Les Maîtres des Dimensions

Résumé général : Alors que Harry déprime après la mort de Dumbledore, il rencontre Némésis, une étrange femme qui lui propose une mission : se rendre dans un monde parallèle afin de créer un autre futur. Il part donc en 1976, dernière année de ses parents à Poudlard, sous le nom de Terry Star, accompagné d'Hélios son phénix mais également de Drago, qui a été renié par son père, portant le pseudonyme de Sylciu Celford. Ils se présentent comme des cousins venus d'Amérique.

Chapitre précédent : Harry et Drago viennent de découvrir qu'ils sont des Maîtres des Dimensions et le professeur Williams, qui s'avère être un Apprenti Maître des Dimensions, leur enseigne tout ce qu'ils doivent savoir. Poudlard est ensuite attaqué par les Mangemorts et Voldemort. Le combat final commence…

Chapitre 38 : Poudlard

- Merde ! grinça Sirius. Un des boucliers vient de céder. On fait quoi ?

Il se tourna vers le directeur qui s'éloignait déjà. Les septième année se regardèrent, surpris. À quoi jouait donc le mage ? Sans tenir compte de la surprise de ses élèves, celui-ci s'approcha de la grande tapisserie frappée des armoiries de Poudlard qui trônait dernière la table des professeurs. D'un geste de baguette, le directeur fit disparaître la tenture. Harry cilla en découvrant des gravures incrustées dans le mur. Un immense dragon, tenant dans ses griffes le blason de l'école de sorcellerie, semblait regarder la Grande Salle de son regard d'améthyste. Le silence s'était abattu sur les lieux, chacun regardant l'animal de pierre.

- On dirait qu'il est vivant, souffla James.

Personne ne réfuta cette affirmation. C'était également ce que ressentait Harry. Dumbledore s'entailla la main et appliqua du sang sur le cœur de l'animal.

- Moi, Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore, en ma qualité de directeur de Poudlard, je t'appelle pour protéger Poudlard ! Draco praeses Poudlard expergeface patronum !

Drago eut un hoquet de surprise.

- De la magie runique, souffla-t-il alors que des runes en forme d'arabesques s'illuminaient dans toute la Grande Salle : sur les murs, sur le sol… partout.

Une lumière douce enveloppa les jeunes élèves. Harry fut soudain envahi par un sentiment de protection. Un sentiment tel qu'il n'en avait plus ressenti depuis longtemps.

- Qu'est-ce que c'est ? murmura James.

- Un système de protection, Monsieur Potter, répondit le directeur. À partir de maintenant, toutes les protections de Poudlard sont en place. Cependant, ce ne sont pas des boucliers. Les Mangemorts risquent d'entrer. Que l'équipe professorale se tienne prête, nous allons nous rendre à la porte. Minerva ? Vous allez rester ici avec les élèves.

- Je viens avec vous, déclara Harry sur un ton qui ne permettait pas la réplique.

- Je n'en attendais pas moins de toi, sourit le directeur, faisant fi de l'air furieux de son adjointe.

Le Survivant se tourna vers ses camarades. James et Sirius souriaient d'un air clairement prêt à en découdre. Remus approuva de la tête, montrant qu'il serait des leurs. Mais en regardant le second Maître des Dimensions, Harry fut surpris. Le regard fuyant et la mine renfrognée, il ne ressemblait pas au Drago que le brun connaissait.

"Quelque chose ne va pas ?" s'enquit le jeune Potter.

- Non, répondit le blond à haute voix.

Son ami n'en croyait pas un mot.

- Je suis des vôtres, ajouta-t-il d'un ton plus naturel.

Harry le regarda se diriger vers la porte avec une impression étrange. Tout en marchant vers le hall d'entrée du château, le jeune homme ne put s'empêcher de ressentir une légère inquiétude. Il ne saisissait pas quel était le malaise qui s'était emparé de son équipier, mais il était suffisamment puissant pour que leur lien le lui fasse ressentir. Le Survivant soupira. Ce n'était pas vraiment le moment de penser à cela. Se promettant d'y revenir dès que possible, il repoussa donc ces pensées et reporta son attention sur la porte principale du château qui commençait à s'ébranler.

Une note bien connue vibra dans l'air et Hélios apparut, l'épée d'antimagie-noire dans les serres. Lorsqu'il la laissa tomber dans la main de Harry, celui-ci trouva le poids de l'arme dans sa paume assez réconfortant. Il s'était habitué, au cours des enseignements d'O'Neill, à combattre à l'épée. Il jeta un coup d'œil vers Drago et ne lut en lui qu'une farouche détermination. Apparemment, la période de trouble avait disparu devant l'imminence du combat.

La porte trembla, menaçant de s'écrouler. Harry raffermit sa prise, sur sa baguette dans sa main gauche, et sur son épée dans celle de droite. Le combat, le réel combat, allait commencer. Très certainement le dernier, du moins dans ce monde. Si Voldemort l'emportait, le monde magique ne mettrait probablement pas longtemps à entrer entièrement en son pouvoir. Mais s'il perdait, il aurait subi un revers dont il se relèverait extrêmement difficilement. Il fallait gagner, songea Harry, plein de détermination.

La porte frémit à nouveau et cette fois le Survivant crut bien qu'elle allait s'écrouler. Mais elle tint bon. Franchement, chapeau bas au charpentier qui l'avait mise en place ! C'était du très bon travail. À cette pensée, le Survivant eut un rire intérieur. C'était bien le moment de s'extasier devant l'architecture de ce château qu'il connaissait par cœur ! Décidément, les attentes de batailles ne lui réussissaient pas vraiment.

La porte trembla à nouveau. Et cette fois céda. Harry avala difficilement sa salive en voyant quatre trolls particulièrement remontés se ruer vers eux. Passant vivement son épée dans sa main gauche, il tendit la droite vers la créature la plus proche.

- Ô Zeus qui parmi les Dieux est un roi,
Déchaîne la foudre du ciel pour moi !
invoqua-t-il avec force.

