Les Maîtres des Dimensions

Résumé général : Alors que Harry déprime après la mort de Dumbledore, il rencontre Némésis, une étrange femme qui lui propose une mission : se rendre dans un monde parallèle afin de créer un autre futur. Il part donc en 1976, dernière année de ses parents à Poudlard, sous le nom de Terry Star, accompagné d'Hélios son phénix mais également de Drago, qui a été renié par son père, portant le pseudonyme de Sylciu Celford. Ils se présentent comme des cousins venus d'Amérique.

Chapitre précédent : Poudlard est attaqué. Face à l'armée de Mangemorts, Dumbledore est forcé de réveiller le château pour qu'il combatte aux côtés des élèves et professeurs. Alors qu'il le fait, usant pour cela de magie runique, Drago découvre grâce à sa Magie Propre que la Chambre des Secrets possède une issue de secours . Pendant que Harry élimine le basilic avec l'aide d'Hélios pour permettre aux élèves de s'y rendre, James est attaqué. Severus le sauve en s'interposant entre un Avada Kedavra et le préfet-en-chef. Les élèves parviennent enfin à rejoindre la Chambre des Secrets Harry découvre que le souvenir de Salazar Serpentard refuse de les aider. Après une longue discussion, le Fondateur accepte finalement d'ouvrir l'issue de secours, mais pour cela, les élèves doivent choisir un champion qui les représentera et prouvera qu'ils sont dignes de l'aide offerte. Harry ne pouvant participer – Serpentard sachant qu'il vient d'un autre monde – c'est James qui passera les épreuves…

Chapitre 39 : Épreuves

James avala difficilement sa salive. Face à lui, le Fondateur souriait d'un air que le jeune homme ne comprit pas.

- Potter, hein ? fit-il. Décidément, vous avez la langue bien pendue ! Approche, James Potter.

L'espace d'un instant, le susnommé se demanda ce que signifiait cette phrase sibylline, mais des problèmes plus importants éclipsèrent bien vite cette question. Le Préfet-en-chef sentit Lily s'approcher de lui.

Se tournant, il vit Terry l'arrêter et croisa le regard vert de l'américain. Il fut presque surpris de voir une grande confiance dans ces yeux – elle était d'ailleurs également présente chez les autres Maraudeurs, bien que moins surprenante. Méritait-il cette foi que ses amis lui prêtaient ? Plus encore, celle du Serpentard ? Après tout, le brun avait fait tellement pour Poudlard alors que James…

- Suis-moi, déclara le Fondateur en faisant signe au jeune homme.

Il tourna les talons et une porte lumineuse apparue devant lui, sur le mur. Le Gryffondor eut un instant d'hésitation avant de prendre son courage à deux mains et de pénétrer dans l'ouverture. Une forte lumière aveugla un instant le jeune homme, le contraignant à fermer les paupières. Il mit un instant à retrouver une vue correcte pour découvrir autour de lui un paysage inattendu. Malgré la nuit tombante, il reconnut sans mal les lieux : il était à Poudlard… sauf qu'il n'y avait pas Poudlard.

- Qu'est-ce que… ? bredouilla-t-il.

- Voici l'endroit tel que nous l'avons trouvé avant de créer l'école, dit Serpentard d'une voix nostalgique. À l'époque il faisait partie des terres de Lord Ludinbourg…

Le Fondateur pouffa, toujours plongé dans ses souvenirs.

- Godric et lui se sont battus lorsque cet imbécile de Moldu a voulu s'opposer à l'achat par nous quatre des terres. Pourtant il y gagnait grandement, ce Lordillon sans pouvoir ni argent ! Notre offre était trop généreuse – encore une conséquence de l'esprit chevaleresque de Godric !

James tiqua. Il ne s'attendait pas à entendre Salazar Serpentard se mettre à lui parler de ses souvenirs datant d'un millénaire. Le Fondateur sembla s'en rendre compte et se tourna vers son invité.

- Installe-toi comme tu veux, nous allons commencer par une petite mise en bouche.

Tout en parlant, Serpentard s'était assis contre un arbre centenaire en prenant son temps pour être confortablement placé. Trop tendu pour se prêter à ce genre de détail, le Préfet-en-chef se laissa simplement tomber sur l'herbe en tailleur. Il se sentait fatigué, la mort brutale de Severus le hantait – pourquoi avait-il fait cela ? S'interposer de la sorte ! C'était les Gryffondors qui faisaient ça, pas les Serpentards par Merlin !

- Comme entrée en matière, nous allons tester ton esprit de déduction. Voici une petite devinette simple, plus tu réponds rapidement, plus tu auras de chances de réussir le test.

Il fit une légère pause en regardant James.

- Voici ce à quoi tu dois répondre :

Cinquième des Douze, je suis un rayon de soleil alors que resplendit l'été.
Crinière solaire et allure féline, je suis bien le roi des animaux mais mon rugissement personne n'effraie.
Qui suis-je ?

Le Préfet-en-chef se répéta mentalement les mots en pestant. Il n'avait jamais eu un esprit très doué pour résoudre charades ou devinettes. C'était Remus qui faisait ça ! Cependant, ce n'était pas le moment de réfléchir à tout cela.

La seconde partie de l'énigme semblait évidente : « crinière solaire et allure féline, je suis bien le roi des animaux, » James aurait été un bien mauvais Gryffondor s'il n'avait pas pensé à l'emblème de sa maison, le lion. Seulement, le reste de la devinette rendait la solution obscure. Un lion dont le rugissement n'effraierait personne ? Ça n'avait aucun sens…

Et puis il y avait la première phrase : « Cinquième des Douze, je suis un rayon de soleil alors que resplendit l'été ». Ça n'avait aucun sens, définitivement !

- Tu n'as pas l'air de trouver, remarqua insidieusement Serpentard.

- Je réfléchis ! siffla James, agacé.

Mais il perdait ses moyens. Il tenait entre ses mains l'avenir de ses condisciples et il se cassait les dents sur une devinette ! Non, non, non ! Voldemort attaquait. Ses amis étaient désarmés. MERDE ! Tremblant, le jeune homme ferma les yeux en tentant de se calmer. Il devait se concentrer, cesser de se torturer en pensant à ses amis et aux risques qu'ils courraient pour se focaliser entièrement sur les épreuves. Prenant une profonde inspiration, il décida de commencer par la phrase qui lui semblait la plus compréhensible : « crinière solaire et allure féline, je suis bien le roi des animaux mais mon rugissement personne n'effraie ». En admettant que le roi des animaux était bien le lion, ce que semblait confirmer la première partie de la formule, le problème venait du rugissement. Par définition, un rugissement était censé faire peur – plus ou moins. C'était cela que James ne comprenait pas. Serait-ce une métaphore ?

Et puis il y avait cette histoire de rayon de soleil en été. C'était un pléonasme ! L'été, il y avait en général du soleil, alors quelque chose qui serait un rayon de soleil en été…

Le Préfet-en-chef prit une profonde inspiration. Tourner en rond dans sa tête n'était pas une bonne chose. Il décida donc de se concentrer sur l'autre moitié de la phrase. Cinquième de Douze. Douze. Qu'est-ce qui était au nombre de douze ?

Douze… mois de l'année.
Douze apôtres – un truc en relation avec la religion que James n'avait pas bien compris.
Douze divinités olympiennes.
Douze travaux d'Hercule.
Douze heures sont la moitié d'une journée…

Il ferma les yeux en respirant profondément. Il ne trouvait rien. Rien du tout. Il se laissa tomber allongé sur l'herbe. Il ne trouvait pas… Rouvrant les yeux, il remarqua que les étoiles commençaient à apparaître. Il devait avoir réfléchi bien plus longtemps que ce qu'il pensait. L'étoile du berger brillait déjà fort. Etoile

Soudainement, quelque chose s'illumina dans l'esprit de James. Le Cinquième des Douze ! Le cinquième signe du Zodiaque, le Lion que le soleil traverse entre juillet et août. Un roi des animaux dont le rugissement ne pouvait pas faire peur, évidemment.

