs ? s'étrangla Rogue.

- Oui. Je pense. Mais je ne me souviens plus de tout. Comme je l'ai dit, ce sont surtout les sensations que j'ai retenues. Pour le moment, j'essaie d'éviter autant que possible d'avoir accès à sa mémoire. Histoire d'éviter de m'y perdre à nouveau.

- Sage décision, approuva Dumbledore. Tant que nous n'en savons pas plus ou qu'il ne s'est pas réveillé, autant continuer dans cette optique. Sinon, physiquement, comment vous sentez-vous ?

- Bien. Un peu fatigué peut-être. Je soupçonne Terry de faire des nuits un peu courtes.

Rogue ricana.

- Quand il dort ! approuva-t-il.

Terry… enfin Sylciu – c'était assez déroutant – secoua la tête d'un air désabusé.

- Il est irrécupérable ! rit-il gentiment.

ooo

Finalement, après une bonne nuit de sommeil, le Dragon autorisa Drago à quitter l'infirmerie, estimant qu'il devait s'occuper pour éviter d'être emporté par les souvenirs de Harry. Le renié ne put qu'approuver. L'esprit de l'Élu avait une force qu'il n'avait pas soupçonnée.

Il arriva donc dans la tour des Gryffondors aux cotés d'un Préfet-en-Chef tendu.

- Terry ? s'exclama la voix surprise de Lily dès qu'il entra. Mais qu'est-ce que…

Son petit-ami la coupa, mais l'Anonyme n'eut pas de mal à comprendre la question : que faisait-il là, pourquoi avait-il l'uniforme des lions et autres interrogations du même acabit.

- Votre attention, s'il-vous-plait, appela James. Dans le but de ne pas répéter trente-six fois la même chose, je vais tout vous expliquer. Chacun sait que Sylciu et Terry ont eu des problèmes suite à la prise de la potion de partagpensées…

- Bien sûr qu'on le sait, on nous a tous fait prendre un antidote en catastrophe à cause de ça et le professeur Slughorn envisage de réunir des experts pour plancher sur cette potion, signala McKinnon d'un ton badin. Mais je suis contente de voir que finalement, c'était une fausse alerte.

- Pas vraiment, en fait, intervint Drago.

- Comment ça ? s'inquiéta Lupin.

- Il semblerait que Sylciu et Terry aient échangé leur place. La personne qui se trouve à coté de moi est Sylciu. Terry, lui, est toujours inconscient.

Il y eut un silence. Un long silence. Et puis Sirius éclata de rire.

- Bien joué Jamesie ! J'y ai presque cru ! gloussa-t-il. Hilarant

- Ce n'est pas une blague, signala l'Anonyme. Et croyez moi, ce n'est pas marrant du tout.

ooo

Dans tout Poudlard, on ne parlait plus que d'une chose : l'échange de corps entre les deux américains. Soucieuse, Veena s'était rendue à l'infirmerie pour y apprendre de la bouche même que Pomfresh que le corps du garçon blond étendu sur un lit contenait bien l'esprit de Terry.

- Je ne comprends pas, souffla Regulus à coté d'elle.

Ils étaient tous les deux au chevet de… Oui, c'était là que se situait le problème, justement. Ils étaient auprès de qui ? Sylciu Celford ou Terry Star ? Cette histoire d'échange des esprits était déroutante.

- À ton avis, comment va-t-il ? continua le Serpentard.

- C'est Terry. Il s'en sort toujours.

Le jeune Black approuva gravement.

- Sirius m'a dit que Celford – celui qui est dans le corps de Terry – ne va pas bien, lui. Il fait des cauchemars affreux et hier, en cours de métamorphose, il n'a pas contrôlé sa magie et a mis toute la pièce sans dessus dessous.

- C'est inquiétant. Il ne maîtrise pas la puissance de Terry. Il pourrait arriver un grave accident. Et puis, je ne suis pas sûre qu'il soit bon pour la santé mentale de Celford de demeurer trop longtemps dans le corps de son cousin.

- Tu es dure.

- Non, ce n'est pas méchant. Imagine que tout à coup tu te retrouves à être dans le corps de ton frère avec ses pouvoirs et ses souvenirs. Te sentirais-tu bien ? Arriverais-tu à rester toi ? Je suis sincèrement inquiète pour Celford.

- Donc, en plus d'être troublant, tu penses que c'est dangereux pour eux ?

- J'ai peut-être tort, mais c'est ce que je pense. Du point-de-vue de la psychologie moldue, c'est quasiment sûr. Mais en magie… comment savoir ? Mais je pense que moi, je me sentirais très mal.

- Cette discussion ne m'inquiète que plus encore.

- Navrée. Mais tu voulais savoir ce que j'en pensais, non ?

- La prochaine fois, je ne demanderai pas.

- Sage décision, sourit Veena, amusée.

- Passons à un sujet plus réjouissant. Tu vas à Pré-au-Lard avec mon frère, ce week-end, n'est-ce pas ?

- Je ne vois pas en quoi c'est plus réjouissant, maugréa la bleue et bronze.

- Tu es cruelle. Il est de bonne compagnie, tu sais.

- Si tu le dis. Enfin, je fais ça uniquement parce que j'ai honte de mon comportement envers lui. C'est tout.

- Quoi, tu ne le trouves pas séduisant ?

- Je ne vois pas le rapport.

- Par moment, tu es attristante, tu le sais ça ?

- Pour moi aussi c'est toujours un plaisir de converser avec toi, Reg, ironisa la jeune fille.

- Ce que je veux dire, c'est que je crois que tu plais à mon frère.

Veena se tourna vers lui, lui jetant un regard indéchiffrable.

- Ce n'est pas pour la santé mentale de Celford que je devrais m'inquiéter, mais pour la tienne ! annonça-t-elle avec le plus grand sérieux. Tu as pensé à consulter ?

- Ma santé mentale va très bien, merci. Je suis sérieux.

- C'est bien pour cela que je dis que tu divagues. Pourquoi ton frère s'intéresserait-il à une fille comme moi ? D'autant plus qu'il ne me connait pas.

- Et bien cette sortie est une occasion pour vous de faire connaissance !

- Qu'as-tu derrière la tête, Regulus ?

- Rien.

- Ben voyons. Et moi je suis Rowena Serdaigle !

- Bon. D'accord. Je trouve que vous feriez un joli couple.

La bleue et bronze s'étrangla.

- Cette fois, c'est sûr, tu as complètement perdu la raison ! diagnostiqua-t-elle. Sirius Black et moi ? Soyons sérieux !

- Je suis sérieux.

- Quoooi ? Il n'y a pas que Terry et Sylciu qui ont échangé leur corps ? (1) s'exclama Veena avec un faux air affolé.

- Tu as un humour pathétique ! Je disais que j'étais parfaitement réfléchi dans mes paroles !

