Oyé, oyé! Voici ici un chapitre assez fourni en matière de viande, et ce, juste pour vous! J'avais bien pensé ne le poster qu'à mon retour de New York (oui, je pars demain à New York, YAY!), mais je me suis dis que trois jours de plus (la durée de mon voyage), ça serait quand même cruel... donc, je me suis soumise à une dernière lecture parmi les 8 000 que ce chapitre m'a requises à cause de sa longueur assez importante, puis je vous l'ai posté ce soir! Je peux compter sur vous pour les reviews?

En tout, dans ma fic, je calcule trois/quatre grands événements perturbants, et celui-ci, c'est le deuxième! Il devrait y avoir plus ou moins cinq chapitres qui va alimenter l'incident suite à celui-ci, puis ensuite viendra le tout dernier...

Allez, bonne lecture, et j'espère que vous allez apprécier ce chapitre!


Chapitre 32 - La Goutte du Mort-Vivant


Depuis que Drago rompit les liens avec Hermione, ce vendredi-ci fut certainement la plus agréable journée qu'il traversa. Contrairement à ses attentes, il aurait été certain que les cours qu'il avait en commun avec les Gryffondor, en l'occurrence celui de potions et de défense contre les forces du Mal qui avaient lieu la même journée, seraient pénibles à endurer à cause de la présence troublante d'Hermione, mais ce ne fut aucunement le cas. Elle avait même été la source de son divertissement quotidien malgré la honte qu'elle s'était elle-même infligée dans le cours de potions lors de la préparation d'un sérum de vérité semblable au puissant Veritaserum :

Alors qu'Hermione semblait être la seule élève à bien maîtriser la dure confection de sa potion à en juger par la fluidité de ses mouvements, Neville, son compagnon durant ce cours-ci, dut certainement accomplir une fausse manœuvre car le contenu leur chaudron s'était soudainement mis à gonfler et à dégonfler à un rythme croissant. Attirant alors le regard intrigué de certains élèves et les rires de d'autres, Hermione paniqua instantanément puis se mit à réprimander son coéquipier du regard. Celui-ci se renfrogna aussitôt en l'assurant qu'il n'eut pas la possibilité d'ajouter ne serait-ce qu'un seul ingrédient depuis le début de la confection de leur sérum tandis que la préfète parcourut rapidement la liste des éléments inscrits dans son manuel afin de trouver la source de se défaut qui se mit soudainement à bouillonner dangereusement. Rogue, non loin de là, regardait la scène avec un sourire railleur sur les lèvres ; il savourait inévitablement le manque d'habilité inhabituel de « sa meilleure élève ».

- Je vous conseille fortement de vous éloigner du chaudron de miss Granger si vous ne voulez pas vous faire asperger par le résultat de son incompétence, souleva le professeur à l'adresse de ses étudiants sans cesser de sourire.

Bientôt, sa potion se mit à fumer telle une cheminée. Alors que chacun des étudiants – y compris Neville – reculèrent vers le fond de la classe, Hermione, elle, tentait encore tout aussi maladroitement de réparer son erreur afin de ne pas s'infliger une honte devant tout ces gens. Puis, au moment où une grosse bulle épaisse et brunâtre éclatât en atteignant presque le visage de la préfète, elle recula rapidement de quelques pas dans l'intention d'aller se réfugier auprès des spectateurs après avoir finalement constaté qu'elle ne réussirait pas à calmer ce gros ragoût fichu.

- Non, non, miss Granger, intervint Rogue en secouant faiblement la tête. C'est votre erreur, alors tentez de réparer votre bourde si vous ne voulez pas être récipiendaire d'une retenue pour avoir asperger ma salle de classe du résultat de votre étourderie.

Maudissant Rogue ne la forcer à s'exposer à une éventuelle douche de sérum, le regard d'Hermione se mit à danser entre son professeur et son propre chaudron qui écumait tel un volcan. Elle ignorait si elle préférait rester aux côtés d'une potion aussi menaçante que la sienne ou d'être contrainte à se présenter à une retenue injuste, mais dans tous les cas, elle se rapprocha vers sa table puis se pencha prudemment vers son bouquin. Les regards de ses camarades de classe dans son dos appliquaient sur elle une grande pression qui la poussa à jouer les héros en ajoutant un ingrédient quelconque dans l'espoir que le bouillonnement s'apaise, mais au moment même où cet élément toucha la surface de son chaudron, il explosa brutalement en envoyant son contenu en majeure partie sur son visage.

Pas un seul élève ne put réprimer un rire amusé. Même Rogue, habituellement si froid, pinça les lèvres en laissant transparaître un faible amusement sur son visage cireux. Drago, quant à lui, fut celui qui s'esclaffa le plus bruyamment. Il ne se moquait pas du tout d'elle, non ; il n'était qu'amusé par la situation, car il connaissait comme tout le monde les hautes capacités d'Hermione à accomplir une quelconque tâche scolaire... en temps normal. Le reste de son clan de Serpentard, par contre, riait ouvertement de son sort, se tordant en deux ou plaquant leur main sur leurs côtes douloureuses. Harry et Ron, contrairement au reste du groupe, allèrent rapidement rejoindre leur amie qui était figée d'horreur, la bouche grande ouverte par la surprise que l'explosion avait provoquée.

- Le cours est fini, déclara Rogue en ricanant sur un ton mauvais. Rangez vos instruments et vos chaudrons, mais ne nettoyez pas vos places ; miss Granger va se faire un plaisir de le faire pour vous puisqu'elle n'a pas hésité une seule seconde à salir la classe en entier.

