Les Maîtres des Dimensions
Résumé général : Alors que Harry déprime après la mort de Dumbledore, il rencontre Némésis, une étrange femme qui lui propose une mission : se rendre dans un monde parallèle afin de créer un autre futur. Il part donc en 1976, dernière année de ses parents à Poudlard, sous le nom de Terry Star, accompagné d'Hélios son phénix mais également de Drago, qui a été renié par son père, portant le pseudonyme de Sylciu Celford. Ils se présentent comme des cousins venus d'Amérique.
Chapitre précédent : Dumbledore trouve la Coupe de Poufsouffle, le dernier Horcruxe, qu'ils détruisent. Lors d'une sortie à Pré-au-Lard, les élèves sont attaqués par les Mangemorts. Pendant la bataille, le Bracelet de Drago se met à briller fortement, donnant momentanément l'avantage aux élèves qui étaient en train de perdre… En voyant cela, le professeur Williams comprend quelque chose.
Chapitre 37 : Apprenti
Veena regarda Sylciu sans comprendre. Que venait-il de se passer ? Rassemblant ses pensées, elle jeta un coup d'œil vers le Maître des Esprits. Il était manifestement mort et le fait que Rogue ait cessé de tenter de tuer ses camarades en était la preuve flagrante. Mais comment ? La jeune fille n'était plus tout à fait sûre de ce qu'elle avait vu. Il lui semblait que l'Âme Damnée avait attaqué l'américain mais que son attaque avait été dissipée par un rayon de lumière. Rayon qui l'avait ensuite tué. Sauf qu'aucun sort ne pouvait faire cela.
Un sortilège frôla la Serdaigle, la ramenant à l'instant présent. Elle aurait largement le temps de réfléchir à ce qui venait de se produire si elle sortait vivante de cet enfer.
- Incendio ! lança-t-elle à l'aveuglette.
Il y eut un cri à sa gauche. Tournant la tête, la jeune fille vit avec stupeur Celui-Que-L'On-Ne-Nomme-Pas se tenir le bras. Du sang coulait entre ses doigts pour atterrir sur le sol. Devant lui, le professeur O'Neill, une épée ensanglantée à la main, attaqua de nouveau. Cette fois, le mage noir para. De son coté, Veena bondit en arrière, évita un Mangemort qui se précipitait vers son maître et en assomma deux autres à grand renfort de sortilèges. Elle était en train de combattre un troisième – particulièrement vicieux, il lui avait fait de profondes entailles plutôt que de tenter d'en finir au plus vite avec elle, la touchant à la hanche – lorsqu'une rumeur se répandit rapidement. Toute à son combat – il en allait de sa vie ! – elle ne discerna que quelques mots, suffisants néanmoins pour lui redonner espoir : on parlait de l'Ordre du Phénix et de Dumbledore. Ils arrivaient enfin ! Avec un peu de chance, ce cauchemar serait bientôt fini !
Ce ne fut pas aussi rapide qu'elle l'avait escompté. Il n'y eut pas de grande lumière ou ce genre de manifestation mettant immédiatement les Mangemorts en déroute. Cependant, peu à peu, les encagoulés se firent de moins en moins nombreux. Un adulte – elle était bien incapable de dire qui mais il portait des vêtements d'Auror – la tira en arrière et l'éloigna du centre du combat. La douleur qu'elle ressentait à la hanche devenait insoutenable. Elle manqua tomber dans les pommes deux ou trois fois et seule l'adrénaline qui courrait dans son sang la maintint consciente. Un nouveau cri se fit entendre, Veena bondit, la baguette en avant, prête à répliquer.
- Calmez-vous, Sunlight, lui conseilla-t-on. C'est un ordre de retrait. Ils s'en vont.
Elle approuva de la tête. Se tournant vers l'Auror qui était toujours à ses côtés, elle comprit qu'elle l'avait déjà rencontré mais fut bien incapable de dire où.
- Venez, on va vous soig…
Elle n'en entendit pas plus. Elle venait de s'évanouir.
ooOoo
Le bon côté de cette affaire, si Drago osait dire, c'était que l'intervention de son bracelet avait retourné la situation à leur avantage. Voldemort, troublé par ce qui venait d'arriver et probablement aussi par la mort de sa dernière Âme Damnée, avait baissé sa garde pendant quelques secondes – assez pour qu'O'Neill le blesse. Par mortellement, hélas, mais suffisamment pour le faire reculer.
Bon, l'honnêteté voulait certainement que l'on précise que l'arrivée, quoique tardive, de l'Ordre du Phénix devait avoir joué un certain rôle dans ce retournement de situation. Au bout de plusieurs heures de combat lourdes en conséquences dans les deux camps, les Mangemorts, affaiblis mais loin d'être vaincus, s'étaient retirés. Probablement pour préparer la riposte. Drago ne se faisait pas d'illusions. Gagner cette bataille était loin de signifier gagner la guerre. Observant autour de lui, il eut un soupir de soulagement en voyant qu'aucun de ses amis ne comptait au nombre des victimes. Réaction fort égoïste, il en convenait… Les morts se comptaient déjà par dizaines et les blessés étaient trop nombreux pour être gérés par l'infirmerie de Poudlard. Lui-même portait les stigmates du combat et celles-ci se faisaient sentir – muscles douloureux, blessures et grande lassitude en étaient les principaux symptômes.
Aurors et Medicomages envahirent peu à peu les lieux, accompagnés de hautes personnalités politiques auxquelles Drago ne prêta guère d'attention. La fatigue, physique et nerveuse, se faisait sentir dans tout son corps de même que, étrangement, la faim. Dans un coin, Hélios était en train de soigner une méchante plaie sur le bras de Harry. Un peu plus loin, les Maraudeurs, Narcissa et Lily entouraient un Severus dangereusement pâle. Il avait manifestement été très ébranlé par l'emprise que le Maître des Esprits avait exercée sur lui. C'était compréhensible… Être soumis à l'imperium pour attaquer ses amis et professeurs n'était surement pas une expérience agréable…
- Tu vas bien ?
