Les Maîtres des Dimensions
Résumé général : Alors que Harry déprime après la mort de Dumbledore, il rencontre Némésis, une étrange femme qui lui propose une mission : se rendre dans un monde parallèle afin de créer un autre futur. Il part donc en 1976, dernière année de ses parents à Poudlard, sous le nom de Terry Star, accompagné d'Hélios son phénix mais également de Drago, qui a été renié par son père, portant le pseudonyme de Sylciu Celford. Ils se présentent comme des cousins venus d'Amérique.
Chapitre précédent : Harry et Drago sont rentrés dans leur monde. Là, Harry, sous les traits de Terry, décide d'infiltrer Poudlard pendant que Drago s'emploie à détruire les derniers Horcruxes. Mais avant qu'ils n'y parviennent, Voldemort, découvrant que Rogue est l'homme de Dumbledore, attaque. Evidemment, Harry intervient.
Il tente à nouveau une évacuation de l'Ecole, qui échoue malheureusement. Le combat s'engage. Touché par un avada kedavra, Harry retrouve sa véritable apparence. Voldemort le défie alors à un duel à l'épée. Le Survivant triomphe, et plante son épée d'antimagie noire dans le corps du mage. Des vagues de magie déferlent alors sur le champ de bataille. Drago met tous ses pouvoirs dans un bouclier de protection pour préserver les élèves jusqu'à ce que les déferlantes cessent. Il y parvient et perd connaissance quelques secondes après Harry.
Chapitre 44 : Conséquences
Quelques mois plus tôt
- Il y a une chose que je ne comprends pas.
La jeune fille s'était levée. Elle marchait à présent de long en large dans la pièce. Près d'elle, une femme était allongée dans un lit, la regardant de ses yeux dorés chargés de souvenirs. Elle semblait fatiguée, comme submergée par le poids immense des années sur ses épaules. Pourtant, paradoxalement, elle ne semblait ni vieille, ni jeune. Elle était nimbée d'un mystère impénétrable renforcé par la chevelure immaculée qui formait une sorte d'auréole autour de sa tête.
Son interlocutrice semblait beaucoup plus accessible. Elle s'agitait, visiblement affectée par une situation qu'elle ne comprenait pas. Ses cheveux étaient attachés en tresse et ses yeux marron laissaient apparaître une grande fatigue.
- Qu'est-ce que tu ne comprends pas Hermione ? demanda la voix douce de la femme.
- Pourquoi ? Pourquoi eux ? Pourquoi maintenant ? Et pourquoi me dire tout cela à moi ?
- Pour répondre à ta dernière question, il faut que quelqu'un puisse leur révéler toute cette histoire au moment de leur retour. Tu es la bonne personne pour cela.
Hermione se laissa tomber dans un fauteuil qui se trouvait là.
- Vous ne pouvez pas mourir, affirma-t-elle.
- Allons, jeune sorcière, sourit son interlocutrice. Tu es intelligente, tu sais que tout le monde doit un jour mourir. J'ai vécu plusieurs centaines d'années, j'ai largement fait mon temps.
- Mais lorsqu'ils reviendront, Harry et Drago auront besoin de recevoir une formation pour devenir pleinement des Maîtres des Dimensions ! Némésis, si vous n'êtes pas là pour la leur dispenser, qui le fera ?
- Cela nous fait revenir à ta question sur le choix que j'ai fait. Pourquoi Harry et Drago ? Parce que c'est dans leur sang. C'est dans leur sang et dans leur magie de devenir des Maîtres des Dimensions, et ils n'auront besoin de personne pour comprendre le fonctionnement des Bracelets. Ils sentiront leur magie et apprendront à la maîtriser. Ils ne seront pas comme moi ou comme les Maîtres issus de l'École des Mondes. C'est un nouvel Ordre des Maîtres des Dimensions qui va voir le jour avec eux. Tu ne devras pas leur révéler toute notre discussion, c'est important, Hermione.
- Mais pourquoi ? Vous m'avez pourtant dit avoir une totale confiance en eux, non ?
- En effet, approuva Némésis. C'est pour cela que je te demande de les laisser faire à leur façon. Ils devront suivre leur instinct, quitte à faire des erreurs pour avancer. Après ma mort, il ne restera plus aucun Maître des Dimensions de l'ancien Ordre. Ils seront libres d'agir à leur guise, seule la Magie leur dictera Ses lois.
- Tous les Maîtres sont morts alors ? demanda tristement Hermione.
- C'est le cas. Ceux qui ne sont pas morts lors de l'attaque de l'École ont perdu la vie lors de la bataille des Plaines-Mortes. Il doit probablement rester quelques Apprentis qui seraient parvenus à quitter l'École, mais rien de plus. Un nouvel Ordre naîtra avec Harry et Drago. Le seul vestige de mon Ordre sera les Bracelets et les connaissances qu'ils contiennent. Mais ce n'est pas forcément un cadeau que je leur fais en les laissant…
- Comment ça ?
- J'ignore par quelle ignominie, des personnes sont parvenus à récupérer des Bracelets sur les cadavres des miens. C'est une des actions les plus condamnables qu'on puisse faire à un Maître des Dimensions. Dans une certaine mesure c'est presque pire que le meurtre. Nos Bracelets sont le signe de ce que nous sommes, mais ils deviennent également une partie de nous-mêmes. Notre lien avec la Magie. Un Maître peut offrir son Bracelet à une personne qu'il estime énormément, et c'est un signe d'amour ou d'amitié ultime. Cela arrive très rarement d'ailleurs car cela revient à offrir une partie de notre âme et de perdre par là même une partie de nous-mêmes et nos pouvoirs.
- Vous ne pouvez pas voyager entre les dimensions sans les Bracelets ?
- Nous pourrions le faire, mais cela serait un acte affreusement dangereux car nous risquerions de nous perdre ou de nous dissoudre dans le vide séparant les mondes. Aussi estime-t-on, par sécurité, que ce n'est pas possible.
Il y eut un silence. Hermione regarda Némésis. Des cernes commençaient à creuser son beau visage.
- C'est parce que vous saviez que vous alliez mourir que vous avez envoyé Harry et Drago faire cette mission plutôt que de la faire vous-même, n'est-ce pas ?
La Maîtresse des Dimensions sourit.
- Bien entendu. Mais en toute honnêteté, je pense qu'ils étaient les mieux placés pour accomplir cette tâche. Certainement même plus que moi. De toutes façon, j'étais mourante bien avant de les rencontrer tous les deux. Disons que c'est certainement la Magie qui les a mis sur mon chemin pour pouvoir faire renaître l'Ordre des Maîtres des Dimensions de ses cendres. Harry était celui que je cherchais pour cela, il l'a prouvé – s'il en avait besoin – en faisant éclore le phénix le jour de son anniversaire. Ce garçon sera amené à faire de grandes choses, plus encore que ce que laissait entendre la prophétie qui en a fait l'adversaire de Voldemort.
- Et pour Drago ?
- Drago ? Il est un facteur de régulation. Il aidera Harry à rester maître de lui-même. Il l'aidera à se trouver, à garder espoir. Je sais que cela te paraît étrange – cela se voit sur ton visage – mais j'ai l'intime conviction que ce sera le cas. Peut-être d'ailleurs n'en auront-ils pas conscience, mais seul, je pense que Harry aurait risqué de se perdre en se jetant corps et âme dans une quête qui demande la plus grande prudence.
- Et si vous vous êtes trompée ?
Némésis soupira.
- Dans ce cas… commença-t-elle avant de s'interrompre. Dans ce cas, mon erreur risquera d'amener le chaos dans les mondes. Car sans les Maîtres des Dimensions pour veiller à la bonne coexistence entre les mondes, les désastres se multiplieront bien vite. Mais je place mes espoirs dans ces deux garçons, ils ont en eux la force qui fera d'eux de grands hommes…
Il y eut un nouveau silence entre les deux jeunes femmes avant que la Maîtresse des Dimensions ne reprenne la parole.
- Y a-t-il autre chose que tu n'as pas compris, Hermione ? demanda-t-elle d'une voix douce.
- Je pense que non. Enfin, pour la théorie du moins, certaines de vos motivations demeurent assez sombres, mais j'imagine que vous êtes comme le professeur Dumbledore, vous aimez les secrets.
Némésis rit doucement, son souffle commençait à se faire court, l'empêchant de s'esclaffer réellement.
- Tu as raison, ce doit être l'âge et le pouvoir qui font cela. Cependant, je dois admettre que dans cette affaire, tu me prêtes des intentions que je n'ai pas. Il reste beaucoup d'inconnus qui ne dépendent que de tes deux amis. Je ne peux pas avoir des desseins secrets en la matière. Je souhaite juste que Harry et Drago trouvent la voie qui leur est destinée. Ils ont déjà trop souffert.
Hermione ne dit rien. Les paroles de son interlocutrice n'étaient que trop vraies… Mais elle était de plus en plus pale.
- Némésis, tenta la sorcière.
Mais la Maîtresse des Dimensions l'arrêta d'un geste.
- Allons, pas d'enfantillages. Chacun doit mourir quand son heure est venue. La mienne l'est, aujourd'hui. Il n'y a pas à être triste, je vais rejoindre les miens. Ma place n'est plus ici.
La Gryffondor demeura silencieuse. Némésis lui tendit un pendentif qu'elle venait de faire apparaître dans sa main.
- Voici mon cadeau pour toi. Il fut un temps où on l'offrait ces pendentifs à ceux que l'on nommait les Compagnons. Ils étaient des amis privilégiés des Maîtres. Tu le mérites grandement.
