Les Maîtres des Dimensions
Résumé général : Alors que Harry déprime après la mort de Dumbledore, il rencontre Némésis, une étrange femme qui lui propose une mission : se rendre dans un monde parallèle afin de créer un autre futur. Il part donc en 1976, dernière année de ses parents à Poudlard, sous le nom de Terry Star, accompagné d'Hélios son phénix mais également de Drago, qui a été renié par son père, portant le pseudonyme de Sylciu Celford. Ils se présentent comme des cousins venus d'Amérique.
Chapitre précédent: Drago et Harry détruisent le journal de Tom Jedusor, et, avec l'aide de Lily et Severus, termine enfin la potion anti-loup qui parait être un succès. Sur ce, les Mangemorts attaquent l'école et Harry est touché par un avada kedavra.
MPE (mes plates excuses ) : Je sais que j'avais promis ce chapitre rapidement et j'étais sincère, mais cet été tout semble s'être ligué contre moi. Tout d'abord en juillet mon ordi est – encore – tombé en panne, puis ma correctrice a soudainement disparue – ceci est un avis de recherche, Adhafera où es-tu ?
Bref, je tiens à remercier somebody's qui a accepté de corriger ce chapitre en attendant que je retrouve Adhafera.
Maintenant, je vous laisse à votre lecture.
Chapitre 34 : Prophétie
Ce fut pour cela qu'il ne vit les trois mangemorts qui arrivaient derrière lui qu'au dernier moment. À l'instant où ils lançaient le sortilège de mort…
Drago vit sa dernière heure arriver. Il avait agi de manière idiote durant ce combat… en informant Harry de la présence du double de sa tante, en le suivant dans la forêt, en lui parlant en plein combat, en se laissant submerger par ses émotions… Et il allait en mourir.
- Athéna !
Une barrière de lumière dorée arrêta les sorts de mort. Le renié eut un hoquet de surprise.
- Ha–Harry ? hoqueta-t-il.
Le brun venait de se redresser, une expression de douleur sur son visage.
- T–tu es en vie ?
- 'Semblerait… 'Mal à la tête, fit-il en portant sa main à son front.
Une chose frappa alors Drago : son ami avait retrouvé sa véritable apparence. Et il ne semblait pas être le seul à s'en être rendu compte.
- Co–comment ? glapit Bellatrix. Avada Kedavra !
Les deux voyageurs dimensionnels évitèrent par réflexe le sortilège. Encore complètement perdu, l'Anonyme vit Harry répliquer avec une colonne de flammes que la mangemorte évita de justesse. Il avait pourtant reçu un avada kedavra… Et il avait survécu. Encore.
- Merlin soit loué, murmura le blond pour lui-même, réalisant qu'il aurait mal supporté la mort de ce garçon qu'il avait tant haï. Stupefix ! finit-il par lancer à un mangemort.
Ils étaient dans un coin relativement isolé de la forêt. Cela expliquait que seuls trois encagoulés et Bellatrix soient présents. Et c'était une bonne chose, puisque le Survivant avait repris son apparence. La cible de Drago s'écroula dans un bruit mat dans l'indifférence générale. En effet, le blond s'était déjà tourné vers les autres mangemorts alors que Harry et Bellatrix se livraient un combat acharné.
Repassant en mode combat – il avait retenu la leçon de son erreur d'il y a quelques minutes – le renié n'y fit pas attention. Il se concentra sur ses propres assaillants. Le troisième lui posait des problèmes. Il semblait plus doué que ses compères, largement versé dans la magie noire. Traçant un cercle de runes, Drago pesta. Se battre avec l'homme tout en évitant les retombées de l'affrontement entre le Survivant et sa tante relevait de l'épreuve de force. Ces deux-là n'y allaient pas de main morte. Mais la femme semblait peu à peu perdre du terrain face à la puissance de la magie antique. Drago bondit, esquivant un éclair, et lança une série de sorts. Cette fois, le mangemort ne put rien faire. Il s'écroula lourdement sur le sol, le visage figé dans un rictus mauvais, mort. Pendant un instant, le renié ne réussit pas à détacher son regard du cadavre, de cet homme qu'il venait de tuer.
Un cri de rage retentit, le tirant de ses pensées. Bellatrix venait de se jeter sur un Harry manifestement pris de court par cette action. Par réflexe, le blond lui jeta le premier sort qui lui vint à l'esprit. La femme se retrouva ligotée et trébucha, s'étalant sur le sol dans un couinement comique. Croisant le regard de son équipier, Drago retint difficilement un éclat de rire. Mais Bellatrix, étant une combattante acharnée, se détacha rapidement et repartit à l'attaque… Une seconde trop tard.
- Ô Zeus qui parmi les Dieux est un roi,
Déchaîne la foudre du ciel pour moi, s'était écrié Harry.
Le double de la tante de Drago poussa un hurlement déchirant, de douleur cette fois-ci, alors que tout son corps se tendait, parcouru par les éclairs. Et puis elle s'écroula, la bouche ouverte et le visage tordu sous les yeux des deux combattants.
- Elle est morte ? balbutia l'Élu.
- Étant donné ce que tu lui as envoyé, ça m'étonnerait qu'elle vive encore. Change vite ton apparence, Harry, avant que quelqu'un d'autre n'arrive.
- Que… ?
Le jeune homme sembla réaliser que l'illusion de Némésis avait disparu.
- Quand… ?
- Quand tu as reçu l'avada, répondit simplement le blond. Il faut que nous y allions.
- Mais comment je fais ?
- Hein ? brama Drago.
Harry eut un air penaud.
- Ben oui, comment dois-je faire pour récréer l'illusion ? Je veux dire, la dernière fois c'est Némésis qui l'a mise en place en disant que le bracelet la maintiendr…
Avant que le brun n'ait eu le temps de finir sa phrase, ledit bijou venait de s'illuminer, laissant échapper une vague de magie qui parcourut le jeune homme. L'instant d'après, il avait de nouveau l'apparence de Terry Star.
- Il va vraiment falloir que Némésis nous donne des précisions sur ces bracelets, commenta simplement Harry.
- Ouais… Mais il va surtout falloir que tu m'expliques, comment tu as pu sortir indemne après avoir reçu un avada kedavra !
- Indemne ? Tu plaisantes ! J'ai une migraine de cheval !
ooo
Le combat s'était en somme bien déroulé, malgré la disparition soudaine et surprenante de Terry et Sylciu. Ils étaient revenus alors que la bataille était quasiment achevée, tendus tous les deux.
Ce retour n'avait pas pesé aussi lourd dans la balance que les élèves avaient pu le croire, créant un sentiment de fierté et d'allégresse chez les jeunes. Ils étaient réjouis de cette réussite, heureux d'avoir pu défendre leur école. Pour la première fois depuis longtemps, une atmosphère résolue régnait dans le château. Évidemment, ils étaient tous conscients de la situation critique dans laquelle ils se trouvaient mais l'absence de morts de leur coté les rendaient euphoriques. Lily, toutefois, se demandait toujours pourquoi Sylciu avait rit en regardant son cousin lorsque Dumbledore s'était félicité de cette absence de décès. Que s'était-il passé exactement durant le temps de leur disparition ?
Cette question s'éclipsa vite au profit des festivités. Joyeuses, mais réservées, elles furent plaisantes, teintées du soulagement de retrouver tout le monde en vie et de respect pour le professeur O'Neill qui était pour beaucoup dans cette victoire. Lily regarda ses camarades, partagée entre la peur et la foi en l'avenir.
Elle sentit un bras s'enrouler autour de sa taille et un souffle sur sa nuque.
- Détend-toi, Lily. Le combat est terminé, murmura une voix tendre.
- Mais jusqu'à quand, James ?
- Je ne sais pas, ma douce. Je l'ignore. Alors profite de l'instant présent. S'il-te-plait, Lily, ne te torture pas.
- Mmm… fit-elle en se blottissant contre lui.
Elle ferma les yeux, savourant le contact de son petit-ami ainsi que l'odeur qu'il dégageait mêlée à celle de la Grande Salle. Malgré le brouhaha qui régnait, tout cela avait quelque chose d'apaisant. La voix chuchotant des mots doux à son oreille devait y être pour beaucoup.
La guerre continuait et Poudlard résistait…
ooo
Évidemment il ne trouvait rien. Drago referma rageusement un énième livre, s'attirant le regard noir de la bibliothécaire. Il était frustré, mais pas surpris. Survivre au sortilège de mort était tout simplement impossible ! Point, pas besoin d'aller chercher plus loin.