Se retournant, Drago croisa le regard de Marlène qui l'observait d'un air affecté.
- Ton bracelet a été rudement efficace. Qu'est-ce que c'est ? Un porte-bonheur ?
Les yeux du blond se posèrent sur le bijou offert par Némésis. Il ne savait pas que répondre. Il ne comprenait, en toute franchise, pas vraiment ce qui venait de se passer. À défaut de connaitre la vérité, il préféra s'en tenir à l'histoire habituelle.
- Ce n'est qu'un bijou de famille.
La Gryffondor l'observa un instant, comme cherchant à le sonder.
- Je comprends. C'est pour cela que Terry a le même. Bref, je crois que le professeur Williams te cherche.
- Hein ?
Drago releva la tête avec un air très peu intelligent sur le visage. Marlène roula les yeux avec amusement et désigna du doigt l'enseignant qu'un Médicomage soignait un peu plus loin sous la tente qui avait été installée pour recueillir les blessés. Williams ne semblait pas gravement touché, d'ailleurs il était assis sur son lit, et non couché, ce qui était bon signe pour sa santé. Le renié l'observa sans mot dire, se demandant très franchement ce que le professeur – qui n'avait jamais manifesté une très grande aménité à son endroit – pouvait avoir de si important à lui dire. Soupirant, il s'avança vers la tente, décidé à régler cette affaire au plus vite. Incapable de se retenir, il bailla. La fatigue se répandait dans tout son corps. Ses jambes étaient cotonneuses et sa tête bourdonnait un peu.
- Vous voulez me parler, professeur ? s'enquit-il en arrivant.
- En effet.
L'enseignant le regarda un instant sans mot dire alors que le Médicomage qui s'occupait jusqu'alors de lui quittait son chevet pour s'occuper d'un autre blessé. Drago eut la vague impression que Williams le jaugeait du regard, mais il était trop épuisé pour y réfléchir. Il attendit donc que l'homme lui explique pourquoi il désirait le voir.
- De deux choses l'une : je sais que vous n'êtes pas ce que vous prétendez être, lança soudainement l'enseignant, mais il semble cependant que j'ai commis une erreur en pensant que vous étiez liés à ceux qui ont détruit l'École. Cependant, vous n'êtes pas des Maîtres conventionnels, est-ce que je me trompe ?
- Je ne suis pas sûr de saisir de quoi vous parlez, professeur, fit le blond.
C'était d'ailleurs un euphémisme. À la vérité il ne comprenait strictement rien !
- C'est bien ce que je disais, reprit Williams en hochant la tête. Il va falloir que nous parlions, votre cousin, vous et moi, Mister Celford. Retrouvez-moi dans mon bureau demain soir avant le couvre-feu.
Complètement dépassé – son cerveau semblait s'être déconnecté entre le moment où le combat avait commencé et celui où Williams s'était lancé dans ce dialogue inattendu – Drago fut incapable de faire autre chose que d'opiner du chef. Sur ce, l'enseignant se leva et se dirigea vers un groupe d'aurors. Le blond le suivit du regard un instant.
"Que vient-il de se passer ?"
"Nous venons d'avoir la preuve que tu devrais aller te coucher, très cher. Non que je ne trouve pas que l'air intelligent du poisson rouge hors de son bocal t'aille à merveille, mais…"
"Harry ?"
"Mmm ?"
"La ferme !"
ooOoo
Eoloas peinait à comprendre. Dans son esprit, Terry Star et Sylciu Celford étaient des voleurs – au mieux. Car, sinon, comment expliquer qu'ils soient en possession des Bracelets ? L'enseignant avait observé les deux soi-disant américains et force était de constater qu'ils avaient été très utiles à Poudlard depuis leur arrivée. Qui plus est, pour une obscure raison, ils semblaient avoir un certain pouvoir sur le professeur Dumbledore. En temps normal, l'ancien Auror leur aurait accordé sa confiance – ils y avaient droit. Mais voilà, rien n'était plus normal depuis la destruction de l'École. Eoloas ne parvenait pas à l'oublier. Les cris, les flammes… Il revoyait le Maître Farid avec qui il discutait lorsque l'attaque avait commencé. La peur sur le visage de cet homme pourtant si puissant.
Eoloas se laissa tomber dans un fauteuil de ses appartements, le visage entre les mains. Il savait de quoi il souffrait – pas besoin d'être un fin psychologue pour le comprendre. Stress post-traumatique, complexe du survivant, bref, il ne parvenait pas à accepter que l'École n'était plus. Que ses amis étaient morts. Que Vega était morte… Parfois, dans ses rêves, les choses se passaient différemment. Il insistait pour que la jeune femme vienne avec lui à son rendez-vous et il fuyait avec elle. Ou il restait à l'École jusqu'à la fin, combattant aux côtés de ceux qui étaient devenus ses frères. Puis il se réveillait pour se souvenir que sa fiancée et ses meilleurs amis étaient morts. Emportés par ces êtres abjects qui avaient attaqué l'École.
Objectivement, il savait qu'il avait eu de la chance. Farid était suffisamment puissant pour ouvrir une porte malgré la situation lorsqu'ils s'étaient rendus compte que le combat était perdu. C'était à cela qu'Eoloas devait la vie. Le Maître, malheureusement, n'avait pas eu cette chance. Gravement blessé par un sort inconnu, il était mort peu de temps plus tard. Encore une personne que l'ancien Auror s'était avéré incapable de sauver.
- Merde ! cria-t-il en abattant son poing contre le bureau tout proche.