Hermione sentit sa gorge se nouer et ne put rien dire. Elle fut surprise de voir son interlocutrice rire doucement.
- J'ai ajouté un petit détail à celui-ci. Un sortilège qui affectera les Bracelets de nos deux amis. Je pense que tu es suffisamment intelligente pour deviner de quoi il s'agit. Il te suffira de taper deux fois dessus avec ta baguette pour l'activer.
La respiration de Némésis se faisait à chaque minute plus difficile. La jeune fille s'approcha d'elle pour l'aider mais se ravisa au dernier moment. La Maîtresse des Dimensions avait raison. Sa mort était dans l'ordre des choses. Même si elle avait du mal à l'accepter, Hermione n'y pouvait rien. Peut-être Harry aurait-il pu faire quelque chose, lui qui était si puissant, lui qui était devenu, ou allait devenir, un Maître des Dimensions.
Mais Harry n'était pas là et, de toute façon, rien ne disait qu'il eût pu faire quelque chose. D'une certaine manière, Némésis désirait mourir. Cela se voyait dans son regard.
C'est ainsi, sous le regard bienveillant d'Hermione Granger, que Némésis, la plus puissante Maîtresse des Dimensions de son temps, s'éteignit, un sourire aux lèvres. A quoi pensait-elle ? Personne ne pouvait le savoir. Peut-être était-ce au tour qu'elle avait joué à ces successeurs…
ooOoo
Aujourd'hui
Hermione ne parvenait pas à le croire. Comment pouvaient-ils agir de la sorte ?
- Il faut faire quelque chose !
Elle regarda autour d'elle.
- Ron ! tenta-t-elle en se tournant vers le roux.
Il évita son regard en se détournant. Horrifiée, elle comprit que personne n'agirait.
ooOoo
Drago se sentait… comment dire ? désorienté ? A défaut de meilleur terme, ce fut celui qu'il retint. Il avait l'impression qu'un de ces machins moldus à quatre roues – caima… camiau… camion ! – lui était passé dessus. Non qu'il est déjà essayé de se faire roulé dessus par ces machines infernales. Non. Mais ça devait ressembler à ça. Bref, il ne se sentait pas bien.
Les problèmes avaient commencés dès son réveil. Revenant à lui après la bataille, il avait découvert avec stupeur qu'il était non seulement menotté à son lit d'hôpital, mais que, non contents de lui confisquer sa baguette, les hommes du Ministère lui avaient également apposé un Inhibiteur de magie ! Et ça, ça le rendait positivement furieux. Un sorcier sans sa magie était sans défense, mais un Maître des Dimensions sans sa magie était amputé d'une part de lui-même. Il avait malheureusement fallu à Drago d'en être privé pour s'en rendre compte. Certes, cela venait probablement du fait qu'en temps normal – s'il avait été en pleine possession de ses pouvoirs – l'Inhibiteur n'aurait pas fonctionné.
Les Inhibiteurs de magie pouvaient prendre plusieurs formes. Le plus souvent, il s'agissait de ras-de-coup ou de couronne d'argent pur et largement ensorcelé que l'on mettait à un sorcier pour le priver temporairement ou définitivement de ses pouvoirs. En raison de l'usage abusif qui en avait été fait, leur utilisation avait été interdite au XVe siècle. Apparemment, elle avait été levée. C'est ainsi que Drago s'était réveillé avec un jonc d'argent autour de la tête l'empêchant d'utiliser ses pouvoirs. Certes, cela ne durerait pas. Le jeune homme s'était épuisé durant la bataille de Poudlard à tenter de protéger les élèves et combattants des éclats de magie noire – pourquoi avait-il fait ça déjà ? Ah oui ! Il avait subit de mauvaises influences en demeurant chez les Gryffondor pendant un an – et c'était pourquoi il ne pouvait pas encore se débarrasser de l'objet. Mais à chaque seconde qui passait sa magie se reconstituait et il recouvrait ses forces. Bientôt, l'Inhibiteur ne pourrait plus contenir ses pouvoirs – il n'avait pas été créé pour s'opposer à un Maître des Dimensions. Le problème…
Drago parcourut des yeux l'assemblée de sorciers en robes prunes qui lançait des regards accusateurs à son codétenu et lui. Le problème était qu'il n'était pas sûr qu'il ait suffisamment de temps devant lui…
ooOoo
- Calmez-vous, Miss Granger !
La voix autoritaire du professeur McGonagall arriva jusqu'à l'esprit embrumé de Harry.
- Comment pourrais-je me calmer, professeur ? répliqua Hermione d'une voix plus aiguë qu'à l'ordinaire. Il faut faire quelque chose !
Pour le moment, la seule chose que le brun avait envie de faire, c'était de dormir. Il avait la désagréable impression d'être passé dans la toute nouvelle machine à laver de tante Pétunia – « la dernière nouveauté en la matière, avec un essorage ultra-performant, avec ça Madame, plus besoin de sèche-linge ! » avait expliqué le vendeur avec une emphase que Harry avait eu le plus grand mal à comprendre. Pourquoi pensait-il à ça, d'ailleurs ? Il avait dû égarer une partie de son cerveau dans le combat avec V…
- Voldemort ! s'exclama-il brusquement en se redressant.
Tout son corps protesta. Une migraine affreuse – certainement un vestige de l'Avada Kedavra qu'il avait reçu – lui arracha un gémissement alors que tous ses muscles se rappelaient à son bon souvenir. Comment le corps humain pouvait-il avoir autant de muscles ? A quoi cela servait-il exactement, d'ailleurs ? A part à avoir mal, évidemment. Il songeait à adresser une réclamation à qui de droit lorsque trois silhouettes se penchèrent sur lui avec sollicitude.
- Calmez-vous, Potter, fit l'une d'elle, vêtue de blanc, Vous-Savez-Qui est mort. Vous l'avez tué.
Harry cilla, vaguement conscient qu'il devait ressembler à une chouette, et finit par reconnaître Mme Pomfresh penchée sur lui. Elle le regardait d'un air mi-attentif, mi-sévère, comme elle seule le pouvait. Puis son visage se détendit pour devenir presque… tendre ? C'était vaguement inquiétant. Le monde avait-il changé d'axe ?
- Je suis contente de vous voir réveillé, Potter. Vous nous avez fait peur.
Le brun tenta de nouveau de se redresser et y parvint cette fois. Sans grâce, certes, mais l'important était le résultat, non ? Pourtant, l'univers autour de lui demeurait flou… Puis une autre silhouette s'approcha et lui posa quelque chose sur le nez. Et le monde redevint net.
- C'est mieux ainsi, Potter ? s'enquit McGonagall.
Il fallut un instant à Harry pour réaliser qu'elle lui avait remis ses lunettes. Il n'était vraiment pas bien réveillé. Il secoua la tête avec le vague espoir de se remettre les idées en place.
- Harry !
Une tornade brune sauta sur son lit, bousculant presque le professeur de Métamorphose. Elle l'étreignit avec une force qui le fit gémir. Son état ne se prêtait guère à ce genre d'effusions.
- Content de te voir, Hermione, souffla-t-il malgré tout. Tu vas bien ?
Elle se redressa et jeta un regard sérieux et inquiet à son ami.
- Non, ça ne va pas. La situation…
- Mademoiselle Granger ! s'exclama Pomfresh, visiblement outrée. Monsieur Potter vient à peine de se réveiller de plusieurs jours de coma magique ! Ce n'est pas le moment de l'ennuyer !
- Plusieurs jours ? Coma ? croassa le Survivant alors que son cerveau se remettait – enfin – en fonction. Comment ça ?
- Votre aura a été saturée de magie noire lors du combat. Votre phénix vous a largement aidé à supporter l'afflux de magie pendant la bataille, mais il n'a pas pu continuer par la suite. Votre corps s'est donc protéger en vous plongeant dans le coma le temps que le gros de la magie noire soit évacué. Je dois dire, ajouta l'infirmière, que je n'ai jamais vu quelqu'un récupérer aussi vite.
Cela n'étonna pas Harry, par contre. Son Bracelet avait dû largement aider.
- Où est Hélios ? s'enquit-il. Il va bien ?
Une note joyeuse lui répondit et, baissant les yeux, le brun découvrit une boule de plume installée à ses pieds. Il sourit, heureux de voir l'oiseau de feu.
- Tu as encore rétréci, Hélios, lança-t-il doucement, avec tendresse.
- Harry… tenta de nouveau Hermione.
Le jeune homme se tourna vers elle.
- Tout le monde va bien ? demanda-t-il brusquement.
- Plusieurs personnes sont mortes de notre côté, Potter, soupira McGonagall.
Soudain, elle parut vraiment vieille. Comme si le poids des années l'avait rattrapé. Elle semblait lasse et fatiguée, désireuse d'échapper à tout cela. Harry la comprenait. D'une certaine manière, lui aussi avait envie de s'enfouir sous les couvertures du lit dans lequel il se trouvait pour oublier tout ce qui s'était passé. Seulement, il ne pouvait pas… d'autant plus que s'il tentait d'agir ainsi, Drago lui tomberait certainement dessus… ou Ron. Un des deux en tout cas…
- Où sont Ron et Drago ? fit-il.
- C'est ce que je me tue à tenter de dire ! s'écria Hermione, visiblement furieuse. Ils sont en train de juger Drago et le professeur Rogue pour le meurtre du professeur Dumbledore. Ils risquent le baiser d'un Détraqueur !
Il sembla à Harry que tout son être se révoltait contre cette idée. La douleur devint secondaire et il bondit sur ses pieds. Il ne réalisa qu'alors que les trois femmes s'étaient brusquement éloignées de lui. Il tourne vers elles un regard interrogateur. Le sourire amusé de McGonagall lui répondit.
