Surprise! Eh oui, déjà un autre chapitre! Le temps libre fait partie des avantages à une semaine de relâche! Alors voilà, sûrement que plusieurs auront attendu ce moment avec impatiente, alors voilà un petit cadeau : un comeback Drago/Hermione! Pas très courtois, mais bon, voyez par vous-mêmes et n'hésitez surtout pas à partager vos impressions sur ce chapitre que j'ai tant aimé écrire!
Je ne sais pas pour vous, mais moi, j'aime beaucoup la subtilité des deux sens associées à mon titre de chapitre... Vous verrez bien en lisant!
Bonne lecture!
Chapitre 24 - Un bal chancelant
Janvier permit finalement aux élèves qui avaient passé les fêtes à leur domicile de revenir au château, entrainant par le même fait l'excitation que le bal de Noël avait l'habitude d'engendrer. Comme promis et suite au retour des étudiants manquants, la direction de Poudlard eut organisé une sortie à Pré-au-Lard dont chacun profita largement pour achalander les boutiques en quête d'une robe ou d'un costard élégant qui les mettrait tous suffisamment en valeur pour épater la galerie lors de l'ouverture du bal. Même Hermione – qui ne trouvait encore aucunement la raison de tant d'excitation – s'y rendit afin de se procurer une robe bien simple mais assez coquette pour que les autres élèves n'aient pas l'impression qu'elle s'y serait rendue en tenue d'accoutumée. Faute de temps, cette sortie eut lieu deux jours avant le grand événement, donc les malchanceux qui n'eurent rien trouvé de convenable à porter dans les magasins du village prirent leurs jambes à leur cou afin d'aller écrire une missive implorant leurs parents de leur envoyer un habit de leur demeure.
Outre ce détail qui stressait considérablement tous les élèves du collège, la question du compagnon de bal était d'autant plus angoissante et ce, particulièrement aux yeux des filles. Certaines n'eurent pas vraiment à se laisser sombrer dans l'effort afin de se retrouver accompagnée, mais d'autres – les moins attirantes – devaient se transformer en ricochet à force de se faire refuser par les garçons qui se jugeaient récipiendaires d'une dignité plus grande que ladite jeune femme lui aurait apportée en se tenant à ses côtés. Dans cette catégorie-ci, Drago Malefoy volait la vedette. Contrairement aux attentes d'Hermione, il ne fut pas forcé par le trop grand vouloir de Parkinson à l'accompagner au bal. Sûrement croyait-elle aveuglément que le blondinet serait le premier à le lui proposer, mais à en juger par l'attitude aussi blasée que celle d'Hermione à l'égard à cet événement, il n'en avait moins que rien à cirer. Il ne faisait que savourer l'effet qu'il provoquait face à l'abondance de jeunes filles qui eurent le courage de lui demander d'être sa cavalière en les rejetant toutes les unes après les autres en se donnant, en plus de tout, le plaisir de leur signaler la raison physique chez elles qui le poussait à refuser leur demande.
Ce n'est que la veille du bal qu'Hermione eut le malaise d'accepter l'invitation maladroite de Ron. Non pas que l'idée d'être accompagnée par lui ne lui plaisait pas, mais elle s'était toujours faite une idée que ce genre de fête avait pour réputation de créer beaucoup de couples, ou sinon, uniquement des problèmes amoureux. À cette pensée, elle se mit à réfléchir aux nombreux indices auxquels elle avait eut droit tout au long de l'année en ce qui concernait les sentiments confus de Ron à son égard, et se sentit, au fil des heures, de plus en plus inconfortable de se trouver dans cette situation. Quant à Harry, les confidences d'Hermione au sujet de Malefoy lui étaient devenues si envahissantes dans son esprit qu'il ne se souciait absolument pas de se rendre au bal aux bras d'une charmante demoiselle ou non. Lorsqu'enfin, le matin même de l'occasion tant attendue, des cloches mentales le ramenèrent à l'ordre, il réalisa avec panique qu'il était presque le seul garçon de Poudlard à ne pas avoir pris le temps de choisir sa compagne. La crainte de s'y rendre avec une pure inconnue ou même seul se mit donc à le chicoter, mais, après une course effrénée dans les couloirs, Harry fut soulagé de constater que Luna n'avait guère été invitée. Il sauta sur l'occasion et se sortit les pieds du plat en tant qu'homme satisfait.
Debout devant un miroir de la salle de bain des Gryffondor, Hermione ne cessait de faire des petits pas de recul afin de finalement voir dans le reflet de la glace son allure globale, de la tête aux pieds. Elle ignorait quoi exactement, mais quelque chose clochait dans son apparence. Penchant la tête sur tous les angles, elle replaça les pans de sa robe mauve grisée dont l'ourlet chatouillait ses genoux en tentant de se convaincre que le choix de sa longueur était parfaitement exécuté. Dans tous les cas, le jupon d'un violet foncé qui s'étendait sur trois pouces plus bas corrigeait parfaitement ce détail qui agaçait la préfète. Replaçant vigoureusement ses pieds déjà légèrement humides à l'intérieur de ses petites chaussures dotées d'un petit talon mignon, elle resserra légèrement la longue bande de tissu de la même couleur que son jupon qui soutenait sa poitrine en une boucle exécutée à l'aveuglette derrière son dos. Puis, au moment où elle allait replacer son décolleté en « V » qui s'échancrait un peu trop bas à son goût, une Ginny pimpante alla se poster devant le même miroir qu'elle, bloquant la vue à sa propre personne.