- C'est le Lion du Zodiaque ! s'exclama brusquement James en se redressant.

Serpentard eut une telle moue que le jeune homme crut qu'il s'était trompé.

- Tu as été très long à trouver la réponse, surtout pour un Gryffondor, signala le Fondateur d'un ton condescendant.

- Je… tenta le Préfet-en-chef.

Mais son interlocuteur s'était déjà levé.

- Nous allons commencer pour de bon cette fois, annonça-t-il.

James se tourna vers lui, attendant la suite des explications, mais découvrit avec surprise qu'il avait soudainement disparu. Le jeune homme fronça les sourcils avant de commencer à ressentir une vague inquiétude. Le froid tombait sur la colline de Poudlard. Venant s'ajouter à la nuit, cela rendait l'atmosphère légèrement angoissante. Un moment passa avant que le jeune homme ne se rende compte qu'il claquait des dents. À priori, il s'agissait d'une conséquence du froid qui se faisait de plus en plus piquant. Baissant les yeux, James remarqua que du givre commençait à recouvrir l'herbe. Les indices étaient clairs, mais il espéra de toutes ses forces qu'il se trompait, que cette brusque chute de température était due à un phénomène météorologique quelconque. Sachant que c'était se voiler la face, il resserra son poing autour de sa baguette.

Ils apparurent enfin, sans surprise pour le Préfet-en-Chef. Malgré lui, il fit un pas en arrière. Il avait la chair de poule et ne savait plus vraiment si ses dents s'entrechoquaient à cause du froid ou de la peur.

Les détraqueurs. Et cette fois, sans personne pour l'aider.

- Spero Patronum ! cria-t-il.

Un pauvre nuage émergea de sa baguette alors que les êtres encapuchonnés fondaient sur lui.

- Serpentaaaaard ! hurla-t-il en désespoir de cause.

Il ne fut pas surpris que le Fondateur ne daigne se montrer. Probablement était-ce là l'épreuve. Mais cela ne changeait rien à la situation. James chancela alors que sa tête se mettait à tourner. Il sentait la nausée poindre, autre symptôme de l'approche de ces êtres abjects. Des cris commencèrent à résonner dans l'esprit du sorcier. Lily, Sirius, Remus, Peter, Severus, ses parents, Terry, Sylciu… Il était en train de se laisser submerger par le froid et le désespoir. Il tremblait.

- Spero Patronuuum !

Cette fois, rien ne sortit de sa baguette. Un des détraqueurs s'avança dangereusement. Il ne réussirait pas. Il allait trahir ceux qui avaient cru en lui. Severus et son sacrifice. Lily et son amour. Les Maraudeurs et leur amitié. Terry et la confiance dans son regard. Il serra sa main sur sa baguette. Non, ce serait trop bête. Il ne pouvait pas mourir comme ça, trop de choses étaient en jeu. Trop de gens comptaient sur lui.

- Spero Patronum !

Il cria ses mots en y mettant tout son cœur, tout le peu d'espoir qu'il lui restait, ses sentiments pour ceux qui l'attendaient dans le Chambre des Secrets. Et, à sa grande surprise, un lion majestueux bondit sur les détraqueurs, les déchiquetant sans ménagement. Cela ne dura pas longtemps. Après la défaite de quelques-uns d'entre eux, les autres battirent rapidement en retraite. Le félin argenté les regarda faire avant de pousser un rugissement victorieux et de revenir en trottinant vers son lanceur. Vacillant et transpirant, James se laissa tomber sur le sol, vidé de toute énergie.

Cependant, le temps n'était pas au repos et, avant qu'il ne puisse reprendre sa respiration, il sentit la terre se dérober. Il tomba un instant avant de se retrouver, Merlin sait comment, totalement immergé dans de l'élément liquide. Il se mit à se débattre frénétiquement, mû par l'instinct de survie, et parvint à ressortir la tête de l'eau. Toussotant, il avala goulument des bouffées d'air. Autour de lui, il ne voyait rien sinon la vaste étendue de petites vagues d'une mer calme… ou peut-être d'un océan.

- Mais qu'est-ce que… ?

Avant qu'il ne termine de formuler sa question, il sentit quelque chose le saisir par le poignet et l'entrainer vers le fond. Pris de frayeur, il s'agita frénétiquement pour tenter de défaire la prise. Il ne parvenait plus à respirer et se sentait couler de plus en plus profondément. Il était en train de suffoquer. Il allait se noyer ! « NOOON ! »

Son esprit se rebella, et alors qu'il serrait sa baguette contre lui, il vit une lumière intense se répandre autour de lui. L'eau remua autour de lui, la chose qui lui maintenait la cheville desserra sa prise et James nagea frénétiquement vers la surface. Ce fut avec soulagement, qu'il prit une grande bouffée d'air.

- Mes yeux ! cria une voix aigue. Sorcier, qu'as-tu fait à mes yeux ?

Clignant des paupières pour retrouver une meilleure vision – garder les yeux ouverts sous l'eau n'était pas la meilleure chose pour avoir une vue perçante et ses lunettes trempées n'arrangeaient rien à l'affaire –, le Préfet-en-Chef discerna une forme vaguement humaine à travers ses verres dégoulinants. Une Ondine ! reconnut-il brusquement. Par Merlin, ces êtres magiques étaient violents et hostiles envers les humains. C'était officiel, Serpentard cherchait à le tuer.

- Tu vas me le payer ! rugit la femme-poisson en bondissant vers lui.

- Lumos maxima !

L'Ondine hurla et James bénit ses professeurs de lui avoir parlé de cette créature. Faiblesse au niveau des yeux, ne supporte pas les fortes lumières. Bénis soient les cours de Défense Contre les Forces du Mal !

- Je ne veux pas te tuer, prévint le jeune homme d'une voix qu'il voulait menaçante. Va-t-en !

- Tu as brûlé mes yeux ! lança-t-elle, accusatrice.

- Tu as tenté de me tuer, nous sommes quittes !

Le visage parfait de la femme-poisson se déforma sous l'effet de la colère.

- Sale humain ! rugit-elle en bondissant vers lui.

Il l'évita de justesse, projetant des gerbes d'eau autour de lui. Apparemment, elle avait plus de mal à l'attaquer sans le voir. Mais la situation de James n'en était pas plus simple pour autant. Se battre dans l'eau était compliqué : il devait se maintenir à la surface, ses mouvements étaient entravés et il avait face à lui une créature particulièrement féroce et revancharde. Il serra les doigts autour de sa baguette. Comment combattre un être aquatique ? La lumière l'avait aveuglée mais ça ne suffisait pas. Il fallait autre chose, quelque chose de plus puissant… Le feu ? Peut-être, mais pourrait-il brûler suffisamment l'Ondine alors qu'ils étaient en pleine mer ? Zut, il fallait la blesser ! Suffisamment en tout cas pour qu'elle le juge dangereux.

Elle plongea et lui saisit de nouveau les jambes.

- Têtenbulle ! eut-il le temps de lancer avant de se retrouver complètement immergé dans l'eau.

L'être aquatique semblait avoir décidé de le noyer et le sort ne le maintiendrait pas en vie longtemps. Il fallait trouver une solution !

- Sectumsempra ! cria-t-il en pointant sa baguette vers l'Ondine.