Le blond grogna. Et la curiosité scientifique alors ? N'y en avait-il pas un seul qui ait seulement émis l'hypothèse ?! Merde, Harry avait survécu deux fois à ce sort ! Et peu importait ce qui c'était passé la première fois, Drago était là la semaine précédente. Il avait vu son ami être fauché par l'avada kedavra et se relever avec pour seule séquelle un mal de crâne carabiné – qui durait encore au grand amusement des Maraudeurs qui ignoraient la raison de cette douleur. Enfin, c'était relativement peu pour quelqu'un qui aurait dû être six pieds sous terre. Même si le brun se plaignait continuellement – il était fatiguant par moment !
Bref, les recherches de Drago pour comprendre comment son ami avait pu survivre n'avançaient pas d'un pouce. C'était frustrant, d'autant plus que le renié se doutait que malgré le temps qu'il y passerait, il ne trouverait probablement rien.
Il soupira en laissant sa tête tomber sur la pile de livres ouverts.
- Quel est cet air désespéré, mon brave ?
La mimique de Sirius fit sourire Drago.
- Problème d'enchantement ? releva Peter en regardant un des ouvrages qui se trouvait sur la table.
- Ah ! J'ai ce qu'il te faut, alors, sourit Sirius. On a un bouquin super dont on se sert pour… Hem… Tu-sais-quoi.
- Depuis quand vous faites des mystères ? remarqua le renié.
- Oui, enfin, bref… Ne m'interromps pas. Je disais que James avait dégoté un super bouquin. Y a des chapitres un peu étranges, mais dans l'ensemble, il nous a permis de faire des trucs dingues !
La Carte des Maraudeur que Harry lui avait montré lui vint immédiatement à l'esprit de Drago. Si ce livre avait en effet permis aux quatre farceurs de mettre au point la merveille qu'était cette carte, il valait le coup qu'on y jette un œil.
- Où est-il ?
- Dans la réserve, répondit le jeune Black sur le ton de l'évidence.
Le voyageur dimensionnel sourit. Évidemment, comment avait-il pu poser une question pareille ? Sirius eut un sourire en coin.
- Nous irons le chercher ce soir, ça te va ?
ooo
- Endoloris ! Endoloris ! ENDOLORIS !
Les sorts fusaient. Les Mangemorts hurlaient, leurs cris raisonnant dans la Salle du Trône de leur maître. Lord Voldemort était furieux et tous ses serviteurs le sauront bientôt. Cette peste de femme l'avait ridiculisé ! Elle avait attaqué Poudlard, sans autorisation, et par-dessus tout, elle avait perdu ! Stupide femelle ! Inutile, comme toutes les autres. Pour qui se prenait-elle, exactement ? Pire que tout, elle avait eu le mauvais goût de se faire tuer par un élève, rendant impossible toute punition.
- ENDOLORIS !
La femme d'un Mangemort, qui avait eu la malchance de se trouver là, se tordit sur le sol, frappée de plein fouet par le sortilège. Son mari eut un hoquet mais ne bougea pas d'un pouce malgré les cris de son épouse. Le visage du Seigneur des Ténèbres se déforma dans un sourire de pur sadisme, ses yeux brillants dangereusement. Parfait, il allait se venger sur cette femelle. Elle serait un exutoire parfait.
- Sectumsempra !
Les hurlements se firent plus aigus alors que les vêtements de sa victime se tachaient de sang et se déchiraient. C'était jouissif, Voldemort appréciait. Cela lui permettait de ne pas penser à cette imbécile de Bellatrix Black tout en se vengeant d'elle.
Elle avait voulu lui faire une surprise, avaient dit les survivants de l'attaque de Poudlard. Stupide ! Une forme de romantisme ? Ce concept échappait complètement au mage noir. Il n'attendait qu'une seule chose d'elle : l'obéissance. Qu'elle lui serve à assouvir certains besoins n'y changeaient rien. Grim Reaper l'avait bien compris, elle était toujours restée à sa place. Et elle était meilleure amante, d'ailleurs.
- Je ne veux plus jamais entendre le nom de Bellatrix Black. Cette femme est une traîtresse. Maudite soit-elle, elle et toute sa famille. Si l'un des membres sa famille tombe entre nos mains, je veux qu'on me l'amène. Ses sœurs, de préférence, ajouta-t-il avec un sourire extatique.
Et il lança de nouveaux sorts à la femelle sur le sol.
ooo
- Bien.
Robin sourit en regardant ses élèves entrer pour leur cours.
- Bien, répéta-t-il. Avant de commencer, je tiens à vous dire que je suis très fier de vous, mes élèves. Au risque de plagier le directeur, vous avez été impressionnants lors de la bataille de la semaine dernière et vous avez fait honneur à Poudlard. Je vous félicite tous.
Les jeunes gens lui sourirent, manifestement heureux du compliment.
- Il semblerait, poursuivit l'épéiste en parcourant l'assemblée du regard, que vous ayez compris le sens de ce que je vous ai appris. Le professeur Williams et moi avons discuté et sommes d'accord pour élever le niveau de votre apprentissage à celui dispensé aux apprentis aurors.
Il y eut des murmures et des airs ahuris, mais les sourires en coin qu'échangèrent Potter et Star retinrent l'attention de Robin.
- Un commentaire, messieurs ? fit-il avec curiosité.
- Et bien, commença le préfet-en-chef avec amusement, j'ai dans l'idée que nous avions dépassé le programme depuis un certain temps.
L'américain pouffa.
- Je vois qu'au moins deux d'entre vous se sont rendus compte de la hausse du niveau en défense contre les forces du mal et parallèlement en protection. Il est vrai qu'Eoloas et moi avons sensiblement dépassé le niveau habituel de vos classes. Et nous avons été impressionnés par votre capacité à vous adapter.
L'enseignant sourit gentiment.
- Cela dit, à présent, mettons-nous au travail. Réunissez-vous par groupes. Aujourd'hui, nous allons tenter un nouvel exercice : vous allez vous opposer les uns aux autres. Cela vous permettra d'apprendre à combattre un groupe structuré et unifié.
- Unifié ? rit franchement Celford. On ne parle plus des mangemorts, n'est-ce pas ?
Malgré lui, Robin sourit.
- Nous dirons qu'il faut que vous soyez prêts à réagir à toutes les situations, répondit-il avec l'air facétieux. Au travail !
ooo
Harry avait encore mal à la tête, même s'il s'était peu à peu estompé. Malgré ce qu'il assurait à Drago, cette histoire le hantait. Comment avait-il pu survivre cette fois-ci ? Sa mère n'était pas là pour se sacrifier pour lui et il n'y avait aucune raison pour que sa protection marche contre Bellatrix. Autrement dit, sa survie n'avait pas le moindre sens. Pourtant il était toujours là, bien vivant. Seuls sa migraine, une courte inconscience et le fait qu'il avait retrouvé son apparence attestaient de son contact avec le sortilège de la mort. Pas de blessure, pas de cicatrice, rien.
Fixant le plafond de son dortoir en tentant de faire abstraction des ronflements d'un de ses camarades, le brun laissait ses pensées vagabonder. Un mystère de plus venait de s'ajouter à la liste déjà trop longue des questions à résoudre. Il allait falloir faire du tri. Les Horcruxes restaient la priorité des priorités, les autres questions – l'avada kedavra, les plans de Voldemort ou même les modifications que ce monde semblait avoir connu du fait de la venue des deux voyageurs dimensionnels – passaient au second plan.
Quand à la mort de Bellatrix – qu'il avait lui-même tué –, étrangement, ne lui donnait que peu de tourments. Il n'était pas fier de l'avoir fait, mais se sentait moins coupable que pour la mort du Seigneur de la Douleur. Drago devait avoir raison lorsqu'il disait que le brun avait eu tendance à confondre cette Bellatrix et celle de leur monde. Celle qui avait tué Sirius.
Le jeune homme soupira en se retournant dans son lit. Dormir aurait probablement été une bonne idée – il était tout de même une heure de matin – mais le sommeil ne venait pas.
Hic. Un bruit étouffé et un léger mouvement provenant du bas de son lit le firent se redresser. Il croisa le regard penaud d'Hélios. Depuis un moment, le phénix avait pris l'habitude de dormir à cet endroit et d'habitude il était assez silencieux – sauf lorsqu'il faisait sa mauvaise tête, mais c'était une situation à part.
- Que t'arrive-t-il ? murmura le garçon de l'autre monde.
Hélios pencha la tête d'un air perplexe. Il ne savait pas. Hic. L'instant d'après, il se trouvait aux pieds du lit de son Ami.
- Que… ? s'étrangla Harry.
Depuis quand l'oiseau du feu pouvait-il se téléporter ? Minute ! Némésis n'avait-elle pas dit quelque chose à ce sujet ? Hic. Hélios fut de retour sur la couverture. Comprenant ce qu'il se passait, le sorcier eut toutes les peines du monde à réprimer un éclat de rire – il risquait de réveiller ses compagnons.
- Tu as le hoquet ! gloussa-t-il aussi doucement que possible.