Le meuble émit un craquement sinistre mais demeura intact. Inspirant lentement, Eoloas se força à se calmer. Il devait rassembler ses pensées pour décider de ce qu'il allait dire à Messieurs Star et Celford lorsqu'ils viendraient le voir. Car, contre toute attente, ils n'étaient pas ce que leur professeur avait cru. La preuve était que le Bracelet s'était activé, chose qu'il n'aurait jamais faite pour un voleur. Non, les deux garçons étaient d'authentiques Maîtres, aussi surprenant que cela puisse paraître. Peut-être y avait-il eu plus de survivants qu'Eoloas ne l'avait cru et l'École avait-elle été reconstruite. Ou bien, des Maîtres avaient survécu et décidé de prendre des Apprentis personnels, sans recourir aux enseignements traditionnels ? Comment savoir ? Les deux pseudo-américains pourraient certainement lui offrir une réponse. Le regard de l'homme se posa sur le tatouage qui s'étendait au creux de son poignet. Peut-être cette marque n'était-elle pas, comme il l'avait cru, le symbole d'un ordre anéanti…
Peut-être y avait-il encore de l'espoir.
ooOoo
- Tu vas bien ?
Harry fut soulagé de voir Veena sourire. Elle était allongée dans un lit de l'infirmerie, un peu trop pâle au goût du brun. Cela étant, avec le combat qui avait eu lieu quelques heures plus tôt, tout le monde était pâle…
- Oui, oui. Je serai sur pied demain, assura-t-elle.
- Il paraît que tu auras une cicatrice.
- Apparemment. Une jolie blessure de guerre à la hanche.
- Tu ne devrais pas plaisanter à ce sujet.
- Il vaut mieux en rire, Terry. Sinon nous passerions notre temps à pleurer. Je vais bien. La blessure n'a touché aucun organe interne et on ne me garde cette nuit que par mesure de précaution. J'ai eu de la chance. Il parait que les autres vont bien ?
- Oui. Severus est un peu secoué, mais dans l'ensemble nous nous en sortons avec uniquement quelques bobos sans gravités.
- Combien de morts parmi les élèves ?
- Aucun. Nous avons eu beaucoup de chance. Certains sont grièvement blessés mais pas plus. Heureusement, au moment où l'attaque a débuté, la plupart des élèves étaient dans des magasins ou au pub. Ils ont ainsi été protégés.
- C'est bien. Dommage que les Mangemorts soient venus, on passait vraiment une bonne journée.
- C'est vrai. À ce sujet, tu fais toujours la tête à Sirius ?
- Non, je ne lui parle pas, c'est différent.
- Bien sûr. Excuse-moi ! ironisa le jeune homme.
ooOoo
James observait Severus sans mot dire. Le Serpentard était attablé devant lui, jouant sans vraiment y penser avec le bacon qui se trouvait dans son assiette. À en juger par ses cernes, il n'avait pas beaucoup dormi. Le jeune Potter, au contraire, avait rejoint Morphée avec une facilité déconcertante – la fatigue physique accumulée la veille ayant apparemment eu raison de lui. C'était le soleil qui l'avait réveillé. Il avait alors découvert qu'il s'était endormi entièrement habillé, sans prendre la peine d'obscurcir la fenêtre. Il avait aussi remarqué qu'il était dans son dortoir plutôt que dans ses appartements de Préfet-en-Chef et que, malgré cela, Lily était dans ses bras. Il avait souri puis s'était lentement détaché d'elle pour se lever. Il avait remonté la couverture sur elle, tiré les rideaux du lit et quitté le dortoir sur la pointe des pieds. Après un passage à ses appartements et une douche rapide, il était descendu dans la Grande Salle, encore quasiment vide à cette heure matinale. Severus, cependant, s'y trouvait.
- Tu comptes continuer à martyriser ton bacon ou vas-tu finir par le manger ? s'enquit finalement le Gryffondor.
Le vert et argent posa son regard sur le morceau de viande comme s'il prenait conscience de sa présence.
- Tu sais, reprit James, personne ne t'en veut pour ce qui s'est passé hier.
Severus le fusilla du regard.
- J'ai failli vous tuer !
- Tu as été touché par un sort. D'ailleurs, pourquoi n'es-tu pas à l'infirmerie ?
- Je vais bien.
- Ah oui ? Tu as dormi cette nuit ?
- Ça ne te concerne pas !
- Bien sûr que si ! Tu ne vas pas bien, et c'est normal. Tu as vécu une expérience difficile, mais, pour l'amour de Merlin, tu n'y es pour rien ! L'imperium n'est pas un sort contre lequel on peut lutter facilement et celui qui te l'a lancé était un maître en la matière. Que pouvais-tu faire ?
- Je…
- Rien du tout ! le coupa James sans vergogne. Tu ne pouvais rien faire. Alors cesse de te mettre martel en tête. Tout le monde va bien, tu n'as fait de mal à personne et ce f… hem… Mangemort ne fera plus de mal à personne. Que demande le peuple ?
- C'est facile à dire pour toi.
- Pas vraiment, non. Ce n'est facile pour personne, Severus. Ni pour toi qui es une victime, ni pour ceux qui ont tué pendant cette attaque. Le fait que nos sorts aient visé des Mangemorts ne change pas grand-chose : certains d'entre eux sont morts. Certains d'entre nous les ont tués. Il va falloir vivre avec cela. Même si c'était de la légitime défense, même s'ils sont des êtres abjects, nous n'en sortirons pas indemnes. C'est pour cela que tu ne dois pas te renfermer. Il n'en ressortira rien de bon. D'autant plus que ce n'est malheureusement pas fini…
Le Serpentard ne répondit pas, mais James vit dans son regard qu'il commençait à saisir. Le préfet-en-chef reporta son attention sur son petit-déjeuner et se remit à mâchonner sans grande conviction. Rien n'était encore fini…
ooOoo
- Je me demande ce qu'il va nous dire, répéta Drago pour la énième fois.