Il ne connaissait pas bien ce sort. Il avait vu Severus l'utiliser et espérait de tout cœur que cela fonctionne. Le maléfice frappa la créature de plein fouet. Elle ouvrit la bouche comme pour crier mais seules des bulles s'en échappèrent alors que des coupures apparaissaient partout sur son corps. Un sang bleu marine s'en échappa et se répandit autour d'elle. James vit la douleur se peindre sur les traits de l'Ondine et en d'autres circonstances, il aurait été horrifié de l'effet de ce sort. Néanmoins, pour le moment, il s'en félicitait. Tout à sa souffrance, l'être d'eau le lâcha et il remonta d'un geste à la surface. Sur ses gardes, il s'attendit un moment à la voir émerger, folle de colère, mais rien ne se passa. Elle n'apparut pas, seul le clapotis des vagues venait troubler le silence. Les minutes s'égrenèrent, et petit à petit, l'inquiétude de voir l'Ondine ressurgir disparut pour se muer en fatigue. Ne sachant que faire ni ou aller, il surnageait sur place. Qu'est-ce que Serpentard attendait de lui exactement, à présent ?

Il en était à ce stade de ses réflexions lorsque quelque chose sortit de l'eau. James sursauta, but la tasse et tenta de maintenir le nouveau venu tout en toussotant. Cependant, il remarqua bien vite que ce n'était pas une Ondine qui lui faisait face mais une Naïade. Or, ces demi-déesses n'étaient en général pas hostiles aux hommes – à moins qu'ils les vexent, alors elles devenaient pires que des ouragans.

- Tout va bien, James Potter, fit la Naïade d'une voix flutée. Vous avez passé l'épreuve et vaincu l'eau. Vous devez partir à présent, le prochain combat vous attend.

Le jeune homme ouvrit la bouche pour répondre, mais la divinité avait déjà fait un geste de la main. Soudainement, il se sentit à nouveau entrainer vers le fond. Pendant un instant, il retint sa respiration, avant de réaliser qu'il n'était plus dans l'eau mais en train de faire une chute libre dans les airs. Horrifié, il se débattit – ce qui ne l'aida pas le moins du monde, évidemment. Il tombait toujours, et rien ne pourrait l'empêcher de s'écraser au sol. C'était définitif, Serpentard voulait le tuer. Si, vaincre l'eau signifiait se débarrasser de l'Ondine, cette épreuve devait concerner l'air.

« S'il veut que je me mette à voler, je suis dans de beaux draps ! » ironisa le sorcier pour lui-même. Respirer était difficile mais la bonne nouvelle était qu'il ne voyait pas le sol. Il tombait depuis un moment pourtant, et la terre ne semblait pas se rapprocher pour autant. Etait-ce une sorte de sort de chute perpétuelle ? Quoiqu'il en soit, cela lui ménageait le temps pour rassembler ses pensées et tenter de trouver une solution pour s'en sortir. Au moins, il n'y avait pas de créature vicieuse pour tenter de le tuer… ce qui ne résolvait rien.

Il fallait qu'il se sorte de là et vite. Même s'il était possible qu'il ne risque pas de s'écraser, il ne pouvait pas rester là à tomber indéfiniment. Il fallait qu'il trouve une solution. Voler ? Il ne connaissait aucun sort qui permette de faire cela sans balai et… Minute ! Son balai ! Pourquoi ne pas l'appeler avec un sort d'attraction ? En même temps, il était peu probable qu'il parvienne à le faire venir de Poudlard jusqu'ici… surtout qu'il ne savait pas où était ici

- Accio balai ! appela-t-il de toutes ses forces.

Cela ne coûtait rien d'essayer. D'autant plus qu'il était admis dans le monde de la magie qu'un homme ne pouvait pas voler sans l'aide d'un objet et que la forme animagus de James n'étant pas un oiseau, il n'y avait pas de solution. Peut-être aurait-il dû apprendre la magie ancienne avec Lily…

« Merde ! » James serra les dents. Malgré les larmes provoquées par l'air lui fouettant le visage dans sa chute à grande vitesse, il venait de voir le sol apparaitre en bas. Aucun sort qu'il connaissait ne pourrait l'aider à éviter la chute. Utiliser le vent pour se maintenir en l'air ? Il ne connaissait pas de charme permettant de faire cela – Terry aurait su, s'il avait été choisi. Non, il n'allait pas échouer maintenant ! Aucune trace du balai et le sol se rapprochait dangereusement.

« Bon, du calme. Soyons logique. Le fait est que je ne peux pas voler. Donc, le but est d'atterrir sans trop de dommages. Un bouclier ? Le protego ne suffira pas. Mais peut-être… » Le jeune homme ferma les yeux, tenta de se remémorer de ce que Lily lui avait expliqué. Elle avait tenté de le convaincre d'étudier la magie ancienne avec elle, mais il ne l'avait pas vraiment écoutée. C'était une magie impropre à être utilisée au combat, du moins au niveau des sorciers normaux – Terry n'entrait pas dans cette catégorie – et il avait jugé plus important de s'entrainer à d'autres formes de sorts… Quel idiot !

- Concentre-toi, s'ordonna-t-il en serrant les dents.

Terry et Lily en avaient parlé. Souvent. S'il pouvait créer un charme suffisamment puissant… Les sentiments. C'était la clef de voute de cette magie. À quoi devait-il penser ? Son désir de survivre ? Non. Non, plutôt son désir d'aider ceux qu'il aimait, de les protéger… Est-ce que cela suffirait ?

« Lily, Terry… Aidez-moi ! » Évidemment, les deux jeunes gens ne pouvaient l'aider. Personne ne le pouvait. « Je dois le faire. Il le faut ! » Il se concentra, cherchant au fond de lui-même toutes ses émotions qu'il ressentait pour ses amis et les canalisa dans un sort de protection. Ça ne suffisait pas. Ça ne marcherait pas.

- Nous sommes avec toi, murmura une voix à son oreille.

- Lily ? s'exclama-t-il en tournant la tête.

- Aie confiance en toi.

- Terry ?

- Allez, Jamesie !

- Sirius ! Remus !

Incrédule, le jeune homme vit ses amis apparaitre tout autour de lui. Ils souriaient avec douceur. James mit un moment à réaliser qu'ils étaient entourés par un halo blanc mais surtout qu'ils avaient des ailes dans le dos. A sa grande surprise, le jeune homme sentit sa chute se faire moins rapide. Regardant vers Terry, il comprit qu'ils étaient en train de le porter. Ils le posèrent délicatement sur la terre ferme avant de s'écarter.

- Qu'est-ce que…

- Félicitation, James Potter, sourit Terry, vous avez vaincu l'air grâce à votre esprit et vos sentiments. Mais l'épreuve suivante sera plus difficile.

- Difficile ?

- Il vous faudra aller trouver la vulcanyde qui réside dans ce volcan.

Il désigna d'un geste l'entrée d'une grotte qui se trouvait à coté d'eux.

- Elle vous donnera quelque chose que vous devrez ensuite remettre à la pixie Leïla, reprit-il en pivotant sur le coté. Elle réside au cœur de la forêt qui se trouve derrière vous. Bonne chance.

- Attendez ! s'exclama le préfet-en-chef. Que… qui êtes-vous ? Qu'est-ce que c'est que tout cela ?

- Ce sont les épreuves, répondit Lily. Elles ont pour but de vous tester dans diverses situations…

- Pour l'eau, c'était le combat, n'est-ce pas ?

- Oui.

- Mais pour l'air ? Quel était le but ? s'enquit-il.

Terry sourit.

- Apprendre à gérer une situation insoluble, répondit-il. Trier les solutions possibles, écarter les mauvaises. Il était impossible de s'en sortir, mais vous avez trouvé en vous la force de résister, le seul moyen pouvant hypothétiquement vous sauver au lieu de tenter des actions vouées à l'échec. C'est pour cela que nous sommes apparus.

- Vous n'êtes pas mes amis, n'est-ce pas ?

- Non, pas à proprement parler. Mais il est temps pour vous d'y aller, James Potter. Vous pouvez réussir, vous en avez la force.

Avant que le sorcier n'ait pu répondre, ses amis-anges disparurent.

- Attendez ! les appela-t-il.