Hermione, outrée, cracha rageusement le contenu de sa bouche puis essuya de son bras son visage couvert de cette même substance. Les mouvements des spectateurs reprirent alors puis tous se dirigèrent vers leur table afin de prendre leurs bouquins pour quitter la classe. L'écho des rires, à la honte totale de la préfète, retentissait encore dans la pièce.

- Ça va, Hermione…? demanda Ron en contenant ses rires.

- C'est dégoûtant! s'exclama-t-elle en réalisant enfin dans quel état elle se trouvait.

Malgré l'épaisse couche brune qui l'habillait, les élèves qui passèrent tout près d'elle en lui jetant un coup d'œil amusé pouvaient facilement voir qu'elle était devenue écarlate. Jamais en sept ans elle ne s'était imposée une honte aussi vive et contrariante.

Le souvenir de cet incident survenu quelques heures plus tôt refit surface dans la mémoire de Drago puis le secoua d'un petit rictus. Assis sur sa chaise inconfortable aux côtés de Pansy dans son cours de défense contre les forces du Mal, il fixait obstinément les cheveux en broussaille d'Hermione qui avait trouvé le temps d'aller prendre une douche entre la fin de sa tâche de nettoyage et le cours qui suivait. Elle devait sûrement être soulagée d'avoir une place assignée à l'avant de la classe ; ainsi, personne ne pourrait se retourner pour se moquer d'elle.

Le professeur Carrow parlait maintenant depuis plus d'une heure, mais Drago ignorait complètement le sujet qu'elle élaborait à l'aide de ses gestes concluant. Les cours théoriques pouvaient être d'un tel ennui… Depuis tout ce temps, il n'avait que fixé la posture droite d'Hermione en contemplant son visage qu'il pouvait entrevoir de trois-quarts dos. Il se rappelait bien des baisers qu'il avait déposé juste là, à la naissance de sa mâchoire jusqu'à l'arrière de son oreille. Il se rappelait bien des frissons qu'il avait pu sentir sur sa peau tendre lorsqu'il avait tracé un chemin sinueux dans son cou pour aller mordiller son lobe brûlant…

Le jeune homme ignorait complètement les caresses provocantes que Pansy appliquait sur sa cuisse sous la table, même lorsque celles-ci allèrent inclusivement se concentrer tout près de son entre-jambe. Vexée par son imperturbabilité, le tonkinois battit en retraite puis croisa étroitement les bras autour de sa poitrine en s'enfonçant sur son siège.

L'immobilité du regard de Drago se troubla alors lorsqu'Hermione esquissa un mouvement vacillant. Courbant le dos vers l'avant, elle plaqua ses mains contre son ventre tandis que Weasley, assis à côté d'elle, la dévisagea avec curiosité. Le rouquin fronça les sourcils en posant une main sur l'épaule de la Gryffondor puis Drago la vit hocher brusquement la tête. Fronçant lui-même les sourcils bien bas, il se replaça sur son siège, déposa ses coudes contre son bureau en lorgnant attentivement ce qu'il se passait à celui des deux Gryffondor. Quelques secondes passèrent et Hermione se redressa, gardant toutefois une main contre son flanc. La seconde suivante, elle répéta violemment le même mouvement qu'elle avait effectué un instant plus tôt, attirant derechef le regard maintenant inquiet de Weasley. Bientôt, Potter, qui était assis au bureau derrière celui d'Hermione, se leva à demie de sa chaise afin de se pencher vers l'avant pour échanger quelques paroles avec le rouquin. Celui-ci mima un mouvement interrogatif et c'est exactement à ce moment qu'Hermione gémit bruyamment en contractant tous ses muscles d'un coup sec.

Drago ressentit un coup cruel assener son cœur tandis que plusieurs élèves avaient maintenant tourné leur attention vers la jeune fille qui souffrait visiblement. Inquiet, il serra les poings en tentant de paraître indifférent, car Merlin savait à quel point une réaction affolée de sa part serait étrangement vue par les autres étudiants.

Carrow ne semblait pas le moins du monde réaliser que plus aucun de ses élèves ne portait attention à ses mots. Weasley était maintenant penché vers Hermione et cherchait son regard en secouant faiblement les épaules de son amie et Harry ne prit pas bien longtemps avant de dégager sa place afin d'aller se positionner à leurs côtés. Poussant soudainement un gémissement particulièrement strident en tordant bizarrement ses jambes entre les pattes de sa chaise, Hermione attira cette fois tous les regards des élèves, sortant par le même fait le professeur de son enseignement.

- Mais que se passe-t-il ici? demanda Carrow d'une voix pincée.

- Madame! paniqua Ron alors qu'Harry prit la relève afin de tenter de la calmer leur amie. C'est Hermione…! Elle a… Elle a je-ne-sais-quoi, mais elle ne va pas bien!

Hermione avait maintenant plaqué son torse contre ses cuisses en gardant ses mains autour de sa poitrine, respirant avec une énorme difficulté. Apercevant finalement son visage en entier qui était contracté par la douleur, Drago se sentit complètement horrifié de la voir dans cet état. Paralysé et impuissant, ses yeux étaient grands ouverts et il observait la scène avec une envie indomptable de se jeter sur elle pour venir à son secours. Il profita alors du mouvement presque unanime de tous les élèves qui s'étaient redressés sur leur deux pieds pour mieux voir la scène afin de s'approcher de la souffrante en bousculant les autres sur son passage.