Une nuée d'éclairs émergea du bout de ses doigts et terrassa le troll en quelques secondes. Être un Maître des Dimensions bénéficiant d'une telle Magie Propre était vraiment une bonne chose, songea Harry en s'élançant dans la bataille.

Il para un sort avec l'épée et répliqua d'un sort de désarmement. "Tu trouves vraiment que c'est le moment de désarmer ?" protesta mentalement Drago mais son compagnon n'en tint pas compte. Les Détraqueurs arrivaient.

- Expecto Patronum ! cria-t-on.

Un grand chien d'argent s'élança vers le Détraqueur le plus proche. Se retournant, Harry vit avec surprise que Severus, Regulus, Franck, Lily, Peter et Veena venaient d'entrer dans le combat. C'était le patronus du frère de Sirius qui tentait à ce moment-là tant bien que mal de repousser les assaillants. Sans attendre, le Survivant conjura le sien. Le cerf s'élança, dispersant les créatures.

- Protego ! s'exclama la Préfète-en-chef.

Une bulle protectrice entoura James juste au moment où un doloris allait le frapper. Les boucliers de Lily n'avaient apparemment rien perdu de leur puissance. Harry la soupçonnait même d'avoir étudié la magie ancienne pour les renforcer. Très bonne initiative si elle l'avait fait.

- Qu'est-ce que… ? souffla Veena, à côté du voyageur dimensionnel.

Celui-ci eut également un moment d'arrêt. Quoi de plus naturel face au spectacle qui s'offrait à ses yeux ? En effet, les armures du château avaient pris vie et bataillaient ferme, repoussant les Mangemorts au moins aussi efficacement – voire plus – que les sorciers. Cependant se posait une question majeure : depuis quand les armures combattaient-elles toutes seules ? Considérant que ce n'était pas vraiment le moment de se plaindre de cette aide inopinée, Harry se replongea dans le combat.

- On ne tiendra pas à ce rythme-là, jugea-t-il à mi-voix après un petit quart d'heure de combat acharné.

- J'ai une idée, lui souffla Drago.

Surpris, le jeune homme se retourna – mauvaise idée qui lui valu de passer à deux doigts d'un sortilège bien sentit. Grommelant, il lança quelques sorts à l'aveuglette tout en écoutant le blond poursuivre.

- Le problème c'est que protéger l'accès à la Grande Salle nous demande trop d'énergie et que nous ne pouvons pas protéger tout Poudlard, intervint le blond. Il reste deux solutions : se cacher ou évacuer.

- Je ne vois pas où tu veux en venir, on a déjà pensé à ça, s'agaça Harry.

"La Chambre des Secrets," lâcha mentalement son « cousin » en évitant un sort.

- Tu délires ! s'écria le brun. C'est de la folie d'autant plus que…

Il s'arrêta. Mieux valait que personne ne sache de quoi ils parlaient. Or des Mangemorts étaient tout de même très près d'eux.

"D'autant plus que," reprit-il, "je te signale que le basilic est toujours là !"

"Lorsque Dumbledore a activé les protections de Poudlard, tout à l'heure," fit Drago, "j'ai été, pendant un instant, en contact avec tout le château. Je ne sais pas trop comment expliquer ça, c'est comme si ma capacité à utiliser la magie runique m'avait permis de sentir toutes les runes qui ont été placées ici… Or il y en a dans tout le château. Après tout, à l'époque des Fondateurs, il s'agissait d'une magie que l'on utilisait beaucoup."

D'un coup d'épée, Harry para une volée de sortilèges, la renvoyant vers les Mangemorts.

"Où veux-tu en venir exactement ?" s'enquit-il avec une certaine impatience.

En plein combat, il devait admettre que discuter des pouvoirs de son équipier n'était pas ce qui l'intéressait le plus.

"Je crois que Serpentard avait prévu une issue qu'il a placée dans la Chambre…"

Le brun eut un moment d'arrêt, se tournant vers Drago. Les yeux verts de l'apparence d'emprunt du renié le fixait avec insistance, semblant lui dire qu'il était sûr de lui. Et puis, il était admis que Harry James Potter était le combattant des causes perdues d'avance.

- Professeur Dumbledore ! s'exclama-t-il. Nous avons peut-être une solution, mais nous avons besoin que vous teniez la porte encore un moment, voire que vous les mettiez dehors !

- Nous allons essayer, mais nous ne tiendrons pas longtemps, prévint le directeur. Faites aussi vite que possible !

Les deux Maîtres des Dimensions approuvèrent de la tête avant de s'éloigner au pas de course.

- Je vais ouvrir la porte de la Chambre, toi, va préparer l'évacuation. Même s'il n'y a pas d'issue par là, je doute que ce soit le premier endroit auquel pensera Voldemort, ajouta Harry en courant. Hélios ! J'ai besoin de toi.

L'oiseau de feu apparut, volant au dessus des sorciers.

- Tu t'en sortiras avec le basilic ? s'enquit Drago alors qu'ils arrivaient devant la Grande Salle.

- Je l'ai vaincu en deuxième année et sans être Maître des Dimensions. Cette fois, ça va être du gâteau.

- Présomptueux ! siffla le blond avec un air méprisant.

Et il entra dans la salle. Malgré la situation, Harry laissa échapper un sourire avant de s'élancer à son tour. Direction, les toilettes des filles.

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- Professeur Dumbledore ! cria Terry. Nous avons peut-être une solution, mais nous avons besoin que vous teniez la porte encore un moment, voire que vous les mettiez dehors !

S'il n'avait pas eu une entière confiance dans le Serpentard, Sirius aurait certainement pensé à un piège. Mais il n'y songea même pas.

- Nous allons essayer, mais nous ne tiendrons pas longtemps, répliqua le mage. Faites aussi vite que possible !

Mettre les Mangemorts dehors ? Voilà une idée qui plaisait grandement au jeune Black. Cette bande d'encagoulés n'avait qu'à bien se tenir !

- Stupefix ! lança Remus à coté de lui, répondant à un avada kedavra.

