Petit mot s'adressant à tous : j'imagine que, comme moi, la plupart des lecteurs préfèrent lire des fics qui suivent vraiment les personnages, les principes et les créations de J.K. Rowling à la lettre, et je vous comprends vraiment. Seulement, lors de la rédaction d'un de mes chapitres, moi, j'ai exagéré les effets qu'avaient les Détraqueurs chez les sorciers sans y faire attention.

Comme me la fait remarquer ma lectrice assidue Roze Potter (merci, en passant, j'avais aucunement fait attention à ce détail), les Détraqueurs ne peuvent pas tuer les gens, mais simplement les rendre légume. Or, j'en ai beurré un peu plus épais, et lors du chapitre qui se retrouve sous cet avertissement, j'ai ajouté, en plus de ça, un pouvoir supplémentaire à ces créatures. C'est un peu, malheureusement, cet ajout qui donne un sens à toute mon histoire...

Bref, peut-être certaines choses m'échapperont, et peut-être aussi, au cours de ma rédaction, je vais ajouter des petits détails ici et là qui ne sont pas d'ordinaire dans les oeuvres de J.K. Rowling, mais si je fais ça, c'est uniquement pour ajouter du croustillant à mon histoire! De toute façon, jamais je ne ferais un GROS changement dramatique qui n'aurait aucun lien avec l'univers d'Harry Potter.

Alors voilà, c'est tout, merci beaucoup à mes lecteurs!

Joyeux Noël!


Chapitre 6 – Échanges de courtoisie


Lorsque l'horloge sonna aux six heures du soir, la totalité des occupants de Poudlard se trouvait dans la Grande Salle, présidé, sur l'estrade habituelle servant à faire passer les messages importants, par l'imposant Albus Dumbledore. Professeurs, autre personnel de l'école, fantômes et élèves regardaient tous bien attentivement le directeur, sachant bien évidemment pourquoi les dirigeants de l'établissement avaient convoqué cette grosse réunion. Dumbledore, de ses petits yeux bleus, balaya la salle d'un regard sévère et grave avant de débuter son discours, sa voix résonnant comme un clocher dans le silence de la nuit.

- Chers élèves, commença-t-il bien lentement, je crois que vous savez tous pourquoi vous avez été obligé de vous rendre ici, à cet instant même. Outre le fabuleux festin dont nous avons tous quotidiennement droit, vous avez tous été réunis ici afin que je puisse vous faire part d'un communiqué qui a été discuté entre responsables de Poudlard avec beaucoup d'animosité.

Drago, comme toutes les centaines d'autres personnes présentes dans la Grande Salle, savait très bien ce dont le professeur Dumbledore allait parler à cet instant même. Seulement, il espérait de tout son cœur qu'il n'ose pas prononcer son nom devant la totalité de la composition de cette école, prétextant lui soumettre une multitude d'éloges par rapport à son acte héroïque. D'ailleurs, c'était bien la première fois en sept ans qu'il ne voulait rien savoir des points qu'il se doutait qu'il allait faire gagner aux Serpentard. C'était également la première fois de sa vie qu'il ne voulait pas être considéré comme un héros. Pour être franc, oui, il aurait bien aimé, au contraire, être la star du moment et de voler la vedette à Saint-Potter, mais sûrement pas pour les raisons qui l'avaient menées à cet instant et à cette situation totalement ridicule à ses yeux.

- Vous savez tous que pas plus tard qu'hier, un événement choquant s'est produit lors de votre sortie à Pré-Au-Lard, continua le directeur. Si vous n'être, par je-ne-sais-quel-miracle, pas au courant de ce qui s'est produit, eh bien une élève de notre école s'est fait attaquer par une des créatures les plus vicieuses du monde de la magie. Comme quelques professeurs et moi-même redoutions, des Détraqueurs survolent les alentours de la Cabane Hurlante, et hier, pour aucune raison valable ou connue, un d'entre eux a décidé de s'en prendre à une de vos camarades de classe.