En poussant un cri déchirant, des larmes se mirent à perler sur le coin des paupières crispées d'Hermione. Alors que madame Carrow alla se diriger vers la jeune femme afin de tenter de découvrir ce qui n'allait pas, son mouvement se fit bien rapidement interrompre lorsque la préfète se redressa subitement en plaquant son dos contre le dossier de la chaise sans ménagement. Aussitôt ensuite, elle s'effondra mollement contre son bureau, la joue étendue contre la surface froide, immobile.

Plusieurs petits cris féminins s'élevèrent dans la classe en troublant le silence que l'attention vouée à la panique d'Hermione avait provoquée. Parvati et Padma Patil avaient plaqué leur main contre leur bouche, scandalisée. Même Pansy Parkinson semblait choquée par ce à quoi elle venait d'assister. Quant à Harry, il se rua aussitôt sur son amie afin de tenter de la réveiller en la secouant énergiquement. Ron, lui, se tenait debout tout près d'eux, sidéré. On aurait dit qu'il venait tout juste de voir un revenant ; il était blanc comme neige et semblait lui-même sur le point de perdre conscience.

- Hermione! s'écria Harry en la secouant comme si elle aurait été qu'un vulgaire pantin. Hermione, réveille-toi!

En vain. Elle ne bougeait pas.

Drago avait mal au cœur tellement il cognait massivement contre sa cage thoracique. Il avait clairement l'impression que quelqu'un était en train d'hacher son organe vital, le vidant ainsi de tout son sang. Sa respiration était saccadée et bientôt, ses mains et son menton se mirent à trembler. C'était une grande chance que l'attention soit rivée sur Hermione plutôt que sur lui, car on aurait pu jurer qu'il était sur le point d'engager une crise d'hystérie. À contrecœur, il se fondit dans la foule en constatant qu'il ne serait pas capable de rester indifférent face à cette scène inquiétante.

- Dégagez, Potter! s'exclama le professeur en tentant de défaire l'étreinte d'Harry de sur Hermione.

- Il faut l'amener à l'infirmerie! vociféra le Survivant en dégageant brutalement la main du professeur de sur son bras. Ron, aide-moi!

Mais Ron ne bougeait pas non plus. Tout le monde était fixé dans le béton à l'exception du professeur et de l'Élu.

- Ron! renchérit Harry avec agressivité. Ron, viens m'aider!

- Potter! Lâchez cette pauvre enfant! ordonna Carrow en tirant obstinément sur le bras de son élève.

- Mais que diable se passe-t-il ici?! retentit une voix ferme tout près de la porte.

Tout le monde se retourna afin de faire face au nouvel arrivant. Tout le monde à l'exception de Drago. Le professeur McGonagall s'avança avec presse en dévisageant les alentours par-dessus ses lunettes rectangulaires tandis qu'Harry relâcha finalement Hermione afin de se jeter sur elle :

- Professeur McGonagall! Hermione ne va pas bien! Elle s'est évanouie, il faut l'amener à l'infirmerie!

- Calmez-vous, Potter, fit McGonagall en se frayant une place entre les élèves pour se rendre au centre d'attention. Oh! Par Merlin!

La dame se pencha aussitôt sur le corps inerte d'Hermione puis posa une main délicate sur son épaule. L'instant d'après, elle s'était redressée de toute sa hauteur et son autorité.

- Madame Carrow, veuillez libérer sur le champ les alentours. Nous allons amener miss Granger à l'infirmerie.

- Je viens avec vous! précipita Harry.

- Oh, certainement pas! couina-t-elle. Vous, vous allez rester en classe. Comme tout le monde ici, d'ailleurs, ajouta-t-elle à l'adresse de tous les élèves.

Les étudiants s'écartèrent de la place sous les indications de Carrow, puis ils allèrent tous finalement se rasseoir à leur bureau non sans cesser d'observer la scène qui s'offrait à eux. Drago dut se faire tirer par Pansy pour qu'il en fasse autant.

- Monsieur Weasley, appela McGonagall.

Sans succès. Il semblait encore paralyser.

- Monsieur Weasley! répéta-t-elle en claquant frénétiquement les doigts à deux pouces de son visage.

Aussitôt, Ron se réveilla de sa torpeur en secouant la tête. Ayant enfin gagné son attention, McGonagall posa une main raide dans son dos afin de l'inviter à s'approcher.

- Vous allez m'accompagner à l'infirmerie avec miss Granger, lui indiqua-t-elle.

- Pourquoi lui mais pas moi? s'outra Harry sans calmer sa rage. Je veux venir aussi!

- Non, Potter! Vous restez bien sagement ici tout comme tous les autres élèves de cette classe!

Le professeur lança un regard entendu à Carrow puis quitta la pièce après avoir jeter un sort de lévitation sur le corps immobile d'Hermione. Ron, d'un pas gauche et tendu, suivit de près sa supérieure et referma la porte derrière eux. Drago avait la monstrueuse impression qu'il venait d'assister aux pompes funèbres de la pauvre victime…

La classe était désagréablement silencieuse. Tous semblaient être renfermés sur eux-mêmes, comme s'ils étaient gênés de ce à quoi ils venaient tout juste d'assister. La plupart des élèves avaient la tête baissée, mais Drago, lui, fixait la porte derrière laquelle McGonagall, Hermione et Weasley venaient tout juste de disparaître. De tout ce qu'il eut vécu jusqu'à présent, jamais la peur n'avait été aussi vivante en lui. Elle était présente en lui en quantité exacte à celle de son sang, comme si chacun de ses globules s'imbibait de cette terreur insupportable. Un amer regret s'éprit alors de lui ; le regret d'avoir abandonné Hermione même si la raison pour laquelle il l'eut fait ne fut que pour assurer la sécurité qu'elle n'avait apparemment pas reçue. Il le connaissait, le responsable de cet acte. Il savait très bien que c'était Rogue qui avait causé tout ça. Il l'avait prévenu, mais jamais Drago n'avait voulu le prendre ses mots au sérieux. Voilà donc où l'encontre qu'il avait apportée à ses exigences l'eut mené…