Il ne reçut pas de réponse. Evidemment, ils n'étaient pas censés rester. Apprendre à gérer une situation insoluble ? Quelle bêtise ! Agacé, James s'ébroua. Il était fatigué et ne se sentait pas vraiment en état d'affronter une vulcanyde – quoique ce fût. Soudain moins sûr d'être la meilleure personne pour accomplir ces épreuves, le jeune homme regarda la grotte qui s'ouvrait à quelques pas de là. Qu'allait-il trouver là-dedans ? Certainement rien de plaisant. En désespoir de cause, il fit un pas en avant et s'engouffra dans l'ouverture – qu'aurait-il pu faire d'autre ?

Au bout d'un instant, il commença à se détendre. Le sol descendait en pente douce, sa baguette donnait une lumière apaisante et une agréable chaleur régnait, rassurante après l'eau et le vent. Comme James commençait à penser que cette épreuve serait plus simple que les autres, un escalier lui apparut. Assez raide, il semblait s'enfoncer profondément dans le sol. Au bout de quelques marches la température augmenta sensiblement.

- Plus simple, tu parles ! souffla le préfet-en-chef en retirant sa veste avant de reprendre sa descente.

Déjà, il suait à grosses gouttes. À vue de nez, il estima que la température devait bien avoisiner les trente degrés Celsius. Il commençait à se demander d'où pouvait provenir une telle chaleur lorsqu'il déboula dans une pièce – ou plutôt une ouverture dans la roche de la taille de la Grande Salle de Poudlard. En son centre, un immense puits s'ouvrait. James le voyait à peine mais il sentait sans problème l'air chaud qui s'en échappait. À plusieurs mètres de là, il pouvait sentir ses joues le bruler, comme s'il s'était trouvé devant un feu. Regardant autour de lui, le jeune homme ne vit qu'un seul passage pour poursuivre sa route : il lui fallait traverser la « salle » pour rejoindre le couloir qu'il apercevait à l'autre bout. Il était temps qu'il se souvienne des sortilèges qu'utilisaient les pompiers-mages. Enfant, sa meilleure amie, Julianna, avait trouvé la mort dans l'incendie de la maison de sa tante – une moldue – et James en avait fait des cauchemars pendant des mois. Pour le rassurer, ses parents lui avaient appris tous les sortilèges nécessaires pour survivre dans un incendie. Pas uniquement comment se protéger des flammes – pas uniquement le sort de Gèle-Flamme, mais également comment repousser la chaleur et filtrer l'air pour ne pas être intoxiqué par la fumée et autre…

- Si j'y arrive, ce sera grâce à toi, Julianna, murmura-t-il en lançant les sorts.

Aussitôt, il sentit l'air autour de lui revenir à une température acceptable. Prudemment, il s'avança vers le puits. La « salle » était suffisamment grande pour qu'il puisse contourner largement ce trou, aussi frôla-t-il la roche, restant le plus loin possible de la source de chaleur. Malgré les charmes, à son approche l'air devenait à nouveau brulant. Ce fut donc avec plaisir que James s'engouffra dans le couloir – à peine plus frais que la pièce. Il descendait encore, de façon assez abrupte cette fois. À chaque mètre parcouru, l'atmosphère se faisait plus brulante encore. Conscient que si les sortilèges ne le protégeaient pas, il aurait déjà sombré dans l'inconscience, le jeune homme hésita. L'image de la maison de la tante de Julianna revint le hanter. Les flammes léchant les murs, les cris des moldus et le son du piano d'effondrant sur lui-même. Ce piano sur lequel ils avaient si souvent joué tous les deux. Pourquoi ce son le hantait-il au point de l'empêcher de jouer la plupart du temps ? Il ne savait pas. Il était étonnant qu'il n'ait pas plutôt développé une phobie du feu… Il secoua la tête. Ce n'était pas le moment de repenser à des choses qui s'étaient produites plus de dix ans plus tôt… Sinon pour se rappeler que la marque des ténèbres flottait sur cette maison. James resserra sa main autour de sa baguette. La transpiration l'avait rendue glissante, mais il n'y fit pas attention. Il poursuivit sa descente, regrettant néanmoins de ne pas avoir emporté d'eau avec lui. Hors de question d'utiliser un sort, toute son énergie étant déjà tournée vers les charmes le protégeant tant bien que mal de la chaleur et des possibles gaz toxiques.

La transpiration lui brulait les yeux lorsqu'il arriva dans une nouvelle salle naturelle. Là, la raison de la chaleur lui apparut : un lac de lave en fusion s'étendait devant lui. Il s'appuya contre un mur et poussa un hurlement. Son épaule était brulée, ses vêtements ne l'ayant pas protégée, préférant prendre feu sous l'effet de la chaleur. Frénétiquement, il donna des coups pour éteindre les flammèches.

Un rire cristallin se fit entendre. Tournant la tête, James discerna une silhouette vaguement humaine émergeant du lac de lave comme d'autres de leur piscine privée. La créature, remarqua-t-il comme elle s'approchait, avait un corps humain qui paraissait asexué ou peut-être féminin. Sa peau avait une teinte bordeaux, ses yeux étaient d'un jaune doré et ses pupilles orange vif. Son iris était celui d'un chat. Cela donnait un mélange assez déplaisant. Elle était nue, semblait-il et dépourvue de toute chevelure.

- Il est rare que j'aie de la visite. On a chaud, l'humain ?

La voix de l'être était belle – étrangement elle ne correspondait pas à son apparence – et vaguement provocante.

- Vous êtes la vulcanyde ?

La gorge de James était sèche et la soif se faisait cruellement sentir. Indifférente, la créature s'approcha et lui tourna autour comme pour le juger.

- Je suis la vulcanyde, confirma-t-elle après une longue minute.

- Alors vous devez avoir quelque chose pour moi.

- Pour toi ? Ma foi, l'humain, tu sembles bien sûr de toi.

- Je dois remettre quelque chose de votre part à la pixie Leïla.

- Ah ? Oui, maintenant que tu le dis. Elle voulait une roche de feu. Je les range de l'autre coté du lac. Tu n'as qu'à aller en chercher une et la lui amener si tu y tiens.

Avec horreur, James vit le chemin qu'elle lui désignait d'un geste indifférent. Le seul moyen de traverser le lac consistait en une corniche fine à quelques mètres de la surface de lave bouillonnante.

- C'est une blague ? s'étrangla-t-il.

La vulcanyde le regarda avec ses yeux de chat.

- Rien ne t'oblige à y aller, signala-t-elle.

Rien, sinon le fait que c'était la seule chance de convaincre Serpentard et d'aider ses amis. Cela mis-à-part, il n'avait en effet aucune obligation. Quelle blague ! Il prit une profonde inspiration et toussa, l'air chaud lui brulant les bronches. La vulcanyde rit. L'ignorant, James s'avança. Il allait le faire, ou du moins, tenter de le faire, pour ses amis, les élèves de Poudlard et pour Julianna. Pour la promesse qu'il avait faite sur sa tombe.

Il découvrit avec soulagement que la corniche était moins étroite qu'il ne l'avait cru, mais il lui était bien impossible de toucher le mur sous peine de se bruler et l'atmosphère était de plus en plus étouffante. Il n'aurait su dire si cela venait de la lave ou de l'affaiblissement de ses sortilèges. La traversée fut infiniment longue et tout aussi éprouvante. Lorsqu'il arriva enfin sur l'autre rive, James se demanda vaguement où il trouverait la force de refaire le chemin inverse. Il en était là de ses réflexions lorsque sa vision se brouilla. Ses jambes se dérobèrent sous lui, et il sombra dans l'inconscience…


ooooooooo


Salazar Serpentard – ou du moins le souvenir qu'il avait laissé ancré dans Poudlard – avait testé un certain nombre de personnes. Ce n'était pas tant la puissance magique – bien qu'elle ait une importance majeure – que la force mentale du candidat qui entrait en ligne de compte. Et sur ce plan, James Potter avait du mérite : face à toutes les épreuves il était resté égal à lui-même, luttant bec et ongle même lorsqu'il n'avait aucune chance. Il fallait lui reconnaitre cela.