- D'accord. Dans ce cas, je pense que je vais aller voir Pomfresh.

- Pourquoi ? fit le Serpentard, perplexe. Tu fais encore de l'humour.

- Nan. Je vais l'appeler pour qu'elle retienne une chambre pour toi dans le service psychiatrique de Ste-Mangouste, évidemment !

- Arg ! Tu détournes la conversation !

- Mais pas de tout. Et puis c'est l'heure d'aller en cours de protection.

- Les cours de protection ont été annulés à cause de l'état de Terry et Celford. Ne crois pas pouvoir fuir comme cela, Veena.

- Tu m'agaces.

- Et oui, que veux-tu ? On appelle ça le soutien fraternel.

- Misère ! Quand vas-tu arrêter avec cette histoire ?

- Quand tu auras admis la vérité.

- C'est mal parti, soupira la jeune fille pour elle-même.

Elle espéra de tout cœur que les frères Black ne soient pas aussi têtus l'un que l'autre.

ooo

Jamais Drago n'aurait pensé qu'il était si difficile d'être dans la peau de Harry Potter. Les souvenirs de l'Élu étaient tellement difficiles, des cauchemars le hantaient, ses pouvoirs étaient si puissants que leur contrôle demandait une concentration de chaque instant. Comment faisait-il ?

Allongé sur son lit, le renié tremblait encore de son dernier rêve – la mort de Diggory et la renaissance de Voldemort – et il ne savait plus comment faire pour se reposer. Il comprenait que l'Élu dorme peu si toutes ses nuits étaient ainsi. Les souvenirs de celui-ci étaient difficilement acceptables. Il avait vu – sans que Drago ne sache vraiment comment – beaucoup des actes du Seigneur des Ténèbres et pas les plus beaux.

De plus, ayant vu dans son sommeil la mort de l'évadé Sirius Black, l'Anonyme avait les plus grandes difficultés à soutenir le regard du Sirius local.

En outre, au-delà des rêves, il y avait les pouvoirs de Harry. Ils étaient ingérables. Sa legilimencie était affreuse, lui donnant accès aux pensées des autres dans une cacophonie infernale. Drago ne se sentait pas capable de maîtriser une telle puissance. Il comprenait à peine comme le Survivant s'y prenait.

- Cauchemar ?

Le renié se tourna pour croiser le regard d'ambre de Remus.

- Désolé de t'avoir réveillé, souffla le voyageur dimensionnel.

Le Maraudeur balaya l'excuse d'un geste de la main.

- Tu veux en parler ?

- Je… je ne sais pas comment il fait… murmura Drago, autant pour lui-même que pour son camarade.

- C'est si dur que ça ?

- Je ne sais pas. Mais pour lui, oui. J'ai du mal à dissocier nos sentiments vis-à-vis des rêves.

- C'est normal, fit le lycanthrope en se levant. Les rêves sont une expression du subconscient, en l'occurrence celui de Terry. Donc il me parait logique que tu ressentes ses sentiments.

- Comment dois-je faire ?

- En temps normal, je te conseillerais de faire la paix avec ces sentiments, mais comme ce ne sont pas les tiens, je dois admettre que c'est difficile. Alors, dans l'immédiat bois cela. Ça te permettra de prendre du repos.

Drago regarda la fiole de potion que lui tendait Remus.

- De la potion de sommeil sans rêve, précisa-t-il. J'ai pensé que tu en aurais sûrement besoin après les deux dernières nuits que tu as passées.

L'Anonyme observa un instant son camarade, sans mot. Il avait vu cela ? Et il avait pensé à aller chercher une potion ? Pourquoi ? Il prit le flacon.

- Merci, Remus.

Il avala la potion et se sentit emporté dans une douce inconscience.

- Pas la peine de me remercier, c'est ce que font les amis…

Morphée accueillit Drago dans ses bras avant que la phrase ne soit finie.

ooo

Remus sourit en voyant Sirius changer pour la quatrième fois de chemise en l'espace de dix minutes. Allongé dans son lit, Sylciu – toujours dans le corps de Terry – gloussa.

- Tu sais que tu as dit que à Terry que tu trouvais Veena bizarre quelque chose comme une quarantaine de fois ? fit-il.

Le jeune Black gémit. L'américain eut un sourire en coin.

- Ne le taquine pas, Sylciu ! Il est déjà assez sur les nerfs comme ça ! fit le loup-garou, moralisateur.

Le nouveau eut un air désolé qui manquait de sincérité. Remus le comprenait sans mal, il était très divertissant de voir Sirius dans cet état de nerf.

- Tu as vraiment un béguin pour elle ? demanda Sylciu.

L'animagus chien eut un marmonnement inintelligible en s'engouffrant dans la salle de bain. C'était une sorte d'aveu, songea le lycanthrope.

- Étrange, Sunlight n'est pas le genre de fille auquel s'intéresse Sirius, d'habitude. Et il n'est jamais aussi nerveux.

- Tu penses qu'il a plus qu'un béguin ? demanda l'américain.

- Je me demande. Que sais-tu sur elle ? Enfin, que sait Terry ?

- Il l'estime. Il pense qu'elle manque vraiment de confiance en elle. À mon avis, étant donné le comportement qu'elle a et son estime d'elle-même, elle ne pensera pas que Sirius puisse vraiment s'intéresser à elle. Mais elle est intelligente et pertinente. Très attachée à Regulus aussi. Et elle a un tempérament bien trempé.

- Je serais tenté de dire qu'elle est parfaitement ce qu'il faut à Sirius, qu'en penses-tu ?

Sylciu eut un sourire complice.

- Il va falloir convaincre cette jeune fille des sentiments de notre cher camarade surexcité, fit-il.

- Mmm. Voyons ce qui va se passer aujourd'hui et après, nous aviserons.

- Je vais regretter de ne pas venir, soupira le nouveau.

- Tu peux changer d'avis, tu sais.

- Non, j'ai besoin de repos. Ta potion me permettra de dormir. Et puis avec le peu de contrôle que j'ai sur la magie de Terry, aller à Pré-au-Lard serait de la folie.

- Je comprends. Repose toi bien.

- Et celle-là ? s'exclama Sirius en arrivant avec une nouvelle chemise.

Sylciu et Remus éclatèrent de rire de concert.

ooo

James revint au dortoir après avoir mis au point les derniers détails de la sortie pour trouver une image assez déconcertante. Sur le lit de son presque-frère s'amoncelaient un grand nombre de chemises et pull en tous genres. Et sur celui de Sylciu, l'américain et Remus se tenaient les côtes, riant aux éclats.

- Que se passe-t-il ? s'enquit le Préfet-en-Chef.

- Sirius est amoureux, claironna le loup-garou entre deux éclats de rire. Pire que toi !