Le phénix lui jeta un regard courroucé. Hic ! Un cri retentit dans le dortoir. Hélios était réapparu sur le visage de Rosier, le réveillant en sursaut. Par réflexe, il repoussa l'animal qui tomba sur le sol dans un couinement mécontent.
- Evaaaan, grogna Severus.
Manifestement, tout le dortoir était maintenant réveillé, la plupart de ses occupants pestant après Rosier. Hélios s'était redressé et… Hic. Il atterrit sur le lit du Prince de Sang-Mêlé, lui arrachant une exclamation de surprise.
- Qu'est-ce que ? coassa le Serpentard.
- Hélios a le hoquet, l'informa calmement Harry.
- Hein ?
L'air intelligent et les yeux ensommeillés de Severus lui donnaient un air assez comique.
- 'Veut dormir ! 'Peut pas avoir l'h'quet à des heur' décentes ! grommela quelqu'un.
Le voyageur dimensionnel sourit, amusé. Hic ! Le phénix disparut une nouvelle fois… mais cette fois il ne réapparut pas. Le sorcier de l'autre monde fronça les sourcils en cherchant l'oiseau de feu du regard.
- Hélios ? appela-t-il.
Il ne reçut cependant pas de réponse.
- La ferme ! brailla Brutus, réussissant miraculeusement à aligner deux mots.
Lui jetant un regard noir, le Survivant se leva pour partir à la recherche de son ami à plumes.
ooo
- Merlin, mais que fais-tu la nuit ? s'exclama le lendemain matin Narcissa en découvrant un Terry aux immenses cernes dans la salle commune.
- Hélios a eu le hoquet.
La jeune femme eut une hésitation.
- Je te demande pardon ? fit-elle.
- Hélios a eu le hoquet, répéta l'américain. Du coup, il s'est téléporté dans tout le dortoir, réveillant tout le monde au passage et puis il a commencé à le faire dans les cachots et j'ai fini par le perdre.
Il bailla à s'en décrocher la mâchoire. Lui lançant un regard qu'elle voulait sévère mais qui fut plutôt amusé, la jeune fille le prit par le bras.
- Aller, viens avec moi Monsieur-je-ferais-mieux-de-dormir, je vais te servir un café.
- Mmm ! Narcissa, y a pas à dire, tu sais trouver les mots qu'il faut ! s'exclama Terry, tout sourire en lui faisant un baiser sur la joue.
La sorcière n'aurait su dire pourquoi elle ne fut pas le moins du monde gênée par ce geste, comme s'il était naturel. Que ressentait-elle exactement pour l'américain brun ? C'était foncièrement différent de ses sentiments pour Remus… Cela ressemblait plus à ses rapports avec Sirius avant qu'il ne "quitte" la famille. Une relation fraternelle…
- Tu es un accro à la caféine ! fit-elle d'un air strict que démentait son grand sourire.
- Il paraît, admit le jeune homme d'un air évaporé.
Ils arrivèrent ainsi, bras dessus dessous dans la Grande Salle. Aussitôt eurent-ils passé la porte que Narcissa sentit un grand nombre de regards sur eux. D'ici moins de dix minutes, tout Poudlard penserait probablement qu'ils sortaient ensemble. Cette tendance au commérage était attristante.
- Table des lions, souffla Terry.
Surprise, la jeune fille le regarda mais il s'était déjà avancé vers sa place à la table des Serpentards. Elle décida donc de regarder en direction des rouge et or et croisa un regard d'ambre. Remus…
Ne pouvant pas rester ainsi, plantée au milieu de l'entrée à fixer le Gryffondor, Narcissa prit une profonde inspiration et alla s'installer à coté de Terry. Il ne fit aucun commentaire au sujet de cet intermède et elle ne lui posa aucune question.
- La grande question, déclarait le nouveau un peu plus tard à l'adresse de Severus en entamant son deuxième café, est de savoir où il est maintenant.
- Tu ne le sais pas ?
- Nan. Je l'ai perdu vers trois heures du matin. Mais je dois admettre que j'avais rarement vu quelque chose d'aussi drôle. Un phénix avec le hoquet ! Cela prouve que ce que l'on dit sur ces créatures est largement exagéré !
- Ou bien qu'Hélios est un cas particulier, releva la jeune fille.
- Je pense qu'il doit y avoir des deux, trancha Severus.
- Probablement, acquiesça l'américain avec un sourire en coin. J'espère qu'il ne va pas s'attirer des problèmes… Il a un don pour ça.
- Tel maître, tel phénix ! gloussa l'héritier des Rogue.
- Ce qui signifie ? demanda Terry d'un air menaçant.
- Et bien, messieurs, ne voulant pas assister au carnage qui va suivre, je vais vous laisser, pouffa Narcissa.
- Traîtresse ! glapit Severus alors qu'un sourire carnassier étirait les lèvres de son ami.
Sans le moindre remord, elle salua joyeusement ses amis et quitta la Grande Salle. Elle était heureuse. C'était un étrange sentiment de satisfaction qu'elle ne connaissait pas… Elle se sentait bien dans sa peau, tout simplement. Elle avait changé, et s'en félicitait, même si la suite risquait de ne pas être facile. Tôt ou tard, elle devra affronter sa famille – plutôt tôt que tard d'ailleurs puisqu'elle était censée épouser Lucius Malefoy dans quelques mois… Et elle en avait peur. Elle savait maintenant qu'elle ne pouvait plus reculer, même s'il y avait eu un temps où elle aurait pu vivre la vie que ses parents lui avaient prévue, ce n'était plus le cas. Elle ne pourrait accepter d'être une épouse obéissante relevant plus d'une décoration et d'une poule pondeuse que d'une femme.
La mort de sa sœur provoquait en elle des sentiments contrastés. Elle avait honte de ne pas vraiment ressentir de tristesse. Elle savait que d'une certaine manière, elle avait déjà fait depuis longtemps le deuil de cette sœur qu'elle avait aimé. Bellatrix était devenue une étrangère violente et sadique. Narcissa avait tenté de toutes ses forces de continuer à l'aimer – c'était tout de même sa sœur ! – et puis lors de l'attaque du lycée, elle avait dit stop. Dans son cœur, c'était à ce moment-là qu'elle avait perdu sa sœur Bellatrix, qu'elle avait dû faire son deuil. D'une certaine manière, la mort de celle-ci avait quelque chose de libératoire. Elle ne tuerait plus, elle ne ferait plus de mal à personne… Et le dernier espoir que Narcissa pouvait avoir de retrouver la jeune femme qu'elle avait tant aimée s'était envolé. Mais la benjamine ne croyait plus depuis longtemps que son aînée pouvait changer. C'était probablement cela qui expliquait que Narcissa ne soit pas malheureuse mais qu'elle profite plutôt de la vie qui s'offre devant elle.
Elle arriva dans le parc et prit un grand bol d'air froid. Elle aimait être dehors, cela lui avait toujours donné une impression de liberté. Elle marcha sans but, profitant du vent et du calme qui régnait. Depuis l'attaque, beaucoup de monde hésitait à venir dans le parc, ce qui en faisait un endroit encore plus agréable. Elle était détendue…
- Tu sais que ce n'est pas très prudent de sortir seule ? signala une voix profonde.
Elle sourit.
- Je pourrais te dire la même chose, répliqua-t-elle. Ou alors c'est parce que je ne suis qu'une faible femme ?
- Je te signale que j'étais là lors du combat de la semaine dernière et que tu m'as parue être tout, sauf une faible femme. Nous dirons plutôt que c'est parce que je suis un Maraudeur.
- Oh. Et les Maraudeurs ont un statut spécial, c'est ça ?
- Cela va sans dire !
- Cet air pompeux ne te va pas du tout, Lupin. Laisse-le donc à Sirius.
Le jeune homme rit franchement.
- Je ne dirais pas à ton cousin que tu le trouves pompeux.
- Pourquoi, tu n'es pas d'accord ? Ou alors existe-t-il une règle qui interdit aux Maraudeurs de parler de ce genre de choses avec les non-initiés ?
- Aucune règle de ce genre, Sirius rame simplement assez avec Veena, je vais éviter d'en rajouter une couche.
- Il a vraiment le béguin pour elle, hein ?
- Ouaip. Maintenant qu'on avait enfin réussi à régler le problème James/Lily ! soupira Lupin avec un geste théâtral.
- Bah, je suppose que les Maraudeurs sans au moins un problème de cœur ne seraient plus les Maraudeurs.
- Merci de me remonter le moral, grinça le Gryffondor. Sérieusement, tout le monde ne parle que du hoquet d'Hélios. C'est vrai cette histoire ?
- Tout le monde est déjà au courant ? C'est pas vrai, c'est une école de sorcellerie ou de commérages ?
- Admet qu'un phénix avec le hoquet, c'est assez comique. Surtout qu'il paraît qu'il a réveillé tout le dortoir des Serpentards.