- Que penses-tu de celui-ci ? s'enquit le souvenir de Rowena en s'approchant.

- Il est déterminé, concéda Salazar du bout des lèvres.

Il vit Godric sourire en coin – ce maudit chevalier le connaissait trop bien.

- Il te plait, observa ce dernier. Ne grogne pas Sal'. Je pense qu'il est digne d'être le champion.

- Il n'a pas encore fini les épreuves, protesta le fier Serpentard, renonçant à protester contre les sobriquets ridicules dont son ami affublait tout le monde, il trouverait bien un moyen de se venger.

- Ce n'est qu'une formalité, affirma Godric avec un geste désabusé. Nous devons décider ce que nous faisons.

Salazar grogna. Il détestait quand cet imbécile de lion avait raison, même s'il ne l'avouerait jamais. Cela serait revenu à admettre que Gryffondor pouvait avoir raison !


ooooooooo


Une douce brise jouant avec ses cheveux réveilla James. Il cligna plusieurs fois des paupières, tentant de remettre de l'ordre dans ses pensées avant de se redresser d'un bond.

- Ah, l'humain revient à lui.

Cette voix moqueuse bourdonna aux oreilles du jeune homme. Il se retourna pour découvrir la vulcanyde adossée à la paroi rocheuse qui formait l'entrée de sa grotte.

- Que… que s'est-il passé ?

- Tu es tombé dans les pommes, l'humain, ricana la créature. Trop de chaleur pour toi. Mais tu es arrivé au bout de l'épreuve. Ta détermination est restée entière jusqu'au dernier moment.

Elle posa une pierre poreuse de la taille d'un œuf d'autruche sur le sol.

- Voilà ce que tu étais venu chercher. Tâche de te dépêcher de l'apporter à Leïla. Les bois ne sont pas très sûrs. Suis bien le chemin, il te conduira directement chez elle.

Sur ce, et sans plus d'explications, elle se détourna et s'enfonça dans l'obscurité de la grotte. James se laissa retomber dans l'herbe, les bras en croix. Apparemment, la vulcanyde l'avait ramené à la surface… Il ferma les yeux. Cette fois, il avait bien failli y rester… Qu'allait-il se passer, encore ? Qu'est-ce que cette Leïla lui réservait ? Malgré ses muscles douloureux, James se redressa. Il observa un instant la pierre, puis la forêt et sourit. Si l'épreuve tenait en la traversée de la forêt, cela allait être simple. Sans le moindre effort, il se transforma en Cornedrue. Il s'avéra un peu plus compliqué de caller la pierre entre ses bois – heureusement, elle avait la bonne taille. Il y parvint cependant rapidement et s'élança sans attendre. Il courut sur plusieurs kilomètres sans que le cerf ne se fatigue réellement, ne s'arrêtant que pour récupérer la pierre qui avait glissé sur le sol à quelques reprises. Lorsqu'il arriva à un immense chêne, certainement plusieurs fois centenaire, l'animagus n'eut aucun mal à comprendre qu'il s'agissait de la demeure de Leïla. En effet, une pixie l'attendait sur les racines de l'arbre. Elle lui sourit alors qu'il reprenait forme humaine.

- Je vous apporte votre pierre de feu, annonça-t-il.

- Je te remercie, fit le petit être en le fixant de ses yeux à la teinte aussi verte qu'une jeune pousse. Suivez-moi.

Elle tapa deux fois de sa petite main blanche sur la racine. L'arbre sembla prendre vie et son tronc s'ouvrit pour créer une sorte de porte. Fasciné, James s'avança. Il eut l'impression de pénétrer dans une maison de poupée : tout était à la mesure de la maîtresse des lieux, c'est-à-dire minuscule. Courbé en deux, le jeune homme se sentait gros et maladroit alors que chaque pas de Leïla était semblable à une danse.

- Asseyez-vous, invita-t-elle en désignant ce qui devait habituellement être une table.

James s'exécuta prudemment, craignant de casser le meuble.

- Vous prendrez bien du thé, fit la petite créature magique.

- C'est que… je suis pressé.

- Allons, allons, on a toujours le temps pour le thé, affirma Leïla en lui tendant une tasse de la taille d'un pouce.

Le jeune homme ne chercha pas à comprendre comment elle avait pu le préparer si vite. Elle s'en versa une tasse et sourit gentiment.

- Vous offrir le thé est le moins que je puisse faire en remerciement de la pierre.

Résigné, et mort de soif, le préfet-en-chef avala le contenu de sa tasse en une gorgée alors que la pixie buvait lentement. Il comprit aussitôt que les épreuves n'étaient pas achevées. S'il avait cru qu'amener la pierre mettrait fin au test, il s'était montré crédule. Il pestait encore après lui lorsqu'il sombra dans l'inconscience pour la seconde fois en quelques heures.

- James ! James ! JAMES !

Le cri déchira les tympans de l'appelé, le faisant sursauter violemment. Il découvrit sans surprise Sirius, un sourire goguenard sur les lèvres – il n'y avait que lui pour crier de la sorte.

- Tu trouves vraiment que c'est le moment de faire un somme en forêt ? Grouille, mon vieux !

Réalisant que son ami n'avait rien à faire là dans cette forêt, James ouvrait la bouche pour parler lorsque Terry surgit près d'eux.

- Je vous préviens, si vous voulez éviter un désastre mondial, il va falloir que le héros du jour soit en place dans deux minutes montre en main.

Avant que le préfet n'ait pu dire un mot, ses deux amis l'avaient saisi par les bras et le tirait sans ménagement derrière eux. De plus en plus confus, James se demanda ce qu'il faisait dans cette forêt. Il lui semblait qu'il avait un rôle important. Que cela concernait Poudlard. Mais il avait quitté Poudlard depuis trois ans déjà. Il était auror maintenant. Etait-il là en mission ? Non, il était en vacances. En vacances car aujourd'hui, il se mariait ! Comment avait-il pu oublier ? Heureusement, Sirius et Terry – son témoin et son ami – avaient tout en main. Ils ne le lâchèrent qu'une fois arrivés devant l'autel où Severus, Veena et Narcissa les attendaient. Les deux demoiselles d'honneur le dardèrent d'un regard sévère alors que son second témoin ravalait un sourire.

- Il n'y a que toi pour manquer être en retard pour ton propre mariage, souffla-t-il.

Il ne put en dire plus, Lily arrivait déjà…

Le mariage, la fête, tout fut grandiose. Julianna interpréta magistralement des airs au piano sur lesquels tous les invités dansèrent longtemps. Les parents du marié ne se privèrent pas et valsèrent l'un contre l'autre. James souhaita disparaitre sous la table lorsque Sirius décida d'improviser un discours et bénit Remus et Peter lorsque ceux-ci arrêtèrent l'orateur en herbe. Sylciu flirta allègrement avec une cousine de Lily, Severus poussa même la chansonnette, au grand désespoir des amateurs de la chanson en question, avant que Regulus ne lui envoie malencontreusement un silentio. Finalement les jeunes mariés s'éclipsèrent sous le regard attentif de Terry, lequel surveillait aussi Peter qui avait un peu forcé sur le Whiskey pur feu. Comme James le saluait d'un geste de la tête, il vit un éclat dans le regard de l'américain qui le surprit. Quelque chose d'anormal… Trop heureux pour y prêter attention, il suivit son épouse.