Harry songea vaguement à un sortilège de mutisme. Heureusement, dans quelques minutes, ils arriveraient au bureau de Williams et les questions de son ami trouveraient des réponses – le brun ne savait pas ce qu'il désirait le plus, que Drago cesse de radoter ou avoir le fin mot de l'histoire. Souriant de cette pensée, il pénétra dans l'antre du professeur de défense contre les forces du mal – la porte était ouverte, probablement parce qu'ils étaient attendus.
- Professeur ? appela le renié.
L'interpelé émergea de derrière une étagère bondée de livres.
- Ah ! Mister Star et Mister Celford. Fermez la porte, je vous prie.
Harry s'exécuta alors que son ami et l'enseignant s'asseyaient tous deux autour du bureau qui trônait au centre de la pièce. Williams patienta un instant, laissant au brun le temps d'en faire de même avant de prendre la parole.
- Savez-vous pourquoi je vous ai fait venir ici ? s'enquit-il.
- Pas vraiment, répondit Drago.
Pour sa part, le Survivant aurait plutôt répondu : « Pas du tout ». Il se garda cependant de le signaler, préférant pour le moment demeurer silencieux et écouter.
- Tout d'abord, je crois qu'il est nécessaire que je m'excuse. Il semblerait que je vous ai mal jugés, tous les deux.
Williams fit une légère pause avant de reprendre.
- À ma décharge, je ne m'attendais pas à découvrir que j'avais dans ma classe deux porteurs de Bracelets.
Les regards des deux élèves se posèrent sur les bijoux en question. Apparemment, ne put s'empêcher de penser Harry, Némésis avait omis de leur signaler deux ou trois choses. Cela ne le surprenait pas vraiment, pour tout dire…
- Puis-je les voir ? demanda l'enseignant.
Le brun eut un instant d'hésitation que Drago ne partagea pas. Il tendit le bras au dessus du bureau pour permettre à Williams de voir l'objet de plus près. Manifestement fasciné, l'ancien auror posa un doigt sur le Bracelet qui, à la surprise générale, se remit à briller. Cela n'avait rien à voir avec ce qui s'était passé lors du combat, observa Harry pour lui-même. Le bijou s'était simplement mis à émettre une sorte de brume lumineuse, laquelle formait un ruban épais qui le reliait au Bracelet du Survivant qui brillait lui aussi. Plus étonnant, deux fils fins de cette même lumière émergeaient des deux bijoux offerts par Némésis pour s'enrouler autour du poignet de Williams.
- Incroyable… Je n'ai jamais vu un tel lien entre deux personnes, même des Maîtres, souffla celui-ci. C'est absolument formidable.
- Je… tenta le blond. Je ne suis pas certain de comprendre d'où cela vient.
Harry allait déclarer que lui ne comprenait plus rien du tout, lorsqu'un poids se fit sentir sur son épaule. Il ne fut qu'à moitié surpris de voir Hélios, tranquillement installé, en train de lisser ses plumes. Le phénix était concerné par tout cela, d'une certaine manière.
- C'est simple, répondit l'enseignant sur le ton de l'évidence. C'est la Magie qui a décidé de vous lier de la sorte, tout comme Elle a décidé de vous envoyer ici. C'est la force la plus puissante de l'univers. En fait, c'est Elle qui régit nos vies même sans que nous en ayons conscience.
- La magie fait ça ? Je… je ne pensais pas que c'était un sorte de d'être vivant.
- Ça ne l'ait pas. Ce n'est même pas une entité pensante à proprement parler. C'est une force qui régule les choses. Elle agit avec une sorte d'instinct de conservation. Elle permet de réguler les choses afin d'assurer sa propre pérennité. La Magie n'a pas de notions telles que le bien et le mal. Elle ne prend en compte que sa propre survie.
- Je ne comprends pas.
- C'est normal. Moi-même j'admets ne pas saisir tous les détails. Cela vient certainement de notre façon de penser. Sachez seulement que la Magie agit dans l'intérêt commun un peu comme une force naturelle. Pour avoir une idée, vous n'avez qu'à vous dire que la Magie est un peu comme notre planète. Elle s'autorégule par différents moyens tels que des vents, de la pluie, des tornades, des tremblements de terre et ainsi de suite. La Magie agit de même mais avec d'autres manifestations.
Le professeur Williams regarda les deux jeunes gens.
- En tant que Maîtres des Dimensions vous êtes beaucoup plus réceptifs à ce type de forces. C'est pour cela que vous utilisez des formes de magies que personne d'autre n'est capable de manier. En fait, vous ne comprenez peut-être pas la Magie mais je suis certain que vous l'avez sentie.
- Des Maîtres des Dimensions ? répéta Drago.
L'ancien auror se mit à rire.
- Vous ne savez pas ce que représentent vos bracelets ? Ce sont ceux que portent les Maîtres des Dimensions, et eux seuls. D'ailleurs c'est ainsi qu'on identifie cet ordre. On les obtient après des années d'études acharnées, ils sont la consécration du passage du titre d'Apprenti à celui de Maître des Dimensions.
Les deux amis s'entreregardèrent, mal-à-l'aise.
- Je m'étonne d'ailleurs que vous ne le sachiez pas. Je me doute que vous n'avez pas été à l'École, mais la personne qui vous a formés a dû vous expliquer tout cela, non ?
Harry décida qu'ils en étaient arrivés à un stade de la discussion où il devait prendre la parole.
- Il semblerait que certaines choses nous échappent à tous, intervint-il. Vous, professeur, vous semblez croire que nous sommes des Maîtres des Dimensions, or, nous ne savons même pas de quoi il s'agit. Je n'ai jamais entendu parler d'un tel ordre. Qui plus est, je puis vous assurer que c'est une personne de chair et de sang qui nous a envoyés ici, non la Magie.
L'enseignant fronça les sourcils.