Le fou-rire du nouveau redoubla. Posant les yeux sur le blond, James pensa furtivement qu'il n'avait jamais vu Terry s'esclaffer de la sorte. Il était toujours un peu trop sérieux. Chassant cette pensée, le préfet-en-chef se tourna vers les deux hilares, l'air interrogateur.

- Des difficultés vestimentaires, précisa Remus.

- Il faut que nous y allions, fit le jeune Potter, amusé. Nous risquons d'être en retard.

Sirius fit un bond vers la porte.

- Je ne peux pas être en retard ! cria-t-il en disparaissant.

- Je vois le problème, nota le Préfet-en-Chef en tentant difficilement de garder son sérieux.

- N'est-ce pas ?

Les trois amis partirent dans un nouvel éclat de rire.

- J'ai manqué quelque chose ?

Ils se tournèrent vers un Peter surpris. Il était parti chercher de quoi déjeuner pour Sylciu qui avait décidé de garder le lit ce jour-là.

- On te racontera tout en route, fit Remus. Repose toi bien, Sylciu !

ooo

Remus observait du coin de l'œil Sunlight et Sirius. La jeune fille semblait plus irritée qu'autre chose et le Maraudeur paraissait tendu. Traduction : cela ne se passait pas très bien.

James étant avec Lily et Peter avec une jolie Poufsouffle, le lycanthrope s'était porté volontaire pour veiller au grain. Il soupira en se demandant ce qu'il allait bien pouvoir faire pour détendre l'atmosphère.

- Mission de surveillance ? fit une voix rieuse derrière lui.

Il sursauta et se retourna violemment pour tomber nez-à-nez avec Narcissa Black.

- Si on veut, grommela-t-il.

- Un peu d'aide ?

Il regarda la Serpentard, perplexe.

- Ne me regarde pas comme si je te tendais un piège, Lupin. Il semble que mon cousin soit attiré par Sunlight. Du moins, c'est l'avis de Regulus.

- Ça, je peux confirmer sans problème. Et c'est même une grosse attirance, si tu vois ce que je veux dire.

- C'est mignon. Selon Reg, c'est une gentille fille. Il pense qu'ils feraient un joli couple.

Elle eut un grand sourire.

- Bon, reprit-elle, on lui donne un coup de main ? A moins que tu ne préfères supporter un Sirius Black déprimé…

- Merlin m'en préserve ! Allons-y.

Narcissa rit franchement. Le lycanthrope ne put s'empêcher de la trouver une nouvelle fois différente des années précédentes… et beaucoup plus séduisante. Il repoussa immédiatement cette pensée pour se concentrer sur son ami.

- Un plan ? s'enquit-il.

- J'y travaille.

- Excellent, la ruse des Serpentards ne sera pas de trop, cette fois.

- À mon avis, nous aurons également besoin de tout le courage des Gryffondors pour cette mission, agent Lupin.

- Je ne vous le fais pas dire, agent Black ! Une mission périlleuse en perspective.

Pouffant, les deux complices se mirent en route.

ooo

Albus releva un regard soucieux vers Horace. Celui-ci venait de mettre en place un groupe spécial d'étude qui se penchait sur la potion de partagpensées. Le but était évidemment de comprendre la réaction des deux envoyés de Némésis. En attendant, les aurors avaient interdiction d'utiliser cette potion pour leurs missions.

- Terry est toujours inconscient, fit le directeur. Je suis inquiet, Horace. Il faut trouver une solution, vite. D'autant plus que Monsieur Celford ne va pas très bien. Il est nécessaire de remettre les choses dans l'ordre au plus vite.

- Nous y travaillions, Albus. J'ai annulé tous mes cours de la semaine prochaine et mes collègues ont également annulé toutes leurs obligations. Nous travaillons d'arrache-pied. Cependant, Messieurs Star et Celford sont les premiers à avoir une telle réaction à cette potion en cent soixante-sept années d'existence.

Le vieux mage soupira alors que le professeur de potion quittait son bureau. Fumseck émit une note apaisante. Albus lui lança un pauvre sourire en se levant.

- Allons le voir, dit-il d'une voix douce.

Le phénix s'envola, suivant le sorcier dans les couloirs de Poudlard jusqu'à l'infirmerie. Il y trouva, sans surprise, Terry – dans le corps de son cousin – allongé sur un lit, Hélios à ses cotés.

- Il va vraiment falloir trouver une solution, souffla le directeur. Rapidement.

ooo

- Mais ils le font exprès, pesta Narcissa.

À coté d'elle, Lupin pouffa. Elle lui lança un regard noir.

- Ce n'est pas drôle, signala-t-elle.

- En fait, si. Je n'ai jamais vu Sirius aussi maladroit ! C'est très divertissant.

- Mauvais ami, accusa la Serpentard.

Son complice lui offrit un sourire innocent. Gênée, elle détourna les yeux, se concentrant sur son cousin. Depuis quand Lupin lui faisait-il un tel effet ? Bon d'accord, cela faisait un moment, mais elle n'était pas censée jouer les adolescentes aux hormones un peu trop présentes !

Cette idée d'aider le Maraudeur n'était peut-être pas aussi bonne qu'elle l'aurait cru.

- Hum. Allons aux Trois Balais, histoire de mettre en place un nouveau plan.

Une partie de Narcissa signala que la proposition du Gryffondor était une très mauvaise idée.

- Parfait, fit-elle.

Qui avait dit que les Serpentards étaient des gens censés ? Cette personne n'avait jamais croisé une vert et argent amoureuse…

Minute ! Amoureuse ?! Non, non, non, non, non. Elle ne venait pas d'admettre ça ! Pas question ! Im-pos-si-ble !

- Black ? Tout va bien ?

- Hmm ? Oui-oui. Je… je cherche un plan pour Sirius et Sunlight.

Zut, elle n'était pas en train de rougir, tout de même ?

- Ok, approuva Lupin en poussant la porte des Trois Balais et en invitant la jeune fille à entrer.

ooo

- Bizarre.

Veena releva la tête pour voir Black fixer l'entrée des Trois Balais d'un air surpris.

- Quoi ? s'enquit-elle.

- Oh. Rien de spécial. Juste que je ne savais pas que Remus avait prévu de venir avec ma cousine.

- Narcissa ? Regulus m'avait dit qu'il irait avec elle.

- Tu crois qu'il y a quelque chose entre Narcy et Remus ?

- C'est à moi que tu le demandes ? s'étonna la Serdaigle. Je n'en ai pas la moindre idée.

- Il faudra que je lui tire les vers du nez, décida le Maraudeur.

- La vie privée, ça te dit quelque chose ? fit Veena, acide.

Black haussa les épaules.

- James dit que je ne connais pas la notion. Et puis, c'est de ma cousine et d'un de mes meilleurs amis dont on parle, il est de mon devoir d'enquêter !

- C'est écrit où ?