Pourtant, le lendemain, alors que le soleil se levait paresseusement, James ne dormait pas. Lily était étendue tout contre lui, endormie depuis une heure à peine. Son mari aurait dû être lui aussi dans les bras de Morphée, c'était ce qu'il voulait. Pourtant, quelque chose le hantait. Le regard de Terry ? Peut-être… Mais pas uniquement. Il avait un drôle de pressentiment. Quelque chose ne sonnait pas juste, comme une fausse note dans une partition parfaitement ajustée. Tout cela… C'était tout ce qu'il souhaitait. Alors pourquoi avait-il l'impression de ne pas être à sa place ? Pourquoi avait-il l'impression d'oublier quelque chose ? Quelque chose d'important… Quelque chose de triste…

Il étouffa un cri en se redressant.
Julianna et Severus… Ils étaient morts…
Lily, Terry, Sylciu, Remus, Peter et les autres étaient dans la Chambre des Secrets et risquaient de mourir…
Il n'était pas auror, mais seulement un élève à l'espérance de vie incertaine…
Tout était faux…

- C'est vrai, confirma Leïla en apparaissant sur le lit – le préfet releva promptement le drap. Ceci est le monde dont tu rêves. Et tu peux y vivre si tu le souhaites. Ici, plus de tristesse pour ceux que tu aimes et pour toi, plus de guerre pour déchirer le monde sorcier. C'est ton monde idéal.

Le regard de James se posa sur Lily, paisiblement endormie, si belle… Cela aurait été si facile…

- Je ne peux pas.

- Si tu peux, c'est si simple. Pourquoi ne pas le prendre ? Tu y as droit.

- Je ne sais pas si j'y ai droit, mais ce que je n'ai pas le droit de faire, c'est abandonner mes amis.

- Et elle, fit Leïla en désignant la jeune femme, tu vas l'abandonner ?

- Elle n'est qu'une illusion.

- Tu ne penses pas qu'elle puisse être réelle ? Que ceux-ci puisse être un monde parallèle au tien ?

- Les mondes parallèles n'existent pas. Ramenez-moi chez moi.

Leïla le regarda un instant, comme pour s'assurer qu'il était sérieux, avant d'éclater de rire. Elle claqua des doigts et l'illusion se dissipa.

- Tu as encore beaucoup de choses à apprendre, fit-elle, franchement amusée.

Puis elle se tourna vers les quatre personnes qui se trouvaient dans la salle où ils venaient d'apparaitre.

- Il a refusé la proposition. Il est à vous, Fondateur.

- Merci, Leïla, sourit une femme – probablement Poufsouffle, songea James. Soyez le bienvenu, Monsieur Potter. Je suis Helga Poufsouffle, voici Rowena Serdaigle, Godric Gryffondor et Salazar Serpentard que tu connais déjà.

Ce dernier le gratifia d'un regard sévère.

- Il semble que tu sois venu à bout des épreuves. C'est étonnant, remarqua-t-il.

- Allez-vous ouvrir la Chambre maintenant ? s'enquit James avec impatience – la lassitude lui faisant perdre ses bonnes manières.

- Avant tout, intervint Serdaigle, tu vas devoir passer un examen.

Fatigué et fourbu, le jeune homme mit un instant à réaliser ce qu'elle venait de dire.

- Un examen ? hoqueta-t-il après quelques secondes.

Poufsouffle gloussa et Gryffondor toussota – s'il cherchait à cacher son petit rire s'était raté – devant l'air ahuri du jeune homme.

- En effet, un examen de connaissance théorique, approuva Serdaigle, imperturbable.

James songea vaguement à revenir en arrière et à accepter la proposition de la pixie. Cependant, le petit sourire mi-méprisant mi-amusé de Serpentard toucha sa fierté en plein cœur.

- Je vous écoute, soupira le préfet-en-chef.

S'en suivit une horde de questions de la part des quatre Fondateurs. Enchantement, métamorphose, histoire – Merlin lui vienne en aide ! –, défense contre les forces du mal, potions, astronomie… tout y passa avec plus ou moins de réussite. James donna un certain nombre de réponses incomplètes, d'autres fausses et une majorité de justes même si cela ne semblait jamais satisfaire ses examinateurs. La fatigue et le stress – ses amis risquaient de se faire tuer à tout moment, nom d'une chouette ! – n'aidèrent pas sa concentration. Finalement, lorsqu'ils se turent, Serpentard affichait une moue mécontente.

- Il n'y a pas à dire, le niveau de notre école s'est gravement dégradé ! De nos jours, les jeunes ne travaillent vraiment plus comme autrefois, lança-t-il.

Le sourire en coin, Gryffondor lui lança un regard amusé.

- C'est l'éternel problème de la jeunesse décadente, prophétisa-t-il. Cependant, vous concernant, Monsieur Potter, vous avez réussi les épreuves.

James cligna des yeux. Une fois. Puis une autre.

- C'est vrai ? lança-t-il bêtement, sentant une vague de soulagement le traverser.

- Non, grinça Serpentard, c'est faux. Franchement Godric, peut-on le choisir ? Je veux dire il ne me semble pas très vif !

- Il convient parfaitement, trancha Poufsouffle. Mais il est épuisé, voilà le problème. Tu as quelque chose pour lui, Rowena ?

L'interrogée sourit.

- Évidemment, fit-elle en tirant une fiole de liquide ambré de la sacoche qu'elle portait en bandoulière. Buvez, Monsieur Potter.

Le jeune homme s'exécuta docilement. La boisson, quoiqu'un peu épaisse, n'avait pas mauvais goût – un mélange d'agrumes, un peu amer mais buvable – mais James ne se sentit pas mieux après l'avoir bue.

- Il va falloir un moment avant qu'elle ne fasse effet. En attendant, je voudrais que vous nous écoutiez attentivement, monsieur Potter, fit Serdaigle avec le plus grand sérieux. Les épreuves que vous venez de passer avec succès ont pour but de nommer le Chevalier de Poudlard. La tradition voulait qu'à chaque génération, l'école ait un Chevalier dont la mission était de veiller sur elle, sur son bon fonctionnement, s'assurant que les élèves étaient en sécurité et que la Magie du château s'écoulait normalement. Cependant, en 1421, le Chevalier d'alors a été nommé Directeur et les titres se sont embrouillés de telle façon qu'on a oublié les Chevaliers. Ton rôle sera désormais de remplir cette mission et, d'un jour, amener ici une personne que tu jugeras digne d'être ton successeur pour qu'elle passe les épreuves à son tour. Comprends-tu et acceptes-tu cette tache ?

Silencieusement, James observa ses quatre interlocuteurs, tentant de saisir en quoi consistait réellement ce rôle qu'ils voulaient lui faire tenir. Il n'était pas venu ici pour cela. Son but était autre et pour le moment, la seule chose qui l'intéressait était d'aider ses amis. Chevalier de Poudlard ? C'était un titre pour Dumbledore ou Terry, pas pour lui ! Il voulait devenir auror, pas professeur…

- C'est le seul moyen pour que vous ouvriez l'issue de secours, n'est-ce pas ? Si je n'accepte pas, nous resterons bloqués dans la Chambre. Ai-je donc le choix ?

- On a toujours le choix, remarqua Poufsouffle. Cependant, tranquillisez-vous, jeune homme. Le rôle de Chevalier ne vous empêchera pas de devenir auror comme vous le souhaitez, simplement, vous demeurerez lié au château et vous sentirez les anomalies qui s'y déroulent. Peut-être serez-vous amené à y retourner si une crise éclate. Peut-être pas. La Magie vous dira ce qu'il en est.

- Bien. C'est d'accord, fit James sans trop savoir à quoi il donnait son accord.

- Dans ce cas, nous allons te renvoyer dans la Chambre, annonça Gryffondor.

- Et le dernier test ? protesta Serpentard.

- Il me semble inutile, remarqua Serdaigle. Si ce jeune homme sort vivant du conflit en cours, nous estimerons que le dernier test est réussi, sinon…

- Il sera mort, répliqua le fondateur de la maison des lions, pince-sans-rire.

- Quelle perspicacité ! ricana le fourchelangue.

- Bien, acheva Poufsouffle. Comme je vois bien que vous êtes pressé, jeune homme, nous allons vous renvoyer quelques secondes après votre départ de la Chambre.