- Vous ne savez pas ce que sont les Maîtres des Dimensions ? C'est sérieux ? Mais alors, comment avez-vous eu ces Bracelets ?
- Ils nous ont été remis par la personne qui nous a envoyés ici, répondit le Survivant. Elle nous a dit qu'ils maintiendraient nos… enfin, qu'ils nous protégeraient.
- Oui, oui. Evidemment, un des rôles des Bracelets est de protéger son porteur, notamment lors des voyages entre les mondes. Sans les Bracelets, se rendre d'un univers à un autre est impossible – enfin, c'est possible mais en général on en meurt. Mais on ne peut pas réduire…
- Minute ! le coupa brusquement Harry. Qu'avez-vous dit ?
Williams cilla, surpris dans son raisonnement.
- Je viens de dire que sans un Bracelet les voyages inter-dimensionnels étaient quasiment toujours mortels, pourquoi ? Vous ne le saviez pas ?
- Non, en effet. Et surtout, je ne sais pas ce qui vous fait dire que nous avons fait un voyage inter-dimensionnel, lança Drago.
Cela n'avait pas de sens. Némésis n'avait-elle pas dit que personne – sous aucun prétexte – ne devait savoir qu'ils venaient d'un autre monde. Et voilà que leur professeur de défense contre les forces du mal l'affirmait comme si c'était la chose la plus naturelle du monde !
- Vous êtes des Maîtres des Dimensions, rappela l'ancien Auror avec un air dépité, et le propre de cet ordre, c'est de se déplacer de dimensions en dimensions – outre le fait qu'ils sont extrêmement puissants et servent la Magie. Mais qui êtes-vous au juste pour ignorer cela ?
Harry soupira.
- Il semblerait que l'un d'entre nous ait été mal informé. Et a priori, j'aurais tendance à dire qu'il s'agit de nous. Mais pourquoi ?
- Peut-être que c'est plutôt vous qui nous menez en bateau, professeur ! lança Drago d'un air vindicatif.
- Je ne pense pas, le contra son ami. Il semble même que tout cela ait beaucoup plus de sens… Dites moi, professeur, pourquoi avoir été si hostile vis-à-vis de nous jusqu'à présent ? Comprenez que ce brusque revirement de situation à de quoi surprendre.
- Oui. C'est vrai. Je ne pensais pas que vous puissiez être d'authentiques Maîtres. Vous n'agissez pas comme ils le feraient. J'ai donc pensé que, soit vous aviez volé vos Bracelets, soit, pire, vous comptiez parmi les responsables de la destruction de l'École.
- L'École ? releva le blond. Vous parlez de Poudlard ?
- Non. Je vous parle de l'École des Mondes. Celle où étaient formés les Apprentis afin qu'ils deviennent des Maîtres des Dimensions. Ceci, expliqua Williams en relevant sa manche pour dévoiler le tatouage qu'il portait sur le poignet, est la marque que tous les Apprentis recevaient au début de leur formation. Elle ne devait s'effacer que le jour où ils acquéraient leur Bracelet et, avec lui, le titre de Maître. J'ai passé deux ans à l'École et je m'y trouvais lorsqu'elle a été attaquée. Je ne sais pas qui étaient les assaillants, ni ce qu'ils voulaient. Ils se sont contentés de déferler sur l'École, tuant tout le monde sur leur passage. J'ai combattu longtemps, ce jour-là, mais cela n'a servi à rien. Pour finir, le Maître avec lequel je me trouvais a ouvert une porte vers mon monde d'origine – celui-ci – et nous nous y sommes engouffrés. Son Bracelet nous a protégés tous les deux de justesse et il est mort quelques jours plus tard des suites de ses blessures. Je ne sais rien d'autre si ce n'est que l'École a été détruite – il me l'a dit avant de rendre son dernier souffle. Les Maîtres étaient liés à l'École, encore plus ceux qui y enseignaient.
Harry garda le silence pendant les secondes qui suivirent cette incroyable révélation. Il était peu probable que Williams ait inventé tout cela. De plus, utilisant la legilimentie pour frôler les pensées du professeur, le jeune homme n'y discerna aucune intention malveillante, seulement une profonde tristesse. Une tristesse qu'il connaissait, celle de ceux qui survivaient…
- Je crois que je comprends maintenant. Ce doit être pour cela qu'on nous a dit de ne révéler sous aucun prétexte que nous venions d'un autre monde. Qui que soient ces attaquants, ils sont peut-être à la recherche des survivants du massacre de l'École des Mondes et en révélant que nous avions fait un voyage entre les dimensions – ce qui est l'apanage des Maîtres des Dimensions – nous nous dessinions une cible dans le dos, observa-t-il autant pour lui-même que pour les autres.
- N'aurait-il pas été plus simple de nous dire carrément de quoi il retournait ? lança Drago. De nous l'expliquer clairement ?
- Peut-être pas. Elle avait peut-être peur que nous nous montrions imprudents… ou bien tout simplement, ce n'est pas le genre de la maison ! ricana le brun en repensant à Némésis.
- Mouais. Je parierais sur la dernière proposition.
- Dois-je conclure qu'on vous a remis ces Bracelets sans vous dire de quoi il s'agissait ? Qu'on vous a envoyés dans une autre dimension sans la moindre formation préalable ? s'exclama Williams.
- C'est à peu près ça, maugréa le renié. Némésis, ça vous dit quelque chose ?
- Némésis ? Vous voulez parler de la Maîtresse Némésis ? Vous plaisantez j'espère ! C'est une des Maîtresses des Dimensions les plus anciennes et les plus puissantes qui soient ! En fait, je crois que c'est simplement la plus puissante. Je me suis toujours demandé pourquoi elle n'était pas notre Première Maîtresse. Elle est probablement trop indépendante pour cela…
- La Première Maîtresse ? Est-ce que cela veut dire ce à quoi je pense ? fit Drago avec un demi-sourire.