- Pour une fois que vous n'y êtes pour rien, lança Narcissa, moqueuse.
Son interlocuteur se contenta d'un sourire mystérieux – et très séduisant, nota une partie du cerveau de la jeune fille – sans paraître le moins du monde gêné par l'insinuation. La Serpentard sourit à son tour, profondément détendue… Peut-être même trop.
Soudainement, elle le sentit venir. Elle se crispa, reculant précipitamment. Elle sentit le regard surpris du Gryffondor sur elle. N'ayant pas fait le moindre mouvement, il ne devait pas comprendre ce qu'il se passait. Grimaçant, la jeune fille se tint la tête, tentant de toutes ses forces de le repousser.
- Narcissa !
Une voix chargée d'inquiétude parvint à atteindre l'esprit de l'appelée. Lupin… Il était encore là. Non ! Elle ne voulait pas qu'il voit cela… Pas lui.
- Va-t-en, gémit-elle.
- Quoi ? Pas question ! Tu ne vas pas bien ! Je vais…
- NON ! Va-t-en, s'il-te-plait, je…
Trop tard… Il la submergea à cet instant, et elle perdit pied.
ooo
Remus ne comprenait rien à ce qui se passait. L'instant précédent, tout semblait aller pour le mieux et à présent, Narcissa paraissait affreusement souffrir, se tenant douloureusement le font.
- Va-t-en.
La supplique de la jeune fille fit à son condisciple l'effet d'un coup de poing. Elle n'était pas sérieuse ! Pensait-elle sincèrement qu'il allait la laisser dans cet état ?
- Quoi ? coassa-t-il. Pas question ! Tu ne vas pas bien ! Je vais…
- NON ! Va-t-en, s'il-te-plait, je…
Il y avait du désespoir dans la voix de la Serpentard. Remus était sincèrement perdu. Et puis, sans signe avant coureur, elle parut se détendre. Soulagé, il fit un pas vers elle.
Celui qui devait mourir vaincra
La voix rocailleuse qui sortit alors de la bouche de Narcissa n'était pas la sienne. Remus se figea, interdit.
Mais seul il ne le pourra pas
Car le Survivant a l'unique pouvoir
Pouvant contre le Seigneur des Ténèbres offrir l'espoir
Si ensemble ils ne sont pas
À jamais le mage noir l'emportera
Car ils ont une force que le Seigneur des ténèbres ignore
Et qu'ils ne connaissent pas encore
Mais elle leur donnera à jamais
La force de triompher
Parce qu'eux seuls peuvent le faire
Ils détiennent entre leurs mains le futur de notre terre
À peine avait-elle terminé de déclamer ces vers que la jeune fille vacilla. D'un bond, le Gryffondor la rattrapa avant qu'elle ne tombe à terre. De nouveau consciente, elle s'accrocha désespérément à lui.
- Je ne voulais pas… sanglota-t-elle. Je ne voulais pas.
La serrant contre lui, Remus se demanda ce qu'elle ne voulait pas. Faire cette prophétie, car c'en était vraisemblablement une ? Qu'il y assiste ? Peut-être autre chose. Alors il se contenta de la réconforter maladroitement, comprenant soudainement le secret qu'elle cachait. Les fleurs qu'elle cueillait, les éclats d'étoile, qui étaient utilisées dans la préparation de potions tellement différentes qu'il n'avait pu déterminer dans quel but Narcissa les utilisait. Mais le lycanthrope se souvenait parfaitement d'une de ses préparations : une potion censée brider les pouvoirs de vision. Narcissa était une voyante. Et elle ne semblait pas apprécier ce pouvoir.
- Viens, je vais t'amener à l'infirmerie, Pomfresh te donnera quelque chose pour te calmer, fit-il avec douceur.
Mais la jeune fille refusa obstinément de bouger, se cramponnant à lui comme à une bouée de sauvetage.
- Qu'est-ce que j'ai dit ?
- Narcissa…
Elle releva un regard suppliant vers lui. Jamais, au grand jamais, le loup-garou n'avait vu la Serpentard dans un tel état de détresse. Cela lui fendait le cœur…
- Dis-moi que je n'ai pas prédit ta mort. Je t'en supplie, Remus… Je ne veux pas…
Prédire sa mort ? Merlin ! C'était ce qu'elle pensait ? Pas étonnant qu'elle soit dans cet état. Le Gryffondor avait le pressentiment qu'elle l'avait déjà fait et que c'était là la cause du rejet de son pouvoir.
- Calme-toi. Tout va bien. Ta prophétie était une bonne chose, crois-moi.
- Une bonne chose ? fit-elle d'une voix trop aigüe. Une bonne chose !? Ce pouvoir est une malédiction et je suis un monstre ! Ce n'est pas une bonne chose.
Malgré lui, Remus eut un sourire.
- Je sais ce que ça fait d'être un monstre, Narcissa, fit-il d'une voix douce. Et je peux t'assurer que tu n'en es pas un. Ça non ! Maintenant écoute-moi. J'ignore ce que tu as prédit par le passé mais je me doute que cela a dû être douloureux. Je comprends que ton pouvoir ne doit pas être facile à porter. Mais si j'ai bien compris ce que tu as dit aujourd'hui, il existe des personnes qui vaincront Tu-Sais-Qui. La prophétie que tu viens de faire est un immense espoir pour tout le monde !
La jeune Black sembla hésiter, fixant son camarade comme pour juger s'il mentait ou non. Il soutint son regard sans la moindre gêne. Petit à petit, il la sentit se détendre sans pour autant faire le moindre geste pour se dégager de son étreinte.
- Alors il faudrait aller voir Dumbledore dans ce cas, signala-t-elle au bout d'un moment sans esquisser un quelconque mouvement.
- Tu es sûre que tu ne préfères pas passer par l'infirmerie ? Tu avais l'air de souffrir tout à l'heure…
- Ce n'est rien. C'est… Lorsque je tente de contenir les visions, c'est assez douloureux.
- Et ta potion ne fonctionne pas ?
Elle parut surprise par la question.
- La potion que tu fais avec les éclats d'étoile, développa Remus.
- Je ne pensais pas que tu chercherais sérieusement.
- Je sais, la curiosité est un vilain défaut. Alors ?
- Elle faisait de l'effet mais j'en ai tellement pris que petit à petit elle perd de la puissance et laisse passer de plus en plus de visions. D'habitude ce sont des rêves prémonitoires mais… Et bien il semble que je sois passée au stade supérieur.
- Ce n'est pas si grave…
Se redressant vivement, la Serpentard jeta au jeune homme un regard acide.
- Ce n'est pas toi qui prédis la mort des gens ! cracha-t-elle en s'éloignant.
- Narcissa ! s'exclama-t-il en la suivant. Pour l'amour de Merlin, écoute-moi ! Nous avons tous une part de nous qui nous dégoute, que nous voudrions voir disparaître. Mais c'est impossible alors il faut que nous l'acceptons et continuons à avancer !
- Qu'est-ce que tu en sais ? Toi et les autres Maraudeurs vous êtes si… Si…
- Si quoi ? Tu penses vraiment que nous n'avons pas des choses qui nous hantent ? Tu penses que ça a été facile pour Sirius de quitter votre famille ? Tu penses que James a bien vécu ses disputes avec Lily ? Tu penses qu'il est facile pour Peter d'être le plus faible d'entre nous ? Tu penses qu'il est facile pour moi d'être un…
Remus se tut brusquement, réalisant ce qu'il était sur le point de dire. Il venait de faire une gaffe.
- D'être un quoi ? demanda-t-elle en s'arrêtant.
- Tu… Tu ne devrais pas te miner avec cette prophétie et aller voir le professeur Dumbledore.
- Tu ne m'as pas répondue, Remus ! D'être un quoi ?
- Un rien. Tu n'es pas la seule à ne pas assumer quelque chose qui est en toi. Je te laisse.
Il tournait les talons lorsque la main de Narcissa se serra autour de son poignet.
- Tu me fuis ? Tu sais mon secret à présent ! Même Sirius et Regulus ne savent pas que j'ai ce pouvoir, mes parents se sont appliqués à en effacer les traces. Alors comment peux-tu me tourner le dos comme ça ?!
- J-je suis désolé. Ce n'est pas toi, c'est… J'ai trop parlé.
- Ça oui ! Et tu m'as bien montrée que tu n'avais pas confiance en moi ! Mais à quoi m'attendais-je ? Je ne suis qu'une Serpentard, probablement une future mangemorte à tes yeux !
- Ne dis pas ça…
- Pourquoi ? Ce n'est pas ce que tu penses ? C'est la future madame Malefoy, attention à ce que l'on dit devant elle.
- Je n'ai jamais pensé cela ! se récria le rouge et or.