- Potter, si vous comptez aller aider votre ami, je vous conseille de calmer votre aura, lui dit-elle sans qu'il ne comprenne.
- Regarde toi dans le miroir, conseilla Hermione en désignant une glace accrochée au mur non loin de là.
Le jeune homme remarqua vaguement qu'il se trouvait à l'infirmerie de Poudlard et l'espace d'un instant se demanda pourquoi il n'était pas à Ste-Mangouste. Puis il croisa son regard dans la psyché et manqua ne pas se reconnaître. Il s'était habitué à l'apparence de Terry Star dont ne subsistait que la forme des lunettes. Toutefois, ce n'était pas à cela que son amie faisait référence, mais plutôt au halo de lumière noire zébré d'éclairs blancs crépitant qui l'entourait. Son aura… Que lui arrivait-il ?
- Comme je vous l'ai dit, fit Mme Pomfresh, votre aura a été saturée de magie noire pendant le combat. Vous risquez d'avoir un peu de mal à le contrôler pendant quelques temps. Je vous conseille de faire le moins de magie possible – aucune serait le mieux mais je sens que vous ne m'écouterez pas si je vous ordonne ça. Et pas de sorts trop puissants, d'accord ?
Harry approuva prudemment de la tête. A quoi bon contrarier le Dragon alors qu'il se trouvait dans son antre ? De toute façon, ils n'avaient pas tout à fait la même définition de ce qu'était un sort puissant. Et Drago avait besoin d'aide… Inquiet pour son ami, le sorcier tenta de le contacter mentalement mais il ne parvint même pas à toucher son esprit. Comme si leur connexion n'existait pas… ou plus.
- Je n'arrive pas à le joindre, souffla le Survivant en direction d'Hermione.
Il était de plus en plus inquiet. Que diable se passait-il exactement ?
- Ce n'est pas forcément grave, répondit la Gryffondor en l'entraînant dans le couloir. Les aurors lui ont mis en Inhibiteur de magie. Cela perturbe probablement votre connexion.
- Ce type d'objet ne devrait pas affecter Drago. Pas réellement en tout cas, répliqua le Maître des Dimensions. Ce n'est pas normal…
- Harry, tu n'es pas le seul à avoir été affecté par la déferlante de magie noire lors de la bataille. Drago nous a protégés mais il a dû placer toutes ses forces dans son bouclier au point que son apparence d'emprunt est tombée et qu'il a perdu connaissance. On lui a posé l'Inhibiteur pendant qu'il était inconscient.
- Il n'a pas encore assez récupéré pour pouvoir se débarrasser de l'Inhibiteur. Mais cela ne saurait tarder.
- Sauf s'il n'a pas le temps, grinça Hermione en grimaçant.
- Je vous accompagne, Potter, annonça une voix derrière les deux.
Le professeur McGonagall s'avança vers ses deux élèves.
- La cheminée dans le bureau du Directeur est reliée au réseau de Cheminette. Nous serons au Tribunal Spécial en quelques instants. Puis, ce sera à vous de jouer Potter. Que les choses soient claires : le ministère veut un coupable pour le mort de Dumbledore, et ils ont pour cela les personnes idéales. Vous allez devoir être convaincant.
- Faites-moi citer comme témoin, professeur, sourit Harry. Je m'occupe du reste.
Oui, il allait s'en occuper… et il savait exactement comment.
ooOoo
Un bon dictionnaire définirait en substance un procès comme un litige soumis à un tiers impartial, le juge. C'était ce qui permettait à Drago de dire que Rogue et lui ne bénéficiaient pas d'un procès mais d'une mise en accusation pure et simple. Ils n'avaient pas le droit à la parole et, quand bien même ça aurait été le cas, les Inhibiteurs les maintenaient dans un état entre la conscience et l'inconscience. Le Maître des potions ne semblaient pas lucide et si l'esprit du renié fonctionnait à peu près correctement, son corps ne répondait pas vraiment à l'appel.
Là-dessus, ils assistaient à un défilé de sorcier jurant qu'ils étaient de dangereux Mangemorts responsables d'atrocités. La plupart des accusations était fausse, évidemment… Sauf la principale : le meurtre de Dumbledore. Ils l'avaient vraiment tué. Peu importe les circonstances… peu importe où allait leur loyauté. Un grand sorcier était mort par leur faute. Et ils allaient recevoir le Baiser d'un Détraqueur pour cela.
- Sorciers et sorcières, annonça tout à coup quelqu'un.
De là où il était, Drago ne voyait pas qui était le président-sorcier. C'était sans importance, en réalité.
- Nous allons passer à la mise en délibération du verdict.
Un frisson remonta la colonne vertébrale du blond. Il avait besoin de plus de temps. Encore un peu de temps et… et quoi, exactement ? Il fuirait ? Merlin, c'était sans espoir. Les membres du Magenmagot étaient en train de se lever pour aller délibérer en chambre du conseil – une formalité visant à préserver les apparences, car le verdict ne faisait aucun doute – lorsqu'une soudaine rumeur s'éleva du côté du public. Car évidemment, c'était un procès public. Sans trop savoir pourquoi, Drago tourna son regard vers l'origine des bruits pour voir le professeur McGonagall chuchoter quelques mots à l'oreille de l'avocat désigné pour défendre les deux accusés. Un pauvre bougre commis d'office qui n'avait pas eu le choix. Pourtant, pour une raison qui dépassait complètement au blond, l'homme – son nom échappait pour le moment au jeune sorcier – avait fait de son mieux pour les défendre. Il devait avoir l'âme chevaleresque d'un Gryffondor.
L'avocat parut surpris par les paroles de l'enseignante. Il fit un bond – littéralement – sur sa chaise avant de se tourner vivement vers la porte close de la salle de tribunal. Il regarda à nouveau McGonagall, prononça quelques mots et, ci-tôt son interlocutrice eût-elle approuvé de la tête, bondit sur ses pieds.
- Estimés membres du Magenmagot, s'exclama-t-il. La défense sollicite votre indulgence pour cette requête tardive et voudrait présenter un dernier témoin.
Drago aurait bien ricané de son style oratoire ampoulé s'il en avait été capable. Mais la situation ne s'y prêtait vraiment pas.
- Le procès est fini, Maître ! lança le président-sorcier. Il est trop tard.
- Encore une fois, mes excuses, mais le témoin en question n'était jusqu'à présent pas disponible. Je vous assure que son témoignage est essentiel.
Il y eut un ricanement dans l'assistance, pas aussi discret qu'il aurait dû l'être mais tout à fait représentatif des chances d'acquittement des deux accusés.
- Si Maître Fitzgerald désire à tout prix faire témoigner cette personne, pourquoi pas ? s'enquit une voix féminine parmi les mages du Magenmagot.
Son ton moqueur et sarcastique ne pouvait échapper à personne. Pourtant, chacun se remit en place. Sans illusion sur l'utilité de ce dernier témoignage – il n'était pas naïf et savait que c'était presque pour le divertissement que les sorciers l'avaient accepté – Drago se sentit extrêmement soulagé. Si la déposition était suffisamment longue, il parviendrait peut-être à retrouver ses forces avant que les Détraqueurs, patientant déjà dans une pièce attenante, n'interviennent. Il espérait avoir une toute petite chance… bien sûr, il ne s'attendait pas à ce qui allait suivre.
- La défense appelle… commença l'avocat, un brin grandiloquent, allant même jusqu'à ménager un peu de suspense. Harry Potter.
Et soudain, la salle sembla exploser alors que les portes s'ouvraient sur le Survivant. Chacun parlait et un brouhaha assourdissant envahit la salle alors que le brun remontait tranquillement l'allée centrale pour aller se poster à la place dévolue aux témoins. Drago eut un sourire intérieur. Vêtu d'une robe très élégante quoiqu'assez sobre, Hélios sur l'épaule et l'air parfaitement serein, Harry était la représentation même du grand héros. Pourtant, si on le connaissait, il était impossible d'ignorer qu'il ne devait guère apprécier cette entrée grandiose. Il était plutôt du genre à aller se cacher dans un tour de souris… ou dans un autre monde. Croisant le regard vert de son ami, le renié y vit une étincelle qu'il reconnut immédiatement : Harry avait un plan. Et à en juger par la mise en scène, ce devait être son côté Serpentard qui le lui avait soufflé.
La suite promettait d'être intéressante… enfin, si on laissait Harry en placer une ! Le boucan était tel qu'il était impossible au Survivant de faire sa déposition : il n'aurait pas été entendu. Drago vit un agacement fugace passer sur le visage du brun. Puis, soudain, un éclair s'abattit devant l'assemblée des mages en robes couleur prune. Un silence religieux se répandit dans la salle d'audience. Le brun offrit à l'assistance un sourire poli.
- Je vous remercie de votre attention. Puis-je témoigner, désormais ?
La mâchoire du président-sorcier menaça de se décrocher. Il s'agissait de Duncan Hemingway – Drago le reconnaissait maintenant –, un sorcier très attaché à la magie blanche. Sa fille, Laura, avait été sauvagement assassinée par les Mangemorts juste après la mort de Dumbledore et avant le départ de Drago et Harry vers l'autre monde. Autrement dit, beaucoup de rancœur… Le renié la comprenait.
- Hmmm. Nous vous écoutons Monsieur Potter, finit par dire le président-sorcier, retrouvant ses esprits.