- C'est fort possible. La Première Maîtresse ou le Premier Maître, en fonction du sexe de la personne exerçant cette fonction, est le ou la « chef » des Maîtres des Dimensions. Autant vous dire que c'est une personne très puissante.
- Il semble que Némésis nous ait caché beaucoup de choses ! Serait-il possible que vous nous enseigniez ce que nous ignorons, professeur ?
La demande de Harry sembla laisser l'ancien auror songeur.
- Je n'ai rien contre, déclara-t-il après un moment, mais vous devez comprendre que d'un point-de-vue hiérarchique, vous m'êtes supérieurs. Vous êtes des Maîtres des Dimensions confirmés, alors que je ne suis qu'un Apprenti. Je suis sidéré à l'idée que vous ayez pu acquérir les pouvoirs nécessaires pour être un Maître sans la moindre formation, mais c'est un fait.
- Parce que mon Bracelet s'est illuminé ? demanda Drago, médusé.
- Pas uniquement. Vous maniez également vos Magies Propres avec une rare efficacité.
Le Survivant rit doucement.
- Je crois que nous avons vraiment besoin de vos enseignements, professeur. Pour commencer, qu'est-ce que les Magies Propres ? fit-il.
ooOoo
James sourit alors que Lily pénétrait dans le salon de leurs appartements. Elle portait une de ses chemises, chose qu'elle faisait de plus en plus souvent depuis qu'ils étaient ensemble. Merlin, quelle était belle ! Un rayon de soleil dans cette morne journée. Les lendemains de combat étaient éprouvants pour tout le monde. La rousse s'approcha et s'assit à ses côtés sur le canapé qui se trouvait devant la cheminée. D'un geste, il l'attira un peu plus vers lui. Elle se blottit naturellement contre lui, enfouissant son visage dans son cou.
- Tu ne dors pas ? murmura-t-il contre ses cheveux.
- Je me demandais où tu étais. Tu vas bien ?
- Oui. Ça va.
Elle releva les yeux vers lui. Il soupira.
- Ça ne va peut-être pas si bien que ça, avoua-t-il. J'ai peur, Lily.
- Moi aussi. Je crois que nous avons tous peur…
- Non je… Je ne sais pas, il y a autre chose. Je veux dire, cette peur… Elle est différente. Je… Je ne sais pas comment te l'expliquer. Je ressens quelque chose qui n'a rien à voir avec la peur que j'ai connue avant ou après les combats jusqu'à présent. C'est… différent.
Il vit dans ses yeux qu'elle ne comprenait pas. Mais comment lui en vouloir ? Lui-même ne comprenait pas. Il se contenta de la serrer un peu plus contre lui, presque violemment.
- Je t'aime, James, lui murmura-t-elle à l'oreille.
Il sourit puis l'embrassa. Il la sentit sourire contre ses lèvres alors qu'elle passait ses mains sous son t-shirt pour caresser son torse. Le jeune homme lui retira sa chemise et découvrit qu'elle ne portait rien dessous.
- Lily, tu me tues ! grogna-t-il.
Son éclat de rire acheva définitivement de chasser les soucis de l'esprit de James.
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Magie Propre, règle de non-ingérence, soumission aux prophéties… Harry avait mal à la tête. Trop d'informations en trop peu de temps… Allongé sur son lit, dans le dortoir sombre des Serpentards, il regardait son Bracelet qui brillait faiblement. Il n'avait pas arrêté depuis ce qui s'était passé dans le bureau du professeur Williams. Pourquoi Némésis leur en avait-elle dit si peu ? Non pas que Harry mette en doute ce que disait l'enseignant, mais il aurait été tellement plus simple d'avoir les informations au moment voulu. L'effet étrange de la potion partag'pensée – laquelle avait eût des conséquences inattendue non seulement sur le moment puisqu'elle leur avait fait échanger leurs corps mais également à long terme puisqu'ils pouvaient toujours communiquer par la pensée – était dû au lien qui existait entre Drago et lui. Cette capacité à utiliser les magies ancienne et antique était simplement la manifestation de sa Magie Propre. Tous les Maîtres des Dimensions utilisaient une magie personnelle, issue de leurs croyances et de leur caractère, et qui n'appartenait qu'à eux. Les visions qu'il avait eues étaient simplement des manifestations de la magie.
En fait, si Harry avait bien compris, le travail principal des Maîtres des Dimensions était de répondre aux appels à l'aide que la Magie leur communiquait. Ce pouvait être des appels directement formulés par une personne, comme cela avait été le cas pour la requête de Dumbledore à Némésis qui les avait conduits dans ce monde, ou des demandes envoyées plus largement à l'ordre des Maîtres des Dimensions. Il existait cependant une dernière situation, celle d'appel à l'aide sans destinataire précis que la Magie envoyait aux Maîtres. Le but de tout cela était de maintenir un équilibre au sein des dimensions mais aussi entre les dimensions.
Beaucoup de choses prenaient du sens… Les visions, les paroles du Centaure, les réactions étranges de sa magie… Tant de choses que c'en était terrifiant. Comment avait-il pu vivre pendant quasiment un an sans avoir conscience de ce qui se passait, de la puissance qui sommeillait en lui ? Insidieusement, la vision qu'il avait eue au lycée moldu lui revint en mémoire. Cette superbe citée en train d'être détruite… Aurait-il pu faire quelque chose ? Difficile à dire… Probablement, avait dit le professeur Williams, mais pour cela il aurait dû quitter ce monde et ne serait peut-être pas revenu à temps pour participer au combat contre les Mangemorts… On ne sauve pas une ville de l'anéantissement en un tournemain, même en étant un Maître des Dimensions. Il allait falloir s'habituer à la puissance et aux exigences de ce titre. Les Apprentis avaient normalement entre trois et cinq ans, Harry et Drago avaient eu entre trois et cinq minutes. Ce ne serait pas facile, mais finalement, leur rôle n'était pas si différent de ce qu'ils avaient fait depuis leur arrivée dans cet univers et, en toute honnêteté, le brun devait dire qu'il n'était pas sans aimer ce job.
