Les Maîtres des Dimensions
Résumé général : Alors que Harry déprime après la mort de Dumbledore, il rencontre Némésis, une étrange femme qui lui propose une mission : se rendre dans un monde parallèle afin de créer un autre futur. Il part donc en 1976, dernière année de ses parents à Poudlard, sous le nom de Terry Star, accompagné d'Hélios son phénix mais également de Drago, qui a été renié par son père, portant le pseudonyme de Sylciu Celford. Ils se présentent comme des cousins venus d'Amérique.
Chapitre précédent : Harry et Drago, ayant échangé leurs corps, se rendent au Malefoy Manor où ils volent le journal de Tom Jedusor. Au terme d'un combat difficile contre les créatures gardant la cave secrète dans laquelle était caché l'Horcruxe, ils retrouvent leurs apparences respectives.
Pendant ce temps, Sirius tente – avec une réussite moyenne – de séduire Veena alors que Remus et Narcissa se rapprochent.
PPPPN (petites précisions préalables particulièrement nécessaires) : Bon, y a des moments où il est fondamental de faire le point sur des questions récurrentes. Donc, je le répète : le sujet de cette fic est principalement la mission donnée par Némésis à nos deux héros, à savoir modifier le futur d'une dimension parallèle. Par conséquent, pour ceux qui s'inquiètent que le couple Remus/Narcissa modifie le futur, c'est l'idée. Quand à la naissance de Drago tel que nous le connaissons dans le monde des livres, ce n'est pas le plus gros changement qui s'est opéré. Dois-je vous rappeler qu'un certain nombre de personnages qui sont morts ou qui ont irrémédiablement changés par rapport aux livres ? Bref, gardez cela en tête sinon vous ne pourrez pas comprendre la fic, j'en ai bien peur.
Pour finir, je l'ai dit une dizaine de fois et je le répète, il n'y aura pas de slash dans cette fic. Bien que Drago et Harry se rapprochent, ils ne sortiront pas ensemble et j'hésite même à leur trouver des petites-amies. En tout cas, leur relation restera de l'amitié voire une sorte d'amour fraternel, mais rien d'autre. Ils ne sortiront donc pas ensemble en secret car leurs fausses identités veulent qu'ils soient cousins.
Chapitre 33 : Réussites
Les deux chasseurs d'Horcruxes se virent réveillés le lendemain matin un peu trop tôt à leur goût par une infirmière perplexe.
- Monsieur Celford que faites-vous là ? demanda-t-elle au brun.
- Moi c'est Star, et j'veux dormir ! s'exclama l'intéressé en remontant ses couvertures sur sa tête.
- Gromff.
Malgré son envie de retourner dans les bras de Morphée, Harry ne put retenir un petit rire face à la réplique profondément spirituelle de Drago. Manifestement, il n'était pas du matin. Sur cette réflexion, l'Élu se rendormit.
Il fut réveillé à nouveau une minute plus tard – mais étrangement, les professeurs Dumbledore, Slughorn et McGonagall étaient apparus dans l'infirmerie. On ne peut pas transplaner dans Poudlard, non ? Grommelant – il avait envie de dormir, par Merlin ! – le jeune homme se redressa.
- Terry ? fit le directeur.
- Moui ? Qu'est-c' qu'y a ?
- Vous avez retrouvé vos corps respectifs !
Hein ? Ah oui, les corps. Harry le savait déjà.
- La potion a dû cesser de faire effet, observa le Maître des Potions.
Non, le voyageur dimensionnel ne croyait pas que c'était la réponse. C'était plutôt la peur qui leur avait permis de reprendre leur place. Voyant Drago – et son corps – mortellement blessé, il avait projeté inconsciemment son esprit pour qu'il retrouve sa place. Ainsi, il avait pu utiliser sa magie. La seule question était de savoir comment il avait pu tenir aussi longtemps éveillé avec sa blessure. Les yeux du jeune homme se posèrent sur le bracelet offert par Némésis. Qu'était-ce au juste ? Quel secret renfermait-il ? Sans trop savoir d'où il tenait cette conviction, Harry avait dans l'idée qu'il était beaucoup plus important que ce qu'il avait cru.
- Voilà une excellente nouvelle ! s'exclama gaiement Dumbledore. Comment vous sentez-vous, messieurs ?
- Fatigués ! répondirent les deux sorciers de l'autre dimension d'une même voix.
Le directeur eut un air amusé.
- Bien, nous allons vous laisser vous reposer alors. Après tout, c'est dimanche. Mon cher Horace, je pense que vous allez pouvoir en faire de même. Il n'est plus nécessaire de faire des recherches aussi intensives.
- C'est vrai, objecta l'enseignant alors qu'ils sortaient, mais je vais continuer à l'étudier. Je voudrais savoir ce…
Le reste de la phrase se perdit dans les couloirs de Poudlard, les professeurs s'étant déjà trop éloignés.
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Qu'un Maraudeur se trouve à la bibliothèque un dimanche matin – même si ce Maraudeur était Remus Lupin – avait tiré un regard soupçonneux de la gardienne des lieux. Avec un sourire d'innocence même, le lycanthrope s'était faufilé dans le rayon dédié aux plantes magiques à la recherche d'une fleur bien particulière.
La recherche s'était avérée ardue, le jeune homme ne connaissant ni le nom, ni les propriétés de la fleur en question. Cependant, après deux heures d'efforts et alors que Remus commençait à désespérer, la chance lui sourit. L'éclat d'étoile. Le loup-garou eut un sourire victorieux. Cette fleur était appelée l'éclat d'étoile.
D'après le peu de choses que disait le livre à son sujet, c'était une petite fleur aux pétales nacrés émettant une faible lueur la nuit. Elle avait des vertus apaisantes, raison pour laquelle on l'utilisait en bouquet comme fleur d'ambiance. Seul bémol, elle était très couteuse dans le commerce car assez rare. L'auteur de l'ouvrage ajoutait, sans plus de précision, qu'elle entrait dans la composition de certaines potions assez peu utilisées.
