Bon! J'ai posté ce même chapitre hier, je crois, mais j'étais tellement pas satisfaite que je l'ai retiré et retravaillé. Maintenant, il est presque deux fois plus long et beaucoup plus intéressant!

Bonne lecture! Laissez-moi vos impressions!


Chapitre 12 – Charmeur de troubles


La Gryffondor devait s'avouer attristée et déçue que, durant les jours ayant suivis leur discussion près de la forêt interdite, Drago n'ait jamais cherché à venir à sa rencontre afin de lui avouer avoir céder à sa proposition. En effet, suite à la tournure qu'avait pris leur conversation plus ou moins animée, Hermione avait cru qu'il serait sage pour lui d'accepter l'aide qu'elle lui avait si gentiment proposée sur un plateau d'or. Cependant, depuis trois longues journées, elle n'avait pas eu d'interaction directe avec lui, ayant simplement eu le droit à des salutations subtiles de la main ou à des semi sourires qui ne faisaient, en fait, qu'étirer les lèvres de manière très peu convaincante. De plus, toutes ces fois où elle l'avait croisé, il était constamment entouré de filles. Pansy Parkinson en faisait partie, entre autre, mais elle avait également et à contrecœur fini par accepter la présence de d'autres femelles autres qu'elle-même aux côtés de son cher et tendre Dragounet. Bien évidemment, lorsque Drago était avec sa bande de Serpentard, seuls les filles de cette maison traînaient avec eux, et Zabini et Nott en profitaient également plutôt bien, mais lorsque le blondinet était seul, il lui arrivait de traîner avec d'autres gamines de d'autres maisons. Même de Gryffondor.

Ce détail l'agaçait au plus haut point, mais Hermione se retrouvait fortement atteinte et irritée de le voir entouré d'autant de pimbêches immatures. À en juger par ses expressions faciales lors de ces « rencontres », il s'en donnait à cœur joie et exploitait fort bien son côté tombeur qu'il avait nouvellement acquit depuis son acte héroïque. Le temps de décompresser suivant les événements avait d'abord dû passer, mais rapidement il avait appris à découvrir et à maîtriser sa technique de drague, qui, au passage, ne lui nécessitait pourtant aucun effort puisque toutes les filles lui arrivaient déjà toutes crues dans le bec. Il n'avait qu'à passer tout près de l'une d'entre elles en la croisant du regard pour qu'elle se mette à le suivre comme un petit chien de poche qui attendait sa récompense. Hermione ignorait s'il avait dépassé le cap des simples dragues ou s'il avait poussé sa chance plus loin dans les dortoirs des Serpentard, mais une partie d'elle espérait largement le découvrir tandis que l'autre s'en passerait bien.

Pendant que la pauvre jeune fille se morfondait sur son sort, elle se surprit tout de même à s'imaginer à être l'une de ses proies. Pendant qu'elle vaquait dans ses lointaines pensées impures, elle fermait souvent les yeux, se rappelant ce sourire qu'il lui avait adressé, ses cheveux qui balayaient doucement l'air par le vent, ses yeux imprégnés de vulnérabilité… et à chaque fois, elle revenait à la réalité, réalisant qu'elle avait aucunement l'image d'un Drago « dragueur » dans la tête. Lui qui draguait assez ouvertement et grossièrement, elle, elle n'avait jamais eut le droit à ce genre de commentaires ou remarques de la part de ce côté de sa personnalité. Certainement, elle avait autrefois eu le droit à des insultes désobligeantes, mais rien ne permettait de former une image de Drago « dragueur » dans son esprit. Pourtant et étrangement, elle n'aurait pas refusé de se retrouver coincée entre lui et un mur. Lorsqu'elle le voyait faire, du loin dans les corridors, il semblait être toute une autre personne. Une personne autre que les deux seuls personnages qu'elle connaissait de lui, autre que le Drago vulnérable et le Drago arrogant classique.