Comme Hermione s'en était attendue, plusieurs regards se tournèrent vers elle. Un peu intimidée par cette soudaine attention de la part d'un grand nombre de gens, elle regarda autour d'elle sans bouger la tête ni le corps. Elle était trop mal à l'aise pour croiser tous ces yeux trop curieux. Cependant, mécaniquement, elle fit légèrement pivoter sa tête, suffisamment pour regarder vers la table des Serpentard, dont, bien évidemment, tous les regards étaient rivés sur elle. Tous arboraient un certain dégoût tandis que Malefoy, lui, n'était que simplement neutre, à son grand étonnement.

- J'ai donc la mauvaise nouvelle de vous annoncer que dorénavant, jusqu'à ce qu'une inspection des lieux soit entreprise, aucune visite à Pré-Au-Lard ne sera réorganisée.

Dans la Grande Salle, des gémissements de protestation s'élevèrent et un brouhaha assourdissant se mit en marche. Tous les élèves s'indignèrent, certains vraiment tristes, d'autres plutôt furieux. Lorsqu'Hermione regarda tout autour d'elle, seuls ses amis proches, Harry, Ron, Luna, Ginny, Neville et quelque uns supplémentaires, ainsi que les plus peureux restaient silencieux. De voir que les gens s'exaspérait ainsi pour une raison de sécurité vitale l'outrageait considérablement. Elle, elle aurait pu mourir de cette attaque, mais les élèves s'en moquaient totalement et ne faisait que pleurnicher sous leurs caprices d'enfants. Piquée, elle se renfrogna, croisant étroitement les bras et adoptant une moue révulsée.

- Ignores-les, Hermione, lança Harry d'une voix forte pour se faire comprendre. Ils sont tous aussi idiots les uns que les autres, ils ne comprennent pas que tu as failli y rester…

Ron approuva en hochant la tête, mal à l'aise pour Hermione de voir tous ces élèves agir comme de vrais enfants.

Malefoy également, de son côté, se sentit vraiment insulté de voir une réaction aussi immature de la part de ses camarades d'école. Bien sûr, eux, ils ne connaissaient pas la raison pour laquelle il y avait des Détraqueurs là-bas. Ils ne savaient pas que s'ils étaient présents, ce n'était que pour lui. Eux, ils n'avaient pas entendu ce murmure glacial, ces paroles inquiétantes… Son esprit forma tranquillement l'idée que toute cette peur, cette tristesse et cette frustration qui sortaient de tout bord, tout côté, ce n'était que de sa faute, à lui et sa famille. Tandis qu'il sentait une énorme nervosité monter en lui, il plongea sa main dans sa poche de pantalon, là où en sortit une feuille déchirée d'un cahier pliée en quatre. Lentement, il la déplia, puis ne fit que survoler le texte qu'il avait écrit pour son père avant de la ranger de nouveau dans sa poche.

Les secondes passèrent, et élèves dans la Grande Salle ne se calmaient pas. Le professeur Dumbledore continua de regarder le chao qui se déroulait sur ces yeux, déçu d'une telle incompréhension par rapport à leurs mesures de sécurité, puis leva bien haut ses deux bras afin de calmer la foule.

- Silence! s'écria-t-il tel un tonnerre.

Automatiquement, le silence retomba dans la pièce. Tous avaient reposés leurs yeux sur le directeur et l'écoutaient avec attention.

- Ne comprenez-vous pas ce qu'il a failli se produire? Une élève a passé à deux doigts de la mort part la faute de ces créatures, ne sentez-vous pas que d'y retourner avant qu'une pleine sécurité y soit réappliquée serait une folie?

Dumbledore parlait d'une voix posée et calme, mais avec suffisamment de fermeté et d'impact pour qu'aucun des élèves ne puissent briser ce silence.

- Nous sommes tous conscients que cette restriction ne plaise pas à tout le monde, voire à personne, mais sachez que la sécurité et le bien-être de chacun des étudiants de cette école passe d'abord et avant tout. Des nouvelles vous seront communiquées éventuellement, mais entre temps, il n'est plus question de retourner à Pré-Au-Lard. Bon, ceci dit, sur une note plus joyeuse, nous avons un remerciement particulier à attribuer à un élève de la maison des Serpentard.