Remus soupira en laissant tomber sa tête sur la table. Certes, il avait maintenant un nom, mais ces bribes d'informations valaient-elles vraiment le temps qu'il y avait passé ? D'un geste irrité, il referma le livre dans un claquement sec, ce qui lui valu un regard noir de la bibliothécaire. Sans y prêter attention, il rangea les ouvrages qu'il avait consulté et quitta la bibliothèque, frustré de ne pas avoir récolté plus d'informations.
Il n'était pas certain de la raison qui le poussait à vouloir savoir quel était le secret de Narcissa Back. Ou peut-être le savait-il et refusait-il de l'admettre. Il eut un soupir. Bon, soit, il était attiré par la Serpentard. Mais ce n'était pas la première fois, et d'habitude, cela n'occupait pas son esprit de la sorte ! Merde, il avait l'impression de ressembler à James lorsqu'il parlait sans cesse de Lily ! Ou à Sirius avec Veena… Refusant de tirer les conclusions de cette observation, le sorcier lança le mot de passe à la Grosse Dame et pénétra dans la Salle Commune.
- Remus ! s'exclama Sirius en bondissant devant lui. Où étais-tu ? Terry et Sylciu ont retrouvé leurs corps !
En effet, nota le loup-garou, une certaine effervescence régnait chez les Gryffondors.
- Alors, pourquoi fais-tu cette tête ? demanda-t-il à son ami.
- Ils doivent se reposer, répondit Lily, alors Pomfresh a refusé à Sirius Black ici présent l'accès à l'infirmerie. Il serait trop turbulent.
- Fichu Dragon ! grommela l'intéressé, provoquant un éclat de rire dans la salle commune.
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Quand Drago se réveilla, le soleil paraissait déjà haut dans le ciel et Harry dormait encore paisiblement, Hélios placé près de lui. Croisant le regard profond de l'oiseau, le blond eut la soudaine conviction qu'il veillait sur le sommeil du Survivant.
Le renié sourit. Sur la table de nuit, protégé par une alliance de magie runique et ancienne, était posé le journal de Tom Jedusor. Ils avaient réussi. En y repensant, Drago n'en revenait pas. Il avait agit de façon complètement cinglée la veille. Trainer le brun au Malefoy Manor en pariant sur un hypothétique gala de charité et sans aucun plan ! Quelle folie ! Que lui était-il passé par la tête au juste ?
- Salut, fit une voix pâteuse.
L'Anonyme croisa le regard myope de son camarade qui tâtait la table de chevet à la recherche de ses lunettes.
- Ça va mieux ? s'enquit le blond.
Harry chaussa ses lunettes en souriant.
- Parfaitement. Hélios m'a guéri et tu m'as redonné des forces. À part un peu de fatigue, surtout due à l'effort magique que j'ai fait, je me porte comme un charme !
- Merlin soit loué. J'ai vu le moment où tu allais me claquer entre les doigts. Je suis vraiment désolé. Je ne sais pas ce qui m'a pris, hier. C'était de la pure folie !
- Vrai. Mais grâce à cela nous avons le journal. Et puis, je me demande si ce n'est pas un peu de ma faute aussi.
- Comment ça ?
- Et bien, tu n'arrêtais pas de dire que je protégeais mon esprit du tien grâce à l'occlumencie, n'est-ce pas ?
- C'est ça. Mais je ne vois pas le rapport.
- Laisse-moi t'expliquer. Je crois que toi, tu ne te protégeais pas assez et que mon caractère t'a poussé à agir. Je suis assez impatient et instinctif de nature. Imprudent aussi, peut-être. J'ai appris à me contrôler, à réduire ces défauts, mais toi non. Je me demande si ce n'est pas ça qui t'a incité à agir si… hem. de façon si téméraire, dirons-nous.
- Oh. Oui, c'est possible… je n'y avais pas pensé.
- Bref, en tout cas, c'est une grande réussite. Nous allons détruire ce journal dès que nous sortirons d'ici.
- Mais comment ? Je ne pense pas qu'il soit si facile que ça de détruire un Hor… ce genre de chose.
Harry eut un air entendu.
- J'ai ce qu'il nous faut.
Puis, son sourire augmenta.
- Mais en attendant, nous avons laissé une discussion en suspend.
Drago retint un gémissement. Ne le laisserait-il jamais en paix avec cette histoire ? Au regard que lui lançait son pseudo-cousin, le blond comprit que la réponse était non.
- T'es lourd, tu le sais ?
- Navré, mais je ne te lâcherai pas tant que nous n'aurons pas eut cette discussion, Don Juan.
À vrai dire, le renié était persuadé qu'il ne l'était pas le moins du monde. "C'est vrai. Mais c'est ce que je dois dire, non ?"
Drago sursauta. "T-tu m'entends toujours, là ?"
"Oui." La voix de Harry résonna dans l'esprit de son ami. "Il semble que nous n'ayons pas perdu la capacité de parler ainsi…" ajouta-t-il.
"Je me demande bien pourquoi…"
"Moi aussi. Mais ce n'est pas pour autant que je vais te lâcher. Revenons au sujet Marina."
"Insupportable."
- Et fier de l'être, reprit le brun à voix haute. Alors ?
- Je t'ai déjà dit qu'il n'y avait rien à dire.
- Bon. Ça suffit, j'en ai assez de ce dialogue de sourds. Étais-tu amoureux d'elle ?
Le blond jeta un regard ennuyé à son ami. Était-il amoureux de Marina ?
- Je ne sais pas. Je… je ne la connaissais pas depuis longtemps. Je. je pense que je serais tombé amoureux d'elle si… si les circonstances avaient été différentes. Ou peut-être pas. Peut-être aimais-je simplement l'image qu'elle me renvoyait.
- L'image qu'elle te renvoyait ? Qu'entends-tu par là ?
- C'était Sylciu qu'elle aimait. Un sorcier sans aprioris envers les moldus. Qui n'a pas un noir passé dans lequel se trouve pas mal de cadavres. Tu sais, Harry, je… J'aime ce personnage. Sylciu Aumoa Celford.
Drago ferma les yeux.
- Parfois, j'aimerais que ce soit réellement celui que je suis.
- C'est le cas.