Sirius fronça les sourcils. Pouvaient-ils réellement faire le poids face à ces êtres qui n'hésitaient pas à utiliser les Impardonnables ?

- Protego ! cria Lily non loin de là.

Le Maraudeur prit une profonde inspiration et lança une volée de sortilèges. Oui, ils pouvaient gagner parce qu'ils avaient quelque chose que leurs ennemis ne connaissaient pas. La Préfète-en-chef en était bien la preuve : la magie ancienne et les sentiments qu'ils ressentaient les uns envers les autres seraient la clé de leur victoire. Ils allaient gagner.

- Impedimenta ! s'exclama Sirius, fauchant l'homme qui s'en prenait à son frère.

Regulus releva un regard reconnaissant vers son aîné.

- Il faudra qu'on parle tous les deux, gronda ce dernier, parce que tu devrais être à l'intérieur avec les autres !

- Sirius… tenta le Serpentard.

- Je suis sérieux, l'interrompit le susnommé. Tu pourrais être blessé !

- Spectumsempra ! s'exclama quelqu'un.

Les deux frères se tournèrent vers Rogue qui les regardait d'un air désespéré.

- Vous règlerez vos problèmes de famille après ! siffla-t-il en replongeant dans le combat.

Définitivement, estima Sirius, il avait mal jugé le Serpentard. C'était un type bien. Avec des cheveux sales, certes, mais bien quand même. Se promettant de le trainer chez les magicoiffeur lorsque tout cela serait fini, le Maraudeur lança un maléfice au Mangemort le plus proche.

Observant le champ de bataille, il était facile de comprendre la relative facilité des sorciers. En première ligne, les armures étaient d'une efficacité aussi redoutable qu'impressionnante. Ainsi, peu de Mangemorts passaient, et ceux-ci rencontraient la résistance d'enseignants et d'élèves de Poudlard passablement remontés.

Sirius vit une ombre entrer en contact avec un Troll qui tentait d'entrer. Il eut un hoquet de surprise en comprenant de quoi il s'agissait : rejoignant les armures, les gargouilles ornant les murs du château étaient entrées dans le combat. Ce fut à ce moment, tout en repoussant un nouveau Mangemort, que Sirius comprit ce que Dumbledore avait fait un peu plus tôt : il avait réveillé tout le château. L'école toute entière combattait.

Le jeune homme se sentit soulevé et fut envoyé rudement contre un mur. Il aurait dû plus se concentrer sur le combat, songea-t-il en perdant connaissance.

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Lily poussa un cri d'horreur en voyant Sirius faire un vol plané avant de retomber lourdement sur le sol. Il saignait énormément et ne semblait plus conscient.

La jeune fille s'élança, barrant la route au Mangemort qui s'avançait contre son condisciple.

- PROTEGO ! lança-t-elle impétueusement.

Son bouclier se déploya, repoussant l'agresseur. Lily lui donnait toutes les forces qu'elle avait. Ce pouvoir de protection était le sien, elle s'était promis d'en faire le meilleur usage possible. Et pour le moment la protection de son camarade inconscient et blessé lui semblait être la meilleure chose à faire. Parcourant le champ de bataille des yeux, elle vit que Remus était lui aussi en mauvaise posture.

- Stupefix ! cria-t-il, tentant, sans succès, de se débarrasser de son assaillant.

- Lashlabask !

Le Mangemort, ne s'attendant visiblement pas à une attaque par le coté, fut aveuglé un moment par les étincelles projetées par Veena. Il n'en fallut pas plus à Remus pour le stupéfixer une bonne fois pour toute.

- VEENA ! cria Lily en voyant que son ami peinait à tenir debout. AMÈNE-LE ICI !

La Serdaigle approuva de la tête et pressa le pas en soutenant le lycanthrope. Ils traversèrent sans mal le bouclier, comme voulu par sa créatrice, et le jeune homme se laissa tomber sur le sol. Découvrant Sirius, la bleu et bronze poussa un cri et s'agenouilla près de lui.

- Oh, mon Dieu. Par Merlin, il faut faire quelque chose pour lui ! balbutia-t-elle.

Remus se traina tant bien que mal vers son meilleur ami.

- Que… Que dois-je faire ? fit Veena en se tournant vers lui.

- Te calmer, c'est la première chose à faire, conseilla le Gryffondor. Ensuite, essaie de lui lancer un cura. Je t'en prie, Veena, il faut que tu te calmes…

Lily cessa d'écouter. Elle devait elle aussi se calmer et concentrer ses pensées sur le maintien du bouclier. Elle observa une nouvelle fois ce qui se passait. Le secours des armures et des autres forces de Poudlard ne semblait pas suffire et les troupes de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom avançaient.

Regulus s'effondra à son tour. Heureusement, Hagrid le rattrapa au vol et le serra contre lui, protégeant le jeune garçon de son mieux. « On ne tiendra pas, » songea Lily avec effroi. Son bouclier vacilla aussitôt, contaminé par les sombres pensées de la sorcière. Elle avala sa salive en tentant de se reconcentrer. Ce n'était décidément pas le moment de se laisser aller au pessimisme.

Son bouclier avait repris un aspect normal lorsqu'il y eut un cri. Lily eut vaguement conscience d'avoir vu, quelques secondes plus tôt, un éclair vert en direction de l'endroit où se trouvait James. Elle tourna son regard vers les lieux et fut frappée d'horreur. Son bouclier vola en éclat alors qu'elle poussait un hurlement de terreur.

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La Chambre des Secrets était toujours aussi accueillante, quel que soit le monde ou l'espace temporel. Harry releva les yeux vers Hélios.

- Tu sais ce que tu dois faire, n'est-ce pas ?

La question était plus rhétorique qu'autre chose. L'oiseau de feu s'envola, précédant le sorcier dans les couloirs sombres de l'antre de Salazar Serpentard. Comme l'avait fait Fumseck par le passé, la mission d'Hélios serait de crever les yeux du basilic pour laisser le champ libre à Harry qui aurait certainement beaucoup plus de facilité à vaincre le roi des serpents que la première fois.