- Ginny! s'outra Hermione en callant ses mains sur ses hanches.
Ses petites manches très courtes et librement ondulées virevoltèrent suite à son mouvement brusque de bras et chatouilla ses épaules. Irritée par la multitude de nuisances que provoquait sa robe sur sa personne, elle s'impatienta encore plus en voyant que Ginny ne l'avait pas entendue.
- Ginny! répéta-t-elle en s'approchant d'un grand pas autoritaire. Tu n'es pas la seule dans la salle de bain, et il n'y a pas qu'un seul miroir sur les murs!
En effet, une vingtaine de jeunes Gryffondor étaient en train de se préparer devant les lavabos ornementés par une panoplie de couleurs de phare à paupières qui s'était échappé de leur petit contenant. Le brouhaha aigu et criard était si intense qu'Hermione ne s'étonna pas à voir que la rouquine n'avait, une fois de plus, pas du tout entendu son intervention.
- Ginny! poussa-t-elle de plus bel en agrippant son bras.
Par la brutalité de son geste, le mascara qu'était en train de s'appliquer Ginny fut éjecté de sa trajectoire et alla tracer une grosse marque noire et épaisse le long de sa joue pour finalement aboutir dans sa bouche, peignant par la même occasion ses dents blanches. Aussitôt, Hermione retira sa main de sur son bras puis plaquèrent les deux devant sa bouche grande ouverte, désolée.
- Oh! Pardon! s'empressa-t-elle de dire en voyant l'expression horrifiée de son amie.
- Mais ça va pas, la tête? s'indigna la rouquine en crachant énergiquement dans le lavabo.
- Je suis désolée, je ne voulais pas…
- Rohhh! s'exclama Ginny en relevant les yeux vers le miroir. Tu as vu ce que tu m'as fait? Je vais devoir tout recommencer! Pourquoi est-ce que tu as tout saccagé mon maquillage, par Merlin?
- J'étais devant le miroir avant que tu décides de me bloquer la vue, figure-toi! se renfrogna Hermione, révolté par son accusation.
- Oh, tu t'es énervée uniquement à cause de ça? Tout de même, tu n'es pas la seule fille dans la pièce, tu vois bien! Puis il n'y a pas qu'un seul miroir sur les murs!
Hermione haussa les sourcils, persuadée qu'elle se moquait d'elle, mais renonça aux répliques lorsque Ginny sortit sa baguette en marmonnant des paroles inaudibles pour tenter de faire disparaître la grosse trace de mascara noir sur sa joue.
Voyant qu'elle ne parviendrait pas à gagner une place parmi toutes ces perruches excitées, la préfète mit les voiles et sortit de la salle de bain dans l'espoir que les dortoirs seraient moins achalandés. Heureusement, lorsqu'elle gravit les quelques marches, elle fut plutôt réjouie de constater qu'il était complètement désert et silencieux, pour parfaire un contraste avec la pièce qu'elle venait tout juste de quitter. S'avançant sur le parquet tapissé, elle alla se poster devant un miroir sur pied qui reposait près de sa couchette afin de compléter ses petits soins vestimentaires et physiques, choses qui lui prit un temps considérable car elle plongea dans ses pensées une fois qu'elle rencontra de nouveau son reflet.
Des réflexions ridicules se mirent à traverser son esprit : Drago la trouverait-il attirante? La trouverait-il suffisamment jolie pour être porté à renouer avec elle? D'ici à peine une petite heure, tous les étudiants feraient leur entrée dans la Grande Salle pour débuter la fête ; la regarderait-il différemment? Le temps s'était tellement étiré depuis son arrivée et le manque de sa présence était maintenant si grand, si insupportable qu'elle se mit à nourrir ses envies d'aller elle-même à sa rencontre afin de tenter de partager une discussion. Elle n'avait cependant pas vraiment envie de se faire rejeter, et encore moins durant une soirée qui serait sensé apporté du bonheur et du plaisir. Mais était-ce uniquement l'effet de la mélancolie qui la poussait à croire que quelque chose d'inhabituel se produirait ce soir même? Malgré ses doutes, elle préféra largement ne s'attendre à rien, car elle pourrait avec de grandes chances se retrouver fortement déçue.