- Mais… protesta James. Comment ? Il s'est passé des heures ! Vous voyagez dans le temps ?

- Non, sourit Serdaigle. Tout ceci n'est qu'une illusion, James Potter. Nous sommes dans ton esprit. En réalité, seules quelques secondes se sont écoulées… Maintenant, il est temps pour toi de retourner à la réalité.


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Aux yeux de Lily, son petit-ami ne semblait plus exactement le même. Comme si la mort de Severus Rogue avait changé quelque chose au plus profond du jeune homme. Elle ne savait pas encore quoi, mais elle sentait qu'au-delà de cette guerre – s'il y avait quelque chose pour eux au-delà – cela se ferait sentir.

- Potter, hein ? observa Salazar Serpentard. Décidément, vous avez la langue bien pendue ! Approche, James Potter.

La Préfète-en-Chef ne se demanda même pas ce que le Fondateur entendait par là et s'approcha du Gryffondor. Une main se posa sur son épaule, l'arrêtant. Terry, évidemment. Tremblante, la rousse pria Dieu, Merlin et les autres que la confiance dans le regard de l'américain se justifie.

- Suis-moi, fit Serpentard, faisant sursauter la jeune fille.

Les choses allaient commencer… et elle avait peur. Extrêmement peur, elle, la Gryffondor. James pénétra dans une ouverture lumineuse… pour en ressortir quelques instants plus tard, à la surprise générale. Ses vêtements étaient sales et déchirés et il semblait épuisé.

Réagissant rapidement, Sylciu s'élança et le rattrapa de justesse alors qu'il titubait.

- Alors ? demanda Terry en s'avançant.

Il ne semblait pas surpris par ce retour rapide. Serpentard détourna son regard de James et Sylciu – qu'il regardait avec un dégout étrange – pour le poser sur l'autre américain.

- Poudlard a un Chevalier, répondit simplement le Fondateur. C'est plus que ce que j'espérais. Un vrai Gryffondor cependant, c'est décevant.

- Épargnez nous cette rengaine, d'accord ? fit le brun, d'une voix lasse.

- Hmm. Pour cette fois, d'accord. La porte s'ouvrira dans quelques minutes.

- Quelques minutes ? Pourquoi ?

- Parce qu'il a besoin de cela pour récupérer. Lorsque la porte s'ouvrira, il sera en forme. Je ne voudrais pas que le Chevalier de cette école meure immédiatement après sa nomination.

- Bien. Merci, conclut platement Terry.

- Ne me remercie pas, jeune Maître. J'ai fait ce que je devais, ni plus, ni moins. Et je ne te pardonne pas d'avoir tué mon basilic.

- Je ne m'en excuse pas.


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Déroutant. C'était le terme que Peter avait décidé de retenir. Il était assez déroutant de voir Terry Star discuter d'égal à égal avec Salazar Serpentard. De le voir défier le Fondateur. De… Non. Faire une liste serait trop long. Alors autant simplifier les choses : Terry Star était déroutant.

Bien sûr, beaucoup d'autres mots auraient pu être utilisés pour qualifier le nouveau, mais celui-ci était assez représentatif.

- Bien, fit Serpentard. À présent, c'est à vous de vous débrouiller. J'espère que vous ne laisserez pas trop de désordre dans ma chambre !

Sur ce, il disparut. L'américain brun poussa un long soupir, en disant long sur son opinion vis-à-vis du fondateur de sa maison, avant de se tourner vers James.

- Tu te sens bien ?

- Ouais. Dans l'ensemble. Ils m'ont donné une potion qui me permet de recouvrer mes forces.

Contrairement à ce que pensait Peter, personne ne demanda qui étaient « ils ». Peut-être Star le savait-il déjà.

- Bon, autant mettre le temps qu'il nous reste à profit pour organiser l'évacuation.

- Nous allons probablement nous retrouver derrière le château, près de la Forêt Interdite, intervint Sylciu. Si j'ai bien suivi les runes, du moins.

- Partons du principe que c'est le cas, fit Dumbledore. Même si la forêt est proche, les Mangemorts se rendront vite compte que des élèves sont dehors. Il va falloir faire vite. Je pense que la meilleure solution est d'agir en petits groupes sortant les uns après les autres. Qu'en pensez-vous ?

- Des groupes de dix élèves entre la première et la quatrième année, proposa le professeur O'Neill. Ils seront encadrés par quatre élèves plus âgés. Le premier groupe partira avec un professeur qui s'occupera de sécuriser un point de ralliement.

- Quatre élèves seulement ? releva McGo. Est-ce suffisant ?

- Probablement pas. Mais nous risquons de manquer d'élèves sans cela. Parce que je veux un groupe de dix au point de ralliement pour éviter que les Mangemorts ne nous attaquent une fois que nous serons dans la forêt. Un autre groupe de dix restera ici jusqu'à la fin de l'évacuation. Je pense qu'avec cela, il ne restera plus grand monde.

- Le plus simple est encore de se regrouper pour voir, déclara James.

Peter n'était pas très ami avec les chiffres. Les mathématiques n'étaient pas son fort, comme pour la plupart des sorciers. Mais il avait parfaitement conscience qu'au début de l'année, avant l'épidémie et les autres attaques, il aurait été aisé d'associer cinq élèves des trois dernières années à chaque groupe. Les autres en étaient probablement également conscient.

Les étudiants des quatre premières années se regroupèrent rapidement. Peter n'eut aucun mal à déchiffrer le sourire de Dumbledore lorsqu'il observa les groupes formés. Les quatre maisons se côtoyaient sans réelle division, surtout chez les premières-années. Mais le Maraudeur n'avait pas envie de rire. Il y avait plus de dix groupes – il préférait ne pas en connaître le nombre exact pour ne pas être complètement terrifié.

Ils ne passeraient jamais. Cette évacuation était de la folie furieuse. Jetant un coup d'œil vers les professeurs, Peter vit O'Neill et Williams en grande conversation alors qu'un peu plus loin, Dumbledore jetait quelques sorts – de protection probablement – aux différents groupes. Le Gryffondor doutait de leur efficacité. Face au sortilège de mort, quelques charmes ne feraient pas le poids.

- Parfait, fit Williams.

Peter ne voyait absolument pas ce qui pouvait être parfait.

- Le groupe chargé de la protection du point de ralliement sera composé de Remus Lupin, Narcissa Black, Steven Dramas, Jane Simmons, Alice McSergly, Marlène McKinnon, Amanda Folly, Kim Jackson, Christian Simonay et Sylciu Celford.

- Comme vous vous en rendez compte, nous avons maintenu le groupe Licorne comme pendant les entrainements, exception faite de Mlle Nealh qui est trop jeune, intervint O'Neill. J'espère que vous mettrez à profit ce que vous avez appris. Monsieur Celford, je compte sur vous pour servir d'intermédiaire entre le point de ralliement et la Chambre par le biais de votre lien avec votre cousin.

- Pas de problème, affirma le blond.

- Bien, fit Dumbledore. Dans ce cas, je propose que vous alliez avec eux, Eoloas. Lorsque vous arriverez dans un endroit que vous jugerez bon, Sylciu nous préviendra et nous enverrons les premiers groupes.

Il y eut un grincement sinistre qui provoqua un sursaut général.

- La porte, déclara simplement James.

Il semblait de nouveau au mieux de sa forme.

- C'est parti, alors ! annonça presque joyeusement Marlène.

Peter se demandait comment elle pouvait être toujours de bonne humeur. Il vit Remus attraper fermement la main de Narcissa alors que Frank embrassait sa petite-amie. Puis le groupe s'engouffra d'un pas rapide dans l'ouverture.

- Bon, reprit Dumbledore après un temps. S'agissant de ceux qui accompagneront le premier groupe, je pense que Fredrik Burning, Peter Pettigrow et Tim Lawrence seront parfaits.

