Chapitre 5 – En quête du rival
Lentement, elle ouvrit les yeux. Emmitouflée dans d'épaisses couvertures de plumes, Hermione prit un certain temps avant de reconnaître la pièce dans laquelle elle était. La salle n'était éclairée que par une faible lumière jaune filtrée par les rideaux qui habillaient les grandes fenêtres, et le silence était total à l'exception de quelques mots qui s'échangeaient à l'extérieur des murs. Sans mouvement brusque, elle se redressa dans son lit puis se frotta faiblement les yeux. Cette odeur de propreté, ces lits tous alignés les uns à côté des autres… Peu de temps après, elle réalisa qu'elle se trouvait dans l'infirmerie de son école. À en juger par le calme qui régnait, il devait être très tôt le matin, car habituellement, le brouhaha strident des élèves durant la journée pouvaient largement se faire entendre dans toutes les pièces du château et ce, même à travers les murs de l'infirmerie.
Toute déboussolée, elle regarda autour d'elle à la recherche d'une quelconque présence qui pourrait l'aider à reconstituer les événements qui auraient menés à sa perte de connaissance. Bien sûr, elle espérait particulièrement y voir Harry ou Ron, mais ni un ni l'autre n'était présent à ses côtés. Cependant, elle vit Mme Pomfresh, au fond de la pièce, qui changeait les draps d'un lit.
- Mme Pomfresh? fit faiblement Hermione d'une voix très rauque.
Aussitôt, l'interpelée se retourna et alla rejoindre la nouvelle éveillée. Accueillante, elle lui adressa un sourire et posa une main contre le front brûlant de la Gryffondor.
- Comment vous sentez-vous, miss Granger?
- J'ai l'impression de ne pas avoir bouger aucun membre de mon corps depuis des siècles, répondit-elle, mais sinon, je crois que ça va… Ah, et j'ai très mal à la tête…
- C'est tout à fait normal, ricana gentiment Mme Pomfresh. Après tout, vous avez vécu quelque chose de très ébranlant, là-bas.
Quelques flashes lui vinrent alors à l'esprit : la Cabane Hurlante, les Détraqueurs… et puis Luna, elle qui l'avait accompagnée dans leur dangereux périple.
- Luna! s'exclama Hermione, inquiète. Elle était avec moi lorsque le Détraqueur nous a attaqué! Elle va bien? Elle n'a pas été blessée, j'espère?
- Miss Lovegood n'a subit aucune égratignure, soyez sans crainte.
Soulagée, la jeune fille soupira, sentant maintenant un poids de moins sur ses épaules. Laissant Mme Pomfresh surveiller ses signes vitaux et tout ce qui venait avec le train-train quotidien pour s'assurer de la santé des élèves, Hermione continua de creuser dans ses pensées, espérant peut-être se rappeller de petits détails ici et là.
- Il y avait également Malefoy et…
- Monsieur Malefoy, Zabini, Nott et mademoiselle Parkinson sont sains et saufs, lui indiqua l'infirmière. Je suis heureuse de voir que vous vous rappelez quand même bien des événements. Quelque chose d'autre vous revient?
- Je crois me souvenir de tout, déclara la concernée. En fait, je me souviens du Détraqueur, et je me souviens également qu'il m'ait attaqué… mais après… je ne me souviens pas…
- Vous avez eu bien de la chance de vous en sortir, laissez-moi vous dire. Vous auriez pu subir de bien pires dommages – ou même peut-être seriez-vous morte si monsieur Malefoy n'était pas intervenu.
- Qu… qui? s'exclama la jeune fille, dévisageant totalement Mme Pomfresh.
- Drago Malefoy, expliqua la soignante.
Hermione s'attendait à une suite, à une conclusion qui pourrait ressembler à « je vous fais marcher, voyons, il s'est enfuit en courant, hurlant comme une fillette! », mais non, rien ne vint, ce qui la troubla au plus haut point. Alors, ainsi était la suite des événements? Son pire ennemi, un Malefoy, l'avait sauvée des griffes d'un Détraqueur? Elle n'en croyait pas un seul mot.
- Il m'a… c'est lui qui m'a sauvée?