Avec encore moins d'entrain que lors de son premier examen physique devant la glace, Hermione attrapa une petite pince argentée du bout des doigts qui gisait sur sa table de chevet puis alla unir derrière sa tête deux mèches de cheveux indomptés qui traînaient près de ses tempes. C'était fort simple, mais cette coiffure dégageait son visage faiblement maquillé qui aurait pu être éclatant d'une sincère beauté si elle n'avait pas eu cet air abattu qui faiblissait la force de ses traits. Satisfaite, elle alla ensuite chercher une petite boîte de bijou qui nichait paisiblement dans l'une de ses valises et en sortit un pendentif violet ainsi que des boucles d'oreilles de cette même couleur qu'elle installa respectivement autour de son cou et sur ses oreilles. Devant son miroir, elle secoua la tête d'un mouvement approbateur sec puis fit demi-tour afin d'aller ranger son coffret. Seulement, au moment où elle allait refermer le couvercle de la boîte, ses yeux rencontrèrent une bague qui lui parut être totalement étrangère parmi ses bijoux familiers. Perplexe, elle l'a prit entre ses doigts et l'observa méticuleusement juste avant de reconnaître la grosse pierre verte qui composait son tout : c'était la bague de Drago. Jamais elle n'avait trouvé l'occasion de la lui remettre…
Repensant aux souvenirs que ce petit objet évoquait, Hermione sourit en poussant un rictus nerveux. Elle se souvint parfaitement avoir surpris Drago en train de partager un moment assez intense avec une jeune Gryffondor dans la salle de bain des préfets ; c'était exactement suite à cet instant qu'elle s'était brouillée avec Ron. La situation était maintenant inversée…
Sans savoir ce qu'elle faisait, elle glissa la bague dans son pouce, le seul doigt qui pouvait soutenir le bijou en place sans qu'il ne glisse. Elle éloigna sa main de ses yeux, contemplant le résultat maladroit que donnait l'agencement de ses bagues, puis haussa mollement les épaules en souhaitant que Drago la remarque et qu'il soit porté à en reprendre possession. Tous les moyens sont bons pour tenter de parvenir à ses fins… quoi que celui-ci fût particulièrement désespéré et irréfléchi.
Lorsqu'elle sortit du dortoir, plus aucun son ne se faisait entendre de la salle de bain. Incrédule, elle posa alors les yeux sur l'horloge centrale de la salle commune de Gryffondor et s'indigna en constatant que le bal était commencé depuis plus de vingt minutes. Ron allait sûrement s'attirer les moqueries des Serpentard en le voyant attendre dans le hall d'entrée après quelqu'un qui ne venait pas! Se maudissant à plusieurs reprises de s'être laissée emporter par ses pensées émotives, Hermione se ressaisit vivement puis sortit en trois grandes enjambées de la pièce afin de se diriger le plus rapidement possible vers la Grande Salle.
Au grand bonheur de la jeune préfète, les portes de la Grande Salle étaient encore ouvertes lorsqu'elle s'y rendit à bout de souffle. Elle faillit trébucher à maintes reprises à cause de ses petits talons instables tout au long de son chemin, mais se garda une finale piquante pour son arrivée parmi la foule d'étudiants : à peine eut-elle franchi le portail de l'immense salle que sa cheville meurtrie par son aventure près du Saule cogneur faiblit de nouveau et la fit perdre pied. Titubante, elle s'accrocha à la personne la plus près d'elle pour ne pas s'étendre sur tout son long devant tous ces gens, mais entraina par malheur cette personne dans sa chute. Autour d'elle, elle entendit des exclamations et des rires s'élever parmi le chahut tumultueux et la musique qui retentissait entre les murs de la Grande Salle tandis qu'elle s'empourprait violemment. Puis, comme si la situation n'était pas suffisamment embarrassante, elle remarqua avec horreur que la personne qu'elle avait bousculée n'était nulle autre que Pansy Parkinson, devenue aussi écarlate que l'était sa robe.
- Tu me cherches, la Sang-de-Bourbe? vociféra Pansy en se relevant tant bien que mal dans sa robe qui la limitait dans tous mouvements.
Alors que la Serpentard s'apprêtait à lui sauter à la gorge pour une deuxième fois en moins d'une semaine, un jeune homme étrangement élégant la força à se relever pour l'empêcher de se jeter dans une envolée de griffes. Même malgré son champ de vision restreint qui ne permit, à cet instant, de ne voir uniquement que le bas du pantalon du nouvel arrivant ainsi que des souliers parfaitement cirés, Hermione savait de qui il s'agissait. Elle leva alors les yeux et rencontra directement ceux de Drago qui ne rompit pas une seule seconde ce contact visuel pendant qu'il relevait son tonkinois de compagnie enragé avec distraction. Au même moment, elle fut elle-même relevée par deux bras inconnus derrière elle, détail qui ne parut presque pas avoir lieu tellement elle semblait être victime d'un voyage lointain perdu dans le regard céruléen de Drago.
- Ça va, Hermione? demanda Ron en l'éloignant des deux Serpentard. C'est elle qui t'a bousculée?
- Je… Oui, répondit distraitement la préfète. Elle ne s'en est apparemment jamais remise…
Pansy était maintenant occupée à secouer sa robe dans tous les sens pour en enlever les saletés qui s'y étaient collées en maugréant des injures pendant que Ron se penchait pour redonner le soulier qu'Hermione avait perdu durant sa chute à son propriétaire. Au moment exact où le rouquin regagna une position redressée, Drago dévia son regard attendri pour le reposer bêtement sur sa compagne qui rechignait encore. Sans se soucier si Pansy avait fini son travail de restauration sur sa robe, il agrippa son bras et s'éloigna sans prendre compte de ses protestations et de son manque d'équilibre qui faillit la faire vaciller une seconde fois.