Hermione… Allait-elle survivre à cet incident? Une douleur aigue le pinça au niveau de l'estomac. Serrant les mâchoires et les poings, il cligna les paupières d'un nombre incalculable de fois afin de retenir les larmes qui brûlaient ses rétines. La haine envers Rogue… était immonde, odieuse, excessive… Son corps brûlait déjà de vengeance.

Harry se tenait encore debout dans la salle de classe. Abattu, il se laissa choir sur la chaise qu'avait précédemment occupée Hermione mais qui était désormais vacante. Carrow alla s'asseoir à son bureau puis entrecroisa sagement les doigts en parcourant les têtes déprimées de ses élèves d'un regard circulaire. Elle pouvait être certaine que personne ne serait à l'écoute si la décision de poursuivre son cours gagnait parmi le débat d'idée qui s'entretenait dans sa tête.

Soupirant lâchement, elle ne fit pas mijoter ses élèves plus longtemps entre les murs de la classe devenus étouffants :

- Vous pouvez quitter.

À peine eut-elle fini sa phrase qu'Harry était déjà sorti. Tranquillement, sans prononcer la moindre parole, les autres jeunes quittèrent la pièce d'un pas traînant même si l'idée d'avoir déjà fini leur semaine de cours aurait normalement dû les exciter. Drago fut de ceux qui désertèrent les lieux en dernier, et Pansy fut même forcée de le tirer par le bras pour qu'il daigne bouger le petit doigt. Tout son moral était à plat. La vie en lui ; inexistante. Ce qui venait de se produire, c'était comme si on venait d'arracher une partie de lui. La bonne partie de lui, celle qui pouvait faire de lui une bonne personne…

Harry et Ron se tenaient au chevet d'Hermione qui était couverte d'une pommade quelconque qui dégageait une odeur fort mauvaise. Les deux garçons observaient attentivement chacun des gestes que madame Pomfresh exécutait sur leur amie ; de la prise de sa température élevée jusqu'à l'analyse des signes vitaux de la jeune femme.

- Deux fois en moins de trois mois… marmonna la soignante d'une voix attristée. Pourquoi donc tant de malchance doit s'abattre sur une jeune fille aussi droite que miss Granger?

- Êtes-vous capable de déterminer qu'est-ce qui la fait réagir d'une telle manière? lança Harry, assis sur le bout de sa chaise.

Il savait très pertinemment, tout comme Ron et Drago, que Rogue était l'auteur de cette mésaventure. Mais qui sait ; peut-être la réaction dont elle avait été victime n'était qu'un effet secondaire de l'explosion qui s'était produite dans leur cours de potions? Ou peut-être même que la tâche de Rogue et l'explosion elle-même étaient liées? Un éclair traversa furtivement l'esprit d'Harry tandis qu'il réalisa que c'était sûrement leur professeur qui avait lui même fait en sorte que la potion d'Hermione lui explose au visage. Sûrement avait-il glisser ce foutu poison au fond de son chaudron avant la confection de leur sérum de vérité… Sinon, pourquoi aurait-il insisté pour que tous les élèves quittent la proximité du danger que présentait le chaudron en ébullition en forçant Hermione de rester tout près? Voilà, toutes les pièces du puzzle étaient mises en place! Ils avaient laissé Rogue gagner… Ils avaient laissé Rogue faire du mal à leur meilleure amie… et il s'en voulait pour mourir.

- Je n'en suis pas certaine, mais j'ai de grands doutes. Dans tous les cas, ce n'est certainement pas l'œuvre de ce sérum de vérité que vous étiez sensés fabriquer dans le cours précédant celui de l'incident. Comme l'indique son nom, le effet de cette potion n'est que la possibilité pour celui qui le boit de dire tous ses plus grands secrets sans même y être forcé.

- Que croyez-vous qu'elle a pu avaler, dans ce cas? demanda Ron.

Madame Pomfresh enfonça ses poings sur ses hanches, toisant avec pitié le corps faible et immobile d'Hermione. La pauvre Gryffondor suait à grosses gouttes. L'infirmière essuya à l'aide d'un chiffon le front brûlant de l'étudiante puis se redressa sans cesser de la regarder.

- Je crois qu'il s'agit de la Goutte du Mort-Vivant, déclara-t-elle lugubrement.

- La quoi? firent Harry et Ron à l'unisson.

- La Goutte du Mort-Vivant, répéta-t-elle en fronçant les sourcils, peu fière de devoir aborder ce sombre sujet. C'est un somnifère extrêmement puissant et dangereux.

Les deux garçons échangèrent un regard horrifié.

- Dangereux? bredouilla Harry en plissant le front. En quoi un somnifère peut-il être dangereux?

- Ils ne le sont habituellement pas, expliqua madame Pomfresh, mais celui-ci l'est fortement. Comme tous les autres types de somnifères, la Goutte du Mort-Vivant plonge son consommateur dans un profond sommeil – même si dans ce cas-ci, il s'agit plutôt d'un coma – mais contrairement aux autres, il peut amener la mort si son antidote n'est pas ingurgité dans les plus brefs délais.