Sa relation avec Harry n'avait pas évoluée, ne trouvant pas la chance de passer du temps avec lui puisqu'un Ron toujours aussi frustré l'accompagnait partout où il allait. Nombre de fois, elle avait passé tout près d'eux et Harry lui adressait un signe de salutation, mais le rouquin ne daignait même pas la regarder. Cependant, il semblait être sur le point de flancher, car à quelques reprises dans la Grande Salle, lors des repas, elle le surprenait en train de la regarder sur un air complètement pensif. Hermione se réjouissait à l'idée de peut-être faire partie de nouveau du trio d'enfer qu'ils avaient autrefois formé, mais elle ne voulut pas non plus se faire trop d'attentes afin de se retrouver déçue, comme envers Drago. N'ayant plus la chance de passer ses journées en compagnie de ses deux ex meilleurs amis, elle recevait bel accueil de Luna qui était au courant de sa légère attirance envers le Serpentard. Évidemment, à maintes reprises, elle reniait ses sentiments grandissants, mais elle fut bientôt forcée de s'avouer vaincue lorsqu'elle vit, de la table des Gryffondor à celle des Serpentard, Pansy qui était assise sur les genoux de Drago. Le blondinet souriait en discutant avec son entourage féminin et ne portait aucunement attention à la pauvre Hermione. Son comportement était rendu si distant et étrange qu'elle se mit à se demander si ses soucis concernant Vous-Savez-Qui persistaient encore dans son esprit. On aurait dit que depuis qu'il avait fait son entrée dans le monde du flirt, il avait simplement mis de côté sa « mission » comme l'on met de côté un vieux livre inintéressant qu'on préfèrerait remettre à plus tard.

Vint un jour le moment qu'Hermione aurait aisément pu se passer de vivre. Après la quatrième journée de supposée purgation de peine pour Drago, Harry et Ron, la jeune fille franchissait la porte qui menait à la salle de bain des préfets. En étant elle-même l'un d'entre eux, elle y avait constamment accès, contrairement aux autres élèves tels que Drago, qui justement, y était au moment où elle passa le pied de la porte. Seulement, Hermione eut amplement le temps d'être complètement subjuguée par la vision qui s'offrait à elle avant que le Serpentard ne remarque que quelqu'un avait fait irruption dans la pièce. Il n'était pas seul, et encore moins dans une position bien commode. En fait, son corps était penché vers l'avant devant un lavabo qui supportait le poids d'une fille assise dessus dont le chandail était complètement relevé au dessus de sa poitrine. Les mains du garçon étaient sûrement sur le point de dégrafer le soutien-gorge qu'Hermione surprit à être celui d'une Gryffondor, et suivre l'angle ses bras nus lui fit rapidement réaliser qu'il ne portait plus de chandail. Elle observa, de ses grands yeux outrés, son dos noueux s'activer sous ses caresses tandis qu'il dévorait littéralement la bouche de la fille sur qui il s'acharnait. Quant à elle, elle minaudait de plaisir, perdant ses mains dans les cheveux platine de Drago.

- Par Merlin! s'outra Hermione en ouvrant démesurément la bouche.

Suivie par des exclamations de surprise, elle eut tout juste le temps d'apercevoir les deux protagonistes se retourner vers elle avant qu'elle n'en fasse de même, fixant la porte avec l'espoir de pouvoir disparaître. Bien sûr, elle aurait tout simplement pu sortir en douce sans même qu'ils ne se rendent compte, mais la surprise avait été trop forte et inattendue pour ne pas évacuer de blasphèmes. Derrière elle, elle entendit quelques bruits précipités comme s'ils se rhabillaient, un « dégage » plutôt brusque et bête, des grognements de mécontentement qu'elle reconnut à être ceux de Drago ainsi que des faibles lamentations de la part de la fille. Rapidement, elle vit la Gryffondor qui devait être de deux années sa cadette sortir de la salle de bain en courant, laissant un Serpentard furieux entrer en jeu. Sentant une main puissante harponner son bras, Hermione se retrouva à être retournée brusquement contre le mur, faisant maintenant face à un Malefoy classique et plutôt effrayant.

- Je peux savoir ce que tu fiches ici, Granger? grogna-t-il de très mauvaise humeur et légèrement écarlate.

- Je… commença-t-elle à la fois mal à l'aise d'avoir assister à cette scène et indisposée devant ce rôle inversé. Je te demande pardon?

C'était lui, qui posait cette question? Au moment où elle alla répliquer, elle remarqua que Drago n'avait qu'enfilé sa chemise sans prendre la peine d'attacher ses boutons, devenant ainsi captive d'un Serpentard colérique et torse nu. Ses yeux prièrent de rester chastes tandis qu'elle s'efforçait de les garder droit sur son visage, même malgré ses prunelles d'acier qui lançaient des éclairs. Réalisant par la suite qu'elle était celle qui avait l'autorité entre eux deux, elle fronça les sourcils en tentant de se dégager de l'étreinte inconfortable et douloureuse de Drago. Elle aurait bien voulu mettre également un peu plus de distance entre leurs deux corps, mais elle était coincée entre lui et le mur, tout comme à son désir ressent. Cependant, ce n'était pas vraiment la situation dans laquelle elle s'était imaginée être à ce moment.