- Si j'en crois les dires de miss Lovegood, c'est bien vrai, oui. À ce sujet, monsieur Potter et Weasley ainsi que miss Lovegood sont restés à votre chevet jusqu'à très tard, hier soir. Il est peut-être un peu trop tôt pour ça, mais lorsque vous serez apte à commencer votre journée, il serait peut-être sage d'aller les rassurer sur votre état.
La jeune fille était béate, dans la lune, mais acquiesça faiblement. Le regard dans le vide, elle tenta pendant quelques instants d'imaginer une scène où Drago Malefoy pourrait sauver une fille telle qu'elle. C'était impensable, il devait y avoir une raison cachée qui l'aurait poussé à faire un tel acte de déshonneur auprès de sa famille et de son sang.
- Voilà, gloussa Mme Pomfresh. Vous semblez bien aller, alors je vous libère.
Hermione sortit de ses pensées puis adressa un sourire que très peu convainquant à la soignante. Tranquillement, elle sortit du lit puis glissa ses pieds dans ses chaussures qui étaient restées au pied de sa couchette depuis la veille. Sous l'œil vigilant de Mme Pomfresh, elle s'étira longuement en laissant évacuer un faible gémissement de fatigue.
- Merci beaucoup.
- Ce n'est rien, répondit la dame. Si jamais vos amis se pointent ici, aurais-je une indication à leur donner sur l'endroit où vous pourriez être?
- Heu… marmonna la jeune fille en regardant par le petit espace non recouvert d'un rideau à une fenêtre en face d'elle. Je crois que de l'air me ferait du bien. Je vais aller dehors, je ne sais trop où.
Puis elle partie aussitôt, attrapant au passage sa grosse robe chaude de sorcier, franchissant ensuite les grosses portes de l'infirmerie sans jeter un seul dernier regard à la femme qui avait veillé sur elle toute la nuit. D'un pas pressé, elle marcha en faisant claquer ses chaussures propres noires contre le sol de pierre en direction de la première porte qui la mènerait à l'extérieur. Aussitôt fait, elle s'arrêta, ferma les yeux et pris une grande respiration, savourant l'air fraiche qui chatouillait ses narines. Après avoir ouvert les yeux, elle enfila sa robe de sorcier puis fit quelques pas afin d'aller s'asseoir sur un banc, là où elle fouilla frénétiquement dans sa poche, et en sortit du chocolat de chez Honeydukes qu'elle engloutit aussitôt déballé.
Les dix heures du matin approchaient et un Drago mécontent sortait de la Grande Salle, ayant dégusté un repas qui s'était avéré fade, comme tous les autres qu'il avait pris depuis sa rentrée en septième année. Peut-être était-il rendu trop habitué à cette nourriture qu'elle était maintenant rendue anodine, pour lui. Cependant, ce qui mettait un certain équilibre dans son humeur, c'était qu'il n'avait pas encore croisé Potter ou Weasley. Bien sûr, lors de son entrée dans la Grande Salle, il avait eu droit à plusieurs regards indiscrets et embarrassants de la part de purs inconnus, mais il s'en moqua, décidant de les ignorer plutôt que de les affronter. Il s'était même surpris à être la cible de yeux doux et tendres de plusieurs jeunes filles d'années antérieures, ce qui flatta considérablement son égo malgré tout. Était-ce que « jouer les héros » provoquait chez la gente féminine? Est-ce que Potter avait vraiment droit à tous ces éloges de leur part puisqu'il était si fantastique aux yeux de tous?
Au moment où il allait emprunter le corridor lui permettant de retourner aux cachots des Serpentard, il vit justement ceux qui, par leur absence, avaient provoqué son humeur passable. Ils se rendaient à la Grande Salle, ce qui impliquait naturellement un face à face entre lui et ces deux ratés. Cependant, Harry et Ron n'ayant pas encore vu Malefoy, il en profiterait pour les provoquer sans qu'ils s'y attendent, peu importe la réaction qu'il engendrerait.
- …n'est plus à l'infirmerie, expliqua Ron à Harry. Je me demande où elle est…
Puis Malefoy se plaça exactement face à eux, les bousculant sans ménagement avec ses épaules en passant entre ses deux antagonistes. Tandis que Ron alla presque tomber à la renverse, Harry le tint fermement par le bras après s'être indigné d'un juron. Ce n'est qu'après avoir réalisé que l'assaillant était Malefoy qu'un certain silence inconfortable s'installa entre les trois garçons. Le nouveau héro leur lança un regard plein de mépris, leur défiant simplement de lui lancer une quelconque bribe, mais les deux se turent, le laissant poursuivre son chemin.