Le renié se tourna vers Harry, un sourire désabusé aux lèvres.
- Bien sûr que non. Je ne suis que Drago l'Anonyme. Celui qui a faillit tuer Dumbledore.
- Soit. Tu es Drago l'Anonyme. Mais alors, qui est Sylciu ?
- Un mensonge.
- Vraiment ? Tu mentais en disant que Marina t'attirait ?
- Bien sûr que non mais…
- Tu mens lorsque tu t'amuses avec les Maraudeurs ?
- Non, mais…
- Tu mens lorsque tu décides de venir avec moi chercher les Horcruxes ?
- Harry, je…
- Tu as menti en pleurant Mary ?
- Arrête !
Le blond s'était relevé vivement. Son camarade lui sourit.
- Tu es Drago et tu es Sylciu. Ils sont tous les deux des parties de toi. Tout comme je suis Harry et Terry. Les alias de Némésis nous ont permis d'obtenir ce dont nous avions besoin. Je crois que c'est pour cela qu'elle nous a fait changer de maison. Toi, pour que tu t'ouvres aux autres, moi pour que j'apprenne à être plus posé, plus réfléchi. C'est ce dont nous avions besoin, et ce monde nous l'a offert. Nous avons évolué, mais nous sommes toujours nous.
Le Survivant fit une pause, regardant sérieusement son ami, avant de reprendre.
- Pour en revenir à Marina, je pense qu'il ne faut pas que tu chasses son souvenir en te disant qu'elle n'était pas importante. Même si pour le moment tu n'arrives pas à mettre de l'ordre dans tes sentiments pour elle, je pense qu'ils ont eu leur importance. Même si ce n'était pas uniquement elle la cause. Tu vois ce que je veux dire ?
- Hmm. Je crois. Peut-être aussi que j'ai été attiré par elle parce qu'elle représentait une espèce d'interdit… Si mon père avait su que je sortais avec une moldue ! Merlin tout puissant !
- C'est ça. En fait, je pense qu'elle te plaisait, mais que cela à tout de même joué. C'est ce qui m'a semblé en me baladant dans ta tête.
Drago piqua tout à coup un fard monstrueux.
- Q–quoi ? Qu'est-ce que tu as vu d'autre ?
Harry eut un sourire goguenard.
- Pleeeeeeeeein de choses trèèèèèès intéressantes ! Pourquoi tu as quelque chose à cacher ?
- Harry !!
Le susnommé éclata littéralement de rire.
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Harry et Drago s'étaient retrouvés dans la Salle sur Demande dès leur sortie de l'infirmerie, le premier ayant fait un détour par son dortoir. Le blond comprit rapidement pourquoi en remarquant son épée d'antimagie.
Ne sachant toujours pas comment il avait détruit l'Horcruxe dans le médaillon, le Survivant avait préféré utiliser le moyen le plus à même de détruire le fragment d'âme de Voldemort. En principe, l'antimagie devrait en venir à bout facilement.
- Tu arrives à l'utiliser ? lui demanda Drago, sans méchanceté.
- Plus ou moins. Suffisamment pour détruire ce journal. Par contre, dans un combat, je ne suis pas sûr de pouvoir m'en servir convenablement.
- Les cours d'escrime avec O'Neill avancent ?
- Plutôt bien. Il est content de ma technique et nous sommes passés à des combats alliant magie et escrime. Ce n'est pas facile pour tout dire. Ça me pose parfois quelques problèmes de coordination.
Le brun retira l'épée de son fourreau alors que Drago posait le journal sur le sol.
- Bien.
Harry prit une profonde inspiration et se concentra. Activer l'épée d'antimagie n'était pas encore évident pour lui. C'était un type de pouvoir très particulier, profondément différents de ceux qu'il avait l'habitude d'utiliser. La magie ancienne n'était pas la même que la magie qu'on lui enseignait, mais elles n'avaient pas de différence intrinsèques, essentielles. L'antimagie, elle, était fondamentalement distincte de tout le reste.
Le brun parvint à mettre en fonctionnement l'épée. Un éclat sombre s'échappa de la lame mais Harry n'y prêta que peu d'attention, concentré sur sa tache. Il abattit violemment la pointe de l'arme sur le journal.
Il y eut une lumière vive, mélange étrange de noir et de blanc, suivie d'une onde de choc qui manqua de faire tomber les deux voyageurs dimensionnels sur le sol. Sonné, Harry secoua la tête pour se remettre les idées en place.
- Wouah ! souffla Drago. C'est quelque chose !
- Je ne te le fais pas dire, approuva le brun. Je ne pensais pas que cela fasse un tel effet. Tout va bien ?
- Ouais. Et le journal ?
Le Survivant baissa les yeux vers son œuvre. Son épée était toujours enfoncée dans le journal qui semblait être passé dans une fournaise.
- Il a brûlé, nota-t-il. Impressionnant. Cette lumière noire, c'est… étrange.
- J'te l'fais pas dire.
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Severus laissa échapper un cri de victoire.
- Pauvre animal, couina Terry.
Son ami lui lança un regard de biais.
- Franchement, tu trouves que c'est le moment de te soucier de ce genre de choses ? Ce n'est qu'une souris !
- À laquelle tu as successivement inoculé le virus de lycanthropie et la dernière version d'une potion expérimentale. D'où le fait que je plaigne cette souris. Bref, qu'est-ce que vous en pensez ?
Lily jeta un coup d'œil sur sa montre.
- La pleine lune est levée depuis une heure et notre souris-loup-garou ne semble pas le moins du monde réagir. C'est bon signe.
- Je suis parfaitement d'accord. Je garde un souvenir ému de sa dernière transformation, grimaça Sylciu en remontant ses gants en peau de dragon.
Ils en portaient tous les quatre dès qu'ils manipulaient la souris contaminée. Et il était vrai que sa transformation, le mois précédant restait un souvenir… particulier. Il n'aurait plus manqué qu'en cherchant un antidote à la lycanthropie, ils se retrouvent transformés en loup-garou… par une souris !
- Alors, ça veut dire que ça marche ! s'exclama Severus. Nous avons réussi !