Le jeune homme resserra sa prise sur le pommeau de son épée. Il se sentait étrangement mal-à-l'aise de ne pas avoir celle de Gryffondor sous la main. Cette réaction était certainement étrange dans le sens où l'arme d'antimagie noire était bien plus puissante. Tant pis, il pouvait bien se permettre d'être un peu irrationnel…

- Où es-tu sssssssserviteur de Ssssssssssserpentard ? siffla Harry après un moment de recherche.

L'animal était très probablement endormi, mais il n'était pas possible de prendre le risque de le laisser en vie avec tous les élèves de Poudlard dans la Chambre. Le risque était bien trop grand. Le jeune homme se concentra sur la statue de Serpentard. C'était de là que Jedusor avant fait sortir le basilic lorsqu'ils s'étaient retrouvés dans la Chambre avec Ginny. Il sentit la magie des lieux frémir. Il y eut soudain un craquement - la bouche de la statue ne s'ouvrait manifestement pas discrètement – puis un sifflement sinistre qui tira, bien malgré lui, un frisson au Survivant – apparemment, il était parvenu à ses fins.

Il prit une profonde inspiration. « Le courage n'est pas l'absence de peur mais le fait de savoir la surmonter, » se répéta-t-il – qui lui avait dit ça déjà ? Dumbledore ou Hermione très certainement (c'était tout à fait leur style).

- À TOI HÉLIOS ! hurla Harry alors que le basilic montrait le bout de ses… crocs ? Charmant, ajouta-t-il pour lui-même, ironique.

Cependant, le phénix, ne partageant pas le soudain amour de son compagnon pour les attributs mortels du serpent, s'attelait déjà à sa tache. Il creva le premier œil sans problème, mais alors qu'il allait réitérer l'opération, le basilic se retourna contre lui. Hélios évita de justesse un coup de crocs en poussant un cri. Par réflexe, Harry se tourna vers lui et ne dut sa survie qu'au fait que le basilic lui tourne le dos. Maudissant sa bêtise, le Maître des Dimensions regarda le phénix.

Le jeune homme eut un hoquet de surprise en découvrant un Hélios tout bonnement incandescent. L'oiseau ouvrit le bec. Harry crut qu'il allait chanter pour paralyser le basilic mais, à sa grande surprise, une gerbe de flammes s'en échappa. Elle percuta la tête du serpent, brûlant instantanément le second œil et une partie de la face de l'animal.

- Il crache du feu, souffla Harry, ébahi.

Il croisa alors le regard flamboyant d'Hélios. Jamais il n'aurait cru que cet oiseau insupportable puisse avoir une telle puissance. Cependant, le voyageur dimensionnel savait parfaitement ce qu'il devait faire à ce moment-là. Instruction du phénix ou simple intuition ? Il ne le sut jamais, malgré le nombre de fois où il se posa la question.

- Ô Héphaïstos, forgeron des Dieux,
Offre-moi le pouvoir du feu !
invoqua-t-il alors que de nouvelles flammes s'épandaient du bec d'Hélios.

C'est ainsi que mourut le serpent millénaire. Harry le regarda quelques instants se consumer sans rien dire avant de se tourner vers Hélios.

- J'avais bien dit que je finirai par faire un barbecue, observa le Maître des Dimensions. "La Chambre est sécurisée, le basilic est mort," ajouta-t-il mentalement à l'adresse de Drago alors qu'Hélios lui lançait un regard furieux en redevenant normal.

"Déjà ?"

Le brun imaginait clairement son équipier s'étrangler de surprise.

"Tu croyais quoi ? Que je voulais prendre le thé avec lui peut-être ?" répliqua-t-il en essayant de cacher son amusement.

"C'aurait pu être instructif, en effet !" cingla Drago. "Après tout, il a connu Salazar Serpentard."

"La prochaine fois, c'est toi qui t'occupe du gros serpent et moi des élèves !"

"Espérons qu'il n'y ait plus jamais de « prochaine fois »."

Harry ne répondit pas. Il n'aurait su dire à quel point il espérait cela… Il allait s'adresser à nouveau à son ami lorsqu'il sentit une vague de magie ancienne.

Douleur, tristesse, terreur, désespoir… Le Survivant tituba devant la force des sentiments qui venaient de le frapper. Son cœur battait la chamade alors que son sang s'était glacé. Que venait-il de se passer ?

Un « grand malheur… » lui souffla sa magie. Et ce malheur avait touché un utilisateur de magie ancienne… Autrement dit…

- LILY! cria Harry en s'élançant.

- Lily… Lily… Ly… répondit l'écho de la Chambre alors que le jeune homme s'élançait aussi vite que possible.

oooo


James combattait avec acharnement. Il s'était pris un doloris quelques temps plus tôt et ressentait encore la douleur cuisante du sort mais tentait d'en faire abstraction. Il avait vaguement conscience de la présence de Lily, non loin de là, protégeant certains de leurs camarades. Les boucliers de la jeune fille dégageaient une chaleur allant bien au-delà de la simple protection. Une chaleur rassurante et aimante…

Le Préfet-en-Chef serra les dents. Le Mangemort face auquel il se trouvait lui donnait vraiment du fil à retordre. La situation devenait difficile. Et elle empira encore lorsqu'un second Mangemort surgit devant James. Il pensa furtivement qu'ils étaient en train de se faire déborder. Mais ses réflexions disparurent lorsqu'il entendit deux mots…

- Avada kedavra !

Malgré tout ce qu'il avait appris, malgré les combats qu'il avait mené, le Préfet-en-chef demeura figé, incapable de faire un geste face à l'éclair vert qui se dirigeait vers lui. Il vit une forme s'interposer entre lui et le sortilège avant de tomber sur le sol. Découvrant de quoi il s'agissait, James eut un cri d'horreur. Incapable de détourner les yeux du corps sans vie allongé à ses pieds, le jeune homme resta sans bouger, son esprit refusant d'admettre que ce qui se passait était bien réel. Le hurlement de Lily le ramena à la réalité. Comme il se retournait, il découvrit avec inquiétude que le visage de la jeune femme était déformé par l'épouvante. Et – problème plus grave – que son aura avait pris une couleur sombre. Revenant complètement à la réalité, James sentit soudainement son corps se tendre d'inquiétude pour elle. Comme pour lui donner raison, une sorte de vague de magie pure déferla tout autour de la jeune fille, assommant et repoussant assaillants et alliés.

