Salutations! Bon, je vous préviens, ce chapitre-ci n'est pas du tout mon préféré. Je trouve que l'écriture et l'intégration des événements sont maladroits, mais bon, j'ai tenté de le retravailler du mieux que j'ai pu. N'étant cependant pas entièrement satisfaite, le travail supplémentaire m'est plus ou moins motivant... J'espère toutefois que vous l'apprécierez!

J'ai dernièrement calculé les situations restantes à glisser dans ma fic, et le nombre de chapitre final de "L'exode des hostiles" sera de quarante-deux. Ça, bien sûr, c'est si je ne décide pas à la dernière minute d'ajouter d'autres éléments qui risqueraient d'allonger l'histoire... ce qui est tout à fait mon genre! J'ignore si vous y êtes accroché autant que moi, mais en ce qui me concerne, je vais clairement ressentir un vide lorsque ma fic aboutira... J'y passais tellement de temps!

Bref, merci beaucoup pour vos commentaires, encore une fois. Vous êtes adorables!

Peace! Je vous aime, et bonne lecture, encore une fois!


Chapitre 34 - Décadence


Consternés, Harry et Ron quittaient les cachots d'un pas inutilement nerveux. C'était fini, maintenant. Ils s'étaient lancé dans ce périple imprudent après une longue fin de semaine de dures réflexions, et voilà que le tout s'était avéré à être un total fiasco. Il ne restait plus qu'à croiser les doigts dans l'espoir que Malefoy ait comprit le message éclair qu'il lui avait transmis avant de quitter le bureau de Rogue. Le Serpentard aurait beaucoup plus de chance de dérober cet antidote qu'eux, mais malgré tout, le fait de savoir leurs dernières chances entre les mains vicieuses de leur ennemi les désabusait considérablement. Dans le cas contraire, ils n'auraient guère d'autre choix que d'informer Dumbledore de toute cette histoire, de A à Z, et se rendre parfaitement lucides aux conséquences que ces aveux amèneraient. C'était d'abord et avant tout pour le bien d'Hermione ; ce que subiraient le Malefoy et les autres personnes impliquées dans cet épouvantable récit de mésaventures ne les intéressait aucunement, et ce même s'ils se devaient d'être envoyé à Azkaban ou soumis au Baiser du Détraqueur.

Ron n'arrivait pas à croire qu'ils soient sortis du bureau de Rogue indemnes, uniquement récipiendaires d'une retenue. Harry, quant à lui, se posait mille et une questions concernant la réaction atypique de leur professeur. Le calme dont il fit preuve l'inquiétait davantage que s'il aurait bondi hors de ses gonds, et c'est exactement pour cette raison que le futur de la situation présente l'inquiétait de plus en plus. Sa réaction était-elle liée à ce supposé duel qui se devait d'avoir lieu entre Malefoy et lui? Ce calme, est-ce qu'il s'accoquinait avec la certitude que Malefoy se chargerait de son cas à défaut d'être lui-même? Il ignorait totalement quels liens établir entre les éléments qu'il avait entendus lors de la conversation entre Lucius, Narcissa et Rogue, et ses théories semblaient être plus farfelues les unes que les autres.

Tout ça aurait peut-être la chance d'être éclairci lorsque Malefoy reviendrait de sa petite expédition à son manoir. Harry se trouvait franchement stupide de croire que peut-être le Serpentard voudrait coopérer en lui dévoilant des détails sur sa mission, mais il se permettait tout de même de s'accrocher à ce mince filet d'espoir puisque tous les deux étaient perché à une seule et même chose : la sécurité d'Hermione. Tout comme Ron, d'ailleurs. Ayant ce but commun, la possibilité – aussi infime soit-elle – qu'il lui dévoile la nature de sa tâche restait tout de même présente.

Mais Drago n'avait guère l'intention de partager quoi que ce soit avec quiconque puisqu'une honte nouvelle s'était installée depuis son voyage vers l'infirmerie. Écrasé sur sa chaise avec un manque de classe saillant, il s'impatientait à écouter le silence crispé qu'étendait volontairement Rogue. Face à lui, le professeur faisait rouler sa baguette magique contre son bureau d'une main lasse en arborant un air analyseur. Le manque de convenance dont son apprenti avait fait preuve quelques instants plus tôt l'avait grandement déstabilisé ; s'attaquer à un supérieur dans un élan irréfléchi de fureur… Ce genre d'écart de conduite pourrait aisément contribuer à ses plus grosses pertes.