Il était dans un état d'excitation avancée et peinait à se retenir de sauter partout ou de se lancer dans une danse de la victoire. Terry le regarda sans cacher son amusement. Si au départ, le petit groupe avait voulu mettre au point une potion qui permettrait à l'humain de garder le contrôle sur le loup les nuits de pleines lunes, ils avaient découvert avec enchantement qu'il était possible d'éviter purement et simplement la transformation. Peaufiner cette partie de la potion avait été la partie la plus longue de leur projet, mais certainement la plus stimulante. Et voilà qu'ils arrivaient à la fin de leurs recherches…
- Un peu de calme, intima Lily. Nous devons attendre un peu pour voir s'il y a des effets secondaires sur cette souris et peut-être tester sur d'autres et…
- Oh ! Pour l'amour de Merlin, Lily ! soupira le prince au Sang-Mêlé. Cesse de faire ta rabat-joie. Nous avons jusqu'à la prochaine pleine lune pour analyser les possibles symptômes. Mais franchement, sur une souris ! Cela ne pourra pas nous apprendre grand-chose. Le mieux est de proposer à Lupin de la tester et…
- Non ! Hors de question ! Tu te rends compte du danger que cela représente ?
- Et de la chance également ! Être un loup-garou n'est pas facile et à mon avis Lupin sera d'accord pour tester la potion. Tout vaut mieux que d'être un lycan !
- Je refuse que nous prenions ce risque ! trancha la préfète-en-chef.
Severus renifla, mécontent. Les deux américains ne semblaient pas décidés à prendre partie. Le jeune Rogue jeta un regard mauvais à Terry qui lui rendit un sourire d'innocence pure.
- Traître, siffla Severus entre ses dents à l'adresse du nouveau.
- Bon, je suppose que nous ne pouvons plus laisser cette souris dans surveillance, nota Sylciu. On fait un roulement ? Ainsi nous pourrons la surveiller tout le temps.
- Et pour Lupin ? On lui en parle ? retenta le prince au Sang-Mêlé.
- Non, trancha la rousse.
Et ils se remirent à se disputer.
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Remus ne put retenir plus longtemps son sourire. Il ne savait pas lequel des deux était le plus amusant, James qui faisait les cents pas dans le dortoir ou Sylciu – de nouveau dans son corps – qui le regardait avec circonspection.
- Peut-on savoir ce qui se passe ? finit par demander l'américain en se tournant vers le lycanthrope.
- Demain se joue le match Gryffondor contre Serdaigle. Le dernier de la saison.
- Et c'est ça qui le met dans un tel état ? Mais enfin, je croyais qu'avec les points que nous avons d'avance, la victoire de Gryffondor était quasiment assurée.
- C'est vrai, confirma Peter. Mais ça n'empêchera pas James de creuser une tranchée dans le dortoir.
- Ah, ah. Très drôle, lança l'intéressé.
- À mon avis, se permit d'intervenir Sylciu, une bonne nuit de sommeil serait plus constructive.
Il reçu un regard noir et haussa les épaules d'un air disant clairement « j'ai essayé ».
- On devrait peut-être appeler Lily, proposa Sirius. Elle pourrait arriver à le calmer.
- À l'impossible, nul n'est tenu ! clama le nouveau.
- Tu es dur, gloussa Peter.
- Vous allez arrêter de vous foutre de moi ? gronda le capitaine de l'équipe des lions. Parce que sinon, je retourne dans les appartements des préfets-en-chef !
- Oh ! Fais pas ta tête de bois, Cornedrue ! répliqua Sirius. On te taquine, c'est tout. Tout va bien se passer, je t'assure.
Et en effet, tout se passa bien. Sans surprise, l'équipe de Gryffondor brilla, écrasant celle de Serdaigle. Remus se prit à regretter les Poufsouffles qui avaient offert un beau spectacle et se battant bec et ongle jusqu'à la dernière minute. Les aigles étaient hélas beaucoup moins volontaires et finirent par accepter leur défaite avant même que le vif n'ait été repéré par un des attrapeurs. Dommage, mais pas catastrophique : les lions venaient de remporter la coupe !
Le mois d'avril arriva plus rapidement que les élèves de Poudlard ne l'aurait imaginé, et avec lui, au grand déplaisir de Remus, la pleine lune. Cependant, il était bien le seul à se préoccuper de l'astre céleste, ses condisciples se concentrant sur des problèmes plus terre-à-terre : les enseignants avaient accéléré la cadence en vue des ASPIC, le professeur O'Neill, même s'il ne parlait plus de renvoyer des étudiants de son cours ne semblait toujours pas satisfait et dehors, Celui-Que-L'On-Ne-Nomme-Pas faisait des siennes. Bref, la lune n'était pas le sujet de préoccupation principal, même parmi les Maraudeurs. Remus lui-même avait un intérêt tout particulier pour les éclats d'étoile – et probablement également pour une jeune Serpentard. Il avait cependant été contraint de mettre de ses recherches entre parenthèses pendant un certain temps.
En parlant des verts et argent, les rapports entre Rogue et les Maraudeurs semblaient avoir évolués sans que le lycanthrope ne s'en aperçoive. Peut-être parce qu'en fait, c'était plus la relation James–Rogue qui s'était modifiée. Sans être une entente cordiale, elle n'avait plus d'aspect belliqueux, se contentant d'une indifférence polie. Remus avait cru voir un mélange de satisfaction et d'agacement dans les yeux de Terry face à ce comportement. Manifestement, l'américain espérait mieux. Le loup-garou n'avait pu retenir un sourire en songeant que le nouveau n'avait pas idée du miracle que cela représentait. Une personne, au moins, semblait cependant en avoir conscience : les yeux d'Albus Dumbledore pétillaient encore plus qu'à l'accoutumée lorsqu'ils tombaient sur un groupe de Gryffondors et de Serpentards discutant sans insultes ni violence.