James eut juste le temps de se baisser pour éviter d'être frappé à son tour. Malheureusement, les choses ne semblaient pas prêtes de s'arrêter, remarqua-t-il en réalisant que le halo ténébreux autour de Lily prenait de l'ampleur. Ne sachant que faire, le Gryffondor demeurait là, tétanisé par ce qui se passait. Un cauchemar, songea-t-il en baissant les yeux vers le corps étendu à ses pieds. C'était nécessairement un cauchemar. Rien de tout cela ne pouvait être réel.

- LILY !

Relevant la tête, le Maraudeur vit Sunlight tenter de passer l'aura de la susnommée pour se rapprocher de cette dernière. Ses vêtements se déchiraient sous la puissance de la magie déchaînée et elle progressait difficilement, comme face à un vent particulièrement violent.

Il y eut un bruit dans son dos qui fit se retourner James. Celui-ci prit vaguement conscience que Dumbledore venait de verrouiller les portes du hall – il avait certainement dû les réparer un peu plus tôt. Apparemment le déchaînement de magie de Lily avait au moins eut ce point positif : il leur avait permis de reprendre le dessus. Mais à quel prix ?

- LILY ! hurlait Sunlight. TU NE DOIS PAS TE LAISSER ALLER ! LILY ! TU VAS BLESSER QUELQU'UN ! LILY !

Elle n'avait pas tort. Si les Mangemorts n'étaient temporairement plus un danger, élèves et professeurs devaient rivaliser d'agilité et d'ingéniosité pour éviter la magie déchainée par la rousse. Se faisant, James regardait la jeune Serdaigle continuer à avancer dans le halo de la Préfète-en-chef, admirant la force et le courage de la bleu et bronze. À en juger par l'état de ses vêtements et les entailles qui courraient sur sa peau, la tache ne devait pas être aisée. Elle finit malgré tout par arriver jusqu'à la Gryffondor. Elle la serra dans ses bras sans autre forme de procès, sans cesser de lui parler. L'héritier des Potter était trop loin pour entendre ce qu'elle disait, mais peu à peu la magie de sa petite-amie devint moins importante et perdit sa coloration noire. Et pour finir, elle se résorba.

Les deux jeunes filles se laissèrent tomber sur le sol au moment où Terry surgissait au détour d'un couloir. Certainement avait-il senti ce qui se passait. Il regarda ses deux amies avec une expression de pur soulagement avant de se tourner vers James. Il ouvrait la bouche pour parler lorsque toute couleur déserta son visage. Suivant son regard, le Préfet-en-chef baissa les yeux vers le corps qu'il tenait dans ses bras – à quel moment l'avait-il pris dans ses bras, d'ailleurs ? Contre toute attente, Severus Rogue affichait une expression apaisée, souriant dans la mort. Malgré lui, James sentit les larmes brouiller sa vision avant de dévaler ses joues.

- Pourquoi ? murmura-t-il, réalisant brusquement ce qui s'était passé. Imbécile de Serpentard ! Pourquoi ? Pourquoi t'es-tu interposé ? Je t'avais dit que ta dette était effacée. POURQUOI !

Le Maraudeur avait mis un moment pour assimiler ce qui s'était produit, la réaction de Lily ayant entièrement occupé son esprit. Mais maintenant il se rendait compte… Severus s'était interposé entre le sortilège de mort et sa cible, lui sauvant la vie en donnant la sienne.

- James…

La voix de Terry était tremblante, jamais le Préfet-en-chef ne l'avait entendu parler ainsi. Comme il relevait les yeux, le Gryffondor réalisa que l'américain pleurait également. Cependant, un éclair de détermination brillait dans son regard humide.

- Nous devons y aller, James. Pour que plus personne ne meure. Il le faut, James… Pour ceux qui sont morts mais surtout pour ceux qui vivent encore.

Regardant autour de lui, le Maraudeur vit que Severus n'était pas la seule victime des Mangemorts, le professeur Foster – professeur de runes – s'était bien battu, mais pas suffisamment. Et puis même les vivants étaient en mauvais état. Pour ne citer qu'eux, Sirius était toujours inconscient à coté d'un Remus mal en point, Sunlight et Lily se soutenaient mutuellement, Peter avait une méchante coupure sur la joue et même le professeur Dumbledore semblait fatigué.

- Et toi, où étais-tu ? siffla James, méchamment.

Il y avait un reproche clair dans sa voix. Terry blêmit brusquement, reculant d'un pas, comme s'il avait pris une gifle. Aussitôt, le Gryffondor regretta ses paroles. Combien de fois le nouveau leur avait-il sauvé la vie exactement ? Peu importait où il était, lui moins que quiconque ne méritait de remontrances !

- Excuse-moi, se rattrapa maladroitement le Préfet-en-chef en se relevant, portant le corps de Severus dans les bras.

Terry se détourna sans mot. Il était plus blessé que s'il avait pris un doloris, James l'avait compris. Il maudit sa bêtise.

- Suivez-moi, dit le Serpentard d'une voix monocorde. Je vais porter Sirius, tu peux m'aider Peter ?

L'interrogé s'exécuta sans mot et le petit groupe se mit en marche. Le professeur Williams rejoignit Terry et lui parla à voix basse. James n'essaya même pas d'entendre ce qu'il disait. Il se tourna vers Lily et Sunlight, toujours ensemble.

- Vous allez bien ? s'enquit-il.

Les deux filles approuvèrent de la tête.

- Tu devrais peut-être le laisser, hésita la Serdaigle en désignant le corps de Severus que James portait toujours. Il est mort et…

- Non.