- C'est pas parce que tu te fais un point d'honneur à être épargnée par mes remarques que t'as le droit de fourrer ton nez partout dans ce que je fais! renchérit-il.

- Saches, Malefoy, siffla-t-elle en retrouvant son bras libre, que tu es dans la salle de bain des préfets et je suis préfète. S'il y a bien quelqu'un qui n'est pas à sa place entre nous deux, c'est bien toi! Tes petites escapades amoureuses ne m'intéressent guère, mais si tu cherches une place dans laquelle les pratiquer sans dérangement, ne choisis dont pas une place aussi fréquentée!

- Je vais bien faire ce qu'il me tente, et où est-ce que je le veux, Granger. Qui donc crois-tu être pour me donner des ordres?

- Eh bien, si c'est ça ta façon de voir les choses, ne t'étonnes pas à voir des spectateurs débarquer à tout moment dans ton intimité!

Il se calma, préparant une de ses fameuses répliques. Retrouvant soudainement toute sa sale fierté de Serpentard, il sourit. Un sourire purement Malefoy.

- Ah, vraiment? Spectateur?

- Heu… je… balbutia-t-elle, n'ayant mal faite comprise. Je veux pas dire que… heu…

- Depuis quand tu t'amuses à espionner mes liaisons, Granger?

- Qu… quoi?! couina-t-elle en s'empourprant.

Il fit volte-face en ricanant narquoisement, retournant tout près du lavabo sur lequel il s'était affairé quelques secondes plus tôt en laissant une Hermione incomprise et paniquée par son sous-entendu. Il se pencha pour ramasser sa cravate, la passa autour de son cou puis se mit à boutonner un à un les boutons de sa chemise en gardant l'écart qu'il avait installé entre lui et la jeune fille. Il la jaugeait sans gêne avec un mince sourire sur les lèvres, savourant la vive réaction de malaise qu'il avait si facilement provoquée chez elle.

- Ttt… Tu sais quoi? s'emporta-t-elle. Tout… ça (elle pointa négligemment le lavabo à côté de Drago de ses deux mains), ça mériterait que j'enlève des points à Serpentard! Entrer dans une pièce dont ta présence n'est pas autorisée : tu as brisé une règle de l'école!

Drago se mit à rire, et Hermione put facilement détecter qu'il se moquait ouvertement d'elle, la mettant ainsi encore plus hors d'elle. Ce qu'il venait de se produire aurait dû mettre seul et uniquement Drago dans un état de pure gêne, mais il avait, comme à son habitude, trouvé le moyen de retourner la situation afin que cette tâche lui revienne à elle.

- C'est quoi qui te fait rire? rugit-elle, révoltée. Il n'y a absolument rien de drôle!

- Tu sais aussi bien que moi que les points attitrés aux Serpentard me passent huit pieds au dessus de la tête.

Agacée que sa remarque n'ait pas réussi à lui faire ravaler sa fierté, elle soupira sèchement en tentant par la même occasion d'évacuer sa gêne. Cette tâche était cependant assez ardue, car il ne cessait de la regarder avec son sale sourire fier et provoquant tout en rattachant son dernier bouton tout près de son collet. C'était un nouveau type de sourire, celui qui se voulait légèrement dragueur, et c'est ce qui indisposait largement Hermione.

- J'ai de plus grosses préoccupations que ça, poursuivit-il en passant une main dans ses cheveux légèrement en bataille, ça aussi tu le sais.

Il venait de perdre son air baveux, rattrapant aussitôt un air solennel sans tout de même être désagréable. Il regretta cependant et soudainement ses derniers propos, craignant de se faire assiéger sous les questions concernant la manière dont il s'y prendrait pour se rendre à la Cabane Hurlante, mais il fut à la fois surpris et soulagé qu'elle ne dise absolument rien à ce propos. D'ailleurs, elle ne dit absolument rien, gardant un silence total. Sûrement avait-elle vraiment mal pris la remarque de Drago un peu plus tôt pour manquer une telle occasion de l'emmerder avec sa ténacité de Gryffondor.

- Mais bon, soupira le blondinet en se dirigeant vers elle, fais-toi plaisir, Griffon d'Or.