Anéanti par la nouvelle, Ron plongea son visage désespéré entre ses mains tremblantes en poussant un immense et lourd soupir. Harry, quant à lui, ne lâcha pas le morceau de sitôt :

- Alors ne pouvez-vous pas lui administrer son antidote? précipita Harry hâtivement.

- C'est impossible ; nous ne possédons pas cet antidote puisque nous ne sommes d'abord pas sensé posséder un tel somnifère entre les murs de Poudlard. Son utilisation est formellement prohibée par le ministère de la Magie, et c'est d'ailleurs pourquoi nous ne le retrouvons dans aucune école. Je trouve alors très étrange que ce soit exactement cette potion que miss Granger se soit retrouvée à avaler… Je ne comprends pas qui aurait pu se retrouver en possession d'une telle horreur et encore moins qui aurait osé en faire usage sur une enfant!

Derechef, Harry et Ron se lancèrent un regard qui s'entendait parfaitement sur l'explication aux questions que la soignante se posait.

- Et ce délai avant… avant la mort, ajouta le rouquin avec appréhension, c'est combien de temps?

- Il n'est pas fixe, fit sombrement la dame. Il peut varier d'une personne à l'autre, selon le métabolisme de la victime ou je-ne-sais-quoi. Ce somnifère reste plutôt mystérieux, même aux yeux des chercheurs.

L'infirmière leva alors les yeux vit le professeur Dumbledore pénétrer à l'intérieur la pièce, suivi de près par McGonagall. Elle indiqua à Harry et Ron de patienter quelques instants puis quitta l'infirmerie afin d'aller discuter avec les deux dirigeants de l'autre côté des murs en refermant la porte derrière elle.

- Je continue de croire que nous devrions aller en parler à Dumbledore, déclara gravement Harry en posant ses coudes contre ses genoux.

- Moi aussi, acquiesça Ron, mais Hermione a dit…

- Hermione a été franchement naïve, Ron, tout comme nous. Ne te rends-tu pas compte que nous avons laissé Rogue faire du mal à notre meilleure amie? On a complètement sous-estimé ses capacités!

Le rouquin se renfrogna en grimaçant de tristesse. Ses yeux allèrent rencontrer son amie qui gisait sans émotion sur le lit de malade puis son cœur se serra.

- Il avait mis le poison au fond de son chaudron, pas vrai? fit-il. J'ai vu Hermione cracher lorsque la potion lui a explosée au nez…

- Je pense également la même chose.

Un silence morne s'étira. Soudainement, après deux longues minutes, Ron se redressa vivement sur son siège en affichant un sourire triomphant.

- Harry! s'exclama-t-il alors, plein d'espoir. Sa complémentaire!

Perplexe, le Survivant haussa un sourcil interrogatif. Même s'il ne comprenait aucunement où il voulait en venir, il sembla toutefois rassuré que son ami ait découvert quelque chose dont lui avait apparemment passé à côté sans même en prendre notice.

- Sa complémentaire! poussa-t-il de nouveau dans l'espoir qu'insister sonnerait des cloches dans la tête d'Harry. Tu te souviens? Rogue a demandé à Lucius de lui donner sa complémentaire!

- Oui, oui, oui! Je me souviens! déboula Harry, insulté par le ton sarcastique qu'avait emprunté son copain. Mais pourquoi est-ce que tu me dis ça? C'est quoi, cette complémentaire?

- L'antidote, Harry! L'antidote! Rogue a dit qu'il préférerait éviter une mort à Poudlard! Il est donc clair qu'il détient l'antidote dans son bureau!

Le regard du Survivant s'illumina. Une complémentaire… Comment avait-il pu ne pas faire le lien pourtant si évident? Oui, il s'en rappelait! Rogue avait mentionné qu'il refuserait de faire quoi que ce soit si Lucius ne lui rendait pas « sa complémentaire »! Un rappel du bruit d'une armoire qui grince troubla alors les réflexions du jeune homme, lui rappelant que lui et Ron savaient approximativement où Rogue avait entreposé les deux fioles que les Malefoy lui avaient données. Vif et déterminé, il se leva en affichant un sourire excessivement grandiloquent pour ce que la situation que ce détail imposait comme aventure périlleuse.

- Il faut aller chercher cet antidote, Ron! s'exclama-t-il. Il faut y aller, et maintenant!

- Maintenant? déclara-t-il, incrédule. Non, c'est une mauvaise idée… Nous sommes maintenant en fin de semaine, ce qui implique que Rogue sera constamment présent dans son bureau.

Réalisant qu'il n'avait pas tort, Harry se rassit brusquement sur sa chaise en esquissant une moue pensive.

- Il va donc falloir attendre ce lundi? marmonna-t-il, peu enchanté à l'idée d'étirer le temps qui séparerait ce moment et celui de l'acquisition de cet antidote.

- Nous n'avons pas le choix, confirma le rouquin. À moins que l'idée de pénétrer dans son bureau alors qu'il s'y trouve te semble une bonne expérience à vivre…

Harry douta grandement de cette situation puis acquiesça gauchement à sa réplique. L'ambiance sembla soudainement s'être allégée suite à cette découverte qui augurait pour le mieux dans ce moment de panique.

- Peut-être qu'on devrait mettre Malefoy au courant? proposa Harry avec un certain malaise dans la voix.

Ron dévisagea alors Harry avec une profonde aversion. Tordant la bouche comme s'il était sur le point de vomir, il haussa les épaules.