- Plusieurs choses seront à corriger dans votre comportement, reprocha Rogue en plissant les yeux, surtout lorsque vous entrerez en connaissance avec votre mission. Les impulsivités puériles dont vous êtes souvent victime ne seront guère suggérées lors de son accomplissement.

Drago croisa les bras, impassible et furibond. Il aurait tout fait pour lui fermer la trappe… Si seulement il savait à quel point ses paroles le laissaient indifférent! Il aurait en temps normal dû être inquiet pour ce qui allait venir, mais la frustration courante à l'égard de son mentor était trop vive pour permettre à son anxiété de se manifester. Lui, Rogue, de toute sa prestance, lorgnait son élève avec dédain.

- Vous êtes-vous allié avec Potter et Weasley, monsieur Malefoy? poursuit-il après ce qui sembla avoir été une lueur d'hésitation dans ses yeux. Leur avez-vous demandé de…

De nouveau, il hésita. Drago fronça les sourcils.

- …s'emparer de quelque chose dans mes armoires? conclut-il en teintant sa voix de mystère.

Piqué, le Serpentard plongea un regard qui se partageait entre le tourment et l'arrogance directement dans celui de son professeur. Lui non plus, en plus de Potter et Weasley, n'était pas sensé connaître l'existence d'un antidote au funeste sort d'Hermione ; le mieux mentirait-il, le mieux s'en sortirait-il.

- Non, trancha Drago en retroussant une lèvre supérieure renchérie.

Rogue gonfla son attitude analyste. Le doute que Drago perçut alors dans ses yeux l'irrita à un point tel qu'il s'obligea à s'expliquer plus explicitement :

- Hermione est leur…

- Granger, corrigea l'enseignant avec virulence. Granger est leur…?

Le jeune homme se tut, à la fois renfrogné et malaisé. D'abord, avait-il seulement à se justifier à ce salopard? Non, aucunement. Il s'assombrit impétueusement et reprit son point de concentration initial : le portoloin qu'il se devrait d'emprunter une fois leur « entretien » terminé. La nervosité se mit tranquillement à monter en lui quant à la mission qui l'attendait entre les murs de sa demeure… Dire qu'une simple plume, douce et frivole, le séparait des limbes de son manoir…

- Qu'alliez-vous dire? insista Rogue en troublant la torpeur de Drago.

- Elle est leur meilleure amie, circonstancia-t-il après avoir à peine levé les yeux, vous le savez autant que moi. C'est donc normal qu'ils tentent toutes sortes de conneries pour la sortir de son merdier.

Sceptique, Rogue hocha nonchalamment la tête. Le professeur termina son mouvement en soutenant son menton légèrement redressé, hargneux.

- D'accord, marmonna-t-il de sa voix doucereuse qui restait peu convaincue. Et puisque miss Granger est au courant d'absolument tout alors qu'elle n'était pas sensé l'être, j'imagine que vous avez accordé une attention particulière à ce que le contenu de votre situation reste parfaitement confidentiel auprès de ses copains, n'est-ce pas?

Pouah! S'il savait… Rogue, malgré sa méfiance, doutait toutefois clairement de la véritable raison pour laquelle les deux Gryffondor s'étaient pointé dans son office par transgression. Il serait donc largement préférable qu'il n'apprenne pas que plus de gens que nécessaire connaissaient le cas de Drago aussi bien que lui-même… si ce n'était pas plus.

- Il m'arrive peut-être d'être puérilement impulsif, broda le Serpentard avec fatuité, mais je ne suis pas un abruti.

Tout comme chez Drago, la haine que Rogue éprouvait chez son apprenti grandissait d'instant en instant. Hérissé par son attitude, le professeur grimaça d'ennui puis croisa les bras sur son bureau après avoir rangé sa baguette dans la poche intérieure de sa grande cape noire. D'un coup de menton, il désigna la plume aux couleurs profondément charbonnées qui gisait au beau milieu de la surface de bois.

- Êtes-vous prêt?

Un coup brutal au ventre étouffa momentanément une quelconque réaction chez le jeune homme. Quelques secondes plus tard, après avoir toiser le portoloin avec appréhension, Drago pinça les lèvres en haussant lâchement les épaules.

- Ai-je vraiment le choix?