Satisfait de l'effet produit sur ses deux ennemis, Drago ricana faiblement en continuant son chemin, réalisant que peut-être le fait qu'il ait sauvé cette Sang-de-Bourbe lui vaudrait une certaine soumission de leur part et qu'il lui accorderait du respect. La preuve que c'était peut-être dorénavant le cas : ils n'avaient tous deux rien dit pour venger l'accrochage qu'il avait volontairement causé.
Lorsqu'il passa devant l'infirmerie, il s'arrêta, se rappelant ce qu'il venait tout juste d'entendre dire par Potter et Weasley concernant Granger. De un, c'était peut-être l'occasion rêvée pour faire vérifier son pauvre nez fragile pendant que personne n'était là pour rire de sa situation et donc se faire humilier par la même occasion, et de deux, Granger n'était plus à l'infirmerie, donc techniquement, ce temps serait sûrement l'idéal pour tenter de la retrouver pendant que le balafré et Ouistiti ignoraient encore où elle se trouvait et ce, le plus rapidement possible. Maintenant, il ne fallait qu'il choisisse sa priorité…
Son nez lui faisait un mal de chien.
Enfouissant ses mains au creux de ses poches, il pénétra dans l'infirmerie en sifflotant sans se presser.
Hermione était maintenant dans la bibliothèque et ce, depuis plus de trois heures. Elle savait bien qu'Harry et Ron risquerait de la chercher partout dans l'école, mais elle n'avait pas réalisé que lorsqu'elle indiqua à Mme Pomfresh de dire à ses amis qu'elle les attendait dehors, elle s'engageait à passer plusieurs heures à congeler au froid de cette journée d'hiver. Ne voulant pas perdre son temps à attendre inutilement, elle avait donc décidé de s'avancer dans ses travaux à la bibliothèque. Harry et Ron comprendraient bien qu'elle ait autre chose à faire de plus important, et d'ailleurs, il n'était pas très difficile de la trouver lorsqu'elle n'était nul part ailleurs dans le château.
La jeune Gryffondor gribouilla quelques lignes supplémentaires dans sa rédaction pour le cours de Métamorphose, puis referma ses livres, satisfaite d'avoir, une fois de plus, fini un travail presqu'une semaine à l'avance. Elle rangea frénétiquement ses livres dans son sac à bandoulière puis quitta la bibliothèque dans l'intention de retrouver ses deux amis. En sortant de la pièce, elle se mit à marcher la tête haute, armée d'un petit sourire aux lèvres, simplement de bonne humeur. Elle ne réalisa pas aussitôt que les élèves qui circulaient la dévisageaient, certains en rigolant, d'autres en partageant quelques phrases pas très subtiles avec leurs amis. Ce n'est que lorsqu'elle se fit involontairement bousculer qu'elle prêta attention au monde autour d'elle et qu'elle se mit à son tour à les dévisager avec plein de points d'interrogation dans les yeux. Fronçant les sourcils, elle ralentit le pas, continuant de regarder tout autour d'elle, puis se mit à tapoter son visage, y cherchant peut-être la raison de tous ces regards indiscrets et moqueurs.
Puis, juste à temps pour sauver la situation, elle croisa enfin Harry et Ron. Aussitôt qu'ils l'aperçurent, un grand sourire se dessina sur ses lèvres tandis que les élèves autour d'eux se remirent à leurs activités.
- Hermione! lança Ron et Harry, enchantés de la retrouver.
- Salut, leur répondit-elle avec le même enthousiasme en étreignant chacun d'eux.
Au moment où elle étreint Ron, Hermione vit, par dessus l'épaule du rouquin, le Drago Malefoy qui les observait directement à l'intersection de deux corridors, adossé contre un mur avec un cahier de gribouillage à la main. Décoré d'un très mince pansement blanc sur l'arête du nez, il semblait agacé et pris au dépourvu par cette scène, mais surtout très dédaigneux. Hermione desserra donc son étreinte sans lâcher Malefoy du regard, se rappelant bien rapidement qu'il était celui qui l'avait sauvée des Détraqueurs. Malgré toute sa haine envers lui, il fallait bien qu'elle aille le remercier, car après tout, elle lui devait une fière chandelle après cet acte héroïque, quelle que soit la justification…
- Tu te sens comment? lança Harry en posant une main sur le bras de la jeune fille.