- C'est évident, voyons ! C'est un devoir moral.

- D'aaaaccord.

- Serait-ce de la moquerie que j'entends dans ta voix ?

- Moi, me moquer du grand Sirius Back ? fit la jeune fille avec un air innocent. Jaaamais !

- C'est de la moquerie. Je suis blessé, tu sais.

Le ton et la mimique du Gryffondor démentaient ses paroles. Veena sourit.

- Vraiment ?

- Parfaitement ! affirma-t-il. Il semble que tout le monde se soit ligué contre moi, aujourd'hui.

- Pauvre petite chose !

- Chose ? s'étrangla Black. C'est bien la première fois que l'on me traite de chose ! Je suis Sirius Black, le plus beau des Maraudeurs. Ainsi que le plus intelligent, le plus charismatique, le plus…

- Modeste ? proposa la bleue et bronze.

- Aussi et… Tu te fous encore de moi ! protesta-t-il.

Veena ne put s'empêcher d'éclater tout bonnement de rire.

- Tu le fais exprès, n'est-ce pas ?

- De quoi ?

- D'agir comme ça pour détendre l'atmosphère.

- Bah, il fallait bien que quelqu'un se dévoue, et puis je suis doué pour faire le guignol. Sans vouloir te vexer, ce n'était pas vraiment un rôle pour toi.

- Tu as raison.

- Bon, c'est pas tout ça, mais une crêpe, ça te dit ?

- Une proposition pareille, ça ne se refuse pas.

La Serdaigle suivit le jeune homme, se demandant s'il avait visé juste ou si Regulus lui avait dit qu'elle adorait les crêpes… Peu importait dans le fond, car elle commençait à apprécier cette sortie, tout compte fait.

ooo

"Ah ! Tu te réveilles enfin. Ce n'est pas trop tôt !"

Drago grogna en émergeant de son sommeil.

- Laisse moi dormir !

"J'ai pas vraiment envie. Tu te réveilles ?"

- Nan.

"Debout Drago !"

L'interpellé ouvrit un œil, puis l'autre et observa autour de lui.

- C'est pas vrai, j'entends des voix, maintenant.

"Presque Jeanne d'Arc. Mais en fait, ce n'est que moi."

Le renié cilla avant de comprendre.

- Harry ? Où es-tu ?

"Tu m'appelles Harry maintenant ? Excellent. Enfin bref, je suis à l'infirmerie."

- Mais comment je t'entends ?

"Potion de partagpensées, je pense. Qu'est-ce que tu fais dans mon corps ?"

- Potion de partagpensées selon Dumbledore.

"Génial. Combien de temps je suis resté inconscient ?"

- Un peu plus d'une semaine.

"C'est pas vrai ! Je suis maudit."

- Probablement.

"Merci de ton soutien."

- C'est naturel.

"Comment je retrouve mon corps ?"

- Aucune idée.

"C'est pas vrai, je dors une pauvre petite semaine et tout part en vrille dans cette école !"

- La modestie, Harry, la mo-des-tie !

ooo

- Terry ! s'exclama Albus.

Le jeune homme tourna son regard vert vers le directeur. C'était la seule partie de lui qui n'avait pas changée.

- Comment te sens-tu ?

- Mal à la tête. Et je veux mon corps.

- Le professeur Slughorn y travaille activement. Je suis heureux de voir que tu vas bien.

- Vous vous en faisiez pour moi ? Voyons, vous savez bien que, d'une manière ou d'une autre, je m'en sors toujours.

Le directeur observa un instant le garçon, prenant le temps de préparer sa réponse.

- Il est vrai que tu sembles avoir une chance insolente. Cependant, Terry, ne prends pas de risques inconsidérés. Je me doute que tu n'es pas un adolescent comme les autres – Némésis t'a envoyé ici, après tout, et même sans cela, ton comportement est criant – mais tu es un adolescent tout de même. J'ai peur que tu aies tendance à l'oublier.

Pour être honnête, Albus n'avait pas la moindre idée de la réaction que pourrait avoir le Serpentard face à ces paroles. Aussi ne fut-il pas vraiment surpris de ne pas recevoir de réponse. Seul un sourire mélancolique flotta sur les lèvres de Terry.

- Vous êtes bien les mêmes, murmura énigmatiquement le faux américain.

Le vieil homme fronça les sourcils.

- Pardon ? fit-il.

- Non, rien. Comme vous le dites, Némésis m'a envoyé ici pour une bonne raison. Elle semblait penser que j'étais le plus à même de répondre à votre appel à l'aide. Un élève avait plus de chance de parvenir à vous aider qu'un professeur, ne pensez-vous pas ?

- Peut-être pas lorsque tu es arrivé. Mais face à tes résultats, pourrais-je raisonnablement dire le contraire ?

- Certainement pas, intervint une troisième voix, bien connue des deux interlocuteurs.

- C'est assez déconcertant, releva Terry pour le nouveau venu.

- Tu parles, c'est tout juste si je ne sursaute pas chaque fois que je passe devant un miroir. Il y a de quoi devenir paranoïaque !

Le vert et argent gloussa.

- Tu as l'impression que je te poursuis, Sylciu ? fit-il.

- Je ne trouve pas ça drôle. C'est même très déplaisant. Qu'as-tu encore fait ? répliqua l'interrogé.

- Pourquoi cela viendrait-il de moi ? s'indigna son cousin sous le regard amusé d'Albus.

- Parce que c'est toi, l'aimant à problèmes ici, affirma le jeune Celford avec un air assuré.

- Tu es cruel, Sylciu.

- Le mot est réaliste, cher cousin. Ré-a-lis-te.

Une note joyeuse raisonna dans l'infirmerie.

- Tiens, releva Terry. Sa Sérénissime Altesse à plumes se réveille. C'est bon, Hélios, tu es confortablement installé j'espère ?

La question du sorcier était chargée d'ironie. Le phénix avait en effet établi ses quartiers sur le lit de son maître, prenant une place impressionnante pour un être de cette taille. Albus croisa le regard de Sylciu Celford qui tentait tant bien que mal de ne pas se mettre à rire et se détourna rapidement, l'hilarité menaçant à son tour de l'atteindre. Toussotant pour se donner contenance, il se leva et prit la parole.

- Je vais vous laisser. Le professeur Slughorn poursuit ses recherches pour trouver un antidote à la potion que vous avez prise. Je vais aller voir où il en est. Surtout, prévenez moi au moindre problème, messieurs.

- D'accord, professeur, fit le Gryffondor.

Albus quitta sur ses entrefaites l'infirmerie.

ooo

Harry regarda Drago d'un air critique alors que le professeur Dumbledore disparaissait.

- Mal dormi ? Tu as une tête épouvantable, releva-t-il.

- C'est la tienne, je te signale, répliqua le renié, acerbe.