Malgré la situation qui se dégradait de jour en jour en Europe – Voldemort ayant manifestement décidé que le Royaume-Uni ne lui suffisait plus – l'atmosphère de Poudlard demeurait relativement bonne. Relativement, car les lettres noires que recevaient de plus en plus souvent les élèves avaient tendance à plomber toute bonne humeur. Dans leur rôle de chahuteurs-en-chef, les Maraudeurs se faisaient un devoir d'égayer l'école toutes les fois que cela s'avérait nécessaire. Étrangement, Remus avait remarqué une baisse notable des punitions qu'ils recevaient à la suite de ces blagues. Il avait préféré ne pas en tirer de conclusions hâtives.
Bref, la vie à Poudlard continuait…
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Bellatrix exultait. Elle avait réussi ! Après plusieurs mois de travail acharné, elle était enfin arrivée à obtenir ce qu'elle désirait : la place de l'Ange de la Mort. Grim Reaper n'était plus qu'un mauvais souvenir et elle, Bellatrix Black, était la personne la plus proche du Seigneur des Ténèbres.
La jeune femme sortit du lit de son maître, complètement nue, avec un sourire de contentement. Elle était victorieuse, songea-t-elle en léchant le sang qui coulait encore sur son bras. Le Lord aimait faire souffrir ses amantes, manifestement, et Bellatrix aimait souffrir pour lui.
C'était parfait. Elle eut un gémissement de plaisir en y repensant. Le mage noir était parti peu de temps plus tôt à la réunion des Mangemorts, mais elle savait qu'il reviendrait vite. Elle le sentait.
Elle avait gagné. Grim Reaper, son unique rivale, n'existait même plus dans l'esprit du maître.
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- Je ne suis pas certain de saisir le but de cet entrainement, signala Drago en regarda Harry se concentrer sur le mannequin qui lui faisait face.
Depuis leur retour du Malefoy Manor, presque un mois plus tôt, les deux voyageurs dimensionnels avaient pris l'habitude de s'entrainer ensemble.
- Lorsque ces créatures nous ont attaqués, j'ai réussi à invoquer la foudre de Zeus sans recourir à toute la formule. Je l'avais déjà fait lors de l'attaque du lycée, je voudrais voir si j'y arrive à nouveau.
Logique. Après tout, le défaut majeur de la magie antique était qu'elle prenait du temps à être invoquée. Si Harry pouvait y faire appel sans réciter toute la formule, cela serait très pratique pendant les combats.
- Zeus ! cria le brun.
Un petit éclair frappa le mannequin. Le Survivant grimaça.
- C'est faiblard, nota-t-il.
- C'est vrai, approuva Drago. Mais à mon avis, si une personne se prend ça de plein fouet, elle ne te le fera pas remarquer.
- Très drôle.
- Ne fait pas cette tête ! Bon, d'accord, il semble que ce soit moins puissant qu'avec toute la formule, mais je te signale que peu de personne arrive à ce niveau et…
- Terry ! J'exige de savoir où est Severus ! Tout de suite !
Le renié fit un bond phénoménal, surpris par l'entrée d'une tornade rousse dans la Salle sur Demande. L'appelé cilla, également interloqué par la colère de Lily.
- Euh. Je ne sais pas. Que se passe-t-il ?
- J'espère que vous n'êtes pas complices de ça, tous les deux !
- Complices de quoi ? s'enquit Drago.
La préfète-en-chef lui jeta un regard scrutateur avant de l'attraper par le poignet et de l'entraîner à sa suite. Le blond nota avec surprise que la nuit était tombée, ils avaient dû travailler plus longtemps qu'il ne l'avait cru.
- L'infirmerie ? fit-il, perplexe, alors que la rouge et or entrait dans l'antre du Dragon.
Les Maraudeurs s'y trouvaient, Remus dans un lit et les trois autres l'entourant.
- Voilà ce qui se passe, annonça durement Lily en les désignant de la main.
Un coup d'œil vers Harry confirma à Drago que le brun ne comprenait pas mieux que lui ce qui se passait.
- Remus est blessé ? demanda-t-il candidement.
La sorcière le foudroya du regard. Manifestement, ce n'était pas ça. "Quelle perspicacité," se moqua mentalement le Survivant. Se félicitant d'avoir appris à le faire après leur retour de Malefoy Manor, Drago l'éjecta hors de son esprit. Ils avaient découvert que leur capacité de parler par la pensée était permanente, même s'ils avaient perdu la faculté d'accéder aux souvenirs de l'autre.
- Que se passe-t-il au juste, Lily ? finit par demander Harry, lassé de ce petit jeu.
- Quel jour sommes nous aujourd'hui ?
- Quoi ? Mardi, mais qu'est-ce qui t'arrive ?
- Je sais que nous sommes mardi ! Vous ne regardez jamais un calendrier lunaire pour l'amour de Morgane ?
- Un calend…
Le brun s'arrêta brusquement de parler, jetant un regard effaré à Remus.
- Il l'a fait !
Drago regarda son équipier s'exclamer sans comprendre.
- Pleine lune, lui signala ce dernier.
- Oh ! Doux Merlin ! Ça marche ! C'est génial ! se réjouit le blond, comprenant enfin de quoi il retournait.
C'était la pleine lune, et Remus Lupin n'était pas transformé. Autrement dit, il avait bu la potion, et elle fonctionnait !
- Formidable ! Fantastique ! s'extasia le renié.
- Sylciu ! s'indigna Lily.
- Quoi ? C'est vrai ! Je suis d'accord avec toi que Severus n'aurait pas dû, mais regarde le résultat !
- On ne sait pas s'il n'y aura pas d'effets secondaires !
- Il n'y en avait pas sur la souris !
- Comment peux-tu comparer Remus à une souris ?
- Mais… mais non ! Ne me fait pas dire ce que je n'ai pas dit, je ne le compare pas à une souris, je dis juste que rien ne nous dit qu'il y aura des effets secondaires.
- Et rien ne nous dit qu'il n'y en aura pas !
- Si, la souris.
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- Comment peux-tu comparer Remus à une souris ?
James regardait sa petite-amie se disputer avec Sylciu sans comprendre. Qu'avait donc fait Rogue ? Et quelle était cette histoire de souris ?
- Mais… mais non ! Ne me fait pas dire ce que je n'ai pas dit, je ne le compare pas à une souris, je dis juste que rien ne nous dit qu'il y aura des effets secondaires.