- T'as l'air bien, fit Ron. Tu étais à la bibliothèque? Mme Pomfresh nous a dit que tu t'es réveillée bien tôt.
Voyant qu'elle semblait être distraite par quelque chose qui se trouvait derrière eux, tous deux se retournèrent et virent qu'elle ne fixait nul autre que Malefoy. Ce dernier, soudainement irrité par cette soudaine attention, fit une large grimace de dédain puis se retourna, quittant les lieux d'un pas pressé.
- Qu'est-ce que t'as à l'observer comme ça, lui? grogna Ron en se retournant.
- Mme Pomfresh m'a dit que c'était lui qui m'avait sauvée, expliqua Hermione en revenant à ses deux amis, c'est vrai?
Harry et Ron se regardèrent, tous deux pris d'un certain dégoût de devoir acquiescer à cette question. D'une moue incommodée, le rouquin hocha la tête avec un certain malaise, haussant par la même occasion les épaules.
- C'est ce que Luna a déclaré aux professeurs, en tout cas, ajouta-t-il.
Hermione parut incrédule, puis pinça les lèvres. Luna n'aurait eu aucune raison de mentir, il était donc officiellement clair que c'était Drago Malefoy qui avait sauvée sa vie d'entre les mains d'un Détraqueur, créature dangereuse suceuse de joie. La jeune fille ajusta son sac sur son épaule puis soupira bruyamment, devenue proie d'une grosse réflexion.
- Il va… il va falloir que j'aille le remercier, maugréa-t-elle, mal à l'aise avec ses propres mots, ça va de soi…
- Tu… tu n'es pas obligée de descendre aussi bas, Hermione, déclara Harry, allégeant ses mots avec indulgence. Même après t'avoir sauvée, il a parlé de toi en utilisant le mot « Sang-de-Bourbe », donc tu sais, il ne vient pas tout bonnement de changer pour devenir un héro…
- En plus, tu sais, ajouta Ron avec le même ton qu'Harry, ça lui ferait trop plaisir que tu te plies devant lui ainsi en lui adressant des remerciements…
- Et si les gens voient ça, renforça le Survivant, tu t'imagines un peu quelle réputation tu aurais?
- Tu sais, conclut finalement Ron, c'est un Malefoy avant tout, alors… tu comprends…?
Visiblement, ses deux amis ne voulaient pas qu'Hermione aille présenter ses remerciements à Malefoy, et elle comprenait parfaitement pourquoi. D'ailleurs, leurs arguments étaient vraiment de fer et elle se laissait peu à peu convaincre de ne pas franchir ce pas. Cependant, il lui avait quand même sauvée la vie, ce n'était pas rien… Elle ne devait pas se montrer aussi froide, aussi irrespectueuse que lui. En fait, son intention n'était pas de s'agenouiller devant lui et lui baiser les chaussures, ce n'était que de lui dire quelques mots, car malgré elle, elle lui en était très reconnaissante. Grâce à lui, elle n'était pas internée à Ste-Mangouste, et mieux, grâce à lui, elle vivait encore et discutait à cet instant même avec ses deux amis.
Oui, oui, elle allait le faire.
- Je sais… râlât-elle en grimaçant, mais je dois le faire… Je vais piler sur mon orgueil, je le dois, et j'irai lui présenter mes remerciements. Dès maintenant.
Elle leva légèrement les yeux et n'eut le temps d'apercevoir Malefoy de dos que quelques secondes avant qu'il tourne le coin, à l'autre bout complètement du corridor.
Marchant d'une cadence rapide et sèche, Malefoy jurait pour lui-même, maudissant le fait que Mme Pomfresh lui ait volé autant de son précieux temps afin de guérir son nez blessé. Maintenant, à cause d'elle, il n'avait pas réussi à trouver Granger avant Harry et Ron, donc par ce fait, il devrait irrévocablement demander une conversation privée avec la Gryffondor, et ce, devant ses deux pires ennemis.