- Menteur ! s'exclama-t-elle, les larmes aux yeux.
Elle tremblait de colère, peut-être également de peur. La prédiction qu'elle venait de faire l'avait secouée plus que Remus l'avait pensé et il l'avait blessée en coupant sa phrase. Elle pensait qu'il n'avait pas confiance en elle… Si elle savait… Il refusait simplement qu'elle le voit comme un monstre. Car même si la potion de Terry, Sylciu, Severus et Lily lui avait donné un nouvel espoir, il savait qu'un loup dormait au fond de lui et que le regard des sorciers sur sa condition ne changerait pas rapidement. Narcissa avait été élevée dans une famille où ce genre de préjugés était très fort et le Gryffondor n'avait pas la force de prendre le risque. Pas avec elle.
- Allons voir Dumbledore, qu'on en finisse avec cette histoire et après je ne veux plus jamais te voir ! cracha la jeune fille en se mettant à courir vers l'entrée du château.
Le cœur serré, Remus lui emboîta le pas. Pourquoi avait-il fallu qu'il parle trop ? Le trajet jusqu'au bureau directorial se fit dans une atmosphère tendue. Ils croisèrent Terry qui leur lança un regard intrigué et qui sembla réellement inquiet lorsqu'ils lui demandèrent le mot de passe pour entrer dans le bureau. Ils déclinèrent cependant son offre de les accompagner et continuèrent leur route dans un silence pesant.
- Mademoiselle Black, monsieur Lupin. Que me vaut cette visite ? fit Dumbledore lorsqu'ils entrèrent.
La Serpentard hésita.
- Narcissa vient de faire une prophétie, fit donc Remus en prenant garde à ne pas croiser son regard.
Le vieil homme opina, ses yeux passant de l'un à l'autre de ses visiteurs.
- Dois-je comprendre que la potion ne fait plus d'effets, mademoiselle ?
L'interrogea cilla, manifestement surprise.
- Comment savez-vous que… Oh, suis-je sotte ? Vous savez tout ce qu'il se passe dans cette école.
- Pas tout, malheureusement. Votre camarade Terry me donne pas mal de fils à retordre. Il dit que ça me tient en forme.
- Il doit avoir votre santé à cœur, alors, ironisa Remus.
- C'est ce que je me dis. Bref, c'est à vous que mademoiselle Black a fait sa prédiction, Remus ?
- Oui, monsieur le directeur. Voulez-vous mon souvenir ?
- Je vous en serais gré. Mais ne restez pas debout jeunes gens, asseyez-vous. Un bonbon au citron ?
- Non merci, déclina Narcissa, désorientée.
- Mmm. Vous avez tort. Bien, mademoiselle Black, je ne saurais trop vous conseiller de cesser de prendre cette potion. Tenter de brider un tel pouvoir est dangereux pour vous et votre santé.
- Je refuse d'avoir ce pouvoir ! s'exclama la vert et argent, vindicative.
- Il fait pourtant partie de vous. C'est un don que la magie vous a offert pour une bonne raison. Voulez-vous écouter la prédiction que vous avez fait à votre camarade ?
En parlant, le directeur avait mis le souvenir dans sa pensine. Remus vit Narcissa hésiter longuement avant d'approuver légèrement de la tête.
- Les images n'ayant pas d'intérêt, nous allons nous contenter d'un souvenir sonore, précisa Dumbledore.
Aussitôt, une voix rocailleuse s'éleva dans le bureau.
Celui qui devait mourir vaincra
Mais seul il ne le pourra pas
Car le Survivant a l'unique pouvoir
Pouvant contre le Seigneur des Ténèbres offrir l'espoir
Si ensemble ils ne sont pas
À jamais le mage noir l'emportera
Car ils ont une force que le Seigneur des ténèbres ignore
Et qu'ils ne connaissent pas encore
Mais elle leur donnera à jamais
La force de triompher
Parce qu'eux seuls peuvent le faire
Ils détiennent entre leurs mains le futur de notre terre
- C'est… Quelque peu confus, releva la prophétesse.
- En effet. Mais toutes les prophéties sont ainsi. Elle annonce toutefois l'existence de personnes pouvant vaincre Voldemort et nous offre des indices pour les retrouver. C'est une chose fantastique, mademoiselle Black.
- Avec tout le respect que je vous dois, professeur, cela n'aide en rien. Nous ignorons qui est celui qui devait mourir alors savoir qu'il peut vaincre avec le Survivant – dont nous ne connaissons pas non plus l'identité – ne nous avance à rien !
- Pour le moment, peut-être, mais je vais faire des recherches afin d'expliciter certaines parties de cette prophétie…
- Bien, le coupa Narcissa. Dans ce cas vous n'avez plus besoin de moi. Bonne journée, monsieur le directeur.
Sans attendre, elle s'enfuit du bureau. Dumbledore ne sembla pas s'offenser de ce comportement et se contenta de tourner un regard pétillant vers Remus.
- Il me semble que cette jeune fille est dans un état de grande détresse. Pourquoi ne pas la rejoindre ?
- Elle ne veut pas me parler. Elle pense que je la prends pour une future mangemorte parce que j'ai fait une gaffe et que j'ai failli lui dire que j'étais un loup-garou.
- Je vois. Comme je l'ai dit, elle est dans un état de grande détresse. Son don de voyance la hante. Cela arrive lorsqu'il se développe trop jeune et qu'il montre la mort de proches. J'ignore de qui mademoiselle Black a prédit le décès, mais ses parents en sont venus à nier son pouvoir. Elle l'a donc rejeté comme une part d'elle-même la dégoutant. Vous n'êtes pas sans connaître ce comportement, n'est-ce pas, Remus ?
- En effet.
- Alors une dernière chose avant que vous ne partiez : le courage n'est pas l'absence de peur mais la capacité à passer outre. De plus, il y a des choses qui justifient que l'on prenne des risques… Qu'en dites-vous ?
- Que cette tendance à ne jamais dire les choses clairement doit cacher quelque chose !
- Disparaissez, sourit Dumbledore. Allez la retrouver, elle se trouve dans le couloir est du sixième étage.
Remus se retint de demander comment il le savait et quitta le bureau directorial. Contrairement à ce qu'il avait prétendu, il avait très bien compris le conseil du vieil homme. Passer outre sa peur et dire la vérité à Narcissa pour… Pour quoi, exactement ? Quelle était cette « chose qui justifie que l'on prenne des risques » pour lui ? Le sorcier se rappela vaguement d'une discussion qu'il avait eu avec James du temps où ce dernier ne sortait pas encore avec Lily, sur l'Amour avec un grand A.
Était-il amoureux de la jeune Black ? Oui, très probablement – autant qu'il l'admette, cela simplifierait les choses. Mais était-il prêt à lui révéler son secret pour autant ? Certainement pas. Ce qui faisait tourner en rond son raisonnement et ne l'avançait pas vraiment. Il arriva donc dans le couloir désigné par le directeur sans avoir pris de décision. Il était relativement à l'écart et ne devait pas voir passer beaucoup de monde. Assise sur le socle d'une statue, Narcissa se tenait, là, silencieuse, fixant un point invisible.
- Je t'avais pourtant dit que je ne voulais plus te voir ! siffla-t-elle alors qu'il approchait.
- Je te propose quelque chose.
- Je n'ai pas envie de discuter avec toi !
- Un secret contre un secret, lâcha-t-il.
La Serpentard tourna la tête vers lui, intéressée.
- Qu'est-ce que ça veut dire ? demanda-t-elle.
- Que je sais ton secret, alors je vais te dire le mien à la condition que tu t'engages à n'en parler à personne. Je ferai de même avec le tien.
Elle le regarda un moment sans un mot, semblant peser le pour et le contre. L'espace d'un instant Remus crut voir de la déception dans son regard. Il n'en fut pas sûr. Il avait un peu honte de son comportement. Elle voulait qu'il lui fasse confiance et finalement il n'avait pas réellement pu s'y résoudre puisqu'il lui demandait de jurer de ne pas révéler son secret. Son statut de loup-garou lui pesait trop pour qu'il puisse faire mieux. C'était déjà un grand pas en avant qu'il décide de lui en parler. Dumbledore semblait penser que c'était une bonne chose et le rouge et or estimait l'avis du directeur. Et puis il ne voulait pas que Narcissa ne lui adresse plus la parole.
- D'accord. Je jure sur l'Ancienne Magie de ne pas révéler ton secret si tu ne révèles pas le mien. Cela te convient ?
La voix de la jeune fille était amère mais son camarade ne le releva pas, rassemblant son courage – qui semblait pour le moment abonné aux absents. Il était bien un Gryffondor, n'est-ce pas ? Non, parce que là, brusquement, il avait un doute. Un énorme doute.
- Alors ? pressa Narcissa.