Son équipier éclata de rire.

- Tu as raison ! Cette situation est pour le moins déroutante.

- J'avais d'autres qualificatifs en tête, mais c'est vrai.

Drago sembla hésiter avant de reprendre.

- Tu sais… je… Je ne pensais pas que tu… enfin, que tu souffrais autant. Tous ces cauchemars, toutes ses peurs… comment fais-tu pour supporter tout cela ?

- Je me concentre sur autre chose, je suppose.

- Je t'ai mal jugé… Je pensais… je ne sais pas. Je croyais que tu étais fier de ta célébrité, que tu aimais ça… Que tu étais aimé pour cela. Je ne pensais pas que ce soit aussi dur pour toi.

- Tout comme je n'avais pas compris ce que représentait réellement le reniement. Ce que ça impliquait pour toi. Nous nous étions mal jugés, Drago. Peut-être principalement parce qu'avant d'arriver ici, nous n'avions jamais vraiment cherché à connaître l'autre. Et qu'après… et bien avec les Horcruxes, Voldemort et le rapprochement des maisons, nous avions d'autres sujets de préoccupation.

- Les Horcruxes. Justement, le journal devrait se trouver au Malefoy Manor.

- Pardon ?

- Tu as accès à mes souvenirs, n'est-ce pas ? fit Drago. Alors tu dois savoir qu'il existe une cave dans le manoir.

- Une cave à vin. Mais je ne comprends pas où tu veux en venir.

- Parce que tu ne regardes pas bien. Je pense que tu utilises ton occlumencie pour protéger ton esprit de l'incursion de mes souvenirs. Laisse les entrer. Pense à la cave…

Harry fronça les sourcils et se concentra. La cave du Malefoy Manor. Ok. Les souvenirs de Drago étaient assez précis. Principalement du vin. Les meilleures bouteilles seulement. Son père en était très fier. Et puis…

- Une cavité cachée… murmura l'orphelin.

- Précisément. C'est là que se trouvait le journal avant que mon père ne le donne à Weasley fille.

- Soit. Mais qu'est-ce qui te fait dire qu'il s'y trouve déjà ? Après tout, c'est ton grand-père et ta grand-mère qui habitent actuellement le manoir, je me trompe ?

- Non. Mais Grand-Père est également un serviteur zélé du Seigneur des Ténèbres. Peut-être était-ce lui et non mon père qui avait reçu le journal. De toute façon, d'une manière ou d'une autre, il va bien falloir vérifier s'il se trouve là-bas, n'est-ce pas ? Alors, une vérification s'impose.

- Minute ! Drago, tu es en train de proposer une virée au Malefoy Manor ?

- Ta perspicacité est éblouissante ! ironisa l'Anonyme.

- C'est de la folie !

- Peut-être pas. Réfléchis, c'est le moment ou jamais : tu as mes souvenirs, donc si nous sommes séparé, nous pourrons toujours nous en sortir chacun de notre coté. De plus, nous avons ce lien qui nous permet de discuter mentalement. C'est l'instant idéal.

- Tu es sûr que tu n'as pas pris un coup sur la tête ? Pour l'amour de Merlin, Drago, tu veux que nous y allions, maintenant ?

- Évidemment ! Autant profiter de notre situation. D'autant plus qu'on ne sait pas combien de temps cela durera. Tu sais que j'ai raison !

- Je sais que c'est l'imprudence même !

- Parce que partir seul chercher le médaillon c'était prudent, peut-être ? Harry, c'est la meilleure solution. Nous sommes samedi soir, ma grand-mère adorait faire de la philanthropie. Elle ne ratait pas un seul gala et généralement, il y avait des galas le samedi soir. Et comme elle trainait systématiquement son mari et mon père avec elle, le manoir sera vide.

- C'est un peu juste comme assurance. Drago, c'est de la folie et…

- Terry !

L'intervention soudaine de Veena mit fin à la conversation.

ooo

Ce fut avec une joie non dissimulée que Veena se rua vers le lit du Serpentard – toujours dans le corps de son cousin.

- Tu es réveillé ! Oh mon Dieu, comme je suis contente ! Tu vas bien ?

Terry eut un doux sourire.

- Tout va bien, Veena. Et toi ? Ta journée avec Sirius ?

La Serdaigle se demanda comment le jeune homme pouvait penser à ça alors qu'il venait de se réveiller. N'y avait-il pas des choses plus intéressantes et importantes ? Elle soupira.

- Moins horrible que ce que je pensais, fit-elle.

Celford – dans le corps de Terry, c'était assez étrange – eut un petit rire amusé.

- Pauvre Sirius. S'il t'entendait… Tout bien réfléchi, je préfère qu'il ne t'entende pas. L'idée d'un Sirius Black déprimé dans le dortoir n'a rien d'attirant.

- Déprimé ? répéta la jeune fille, perplexe. Pourquoi ? J'aurais blessé son amour propre ?

Le Gryffondor ne répondit pas, se contentant de ce sourire mystérieux qu'elle avait déjà vu sur le visage de Terry. Ces américains étaient vraiment surprenants. Mais elle avait été honnête, elle avait apprécié la journée. Sirius pouvait être charmant lorsqu'il arrêtait son numéro de charme. Il était d'une compagnie agréable…

- Parlons d'autre chose, fit-elle. Comment vous sentez-vous tous les deux ?

- Bien, dans l'ensemble. Mais ça fait bizarre. J'espère que ça ne durera pas… De toute façon, le professeur Slughorn travaille sur un antidote. Nous aurons retrouvé nos corps incessamment sous peu.

Quelque chose disait à Veena que ce n'était pas aussi simple que ça. Mais peut-être était-ce encore son pessimisme qui s'exprimait.

ooo

Narcissa ne se sentait pas très bien. Elle venait de rentrer à Poudlard après avoir passé la journée à Pré-au-Lard et marchait d'un pas vif dans les couloirs. Elle voulait se retrouver seule avec elle-même. Ses sentiments étaient trop confus et elle avait besoin d'y mettre de l'ordre.

Remus Lupin. Il y a peu, ce n'était qu'un nom comme un autre aux oreilles de la jeune fille. Qu'est-ce qui avait changé au juste ? Elle ne comprenait pas. A quel moment Lupin était-il devenu important pour elle ?

Merde – ce mot était mal venu dans la bouche d'une jeune fille de bonne famille, siffla une voix dans son esprit, probablement celle de l'une de ses tutrices. MERDE.

- Je ne suis pas amoureuse de lui, s'exclama-t-elle pour elle-même une fois dans l'intimité de sa chambre.

Ce n'était pas du tout convaincant.