La réponse de James ne pouvait souffrir contestation, le ton était clair. Personne ne discuta, et le jeune homme en fut reconnaissant. Il ignorait pourquoi il ressentait ce besoin de ne pas abandonner le corps de son ami – oui son ami, comment aurait-il pu appeler le Serpentard sinon ? – certainement était-ce idiot, mais le laisser là-bas, à la merci des Mangemorts, lui semblait être un sacrilège.

- Les toilettes des filles ? s'étrangla Remus en découvrant les lieux où Terry les avait guidés.

- Dra… Sylciu a déjà conduit les autres en bas. Il ne reste que nous, puis je refermerai la porte. Allez-y.

James eut un hoquet de surprise en découvrant une ouverture au niveau des lavabos. Depuis quand était-elle là ?

- Où est-ce que cela mène ? s'enquit prudemment Sunlight.

- Dans la Chambre des Secrets. Ce ne sera certainement pas le premier endroit où Voldemort nous cherchera, et Sylciu pense qu'il y a une issue par là. Allez-y, descendez, c'est sans danger.

- Sans danger ? coassa Peter. Faut le dire vite ! Et le monstre dans tout cela ?

- Le basilic est mort tout à l'heure, Hélios et moi l'avons tué. Allez-y maintenant ! Vite !

Peter marqua un léger temps d'arrêt – Il avait tué un basilic ? Décidément, Terry Star était vraiment plein de surprise…

oooo


Sirius revint à lui avec un mal de tête effroyable. Il se redressa et fut surpris de ne pas voir le plafond blanc de l'infirmerie malgré la présence du dragon.

- Doucement, Monsieur Black. Mademoiselle Sunlight, aidez-le.

Le Maraudeur cilla en voyant Veena se rapprocher et l'aider à se mettre sur ses deux jambes. Depuis quand avait-elle cessé de lui faire la tête ?

- Sirius, souffla une voix.

Se retournant – aïe, un peu trop vite – le susnommé croisa le regard fatigué de son petit frère.

- Regulus ? Est-ce que ça va ?

Le Serpentard approuva de la tête, étrangement pale.

- Où sommes-nous ?

- Dans la chambre des Secrets. Nous av…

- DANS LA CHAMBRE DES SECRETS ?

- Oui, ne t'inquiète pas, c'est de ça que Terry s'est occupé quand il est parti. Et lorsqu'il est revenu nous avons évacué toute l'école ici. Nous ne pouvions tenir…

- Merlin, soupira Sirius en fermant les yeux. Où sont les autres ? James ? Remus ? Peter ? Lily ? Sylciu ? Terry ? Narcissa ?...

- Arrête ! le coupa la Serdaigle.

- Terry et Sylciu cherchent une issue. Remus est avec eux. Peter aide Pomfresh avec moi. Quand à Potter…

Veena hésita.

- Il doit être auprès de Severus. Lily est avec lui.

Sirius fronça les sourcils. Depuis quand la bleu et bronze appelait-elle Rogue par son prénom ? Comme il se retournait vers l'endroit désigné par son frère et son amie, le jeune homme comprit brusquement que quelque chose n'allait pas. Le Serpentard était allongé sur le sol, le teint cadavérique. Mort. Cette constatation fit l'effet d'une gifle à Sirius qui demeura figé. James releva un regard torturé vers lui.

- Il s'est interposé entre un sort et moi… souffla le Préfet-en-chef.

Lily le serra un peu plus contre elle. Sirius ne souffla mot. Que dire dans un pareil moment ? Il était en train de chercher des mots de réconfort à offrir à son ami lorsqu'un long sifflement le tira de ses pensées. Se tournant vers le fond de la pièce – il n'était pas sûr que pièce soit le mot le plus approprié pour qualifier l'endroit où ils étaient, mais à défaut d'un autre, il avait décidé de l'utiliser – il vit un Sylciu apparemment dépassé et un Terry furieux sifflant des paroles incompréhensibles.

- Je déteste quand il fait ça, marmonna Sirius.

James s'était redressé et tourné vers l'américain.

- Que se passe-t-il à votre avis ? demanda le Préfet-en-chef. Un autre basilic ?

- Basilic ? s'étouffa son presque-frère. Tu plaisantes ?

- Non, le contredit Lily. Hélios et Terry en ont tué un tout à l'heure. On a été obligé de faire disparaître son cadavre pour faire de la place. Le professeur Slughorn était désolé de perdre tous les ingrédients contenus dans son corps.

- C'est bien ce que je disais ! Slug est fou ! Comme si c'était le moment de penser à la préparation de potions, grommela Sirius.

Il y eut un nouveau sifflement qui fit frissonner l'assistance avant qu'une silhouette ne se matérialise devant Terry. Quelqu'un poussa un cri – certainement de surprise. Mais Sirius, lui, était incapable de dire le moindre mot, trop stupéfait pour cela.

oooo


Harry en avait assez. La mort de Severus, sans compter la réaction de James, l'avait complètement abattu.

- Arrête de tourner autour du pot ! s'impatienta-t-il. Tu m'as assuré qu'il y avait une issue ici, alors trouve-la !

Drago le foudroya du regard.

- Je fais ce que je peux ! grinça-t-il, mécontent. Les runes se sont désactivées.

- Réactive-les !

- Je ne peux pas ! s'écria le blond, visiblement excédé. Tu comprends ça ? Je ne peux pas ! C'est de la magie nominative que Dumbledore a utilisé tout à l'heure !

Le Survivant demeura figé un instant sous le regard brillant de son équipier. Il comprenait à présent la réaction étrange de son camarade. La magie nominative… Une forme de magie que les Anonymes ne pouvaient plus utiliser.

- Je suis désolé, souffla Harry, comprenant sa bévue.

Le blond s'éloigna sans mot. L'abattement du brun ne s'arrangea pas après cela. Il se sentait tout bonnement épuisé. L'idée d'abandonner lui effleura l'esprit. Mais la présence des élèves de Poudlard derrière lui l'en dissuada.

- Tout va bien ?

Se retournant, Harry rencontra le visage inquiet de Remus.