L'Anonyme ne prêta guère d'attention au Rituel de Vérité, il en avait suffisamment vu ces derniers jours. Il s'agissait d'un sortilège complexe, inventé peu de temps plus tôt, visant à s'assurer que le témoin disait la vérité. Moins invasif que le Véritaserum – il ne forçait pas le témoin à dire des choses qu'il ne désirait pas révéler – il permettait de savoir, à la couleur que prenait une boule de cristal placée devant le déposant, si ce qui avait été dit était vrai ou non. Le problème était toutefois le même que celui du Véritaserum : la vérité prise en compte était celle en laquelle la personne interrogée croyait. Si elle se trompait de bonne foi, le Rituel ne révélerait rien.
Continuant son observation de la salle, Drago remarqua avec surprise Granger à côté de McGonagall. La jeune fille avait tenté d'aider les deux accusés et son témoignage avait été un des rares à décharge. Pourtant, elle n'avait pas été prise au sérieux et quasiment jetée dehors du tribunal lorsqu'elle avait protesté contre l'organisation de ce procès. Une Gryffondor dans toute sa splendeur – et sa bêtise. Le blond lui en était reconnaissant. Près d'elle, Weasley tentait vainement d'engager la conversation, ne recevant en retour que des regards furieux. Rancunière, la lionne. Le roux n'avait pas voulu l'aider, il allait certainement devoir subir ces regards pendant un moment. Weasley fille s'approcha de Granger pour lui poser une question à laquelle la brune répondit calmement.
- Monsieur Potter, fit le président-sorcier, comme vous le savez, nous sommes ici pour juger Monsieur Severus Rogue et l'Anonyme Drago pour le meurtre d'Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore.
- C'est ce que j'ai cru comprendre, en effet.
Harry eut un sourire amusé.
- Encore que, reprit-il, la qualification de meurtre me semble un peu excessive. Mais je pense que le plus simple est de tout reprendre dès le début, n'est-ce pas ?
C'était une question de rhétorique, chacun le comprit. Aussi, le brun put-il reprendre immédiatement.
- Je pense que je dois commencer par une chose qui s'est produite quelques temps avant la mort du professeur Dumbledore. Il se trouve que nous étions à la recherche de… d'objets ayant appartenu à Voldemort.
La salle s'agita. Il y eu des cris, des murmures et même un évanouissement. Harry fit claquer sa langue contre son palais, ouvertement agacé.
- Pour l'amour de Merlin ! s'exclama-t-il. Il est mort. Mort et même détruit alors cessez de vous mettre dans tous vos états à l'entente de son pseudonyme c'est désolant ! Bon. Où en étais-je ? Ah oui. Donc nous cherchions des objets ayant appartenu à Celui-Qui-Est-Mort. Malheureusement, il s'agissait d'objets d'une magie très noire et en détruisant l'un d'eux, le professeur Dumbledore s'est très gravement blessé. La magie noire s'est infiltrée dans son sang au point de détruire quasiment totalement sa main. Pour être clair, il était mourant. Il ne survivait que grâce aux potions que le professeur Rogue lui fournissait très régulièrement et ce n'était qu'une solution provisoire.
- Qu'est-ce qui nous dit que ce… Mangemort, cracha le mage chargé de l'accusation – un type très déplaisant, à l'avis de Drago – en désignant le Maître des potions, ne l'empoisonnait pas ?
Le Survivant lui lança un regard surpris.
- Pourquoi aurait-il fait ça ? Réfléchissez un instant : le professeur Dumbledore était gravement empoisonné par une magie très noire. Le plus simple – et discret – aurait été de le laisser en l'état. Il serait mort rapidement et sans aucune preuve pour incriminer qui que ce soit. De plus, il s'avère que le professeur Rogue était l'un des plus proches partisans d'Albus Dumbledore. D'ailleurs, même Voldemort a fini par s'en apercevoir.
Des exclamations se firent entendre, ainsi que de vives protestations. Cette fois, l'agacement de Harry fut très clair.
- Ça suffit ! s'écria-t-il. Vous m'avez demandé de témoigner de la vérité : c'est ce que je fais. Je me moque de savoir si elle vous convient ou pas. Maintenant, soit vous me laissez terminer, soit je pars et j'emmène ces deux-là avec moi. Est-ce clair ?
La Magie vibra furieusement dans la pièce, suivant certainement l'ordre du brun. Le silence revint immédiatement et le président-sorcier se dandina d'un air mal-à-l'aise sur sa chaise.
- Nous vous écoutons, Monsieur Potter.
Drago, lui, se sentit vaguement inquiet. Jamais Némésis n'aurait dû envoyer Harry à Serpentard : elle venait de créer un monstre ! Un terrifiant mélange de lion et de serpent. Mais bon, il n'allait pas commettre un putsch... N'est-ce pas ?
- Merci. Donc, la situation était très compliquée à ce moment-là. Dumbledore mourant, Voldemort de plus en plus puissant et la deuxième guerre battant son plein, il fallait consolider nos positions. Or, les deux espions de Dumbledore au sein des Mangemorts étaient dans des positions délicates.
Le cerveau de Drago enregistra malgré lui une incohérence. Encore étourdi par l'Inhibiteur, il mit un instant à comprendre de quoi il s'agissait. Deux espions ? Pourtant, Rogue était le seul agent de l'Ordre du Phénix au sein des Mangemorts.
- Le professeur Dumbledore, poursuivit Harry, décida donc d'agir de façon à préserver ses espions. Le professeur Rogue, tout d'abord, dont la loyauté était largement remise en cause par Voldemort. Le meilleur moyen de rassurer face de serp… euh, excusez-moi… le mage noir était une action qui prouverait sans qu'aucun doute ne soit permis, la sincérité de Rogue. Une action comme le meurtre de Dumbledore.
- Excusez-moi, Monsieur Potter, fit une sorcière du Magenmagot. N'est-ce pas excessif ?
- Si. Vous avez raison, d'ailleurs personne n'approuvait ce plan, pas même le professeur Rogue. Mais n'oublions pas qu'il était mourant. Quitte à mourir, il considérait que cela devait être utile au camp de la Lumière. C'était son choix, Madame. Je ne l'approuve pas, mais cela ne change rien. De plus, il y a avait un autre problème : la personne à qui Voldemort avait confié la mission de tuer le professeur Dumbledore. Drago Malefoy. Notre second espion. Le professeur Dumbledore estimait qu'il fallait exfiltrer Drago. Cela devenait trop dangereux pour lui. Il était sur le point d'être marqué et il était hors de question de laisser un enfant – selon les termes du professeur Dumbledore – porter le poids d'un meurtre, même programmé, afin de consolider une couverture. Le plan était donc relativement simple : laisser les Mangemorts entrer dans Poudlard au moment voulu pour que le professeur Rogue tue le professeur Dumbledore. Drago aurait alors été malencontreusement capturé et mis à l'abri dans une planque de l'Ordre du Phénix. Sauf que tout n'a pas marché exactement comme prévu…
Le Survivant soupira profondément avant de reprendre.
- Le professeur Rogue a hésité. Il a failli ne pas parvenir à remplir sa mission, malgré la sollicitation du professeur Dumbledore. Du coup, les Mangemorts sont arrivés trop vite et il s'est avéré impossible d'exfiltrer Drago à ce moment. Nous y sommes parvenu plus tard dans l'été, mais malheureusement trop tard : non content d'avoir laissé Voldemort le torturer, Lucius Malefoy l'avait renié. Malgré cela, nous avons poursuivi la mission en partant à la recherche de l'arme nécessaire à la défaite de Voldemort.
- Vous vous rendez compte, Monsieur Potter, que vous êtes en train de témoigner du fait que Severus Rogue a bien assassiné Albus Dumbledore ? fit le président-sorcier.
- Ce n'est pas ce que je vous dis. Si c'est ainsi que vous interprétez mes paroles, c'est que vous ne m'avez pas écouté, répliqua l'interrogé. Je viens de vous dire que Severus Rogue avait obéi, à son cœur défendant, au professeur Dumbledore. Autrement dit, s'il est coupable de quelque chose, c'est de suicide assisté. Dans le but de vaincre Voldemort. M'est avis qu'il mériterait plus une médaille qu'un procès pour avoir rempli des missions aussi difficiles et sans lesquelles la plupart d'entre nous ne seraient pas là. D'autant que je vous rappelle que nous étions en guerre. Ce n'est pas à cette assemblée que je ne vais apprendre qu'en temps de guerre de nombreuses dérogations au droit commun existent. Ce qu'a fait M. Rogue relève de ces évènements exceptionnels à mon humble avis.
Seul le silence lui répondit. Quant à Drago, il regardait avec incrédulité la boule de cristal posée devant son ami. Elle n'avait jamais réagi, même lorsqu'il avait affirmé que le renié était un espion de l'Ordre du Phénix. C'était pourtant faux… A quoi Harry jouait-il exactement ?
« L'histoire est écrite par les vainqueurs »(1), avait dit un auteur Moldu. C'est ce que Lily lui avait dit, en tout cas. Ainsi, c'était ce que le Survivant était en train de faire : réécrire l'histoire pour faire de lui, l'Anonyme Drago, un héros. Sauf qu'il ne l'était pas. Certainement pas…
- Vous ne voulez tout de même pas que nous leur décernions l'Ordre de Merlin ! s'écria quelqu'un.
- Maintenant que vous le dites, je pense en effet que ce serait une bonne idée. Après les avoir acquittés, cela va sans dire. Je pense qu'assez d'innocents ont été condamnés à tort. Concentrons-nous sur les vrais Mangemorts.
Le spectre de Sirius Black plana dans la salle. L'avertissement de Harry était assez clair. Le renié sut à cet instant qu'ils étaient sauvés. Non parce que le monde sorcier les croyait réellement innocents, mais parce que personne n'irait à l'encontre de la volonté du Survivant, le héros qui venait de vaincre Voldemort. Les dés étaient jetés.