- Peux-tu bien me dire pourquoi nous devrions le mettre au courant de quoi que ce soit?

- Parce que pénétrer dans l'office de Rogue est très dangereux puisque nous pourrions se faire pincer à n'importe quel moment… Sachant donc que Malefoy est en quelque sorte… « proche » de Rogue, il pourrait peut-être tenter quelque chose qui pourrait nous éviter ce risque.

- Tu ferais confiance à cet ordure, toi?

- Je te rappelle que lui et Hermione ont vécu quelque chose… et j'ignore si tu as jeté un œil à Malefoy lorsqu'Hermione s'est évanouie en pleine classe, mais il semblait aussi choqué que nous…

La réplique d'Harry appliqua un silence malaisé entre les deux amis, tous d'eux dégoûtés à cette évocation pourtant véridique.

- Alors tu seras prêt à créer une sorte de… d'alliance avec lui?

Ce fut au tour d'Harry d'hausser les épaules.

- Oui, répondit-il simplement en hochant la tête.

- Alors j'espère que tu ne verras aucun inconvénient si je te dis que je préfèrerais ne pas être présent lorsque tu iras lui en parler.

- J'allais justement te proposer de m'y rendre seul pour avoir l'occasion d'échanger quelques mots avec lui avant que tu ne le tues. Au passage, je vais tenter d'en savoir plus sur cette mission… Celle qui me concerne.

Les deux garçons se séparèrent donc de leur amie avec peine afin d'aller prendre leur dernier repas de la journée dans la Grande Salle. Lorsqu'ils y pénétrèrent, les deux paires d'yeux allèrent instantanément se poser à la table des Serpentard afin de vérifier si Malefoy était présent, mais furent plutôt indifférents lorsqu'ils remarquèrent qu'il n'y était pas. Tant pis, se dit Harry, il n'avait qu'à repousser sa discussion avec lui qui s'annonçait déjà pleine d'amour et de douceur. Chose certaine, cependant, c'est qu'il voulait absolument être entré en communication avec ce sale serpent avant la fin de la journée. Il eut, pendant toute la durée du repas, préparé et laissé mijoté des phrases fermes et des bonnes et cinglantes répliques dans son esprit, et il se voulait absolument de les lui dire avant que le temps du couvre-feu ne sonne s'il espérait seulement fermer l'œil durant la nuit.

D'ailleurs, alors que tous les élèves se mirent à quitter l'immense pièce aux alentours de sept heures et demie, Ron tapota distraitement l'épaule d'Harry en fixant le portail de la Grande Salle. Lorsque le Survivant tourna la tête afin de déposer son regard sur ce que le rouquin toisait avec insistance, il y vit Malefoy qui venait tout juste de faire son entrée. Son allure laissa largement indisposé les deux Gryffondor ; jamais ils ne l'avaient vu arborer un air aussi déstabilisé et vide, comme s'il était atteint d'un traumatisme quelconque. Les meilleurs amis s'échangèrent un regard communicatif et Harry détermina alors que c'était là le bon moment d'aller échanger quelques précieux mots avec Malefoy au sujet d'Hermione. Sans perdre de temps, il se leva de son banc et se dirigea vers le blondinet d'un pas pressé avant qu'il n'entame son chemin vers sa table. Heureusement, le regard du Serpentard alla bien rapidement croiser celui d'Harry qui lui fit signe de sortir de la salle en un mouvement sec de la tête. Malefoy comprit aussitôt puis ne se fit pas prier avant d'exécuter l'ordre de son ennemi juré. Leur conversation s'annonçait peut-être finalement à être entretenue dans de bonnes démarches s'il se montrait aussi coopératif qu'il le fit à ce moment. Tournant les talons, Malefoy prit un chemin qu'il suivit en serpentant longuement les couloirs de l'école, et Harry fut bientôt obligé de courir pour ne pas le perdre de vue.

Lorsque le Survivant bifurqua à un coin, un Serpentard d'une translucidité maladive qui aurait rendue Peeves jaloux se rua sur lui.

- Est-ce qu'elle va bien? précipita-t-il.

Malaise. Le voir s'inquiéter ainsi pour Hermione Granger le déstabilisa à un point tel qu'Harry se demanda brièvement s'il se trouvait véritablement en face de Drago Malefoy.

- Elle ne s'est pas réveillée… débuta Harry.

- Alors elle ne s'est qu'évanouie? le coupa Malefoy avec soulagement.

- Non, non, en fait, elle est plongée dans un coma…

- Un coma?! poussa-t-il sans le laisser aboutir. De quoi est-ce que tu parles, Potter?!

- VEUX-TU BIEN ME LAISSER PARLER, BORDEL?!

Malefoy se replia, surpris par sa perte de sang-froid. Il s'engagea à contrecœur à se taire, réalisant qu'il n'arriverait effectivement pas à prendre la moindre nouvelle s'il lui coupait constamment la parole. Il le lorgna toutefois d'un regard méprisant provoqué par le ton supérieur qu'il s'était approprié. Déjà rageur, il serra les mâchoires pour s'empêcher de répliquer.

- Il se trouve qu'elle a avalé un somnifère très puissant dont les effets sont plus importants qu'un simple somnifère, expliqua Harry après avoir capturé son attention et imposé son silence. Rogue a certainement…

- Rogue?! le coupa-t-il derechef. Comment est-ce que tu sais que c'est Rogue qui lui a infligé ça?!