- Ça va… éluda le voyageur dimensionnel.

- Pourtant Sylciu a l'air préoccupé, remarqua le lycanthrope.

- Je me suis montré maladroit dans mes paroles, répondit simplement le Survivant. J'ai dû le blesser.

- Nous sommes tous sur les nerfs. Ne t'en veux pas Terry, tu as déjà beaucoup fait.

Le jeune homme d'un autre monde approuva distraitement de la tête. Drago s'était approché d'un mur et semblait tenter quelque chose. Des runes apparaissaient de disparaissait autour de lui. Harry se détourna, se tenant la tête.

- Tu vas bien ?

La voix de Remus était réellement alarmée cette fois.

- C'est rien. Juste une migraine, ne t'en fais pas.

- Bien sûr que si je m'en fais ! protesta le Maraudeur. Tu devrais te ménager ! Tu en fais trop, Terry.

- Je suis d'accord.

Narcissa venait de se joindre à la conversation, se postant contre le Gryffondor avec un air sévère pour le brun.

- J'ai déjà perdu un ami aujourd'hui, Terry, hors de question que je perde le second ! Tu vas aller te reposer !

- Narc… commença Harry, mais il s'arrêta brusquement.

Ce n'était pas une migraine ! C'était un son. Un son très aigu, dérangeant, oppressant. Des ultrasons ? Cela paraissait étrange que le Survivant fût le seul à les entendre dans ce cas. Cependant ils se trouvaient dans la Chambre des Secrets, il y avait donc une autre solution…

- Qui est là ? Montrez-vous tout de sssssssuite ! s'exclama le fourchelangue.

- Tu es bien présssssssssssomptueux pour osssssssssssssser me donner des ordres chez moi.

La voix semblait venir de partout à la fois. Harry frissonna. Une autre créature laissée là par Salazar Serpentard ? Ce n'était pas impossible, ce monde et celui dont étaient originaires les envoyés de Némésis n'étaient pas strictement identiques.

- Et vous vous l'êtes d'ossssssssser me donner des leçons de conduite ssssssssssssans même vous être présssssssssssenté ! répliqua cependant le brun.

Pourquoi avait-il l'impression que son interlocuteur n'était pas un serpent ? Sa façon de parler certainement… Pourtant, mis-à-part Voldemort et lui, il n'y avait plus de fourchelangues… Qu'est-ce que cela pouvait bien vouloir dire ? Un rire sifflant se fit entendre. Profondément désagréable, il ne fit qu'amplifier le mal de tête du jeune homme.

- Bien, bien, me voisssssssssssssi dans sssssssssssse cas, ricana la voix.

Le Survivant cilla en voyant apparaître une personne devant lui. Enfin, ce n'était pas réellement une personne… Elle ressemblait à ces hologrammes qui apparaissaient dans les séries télévisées que Dudley passait en boucle. Et l'identité de l'individu ne faisait aucun doute : Salazar Serpentard, ou du moins une sorte de fantôme du Fondateur, se tenait devant le voyageur dimensionnel.

- Je sssssssssssssuis Sssssssssssssalazar Sssssssssssserpentard et tu es chez moi, jeune impertinent.

- Je m'excussssssssssse Monssssssssssssieur, mais Poudlard est attaqué et nous n'avions pas d'autre refuge que sssssssssssette Chambre.

- Mmm… Attaqué dis-tu ? Intéresssssssssssant. Mais tu ne m'as toujours pas dit qui tu étais. Ne t'a-t-on jamais appris la politessssssssssse, toi qui porte l'inssssssssssssigne de ma maison ?

- Je m'appelle Terry Sssssssssstar…

Le Fondateur – ou du moins cette sorte d'hologramme – éclata d'un rire mauvais.

- Me crois-tu assssssssssez idiot pour croire ssssssssssssela ? Allons, jeune homme, nous ssssssssssssssavons tous les deux que sssssssssssssette identité n'est que mensssssssssssonge. Je suis le ssssssssssouvenir de Sssssssssserpentard lorsssssssssssqu'il a quitté sssssssssette école mais je ne sssssssssssuis pas sssssssssssans connaître les Maîtres des Dimensssssssssions.

Harry demeura figé, complètement sidéré que le simple souvenir d'un homme ayant vécu des siècles plus tôt puisse l'avoir ainsi percé à jour.

- Tu dois être un Gryffondor, siffla Salazar – et Harry fut surpris de ne percevoir aucune moquerie dans cette réflexion. Godric agissssssssait toujours ainsssssssi. Ton ami est un Anonyme, il n'a aucun pouvoir issssssssssssssi. Dis-lui de cesssssssser d'importuner mes runes.

- Pourquoi ne pas lui dire vous-même ?

- Parler à un renié ? ricana le souvenir. J'ai ma fierté, jeune Maître des Dimensssssssions !

- Je ne lui dirais rien venant de vous ! cracha le voyageur dimensionnel avec colère.

- Pourquoi prendre ssssssssssssa défensssssssssssse ? Il est moins puissssssssssant que toi.

- La quessssssssstion n'est pas là ! s'indigna le brun.

Le Fondateur eut un petit rire.

- Vas-tu finir par me dire ton nom, toi qui ne sssssssemble pas vouloir te rendre à l'évidence ? Ne t'inquiète pas pour ton sssssssecret, la Magie veillera à ce qu'il ne ssssss'ébruite pas.

- Je me nomme Harry Potter et je n'ai aucune évidensssssssssse à laquelle me rendre.

- Bien sûr que si. Tu devras réalisssssssser qu'un Anonyme ne peut être un véritable sssssssssorcier. Il lui manque une partie essssssssssssentielle à l'ussssssage de la magie. Un nom ne ssssssssert pas qu'à nous appeler. Mais peu importe, Harry Potter, que cherches-tu isssssssi ?

- Mon ami pensssssse qu'il y a, dans ssssssssette sssssssssalle, une isssssssue, qui nous permettrait d'évacuer le chassssssssssteau.

Salazar eut un sourire en coin.