- Non ! hurla soudainement une voix hystérique.
Un homme, sembla-t-il à Drago. Ses pouvoirs commençaient à revenir et son esprit se faisait plus aiguisé à chaque seconde.
- Ils ont tués ma fille ! Ils doivent payer ! PAYER !
Un souffle glacial emplit soudainement la pièce. Il y eut des couinements de terreur du côté du public alors que deux Détraqueurs surgissaient dans la salle pour fondre sur les deux accusés. Drago tenta d'invoquer sa Magie Propre, mais une forte douleur au niveau de son front – là où était posé l'Inhibiteur – l'empêcha de se concentrer. Un froid terrifiant l'envahit tout entier, semblant glacer son sang dans ses veines.
- Spero patronum !
Un cerf lumineux chargea les deux Détraqueurs, les forçant à reculer loin des incriminés. Déjà, Harry s'était levé et approché des deux prisonniers.
- Nous allons enlever ceci, annonça-t-il en retirant les Inhibiteurs.
Drago sentit la Magie affluer avec un bonheur indescriptible. Sa Magie Propre bourdonna autour de lui comme pour lui dire combien elle était heureuse d'être de nouveau avec lui – sentiment que le renié partageait. Tout à son bonheur, il prit garde à ne pas se demander si le Survivant pouvait leur enlever lesdits Inhibiteurs - la réponse aurait évidemment été non.
- Potter ! s'exclama Rogue, recouvrant ses esprits.
- Content de vous voir en un seul morceau, professeur. Ne me remerciez pas !
L'homme parut positivement furieux d'être secouru par celui qu'il nommait le Golden Boy de Gryffondor. Drago trouva son air outragé très divertissant.
- Potter, siffla l'enseignant, qu'est-ce que votre patronus est en train de faire exactement ?
Les deux Maîtres des Dimensions se retrouvèrent comme un seul homme pour découvrir le cerf en train de piétiner allègrement des Détraqueurs apparemment incapables de lui résister.
- Oups, souffla Harry manifestement très amusé. Il semble que Cornedrue devienne violent.
- Je parie que tu ne vas pas l'arrêter, lança le blond.
- Tu plaisantes ? Je vais l'encourager ! Je déteste les Détraqueurs. D'ailleurs, je trouve qu'on devrait les enfermer quelque part et jeter la clé !
- On les a enfermés à Azkaban, fit remarquer Rogue, mordant.
- Mouais. Franchement, je trouve que ce n'est pas approprié. Sérieusement, même les Mangemorts ne méritent pas de se retrouver bloqués avec des êtres pareils. D'autant plus qu'on a vu ce que ça a donné : ils se sont alliés avec Voldemort.
- Si ça peut te rassurer, releva Drago, ces deux-là ne s'allieront plus à personne.
Cornedrue revenait fièrement vers eux en trottinant, ne laissant derrière lui que de lambeaux de capes noires. Manifestement, le cerf partageait l'aversion de son créateur pour les Détraqueurs. Allié à la puissance d'un Maître des Dimensions, les créatures n'avaient rien pu faire. Harry flatta négligemment l'encolure de l'animal fantomatique en se tournant vers le président-sorcier.
- Peut-être serait-il temps de passer au verdict, qu'en pensez-vous ? s'enquit-il.
ooOoo
Dire que Minerva McGonagall était fière relevait de l'euphémisme : si un de ses élèves faisait encore quelque chose de louable, elle craignait d'éclater. Harry Potter et Hermione Granger, à eux seuls, étaient une source inépuisable de satisfaction pour la directrice de Gryffondor. Lorsque Potter, à peine éveillé d'un coma de plusieurs jours, avait annoncé qu'il allait aider Severus et Drago, Minerva avait été partagée entre l'incrédulité et le désaccord. Ce garçon sortait du coma, par Merlin ! Il aurait dû rester à l'infirmerie. Pourtant, elle avait vu dans les yeux verts du Survivant qu'il ne resterait pas passif. Aussi avait-elle décidée de l'aider.
Métamorphoser sa blouse d'hôpital en robe adaptée au rôle qu'il allait jouer avait été une formalité. Prévenir l'avocat des deux accusés avait également était simple. Finalement, le rôle de Minerva avait été accessoire. Elle avait observé cet Harry Potter, à la fois proche de l'élève qu'elle connaissait et différent. Plus sûr de lui… plus puissant. Plus tolérant aussi. Certainement un peu Serpentard. Mais Minerva n'était pas naïve : elle savait pertinemment que c'était positif. Harry était devenu un sorcier important – extrêmement important. Les qualités des verts-et-argents lui seront nécessaires désormais.
Ron Weasley, qui était dans le public, s'approcha de l'enseignante et de Mlle Granger.
- Que se passe-t-il, exactement ? s'enquit le roux, manifestement surpris.
Son amie lui jeta un regard colérique.
- Il se passe que quelqu'un se décide enfin à mettre fin à cette comédie !
- Mione…
- Ah ! Pas de « Mione » ! Tu m'as laissée en plan, tu n'as pas voulu m'aider. Je suis allé chercher quelqu'un d'autre.
Les oreilles de M. Weasley prirent une coloration rouge assortie à ses cheveux mais il ne fit aucun commentaire. Il avait apparemment compris que toute discussion était vaine. Malgré tout, il semblait agacé par le témoignage de Potter. Il était vrai que certains éléments étaient… inattendus. Pourtant la sphère de Vérité, posée devant le brun, ne révélait aucun mensonge. Minerva eut un soupir intérieur en réalisant l'étendue de son ignorance. Pourquoi Albus les avait-il laissés de côté ? Pourquoi leur avoir caché tant de choses ? Cela aurait été tellement plus simple si elle avait tout su. Peut-être, alors, aurait-elle compris les actions de Severus. Quoiqu'on en pense, elle avait été amie avec le Maître des Potions. La compétition entre eux avait été amicale, bien que piquante. L'enseignante trouvait cela vivifiant, tant que tout demeurait bon enfant. Évidemment, les deux dernières années étaient de mauvais exemples…
- Non !
Le cri fit sursauter Minerva qui se tourna vivement vers sa source. Elle reconnut difficilement Ernest Poly, un de ses anciens élèves, le visage ravagé par la colère et la tristesse. Il s'agissait d'un Langue-de-Plomb. Il devait faire partie de ceux qui avaient été chargés de surveiller les Détraqueurs… et cela n'était pas pour rassurer Minerva. M. Poly avait beaucoup souffert, croyait-elle se souvenir, mais il était loin d'être le seul.
- Ils ont tués ma fille ! Ils doivent payer ! PAYER !
Le regard fou de l'homme se vissa sur Drago et Severus alors qu'un froid trop connu se répandait dans la salle d'audience. Oh Merlin, cela ne finirait-il jamais ?
- Spero patronum !
Le cerf de Potter chargea sans attendre les deux Détraqueurs qui avaient été libérés alors que des aurors se saisissaient d'Ernest Poly. Le Survivant en avait profité pour se lever et s'approcher des accusés. Il était en train de leur retirer les Inhibiteurs de Magie. Minerva se demanda confusément comment c'était possible : en principe, seul celui qui avait déposé l'Inhibiteur pouvait l'enlever. Or, il était certain que ce n'était pas Potter…
L'enseignante s'arrêta là de sa réflexion, réalisant que loin de se contenter de repousser les Détraqueurs, le Patronus du jeune homme était en train de piétiner allègrement et avec une joie non dissimulée les créatures sombres. Depuis quand les Patronus pouvaient-ils faire cela ?
- Potter, qu'est-ce que votre patronus est en train de faire exactement ?
Le regard de Minerva se posa sur Severus qui semblait redevenu lui-même – la preuve, il était en train de tempêter contre le brun. La question était très pertinente. Elle était très intéressée par la réponse.
- Oups, fit l'interrogé sans montrer la moindre trace de contrition. Il semble que Cornedrue devienne violent.
- Je parie que tu ne vas pas l'arrêter, lança Drago en roulant des yeux.
Pourtant, Minerva avait l'intime conviction qu'il s'amusait. Il s'était définitivement passé quelque chose entre ces deux-là cette année. Quelque chose qui les avait rapprochés au point d'en faire des amis. Si on avait dit cela à l'animagus un an plus tôt, elle en aurait ri.
- Tu plaisantes ?
Potter se tourna vers le blond avec entrain.
- Je vais l'encourager ! poursuivit-il. Je déteste les Détraqueurs. D'ailleurs, je trouve qu'on devrait les enfermer quelque part et jeter la clé !
- On les a enfermés à Azkaban, siffla Severus, caustique.
- Mouais. Franchement, je trouve que ce n'est pas approprié. Sérieusement, même les Mangemorts ne méritent pas de se retrouver bloqué avec des êtres pareils. D'autant plus qu'on a vu ce que ça a donné : ils se sont alliés avec Voldemort.
- Si ça peut te rassurer, ces deux-là ne s'allieront plus à personne.
Minerva ne pouvait qu'approuver le pronostic du renié : le cerf de Potter venait de réduire par on-ne-sait-quelle-magie le deux Détraqueurs à quelques lambeaux de capes noires. Le jeune sorcier était décidément bien plus puissant que ce qu'on pouvait imaginer en le voyant. Il se tourna vers le président-sorcier tout en tapotant nonchalamment l'encolure du cervidé.
- Peut-être serait-il temps de passer au verdict, qu'en pensez-vous ? demanda-t-il.
La directrice-adjoint de Poudlard sourit. C'était une question de rhétorique, évidemment. Le brun envoya un sourire en coin à Severus avant de tourner les talons et de rejoindre le groupe formé par Minerva, Mlle Granger et M. Weasley. La professeur de métamorphose sourit.