- Votre comportement prétentieux me porte considérablement sur les nerfs, susurra soudainement Rogue d'une voix bouillante après s'être attendu à une réplique de ce même genre. J'espère que l'on se chargera là-bas de remettre vos pendules à l'heure.

Ses pendules étaient parfaitement à l'heure, pourtant. Le blondinet se mit alors à se demander si Rogue espérait réellement se faire parler sur un autre ton après tout ce qu'il lui avait fait subir, après ce qu'il avait fait subir à Hermione… Pour toute réponse, Drago resserra l'étreinte de ses bras sur sa poitrine en fixant un point autre que son professeur. Lui répondre comme il en avait envie ne ferait qu'empirer la tension entre eux, quoi qu'il s'en balançait royalement.

- Vous recevrez là-bas toutes les instructions sur votre mission, alors je me vois dans l'inutilité de vous garder ici plus longtemps que vous ne l'avez déjà été.

Derrière la façade de son indifférence, Drago sentait ses organes chavirer dans tous les sens. Il ignorait entièrement ce à quoi il devait s'attendre, mais lorsqu'il se remémora la conversation qu'il eut entretenue avec Rogue qui portait sur l'occlumencie et la légilimencie, son niveau d'angoisse se décupla jusqu'à bientôt lui procurer une envie étouffante de vomir. De plus, il appréhendait largement le moment ou Lui, il devrait tout lui annoncer. Lui, Voldemort, c'était Lui qu'il rencontrerait pour la première fois de sa vie, et il savait pertinemment que le Seigneur des Ténèbres ne sous-estimait pas ses disciples. Ainsi, la mission qui lui revenait ne serait sûrement pas une partie de Quidditch…

Mais maintenant, entre se retrouver ici aux côtés de Rogue et là-bas, dans son manoir, aux côtés du Seigneur des Ténèbres, il préférait grandement cette deuxième alternative.

Le Serpentard se redressa. Rogue le suivit des yeux puis recula son siège à l'aide de ses pieds. Tendu, Drago sentit son poil s'hérisser sur ses bras lorsqu'il entendit le crissement des petites roulettes de métal sous les pattes de chaises de son professeur résonner dans la pièce. Oh, finalement, il ignorait s'il préférait se retrouver ici ou là-bas… Son cœur battait à tout rompre. Son sang, épais et bouillant, se concentrait entièrement vers sa tête, le moteur de son corps qu'il sentait sur le point d'éclater sous la surcharge de nervosité. Mais malgré tout, Drago se rapprocha du bureau dans l'intention d'atteindre le portoloin de sa main. Pourquoi ne voulait-elle pas franchir ces derniers centimètres qui la séparaient de lui? Dans un élan de détermination, sa main tremblante traversa l'air et alla s'abattre sur la pauvre plume qui se tordit dans sa main moite. La seconde suivante, Drago se fit engloutir par un abîme massif tandis qu'il ferma les yeux au même instant afin de tenter d'oublier vers ce à quoi il allait faire face dans les prochaines minutes.

Et boum! Sa tête, comme au tout premier voyage vers son manoir, percuta brutalement une surface dure en envoyant par la suite son corps patraque sur le sol. Sa joue était écrasée contre une pierre aqueuse, et il n'eut même pas à ouvrir les yeux qu'il su exactement dans quelle partie de son manoir il avait abouti. Cette odeur âcre, cette humidité inconfortable dans l'air, cette chaleur étouffante, ce bruissement de fines gouttelettes d'eau qui allaient rejoindre une marre de ses semblables… Drago était dans les cachots de son manoir, il en était certain. Effectivement, lorsqu'il ouvrit les yeux, sa théorie se confirma en apercevant un rat horriblement laid qui le dévisageait avec curiosité. Il sursauta, dégoûté, puis se releva abruptement. Maintenant assis contre la pierre froide sous ses fesses, il observa dédaigneusement la bête sale fuir en couinant de terreur.

Son regard ne tarda pas à rencontrer le responsable de sa chute brutale. Sur un bureau d'aspect miteux reposait la plume noire qu'il avait serrée entre ses mains quelques instants plus tôt. Sinon, rien n'avait le pouvoir d'attirer son attention ; la pièce dans laquelle il se trouvait était complètement vide.