Tout en continuant sa marche, il ouvrit son cahier personnel et se mit à lire et relire mentalement les quelques lignes qu'il avait composé de la lettre qu'il se devait d'envoyer à son père le plus tôt possible. Il se devait de choisir exactement les bons mots et de faire extrêmement attention à ses propos, car son père ne serait sûrement pas enchanté, peu importe la manière dont Drago voulait discuter du sujet et introduire son changement d'opinion, de lire cette lettre.
- Drago? lança une voix féminine essoufflée derrière lui.
L'interpelé s'arrêta brusquement, refermant son cahier en même temps en le serrant entre ses mains. Sans se retourner, il savait que trop bien qui est-ce qui venait de prononcer son nom. Bien rapidement, il se mit à analyser la situation gênante dans laquelle elle venait de le mettre. Premièrement, elle venait de l'aborder dans un couloir rempli d'étudiants : des Gryffondor, des Serpentard, des Serdaigle et des Poufsouffle, puis, deuxièmement, elle avait prononcé son prénom. À la limite, l'interpeler en plein centre d'une circulation continue d'élèves, c'était acceptable, mais qu'elle l'interpelle en utilisant son prénom, ça, c'était le comble de l'inacceptable.
Il se retourna lentement, grinçant des dents à l'intérieur de sa bouche crispée. Tout d'un coup, lorsqu'il posa les yeux sur la jeune femme, un « troisièmement » s'ajouta aux points honteux de la situation : Potter et Weasley étaient avec elle. Puis, puisque l'eau coulait si bien dans la rivière, il put même ajouter un « quatrièmement » : la totalité des élèves présents dans les alentours les regardaient avec attention. Ils continuaient leur discussion et n'étaient pas complètement accrochés à leurs lèvres, mais beaucoup avaient la tête tournée vers le couple étrange et semblaient écouter attentivement.
- Qu'est-ce que tu veux? lança-t-il bêtement, voulant tout de même garder une certaine dignité sous cette tournure inattendue d'événement.
Hermione s'approcha de lui, suivi de près par ses amis qui, Drago devina, était aussi devenus ses gardes du corps. Puis, elle même incommodée par la présence d'Harry et de Ron, elle leur lança un certain regard sous-entendant quelque chose de semblable à « c'est déjà assez gênant de faire ça, pouvez-vous me laisser au moins l'honneur que ça se passe uniquement entre lui et moi? » Toute cette grande phrase, ils la comprirent aussitôt, puis hochèrent la tête.
- À tantôt, fit Harry.
Les deux garçons lancèrent un regard méprisant au blondinet, puis tournèrent les talons, conscients que même si eux quittaient les parages, il y aurait, d'une manière où d'une autre, une bonne vingtaine de témoin de cette scène. Rien pour le rendre plus à l'aise.
- Dépêche-toi, grogna Malefoy entre ses dents, sentant son égo se faire piétiner. Qu'est-ce que tu veux?
Il réalisa bien rapidement que ce n'était pas ici et à ce moment précis qu'il lui parlerait des murmures qu'il avait entendu. Il réalisa même qu'il ne serait pas capable de supporter, ne serait-ce qu'une seconde de plus, les regards pesants de tous ces gens autour de lui. Lui, Drago Malefoy, puis elle, une Sang-de-Bourbe…
Au moment même où elle allait entreprendre la conversation, Malefoy soupira sèchement en lançant un regard circulaire à tous ces curieux.
- Quelle honte, s'impatienta-t-il en faisant toutes sortes de simagrées pour ne pas la regarder droit dans les yeux, écarlate. Sers-toi de ton titre de préfète-en-chef pour venir me rejoindre à minuit pile près des cachots de Serpentard, et laisse Potter et Weasley en dehors de ça.
Malefoy contourna rapidement la jeune fille puis quitta les lieux, la laissant légèrement troublée par son départ subit. Hermione le suivit du regard puis laissa lâchement tomber ses épaules de chaque côté de son corps, ne sachant pas trop comment réagir à ça. Autour d'elle, certains élèves se mirent à siffler, d'autres à laisser sous-entendre une certaine amourette par des bruits désagréables et quelconques, tandis que les Serpentard présents ne faisaient que la dévisager de manière impolie. Agacée, elle les lorgna dédaigneusement, puis imita le blondinet.