Le cœur de Drago se serra dans tous les sens, retenant soudainement une envie de vomir ses trippes. Bien que Dumbledore eut la décence de ne pas – encore – mentionner son nom au grand jour, au moment où il prononça sa dernière phrase, presque tous les élèves se retournèrent vers Drago, le pauvre qui menaçait d'exploser à tout instant. Écarlate, il continua de fixer le podium avec de grands yeux, là où Dumbledore s'éloigna pour faire place au professeur Rogue. Non… S'il oserait prononcer son nom, il quitterait la salle à grandes enjambées, ça, c'était clair. Il lui ferait regretter, ça aussi, c'était clair.

Hermione regardait, comme tout le monde, Malefoy qui tentait de faire comme si personne ne l'observait, puis se sentit mal pour lui. Sachant que ce garçon débordait de fierté et avait de l'arrogance à en revendre, elle ne put s'empêcher de rigoler malgré la situation vraiment très embarrassante. Harry et Ron, derrière elle, se moquait totalement et complètement de lui et essayaient de camoufler leurs rires en pouffant dans leur manche. Après tout, c'était une scène assez comique : tous les regards étaient rivés sur un Malefoy écarlate, dont ses cheveux extrêmement pâles contrastaient à un point fou avec sa peau, le tout décoré d'un pansement sur le nez qui avait été fièrement cassé par un Weasley.

- Tu vois la fumée qui sort de ses oreilles? ricana faiblement Ron en s'adressant à Harry et Hermione. C'est son amour-propre qui s'envole!

Tous les gens des alentours qui avaient entendu se mirent à rire, attirant le regard furieux de Drago, tout à l'autre bout de la salle. Ron croisa son regard et ne s'empêcha pas de lui rire en pleine figure, ajoutant une couche supplémentaire de teinte rougeâtre à sa peau. Les yeux grands ouverts, ayant rapidement pris une expression menaçante, il le pointa en plissant les yeux, avertissement voulant dire quelque chose de semblable à « tu vas le regretter ». Le coup de poing sur le nez, la honte de se promener avec un pansement dessus, et maintenant, le fait qu'il rit ouvertement de lui devant tout le monde… Effectivement, il allait le regretter, et pas qu'un peu!

- Comme l'a si bien expliqué le professeur Dumbledore, débuta Rogue de sa voix traînante et monotone, une jeune fille de la maison des Gryffondor a failli perdre la vie durant l'attaque qui eut lieu hier. Comme vous le constatez tous, cette jeune fille en question est encore en vie, et ce, nous le devons tous à une personne qui s'abrite sous la maison des Serpentard.

Drago avait presque le goût de pleurer de honte. Il avait l'impression que Rogue tenait son cœur entre ses mains et le mutilait volontairement en l'écrasant entre ses longs doigts vicieux.

- Cet acte est considéré comme étant héroïque, puisqu'il a, pas le même fait, presque risqué également sa vie. Le sauveur a utilisé un charme maîtrisé que par un faible taux d'élèves dans cette école vu sa complexité et sa grande demande d'énergie, le charme du Patronus, et a tiré la jeune fille des griffes de ce monstre à un moment qui s'avérait fatal. Pour cette grande preuve de bravoure, nous sommes fier d'accorder quatre-cents points aux Serpentard.

Précédé par quelques exclamations de surprise, le foule se mirent à applaudir, certains en se demandant encore qui était le sauveur et la victime, tandis que d'autres regardaient les concernés sans aucune gêne. La maison des Serpentard poussa des cris de gloire, levant les poings dans les airs, plus que contents d'avoir acquis autant de points. Drago, lui, était le seul qui n'applaudissait pas. Ses deux coudes étaient sur la table et sa lourde tête reposait dans ses mains, sentant un violent mal de tête prendre le dessus sur lui. Quelle honte, quelle honte, quelle honte

Lorsqu'il releva la tête, Dumbledore était revenu en tête sur l'estrade et affichait un très grand sourire.