- Vous nous avez offert un beau spectacle, Monsieur Potter, fit-elle.
- Ravi que cela vous ait plu, professeur. Comment vas-tu, Ron ?
Le roux regarda son ami un instant avant de répondre.
- Bien. Pour quelqu'un qui a été mis de coté pendant toute l'année.
- Ron ! protesta Miss Granger.
- Quoi ? fit le jeune homme. Apparemment, il savait beaucoup de choses ! Pourquoi ne nous l'as-tu pas dit, Harry ? Même Malefoy en sait plus que moi ! Pourtant c'est moi, ton meilleur ami.
- Drago, corrigea M. Potter. Et ça n'a rien à voir, Ron.
- Ah oui ? N'empêche que tu m'as laissé en plan. Pendant presque un an ! Un an ! Et même pas une lettre, rien !
- Écoute Ron, ce n'est pas contre toi. J'étais simplement dans un endroit où je ne pouvais pas envoyer de lettres. De plus, avec la situation à Poudlard, ça aurait été trop dangereux…
- Parce que te faire passer pour un Serpentard, ce n'était pas dangereux, peut-être ?
- J'avais besoin d'informations et Serpentard me permettait d'être à Poudlard discrètement.
- Et tu ne pouvais pas me le dire ? Ne suis-je pas ton ami ?
Une fugace expression fatiguée passa sur le visage du Survivant avant de disparaître tout aussi rapidement.
- Si, tu l'es, Ron. Mais il ne s'agit pas de ça. Il s'agissait de gagner la guerre et…
- Mesdames et Messieurs, s'écria soudainement un sorcier, la cour !
La discussion des deux jeunes gens fut stoppée par le retour des membres du Magenmagot, quelques minutes à peine après la mise en délibéré de la décision.
- Ce fut certainement le délibéré le plus court de l'histoire de la justice magique, observa Mlle Granger.
Potter renifla.
- Il va vraiment falloir faire quelque chose pour que cette justice devienne un peu plus indépendante, fit-il.
Surprise par cette remarque inattendue, Minerva se tourna vers le brun. Ce dernier observait, les sourcils froncés, les membres de l'assemblée magique. Il fallut un instant à l'enseignante pour comprendre que le jeune homme avait simplement fait cette remarque à voix haute, sans s'adresser à quelqu'un en particulier. Avait-il conscience de l'impact de ses paroles ? Certainement pas entièrement…
La directrice-adjoint de Poudlard n'écouta que d'une oreille les membres du Magenmagot déclarer Severus Rogue et l'Anonyme Drago innocents des charges retenues contre eux, préférant observer la réaction de ses élèves. Potter ne laissa rien transparaître. Granger sembla ouvertement satisfaite alors que Weasley laissa clairement apparaître sa colère. Ses frères – les jumeaux – étaient également dans la salle même s'ils étaient demeurés à leur place après l'entrée du Survivant. Ils regardaient tour à tour les innocentés et Potter, comme pour trouver une explication à ce qui se jouait. Une longue explication allait s'avérer nécessaire…
ooOoo
La vie de Severus Rogue était passée de particulière, à très étrange sans réelle transition. Il avait encore du mal à réaliser ce qui s'était passé. Un moment il était directeur de Poudlard, suivant consciencieusement le plan de Dumbledore – bon, d'accord, peut-être pas consciencieusement, mais dans les grandes lignes – et l'instant d'après, il se faisait attaquer par le Seigneur des Ténèbres.
Puis Potter apparaissait, surgissant de nulle part. Ce Gryffondor insupportable – portant l'uniforme des serpents pour l'occasion – parvenait à vaincre son ennemi et… La suite était très confuse. Severus avait la vague impression d'avoir reçu un sort, mais de qui ? A l'abri dans les barrières de Potter et Drago, il n'aurait pas dû pouvoir être touché… sauf par les personnes s'y trouvant. Décidément, les Gryffondor n'étaient plus ce qu'ils avaient été. Enfin, sauf Potter qui égal à lui-même avait joué les héros devant le Magenmagot. Tss…
Agacé, Severus porta sa tasse de thé – copieusement arrosé de diverses potions prescrites par Pomfresh – à ses lèvres. Depuis leur retour à Poudlard, Weasley n'avait cessé de pester contre son meilleur ami, exigeant des réponses. Il en devenait franchement fatiguant. Pour ne rien gâcher, Weasley fille, les jumeaux et les parents s'étaient joints à cette joyeuse troupe. L'horreur ! Songeant mollement qu'il aurait peut-être été aussi bien à Azkaban, il se tourna vers Drago. Apprendre que le jeune homme avait été renié avait été un coup dur. Jamais le Maître des potions n'aurait cru que Lucius irait si loin. Il allait parler lorsqu'il réalisa que le blond peinait à ne pas se mettre à rire alors que Potter lui lançait un regard furieux. Pourtant, Severus était persuadé qu'aucune parole n'était sortie de la bouche de son élève depuis leur arrivée.
- Que vous arrive-t-il, Potter ? s'exclama l'ancien directeur – il avait évidemment été démis de ses fonctions – sur un ton polaire.
Le brun lui offrit un sourire rayonnant.
- Mais rien, professeur. J'encourage certaines personnes à se taire plutôt que de raconter des bêtises.
- Des bêtises ? ricana Drago avec amusement. Je n'en dis jamais : je fais des remarques hautement pertinentes !
Là-dessus, le phénix de Potter – un oiseau aussi cinglé que son maître à l'avis de Severus – décida de mettre son grain de sel dans la conversation et se posa sur l'épaule de du renié, comme pour l'approuver.
- Tu vois : même Hélios est de mon avis, insista ce dernier.
- Hélios, ton avis n'est pas requis dans cette affaire. Et Drago, cesse de polluer mon esprit avec tes « remarques hautement pertinentes » !
- Sans vouloir me mêler de ce qui ne me regarde pas, fit Pomfresh avec inquiétude, il ne me semble pas que Drago vous ait dit quoique ce soit, Potter.
Le regard soupçonneux de l'infirmière amusa beaucoup Severus. Potter à Ste-Mangouste !
- Oh ? Ah oui ! C'est parce que nous pouvons nous parler par la pensée suite à… hum… un petit accident de potion.
- Oui, ricana l'Anonyme, minuscule !
- N'empêche que ça s'est bien terminé et que ce lien s'est avéré très pratique. Cesse de te plaindre !
- Je ne me plains pas, je remarque juste que cet accident n'a pas été si petit que ça.
- Quelle potion ? les coupa l'ancien directeur, sentant que ces deux-là était partis pour se chamailler un moment.
- Partagpensée, répondirent-ils en cœur.
Severus les regarda tour à tour avec la confuse impression d'être passé dans un monde parallèle avant de reprendre.
- Ce type de potion ne peut pas avoir un effet permanent.
- C'est ce que nous pensions aussi, confirma Potter avec un sérieux que son professeur ne lui connaissait pas, et d'une certaine manière, ce n'est pas le cas. Nous n'avons conservé que la capacité de parole par l'esprit et un peu de ressenti, mais nous pouvons sans problème nous isoler l'un de l'autre grâce à l'occlumentie.
- Tu partages une partie de ton esprit avec lui ?! glapit Weasley – le numéro six – d'une voix aiguë.
Drago ricana.
- Si tu savais ce que je sais sur toi, maintenant, fit-il.
Les deux garçons se fusillèrent du regard. Potter soupira.
- Vous êtes ridicules, remarqua-t-il.
Son phénix lâcha une note qui semblait approbatrice en s'ébrouant vivement, ce qui lui valut un regard agacé de la part du renié, sur l'épaule de qui il était toujours. Severus prit sa tête entre ses mains. Il était tombé dans une maison de fous !
ooOoo
Poppy Pomfresh n'avait pas vraiment pris parti pendant la guerre : elle était infirmière et en tant que telle elle entendait soigner toute personne sans s'intéresser à son camp. Pourtant, son cœur l'entraînait à espérer la victoire de Dumbledore puis celle de Potter. Elle servit en souriant un thé à Drago pour palier les effets de l'Inhibiteur. Le garçon se disputait joyeusement avec le Vainqueur sous le regard manifestement atterré du directeur Rogue. Ils venaient de quitter le tribunal et avaient été immédiatement rapatriés à l'infirmerie de Poudlard afin que l'infirmière s'assure de l'état de M. Potter. Il sortait à peine du coma, par Merlin !
- Bon ! s'exclama soudainement ce dernier. Parlons de choses importantes : où est mon épée ?
Son regard vert regarda tour à tour toutes les personnes présentes. Mlle Granger se racla la gorge.
- Comment dire cela ? Elle a été, plus ou moins, détruite.
M. Potter la regarda avec stupeur.
- Qu'est-ce que tu racontes ? C'est une épée d'antimagie ! Elle ne peut pas être détruite.
- Pourtant, elle l'a été, répondit Minerva. Je suis désolée Potter mais, selon les Langues-de-Plombs qui l'ont vu, elle a surchargé. La lame s'est effondrée sur elle-même et il n'en reste qu'un résidu racorni.
- Quoi ? Mais c'est pas vrai ! Ma belle épée... Comment est-ce possible ?
- C'est une excellente question, Potter, remarqua l'enseignante. C'est ce que les Langues-de-Plombs se demandent…
- Pourtant, ce n'est pas totalement étonnant.
Tous les regards se tournèrent immédiatement vers Drago qui venait de parler.