Ok. C'était décidé, Remus ne suivrait plus jamais les conseils de Dumbledore. Mais que faisait-il là au juste ? Bon, il fallait qu'il se lance maintenant…
Et pourquoi pas un petit mensonge ? S'inventer un secret sans intérêt et… Perdre la confiance de la sorcière. Idée parfaitement stupide. Il fallait qu'il se jette à l'eau.
- C'est bon, j'ai compris. Au revoir Lupin.
Se levant, elle passa devant le jeune homme et commença à s'éloigner.
- Je suis un loup-garou.
Remus fut surpris d'entendre sa voix sortir de sa bouche et résonner dans le couloir vide – heureusement qu'il n'y avait personne dans les environs, les sens surdéveloppés du loup étaient bien utiles de temps en temps. Narcissa s'était figée. Elle se retourna, les yeux agrandis par… La surprise ? En tout cas, le Gryffondor espérait de tout cœur que ce ne fût pas par la peur.
- T-tu es quoi ?
- Tu as très bien entendu, fit le jeune homme d'une voix tendue. Ne me force pas à le répéter, s'il-te-plait, Narcissa.
Elle le regarda silencieusement pendant un instant.
- Je suis désolée.
Son camarade la regarda, désorienté. De quoi donc était-elle désolée ? Il ne comprenait pas.
- J'ignorais que… Enfin si j'avais su je ne t'aurais pas fait ce genre de scène.
- Je ne suis pas certain de saisir où tu veux en venir.
- Je n'avais pas conscience de… De l'importance de ton secret. Enfin je veux dire… Je… J'ai agi comme une imbécile aujourd'hui.
- Narcissa…
- Pourquoi me l'as-tu dis, Remus ? Pourquoi me dire quelque chose de si important ?
- Je ne voulais pas que… Je ne voulais pas que tu ne m'adresses plus jamais la parole, fit-il avec un regard fuyant. Bref, je vais y aller et… Heu…
Et voilà, il bredouillait. Pathétique. Profondément pathétique. Il vaudrait mieux qu'il s'en aille rapidement avant de se ridiculiser. Un repli stratégique, c'est comme ça qu'il allait l'appeler. Depuis quand était-il aussi empoté avec les filles au juste ? Il n'avait jamais été comme Sirius, mais tout de même – et puis de toute façon Sirius était en train de se ridiculiser avec Veena lui aussi. Il y avait peut-être une malédiction sur les Maraudeurs. Hmm. Piste à creuser.
- Attends. Ne t'en vas pas.
Intéressant de voir à quel point une situation pouvait rapidement échapper à tout contrôle. Le ton de Narcissa venait en quelques secondes de rendre tout "repli stratégique" impossible. Et merde.
- Je m'excuse encore. J'ai dû te sembler bien ridicule avec mon problème de voyance, poursuivit la jeune fille. Je ne voulais pas te blesser.
- Tu n'es pas ridicule. Je te l'ai dit, nous avons tous une part de nous que nous voudrions voir disparaître. Je m'étonne simplement que tu ne te sois pas encore enfuie loin de moi.
- Pourquoi ferais-je ça ? Franchement, Remus, que je sois une voyante change quelque chose pour toi ?
- En aucun cas.
- Alors pourquoi le fait que tu sois un loup-garou changerait quelque chose ?
- Ce n'est pas la même chose.
- J'en conviens. Il y a une différence une nuit tous les… Vingt-neuf jours si je ne me trompe pas.
- Je ne m'attendais pas à ce genre de réaction de ta part.
- Parce que je suis une Black ?
- Parce que tu es une sorcière et qu'en général, tout le monde a des préjugés bien arrêtés sur… Les gens comme moi.
Elle le regarda un instant en silence avant de reprendre la parole.
- Je crois que c'est parce que je ne réalise pas vraiment. Cela fait sept ans que nous nous côtoyons, Remus, et j'ai bien vu que tu n'avais rien d'une bête sanguinaire. Tu connaissais ma sœur, je sais de quoi je parle. Entre elle et toi, le monstre c'était elle. Et elle n'avait pas l'excuse d'avoir été mordue. Alors je t'imagine très mal être un loup une fois par mois.
- Prie pour ne jamais me voir, Narcissa, fit-il d'une voix douce.
À quel moment s'étaient-ils mis à s'appeler par leurs prénoms au juste ? Le jeune homme n'en était pas sûr mais il trouvait ridicule de se remettre à appeler la Serpentard par son nom de famille comme il l'avait fait pendant des années.
- Mmm. Je suppose que tout est fait pour cela. Les autres Maraudeurs sont au courant, n'est-ce pas ?
- En effet. Ce sont les seuls. Avec Lily, Severus, Terry et Sylciu. Heu… Ça commence à faire du monde, tout de même.
- Il me semble, releva la jeune fille, un brin moqueuse. Ceci dit, c'est loin d'être tout Poudlard. Et cela vaut mieux… Cela serait dangereux pour toi si certaines personnes venaient à le savoir… Ce n'est pas prudent de me l'avoir dit, tu le sais ?
- Je ne pense pas que tu sois comme eux. Ai-je tort et veux-tu devenir madame Malefoy ?
- Jamais !
Remus eut un sourire, c'était un cri du cœur.
- Même si je ne sais pas encore comment je vais faire, ajouta-t-elle en regardant le bout de ses chaussures.
Mû par une impulsion, le jeune homme s'approcha d'elle et lui prit la main.
- Je t'aiderai, fit-il sans réfléchir avant de se reprendre précipitamment, et les autres aussi…
Elle sourit tendrement. Il y avait une telle confiance dans ses yeux que le Gryffondor sentit son cœur se gonfler. Cette foi était-elle pour lui ou pour "les autres" ? Les yeux bleus de Narcissa brillaient, la rendant incroyablement séduisante.
- Remus, murmura-t-elle.
Il y avait une telle foule de sentiments dans la voix de la Serpentard que le jeune homme ne tenta pas de les analyser. Il s'approcha un peu plus de la sorcière et, sans rien préméditer, il se pencha vers elle. Leurs lèvres se frôlèrent avant de se rencontrer pour de bon, et le lycanthrope jugea que suivre les conseils de Dumbledore n'était pas si bête que ça, avant de repousser toutes pensées et de serrer un peu plus Narcissa contre lui.
ooo
Drago regardait Remus avec circonspection. Les Maraudeurs étaient en train de le cuisiner, cherchant à connaître la raison du grand sourire – à la limite niais – qu'affichait le loup-garou. Une fille ! avait affirmé Sirius alors que Lily s'inquiétait d'un effet secondaire de la potion Anti-Loup. Atterré par ce comportement, le jeune Black avait attrapé son ami et était monté dans le dortoir dont il avait formellement interdit l'entrée à la préfète-en-chef sans laisser le temps à James de la défendre. C'était ainsi que les cinq garçons se retrouvaient dans leur dortoir.
Le lycan ne semblait pas avoir envie de parler de la raison de sa joie. Quand à Drago, il se demandait si Remus n'avait pas le droit d'avoir une vie privée. Le signaler signifiait s'exposer aux foudres de Sirius, ce que le renié n'était pas certain de vouloir faire.
- Dites, tenta-t-il afin d'être plus discret, j'aurais vraiment besoin du livre d'enchantement que vous m'avez dit connaître. L'un de vous pourrait me le montrer.
- Je m'en occupe, s'exclama Remus en se levant d'un bond.
Sans laisser le temps à ses amis de réagir, il attrapa la Carte des Maraudeurs et le poignet de Drago. Une seconde plus tard, ils quittaient la tour des Gryffondors.
- Quelle rapidité, gloussa le voyageur dimensionnel.
- Te fout pas de moi, Sylciu. J'aimerais bien te voir face à Sirius !
- Le plus simple aurait probablement été de dire la vérité.
- Certainement. Mais voir Sirius se poser des questions est assez amusant…
- Dites-moi que je rêve !
Le loup-garou rit franchement. Il semblait d'excellente humeur ce jour-là. Il se tourna vers Drago.
- Tu ne me demandes rien ? s'enquit le Maraudeur.
- Tu me le diras si tu le veux et sinon… Et bien Sirius le diras à tout Poudlard lorsqu'il t'aura tiré les veracrasses du nez.
- Tu es déprimant lorsque tu parles comme ça.
- Navré.
- Menteur. Enfin, puisque c'est comme ça je suppose que je peux te le dire. Je sors avec Narcissa.
L'Anonyme se figea.
- Quoooi ?
Remus lui jeta un regard surpris.
- Je sors avec Narcissa, répéta-t-il en fronçant les sourcils. Cela pose un problème ?
- Euh… Non-non, c'est juste que… Je suis surpris, voilà tout, mentit le voyageur dimensionnel.
- Tu avais des vues sur elle ? demanda le loup-garou, méfiant.