- Félicitations et merci beaucoup à toi, lança-t-il. Maintenant, ne laissons pas cet événement gâcher les fêtes qui ne sont qu'à quelques pas de nos portes, et savourons ce grand festin comme l'habitude nous le réserve! Passez une bonne fin de dimanche, et tenez bon, il ne reste plus qu'une semaine avant les vacances de Noël. Bon appétit!

Les tables furent soudainement recouvertes de nourriture, comme à l'habitude des élèves. Même si le blondinet mourrait de faim, il ne porta aucune attention au repas qui était maintenant servi. Au contraire, il se leva brusquement, ignorant les exclamations de ses amis, puis quitta la Grande Salle d'un pas pressé sous le regard d'Hermione.

- J'ai beau le détester, déclara Ron en le regardant également quitter la pièce, mais je dois admettre que j'ai vraiment pitié de lui, en ce moment. Peu importe ce qu'il fait, tout va toujours contre lui!

Harry se mit à rigoler en remplissant son assiette à rebord.

- Il faut bien que quelqu'un le remette à sa place, fit le Survivant, la bouche pleine. Quoi que Ron, tu t'en es bien chargé quand Malefoy est arrivé avec toi (il regarda Hermione) dans les bras!

Hermione fut surprise d'apprendre qu'en plus de l'avoir sauvée, Malefoy l'avait également transportée dans ses propres bras jusque dans l'établissement. Plus elle en apprenait sur ce qui s'était passé, plus elle développait de la sympathie à l'égard de son sauveur. Peut-être pas jusqu'au point de devenir amie avec lui, mais du moins, jusqu'à le respecter… un peu.

- Comment ça? demanda Hermione en fronçant les sourcils. Ron, qu'est-ce que tu lui as fait?

Le rouquin, qui s'empiffrait déjà comme Harry, se mit à rire sans aucune grâce en se rappelant comment il avait si gentiment accueilli le Serpentard. À plusieurs reprises, il tenta d'expliquer ce qu'il avait fait, mais sa bouche était si pleine qu'Harry prit la relève.

- Aussitôt qu'il est entré dans le hall, Ron lui a lancé le plus beau coup de poing que je n'ai jamais vu, et ça, direct sur le nez!

Harry et Ron s'exclamèrent en rire tandis qu'Hermione se sentit courroucée par la nouvelle. C'était dont ça, son petit bandage sur le nez… Tout de même, Malefoy venait livrer son corps inerte dans une enceinte sécuritaire, puis Ron le remerciait en l'envoyant au sol? Quel manque de jugement! Outrée, elle chercha les mots pour dire à quel point elle était déçue de leur comportement enfantin.

Dean et Seamus, non loin d'eux, avaient entendu la conversation puis se rapprochèrent.

- C'n'est pas tout, ajouta Dean. Malefoy et Ron ont livré un combat à la baguette! Dans le hall, devant les professeurs! Même Harry s'en est mêlé juste avant que le professeur Rogue intervienne.

Les yeux d'Hermione redoublèrent de circonférence tandis que le Weasley se renfrogna légèrement, se rappelant le moment où Malefoy l'avait projeté contre un mur en lui lançant un sort. Si Dean croyait se rendre intéressant en ajoutant ces détails, il se mettait le doigt dans l'œil, car ni Hermione, ni Harry et ni Ron n'était vraiment enchantés qu'il vienne mette sa touche dans leur récit d'événements.

- Merci, Dean, fit Ron sans enthousiasme. Tu peux arrêter, maintenant…

Réalisant que ses ajouts avaient plutôt mal passés, lui et Seamus retournèrent à leur place, juste un peu plus loin à leur table. Hermione regarda, un après l'autre, ses deux meilleurs amis, qui continuaient de manger en espérant échapper aux représailles de la préfète-en-chef. S'ils croyaient s'en tirer comme ça…!