Il ignorait pourquoi, mais Harry doutait qu'annoncer les véritables responsables de cet incident serait une bonne idée. Ne se souciant toutefois aucunement des conséquences que Malefoy pourrait subir ou ferait subir à quiconque, il se lança :

- Ron et moi avons entendu une conversation dans le bureau de Rogue qui portait sur ce sujet.

- Avec qui discutait-il? demanda-t-il avec avidité.

Le Gryffondor hésita.

- Tes parents.

Aucune réaction apparente. Cependant, Harry put facilement déterminer que Malefoy devait être submergé par la colère. Il le devina d'ailleurs par ses narines qui se dilatèrent soudainement et par le faible tremblement dont son visage entier était maintenant prisonnier. Une veine parut même palper sous la peau de sa tempe tendue. Le Serpentard resta silencieux, mais Harry comprit que ce silence invitait des informations plus explicites à s'affirmer.

- C'est d'eux que provient la potion, déclara-t-il.

- Et l'idée de venir m'en parler ne vous a jamais passé à l'esprit, à toi et la belette?! cracha-t-il avec mépris et rage.

Harry haussa les sourcils, jaugeant son ennemi avec éminence.

- On a des comptes à te rendre, peut-être?

- Non, mais sachant pertinemment que je suis le principal concerné dans cette histoire, peut-être aurais-je pu faire quelque chose pour empêcher Rogue de faire ce qu'il a fait!

- Oh! Eh bien, excuse-moi si je ne te fais aucunement confiance, Malefoy!

- Avec ce qu'Hermione a du te dévoiler à notre sujet, je crois bien que ç'aurait été la moindre des choses! Sur-tout-que-ça-me-con-cer-ne!

- Ne l'appelle pas par son prénom! Ça me répugne de l'entendre dire de ta sale gueule de serpent!

- T'es vraiment qu'un enfant, Potter! siffla le Serpentard en s'empourprant violemment. Notre relation n'a pas sa place dans cette histoire, de toute façon!

- Au contraire! Ne va pas t'imaginer que j'ignore la raison pour laquelle Rogue a décidé de s'attaquer à Hermione!

Fronçant les sourcils, le front et les yeux plissés, Malefoy afficha un air franchement menaçant.

- Qu'est-ce que tu insinues par là, le balafré?!

- Que tout ce qui est arrivé de négatif à Hermione depuis le tout début de l'année, c'est entièrement de ta faute! Et si elle se trouve actuellement étendue sur un lit de mort à la place de se tenir juste à côté de nous, c'est aussi uniquement de ta faute! Tout ça, c'est à cause de ta stupide incapacité d'aller acquérir ta saleté de Marque des Ténèbres par ta propre petite infâme personne!

Fulminant, Malefoy captura le collet de la chemise d'Harry et le plaqua brutalement contre le mur en appliquant une désagréable pression pour tous les deux.

- Ta gueule, Potter! vociféra-t-il. Je ne l'ai jamais forcée à faire quoi que ce soit pour moi, sache-le!

- N'empêche que sans tes petits soucis personnels, grogna Harry en se dégagea tout aussi brutalement que Malefoy l'avait violenté, elle ne serait pas dans cette situation critique!

Malefoy refusait de se faire à l'idée qu'il était le véritable responsable de cette malheureuse histoire avec Hermione. Plus fortes que lui, les larmes se mirent à se frayer dangereusement un chemin vers ses yeux. Des larmes de rage. Une rage qu'il n'avait plus la possibilité d'évacuer autrement que par cette faiblesse. Non, Potter avait raison… Tout ça était de sa faute à lui… C'est lui qui avait autorisé Hermione à l'accompagner à la Cabane Hurlante… Il était l'instigateur de chacune de ses mauvaises passes…

- Ne mets pas le blâme de ton irresponsabilité sur moi! renchérit-il afin de cacher son immense culpabilité. Ce n'est pas mon problème si tu es incapable de prendre soin de tes amis!

- Tu viens tout juste de me prouver à quel point tu te soucis d'elle, c'est incroyable!

L'ironie dont Harry fit preuve insulta considérablement Malefoy. S'il avait espéré en apprendre plus sur la situation d'Hermione, il venait tout juste de détruire toutes ses chances. Pareil pour le Survivant ; il aurait voulu en savoir plus sur la mission ambiguë du Serpentard? Il se foutait littéralement le doigt dans l'œil s'il croyait un instant avoir encore cette chance à ce stade-ci de leur entretien.

- Je n'ai absolument rien à te prouver, Potter.

- Alors dans ce cas, j'imagine que nous n'avons plus rien à nous dire.

Catégorique, Harry pivota sur lui-même puis s'éloigna. Franchement, cette discussion ne lui avait fait ni chaud ni froid. Et puis tout compte fait, lui et Ron pourraient très bien se débrouiller sans l'aide de cet incompétent. Malefoy, quant à lui, paniqua intérieurement à l'idée de rester si peu informé au sujet d'Hermione. Retenant un cri suppliant, il posa un pied devant lui avec une envie caressante d'aller lui défoncer l'arrière de la tête à cause de la torture psychologique qu'il lui infligeait.

- Potter, attends!

Harry sourit sournoisement. Malefoy dépendait apparemment de ses informations… Il se retourna, l'air blasé. Tout pour le provoquer.

Le Serpentard allongea une pause inconfortable. Si seulement il n'aurait pu que se présenter à l'infirmerie comme si Hermione aurait été n'importe qui pour prendre des nouvelles de son propre chef! Mais non, il fallait qu'il pile sur son amour-propre en se ressourçant qu'auprès de ce raté de Potter… Quelle honte!