- Non ! s'exclama vivement Drago. Absolument pas. Je suis réellement surpris, Remus, c'est tout. Je ne vous imaginais pas sortant ensemble.
- Si ça peut te rassurer, je ne l'imaginais pas non plus mais…
Le Maraudeur sourit bêtement. À sa grande surprise, son ami se sentit heureux pour lui.
- Enfin, je vais prévenir les Maraudeurs et on pourra mettre Lily, Terry et Regulus au courant. Veena également. Mais pour le reste, il vaut mieux rester prudent tant que l'on n'aura pas trouvé de moyen pour régler le problème de ses … Hem… Fiançailles.
- Avec Lucius Malefoy ?
- Ouais. Il vaut mieux éviter de se le mettre à dos pour le moment. Comme toute la famille Black.
- La discrétion me semble donc de mise.
L'arrivée devant la bibliothèque mit fin à la conversation. Celle-ci était fermée – le couvre-feu était passé – mais cela n'avait jamais arrêté les Maraudeurs. Les deux compagnons se mirent donc en route.
Le lendemain matin, penché sur le livre d'enchantement fourni par les Maraudeurs, Drago semblait soucieux. Harry le regardait faire avec curiosité.
- Tu me dis ce qui ne va pas ? finit-il par demander, repoussant les registres des biens de la famille Gherdo, de lointains descendants de Rowena Serdaigle.
- Ma mère sort avec Remus.
- C'est ce qui te trouble. En même temps, je comprends… Ça t'ennuie ?
- Pas vraiment. Je veux dire… Je ne pense pas que Remus la blessera. Pas volontairement du moins mais… C'est tellement étrange. Je ne sais plus quoi penser. Elle mérite mieux mon p…
Il grimaça douloureusement.
- Que Lucius Malefoy, mais je ne sais pas. Cela implique que je n'existerai pas. Je… Je ne suis pas sûr que ce soit ce qui me gêne. C'est… J'oublie peut-être que ce n'est pas ma mère.
- J'ai eu le même comportement, d'une certaine manière, pour Bellatrix. Bien que les raisons soient différentes. Tu sais, je pense que c'est naturel mais que nous ne devons pas nous laisser emporter. Narcissa n'est pas ta mère. Elle aurait pu le devenir mais dès notre arrivée, ce monde a commencé à changer. Il est devenu différent de notre passé, nous en avons eu la preuve.
- Je sais. Et je pense que Remus aimera Narcissa mieux que Lucius ne l'ait jamais fait dans notre univers. Je suis content pour eux mais je suis troublé. Je n'y peux rien. Je suppose que ça passera.
- Mmm. Il vaudrait mieux, ou bien Remus va croire que tu as des vues sur elle, plaisanta le brun.
- Il me l'a déjà demandé.
Harry éclata de rire.
- Il n'a pas idée du comique de la situation !
- Franchement, tu es mal placé pour te moquer. Je crois me souvenir que tu es sorti un temps avec Lily. Tes cheveux longs et vert fluo en attestent.
- Ouais. James avait mal pris cette rumeur, c'est le moins que l'on puisse dire. Enfin, c'est réglé. Merlin en soit loué. Et…
Un pop ! se fit entendre, coupant la parole du brun et laissant apparaître un Elfe de maison.
- Messieurs Star et Celford, mon maître, le professeur Albus Dumbledore demande à vous voir messieurs. Pouvez-vous suivre Helly ?
Le Survivant sourit.
- Nous te suivons, Helly, fit-il en prenant le registre sous le bras.
Ils quittèrent sur ces entrefaites la Salle sur Demande pour le bureau directorial, croisant au passage le concierge qui leur lança un regard mauvais, prêt à les incendier, mais qui ne trouva manifestement rien à leur reprocher.
Lorsqu'ils entrèrent, Dumbledore leur lança un regard fatigué. Harry grimaça.
- Avez-vous dormi cette nuit, professeur ? fit-il sur un ton plein de reproches.
- Mon enfant, même si je l'avais souhaité, je n'aurais pas pu. Une prophétie a retenu toute mon attention.
Les deux voyageurs dimensionnels échangèrent un regard. La prophétie qu'ils connaissaient ne pouvait pas être déjà faite. Autrement dit, il y en avait une autre.
- Et que dit-elle ? demanda finalement le blond.
- Écoutez vous-même, fit le vieil homme en agitant sa baguette.
Celui qui devait mourir vaincra
Mais seul il ne le pourra pas
Car le Survivant a l'unique pouvoir
Pouvant contre le Seigneur des Ténèbres offrir l'espoir
Si ensemble ils ne sont pas
À jamais le mage noir l'emportera
Car ils ont une force que le Seigneur des ténèbres ignore
Et qu'ils ne connaissent pas encore
Mais elle leur donnera à jamais
La force de triompher
Parce qu'eux seuls peuvent le faire
Ils détiennent entre leurs mains le futur de notre terre
Harry et Drago échangèrent un regard. "Pour le Survivant, c'est clair qu'elle parle de toi. Par contre, pour celui qui devait mourir, on a un large choix !" nota mentalement ce dernier.
"C'est étrange. Elle parle, comme celle de notre monde, d'une force que Voldemort ignore mais cette fois elle sous-entend qu'il faudra être deux."
"Il me semble plutôt que celui qui devait mourir doit gagner mais que sans ton aide il n'y arrivera pas. Tu es… L'acolyte du héros dirons-nous."
"Je veux bien, mais c'est quoi cet unique pouvoir ?"
"Ça a peut-être un rapport avec les Horcruxes. En les cherchant et en les détruisant tu permets à celui qui devait mourir de pouvoir vaincre."
"C'est tordu."
"C'est une prophétie," riposta le renié du tac-au-tac.
- Jeunes gens ! appela soudain le directeur. Je sais que vous avez gardé le pouvoir de communiquer entre vous par la pensée, mais ayez l'obligeance d'utiliser votre bouche. C'est assez désagréable pour les personnes qui sont avec vous.
- Désolé professeur, fit Harry, nous nous interrcogions sur le sens de tout cela. J'ai l'impression que cette prophétie ne nous donne pas de réel indice sur la façon de vaincre Voldemort – Sylciu ne fait pas cette tête ! – sinon l'existence de personnes susceptibles d'avoir le dessus sur lui.
- Je crois que tu me mens, Terry.
Surpris, tant par le ton sérieux de Dumbledore que par ses paroles, le brun fronça les sourcils.
- Je ne vois pas de quoi vous voulez parler, monsieur.
- Je pense que vous savez, tous les deux, qui sont le Survivant et celui qui devait mourir. Je crois justement que c'est parce que vous êtes là qu'il ne mourra pas. C'est ce que tu as dit lors de l'incendie de la boutique de monsieur Ollivander : le destin change. Et c'est votre arrivée qui en est la cause. Je ne sais pas où Némésis est allée vous chercher, mais certainement pas en Amérique. J'ai pensé à beaucoup de possibilités et il me semble que la plus sensée – quoique très surprenante – est que vous venez du futur. Mais dans ce cas…
- Arrêtez !
La voix autoritaire de Drago claqua dans le bureau, surprenant son équipier autant que le vieil homme. Le Survivant jeta un regard discret à son ami.
- Se poser des questions sur nous comme vous le faites ne vous attirera que des problèmes. Vous êtes content de ce que nous – enfin, surtout Terry – faisons ici, non ? Alors cessez de vous poser des questions et laissez-nous faire. Si vous cherchez trop, cela risque de nous être préjudiciable – voire même de mettre fin à notre mission. Je sais que ce que je vous demande n'est pas dans vos habitudes, mais acceptez de ne pas comprendre.
Harry demeura soufflé par la réplique de son compagnon. Il ne s'attendait pas à un tel discours de la part du renié. Dumbledore l'observa un moment, sans mot.
- Soit, je ne chercherai pas pour le moment. Allez-vous tout de même me donner vos informations ?
- Pour ce que nous savons, reprit le blond en haussant les épaules. Pour celui qui devait mourir, nous avons une liste longue comme un jour sans pain et nous ignorons qui est le Survivant. Quand à ce que ce dernier va faire pour aider celui qui devait mourir, nous ne le savons pas non plus, même si nous présumons que cela peut être notre chasse aux Horcruxes.
Harry ne savait pas s'il devait être impressionné ou inquiet de l'aplomb avec lequel Drago jonglait entre vérités et mensonges.
- Donc, l'un d'entre nous pourrait être le Survivant, poursuivit le directeur, inconscient des informations erronées qu'il venait de recevoir.
- C'est ce que je pense, approuva l'Anonyme sans ciller.
"Tu es terrifiant," souffla mentalement le brun à son adresse. L'autre ne répondit pas mais un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Il était décidément en pleine forme. Harry avait l'impression d'assister à un match de tennis entre les questions de Dumbledore et les réponses – mi-justes, mi-fausses – du renié. Lui, n'était qu'un spectateur amusé. Ce rôle était pour le moins comique.
ooo
- Mais ce sera marrant ! plaida Sirius.