- Je peux le faire, murmura-t-il pour lui-même.
Némésis ne les avait pas choisis sans raison. Elle était connue pour être quelqu'un de puissant, au fort contact avec la magie et à l'intelligence acérée.
- Je peux le faire, répéta-t-il plus bas.
Hélios émit une douce note, comme pour approuver.
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Narcissa sourit à Remus. Il venait d'entrer dans le Salle sur Demande où elle l'attendait. Il s'approcha et posa un baiser sur ses lèvres.
- Tu vas bien ?
- J'ai eu une vision.
Le jeune homme la regarda un instant sans mot dire. Elle savait qu'il cherchait sur son visage des traces de peur ou de déni.
- Je vais bien, tu sais. J'ai accepté mon pouvoir – enfin plus ou moins. Ce qui m'inquiète, ce n'est pas la vision elle-même mais son contenu.
- Tu veux en parler ?
- Je crois, oui. Il pleuvait. Des gens courraient sous la pluie… Il y avait de la peur. Et puis un faisceau vert.
- Un avada kedavra ?
- Je pense. La vision n'était pas très claire mais… Cela va bientôt arriver, Remus. Je le sais. Et je ne peux rien faire. Je sais que je ne peux rien faire !
Il l'attira dans ses bras.
- Je suis désolé, Narcissa. Tellement désolé que tu doives supporter ça…
Ils restèrent blottis l'un contre l'autre pendant un moment, sans bouger, avant que la jeune fille ne se détache doucement.
- Merci, chuchota-t-elle.
- De quoi ?
La surprise et l'incompréhension de Remus étaient si authentiques que la vert et argent se sentit fondre. Il était adorable. Elle sourit.
- D'être là, tout simplement. Ça m'a fait du bien de parler.
Du bruit se fit entendre au dehors, mettant fin à la conversation.
- Les Maraudeurs ? sourit Narcissa.
- Je vais les tuer, grogna le lycanthrope.
La jeune fille éclata de rire au moment où son cousin entrait victorieusement dans la Salle sur Demande.
- Remus ! C'est pas gentil de nous fausser compagnie… Oh ! Ma chère cousine ! Tout s'explique !
- T'ai-je déjà dit que tu étais lourd par moment, Siri ? fit-elle sur un ton parfaitement décontracté.
- Qui, moi ?
- Non, ton jumeau ! soupira Remus.
Peter, qui venait d'entrer, pouffa sans la moindre discrétion.
- Faux frère ! lui lança Sirius, théâtral, en le foudroyant du regard.
James se tenait un peu à l'écart et ne cachait pas son amusement.
- Je suis un incompris ! décréta le jeune Black. Et d'ailleurs…
Il n'eut pas le temps d'achever sa phrase, il venait de se recevoir un coussin en pleine figure. Très fière de son lancé, sa cousine éclata de rire en découvrant l'air mi-ahuri, mi-offusqué, qu'il affichait.
- Ceci, gronda-t-il, un brin grandiloquent, est une déclaration de guerre ! Sus à l'ennemi !
Deux autres coussins – ramassés dans le fauteuil le plus proche – fusèrent. D'un bond, la jeune fille les évita et en saisit un autre pour l'envoyer vers Sirius. Elle loupa largement son coup et ce fut le Préfet-en-Chef qui se retrouva avec le projectile en plein tête.
- Oh, oh…
- James, mon frère, bienvenu dans le club. Nous deux contre cette peste.
- Hey ! s'insurgea Narcissa.
Elle allait protester lorsqu'un coussin frappa le visage de Sirius. Un air satisfait sur le visage, Remus vint se poster aux côtés de la jeune fille.
- Traître ! s'exclama le jeune Black. James, mon frère, nous venons de perdre un brave, ensorcelé par cette sorcière !
- Tu parles trop, cousin ! s'exclama celle-ci en lançant un nouveau coussin.
Peter sembla hésiter un instant avant de rejoindre ses deux amis. Peu à peu, la pièce se remplit de coussins de toutes les formes et de toutes les tailles, la Salle sur Demande fournissant ce que désiraient les élèves. Ils ne surent pas combien de temps ils jouèrent, mais lorsque Terry, Sylciu, Lily, Veena et Regulus arrivèrent, ils étaient allongés sur des couches de coussins, pris de fou-rires incontrôlables.
- Qu'est-ce qui se passe ici ? s'exclama Lily.
Terry, à ses côtés, sourit.
- Une bonne méthode pour décompresser, remarqua-t-il d'un air un peu trop sérieux. Athéna !
Le coussin qui lui était destiné n'arriva pas jusqu'à lui.
- Tricheur, grommela Sirius, auteur du tir.
- Pas tricheur : Serpentard. J'utilise au mieux mes capacit… Oooh !
Le jeune homme se retrouva le nez dans les coussins, Lily et Veena pouffèrent derrière lui. Il releva la tête alors que ses amis riaient à gorge déployée.
- Éole !
Les coussins se mirent à voler et attaquer les deux jeunes filles.
- Ceci, mes amis, est une attaque injustifiée contre des damoiselles ! s'exclama Sirius en se levant d'un bond. Honte à toi, vil Serpentard !
Sur ce, le combat reprit : tout le monde contre Terry.
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Pendant les jours qui suivirent, Harry et Drago passèrent beaucoup de temps avec le professeur Williams, au point qu'il fallut prétendre à des retenues pour que personne ne se pose trop de questions. Impossible de dire que l'enseignant leur donnait des cours pour approfondir leurs connaissances de Maîtres des Dimensions. Ces séances s'avérèrent difficiles pour tout le monde, même s'il ne s'agissait que de connaissances théoriques. L'Apprenti peinait à parler de sa vie à l'École des Mondes et les ramifications de ce qu'il apprenait aux deux Maîtres étaient parfois difficiles à admettre.