Hermione était encore sous le choc. Drago avait été si séduisant dans ce court instant qu'elle était persuadée que c'était précisément ce détail qui l'avait fait perdre le fil du temps pendant l'espace de quelques secondes. Ses cheveux d'ordinaire négligé et d'allure fou sans pour autant être grossier avaient soigneusement été lissés vers l'arrière de sa tête, et l'éclat qui en émanait avait – d'une manière complètement dingue – mis en valeur le bleu de ses yeux. Quelques blessures amoindries persistaient encore sur sa peau pâle, mais la pureté que dégageait son visage lui donnait un air angélique et innocent. Au niveau de ses vêtements, il portait tout simplement un costard des plus noirs jamais vus par dessus une veste sans manche du même rouge éclatant que la robe de Pansy. Jamais elle ne s'était sentie aussi jalouse envers Pansy Parkinson qu'à cet instant précis. Jamais son cœur ne s'était tordit de la sorte en l'apercevant Drago Malefoy. Jamais jusqu'à maintenant.
- Elle ne s'en est pas remise? questionna Ron suite à sa réponse plus ou moins cohérente. De quoi parles-tu, Hermione?
- Huh? fit-elle en sortant de sa bulle.
Les yeux sur son ami, elle haussa un sourcil en se posant mentalement mille et une questions sur la raison pour laquelle il tenait une de ses chaussures entre ses mains. En un coup bref, elle la reprit puis se l'enfila au pied juste avant de traîner Ron par le poignet un peu plus loin dans la Grande Salle. Après cet étrange contact visuel avec Drago, elle voulait absolument le retrouver parmi la foule afin de s'assurer, s'il en avait lieu une seconde fois, que ce n'était pas tout simplement son imagination qui venait de lui jouer un tour puisqu'elle désirait tant retisser ses liens avec lui.
Pendant une grosse partie de la soirée, Hermione suivit Drago de loin en laissant plusieurs couples entre eux, feignant l'adon qu'ils se retrouvent toujours aussi près. Plusieurs fois, son cœur exécutait de violents bonds dans sa poitrine lorsqu'elle croisait son regard qui, étrangement, ne se pressait pas tant pour le détourner. À un moment, elle crut même percevoir une once de jalousie dans ses yeux, chose qu'elle amplifia volontairement en resserrant l'étreinte qu'elle avait autour du bras de Ron qui n'y voyait que du feu. Cette fois-là, elle l'entrevit même serrer les mâchoires en se positionnant catégoriquement et d'un pas brusque de dos à elle et de son cavalier, sûrement dans l'espoir de pouvoir se retenir de tout geste regrettable si jamais Hermione avait la brillante idée de tester derechef sa patience sans véritablement savoir ce qu'elle évoquait chez le Serpentard.
La soirée avançait et les gens se faisaient de plus en plus joyeux, effet sûrement provoqué par la boisson faiblement alcoolisée qui était distribuée sur les buffets gourmands qui longeaient les murs. Lorsque onze heures sonnèrent, la fête s'éleva encore plus puisque la piste dansante se dégagea afin de permettre à ceux qui en avaient envie de s'agiter le pied. Comme se fut particulièrement cette partie de la soirée qu'Hermione avait ne serait-ce que minimement hâte, elle tapa énergiquement des mains en tentant de tirer Ron de sa trop forte concentration afin d'entasser le plus de nourriture possible entre ses mâchoires.
- Dépêche-toi, Ron! s'impatienta-t-elle en croisant les bras. Je veux aller danser.
Le rouquin faillit s'étouffer. Harry, alerte mais d'une humeur plutôt hilare, lui tapota le dos avec véhémence tandis qu'Hermione le dévisageait avec dédain.
- Moi? Danser? se choqua-t-il en reposant son assiette pleine à rebord sur une table occupée. Tu veux rire, j'espère?
- J'ai l'air de rigoler? Je te regarde manger depuis que nous sommes arrivé dans la Grande Salle, je te signale, alors j'apprécierais bien un peu de divertissement.
- Je ne serais pas encore en train de manger si tu ne te serais pas pointée vingt minutes en retard au rendez-vous, renchérit-il en grimaçant.
Sans attendre de réponse, il reprit l'assiette qu'il avait abandonnée quelques secondes plus tôt sous le regard mauvais des occupants de la table près d'eux et poursuit sa mission de gavage extrême. Hermione, qui se sentait parfaitement ridicule d'attendre ainsi après un glouton gourmand et affamé, lança son regard parmi la foule dansante. Au travers, entre les nombreuses têtes qui s'agitaient dans tous les sens, elle parvint à voir Pansy qui gesticulait avec pathétisme devant Drago qui semblait résolu à ne pas céder à quelque chose. Sûrement voulait-elle exactement la même chose que la préfète à cet instant précis. Amusée, elle sourit, mais au même moment, le Serpentard leva les yeux et croisa directement les siens pour la énième fois de la soirée. Aussitôt, elle ravala sa joie sans pour autant briser ce contact.
Ce qui se passa par la suite suffit amplement à Hermione pour la mettre complètement hors de ses gons. Quelques secondes suivant la rencontre de leur regard, Drago sembla avoir reçu un choc électrique qui le poussa brusquement à amener son tonkinois sur la piste. Il saisit rapidement une des mains de Pansy tandis que l'autre alla sinueusement glisser sur sa taille fine. Une valse suivant le tempo de la musique s'ensuivit et s'emboîta parfaitement avec celle que les nombreux autres couples avaient déjà débutée.