Un petit sourire sympathique décora brièvement son visage tandis qu'il passa à quelques centimètres d'elle pour finalement disparaître derrière la porte qui le ramenait au couloir. Étant maintenant et enfin seule, Hermione poussa un immense soupir, comme si elle avait retenue sa respiration durant tout le moment où Drago avait été dans la pièce, puis s'écrasa contre le mur derrière elle qui était déjà très près de son dos. Son regard était totalement absent, vide, mais elle fixait le lavabo sur lequel lui et la Gryffondor avaient eu une petite partie de plaisir avec insistance, se remémorant tout ce qu'elle avait eu le temps d'y voir. Son regard fut alors attiré par un objet argenté tout près des robinets. Elle s'y rendit puis y reconnut la bague que Drago portait constamment sur son annulaire, un gros bijou décoré d'une pierre verte dont uniquement les familles riches pouvaient se procurer juste à en juger par sa dimension – et par son poids. L'admirant d'un œil ébloui, elle la fit glisser dans sa poche, se promettant qu'elle irait la lui rendre lors de leur prochaine discussion.

Exactement au moment où Drago sortit de la salle de bain des préfets, il vit Ron qui bifurqua au coin d'un corridor et qui venait vers lui sans le voir. Comme les vieilles habitudes ne se faisaient pas chasser aussi facilement, il fit exprès de brutalement le bousculer à son passage à côté de lui, l'envoyant heurter le mur opposé.

- Fais attention où tu mets les pieds, Weasmoche, fit Drago sournoisement. Ça serait dommage que je me retrouve dans l'obligation d'avertir un professeur parce que tu cherches encore le trouble avec moi. Ça doit faire mal, une expulsion.

Le Serpentard lui adressa un sourire machiavélique puis ricana un bon coup juste avant de quitter les lieux sans faire attention à ses arrières, chose qu'il aurait pu regretter si Ron n'avait pas retenu son envie de lui sauter à la gorge une fois de plus pour lui casser le nez. Le rouquin se mit à masser son épaule en s'efforçant d'ignorer ses bravades et se dit que pour rien au monde il ne voudrait que son expulsion de Poudlard soit causée par Drago Malefoy. Si jamais il aurait le malheur de descendre à un niveau aussi bas que celui de son terrain de jeu et ainsi répondre à ses piètres provocations, il se retrouverait à être semblable à lui et ça, il ne le se pardonnerait jamais. Il l'observa donc s'éloigner en maugréant quelques paroles inaudibles qu'il jugea bon de justement garder aussi discrètes, puis se retourna afin de poursuivre son chemin, savourant des idées meurtrières qu'il s'imageait dans sa tête.

D'un soudain très inattendu, une porte à côté de lui s'ouvrit en y laissant sortir Hermione qui lui rentra droit dedans. De nouveau, il bascula, perdant presque équilibre, mais la jeune fille lui tint le bras sans avoir eu le temps de reconnaître la personne qu'elle venait d'heurter, surprise par cette brusque collision. Ce n'est que lorsqu'ils furent enfin tous les deux redressés qu'ils se rendirent compte qui était la personne devant eux.

- J'en ai assez de me faire bousculer! lança Ron avant de se rendre compte qu'Hermione se tenait devant elle.

- Oh, Ron… bredouillât-elle sur un ton scabreux. Désolée, je n'ai pas eu le temps de réagir…

Ron la regardait, soudainement en perte de tous ces moyens. Il devint alors cramoisi et très maladroit dans ses gestes, ne s'étant aucunement attendu ou préparé à avoir une quelconque altercation avec elle. Puis, graduellement et dans un court instant heureusement, il retrouva entièrement possession de sa tête, lui donnant par la même occasion la possibilité de faire le lien entre Malefoy qu'il venait tout juste de voir sortir de la même pièce où Hermione venait également d'en faire autant. Aussitôt, le visage habituellement niais du rouquin se transforma pour faire place à des traits méprisants.

- Je peux savoir ce que tu faisais là? demanda-t-il en croisant les bras.

- C'est la salle de bain des préfets, Ron, expliqua Hermione en pointant l'insigne de préfète-en-chef qui décorait sa tunique. Je le suis également.

- Je ne suis pas idiot, je l'ai bien remarqué, lança-t-il d'une voix forte et irritée. Malefoy, cependant, il ne l'est pas!

La jeune fille réalisa rapidement qu'il devait forcément l'avoir croisé pour arriver là où ils étaient maintenant.

- Les cheveux dépeignés, la chemise retirée des pantalons, et l'air suffisant qu'il affichait... se mit-il à crier, rageur mais surtout extrêmement jaloux. Je ne me demanderai pas ce que toi et lui, vous étiez en train de faire!