- Mer-de !

ooo

Les bras croisés sur le torse, Drago lançait un regard perçant à l'Élu. Celui-ci venait d'enfiler sa cape en grommelant. Les deux voyageurs dimensionnels avaient passé deux heures à se disputer pour savoir s'ils partaient ou non au Malefoy Manor. Drago avait fini par vaincre – ce qui était couru d'avance, il était impossible de refuser quoi que ce soit au renié, tout le monde savait ça.

Bref, ils étaient donc sur le départ. Hélios voletait autour de Harry, manifestement surexcité. Il avait semble-t-il l'intention d'aller avec eux. Parfait. Cela compenserait le problème de la magie. Problème qu'il avait malheureusement omis de signaler à son équipier. Oups. Nul n'est parfait, comme on dit. N'est-il pas ?

- Je suis prêt, annonça Harry.

Drago approuva – c'était vraiment bizarre de voir son propre corps devant lui. Et encore, ce n'était que son apparence d'emprunt.

- Oh ! Tant que j'y pense, fit le jeune Potter en se tournant vers son pseudo-cousin alors qu'il se dirigeait vers le parc, il faudra que nous ayons une petite discussion sur Marina. Et tes sentiments.

Le renié grogna. Il n'avait pas du tout envie de parler de ça.

- Il n'y a rien à dire.

- Moi je crois que si. D'après ce que je ressens, tes sentiments envers elle sont confus. Drago, il faudrait vraiment que tu en parles.

Les deux compagnons arrivèrent dans le parc. Ils avaient convenu d'utiliser les sombrals pour le voyage.

- Pour quoi faire ? Harry, de toute façon, même si j'arrive à démêler le sac de nœuds dans lequel sont embrouillés mes sentiments pour elle, ça ne changera rien.

- Si. Ça t'aidera à avancer. Et c'est important, crois moi.

- Depuis quand es-tu un expert de la question sentimentale ?

- Je ne le suis pas. Mais je suis ton ami et je suppose que mon rôle est de t'ennuyer avec ça.

- Je savais que devenir ami avec toi était une erreur ! grommela le renié.

- Et oui. Je suis insupportable. Mais ce n'est pas comme si tu ne l'avais pas su : Rogue l'a répété pendant six ans.

- Je savais qu'il était de bon conseil.

- Tu fuis la conversation.

- Où sont les sombrals ?

- Piètre tentative, siffla Harry d'un air méprisant. Ils sont là. Tu les vois ?

- Oui. Charmants. J'espère qu'ils sont aussi rapides que tu le dis.

- Drago, tu recommences ! Le sujet de départ était Marina.

- Non, le sujet, c'est le journal. Et notre virée au Malefoy Manor.

- Je réussirai à te tirer les vers du nez ! prévint le Survivant.

- Plaisante métaphore.

- Expression moldue.

Sur ce, ils montèrent sur les sombrals qui prirent leur envol sans attendre, après que Drago leur ait donné la destination. L'Anonyme fut surpris par la vitesse avec laquelle ils arrivèrent au manoir. Prenant une profonde inspiration, il descendit de la créature ailée.

"Tout va bien ?" lui demanda mentalement Harry dont la monture se posait à son tour.

Il avait dû sentir le trouble qui s'était emparé de son compagnon.

"Ça ira." Drago n'en était pas aussi sûr que ça, mais il espérait que l'Élu ne le sente pas. Ce dernier ne fit aucun commentaire, mais le renié eut l'impression qu'il n'était pas dupe.

"Comment va-t-on entrer ?" demanda-t-il en mettant pied à terre.

"Le manoir ne me reconnaîtra pas à cause du reniement. Donc il va falloir forcer une porte. La porte principale."

"Vraiment ? J'aurais plutôt tenté une autre entrée."

"Parce que tu ne consultes pas mes souvenirs. Sinon tu saurais que comme c'est le réflexe de la plupart des personnes, c'est la grande porte qui est la moins protégée. D'autant plus que c'est nécessaire dans le sens où il faut bien que les invités puissent entrer."

"Bien." Harry s'avança dans le parc du manoir. Les sombrals leur avaient permis d'éviter les sortilèges de clôture – et c'était bien là la raison pour laquelle ils les avaient utilisés – mais le plus dur restait à faire. Bonne nouvelle, cependant, tout était calme et aucune lumière ne filtrait du bâtiment malgré la nuit tombante. Avec un peu de chance, Drago aurait vu juste.

"Et maintenant ?" Face à la porte, les deux complices se regardèrent.

"Je doute qu'un simple Alohomora suffise," développa le Survivant. Il avait parfaitement raison, mais le renié décida de ne pas le lui dire.

"Tu as peur que je prenne la grosse tête ?" railla Harry.

"Silence ! Je réfléchis." Un ricanement attira l'attention de Drago. À coté de lui, son compagnon peinait à garder son sérieux. Il lui lança un regard noir.

"Ce n'est pas le moment !" prévint-il, vexé.

"Désolé." Il paraissait évident que le sauveur du monde sorcier ne l'était pas le moins du monde. "J'ai peut-être un sort pour ouvrir," poursuivit-il.

"Peut-être ?" releva l'Anonyme.

"Oui. Un sort de magie antique qui est sujet à débat selon les livres. Je t'épargne les détails…"

"Trop aimable."

"… mais il semblerait qu'il soit un peu trop tardif d'après les auteurs," poursuivit Harry, imperturbable.

"Essayons."

"Il y a un autre problème. Je ne suis pas sûr de pouvoir utiliser correctement mes pouvoirs en étant dans ton corps."

"Ah." En effet, Drago avait déjà pensé à cette difficulté. Ils avaient tous les deux développés une magie qui leur était propre – lui les runes, Harry la magie ancienne. Or, ce genre de magie était-elle attaché à l'esprit ou au corps ? À moins que ce ne soit aux deux ?

"Aux deux, je pense" répondit son ami. Merlin, il fallait que cette situation cesse ! "Tu n'as qu'à protéger ton esprit ou penser moins fort. Donne moi ta main."

Le renié se tourna vers Harry, interloqué.

"Non, je ne te demande pas en mariage," fit ce dernier, irrité, "reste calme. Nous allons réciter la formule ensemble en unissant nos pouvoirs, ainsi nous pourrons utiliser la magie antique."

Drago s'exécuta de mauvaise grâce. "Dépêchons," le pressa son complice. "Je n'ai aucune envie que nous nous fassions prendre la main dans le sac !"

Quelques instants plus tard, l'Anonyme connaissait la formule. Manifestement, Harry avait compris comme utiliser leur lien et l'occlumencie ensembles.

- Ô Janus, qui des ouvertures est l'empereur,

Que cette porte s'ouvre sur l'heure !

Drago sentit une puissance à couper le souffle se soulever en lui – à moins que ce soit en Harry ? À cet instant, les esprits des deux sorciers étaient si étroitement connectés que c'était difficile à dire – et échapper dans un éclat de lumière dorée. La porte du manoir n'opposa aucune résistance et s'ouvrit aussi facilement qu'un rideau de tissus.