Hermione n'attendit pas deux secondes qu'elle saisit étroitement le poignet de Ron afin de le traîner également de force sur la piste. Sur le coup, il avait prestement remis son assiette entre les mains d'Harry qui en échappa gauchement le contenu sur son costard avec un juron d'indignation. Une fois que le couple de Gryffondor se rendit au centre de la piste en coupant au passage le chemin routinier des danseurs, la préfète organisa malhabilement ses mains et celles du rouquin afin de commencer, comme Drago et Pansy, une valse qui suivrait la vague doucereuse de l'ensemble des étudiants qui dansait. Ron exécutait bêtement plusieurs petits pas incertains en jetant un regard navré à Harry qui le regardait encore avec la bouche grande ouverte, ahuri qu'il ait eu le culot de ruiner son habit pour le restant de la soirée.
- Mais qu'est-ce qui t'a pris, Hermione? demanda le rouquin, incrédule devant son changement soudain de comportement. T'as vu ce que tu as fait à Harry?
- C'est toi qui tenais l'assiette, trancha-t-elle en fronçant les sourcils. C'est de ta faute. De toute façon, tu n'avais rien qu'à ne pas refuser de danser.
Ron s'indigna mais n'ajouta rien qui pouvait risquer de contredire la lionne qui semblait définitivement résolue à danser.
Pendant qu'Hermione cherchait désespérément Drago du regard sous les yeux perplexes de Ron, ils furent soudainement bousculés et ce dernier s'écrasa involontairement sur le corps de la préfète. Gêné, il se retourna rapidement pour en découvrir le responsable et ne fut pas surpris d'y voir précisément le jeune homme qu'Hermione cherchait éperdument des yeux depuis le début de leur danse. Tandis que celui-ci et sa compagne ricanèrent avec méchanceté, Ron lui cracha une insulte qu'Hermione n'entendit guère. Se retournant par la suite en continuant de danser, la jeune lionne tenta de ne pas se préoccuper du regard perçant que lui adressait le Serpentard par dessus l'épaule du rouquin. Cependant, l'apercevant se rapprocher de nouveau d'eux, elle releva les yeux puis tenta de faire pivoter Ron d'un coup sec de bras afin qu'ils ne se fassent bousculer de nouveau, mais celui-ci s'enfargea maladroitement dans son pied et s'étendit sur tout son long sur la piste de danse.
Chacun des couples environnants l'accident s'arrêtèrent alors pour s'exclamer en rires. Hermione, catastrophée, se précipita sur son ami afin de l'aider à se remettre sur pied en maudissant la voix de Drago qui s'exclamait au moins dix fois plus fort que celle des autres élèves. Elle s'éloigna par la suite avec Ron sous le bras sans croiser le regard d'un seul témoin, ne voulant pas se sentir encore plus embarrassée qu'elle ne l'était déjà.
- Tu vas vraiment me le payer, Ron! s'exclama Harry qui se peinait à retirer un maximum de traces de nourritures sur ses vêtements avec l'aide de Luna.
Le Survivant était si irrité de s'être fait saccagé l'impeccabilité de sa tenue qu'il ne remarqua pas aussitôt la couleur pivoine du teint de son meilleur ami qui venait tout juste de revenir à son point de départ. Ce n'est que lorsqu'il leva les yeux suite à cette absence de réponse qu'il détermina que quelque chose de plutôt comique venait sûrement d'arriver.
- Il a trébuché devant tout le monde, expliqua Hermione en constatant que l'état de gêne dans laquelle était Ron l'empêcherait sûrement de prononcer un quelconque mot.
- J'ai trébuché devant tout le monde? couina la pauvre victime. Tu m'as fait trébucher devant tout le monde! Voilà pourquoi je ne voulais pas aller danser! On ne sait jamais quel est le prochain mouvement dans toute cette absurde série de simagrées de babouin!
- Ce n'était pas un mouvement de danse, Ronald, corrigea Hermione. Drago allait encore te bousculer, alors j'ai voulu t'éviter ça…
- Eh bien, j'aurais encore mieux préféré que Malefoy me bouscule plutôt que de m'écrouler pathétiquement devant tout ce monde! Je passe encore pour le bouffon de service, moi…
- Je vais aller te chercher de l'eau, fit rapidement Hermione dans l'espoir de se sauver de sa mauvaise humeur.
D'un pas vif, elle se dirigea vers une des nombreuses tables où les buffets se multipliaient sans cesse à travers les heures qui passaient. Une fois qu'elle en rejoint une à peine fréquentée, elle s'arrêta quelques instants, puis, d'un pivot brusque et précis, se retourna vers la piste de danse en quête, une fois de plus, du blondinet.
- T'es redescendue bien bas une fois de plus, Granger, déclara une voix bien connue près des oreilles de la Gryffondor.
Aussi habilement que la seconde précédente, elle se retourna afin d'aboutir à un face à face avec Drago. Brutalement, son cœur éclata entre ses côtes, un long frisson chatouilla chaque parcelle de sa peau et ses jambes ramollirent. Drago? Juste là? Lui adressant la parole? Inconsciemment, sa main alla agripper le bord de la table à côté de laquelle elle se tenait.
- Je te demande pardon? demanda-t-elle naïvement en tentant d'adopter un ton dégagé.
- J'ai dit que tu étais redescendue bien bas, répéta le Serpentard en se servant un verre de ce qui ne devait sûrement pas être du jus de citrouille.