Bien évidemment, il fallait qu'il se mette à s'imaginer tout plein de choses, comme à son habitude! En temps normal, elle aurait dû se fondre en explications pour tenter de lui faire comprendre que ce n'était pas du tout ça qui s'était produit, mais au contraire, cette fois-ci, elle n'avait aucunement l'intention de lui faire ce plaisir. Non, cette fois-ci, il allait trop loin. Sa paranoïa était d'un ridicule qui donnait envie à Hermione de le frapper jusqu'à ce qu'il arrive, un jour, à être moins stupide et aliéné. Elle ignorait si c'était de la jalousie qui le rendait ainsi ou simplement une envie d'être insupportablement énervant, mais elle en avait plus qu'assez de ses humeurs qui finissaient toujours par causer une longue et pénible amertume en elle, et surtout une grande culpabilité.

- Ce qui me dégoûte le plus, poursuivit-il, c'est que tu t'efforçais tant à nous faire comprendre qu'il ne se passait rien entre vous, à moi et à Harry! Tu vois, maintenant je t'ai pris la main dans le sac, et je ne manquerai pas de le faire savoir à tout le monde! T'es qu'une menteuse!

- Tu ne sais même pas ce que tu dis, idiot! renchérit Hermione, devenue aussi fumante de colère que le rouquin. Harry ne t'a-t-il pas déjà dit à quel point du avait un don incroyable pour t'imaginer une panoplie d'histoires toutes aussi ridicules les unes que les autres?!

- Pourquoi est-ce que tu n'admets simplement pas que tu as une liaison avec lui? lança-t-il en contre-attaque. Hein? Tout le monde a des doutes!

- Parce que ce n'est pas le cas, espèce de crétin d'idiot d'imbécile profond! rugit-elle en s'avançant d'un pas vers Ron. Que diantre ne comprends-tu pas dans ce que je suis en train de te dire?! Qu'est-ce qui te fait défaut, dans ta sale caboche?!

Elle avait tellement hurlé d'une voix puissante qu'elle résonnait encore dans sa tête, sentant même quelques neurones produire des flammèches qu'elle sentait sortir par ses oreilles en brûlant ses tympans au passage. La conséquence de sa perte de sang-froid était peut-être désagréable, mais le bien-être qu'elle ressentait en faisant enfin évacuer sa frustration sur Ron était incomparable et valait toute la douleur du monde. Apparemment, celui-ci ne se serait jamais douté qu'Hermione pourrait perdre ainsi le contrôle de sa personne, car il semblait largement terrifié par sa forte réaction.

- Menteuse! s'écria-t-il, à court d'arguments.

- Répètes un peu ça, si tu l'oses! la menaça-t-elle en levant une main parée.

- Comme tu veux! Menteu…

Il n'eut même pas la possibilité de finir son mot, qu'il fut brusquement coupé par une main brûlante de fureur qui alla flageller sa joue de plein fouet, faisant même retentir en écho le bruit du contact violent dans le couloir vide. Un silence prolongé s'en suivit, laissant les deux antagonistes hors d'haleine.

Cette fois-ci, Ron ne pouvait rien faire pour répliquer. Des mots n'auraient pas été suffisants, mais il n'userait jamais de la force physique contre Hermione pour lui faire regretter son geste, l'obligeant alors à lever son drapeau blanc et à quitter le champ de bataille en tant que perdant. Une main sur sa joue d'une couleur de sang, il dévisageait la Gryffondor en se jurant que plus jamais il ne lui adresserait la moindre parole, ni même un seul regard. Il se sentait tellement humilié et inférieur, mais surtout si blessé qu'il savait que jamais il ne pourrait oublier la journée où son ex meilleure amie Hermione Granger lui aurait administrer une claque des plus magistrales qu'il n'ait jamais reçues de toute sa vie.

- J'espère que ça t'a fait mal! ragea-t-elle.

Hermione, elle, ne regrettait aucunement ses paroles, ni même son geste. Ron avait joué avec le feu, et il avait maintenant récolté ce qu'il avait semé. Elle se doutait bien que ce qu'elle venait de faire était irréparable, mais elle en assumerait les conséquences en se disant qu'elle l'aurait fait pour son bien et pour ne pas constamment devoir se sentir comme une idiote à cause de lui. Les poings fermés, elle se disait que s'il ne quittait pas les lieux dans la minute qui suivrait, elle ne se gênerait pas pour répéter son coup.

- Ne m'adresse plus jamais la parole, Hermione, murmura un Ron peiné mais catégorique. Je n'ai plus rien à te dire.

- Nous sommes au moins d'accord sur un point.