- Va-t-elle se réveiller bientôt?

Le Gryffondor se sentit soudainement si fier de se retrouver en position de force envers Malefoy qui pensa d'abord ne rien lui dire et de l'envoyer balader. Seulement, cette étrange lueur de sincère inquiétude qu'il distingua dans ses yeux d'acier l'empêcha de tourner le couteau dans la plaie. Après tout, il avait beau être des plus infâmes personnes qu'il connaissait, mais il restait un humain qui possédait des attachements envers autrui… même si l'idée de savoir que cet « autrui » en l'occurrence n'était nulle autre qu'Hermione lui déplaisait bigrement. En tout état de cause, Harry fortifia l'indifférence qui teintait ses traits puis inséra ses mains au creux de ses poches.

- Non.

Rien d'autre. Malefoy se sentit fulminer intérieurement face à ce manque apparent de coopération, mais tout de même, il garda son air vulnérable et l'invita à détailler sa réponse en haussant les sourcils d'une manière interrogative.

- Ce qu'elle a avalé, c'était la Goutte du Mort-Vivant, expliqua vaguement Harry. C'est un somnifère qui s'apparente beaucoup à n'importe quel poison à cause de ses effets…

- Et ce sont quoi, ces effets?

Harry fronça les sourcils.

- Je ne suis pas un bouquin à consulter. Va t'informer par toi-même si tu veux en savoir plus.

Derechef, il se retourna dans l'idée de quitter enfin les lieux, mais tout comme la première fois, Malefoy l'intercepta.

- Je veux rester informé de sa situation, déclara le serpent en retenant un haut-le-cœur.

Sa voix s'était faite ferme, mais son mécontentement face à cette demande de collaboration se fit largement remarquer dans son tremblement.

- Et si moi, je n'en ai pas envie?

Malefoy sentit alors soudainement son sang bouillonner dans ses veines. C'était à ça qu'il voulait jouer? Parfait.

- Ne fais pas le con, Potter. Je ne veux qu'un rapport fréquent sur son état, pas que tu te jettes à mes pieds pour que je te pardonne ta stupidité.

- Puisque tu sembles savoir si tenacement ce que tu souhaites, je te conseille fortement de réviser tes démarches pour atteindre ton but, parce que dans ce cas-ci, tu peux bien te mettre ton rapport là où je pense!

Sur ces derniers mots, il se retourna, mais à peine eut-il posé un pied devant l'autre qu'il pivota pour la troisième fois vers son adversaire.

- Tu sais quoi? J'ignore même ce qui me retient d'aller te balancer à Dumbledore. Ça serait si facile.

Un éclat de panique passa furtivement dans le regard du blondinet. Il quitta cependant rapidement son chenal afin de céder la place à une frustration de haut niveau.

- Ose simplement faire ça, et plus d'un vont regretter ton sort, le balafré. Je garde mes nouvelles compétences uniquement pour ton cas, tu t'en rappelles peut-être?

Quelques bribes de conversation entre Lucius et Rogue résonnèrent alors dans sa tête, se remémorant le passage qui l'avait particulièrement affligé : un prochain combat contre Malefoy… À en juger par le ton désinvolte qu'avait arboré son ennemi, il ne devait certainement pas être au courant de la supposée mission qui lui revenait. Donc finalement, il n'aurait jamais rien appris de constructif s'il se serait lancé dans des questions à ce sujet.

- Tes menaces me laissent de marbre ; garde plutôt ta salive envers ceux qui voudront bien te croire.

En s'échangeant un regard surchargé de mépris et de haine, les deux élèves jugèrent qu'ils avaient tous deux terminé leur discussion. Chacun de leur côté, ils s'éloignèrent l'un de l'autre, plus ou moins satisfaits de leurs acquisitions. Malefoy aurait peut-être espéré en savoir plus sur le cas mystérieux d'Hermione, mais il connaissait au moins maintenant le moteur de la réaction qu'elle eut dans leur classe. Harry, quant à lui, se traita mentalement de tous les noms, réalisant qu'il aurait aussi bien pu ne jamais lui adresser la parole que rien n'aurait changé dans ses démarches pour aller subtiliser la précieuse antidote sur laquelle la vie de sa meilleure amie reposait maintenant.


Peut-être est-ce trop loin dans nos mémoires, mais je vous rappelle que la Goutte du Mort-Vivant existe bel et bien dans l'univers d'HP! Comme j'ai mentionné je-ne-sais-trop-où, je déteste inventer des trucs quand ils jouent un rôle important dans ma fic... Oui, c'est clair, il y a quelques exceptions dans les usages (du genre les propriétés de mes portoloins, l'effet du Baiser des Détraqueurs que j'ai amplifié et sûrement d'autres petits détails), mais en grande partie, je reste fidèle au bouquin... du mieux que je peux!

La Goutte du Mort-Vivant eut donc été mentionné dans le tout premier livre dans le cadre du cours de Rogue... Sinon, je ne me souviens plus trop si le nom de ce somnifère a été évoqué par après, mais bon. À la base, la potion que Rogue était sensé faire avaler à Hermione était un poison quelconque que j'aurais inventé, mais j'ai eu la chance de trouver dans un encyclopédie une potion existante qui a environ les mêmes effets que ce que j'aurais souhaité avoir! Gloire à mon encyclopédie d'HP virtuelle!

Bref, trêve de bavardage, je vous souhaite une joyeuse Pâques, et je vous posterai un tout nouveau chapitre à mon retour!