- Vous aviez l'intention de m'en glisser un mot, de ça, ou pas? s'indigna-t-elle.

- Bien évidemment, fit Ron sans la regarder. Aussitôt que tu arrêterais d'idolâtrer ton sauveur.

- De… quoi? couina la jeune fille. L'idolâtrer? Mais de quoi est-ce que tu parles, Ron? Il ne s'agit pas de l'idolâtrer, voyons, mais de le respecter! Vous ne croyez pas que ça serait la moindre des choses? Respecter celui qui a sauvé votre amie?

Ses deux amis restèrent silencieux, continuant de manger.

- Je sais très bien que Malefoy est une ordure, poursuivit-elle. Je sais très bien tout ça, figurez-vous, car j'ai été dans le même bain que vous durant les six dernières années. Mais maintenant, c'est différent. Il m'a sauvée la vie!

- Franchement, ce n'est pas la peine de te fâcher, Hermione…

- Je ne suis pas fâchée, Harry. Je suis simplement outrée par votre comportement.

- Tu réalises que tu es en train de protéger Malefoy?

- Oui, Ron, et j'ai bien l'intention de continuer.

Catégorique, elle commença à remplir son assiette, ignorant le regard douteux qu'Harry et Ron s'échangèrent par dessus sa tête.

Les douze coups de minuit approchaient maintenant, et Drago était dans le cachot des Serpentard, prêt à glisser sa lettre dans l'enveloppe qu'il scellerait par la suite. Étendu dans son lit, pieds croisés, il la relit une dernière fois afin d'être certain que sa lettre soit convenable étant donné le sujet traité à l'intérieur.

« Père,

Vous devez sûrement être au courant des derniers événements produits dans les alentours de Poudlard ces derniers jours, mais je tiens tout de même à vous le signaler.

Hier, lors de notre visite à Pré-Au-Lard, des Détraqueurs ont surgit de la Cabane Hurlante et l'un d'entre eux a attaqué une élève. Cependant, avant qu'il ne pratique le baiser sur sa victime, le Détraqueur s'est adressé à moi… Peut-être n'était-ce pas lui, peut-être était-ce quelqu'un d'autre par l'intermédiaire de la créature, mais j'ai bel et bien entendu un murmure.

J'en ai parlé au professeur Rogue, et il n'a pas du tout été surpris. Au contraire, il semblait satisfait. J'ai donc cherché à en savoir plus, mais il ne m'a rien détaillé. Il m'a tout simplement dit que ce qui s'était passé, cette connexion entre le Détraqueur et moi, avait un lien avec ma famille, avec vous, père, et avec vos projets que vous aviez pour moi… Est-ce vrai? Est-ce que tout ça, cet incident, était prévu selon un plan que vous aviez monté? J'ai l'impression de devenir fou, car quelque chose me dit que ce murmure, c'était le Seigneur des Ténèbres.

Tout ça m'amène au second point, le point délicat de ma missive. Ce projet que vous avez pour moi depuis que je suis jeune, je ne sais plus si j'ai envie de suivre cette route. Devenir un personnage important, oui, j'aimerais que l'avenir me l'offre, mais de suivre les traces des mes ancêtres en devenant un Mangemort, je ne suis pas convaincu que ce soit pour moi. Si, cependant, c'est inévitable, je ne suis cependant pas prêt à l'être bientôt… Cette perspective m'effraie et je ne suis pas prêt à faire ce choix dès maintenant.

Je suis désolé de devoir vous envoyez cette lettre. Je suis également désolé de ne pas répondre à vos exigences aussi facilement que vous l'avez fait lorsque grand-père vous a imposé ce choix.

Répondez-moi dans les plus brefs délais, s'il vous plait.