Drago se leva, réalisant enfin que son pantalon baignait dans une eau d'une propreté douteuse depuis son arrivée. D'une main raide, il balaya le tissu sombre, mais s'interrompit sèchement lorsqu'un bruit s'éleva derrière le battant qui se dressait tout près du bureau de bois pourri. Suspendant tous ses gestes, il fixait la porte malgré l'épaisse obscurité qui l'empêchait de distinguer sa silhouette au mur. Sur le qui-vive, il tendit l'oreille. Le faible faisceau de lumière qui traversait l'unique ouverture vers l'extérieur du bâtiment lui permit de s'approcher de la porte sans trébucher sur un quelconque obstacle.

Des gens parlaient, dans la pièce adjacente. Aisément, il reconnut les voix murmurées de son père et de sa mère. Après un temps un peu plus grand, Drago reconnut également celle de sa tante tordue, Bellatrix, qui se démarquait particulièrement du lot par sa tonalité convulsive. Les autres qui s'élevaient lui étaient vaguement familières, mais il n'aurait su y apposer un visage. Avide mais terrifié à l'idée de savoir si le Seigneur des Ténèbres lui-même se trouvait dans la même pièce de ses parents à cet instant même, le Serpentard plaqua doucement son oreille contre la porte en logeant son regard vide sur le rat qui était sorti de sa cachette.

Il tremblait. La peur le faisait trembler. Elle le rongeait de l'intérieur, saccadait les battements faibles et irréguliers de son cœur. Bientôt, elle le fit transpirer, et tandis qu'il s'efforçait d'apaiser sa respiration qui se faisait de plus en plus bruyante, la porte s'ouvrit brutalement en le propulsant par-derrière. Chancelant, Drago fut stoppé par le bureau qui rencontra ses fesses, mais celui-ci s'écarta en provoquant un grand fracas derrière lui, l'envoyant de nouveau rejoindre le sol. Il poussa un juron en voyant ce satané rat bondir sur sa poitrine pour traverser la barrière que son corps avait instauré sur son chemin, puis observa ensuite la bête s'enfuir prestement vers la porte ouverte. Rencontrant enfin et finalement la scène de l'autre côté du battant, il vit, le dévisageant avec tourment, Lucius, Narcissa, Bellatrix, quelques autres Mangemorts qui semblaient être pris au dépourvu. La seconde suivante, le rat qui courait encore se transforma en un homme replète et sale qui s'effondra sur le sol de pierre par un manque soudain d'équilibre. Drago le vit jeter un œil craintif vers un coin de la pièce qu'il ne put voir de l'angle où il se trouvait, puis Peter Pettigrew se retourna par la suite vers lui en le lorgnant avec frayeur. C'est exactement à cet instant-là que tous les gens présents réalisèrent qui était le nouvel arrivant parmi eux, car leur visage affichait maintenant une expression de pure enchantement.

Narcissa ouvrit démesurément les yeux puis traversa la distance qui la séparait de son fils afin de l'étreindre étroitement dans ses bras.

- Oh, Drago! lança-t-elle avec soulagement.

La dame Malefoy couvrit grossièrement le visage de sa progéniture de baisers en l'aidant à se remettre sur pied. Lorsqu'enfin elle battit en retraite, Drago essuya sommairement sa peau qui était devenue encore plus humide. Quelle plaie, cette mère poule.

- Mon ange, fit-elle en caressant ses cheveux, nous n'attendions que toi.

Drago restait de marbre, n'ayant aucunement oublié qu'elle et son père étaient les principaux responsables de la situation actuelle d'Hermione. Son corps se raidit à cette pensée. Il se laissa toutefois guider sans réticence lorsque Narcissa posa une main maternelle dans son dos afin de l'inciter à la suivre dans son chemin pour traverser la pièce crade dans laquelle ils se trouvaient. Lucius, chaleureusement éclairé par les torches enflammées qui baignaient la nouvelle pièce dans une ambiance semblable aux limbes qui résidaient sous eux, toisait son fiston avec fierté et noblesse. Encore là, Drago restait de marbre, froid et inébranlable.

Lorsqu'il posa cependant un pied dans cette pièce et qu'il entendit ensuite la lourde porte se refermer derrière lui, une main invisible se mit à tordre ses organes dans tous les sens. Quelque chose d'indistinct lui indiquait que s'il osait seulement tourner la tête de quelques centimètres, il rencontrerait le sujet de ses plus atroces cauchemars.

- Bienvenue, mon fils, le salua Lucius en rejoignant la main de sa femme dans son dos.