Il tourna les talons. Cependant, au moment où il posa un pied en avant de l'autre dans l'intention de s'enfuir à toute jambe, il s'arrêta aussitôt, maudissant Drago Malefoy qui venait sans doute d'assister à toute la scène. Le Serpentard se tenait là, épaule contre mur, les bras tout comme les jambes croisés. Lorsqu'Hermione le vit à son tour, elle grimaça d'embarras et opta plutôt pour ne pas croiser son regard qui était saturé d'excitation. Visiblement, il avait dû prendre un plaisir fou à regarder la scène qui s'était offert à lui puisqu'un petit sourire satisfait et amusé décorait son visage hypocrite.

Ron déguerpit alors bien rapidement en ne manquant pas de bousculer Malefoy d'une épaule, qui lui ne fit que ricaner en retour. Ce n'était plus la peine de l'humilier encore plus qu'il ne le fût déjà avec cette gifle monumentale, alors Drago ne se contenta que de le regarder partir la tête basse en riant ouvertement du sort qui l'avait frappé. Il reposa ensuite son attention sur la jeune fille, la détaillant fièrement du regard, mais surtout en étant très surpris d'avoir été témoin de cet écart de conduite de sa part.

- Qu'est-ce que tu fais encore là, toi? siffla-t-elle entre ses dents.

- Je vous ai entendu crier, toi et la belette, et je me suis dit que pour rien au monde je ne voudrais manquer un tel spectacle. C'était une bien jolie prise de bec!

Ce fut une réponse qui frustra encore plus la Gryffondor. Un spectacle? Ce qu'elle venait de vivre était bien loin d'un spectacle! Son ironie était insupportable…

- Tu m'épates, la Granger.

Encore débordée par la frustration, elle suppliait mentalement Drago de se taire car elle sentait que son surplus d'ondes négatives n'allait pas tarder lui exploser à contrecœur en plein visage. Elle fulminait. Puis, avant qu'il ne décide d'ajouter quelque chose de plus, elle suivit le même chemin que Ron avait pris pour partir, employant une méthode de respiration moldue qui avait pour but de ramener les énergies positives à l'intérieur d'un corps en état choc.

- Tu as totalement remis Weasley à sa pl…

- La ferme! hurla-t-elle d'une voix sur le point de se briser, s'arrêtant par la même occasion.

Drago ravala aussitôt son sourire. Non pas uniquement à cause de ce qu'elle venait de lui hurler à pleine figure, mais surtout à cause du regard qu'elle venait de poser sur lui : son visage était entièrement tordu par la tristesse et son menton était victime de violentes secousses. Ce qui poigna cependant Drago aux tripes, c'était ses yeux. Ses yeux qui brillaient, complètement recouverts d'une épaisse couche de larmes qui était sur le point de céder afin de libérer un chagrin liquide.

Aussitôt qu'il eut la possibilité de déceler toute la peine qu'elle entassait dans ses yeux, elle s'enfuit en courant, déclenchant un courant d'air sur Drago qui lui permit de sentir son odeur. Déconcerté, il baissa les yeux sans chercher à la retenir, ne faisant qu'écouter le bruit de ses pas précipités qui s'atténuait seconde après seconde derrière lui. Lorsqu'il l'entendit, au loin, éclater en sanglots sans pour autant s'arrêter de courir, il eut la brève intention d'aller la rattraper mais se raviva aussi rapidement que cette idée était apparue dans ses pensées puisqu'il jugeait être lui-même la personne la moins apte à offrir du réconfort à quiconque en situation de crise. Que pourrait-il bien lui dire, de toute façon? Il était bien heureux qu'elle ait enfin décidé de mettre fin à ses tourments en rompant le lien qu'elle avait avec cette incompétente belette. S'il aurait fait un quelconque pas vers elle afin de tenter de la réconforter, il n'aurait eu que des félicitations à lui partager, et ça, ce n'était sûrement pas ce qu'elle recherchait.

Les six heures du soir sonnèrent enfin aux horloges de l'école, et Drago pénétra au même moment dans la Grande Salle, complètement affamé. Il se surprit même à jeter un regard à la table des Gryffondor dès son entrée dans la gigantesque pièce, cherchant Hermione des yeux. Elle y était. Sa tête reposait sur ses bras croisés contre la table, son visage faisant face à la grande porte qu'il venait tout juste de franchir, mais ses yeux étaient clos. Lorsqu'il parcourut le reste de la table d'un rapide coup d'œil, il remarqua que Potter et Weasley n'y était pas. Ce dernier était sûrement en train de pleurer lamentablement sur l'épaule de son petit copain le balafré. À l'évocation de cette image, il ricana pour lui-même.