Peter frémit en entendant sa voix. Alors il allait devoir y aller avec un Poufsouffle de cinquième année et un Serdaigle de septième. Il allait mourir.

- Tout va bien, Peter ?

Croisant le regard inquiet de Sirius, l'interrogé se sentit soudainement en colère contre son ami.

- Comment peux-tu me demander ça ! s'écria-t-il. Je vais devoir sortir et faire face à des Mangemorts qui sont bien décidés à me tuer ! Je ne suis pas aussi fort que toi ou que Star ! Moi je ne suis qu'un bon à rien qui se retrouve embarqué dans un truc qui le dépasse !

- Tu n'es pas un bon à rien ! protesta vivement James. Ne dit pas ça !

- C'est pourtant la vérité ! Je n'ai rien à voir avec vous ! Vous êtes tellement puissants et…

- Tu sais, le coupa Star, ce n'est pas parce que tu ne peux pas combattre une dizaine de Mangemorts les yeux bandés en mangeant une part de tarte aux fraises que tu es un bon à rien !

- Combattre une dizaine de Mangemorts les yeux bandés en mangeant une part de tarte aux fraises ? répéta Sirius en cillant. Ne me dit pas que tu as déjà fait ça ?

Star eut un sourire entendu.

- Moi non, affirma-t-il en se tournant vers le directeur, mais je suis sûr que Dumbledore l'a déjà fait.

Le susnommé eut sourire rêveur.

- Le problème, annonça-t-il, c'est que les sorts de magie noire rendent la saveur des fraises un peu trop amère à mon goût.

- Ha oui, c'est embêtant, acquiesça le Serpentard le plus sérieusement du monde.

Tout le monde regardait les deux interlocuteurs comme s'ils avaient perdu l'esprit. C'était peut-être le cas, se dit Peter.


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- Le problème, c'est que les sorts de magie noire rendent la saveur des fraises un peu trop amère à mon goût.

Harry comprenait parfaitement la peur de Peter. Ce qui se passait était grave et tout le monde était en danger. Que dire face à ces inquiétudes ? Rien. Lui aussi avait peur. Et il avait parfaitement conscience que les plus faibles étaient parmi les plus en danger.

- Ha oui, c'est embêtant.

Contrairement à ce que semblait penser ses condisciples, il n'avait pas perdu l'esprit. Ni lui, ni Dumbledore. Seulement, à défaut de réponses aux peurs de Peter, ils offraient une diversion. À présent, trop penser risquait de leur être préjudiciable. Parce qu'ils étaient en mauvaise posture. Il fallait donc détourner l'attention.

- Peut-être y a-t-il des sorts pouvant protéger les fraises, qu'en pensez-vous, professeur ?

- Pour ma part, ça m'est bien égal, intervint le professeur O'Neill. Je suis plutôt gâteau au chocolat.

- À mon avis, fit Lily, le mieux se serait de la tarte à la crème ! Comme ça, si elle n'est pas bonne, on peut la reconvertir en arme !

- Tu te vois en train de lancer de la tarte à la crème sur les Mangemorts ? demanda Veena avec un air septique.

- Pourquoi pas ? J'aurais l'effet de surprise de mon coté.

- Ça, tu peux le dire ! pouffa James.

- L'effet de surprise, hein ? C'est une bonne idée.

- À quoi penses-tu Sirius ?

- Il y a un certain nombre de choses auxquelles les Mangemorts ne s'attendent pas, n'est-ce pas ? Le meilleur moyen de les empêcher de voir que nous évacuons, c'est de les occuper ailleurs.

- Viens-en au fait, Sirius ! s'agaça Lily.

- Nous avons un certain nombre de blagues que nous avions prévues de faire. Cela pourrait permettre de détourner l'attention des Mangemorts. Je suis certain que les fantômes nous aiderons !

- C'est dangereux, fit McGonagall, vous risquez de…

- Dans l'état actuel des choses, tout est dangereux, coupa Harry. Mais je pense que ce plan est réalisable. Avec les bons alliés, ça va de soi.

- Des alliés ?

- Oui. Des personnes auxquelles les Sang-Purs qui servent Voldemort n'auront pas pensé. Les Elfes de Maison.

- Grandiose ! s'exclama Flitwick avec un air excité. Ils pourront se déplacer dans Poudlard sans être vus et les Mangemorts penseront que nous sommes toujours là-bas !

- Professeur Dumbledore, vous pouvez les appeler ? Je pense que James et Sirius pourront leur donner les instructions nécessaires pour la mise-en-œuvre de ce plan. Faisons vite pour qu'ils commencent au moment du départ du premier groupe.

Harry regarda les deux chahuteurs-en-chef échanger des regards entendus. Manifestement, l'idée leur plaisait beaucoup. Un léger sourire sur les lèvres, il s'approcha de Peter.

- Nous avons tous peur, tu sais, lui dit-il d'une voix calme. Puissant ou non, un avada kedavra a le même effet sur tout le monde. Alors essaie de ne pas y penser. Pense seulement que tu dois vivre et que les gamins que tu escortes doivent vivre aussi.

- Ça suffira ?

- Je ne sais pas. Mais je n'ai pas de meilleure solution. De toute façon, dis toi que c'est normal que tu ais peur. Tu serais fou si ce n'était pas le cas.

- Je suis à Gryffondor. Je suis censé ne pas avoir peur.

- C'est faux. Tu es censé être courageux. C'est différent.

- En quoi ?

- Et bien, être courageux c'est plus savoir passer outre sa peur et agir. Ne pas avoir peur, c'est de la folie pure et simple. Et puis…

"Nous y sommes."

L'appel mental de Drago arrêta net la discussion. L'évacuation allait pouvoir commencer.


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Voici pour ce chapitre qui me permet de vous souhaiter à tous – bien que tardivement – une bonne et joyeuse année 2011. Je remercie Nevic qui, malgré mon rythme de parution complètement chaotique, continue à corriger cette fanfic et tous ceux qui continuent sa lecture. Je voudrais bien vous dire que j'ai pris comme résolution de la nouvelle année de publier plus fréquemment, mais j'ai bien peur qu'avec mes cours de Master 1 ce ne soit pas envisageable. Cependant, je terminerais cette fanfic – tôt ou tard. La partie concernant ce monde, d'ailleurs, est quasiment achevée et bientôt Harry et Drago rentreront… J'ai beaucoup bloqué sur les épreuves de James, j'espère donc qu'elles vous ont satisfaits.

Pour en revenir aux chapitres précédents, il semble que la mort de Severus ait ennuyé à peu près tout le monde – moi la première, je dois le dire – mais que l'annexe ait limité le mécontentement général (pas trop d'insultes, ouf !). Je pense néanmoins que cette mort était nécessaire pour explique ce chapitre et l'évolution de James. A vous d'en juger…

Cromantique, pour ta question sur la victoire de Gryffondor alors que l'équipe adverse avait attrapé le vif d'or, je te renvoie à la réponse de chacha14590.

Pour répondre à Essindra, il est possible de remédier au statut d'Anonyme, mais c'est très compliqué – d'autant plus que pour le moment, Harry mis-à-part, personne ne sait que Drago est un Anonyme. Du reste, oui, c'est très difficile pour lui, c'est pour cela que son père l'a condamné à ça (ce cher Lucius n'est pas vraiment un grand sensible…).

J'admire l'imagination de Cassiopee008 mais malheureusement Severus est bel et bien mort, la protection de Poudlard ne le sauvera pas – ce n'est qu'une magie défensive – et je ne prends pas en compte les reliques de la mort dans cette fic. Si Harry survit à l'Avada Kedavra, c'est uniquement car c'est un Sortilège Unique, c'est-à-dire qu'il ne peut agir qu'une seul fois sur une personne, donc le sort raté de Voldemort a immunisé Harry contre ce sort.

Encore une fois, merci à tous pour vos reviews.

Eterna