Le regard que lui lança alors Drago suffit entièrement à faire comprendre à Lucius que son fils était au courant de bien des choses qu'il aurait crues secrètes. Son sourire s'effaça sous ses yeux rancuniers tandis qu'une voix glaciale, pénétrante et horrifiante s'éleva dans la pièce en le forçant à rompre le contact visuel avec son père. Cette voix, elle paralysa tous ses sens.

- Mes salutations, Drago Malefoy.

Sa gorge se noua. Il reconnut aussitôt cette voix ; c'était celle qu'il avait entendue lorsqu'Hermione s'était fait attaquer par un Détraqueur, tout près de la Cabane Hurlante. C'était celle de Voldemort. Un douloureux souvenir traversa son esprit en reflétant l'image de la Gryffondor qui gisait sans aucune animation de plus que le soulèvement de sa poitrine sous ses respirations faibles et lentes.

Il ne voulait pas tourner la tête. Il ne voulait pas rencontrer le regard rougeoyant de son Maître, son regard de serpent, son regard d'assassin… Il ne voulait pas devenir plus effrayé qu'il ne l'était déjà. Il s'exécuta néanmoins, sachant pertinemment qu'il n'avait pas le choix ; lentement, d'une rotation saccadée, Drago laissa Voldemort entrer dans son champ de vision. Ce n'est que lorsque ses yeux d'un bleu d'acier se perchèrent à ceux de son Maître qu'il regretta son geste. Une nausée, provoqué par un mélange d'angoisse et de frousse, le menaça soudainement de vomir ses tripes. Les battements de son cœur se dédoublèrent en augmentant la régularité de sa respiration. Son front se barra d'un grand pli tandis qu'il serra ses mâchoires l'une contre l'autre dans l'espoir de retenir le cri d'horreur qu'il aurait voulu pousser pour évacuer toute cette tension. Sa propre personne se fit rapidement insupportable à la vue de cet homme si cruel, si sanguinaire. La plus grande star du monde magique, celle que tout le monde craignait excessivement et avec raison, celle qui était responsable de tous ces horribles fléaux magiques présents sur sa planète, elle se trouvait là, devant lui, sur le point de lui donner une mission à lui, Drago Malefoy, simple et banal étudiant de Poudlard. Un parmi des millions, c'était sur lui que le malheur s'abattait.

La peur était vive. La peur avait rendu son sang effervescent, et il le sentant cisailler ses veines lors de son parcours accéléré dans ses minces conduits. Son sang devait être aussi éclatant que l'était la couleur des yeux de Voldemort, celle d'un rubis, écarlate et maculé. Le visage livide de son Maître entrait en parfait contraste avec son regard, ajoutant une caractéristique de plus à tout ce qui se trouvait à être incongru chez lui. Ses narines, deux minces fentes au beau milieu du crâne chauve, fut ce qui rendit l'aversion qu'avait Drago pour ce personnage à son comble. Il n'était pas humain, mais sa proximité le rendait, aux yeux au Serpentard, complètement grotesque. C'est toutefois toute cette bagatelle qui rendait sa personne si impressionnante, terrifiante, si monstrueuse…

- Approche-toi, siffla Voldemort en l'invitant d'un geste de main impérieux, il est temps pour nous de familiariser…

Harry se réveilla en sursaut. Les yeux grands ouverts, le visage du Seigneur des Ténèbres étaient encore imprimé dans ses rétines et envoyait son image vagabonder sur le plafond de son dortoir. Il secoua la tête afin de chasser l'illusion, s'assit dans son lit en un élan brusque puis massa ses paupières lourdes à l'aide de la paume de ses mains. Ce n'était pas la première fois que ce genre de chose lui arrivait. Maintes fois, il avait rêvé à des événements qui s'étaient avérés être authentiques ; passés, présents ou futurs. Harry se sentit donc devenir fébrile à l'idée de savoir son ennemi sur le point de recevoir sa mission qui le concernait. L'espoir que Malefoy se charge de s'emparer de l'antidote se raviva également, croisant les doigts, encore une fois, pour qu'il ait compris le message subtil qu'il lui avait lancé lors de sa sortie du bureau de Rogue. Pourrait-ils, lui et Ron, véritablement compter sur le Serpentard pour sauver leur meilleure amie?