Suivant chacun de ses gestes, Hermione ne savait aucunement comment réagir à cette situation. Peu importe ce qu'il pouvait bien lui dire, elle ne comprenait pas pourquoi il lui adressait subitement la parole. Pourquoi à cet instant précis? Et pour en venir où? Ce qui l'agaçait cependant encore plus que cette position, c'était l'état dans lequel elle était en train de plonger ; elle ne se rappelait pas s'être sentie aussi nerveuse auprès d'un garçon.
- Et qu'est-ce qui te fait dire ça, dis moi? tonna-t-elle, insultée malgré tout.
- Retourner dans les bras de Weasmoche… fit-il en esquissant une grimace peu fière. Ton désespoir est donc si grand?
D'une lenteur à en faire glousser d'extase n'importe quelle fille, il porta son verre jusqu'à sa bouche en buvant entière son contenu en deux grandes gorgées. Ses yeux ne la quittèrent pas une seule seconde. Sans grimacer, il le reposa rudement sur la table en jetant un très bref coup d'œil à celle des professeurs.
- Comme si tu t'en souciais vraiment, gloussa la préfète en emplissant un verre d'eau.
Elle avait complètement oublié qu'elle s'était d'abord et avant tout rendue au buffet afin d'apporter un breuvage à Ron, mais elle le fit tout de même uniquement afin d'occuper ses mains et son esprit à autre chose que directement sur Drago, qui la regardait encore avec insistance. Lorsqu'elle accomplit son geste, elle reposa les yeux sur lui et remarqua dans les siens une lueur de triste amabilité.
- C'est le cas, peu importe ce que tu peux penser.
Hermione reçu alors l'équivalent d'un énorme coup de point dans le thorax. Ses mains se mirent à trembler tandis qu'elle pensa momentanément prendre ses jambes à son cou, trop ébranlée. Était-il véritablement sérieux ou jouait-il la comédie dans le simple espoir de la blesser comme il l'avait déjà fait? Ne voulant pas se faire duper, elle saisit la seconde option comme étant la bonne réponse puis pratiqua un air dédaigneux.
- Va te faire voir, Malefoy, poussa-t-elle simplement.
S'il voulait vraiment lui parler, il l'empêcherait de mettre fin à leur discussion d'une quelconque manière. Effectivement, lorsqu'elle passa à côté de lui dans l'intention d'aller rejoindre ses amis, Drago poursuit sur le ton de la conversation :
- Je ne peux pas t'en vouloir, dit-il en tournant sur lui même afin de suivre son mouvement d'éloignement. Ne plus avoir l'honneur de te tenir avec moi doit t'enrager à un point tel que ton désespoir t'aurait poussé à revenir vers tes vauriens. C'est très compréhensible.
S'étant immobilisée lorsqu'il avait entamé sa phrase, la Gryffondor pensa réellement lui jeter le contenu de son verre au visage durant l'espace de quelques secondes.
- Non, chez les gens civilisés, Harry et Ronald sont plutôt perçus comme des amis. Mais il est bien normal que tu confondes ces deux termes puisque tu n'en as jamais eu!
Une fois de plus, Hermione vit sa mâchoire se contracter.
- Tu sais très bien que c'est faux, siffla-t-il entre ses dents.
- Oh! J'espère que tu ne veux pas insinuer notre ancienne relation, Malefoy!
C'était comme si toute la frustration qu'elle avait ressentie depuis son retour à Poudlard se voulait de lui éclater au visage à cet instant précis. Se retenant tout de même de ne pas faire une sale scène devant tous ces camarades, elle se contenta de serrer étroitement le verre d'eau qu'elle tenait dans ses mains, fulminante.
- N'ose même pas dire le contraire, ajouta-t-il avec cette même agressivité dans la voix.
- Oh que si, je vais me l'autoriser! éclata-t-elle. Et tu sais pourquoi? Parce qu'un ami, ça ne fait pas ce que tu as tout bonnement décidé de me faire en m'ignorant lorsque tu es revenu à Poudlard! Comme si jamais rien ne s'était produit!
Devenant progressivement inconfortable, Drago dansa d'un pied à l'autre en jetant pour une deuxième fois un regard à la table des professeurs. À en juger par les tremblements dont sa mâchoire était victime, il devait se retenir de lui cracher quelque chose de particulièrement cru au visage.
- Et encore là, tu ne trouves rien à dire! Tu me séduis, me manipules, te sers de moi et me jette ensuite comme un Veracrasse! C'est comme ça que tu traites tes amis, toi? T'es qu'un beau salaud, Malefoy, et j'en ai assez de souffrir à cause de toi!
- Je t'ai séduis, moi? rigola-t-il en haussant un sourcil.
Offensée par son comportement puéril, Hermione poussa un grand soupir aigue et sec en enfonçant ses points sur ses hanches, ignorant à quel point Drago se sentant devenir intérieurement de plus en plus vulnérable.
- En plus, tu te moques de moi! Mais qu'est-ce que tu veux, Malefoy, hein? Qu'est-ce qui te prend, tout d'un coup (elle agita les bras devant elle), de venir me parler? Tu m'énerves, toi, ton attitude et tes manières dignes de celles d'un foutu Mang…
Elle s'interrompit aussitôt, consciente de ce qu'elle avait failli poussé comme injure. Plaquant une main contre sa bouche en regrettant ses paroles, elle recula d'un pas lorsqu'elle vit se dessiner sur le visage de Drago une expression profondément démente et peinée. La seconde suivante, le Serpentard lui avait sauvagement agrippé le bras en s'approchant dangereusement d'elle.