- Et rien ne nous dit qu'il n'y en aura pas !
- Si, la souris.
Ah, le retour du rongeur. Cette histoire était pour le moins confuse.
- Que se passe-t-il, Terry ? s'enquit Sirius, manifestement aussi perdu que son meilleur ami.
- Je songe à ouvrir la CPSM.
- CPSM ? répéta Peter, de plus en plus confus.
- Oui. La Compagnie de Protection des Souris Maltraitées. Non mais regarde moi ces deux-là s'acharner sur ce pauvre animal. Comme si ça n'avait pas suffit qu'on s'en serve pour des expériences !
- Euh… tenta James. Il n'y a pas de souris ici, Terry.
- Ah ? Oui, bien sûr ! Elle est sous la garde de Severus ce soir.
- Écoute, Terry, est-ce que tu pourrais reprendre les explications depuis le début, s'il-te-plait ? Je ne suis pas sûr de comprendre, intervint Remus.
- Tu veux que je t'explique pourquoi je veux monter la CPSM ou pourquoi tu ne t'es pas transformé ?
Les Maraudeurs s'étranglèrent.
- Tu sais que je suis…
- Un loup-garou ? Évidemment. Bon, pour la souris, c'est de l'humour, ça m'a fait penser à une amie de mon ancienne école et…
- Stooop ! l'arrêta Remus. Depuis quand le sais-tu ?
Le visage du Serpentard redevint sérieux alors que Lily et Sylciu se chamaillaient toujours. Il posa un regard profond sur le lycanthrope.
- Je le sais depuis la rentrée, quasiment. Tes symptômes ne trompent pas. Je pensais que tu avais compris que nous le savions. Sylciu et moi avons eu un professeur de défense contre les forces du mal qui était un loup-garou. Tu agis exactement comme lui. Enfin bref, revenons-en à nos souris. Lily ! Sylciu ! Arrêtez de vous disputer et venez par ici.
Les deux appelés lui lancèrent un regard indigné – ils n'avaient apparemment pas l'habitude de recevoir ce genre d'injonction – mais obtempérèrent.
- Ils voudraient des explications, fit le vert et argent. Dans le calme, de préférence.
- Oui, professeur, minauda son cousin. On leur explique ou tu continues à nous faire la leçon ?
- Bien, maintenant que ces deux-là se sont calmés, reprenons, déclara Terry, imperturbable. Vous devez avoir remarqué que depuis un certain temps, nous trois ainsi que Severus, nous travaillons sur un projet, n'est-ce pas ?
- En effet, confirma James.
- Bien. Et bien ce projet, c'était une potion contre la lycanthropie.
Les quatre Maraudeurs regardèrent l'américain, les yeux ronds.
- Tu es sérieux ? demanda Remus, d'une voix blanche.
- Ce serait une blague de mauvais goût. Bref, ça nous a pris pas mal de temps, mais il y a peu, nous avons eu un résultat que nous avons testé sur une souris. L'animal dont il était question un peu plus tôt, précisa Terry avec un air amusé. Enfin, bref, cela a semblé fonctionner et Severus a proposé de le tester sur toi. Lily a refusé mais manifestement, elle n'a pas été entendue.
- Je vais le tuer ! signala la jeune fille.
- Soit. Quoiqu'il en soit, il va falloir qu'on te surveille cette nuit et assez régulièrement pendant un certain temps pour pallier à tout problème. Le Dragon pourra s'en occuper une fois qu'elle sera au courant.
- Ah oui ? Et lequel d'entre vous va se dévouer pour lui dire que vous donnez des potions expérimentales à vos camarades ? demanda Sirius, tout sourire.
- Mais Severus, bien sûr, annonça le Serpentard, inébranlable.
- Douce vengeance ! rit Lily.
- Pauvre Rogue, le plaignit James. Vous êtes cruels avec lui.
- Depuis quand tu prends sa défense, toi ?
- Et ben, faut admettre que son idée n'était pas mauvaise : la preuve, c'est que cela a épargné une transformation à Remus.
Sa petite-amie gémit.
- Mais tu es inconscient ! Et si…
- Lily, la coupa doucement le loup-garou. Je comprends ton point-de-vue, mais tu ne sais pas ce que sont ces transformations. Alors, à moins que cette potion me condamne à rester sous la forme d'un loup-garou pour le reste de mes jours, je suis prêt à assumer les risques.
- Hum, hum, toussota le vert et argent d'un air entendu. Sans commentaire.
- La ferme, Terry, grommela la jeune fille.
James jeta un regard interrogateur à Sylciu, mais celui-ci peinait à ne pas éclater de rire et ne sembla pas en état de lui répondre.
- Enfin, qui va chercher Severus ? fit le blond en tentant de se donner contenance.
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Lisant tranquillement un livre sur les dernières trouvailles en matière de potions curatives, Severus attendait l'arrivée d'une Lily particulièrement remontée. Car, il n'en doutait pas, lorsqu'elle découvrirait qu'il avait fait boire la potion à Lupin, la préfète-en-chef serait furieuse.
- Tu es bien calme pour quelqu'un qui attend le retour de la fougueuse rousse, observa une voix rieuse.
Le jeune homme releva les yeux.
- Terry ? Que fais-tu là ?
- Je suis mandaté par une damoiselle singulièrement agacée. Avez-vous une idée de la raison, ô grand maître des potions ?
- Tu te fous de moi ? Ok, je suppose que je l'ai mérité. À quelle sauce a-t-elle décidé de me manger ?
- Pour le moment, James et Remus tentent de la calmer. Ils m'ont conseillé de prendre mon temps. Tu l'as mise en colère, tu sais. Très en colère.
- Ouais. Je m'y attendais. Ça a marché, donc. Je veux dire, si vous avez découvert que j'ai donné cette potion à Lupin, c'est qu'elle a fonctionné.
- En effet. Il est ravi. Enfin, sauf s'il risque de demeurer sous la forme d'un loup-garou pour le reste de son existence.
- C'est impossible, tu le sais bien !
- En effet, mais c'est son exemple, pas le mien. Bref, allons-y.