Lorsqu'il retira ses paumes chaudes plaquées contre ses yeux, il fut aveuglé par la lumière du jour qui traversait les carreaux de sa fenêtre. Déjà le matin… À côté de lui, Ron ronflait bruyamment. En lui arrachant un sourire à la fois amusé et nostalgique, il se remémora la Ford Anglia de monsieur Weasley dont le ronronnement sonore s'apparentait étroitement avec celui que Ron provoquait inconsciemment. Mécaniquement, Harry sortit la carte du Maraudeur qu'il avait gardée tout près de lui et la déplia dans toute sa grandeur. Étendue sur son lit, il prononça la formule requise puis regarda la carte se dévoiler sous son regard précautionneux.

La plupart des élèves étaient en mouvement dans leur dortoir, ce qui signifiait que l'heure du début des cours n'allait pas tarder à sonner aux horloges. Ses yeux s'attardèrent particulièrement dans les chambres des Serpentard – sans omettre celle du préfet-en-chef, mais Harry ne vit pas le petit point qui aurait dû représenter Malefoy. Il décrivit alors une ligne droite vers les cachots afin d'y chercher le bureau de Rogue et sentit une mince nervosité se former en lui lorsqu'il y vit son propriétaire se déplacer entre ses murs. Malefoy, lui, n'y était pas. Il n'était présent nulle part ailleurs dans le château, d'ailleurs ; il devait donc encore se trouver dans son manoir à cet instant précis. Il aurait tout donné pour s'y trouver également, car la mission qui revenait au Serpentard l'obsédait de plus en plus.

Sa main rejoignit sa bouche qui se mit à gruger férocement ses ongles. Il espérait de tout cœur que Rogue n'ait pas déplacé l'antidote, car les indications qu'aurait données Harry à Malefoy se retrouveraient à être erronées et inefficaces. Harry espérait également que le Serpentard surgirait dans son bureau à un moment où le professeur de potions n'y serait pas, car dans le cas contraire, Malefoy serait dans l'impossibilité de subtiliser la fiole… et y retourner dans un quelconque autre moment serait quelque chose de très risqué.

La journée défila d'une lenteur exaspérante. Harry et Ron étaient constamment aux aguets pour aucune raison sensée et n'étaient aucunement attentifs aux paroles de leur professeur, ce qui déplut fortement à McGonagall durant leur cours de métamorphose. Le Survivant avait jugé bon de traîner la carte du Maraudeur avec lui afin d'avoir la possibilité de la consulter à tout moment si les circonstances le lui permettaient, et c'est d'ailleurs ce que lui et le rouquin firent entre chacun de leur cours en ce mardi ensoleillé. Ils passaient des dizaines et des dizaines de minutes à fixer la restitution du bureau de Rogue qui restait obstinément vacant, s'attendant à voir surgir Malefoy à tout instant.

C'était si long, si insoutenable! Hermione, à l'infirmerie, risquait de périr dans son coma à n'importe quel instant…

À la sortie de leur cours de l'histoire de la magie, celui qui clorait leur journée, les deux Gryffondor coursaient dans l'intention d'aller rejoindre le premier recoin isolé qu'ils rencontreraient afin de consulter la carte pour la énième fois de la journée. Mais au moment où ils se mêlèrent à la foule d'élèves qui quittaient leur salle de classe en suivant le couloir principal qui menait à la Grande Salle, une tache de couleur qui se distinguait particulièrement de la masse sombre par sa clarté attira vivement l'attention de l'Élu. Relevant aussitôt sa tête qu'il avait abaissée vers la carte du Maraudeur, Harry tenta de retrouver le point qui eut captivé son attention la fraction de seconde plus tôt. Ron, à ses côtés, déchiffra l'impatience de ses mouvements qui trahissaient une fouille évidente des environs puis s'enquit de l'imiter en s'étirant le cou. Le rassemblement d'élèves était cependant si dense que tous deux craignirent ne pas pouvoir mettre la main sur la personne qu'ils cherchaient éperdument des yeux.

- C'est lui? précipita Ron en bousculant les étudiants dans ses parages. Malefoy? C'est lui? Tu l'as vu, Harry?

Il posa constamment ses mains sur des épaules étrangères en s'élevant sur le bout des pieds dans l'espoir d'avoir un champ de vision plus vaste, mais sa tentative restait vaine.