Tout d'un coup, le Serpentard se retrouva entouré de deux bras élancés et étouffants tandis qu'une voix perçante déformait son nom d'une manière plus que ridicule. Pansy le couvrait maintenant de baisers, terminant sa course effrénée sur sa bouche qui ne répondit qu'à peine à ses caresses. Lorsqu'il se sépara d'elle avec un certain petit malaise, il reposa ses yeux sur une Hermione immobile qui avait maintenant les yeux ouverts et l'observait avec une passivité inhabituelle. Il n'eut même pas le temps de la voir détourner son regard que Pansy le tira par le bras afin de l'asseoir à côté d'elle à la table des Serpentard.

Toute la durée du souper, Hermione la passa distraitement, ayant constamment envie de se retourner afin de jeter un regard à Drago pour tenter ne serait-ce que légèrement de lui faire penser à autre chose qu'à son horrible dispute avec Ron. Elle n'avait cependant jamais flanché jusqu'à ce que Ginny, assit en face d'elle, le lui oblige.

- Regarde comment il agit, fit-elle en dévisagea quelqu'un par dessus l'épaule de la jeune fille. Quel manque de classe!

Hermione, Lavande, Parvati, Padma et quelques autres Gryffondor qui avait entendu le commentaire de Ginny se retournèrent afin de regarder ce qui répugnait tant la rouquine. La réaction de cette dernière devint rapidement unanime et tous se retournèrent pour pouvoir être épargnés de ce spectacle, tous à l'exception d'Hermione. Elle gardait la tête retournée, observant Drago en train d'embrasser Pansy en y mettant ce qu'elle jugea être de la tendresse. Sa supposition était loin d'être fondée, parce qu'il y avait cette rudesse dans ces gestes, comme s'ils n'étaient pas sincères, comme s'il avait uniquement pour but de se faire plaisir en ayant des contacts physiques avec une personne du sexe opposé. Ils étaient tous deux assis à califourchon sur le long et unique banc qui longeait la table, face à face, faisant comme s'il n'y avait personne autour qui risquait de les voir s'embrasser de la sorte. Hermione sentait son cœur cogner contre sa cage thoracique et également de la jalousie à l'état pure émaner de chacun des pores de sa peau. Si elle voulait vraiment que ses esprits prennent une différente direction que sur Ron, elle avait bien réussi!

- Ça va, Hermione?

Elle se retourna, réalisant que ses mains formaient maintenant des poings étroits dont les ongles de ses doigts étaient presque sur le point de fendre sa peau. Lorsqu'elle prit compte de la douleur qu'elle ressentait, elle grimaça en mimant un mince hochement de tête à Lavande qui lui avait posé cette question. Même si la faim l'avait complètement quitté, elle prit encore quelque bouchée dans son assiette puis battit en retraite, faignant une moue fatiguée.

Elle se sentait plus seule que jamais. Errant dans les couloirs de l'école, elle repensait à sa fin de journée catastrophique. Jamais elle n'aurait dû faire éclater sa colère sur Drago, car maintenant venait l'envie d'aller se réfugier vers lui afin de tout oublier. Cependant, elle avait sûrement réussi à le rendre aussi froissé contre elle que Ron l'était suite à ce qu'elle lui avait hurlé un peu plus tôt. Complètement désespérée, elle s'effondra sur un banc près d'une arche qui menait dehors, puis savoura le vent froid qui soufflait sur sa peau. Lentement, elle ferma les yeux, ayant vaguement l'impression qu'elle était en train de s'endormir. La tête contre le mur derrière elle, tous les sons semblaient s'éteindre, toutes sensations semblaient la quitter, toutes pensées semblaient la déserter… Elle s'assoupissait tranquillement.

- Comme je le disais tantôt, tu as totalement remis Weasley à sa place.

Cette voix… Elle ouvrit brusquement les yeux, et fut grandement soulagée d'y voir Drago qui se tenait devant elle, son visage n'arborant aucune marque d'une quelconque colère ou rancune envers elle. Malgré son état plutôt cafardeux, elle trouva le moyen de rire à sa phrase qui n'en requérait aucunement. Son cœur était si soulagé de le savoir là, devant elle, qu'elle en oublia ses aventures de flirt qui lui sapaient d'ordinaire le moral. Elle ne porta même aucune attention à la jeune fille qui l'accompagnait et qu'Hermione découvrit à être la jeune Gryffondor avec laquelle Drago avait fricoté dans la salle de bain des préfets. La seule et unique chose qui lui importait, c'était que Drago ne lui en voulait pas et que lui, il ne l'avait pas abandonné.

Se la jouant blagueur, il haussa les sourcils en esquissant une moue épatée.