Votre fils, Drago »

Ça y est. Il était prêt à l'envoyer. Après plus d'une vingtaine de révision, il fallait bien admettre qu'il connaissait maintenant sa lettre par cœur! Lentement, il la plia, puis l'inséra délicatement dans une enveloppe qu'il cacheta aussitôt pour ne pas se permettre de fait une énième lecture. Comme s'il possédait tout le poids du monde sur les épaules, Drago soupira bruyamment en déposant ses pieds lourds sur le sol, près à se rendre à son lieu de rendez-vous avec Granger. Rapidement, il enfila sa robe de sorcier, puis glissa sa lettre dans sa poche intérieure. Il irait envoyer sa lettre pendant ou après son entretien avec la Gryffondor, par question d'attendre jusqu'au lendemain.

En sortant sa baguette magique, il l'a secoua en chuchotant un faible « lumos! » puis contourna les quelques lits qui se trouvaient dans son chemin pour finalement quitter les cachots. Une horloge pendue à une poutre sur son passage indiqua onze heures cinquante, mais Drago était certain que la jeune fille devait déjà être à leur de rencontre et ce, depuis plusieurs minutes. En effet, lorsqu'il tourna dans un couloir adjacent à celui qu'il venait de traverser, il la vit de dos, au loin, qui gigotait dans tous les sens. Elle devait être nerveuse, se dit Malefoy, de devoir briser une des nombreuses règles flexibles de l'école même si son titre de préfète-en-chef lui autorisait plus de choses que la majorité des élèves.

Il marcha donc d'un pas pressé, comme à son habitude, vers elle, et ses souliers claquant contre le plancher attira l'attention d'Hermione derrière elle.

- Tu sais qu'on aurait pu avoir notre charmant entretien en toute légalité et sans stress avant que tu décides de t'enfuir à toute jambe ce matin, plutôt que de risquer une retenue à cause de notre sortie interdite à une telle heure de la nuit?

Elle avait dit ses mots d'une traite, sans prendre de respiration, et tout ça en marchant rapidement vers lui pour le rejoindre plus rapidement. Elle avait adopté un air de professeur sévère et avait les deux poings sur les hanches, comme si elle voulait se donner une certaine autorité qu'elle savait qu'elle n'aurait pas envers lui à travers son commentaire.

Pour toute réponse, Drago la dévisagea.

- Pourquoi est-ce que t'es parti, tantôt? demanda-t-elle, peinée d'avoir été obligée de sortir de son lit à une heure pareil.

- Dois-je vraiment répondre à ta question, Granger?

En fronçant les sourcils, il se mit à marcher en se faisant suivre par la Gryffondor qui s'attendait fermement à une réponse. La baguette du jeune homme était maintenant éteinte et rangée, car les couloirs étaient décorés de torches de feu, pendues de chaque côté des murs de pierres, ce qui faciliterait leur détection si jamais un professeur avait l'idée de passer où ils étaient.

- Où est-ce que tu vas, Drago? demanda Hermione, inquiète.

Drago roula les yeux, agacé qu'elle ait encore prononcé son prénom. À côté de lui, il l'a voyait, du coin de l'œil, le suivre avec difficulté tellement ses pas étaient rapides. Ses petits talons féminins résonnaient encore plus fort que ses chaussures, et sa respiration se faisait de plus en plus haletante. Visiblement, elle devenait de plus en plus nerveuse. D'ailleurs, voyant qu'il ne répondait à aucune de ses questions, elle s'arrêta en agrippant son bras.

- Déjà que nous ne sommes pas sensé être dans les couloirs à cette heure, fit-elle sérieusement en retirant sa main du bras de son sauveur, peux-tu bien me dire où est-ce que tu vas comme ça?

- À la volière, répondit-il simplement en se remettant en marche avec la même cadence.

Hermione se remit à le suivre.

- Oh, oui, bonne idée! Promenons-nous un peu dans l'école à minuit alors que des cours auront lieu la journée suivante, bonne idée, vraiment!

Le Serpentard ignora sa remarque, regrettant soudainement amèrement de lui avoir donné un rendez-vous à une heure pareille.

- Tu vas faire quoi à la volière à une heure semblable?

- Peu importe l'heure, Granger, une volière ne sert qu'à une chose, ici.