- Je n'ai pas très envie de voir Lily, pour tout te dire, avoua Severus.
- Oh, crois moi, ce ne sera pas elle la pire !
Le prince au Sang-Mêlé sentit une brusque inquiétude s'insinuer en lui. Et le sourire en coin de Terry ne le rassura pas.
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Quelques jours plus tard, Harry croisa une Veena profondément agacée.
- Que t'arrive-t-il ? s'enquit-il.
Elle renifla.
- Black est insupportable.
- Euh… Lequel ?
- Sirius, qui d'autre ? Il… il…
- T'attire ? proposa le brun.
- Je te demande pardon ? s'étrangla la Serdaigle. Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi ! Je. Ne. Le. Supporte. Pas. Compris ?
- Si tu veux. L'avenir nous le dira et…
Il y eut un cri. Harry sursauta. Il vit Veena pâlir. Elle avait compris, elle aussi.
- Une attaque… souffla-t-elle.
- Le parc ! Veena, va te mettre à l'abri !
- Pas question ! Je viens avec toi.
Le jeune homme la regarda un instant. Il aurait tellement préféré qu'elle fasse ce qu'il lui avait demandé… Mais pouvait-il vraiment la blâmer ?
- D'accord, mais je veux que tu m'obéisses au doigt et à l'œil, compris ? Même si je te dis de rentrer ventre à terre !
- À vos ordres, général Star !
Roulant des yeux avec un air atterré, Harry s'élança, suivi de près par la bleu et bronze. Un grand nombre de personnes vêtues de cagoules noires se trouvaient dans le parc. En ce week-end ensoleillé, ils n'étaient malheureusement pas les seuls. Veena était tendue mais elle se contenta de resserrer sa prise sur sa baguette. Le voyageur dimensionnel avait une envie folle de lui ordonner de retourner à son dortoir, mais il s'abstint : elle était devenue plutôt douée en défense. Ses cours conjoints avec ceux de Williams et O'Neill avaient portés leurs fruits. Finalement, le brun n'était pas sûr que ce fût une bonne solution.
Des cris se firent entendre. Le prenant de vitesse, la Serdaigle s'élança. Elle lança une série de sortilèges particulièrement bien placés. Cessant de s'extasier devant les progrès de la jeune fille, Harry s'élança à son tour. Il ne comprenait pas vraiment pourquoi les mangemorts attaquaient de la sorte. Il n'y avait aucune cohérence dans une brusque arrivée d'un contingent d'encagoulés et s'il y avait une chose que le jeune homme avait compris depuis longtemps, c'était que Voldemort aimait par-dessus tout la symbolique. Poudlard était un lieu trop important à ses yeux pour qu'il l'attaque un quelconque week-end d'avril, sauf situation particulière. Ça n'avait pas de sens !
- Stupefix ! Impedimenta ! ZEUS !!
Les éclairs foudroyèrent cinq mangemorts qui s'écroulèrent pathétiquement. Harry balaya le parc du regard. Il lui fallait vite faire un topo de la situation pour pouvoir agir en conséquence. Une cinquantaine de mangemorts étaient présents. Au moins. Une partie sortait encore de la forêt. Voldemort ne semblait pas être là, ce qui était évidemment une bonne nouvelle, mais également une source d'incompréhension. Il avait du mal à croire que le Seigneur des Ténèbres ait laissé ses mangemorts assaillir l'école sans lui. Et avec Dumbledore sur place en plus.
Non… Il y avait autre chose.
- Avada Kedavra !
Harry évita de justesse le sortilège. Il allait répliquer lorsqu'un cercle de runes englouti son assaillant qui tomba sur le sol – mort ou inconscient, le brun ne savait pas. Il croisa le regard devenu vert de Drago. Les Maraudeurs et Lily se trouvaient autour de lui.
- Que se passe-t-il ? s'enquit la préfète-en-chef. Tu-Sais-Qui est là ?
- Non. Lily, il faut faire évacuer le parc, pressa Harry. Il y a trop d'élèves ici !
Un cri bourdonna aux oreilles du brun. Il n'eut pas le temps de s'appesantir dessus, il évita de justesse un sortilège bleu… lancé par un autre élève. Celui-ci lui jeta un regard bouleversé. Il n'avait manifestement pas prévu d'attaquer son condisciple.
- Nous sommes trop désorganisés, souffla le brun en entravant un mangemort. C'est dangereux.
- Les groupes de protection !
Harry se pencha vers Veena.
- Pardon ?
- Il faut utiliser les groupes de protection ! Le professeur O'Neill nous a appris à travailler ensembles, autant le mettre à profit !
Le voyageur dimensionnel regarda un instant la Serdaigle avant de reporter son attention sur la bataille.
- Sonorus ! Groupe Phénix, regroupez-vous ici ! clama-t-il en lançant un clin d'œil à la bleue et bronze.
- Groupe Chimère, avec moi ! appela la voix magiquement amplifiée de Lily. Les autres élèves, rentrez aussi vite que possible dans le château !
Harry fut stupéfait par la rapidité avec laquelle les groupes se réunirent. Avant qu'il n'ait eu le temps de s'en rendre compte, Peter, Amanda Folly, Daniel Gerald et le jeune Yann l'avait rejoint. Ils se mirent à avancer ensembles avec une efficacité redoutable. L'intérêt de la dureté d'O'Neill, s'il avait échappé à quiconque, apparut soudainement clairement. À quel moment étaient-ils devenus aussi forts ?
- Expelliarmus !
Narcissa venait de surgir à coté de Veena, envoyant valser trois mangemorts dans la foulée. "La classe, n'est-ce pas ?"
Harry jeta un regard entendu à Drago qui venait de parler, arrivant avec le reste de son groupe. "Tu t'enorgueilliras du double de ta mère plus tard, ok ? On a du travail."
"Comme tu veux. Mais si ça t'intéresse, le double de ma tante est dans la forêt interdite."
"Bellatrix ?"