- Eh bien, je suis content d'avoir pu terminer ma phrase!

Hermione se mit à rire tandis que Drago ne laissa paraître qu'un mince sourire. Un peu inconfortable, elle fut soudainement éprise des symptômes de la jeune fille timide.

- Oui, heu… Je sais… bégaya-t-elle. Je… hum… Je suis désolée… Je n'ai jamais vraiment voulu de crier dessus… Mais bon… Apparemment, tu étais là pour tout voir, alors bon… J'espère que tu comprends…

- Hum, hum, marmonna-t-il en acquiesçant.

Il se tourna alors vers la jeune Gryffondor puis lui chuchota sensuellement quelque chose au creux de l'oreille, détail qu'Hermione se retrouva à presque ressentir puisqu'un frisson parcourut son échine. La gamine hocha la tête en rigolant puis s'éloigna en gambadant joyeusement. Drago reporta alors immédiatement son attention sur Hermione, qui elle observa l'autre fille s'éloigner.

- Tu sais que si tu aurais été quelqu'un d'autre, n'importe qui d'autre, je t'aurais collé mon poing au visage après une telle réplique?

Hermione s'imagina qu'elle devait se sentir chanceuse d'être elle-même. De nouveau, elle se mit à rire, choyée d'être exclue du lot. Pour toute réponse, elle baissa les yeux, tentant de discipliner son cœur agité qui se débattait entre ses organes. Juste pour empirer le débit du flux de son sang dans ses veines, Drago s'assit à ses côtés, posant sur elle un des regards qu'elle n'avait jamais eu l'occasion d'en être la cible, puis posa ses coudes contre ses genoux en joignant ses mains.

Un moment de silence s'installa. Il continuait de la regarder.

- Ça va? demanda-t-il enfin.

Étonnée par cette question de sa part, la jeune fille ne fit qu'hocher la tête d'une manière très saccadée. Dans des lourdes situations comme celle-ci, elle avait toujours eu ce système corporel automatique qui faisaient revivre ses larmes lorsqu'on lui demandait comment elle se sentait, mais cette fois-ci, elle n'avait pas le goût que ça se produise. Du moins, pas devant lui. Pas comme elle l'avait fait un peu plus tôt. Après un silence qu'ils étirèrent tous deux, Drago se leva finalement puis se mit face à elle.

- Bon, eh bien, le devoir m'appelle.

Il ricana en pensant à la jeune et naïve Gryffondor qui l'attendait maintenant dans la salle des trophées, mais s'arrêta net lorsqu'il vit qu'Hermione ne semblait pas comprendre. Sans chercher à s'expliquer, il s'éclaircit la gorge.

- Écoutes, ajouta-t-il, je sais bien que… que je suis pas la personne à qui tu aurais le goût de parler en cas de… de trucs comme ça, mais bon… Je ne sais pas trop pourquoi, mais il se trouve que toi, tu es là pour moi… donc bon, j'imagine que la moindre des choses soit que moi, je sois également… que je sois là pour toi aussi…! Alors heu…

Il ne finit pas sa phrase, se contentant d'hocher la tête en espérant tout d'abord que lui-même se comprenne dans ses propos. Hermione, quant à elle, comprit malgré son détour maladroit, puis ne put s'empêcher de sourire, devenant graduellement de bonne humeur grâce à lui. À la manière coincée, il lui fit donc un petit signe de la main en s'éloignant, puis lorsqu'elle en fit de même, il se retourna complètement afin de disparaître dans l'obscurité grandissante du corridor. À la seconde près, Pansy apparut à l'autre extrémité, cherchant clairement quelqu'un des yeux. Hermione l'ignora, puis se leva afin d'aller rejoindre son dortoir.

- Hey, la Sang-de-Bourbe! lança la Serpentard.

Hermione se retourna.

- Drago, il aurait passé par là? demanda-t-elle sans aucune politesse.

Repensant soudainement à la gamine de sa maison qui était en compagnie de Drago quelques minutes plus tôt, elle se rendit alors compte de la raison pour laquelle il s'était mis à rire lorsqu'il avait dit « le devoir m'appelle ». Sûrement, lors de son sensuel chuchotement, il lui avait donné rendez-vous dans une quelconque pièce pour terminer ce qu'ils avaient commencé juste avant son interruption. Réalisant alors tout ça, elle rigola à la façon « je ne veux pas m'avouer blessée » suite à sa découverte puis quitta les lieux, ignorant complètement Pansy qui attendait encore sa réponse et qui s'avérerait sûrement déçue et aussi blessée qu'elle si elle apprenait les activités de son petit copain.