- Ne me regardez pas comme ça ! Le plan B consistait à plonger l'épée d'antimagie dans le Seigneur des Ténèbres…
- Voldemort, le coupa M. Potter.
Le blond leva les yeux au ciel.
- … Voldemort, afin de détruire sa magie, Horcruxes compris, pour empêcher toute résurrection. Il y avait tant de magie noire que l'épée a surchargé. Je pense, en gros, que la lame permettait de contenir l'antimagie, lorsqu'elle a été détruite alors qu'elle se trouvait en contact avec Voldemort, elle a littéralement avalé sa magie. C'est pour ça qu'il n'en est rien resté autre que sa robe et de la poussière. Voldemort vivait de sa magie noire : seuls ses Horcruxes le maintenaient en vie.
- Donc, vous êtes certain qu'il ne pourra pas revenir ? s'enquit Severus.
M. Potter renifla dédaigneusement.
- Certain, professeur. Les Horcruxes étaient connectés avec Voldemort. Ils ne pouvaient pas échapper à l'antimagie noire de l'épée. Des recherches faites sur elle nous l'assurent. Enfin, celles dont les résultats allaient dans le sens de ce qui s'est passé…
- Les recherches de qui ? s'enquit Minerva avec curiosité.
Drago et M. Potter se regardèrent.
- Peu importe, répondit le brun. Je n'arrive pas à croire qu'il ne reste plus rien de mon épée !
- Et bien, il reste la garde, proposa Mlle Granger.
Ce qui lui valut un regard agacé du Vainqueur.
ooOoo
Pius Thicknesse n'était certainement pas le ministre dont la postérité se souviendrait comme étant un grand homme. Il n'avait pas vraiment été un Mangemort, puisqu'il avait été placé sous l'Imperium et avait agi contre sa volonté, mais il devait admettre à lui-même qu'il n'avait pas lutté contre cette emprise. Pourquoi faire ?
Lorsqu'on était venu lui annoncé la réapparition de Harry Potter et la mort de Celui-Dont-On-Ne-Prononce-Pas-Le-Nom, il avait eu du mal à y croire. Le mage noir semblait tout puissant. Quelle était, alors, la puissance de ce sorcier à peine majeur ? De plus, les explications concernant sa victoire étaient pour le moins confuses : les Langues-de-Plombs avaient tenus un discours obscur – mais en même temps, c'était des Langues-de-Plombs – au sujet d'une épée d'antimagie noire qui aurait dévoré la magie noire du mage jusqu'à ne laisser rien de lui. Ce qui n'avait pas de sens : l'antimagie avait été proscrite des siècles plus tôt. Et quand l'explication avait déviée vers des histoires de morceaux d'âme qui avaient également été détruits par l'antimagie – alors même qu'ils n'étaient pas au même endroit – Pius avait abandonné l'idée de comprendre ce qui s'était passé ce jour-là à Poudlard.
Tout ce qu'il y avait à retenir, c'était que celui que l'on nommait désormais le Vainqueur était certainement le plus puissant sorcier vivant actuellement. Aussi, lorsque le jeune homme avait vivement suggéré la mise en place d'une loi spéciale, la loi « Sirius Black », Pius s'était exécuté malgré l'aberration que cela représenté. L'interdiction de soumettre les prisonniers ou tout autre sorcier aux Détraqueurs ? Quelle bêtise ! A l'avis du ministre, il valait mieux un innocent en prison qu'un coupable en liberté. Sérieusement ! Oui, il y avait eu un cafouillage avec le procès de Black, mais c'était des choses qui arrivaient. Pas de quoi en faire un plat !
Bref, la loi « Sirius Black » avait été promulguée et Harry Potter en semblait clairement satisfait. Après tout, Pius n'en demandait pas plus. Il savait parfaitement que des élections allaient être organisées et qu'il n'avait aucune chance d'être réélu, alors autant faire profil bas. Si pour cela il fallait céder aux caprices du héros du monde sorcier, soit.
Aléa Jordan, sa secrétaire, s'avança.
- Les préparatifs de la cérémonie de remise des médailles sont terminés, Monsieur le Ministre. Le Magenmagot a décidé que ce serait le président-sorcier qui remettrait les distinctions.
Pius grimaça. Non qu'il soit surpris, mais cela demeurait vexant. Il semblait être l'homme le moins puissant de la communauté sorcière, ces derniers temps, alors qu'il en était théoriquement le dirigeant. Après avoir été évincé par Potter, voilà que Duncan Hemingway, le président-sorcier, s'y mettait. Remettre les médailles de l'Ordre de Merlin était un grand honneur. Qui lui passait évidemment sous le nez. Foutu guerre ! Foutu société !
- Parfait, Miss Jordan. Vous pouvez disposer.
De toute façon, pour ce qu'elle était utile celle-là. Le chef des Aurors, Harold Fyreter, ne devrait plus tarder pour venir faire son rapport quotidien sur la traque des Mangemorts encore dans la nature, principalement Bellatrix Lestrange qui était passée entre les mailles du filet. Elle avait tué Charlie Weasley alors qu'il tentait de l'appréhender. Sa sœur, Narcissa Malefoy, avait eu la malchance de se trouver là et avait également trouvé la mort. Impossible de dire si elle avait été tuée par un auror ou un Mangemort, mais sérieusement, qui s'en souciait ? Après tout, c'était, sinon une mangemorte, au moins la femme et la sœur d'adeptes connus du mage noir. Quand à Bellatrix, elle s'était enfuie, disparaissant dans la nature.
Pius secoua la tête. Soyons honnête : cela ne le concernait pas vraiment. Il allait être destitué – pourquoi se voiler la face ? – alors à quoi bon s'inquiéter de ces questions ? Il les laissait bien volontiers à son successeur. Il avait une question plus urgente à traiter : si quelle île paradisiaque allait-il prendre sa retraite ?
ooOoo
- Je refuse, annonça Harry.
Drago soupira bruyamment.
- Arrête de faire l'idiot, nous allons être en retard.
- Je crois que tu ne m'as pas bien compris, Drago : je re-fu-se !
- Mais tu ne peux pas ! protesta Wea— Ron.
- Ah mais si ! contra le brun.
Le renié jeta un regard conspirateur au roux.
- Je crois que nous allons devoir l'y emmener de force.
Le Gryffondor eut un air septique.
- Je doute que nous y arrivions.
- Ah ! fit Drago avec une fausse condescendance. On me sous-estime !
- Je t'interdis de… commença Harry avant d'être brusquement assailli par une vague de magie runique.
Évidemment, il aurait pu contrer. Le blond avait conscience que le Survivant – désormais surnommé, pour son plus grand déplaisir, le Vainqueur – était légèrement plus puissant que lui, mais cela ne se serait ressentit que dans un réel combat et il avait bénéficié de l'effet de surprise. Ron eut un sifflement admiratif.
- Pas mal !
Ces derniers jours, sous l'impulsion (parfois légèrement violente), de Harry et Hermione, les deux sorciers avaient enterré la hache de guerre. Même s'ils n'étaient pas amis – et Drago ne savait pas s'ils pourraient le devenir un jour – ils vivaient désormais en bonne intelligence. La plupart du temps.
Toujours était-il que ce matin-là ils s'étaient ligués à Hermione pour forcer – car il s'agissait bien de l'emmener contre sa volonté – le brun à rejoindre les lieux de la conférence de presse qui commençait… il y a cinq minutes. Une conférence de presse dont l'invité vedette n'était autre que… Harry Potter. Manifestement, le sorcier en question, grand amoureux de la presse, n'était aucune envie de s'y rendre. Toutefois, prisonnier des runes de son ami, il ne put l'empêcher de transplaner. Futé, le renié libéra le héros du jour de son charme au moment où ils atterrissaient près des journalistes.
"Tu me le paieras," siffla mentalement Harry. L'Anonyme fit un effort exemplaire pour ne pas éclater de rire devant la mine agacée de ce dernier. D'autant plus que rapidement, le Survivant n'eut plus la possibilité de s'énerver contre lui : les journalistes étaient en train de l'assaillir – littéralement – de questions plus ou moins pertinentes (« Avez-vous une petite-amie, Monsieur Potter ? », fut immédiatement classé « moins pertinentes »).
Sur ce, Hélios, qui ne perdait jamais une occasion de se montrer, apparut et se posa gracieusement sur l'épaule de son Ami. Évidemment, les questions et les flashs redoublèrent. Harry semblait partagé entre l'envie de disparaître – un appel à l'aide d'une autre civilisation ? Non ? – et celle de lancer un sort sur les personnes présentes. A travers leur lien, Drago sentait l'agitation du héros du jour. Il sourit. Manifestement, si Harry pouvait combattre les mangemorts et leur maître avec décontraction, il avait beaucoup plus de mal avec les journalistes…
ooOoo
Harry quitta la conférence de presse avec une migraine digne d'un avada kedavra et une envie quasi-psychotique de café. Heureusement, l'Ordre du Phénix – ce qu'il en restait – avait établi ses quartiers à Poudlard. Il pourrait donc bénéficier de l'excellent café des elfes. Cette pensée lui mit du baume au cœur.
Ignorant royalement Drago et Ron – ces traîtres ! – il entra dans une des cheminées du hall du ministère. Il ne pouvait pas transplaner cette fois, puisque la destination était Poudlard. Le Dragon de l'infirmerie – qui était toutefois un peu moins dragonesque dans ce monde – l'attendait de pied ferme dans le bureau du Directeur dont la cheminée était raccordée au réseau de poudre de cheminette.
- Votre potion, Potter.
Harry grimaça.
- Encore une ?
Le Dragon – cette sadique – sourit.
- Encore une, confirma-t-elle.