"Ça va de soi ! Tu imagines Andromeda nous attaquer de la sorte ?" Sans relever l'ironie de son ami, le Survivant jeta un regard vers la lisière de la forêt où se trouvait un conciliabule de mangemorts. "Attends ! Harry, qu'est-ce que tu…"
Sans laisser le temps à Drago de finir ou à son groupe de réagir, le brun s'était élancé vers la forêt. Il entendit qu'on l'appelait, mais n'y prêta aucune attention, tout à son projet d'arrêter Bellatrix. Une petite voix dans son esprit lui signala qu'il agissait de façon irréfléchie, chose qu'il s'était promis d'arrêter de faire. Elle ajouta que laisser ses camarades se débrouiller seuls était imprudent. Il ne l'écouta pas et entra dans la forêt lorsqu'une main attrapa son bras. Se retournant vivement, il croisa un regard vert.
- Que fais-tu ? siffla-t-il.
- Je l'arrête, répliqua Harry.
- Non. Tu te venges. Ce n'est pas sain !
- Ne me fais pas la morale ! Cette femme est un danger pour tout le monde ! Elle est…
- Avada Kedavra ! claironna une voix.
Un éclair percuta violemment le brun qui s'écroula sur le sol.
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Drago avait suivi Harry en le voyant partir, comprenant ce qui se passait dans la tête de son ami. Il se souvenait de la douleur que l'Élu avait ressentit à la perte de son parrain, même si les souvenirs obtenus suite à la potion de partagpensée s'estompaient peu à peu.
Il attrapa le bras de son équipier alors qu'ils s'étaient engouffrés dans la forêt.
- Que fais-tu ? s'exclama le blond.
- Je l'arrête, cracha Harry, le regard furieux – Drago n'aima pas le voir ainsi.
- Non. Tu te venges. Ce n'est pas sain !
- Ne me fais pas la morale ! Cette femme est un danger pour tout le monde ! Elle est…
Le brun ne put pas terminer sa phrase. Horrifié, le renié vit Bellatrix lever sa baguette.
- Avada Kedavra ! clama-t-elle.
Un éclair jaillit et faucha Harry qui tomba à terre. Drago ne put retenir un cri alors que des runes apparaissaient autour de lui pour le protéger. Alors que ses yeux demeuraient fixés sur le corps de son ami, son cerveau refusait d'enregistrer l'information. Il ne pouvait le croire. Si tu ne lui avais pas parlé, siffla une voix mauvaise dans son esprit – elle, semblait avoir pris la mesure de ce qui venait d'arriver.
- Non… murmura-t-il, comme pour nier ce qui venait d'arriver.
Le rire de Bellatrix bourdonna aux oreilles de l'Anonyme. Il lui jeta un regard de pure haine alors que des rubans de runes convergèrent vers la mangemorte.
- Protego ! tenta-t-elle.
Sans succès. La magie si particulière du voyageur dimensionnel fit éclater le bouclier. La proche du Seigneur des Ténèbres tomba sur le sol, le bras en sang. Cela ne parut pas lui faire peur. Elle répliqua avec deux sorts de magie noire qui ne passèrent pas la barrière de runes. La colère – la peine ? – de Drago semblait lui avoir donné une puissance insoupçonnée. Il n'avait quasiment plus conscience de ce qu'il faisait, ses sentiments ayant pris le dessus sur son esprit. Sa magie agissait comme mue par une volonté propre – avec le recul, le blond admettrait que c'était plus sa volonté qui était en cause. Mais son esprit entièrement tourné vers Bellatrix occulta ce qui se passait autour de lui.
Ce fut pour cela qu'il ne vit les trois mangemorts qui arrivaient derrière lui qu'au dernier moment. À l'instant où ils lançaient le sortilège de mort…
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Alors pour tout dire, je n'avais pas prévu de couper ici, mais je me sens un âme sadique. Niark, niark
J'ai même hésité à couper immédiatement après l'avada kedavra de Bellatrix. Mais je vous fais grâce d'un paragraphe de plus. Comment ça c'est pire ? Oh, jamais contents !
Oui, oui, je suis sadique aujourd'hui. ;p
Nooon ! Pas de lynchage ! Réfléchissez deux secondes : s'il m'arrive quelque chose, vous n'aurez pas la suite.
Bon, allez, je réponds tout de même à vos questions.
Sadael a eut la réponse à sa question concernant la potion anti-loup, la suite viendra dans le chapitre 35 avec quelques problèmes pour nos amis inventeurs de potion. Ensuite, je tiens à te préciser que dans le chapitre précédent, Drago et Harry ne sont pas plus puissants lorsqu'ils jettent un sort ensemble. Cette impression de puissance vient du fait qu'ils n'avaient pas conscience de l'étendue de la magie de l'autre, c'est tout. Ils pourront être plus puissants en unissant leur pouvoir – c'est évident, l'union fait la force – mais leur niveau magique respectif restera le même.
Pour répondre à TheDrEamSpEcTraL, j'ai déjà expliqué pourquoi Drago était un Anonyme… Enfin, je suppose que comme je suis très lente à l'écriture, il faut que je sois plus claire. Je te rappelle donc que Drago a été renié par son père, ce faisant, il a perdu son nom de famille – tu remarqueras que je ne l'appelle plus jamais Malefoy. Par conséquent, on appelle les reniés des Anonymes – puisqu'ils n'ont plus de nom. Tu me suis ?
Quant à Marina, c'est la déléguée de classe avec laquelle Drago, sous l'impulsion de Sirius, est sortit pendant un temps.
Je tiens à préciser à Mel72000 que, non !, je ne travaille pas pour meetic ou un quelconque site de rencontre en ligne. Lol je ne suis qu'une modeste étudiante en droit (je me vois très mal dans ce genre de boulot, franchement).
Ayane T'il Hime, je suis au regret de t'informer que William n'est pas Harry, si c'avait été le cas, j'aurais risqué le plagiat des Portes. Cependant, petit à petit, vous vous rapprochez de la vérité ;p suspense, suspense…
Akira Makkuro, la phrase de Harry concernant la dangerosité des créatures du Malefoy Manor était de l'humour, évidemment. Elles étaient très dangereuses.
Bref, voilà pour les précisions en tous genres.
À la prochaine (oui, je sais, je me dépêche !)