- Merlin, souffla le renié, stupéfait par la puissance qu'ils avaient déchainée.

- Tout va bien ?

Relevant les yeux vers le Survivant, Drago commença à comprendre pourquoi le Seigneur des Ténèbres le craignait.

- Il ne me craint pas. Et si tu avais un peu plus foi en toi, tu verrais que tes runes sont beaucoup plus puissantes que tu te plais à le croire. Entrons.

L'ancien Malefoy obtempéra, bien qu'il ne soit pas convaincu. Guidés par ses souvenirs, les deux visiteurs se rendirent rapidement et aussi silencieusement que possible dans la cave. Elle était parfaitement identique à celle que connaissait le renié. Dépassant les bouteilles des meilleurs vins mondiaux sans y prêter attention, les deux complices arrivèrent devant l'entrée secrète.

"Ce sont des runes qui l'activent" informa Drago en préférant ne pas parler au cas où quelqu'un aurait été dans la cuisine juste au dessus d'eux. "Je vais m'en occuper."

"Tu veux ma main je suppose ? Cela dit sans arrière pensée."

"T'es lourd !"

"Je prends ça pour un oui, Don Juan."

"Tu vas arrêter, oui ?"

"Lorsque nous aurons discuté de Marina."

L'Anonyme crut qu'il allait tomber par terre d'effarement.

"Quooooi ? Merlin ! Tu trouves vraiment que c'est le moment ?"

"Il ne faut jamais remettre à demain ce que l'on peut faire aujourd'hui, dit-on."

"Ouais. On dit aussi : chaque chose en son temps. Ta main." Un sourire sur les lèvres, Harry s'exécuta. De nouveau, ils n'eurent aucun problème à passer la protection qui ne résista pas un instant à Drago. Les deux sorciers d'un autre monde entrèrent donc dans la cachette qui contenait les secrets de la famille Malefoy. A leur grand étonnement, Hélios s'y trouvait déjà.

- Je peux savoir comment tu es entré, toi ? souffla son maître.

L'animal ne daigna pas répondre – ce qui ne surprit personne – et désigna un carnet de la tête.

- Je n'arrive pas à y croire, le journal de Tom Jedusor !

L'Anonyme sentit la stupéfaction de son équipier. Manifestement, il ne pensait pas trouver le journal au manoir.

- Ta confiance me touche, siffla-t-il d'un air mécontent.

Dans le fond, il n'était pas réellement en colère. Il était plus amusé de la réaction de Harry qu'autre chose. Et peut-être également touché aussi. Que le Survivant l'ait suivit alors qu'il pensait que le journal ne serait pas au manoir.

- À ton avis, Voldemort l'a donné à ton père ou à ton grand-père ?

- Va savoir… Ne perdons pas de temps et partons. Nous réfléchirons à cela plus tard.

Harry approuva et se saisit vivement du journal. Les deux amis tournèrent les talons, s'apprêtant à sortir quitter la cave secrète.

- Je savais que c'était trop simple, nota soudainement l'Élu.

Drago admira son sang froid. Devant eux se tenait une créature pas tout à fait rassurante.

- Qu'est-ce que c'est à ton avis ?

- Je ne sais pas, mais je n'ai pas vraiment envie de m'attarder pour le lui demander, observa Harry.

Cela semblait tout à fait censé. La bestiole rugit avant de se ruer vers le porteur du journal. Elle se déplaçait avec la rapidité et l'agilité d'un félin. Le jeune Potter ne dut qu'à ses bons réflexes de l'éviter au dernier moment. Hélios en profita pour attaquer l'animal. Hélas, Drago ne put pas regarder le combat longtemps, car déjà, quatre des compagnons de la créature venaient d'apparaître, dévoilant des crocs acérés.

- J'aurai deux mots à dire à Hagrid, lorsque nous rentrerons, annonça le renié. Pourquoi n'a-t-on pas étudié ces choses !?

- Pas assez affectueuses, répliqua Harry, pince-sans-rire en évitant celle qui lui fonçait dessus. Stupefix !

Le sort manquait de puissance. Évidemment, les créatures avaient séparé les deux sorciers, rendant l'utilisation de leurs pouvoirs approximative, même pour des sorts conventionnels. Sans que Drago ne sache réellement comment, il avait l'impression que la magie n'acceptait pas ce changement de corps. Comme si, trouvant la situation anormale, elle refusait de fonctionner convenablement. C'était absurde. Si la magie avait été caractérielle, cela se serait su.

Il parvint à repousser une créature qui tomba sur le sol, légèrement sonnée. Cela ne sembla que la mettre plus en colère.

- Doux Merlin ! s'exclama soudainement Harry.

Se tournant vers lui, le renié comprit instantanément pourquoi. Si jusqu'alors il affrontait une bête de la taille d'un gros félin, elle avait maintenant la carrure d'un éléphant. Si cette pièce n'avait pas été magique, ils auraient sans doute eu quelques petits problèmes de place.

Hélios émit un cri plaintif alors que son adversaire saisissait son aile dans sa gueule. Le phénix paraissait beaucoup souffrir. Une douleur intense traversa soudainement Drago au niveau du ventre, lui arrachant un hurlement. Baissant les yeux, il ne vit que du sang. La créature qu'il avait sonnée s'était relevée et lui avait donné un coup de griffes. Elle s'approchait à présent, les crocs en avant, ses yeux violets globuleux brillants d'une lumière morbide.

- Dragoooooo ! entendit-il.

Puis tout devint noir.

ooo

Voyant les deux bestioles qu'il affrontait s'unir, triplant ainsi de volume, pour en former une nouvelle, Harry confirma pour lui-même ce à quoi il s'attendait : cette virée au Malefoy Manor ne serait pas une promenade de santé. Cependant, elle avait été très prolifique : ils avaient trouvé le journal. Restait à s'en sortir vivants. La note douloureuse qu'émit soudainement Hélios réaffirma que ce ne serait pas vraiment simple. Le jeune homme regretta de ne pas avoir son épée d'antimagie. Il avait toutefois dû la laisser à Poudlard, faute de pouvoir l'utiliser convenablement dans le corps de son équipier.

- Lashlabask ! s'exclama-t-il.

La créature reçut les étincelles brulantes dans les yeux, comme le voulait le lanceur. Elle se tordit de douleur. Profitant de son court répit, il regarda autour de lui. L'oiseau de feu semblait en mauvaise posture. Une vague de souffrance le submergea soudainement, éclipsant presque le cri qui l'accompagna. L'horreur et la terreur s'emparèrent de Harry lorsqu'il vit un des animaux s'apprêter à bondir sur un Drago couvert de sang.

- Dragoooooo ! hurla-t-il.