Cependant, ils continuèrent, envers et contre tout. Cela allié aux entrainements et, pour Harry, aux cours avec le professeur O'Neill, les deux jeunes gens n'eurent guère de temps pour autre chose.
Ce soir là, ils se trouvaient de nouveau dans le bureau de l'enseignant qui expliquait le fonctionnement complexe de la Magie. Le professeur Williams était en plein milieu d'une explication alambiquée lorsqu'il fut soudainement interrompu par un bruit assourdissant. Harry bondit sur ses pieds, sentant sa magie vibrer autour de lui alors que Drago fronçait les sourcils.
- Eoloas ! appela la voix de McGonagall par le biais de la cheminée. Nous sommes attaqués, dépêchez-vous de venir dans la Grande Salle !
Les trois complices se regardèrent un quart de seconde avant de s'élancer. Lorsqu'ils arrivèrent dans la Grande Salle – pestant au passage d'être allés s'entrainer à l'autre bout du château – ils y trouvèrent la plupart des élèves et professeurs.
- Merlin soit loué, Terry, Sylciu ! J'étais vraiment inquiète ! s'exclama Lily en les voyant. Où étiez-vous ?
- Avec le professeur Williams en retenue, répondit Harry. Que se passe-t-il exactement ?
Le visage de la rousse s'assombrit.
- Vous-Savez-Qui nous attaque. Ses troupes ont envahi le parc. Ils tentent d'entrer dans le château à l'heure qu'il est.
Harry fronça les sourcils. Voldemort était là ? Le voyageur dimensionnel avait beau savoir qu'il n'était pas lié à lui ici, il ne pouvait pas s'empêcher d'être dérouté. Il s'approcha des fenêtres avant d'être interpellé par McGonagall. Les élèves ne devaient pas se trouver prêt des ouvertures donnant à l'extérieur.
- Laissez le faire, Minerva, intervint le professeur Dumbledore.
L'enseignante jeta à ce dernier un regard furieux que Harry connaissait bien. « Vous êtes inconscient, » disait-il. Avec un sourire en coin, le Survivant jeta un coup d'œil par la fenêtre. Il pouvait voir la magie des protections de Poudlard tenter de repousser les assauts des Mangemorts et autres créatures à la botte de Voldemort. Les cris de sa mère se firent légèrement entendre dans l'esprit de Harry. Des Détraqueurs. Décidemment, le mage noir n'avait pas fait les choses à moitié.
- Qu'en penses-tu ? souffla le directeur qui s'était rapproché du brun.
- C'est mauvais, jugea ce dernier. J'ai vraiment un mauvais pressentiment… Je ne suis pas sûr que nous puissions le repousser. Pas dans la situation actuelle. Nous avons besoin de renforts. Et laisser les élèves ici est vraiment dangereux.
- Je suis d'accord, admit Dumbledore. Je peux faire quelque chose pour raffermir les protections de l'école, mais pour les élèves… Tu as raison sur un point, les laisser ici est trop dangereux.
- Pourquoi ne pas évacuer ? s'enquit James qui s'était rapproché en compagnie de Drago, Sirius et Remus. Par les passages secrets c'est faisable.
- C'est trop dangereux, trancha Harry. Voldemort connait certains des passages. Si nous prenons le mauvais, cela reviendrait à aller se jeter dans ses bras.
- Mais rester dans la Grande Salle ainsi, fit Remus. C'est comme mettre des flèches pour signaler où nous sommes.
- C'est bien beau, signala Drago. Mais où pourrait-on réunir tous les élèves de Poudlard à part ici ? La Salle sur Demande ?
- Voldemort connait aussi, intervint son faux cousin d'un ton léger.
Il y eut un silence pendant lequel chacun se demandait ce qu'ils pourraient faire. Silence qui fut interrompu par un grand fracas.
- Merde ! grinça Sirius. Un des boucliers vient de céder. On fait quoi ?
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Voici – enfin – le nouveau chapitre ! Je sais que j'ai beaucoup tardé à le mettre en ligne mais comme on dit, mieux vaut tard que jamais. De toute façon, comme je l'ai dit et répété, cette fic sera achevée – lentement, mais surement.
Ce chapitre est celui des révélations – du moins la première partie. J'espère avoir été assez claire, que vous avez tout saisit et que toutes ces explications ne vous ont pas lassées. Les prochains chapitres seront essentiellement composés de combats, ce qui permettra de contrebalancer le fait qu'il ne se passe pas grand-chose dans celui-ci.
Je remercie tous ceux qui ont laissé une review pour le précédent chapitre. Au passage, je suis contente que quelqu'un est enfin vu le jeu des anagrammes – merci Arwen00710 – bien que ça n'est pas la moindre importance pour l'histoire. Juste un petit jeu aucun j'ai joué avant d'écrire cette fic.
Pour répondre à Kalicia, bien que je ne suis pas certaine de saisir où est le problème, cette phrase signifie que Terry et Sylciu peuvent rester dans ce monde jusque fin juillet. La raison pour laquelle il y a « mai » un peu plus loin, c'est juste parce que le précédent chapitre se déroulait en mai – celui-ci se place plutôt en juin.
Je précise à xX-Khiri-Elle-Xx, pour la énième fois, qu'il n'y aura PAS DE SLASH
Encore une fois, merci à tous pour vos commentaires et à la prochaine ! Et un grand merci à Nevic qui a eu la gentillesse de corriger ce chapitre.
Pour la mise en bouche, le prochain chapitre s'intitule Poudlard et sera suivi d'une annexe (ça vous aide vachement à deviner ce qui va se passer, pas vrai p)