James lui lança un regard sévère.
- T'es plus très drôle, depuis que t'es préfet, Cornedrue. Lunard était moins coincé lorsqu'il a été nommé !
- J'aimerais autant rester hors de cette affaire, prévint le susnommé.
- Ouais, ben ne pense pas que je t'oublie, Monsieur-Je-Fais-Des-Cachotteries ! Je trouverai la cause de ta joie.
- Si tu oublies cette blague, assura James, je t'aide.
- Faux frère ! s'étrangla le lycanthrope alors que Peter s'écroulait définitivement de rire. C'est valable pour toi aussi, lui lança Remus avec un regard noir.
- Soit, soit, tenta de calmer le préfet-en-chef. Bref, je ne suis pas sûr que ce soit le moment idéal pour une blague.
- Mais nous sommes les Maraudeurs ! protesta vivement Sirius.
- Et ?
Lunard reçut un coup de poing sur l'épaule pour avoir osé poser cette question.
- Nous devons faire des blagues ! s'exclama Patmol avec emphase. C'est notre mission sacrée !
- T'es sûr que t'exagères pas un peu ? tenta Queudver.
- Nan !
- Ok, ok. On va le faire, soupira James.
- Youpiiii ! s'exclama le jeune Black en sautillant de joie.
- Un vrai gamin, releva Remus en secouant la tête, un petit sourire sur les lèvres.
ooo
Drago, dans un acharnement dont il était très fier, faisait des recherches sur l'avada kedavra. L'ouvrage prêté – si on pouvait dire ça ainsi – par les Maraudeurs, lui avait ouvert une piste dans un chapitre au nom peu attirant : « De la théorie générale sur l'origine des sortilèges ». Autant dire que le renié l'avait regardé d'un œil morne jusqu'au moment où il était tombé sur un paragraphe sur ce que l'on appelait les Sortilèges Uniques. Hélas, l'auteur n'était pas très prolifique sur la question, raison pour laquelle le voyageur dimensionnel se trouvait dans la cathédrale des objets cachés de la Salle sur Demande. Après tout, pour les magies non-conventionnelles, l'endroit semblait tout à fait indiqué.
Fouinant joyeusement dans les bouquins de la salle – passant de la magie noire aux journaux intimes en passant par les magasines pornos – Drago sourit. Il venait de tomber sur un ouvrage intéressant sur la magie runique. Poussé par la curiosité, il l'ouvrit au sommaire. Son sourire s'élargit lorsqu'il découvrit un chapitre sur les runes de détection. Il ne s'était jamais vraiment penché sur le sujet, mais l'ouvrage qu'il avait entre les mains ne semblait pas révolutionner la question, sinon quelques annotations intéressantes. L'Anonyme traça machinalement un cercle destiné à trouver ce qu'il cherchait.
Un faisceau de lumière apparut, surprenant le jeune homme, en se précipitant vers un buste.
- Je cherchais un livre. À moins que ce buste ne se mette à parler, je ne vois pas l'intérêt, signala-t-il à haute voix en s'approchant.
Il effleura le buste et poussa un cri de douleur. Son bracelet venait de se mettre à brûler, écartant violemment sa main, comme pour le protéger d'un danger. Drago fronça les sourcils. Finalement, son enchantement n'avait peut-être pas échoué. Le sorcier attrapa le livre de runes qu'il feuilleta un moment afin de trouver un cercle adéquat, pour parvenir à ses fins. Soupirant, il improvisa – l'expérience lui avait montré qu'il en était capable. Cela se confirma puisque le charme fonctionna et lui révéla ce qu'il cherchait à savoir.
Les yeux du jeune homme s'agrandirent de surprise. Depuis quand avait-il autant de chance, exactement ?
- Un Horcruxe… murmura-t-il.
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Narcissa avait toutes les peines du monde à préserver les apparences. Terry avait déjà noté un changement et il était manifestement au courant de son origine. Il s'était toutefois contenté d'un sourire amusé et d'un murmure de félicitations. La jeune fille avait été heureuse de cette réaction de la part de ce garçon qu'elle aimait tant. Cependant, il n'était pas le seul à avoir un œil de lynx. Severus soupçonnait visiblement quelque chose. Même si elle l'appréciait, Narcissa redoutait sa réaction lorsqu'il saurait qu'elle sortait avec Remus. À vrai dire, la réaction de n'importe quel Serpentard l'inquiétait. C'était pour cela qu'ils avaient décidé d'être discrets pour le moment…
Accompagnée de Terry, Severus et Regulus, la sorcière pénétra dans la Grande Salle afin de dîner. Jetant un regard discret à la table des Gryffondors, elle fut déçue de ne pas y voir les Maraudeurs – de ne pas y voir Remus, à vrai dire.
- Il ne va pas tarder, souffla l'américain à son oreille.
Elle piqua un fard. Était-elle si transparente ? Depuis quand réagissait-elle comme une adolescente sans cervelle ?
- Tu ne te sens pas bien, Narcy ? s'inquiéta son petit cousin. Tu es toute rouge !
Elle rougit encore plus.
- Hem, tenta-t-elle. Je vais bien. Juste un peu chaud en entrant dans la salle. Bon, all… Aaah !
Elle laissa échapper un cri de surprise. Elle… Flottait !
- Mais qu'est-ce que... ?
- C'est ce que je me demande aussi, approuva Severus, lévitant près d'elle.
Ils n'étaient pas les seuls. Dans la Grande Salle, tout flottait, des élèves aux tables en passant par les plats.
- M-mais…
- Nous sommes en apesanteur, déclara une voix calme.
La tête en bas, manifestement fort amusé par la situation, Terry souriait à ses camarades.
- Tu es vraiment un cas à part.
- Je te remercie de ce commentaire, Severus.
- Teeeerry !
L'appelé manqua mourir de rire lorsqu'il vit l'origine du hurlement. Narcissa eut, pour sa part, toutes les difficultés du monde à ne pas en faire de même. Tentant de se mouvoir malgré l'absence de pesanteur, Sylciu arrivait vers eux en nageant. Qui plus est, son style n'était pas des plus élégants.
- Intéressante technique, releva Severus, pince-sans-rire.
La vert et argent admirait sa capacité à faire cela.
- Je te remercie, fit Sylciu avec un air pompeux en foudroya son cousin du regard. J'étais en route lorsque je me suis mis à flotter. Pas facile pour avancer. Bref, Terry, lorsque tu auras fini de te foutre de moi, j'ai trouvé un nouveau fragment !
- Quooooi ? Quand ? Où ? Comment ?
- Ah ! On rit moins, maintenant ! Bon, quelqu'un sait pourquoi tout flotte ? demanda le Gryffondor, ignorant les questions de son parent.
- Haaaaa !
Les quatre compagnons se retournèrent vers l'origine du cri. Une jeune Serdaigle venait de réaliser que sa jupe flottait autour d'elle, dévoilant à la Grande Salle ce qu'elle était censée cacher. Terry lança un regard étrange à Narcissa qui mit quelques secondes à le comprendre. Dès que ce fut fait, elle rabattit violemment sa jupe dans une exclamation étouffée.
- Cette blague prend une dimension beaucoup plus intéressante que prévu ! annonça une voix ravie derrière le petit groupe.
- Je ne te le fais pas dire, approuva une autre que la Serpentard connaissait bien.
Se retournant, elle croisa le regard amusé de Remus qui venait de parler. À coté de lui, Sirius balayait du regard la table des Serdaigles. James, pour sa part, semblait avoir pour seul objectif d'échapper à Lily alors que Peter jouait les oiseaux, plagiant allègrement la technique de l'américain blond.
- Comment ai-je pu me demander d'où venait cette brusque absence de gravité ? ironisa Narcissa.
- Comment, en effet ? renchérit le lycanthrope, appréciant visiblement le divertissement.
Sylciu éclata de rire, se tenant les côtes. Il devait être au courant, songea la jeune fille avant de se laisser porter par la bonne humeur et de tenter de rejoindre sa table le plus élégamment possible – ce n'était pas gagné d'avance, remarqua-t-elle en évitant de justesse un vol de purée de carottes passant par là.
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Je tiens à tous vous remercier pour vos reviews. Je dois admettre qu'avoir dépassé le millier me fait très, très plaisir. Merci à tous !
Je pense que ce chapitre a répondu à toutes vos questions – je ne vais pas répondre aux personnes qui ont (enfin) réalisé que j'étais un peu sadique sur les bords, c'était une évidence !
Par contre, j'ai le regret de dire à felinness que la souris n'a pas de nom. Désolée. Libre à toi de lui en trouver un !
A la prochaine et en attendant vos reviews !