Et puis soudain, il y eut un déclic dans son esprit. Il se sentit violemment projeté hors du corps de son ami et une douleur au ventre le saisit soudainement, menaçant de le faire tourner de l'œil. Et face à lui, des crocs acérés semblaient prêts à l'attaquer.

- Zeus ! appela-t-il en désespoir de cause.

C'était plus une supplique qu'une invocation. Il n'avait pas la force de dire la formule dans son intégralité. Mais le résultat fut probant. Sortant de nulle part, un éclair s'abattit sur la bête, la terrassant. Tremblant, Harry mit un genou à terre. La plaie sur son ventre devenait de plus en plus douloureuse et il avait des vertiges. Il avait vaguement conscience de la présence du corps de Drago, mais le jeune homme semblait avoir perdu connaissance.

Harry sentit soudainement une chaleur se dégager de son bracelet. Elle sembla lui rendre ses forces. Suffisamment en tout cas pour qu'il tente une dernière action.

- Ô Héphaïstos, forgeron des Dieux,

Offre-moi le pouvoir du feu !

Il s'évanouit sans voir si le sort avait fonctionné.

Une brusque augmentation de la température réveilla Drago. Devant lui, la créature qui l'attaquait était devenue une torche. Un peu trop grande d'ailleurs… Regardant à coté de lui, il comprit. Harry était allongé sur le sol, baignant dans son sang et surtout dans son corps.

- Merde !

Sans se préoccuper des deux bêtes en train de bruler dans une odeur désagréable, il bondit vers son ami. Tremblant, il regarda la plaie béante.

- Allez, Drago, s'encouragea-t-il.

Il plaça sa main un peu au dessus de la blessure. Un cercle de runes apparut.

- Merde, merde, MERDE !

Cela ne fonctionnait pas. Il ne guérissait pas assez vite. Le teint de Harry devenait de plus en plus pale et le sang coulait. Hélios arriva soudainement en trottinant – son aile était blessée – surprenant le sorcier. Il posa sa tête sur son maître et des larmes coulèrent de ses yeux. La plaie se ferma alors rapidement, au grand soulagement du renié. Il se laissa tomber sur le sol.

Quelques instants plus tard, l'Élu reprenait conscience.

- Comment te sens-tu ? fit Drago avec douceur.

- Faible… Que… que s'est-il passé ?

- Hélios t'a guéri. Tu m'as fait peur, tu sais.

Harry sourit et tenta de se lever. Ses jambes ne le soutirent pas et il s'écroula. Son compagnon le rattrapa de justesse.

- Tu as perdu beaucoup de sang. Reste assis.

Le blond hésita et finit par se décider. Il rappela ses runes de guérison, espérant avoir plus de résultat que précédemment. Cette fois, cela sembla fonctionner, le blessé reprit rapidement des couleurs.

- Merci. Je me sens beaucoup mieux. Je ne savais pas que tu maîtrisais les magies médicales.

- Mmm. Je ne maîtrise pas vraiment. Si Hélios n'avait pas été là…

- Holà ! Tu ne peux pas comparer tes pouvoirs à ceux d'un phénix ! Personne ne le peut.

Le brun le leva, il semblait se sentir mieux.

- Partons vite. Je n'ai pas envie de tomber sur les petits frères de ces créatures.

Drago ne put qu'approuver. Le Survivant récupéra le journal qui était tombé sur le sol pendant la bataille alors que le renié attrapait Hélios qui avait des difficultés à voler. Et les deux complices s'élancèrent au pas de course hors du manoir. Le retour fut heureusement rapide et sans anicroche. Ils retrouvèrent l'infirmerie, que Harry n'aurait pas dû quitter, sans encombre.

À peine y étaient-ils, qu'ils sombrèrent dans un profond sommeil, sous le regard attentif d'un jeune phénix.

ooo

Et voilà pour ce chapitre que je coupe, comme vous pouvez le remarquer, à un endroit qui ne vous laissera pas sur votre faim – ne suis-je pas gentille ? Profitez-en je sens mon coté sadique revenir ! Bref, bêtises mise à part, j'ai remarqué qu'il y avait des problèmes de suivi – notamment pour Lily. Si vous ressentez le besoin que je clarifie certains points ou que je fasse des fiches de personnages par exemple, faites le moi savoir. Je n'ai pas du tout prévu de le faire, mais je préfère éviter les confusions.

Mushu1 et grispoils ont noté un point important. Lorsque Drago entend "aide moi", ce n'est en effet pas Harry. En fait, la réponse viendra dans quelques chapitres avec l'explication d'à peu près toute la trame de l'histoire (et oui, j'arrive à la fin même si le nombre de chapitres augmentent à chaque fois que j'en tape un nouveau – je n'ai aucun contrôle sur cette fic, snif, snif).

Concernant le questionnement de Delphlys sur les sentiments de Narcissa, ce chapitre a dû t'éclairer et le chapitre 34 te permettra de tout comprendre. Pour la fin de l'année, (puisque c'est également la question de celewyn) il est vrai que le départ de Drago sera difficile, mais comme prévu avec Némésis, il rentrera dans son monde avec Harry. Concernant ce que fait Voldemort… je préfère ne pas le savoir *se cache derrière l'ordi*.

Pour répondre (enfin) à la question d'Akira Makkuro – je sais, je suis un peu lente – le raisonnement est en effet bon. Puisque c'est une dimension jumelle – du moins ça l'était au départ – les Horcruxes se trouvent en principe au même endroit que dans le monde de nos amis. Mais il ne faut pas oublier qu'ils se trouvent vingt ans dans le passé, donc les choses peuvent ne pas encore être à la place qu'elles occuperont par la suite – ce qui, entre nous, me pose un léger problème pour la coupe :(

MorganLaFay semble avoir le même problème que Lily au sujet du voyage. Je reprécise donc qu'étant un voyage entre les dimensions, la dimension d'origine de Drago et Harry n'est pas du tout modifié par leurs actions. Imagine que les deux mondes évolues en parallèle. Que l'un change n'aura aucun impact sur l'autre.

Je précise pour Afreen que le nom de Robin O'Neill est bien inspiré de celui de Jack O'Neill mais cela s'arrête là. Cependant, tu y étais presque.

Pour somebody's , le petit Jones ne sera pas un personnage primordial, en fait on ne le reverra quasiment pas, mais je l'aime bien quand même. Concernant la potion de partagpensée, la condition de renié de Drago n'y ait pour rien. C'est autre chose qui a créé cela. Encore une fois, les révélations viendront bientôt…

Merci à tous pour vos reviews qui m'ont fait très plaisir et à bientôt pour le prochain chapitre qui se nommera Réussites (après Echec, je pense que c'était nécessaire de contrebalancer).

(1) petit jeu de mots pour ma correctrice ! Pour les rares qui ne le sauraient pas, phonétiquement, Sirius et sérieux se disent de la même façon en anglais.