- Admettons que sssssssse sssssssssssoit vrai. Pourquoi vous la montrerai-je ?

Harry sursauta.

- Enfin, je viens de vous dire que Poudlard était attaqué ! Que vous faut-il de plus ! s'énerva-t-il, oubliant de parler fourchelangue.

- Cela ne me concerne pas, nota le souvenir d'un air distant.

- Vous avez fondé cette école ! Ne me dites pas que savoir qu'elle risque d'être le théâtre de scènes de massacre ne vous touche pas ! tenta désespérément le Survivant. Je ne peux pas croire que vous acceptiez cela.

- J'ai laissé un basilic ici, signala le Fondateur. Un basilic que toi et ton phénix avez tué si je me souviens bien.

Le Maître des Dimensions tremblait de colère.

- Je ne peux pas le croire ! Je ne peux pas croire que vous abandonniez tous ces élèves à leur sort de la sorte. Vous savez qu'ils risquent de mourir ! Et ce à cause de votre héritier ! Vous parliez de fierté, mais vous n'en avez aucune finalement ! cracha le jeune homme.

Son interlocuteur croisa les bras sur son torse et parcourut l'assistance du regard.

- Soit, j'accepte d'ouvrir l'issue, mais je veux que l'un de vous me montre que vous le méritez. C'est la condition sine qua non à mon intervention.

- Comment voulez-vous que nous fassions pour vous prouver que nous méritons votre aide ? s'enquit Harry, soupçonneux.

- Votre champion devra tout simplement passer un petit test.

- Bien, je vais le faire, décréta le voyageur dimensionnel.

- Toi ? siffla Salazar, reprenant le fourchelangue. Non. Tu es d'un autre monde, un Maître des Dimenssssssions qui plus est. Je veux qu'un élève ayant appris dans cette école me prouve que les sssssssssorciers ssssssssssont toujours dignes de l'ensssssseignement de Poudlard.

Le Survivant le foudroya du regard, colérique.

- Je vous laisse du temps pour choisir votre champion parmi les élèves de cette école, annonça le souvenir avec un sourire en coin.

- Mais nous n'avons pas de temps ! protesta Remus.

- Je suis le directeur de Poudlard, intervint Dumbledore en s'avançant. Si quelqu'un doit passer vos tests, ce sera moi. C'est moi qui suis responsable de cette école !

Salazar lui jeta un regard en coin. Les deux hommes se défièrent un instant, sans mots.

- Il ne fait pas de doute que vous êtes puissant, directeur, tout comme il semble évident que vous ne l'êtes pas suffisamment. Après tout, l'école n'est-elle pas attaquée ?

- Comment… tenta de protester le vieil homme.

- Ce n'est pas votre rôle, trancha le Fondateur. Et je ne désire pas tester le corps professoral de Poudlard mais ses élèves quoique cela soit lié, en réalité. Votre candidature est donc rejeté.

Manifestement outré, Dumbledore ouvrait la bouche, dans l'intention manifeste de plaider sa cause lorsqu'il fut interrompu.

- Je vais le faire.

Harry se tourna vers James, surpris par son intervention. Le Maraudeur s'avançait, les poings serrés, le regard fixé sur Salazar. Il émanait de lui une froide détermination qui semblait lui donner une aura de puissance que le double de son futur fils ne connaissait pas.

- Toi ? ricana le Fondateur. Un Gryffondor ? Pourquoi t'accepterai-je ?

- Parce que je ne suis pas juste un Gryffondor, répliqua James avec un charisme aussi inattendu qu'évident. Je suis le Préfet-en-chef de cette école. Je suis celui qui porte le poids de deux vies aujourd'hui : la mienne et celle de Severus qui s'est sacrifié pour moi. Et si cela vous intéresse c'était un Serpentard ! Il n'y a plus de guerre entre les maisons aujourd'hui ! Il n'y a que des élèves de Poudlard qui ne méritent pas de mourir ou d'être réduits à je-ne-sais-quoi par la folie d'un homme ! Si vous ne pouvez pas comprendre cela, alors nous avons tous eu tort de vous admirer toutes ces années !

Une rumeur approbative se propagea parmi les élèves, toutes maisons confondues. Harry vit que Dumbledore avait les larmes aux yeux – il semblait que sa colère d'avoir été mouché par Serpentard n'était rien comparé à sa fierté.

- Laissez-moi vous prouver que nous sommes dignes de l'école que vous nous avez offerte, ajouta James avec une soudaine humilité.

- Bien. Dis-moi ton nom, jeune homme, toi qui va passer le test.

- James Potter, répondit simplement l'interrogé.

Salazar eut un sourire en coin.

- Potter, hein ? Décidément, vous avez la langue bien pendue ! Approche, James Potter.

Lily fit un pas vers son petit-ami alors qu'il s'exécutait. Harry la retint. Maintenant, la suite était entre les mains du Préfet-en-chef.


Et voilà pour ce chapitre. Là je crois que je vais subir les foudres de tout le monde

J'avoue que les parutions sont assez irrégulières et espacées, j'en suis désolée, mais je suis très occupée entre mes cours et mon job. Cependant j'ai décidé d'achever cette fic malgré tout et je m'excuse de ces désagréments. C'est le seul moyen que j'ai trouvé.

Pour répondre à Safyro, le nombre exact de chapitres n'est pas arrêté, tout simplement parce que, certaines fois, des scènes que j'avais prévues courtes sont longues et inversement, et enfin, certaines s'ajoutent alors que je ne les avais pas prévues, donc malgré mon plan, il arrive souvent que cela change. Cependant, je peux te dire qu'il reste grosso modo trois chapitres dans ce monde (plus une annexe) et ensuite je pense faire quelque chose comme quatre chapitres dans leur monde d'origine auxquels s'ajoutera probablement un épilogue.

Merci à Nevic pour sa correction :)

Le chapitre suivant sera une annexe sur la mort de Severus (on ne me frappe pas !) et arrivera rapidement dans la mesure où elle est déjà écrite – ça fait plus d'un an qu'elle l'est, en fait.