- Tu n'allais pas vraiment dire ça, j'espère, Granger? ragea-t-il, éploré.
- Ôtes tes sales pattes de sur Hermione!
Brusquement, Hermione fut tirée vers l'arrière tandis que Ron bouscula Drago sans retenue, le faisant reculer d'un petit mètre. Harry, près d'elle, la protégea de ses bras.
- Tu m'excuses, Weasley? railla le blondinet en plissant les yeux. Je te donne exactement trois secondes pour t'excuser avant que j'avertisse un professeur que tu me bouscules de manière complètement injustifiée.
- Complètement injustifiée? répéta le rouquin, outré. Tu étais en train de la violenter!
- De la violenter? se moqua Drago en ricanant. Tu veux savoir ce qu'une personne violentée par un Malefoy à l'air, peut-être? J'ignorais qu'en plus d'être ridiculement pauvres, les Weasley avaient également une mémoire défaillante.
Ron s'empourpra instantanément.
- Retire immédiatement ce que tu viens de dire, Malefoy!
- Je retire uniquement mes mensonges, Ouistiti. Je sais cependant que la vérité choque.
Alors que Drago s'esclaffa bruyamment, Ron ne trouva plus aucun moyen de se contenir dans sa rage. Harry dût d'ailleurs le flairer car il dégagea aussitôt Hermione de son étreinte et bondit sur son ami pour le retenir d'une éventuelle attaque. Derrière le Serpentard, des renforts arrivèrent alors et s'exclamèrent également en voyant le rouquin se débattre violemment de l'étreinte du Survivant qui lui hurlait de se calmer.
- Mais qu'est-ce que j'ai manqué ici, par Salazar? s'écria Zabini, l'un des fidèles membres du groupe de renfort de Drago.
- Petit Ouistiti craignait que j'aie fait du mal à sa petite amie, charria le blondinet avec de ridicules mimiques.
Hermione, séparée du groupe de Drago par ses deux meilleurs amis qui gigotaient encore dans tous les sens en attirant le regard de la foule, se sentit horriblement blessée par sa remarque. Comment osait-il le mentionner comme étant la petite amie de Ron? Sentant les larmes lui monter aux yeux en se trouvant spectatrice d'une scène impliquant de mauvaises injures entre ses amis de longue date et le garçon envers lequel elle avait des sentiments, elle laissa mollement tomber son verre d'eau contre le sol, détruite et désespérée. Puis, progressivement, sa tristesse se transforma en colère tandis qu'elle dévisageait maintenant le Serpentard qui se moquait méchamment des deux seules personnes sur qui elle pourrait véritablement compter dans sa vie actuelle. Donc, dans un élan de colère irrésolu, elle fonça droit sur le Serpentard en exécutant de petits pas brusques et fermes en retenant le flot de larmes qu'elle était sur le point de verser. Puis, juste après avoir eu le temps de remarquer une expression interrogative dans le regard de Drago, Hermione lui jeta non pas une claque molle, mais un coup de poing foudroyant directement sur sa joue.
C'était comme si le monde autour d'elle venait tout juste de s'arrêter. La musique continuait, mais la rumeur des conversations s'atténua à grandes vagues. Du coin de l'œil, elle vit Ron cesser de se débattre et la regarder, tout comme Harry, avec une admiration sans pareil, tandis que les amis de Drago se ruèrent sur le corps flasque du blondinet afin d'amortir le choc de sa rencontre imminente avec le sol. Suspendue dans le mouvement final de son coup de poing gracieux, Hermione regarda sa victime s'effondrer avec un hurlement étouffé de douleur en balançant sa main contre sa joue meurtrie. Sans attendre une seule seconde de plus, elle fondit en larmes en sortant de la Grande Salle en courant dans la hâte de se réfugier dans sa solitude.
Aussitôt qu'Hermione sortit l'énorme pièce, Drago se débattit violemment des petits soins de ses amis en ayant fermement l'intention de rattraper la Gryffondor. Il laissa donc sa petite bande s'affairer avec Potter et Weasley tandis que lui se promit de la retrouver sans vraiment savoir ce qu'il ferait par la suite.
- Granger! entendit-elle vociférer derrière elle alors qu'elle ne cessait sa course.
Les couloirs déserts dans lesquels Hermione courait permettaient s'augmenter l'intensité des cris de Drago par multiple de vingt, ce qui ne l'encourageait aucunement à jeter son drapeau blanc puisqu'ils laissaient clairement transparaître l'envie de la tuer sur place. Cependant, les secondes s'écroulaient et son souffle partait avec elles, imposant ainsi une pause avant qu'elle ne s'évanouisse, trop faible pour poursuivre sa course.
- GRANGER! hurla-t-il de plus bel.