De son masque froid, il ne l'a regardait même pas. Bientôt, ils se rendirent aux escaliers en colimaçons qui montaient abruptement jusqu'à la volière. Tout en bas, après n'avoir posé le pied que sur la première marche, la Gryffondor s'arrêta avec l'intention de ne pas aller plus loin, regardant Malefoy les monter en groupe de deux devant elle. Remarquant qu'elle ne le suivait plus, le jeune homme s'arrêta puis posa les yeux derrière lui, sa main reposant sur la rampe.

- Je n'ai que deux mots à te dire, Drago, fit Hermione d'une voix basse. Je n'ai pas l'intention de te suivre jusqu'en haut.

Le concerné descendit les marches aussi rapidement qu'il les avait montées, puis s'approcha sensiblement d'elle afin de bien se faire comprendre.

- J'en ai rien à faire, de tes remerciements, maugréa-t-il en un chuchotement. J'en ai eu, tantôt, et au cas où tu ne t'en souviennes pas, c'était plutôt embarrassant.

Bien évidemment.

- Alors, peux-tu me dire pourquoi tu m'as donné rendez-vous à une telle heure, si tu ne veux pas entendre la seule chose que j'avais à te dire?

- Parce que moi, je dois te parler.

Bien longuement, elle analysa l'expression sérieuse qu'arborait Malefoy. Depuis le tout début, depuis la première fois qu'elle l'avait vu, elle ne l'avait jamais vu aussi sérieux. Et peut-être même était-elle folle, mais elle crut voir une once d'humanité dans son regard, comme s'il demandait véritablement son aide, et ce, pour quelque chose qui lui tenait à cœur. À contrecœur, elle se dit donc qu'elle allait le suivre, cette fois.

- Alors tu me suis, ordonna-t-il.

Il se retourna brusquement et entama la montée des nombreuses marches de cet abrupt escalier. De près, Hermione le suivit, réalisant en plus, qu'après tout, elle lui devait bien ça puisqu'il lui avait sauvé la vie.

Lorsqu'elle se rendit tout en haut, complètement essoufflée, elle vit Malefoy qui avait le bras dans les airs, et bientôt un hibou alla se poser dessus, agrippant ses serres à son bras. Un Grand Duc, se dit-elle. Elle resta à quelques pas près de lui, l'observant sortir une lettre de sa poche et l'accrocher après la patte de la chouette. Le Serpentard cajola l'oiseau très brièvement, puis le laissa s'envoler au loin tout aussi rapidement qu'il s'était installé sur son bras. Pendant un certain moment, il ne fit qu'observer sa chouette s'éloigner dans le ciel.

- Écoute, fit Hermione en osant enfin briser ce silence, je sais que tu ne veux pas les entendre, mais j'ai tout de même des remerciements personnels à te faire…

Il tourna la tête vers la jeune fille, blasé.

- Crois-moi, tu n'as aucune véritable raison de me remercier.

- Bien sûr! s'indigna-t-elle. Drago, tu as éloigné un Détraqueur alors qu'il allait me tuer! Il est clair que je…

- Je ne t'ai pas sauvée, Granger, coupa-t-il sur un ton catégorique, entre toi ça bien profondément dans le crâne.

Perplexe, Hermione fronça les sourcils. Mais qu'est-ce qu'il racontait? Était-il en train de lui dire que tout ça était faux? Qu'il ne l'avait pas sauvée?

- Mais… Luna… elle m'a dit que tu avais…

- Oui, c'est bien moi qui ai lancé le charme du Patronus, mais franchement, tu crois vraiment que j'ai fait ça pour te sauver? Tu penses vraiment qu'en te voyant étendue sur le sol, j'ai pensé à sauver ta vie?

Le cœur de la Gryffondor se contractait atrocement, sentant la douleur faire place à la nervosité qui l'animait depuis qu'il l'avait rejoint près des cachots.

- Le Détraqueur était sur toi, en train de t'aspirer, mais à un moment précis, il a décidé de s'arrêter pour se diriger sur moi, mentit le jeune homme. Si j'ai utilisé le charme du Patronus, c'était pour me protéger parce qu'il allait m'attaquer. Tous ces gens, ils pensent à tord que je t'ai sauvée, Granger.