Le sorcier émit un son indéfinissable alors que Ron apparaissait à son tour dans la cheminée, suivit de près par Drago.
- Une excellente conférence de presse, fit McGonagall en entrant dans le bureau. Félicitation Potter.
- Une torture digne de Voldemort, vous voulez dire ! râla le Survivant. Et vous deux, bande de traîtres, je vous retiens !
- Un Gryffondor qui a peur d'une bande de journaliste, railla Drago. Quelle vision plaisante.
Harry ricana.
- La prochaine fois c'est toi que fait la conférence, on verra ce dont tu en penses ! Ce sont des créatures viles et perverses !
- Potter ! se récria McGonagall avec un air outré.
- Toujours est-il, intervint Ron, qu'il va encore falloir que tu les voies à la Grande Cérémonie du Souvenir.
- Merlin, qui a choisi ce nom ?! soupira Drago.
- Euh… fit Ron, semblant hésiter. Les journalistes…
- Ah ! s'exclama simplement Harry, victorieux.
Puis, après avoir avaler l'horrible mixture du Dragon, il partit directement vers les cuisines pour supplier les Elfes de maison de lui fournir en urgence du café.
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La Grande Cérémonie du Souvenir, puisqu'elle avait été baptisée ainsi par la presse, se déroula dans le parc de Poudlard. Pour l'occasion, les vestiges des combats avaient été effacés autant que faire se peut et une estrade avait été érigée.
La cérémonie devait se dérouler en deux temps : tout d'abord un hommage aux victimes, connue ou non, combattants comme civils, puis la remise des distinctions aux personnes qui s'étaient illustrées dans la guerre.
Hermione regarda les sorciers prendre peu à peu place sur les chaises mises à leur disposition devant l'estrade. Beaucoup de monde était venu. Tous les regards, ou presque, se focalisaient sur Harry, assis à coté d'elle. Le pauvre n'allait pas apprécier. Par contre, cela semblait beaucoup amuser Drago. Pour être tout à fait honnête, la jeune fille devait admettre qu'elle n'était pas sans savourer le ridicule de la situation : que Harry Potter, pourfendeur de mages noirs, craignent la célébrité avait un coté délicieusement comique.
Elle tentait de réprimer un petit rire lorsqu'elle capta le regard de Ginny, également posé sur Harry. Manifestement, les sentiments de la rousse envers le jeune homme n'avaient pas changés. Ce n'était d'ailleurs pas la première fois qu'Hermione le remarquait. Elle en avait d'ailleurs discuté avec son ami un peu plus tôt. Elle avait bien sentit que le brun était mal à l'aise lors de cette discussion, mais ce qu'elle n'avait pu s'empêcher de remarquer, c'est que, s'il conservait une grande tendresse envers la cadette des Weasley, il ne semblait plus vraiment amoureux d'elle. Elle se garda de tout commentaire – cela ne la regardait pas – et reporta son attention sur l'estrade. Le ministre de la magie – bientôt ex-ministre, si l'on en croyait la vox populi – et le Président du Magenmagot, Duncan Hemingway, venait d'arriver. Hermione n'avait de respect ni pour l'un, ni pour l'autre. Le premier n'avait été qu'un pantin pendant la guerre et le second avait une indépendance douteuse. Car, si la sorcière se réjouissait clairement de l'acquittement de Drago et du professeur Rogue, le fait était que le Magenmagot s'était contenté d'obéir à Harry. Après tout, ils avaient déclaré les deux hommes innocents. Sauf qu'au moins Rogue était coupable. Le suicide assisté était juridiquement un meurtre. Il aurait dû, logiquement, être déclaré coupable des faits mais bénéficiant d'une excuse légale qui supprimait sa responsabilité : l'état de guerre ou un truc du genre. Bref, après Sirius condamné sans procès, les magistrats du Magenmagot ne s'étaient pas forcément remis en question… Quel dommage.
Le ministre prit alors la parole. La Gryffondor chassa donc ces pensées et écouta l'hommage vibrant rendu aux combattants. S'en suivit l'intervention de diverses personnes, personnalités ou anonymes, exprimant leur gratitude aux personnes ayant combattu et perdu la vie dans cette guerre, mais également honorant la mémoire des non-combattants ayant perdu la vie. La liste des noms des victimes de cette seconde guerre fut égrainée. A chacun, Harry semblait un peu plus se crisper, jusqu'à être plus tendu que des cordes d'un violon. Cette cérémonie, réalisa Hermione, le faisait souffrir. Pourtant, elle était nécessaire. La jeune fille se contenta donc de prendre la main de son ami et de la serrer fort, dans l'espoir de l'aider un peu.
La remise des médailles et autres décorations qui suivit ne fut pas plus simple. Hermione craint même un instant que Harry n'ensorcelle le Président du Magenmagot venu le remettre son Ordre de Merlin de Première Classe. Heureusement, le brun demeura stoïque – son passage à Serpentard avait tout de même eu des conséquences positives. Il avait cependant jeté un regard meurtrier au président-sorcier lorsqu'il avait remis sa distinction – l'Ordre de Merlin de Première Classe également – à Rogue du bout des doigts, comme s'il craignait d'attraper une maladie contagieuse. Hemingway feint ne pas remarquer ledit regard, et se rattrapa en serrant vigoureusement la main de l'ancien Mangemort.
Lorsque la distribution des médailles fut achevée, Hermione ayant elle-même reçu l'Ordre de Merlin de Deuxième Classe, les sorciers se dirigèrent en procession vers la tombe de Dumbledore devant laquelle les derniers hommages furent rendus.
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Molly Weasley avait suivi la cérémonie le cœur serré. Certes, elle était fière de ses enfants, principalement Ron qui avait été distingué de l'Ordre de Merlin de Deuxième Classe, mais la tristesse de savoir tant de vie perdue ne l'avait pas quitté. Elle avait vu la souffrance sur le visage de Harry. Oh, certes, le jeune homme le cachait bien. Pourtant, ceux qui le connaissaient avaient bien vu que cette cérémonie lui était difficile. Molly avait d'ailleurs eu une bouffée de gratitude envers Hermione lorsqu'elle avait vu la jeune fille prendre la main de son ami.
La mère de famille suivait donc à pas mesurés la procession qui se rendait devant la tombe de Dumbledore. Des discours seraient encore prononcés puis cette journée, aussi émouvante qu'éprouvante, prendrait fin. Il avait été décidé que ses enfants, tout comme Harry, Hermione et Drago, viendraient au Terrier. Molly avait besoin de rassembler sa famille autour d'elle pour se rassurer. La mort de Charlie l'avait touchée en plein cœur et elle peinait à s'en remettre. Maudite soit cette Bellatrix Lestrange. Puisse-t-elle brûler en enfer. En attendant, Molly se consolerait en gardant ses enfants restants près d'elle.
Elle sentit la main de Bill, qui marchait près d'elle, se poser sur son épaule. Le jeune homme ne dit rien, mais sa mère sentit qu'il tentait de la rassurer. Cela lui mit plus de baume au cœur que tous les discours qu'elle avait entendu jusque là.
Les derniers hommages furent donc rendu devant la tombe d'Albus Dumbledore. Puis, peu à peu, les sorciers s'en furent. La famille Weasley se réunit progressivement à l'écart, attendant patiemment. Molly n'était pas pressée. Elle avait ses enfants près d'elle. Ron les rejoint un peu plus tard. Il ne restait plus qu'eux dans le parc. Devant la tombe, se tenaient toujours Harry et Drago. Hermione se tenait près d'eux, en retrait quelques pas. Le cœur de Molly se serra et elle agrippa la main de son mari. La guerre était peut-être finie, mais pas la tristesse…
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Hermione regarda les deux jeunes hommes qui faisaient tristement face à la blanche tombe alors que tous s'étaient retirés. Une chape de tristesse semblait s'être abattue sur leurs épaules. Némésis l'avait prédit : la fin de la guerre les laissait perdus et désœuvrés. Paradoxalement, c'était cette guerre honnie qui les avait poussés ces dernières années, qui les avait forcés à rester debout et à avancer. Sans elle, les deux amis ne semblaient pas savoir quoi faire. Heureusement – si l'on pouvait dire – la Maîtresse des Dimensions avait non seulement prévu que cela arrive, mais également une solution. Encore qu'Hermione puisse contester le terme de « solution ». Peut-être au profit de « coup de pouce ». Bref, quelque chose à faire pour tenter d'aider Harry et Drago.
Un sourire en coin étira ses lèvres alors qu'elle posait la main sur le médaillon que lui avait remis Némésis. Elle tapota deux fois dessus avec sa baguette puis fit un pas en arrière.
- Bonne chance, les garçons, murmura-t-elle.
La terre s'ouvrit alors sous les pieds des deux concernés qui disparurent aussitôt.
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Harry se sentit soudainement tomber. Les lumières explosèrent, l'univers se déchira, les étoiles éclatèrent… et une autre dimension apparue.
Dans quel pétrin s'était-il encore fourré ?
Et voilà pour ce chapitre. Il a été difficile à écrire. Je sais qu'il ne s'y passe pas grand-chose, mais je pense qu'il était nécessaire.
Ensuite, oui, il semble que je sois devenue une adepte du cliffhanger. Terrible pour vous, amusant pour moi. Mais rassurez-vous. Il ne reste qu'un ou deux chapitres – je ne me suis pas encore décidée – dont l'écriture est déjà avancée. La suite ne tardera donc pas trop…
Merci encore à ceux qui me lisent encore malgré la lenteur de ma publication !
Edité le samedi 25 avril 2013 pour corriger les problèmes de mise en page.
(1) Les Frères ennemis (1967), Robert Brasillach