L'entendre hurler ainsi fit redoubler ses larmes qu'elle ne se gêna pas pour évacuer. Ne s'y attendant pas, elle se mit soudainement à entendre les bruits de pas de Drago s'approcher dangereusement derrière elle. Paniquée, elle jeta un œil par dessus son épaule et s'horrifia à le voir qu'à quelques mètres d'elle. Et comme si elle ne se trouvait pas suffisamment dans une situation angoissante, son pied perdit l'équilibre qui lui permettait de soutenir sa course puis elle vacilla sur le côté, rencontrant brusquement le mur. Elle n'eut cependant pas le malheur de s'écorcher entièrement le bras car Drago l'avait rattrapé, l'agrippant fermement en la plaquant complètement le dos contre le mur de pierre.
Tous les deux haletants, il se dévisagèrent longuement. Hermione remarqua que son coup de poing avait finement entaillé sa joue, mais elle s'en contreficha.
- Qu'est-ce que tu vas me faire, hein? s'écria-t-elle avant qu'il ne puisse prononcer un seul mot. Dis-moi! Elle est où, ta baguette? Vas-y, fais-moi regretter!
Drago desserra son étreinte, ébranlé par ses mots. Plissant le front, il tenta en vain de contrôler son menton qui se mit à trembler violemment en regardant l'état dans lequel Hermione s'était mise par sa faute. Si seulement elle savait…
Les secondes passaient et Drago et Hermione ne cessaient de se regarder. Bientôt, les doigts du Serpentard profondément enfoncés dans la peau des épaules de la lionne s'adoucirent afin d'entreprendre de timides et douces caresses qui calmèrent considérablement l'hystérie de la jeune fille. Fermant les yeux en continuant de pleurer à chaudes larmes, elle espérait de tout son corps et son âme que Drago l'étreigne ou ne lui parle tout simplement, mais il respectait obstinément le silence qui s'était installé entre eux. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle se sentit ramollir sous son regard si triste qu'il affichait, si malheureux, si sombre…
Pourquoi? Pourquoi restait-il ainsi à la regarder sans ne rien dire? Pourquoi ne la rassurait-il pas? Pourquoi ne lui expliquait-il pas la raison de son comportement? Pourquoi paraissait-il si malheureux, si désorienté? Que s'était-il dont passé, à son manoir, pour qu'il en ressorte ainsi? Hermione s'était posé tant de questions qu'elle n'avait plus la force de les prononcer malgré sa soif de savoir. Elle se contenta de le supplier du regard, de tenter de lui démontrer à quel point son attitude la blessait à travers ses yeux imbibés d'eau.
Lui faisant sauter un battement de cœur, Drago s'approcha encore plus qu'il ne l'était déjà de la Gryffondor, abandonnant toute trace de violence. Son corps complètement collé contre le sien, il fit glisser ses mains le long de ses épaules afin de suivre le chemin de son cou pour finalement aboutir à la naissance de sa mâchoire. Ses yeux perçaient sa peau, regardaient au plus profond de sa personne, toisait avec horreur tous les dommages qu'il avait causé à son âme. Le jeune homme déglutit avec difficulté lorsqu'Hermione entrouvrit les lèvres.
- Hermione?
Une voix lointaine et alarmée se multiplia en échos et les fit sursauter au même instant. Quittant son visage, les mains de Drago tombèrent le long de son propre corps tandis qu'il recula d'un petit pas. Il soupira, abattu, puis étira douloureusement son contact visuel avec la Gryffondor pendant les quelques pas supplémentaires qu'il exécuta par derrière avant de finalement quitter en direction des cachots la tête baissée, laissant derrière lui une jeune fille qui fondit de nouveau en larmes, mais cette fois-ci, silencieusement.
- Hermione, tu es là! s'exclama Harry en tournant le coin au bout de quelques secondes.
Changement brutal d'ambiance, Hermione tenta de se ressaisir. Ron, Luna et Ginny suivirent ensuite, tous essoufflés.
- Ça va? demanda énergiquement Ron. Est-ce que tu as croisé Malefoy?
Hermione grimaça avec peine mais secoua la tête de gauche à droit en signe de dénégation, n'ayant aucunement l'envie d'en discuter. Elle essuya lâchement les larmes sur ses joues avec la paume de sa main puis renifla un bon coup avant de masser lourdement sa tête qui commençait à émettre des sons étranges et bourdonnants.
- Il fallait ab-so-lu-ment que je te dise que c'était mer-vei-lleux, ce que tu as fait à Malefoy! s'excita Ginny en agitant les bras dans tous les sens sous le regard délicat d'Harry et Luna. Et bang! Wow, c'était fabuleux! Un peu plus à gauche, et tu aurais pu lui briser le nez! Su-blime!
- Je vais me coucher, coupa Hermione sans se soucier de l'enthousiasme exagéré de sa camarade qui ne semblait pas avoir remarqué son piteux état.
Ron et Ginny s'échangèrent un regard incrédule, ne comprenant visiblement pas le pourquoi qu'Hermione semblait si triste et désintéressée, tandis qu'Harry et Luna respectèrent la neutralité de la pauvre préfète en la laissant rejoindre la salle commune de Gryffondor sans la retenir.
Ron dévisagea largement sa sœur en plissant les yeux, pointant dédaigneusement quelque chose tout près de sa bouche.
- Je rêve, ou tu as un truc noir et visqueux entre les dents?
Il était temps, non? Pour ceux qui se posent des questions sur la situation troublante de Drago, vous le saurez... dans le prochain chapitre! Il sera entièrement consacré à notre Serpentard préféré!
Alors à bientôt!