Après tout, ce n'était rien de bien étonnant. Hermione se gifla mentalement puis laissa place à l'antipathie qu'elle avait toujours eu pour lui. Elle continua de le regarder, faisant de son mieux pour ne pas paraître atteinte. Tout en croisant les bras, elle adopta une expression hautaine en dégageant ses cheveux dérangeants en un coup de tête.

- Rien de surprenant de ta part, finalement, déclara-t-elle. J'avoue que faire accroire de telles choses aux autres devrait être le seul moyen pour toi d'avoir un peu d'attention bien méritée. Bravo, c'est réussi.

Drago sourit enfin, content d'avoir retrouvé la vrai Sang-de-Bourbe qu'il avait connu il y a six ans de ça. Jugeant maintenant que leur conversation avait pris fin, Hermione gloussa puis fit volte-face, envisageant de redescendre les escaliers pour retourner à son dortoir. C'est ça, qu'ils avaient eu à se dire?

- Attends, l'interrompit-il en avançant de quelques pas.

L'interpelée s'arrêta, esquissa une moue puis se retourna. Dans l'escalier, elle serra la rampe entre ses doigts gelés par le vent d'hiver.

- Qu'est-ce que tu veux?

Il marqua une longue pause.

- Quand… quand le Détraqueur s'est approché de toi, débuta-t-il, as-tu…

Hermione monta les trois marches qu'elle avait descendues précipitamment, attentive à sa question.

- As-tu entendu… quelque chose…?

Indisposée, elle fronça les sourcils, tentant de réfléchir au moment où elle avait failli perdre la vie. Avait-elle entendu quelque chose? Bien sûr, elle avait entendu beaucoup de choses… le vent qui soufflait, la glace qui craquait sous son poids, les soupirs effrayés de ses camarades derrière elle…

- Quelque chose comme quoi? demanda-t-elle.

- Quelque chose comme… comme un… un murmure…

Malefoy était mal à l'aise. Il avait un doute sur sa réaction. Peut-être allait-elle se mettre à lui sortir une multitude de théories sur le pourquoi il avait entendu un murmure à ce moment précis. Ou peut-être, au contraire, allait-elle complètement s'en moquer et même rire de lui en le prenant pour un fou. Il se foutait totalement de sa réaction, en fait, il voulait uniquement savoir s'il avait vraiment été le seul à entendre ce murmure inquiétant.

- Non… répondit simplement Hermione. Non, je n'ai rien entendu de tel.

Il soupira, pas du tout soulagé. Secoué d'un faible rictus nerveux, il passa une main dans ses cheveux platine en déviant son regard, le plongeant plutôt dans les montagnes lointaines de l'Écosse. Ça y est, il savait maintenant totalement ce qu'étaient venus faire ces Détraqueurs à cet endroit. Ça le concernait, lui et lui seul. Il n'avait plus qu'à attendre la réponse de son père par rapport à sa missive, une réponse qu'il appréhendait.

Hermione, maintenant officiellement inquiète à son sujet, se posait mille et une questions.

- Qu'est-ce que tu as entendu, Drago?

Pour la énième fois depuis le début de la journée, il grimaça après avoir entendu son prénom sortant de sa bouche. Pendant un instant, il pensa lui dire ce qu'il avait entendu, mais en se rappelant ce que Rogue avait dit sur la confidentialité de l'affaire, il jugea préférable de garder ça pour soi. De plus, il ne devait rien à cette fille, et surtout pas ses secrets de famille. Ce n'est qu'après une mince réflexion que le jeune homme s'écœura.

- Ça ne te regarde aucunement, cracha-t-il.

Il franchit les quelques pas qui la séparaient d'elle puis la bouscula faiblement en redescendant les marches par groupes de quatre. Hermione, restée immobile, continua de fixer le point où il était quelques secondes plus tôt, pensant sérieusement que Drago Malefoy avait plusieurs soucis à gérer.