- Oui! s'exclama le Survivant en ignorant les protestations indignées des jeunes qui l'entouraient. J'en suis certain! Il était là! Je l'ai vu…

Soudainement, son regard rencontra une tête platine, la même tache claire qu'il eut aperçue quelques instants plus tôt. Électrisé par sa trouvaille, Harry haussa les sourcils en inspirant bruyamment. Muet, il pointa avec frénésie la tête de Malefoy qui s'éloignait d'eux d'un pas claudiquant. Ron suivit la trajectoire du doigt de son ami du regard puis tous deux se frayèrent brusquement un chemin parmi les élèves lorsqu'ils encrèrent leur regard dans le dos du Serpentard dans l'espoir qu'il n'échappe pas à leur guet.

- Malefoy! s'écria Harry sans se soucier des regards effarés des camarades Gryffondor qu'il croisa sur son chemin. Malefoy! Hé, ho!

Bientôt, Ron joignit sa voix à celle d'Harry, mais le blondinet ne semblait pas les entendre. Au loin, parmi les têtes qui se faisaient plus rares au fil des mètres qu'ils franchissaient, ils gagnèrent la conviction de se faire entendre puisque le corridor qu'emprunta Malefoy était quasi désert. Une fois que la Grande Salle défilèrent à leur droite en emportant avec elle la totalité des élèves qui mourraient de faim, Harry et Ron accouplèrent leur voix afin de faire naître une exclamation qui réussit cette fois-ci à attirer l'attention du Serpentard. Stoppant nettement sa marche rapide, Malefoy pivota sur lui-même en offrant à Harry et Ron une vision plus ou moins terrifiante de leur ennemi. Celui-ci, comme s'il venait d'apercevoir un Inferius, recula d'un pas hésitant avant de se laisser rattraper par ses partenaires temporaires.

- Malefoy! fit Harry après s'être arrêté à deux mètres de son interlocuteur, haletant. Est-ce que tu as…

Malefoy ne le laissa pas terminer sa phrase ; il sortit de sa poche une fiole exactement semblable à celle que lui et Ron avaient failli tenir eux-mêmes entre leurs mains avant que Rogue ne pénètre dans son office. Soudainement devenu extrêmement instable, il l'a tendit vers le Survivant qui n'hésita pas une seule seconde avant d'en prendre possession. La main ensanglantée du blondinet semblait avoir passé inaperçu aux yeux des deux lions.

- C'est ça? demanda Ron en capturant le poignet d'Harry afin de jeter un œil sur l'étiquette apposée sur le petit flacon. C'est bien l'antidote?

- « GMV », lut Harry. Oui, c'est bien ça! L'as-tu trouvée dans l'armoire? Comme je te l'avais indiqué?

Lorsqu'Harry leva les yeux sur Malefoy, il fut grandement perturbé par le regard qu'il lui lançait. Ses yeux étaient grands ouverts, le fixaient avec insistance. Bien qu'il n'eut pas couru lorsqu'il avait quitté la horde compacte d'élèves, il était devenu hors d'haleine à un point tel que son visage en tremblait faiblement. Son front, auquel de fines gouttelettes de sueur étaient accrochées, scintillait jusqu'à donner à Harry l'impression qu'il venait tout juste de courir cinq fois marathon d'une distance de plus de cent mètres. Le Survivant fronça alors les sourcils, s'attendant à se faire sauter au cou à tout moment, mais le Serpentard restait immobile, muet, neutre. Même lorsqu'il pénétra la dureté de ses prunelles de la verdure des siennes, Malefoy ne cilla aucunement ; il soutenait encore et encore son regard comme si sa vie en dépendait.

Ron se mit à dévisager le Serpentard avec incrédulité face à cet échange persistant de communication non verbale. Devenant impatient face au silence qui s'étira, il fit claquer ses doigts entre leurs deux têtes.

- Hé! bouillit Ron en haussant les sourcils. Y'a eu un coup de foudre ou quoi?

Malefoy sortit soudainement de sa transe et sursauta légèrement suite à ces paroles qui l'insultèrent considérablement. Harry, au même moment, retrouva l'entière possession de ses sens. Que diable s'était-il produit? C'était quoi, ce regard que Malefoy lui avait lancé? On aurait dit qu'il était anxieux face à lui…

- C'est bien le flacon que tu as pris dans l'armoire qu'Harry t'avait indiqué? renchérit Ron après avoir capturé l'attention de Malefoy.

Le vert et argent grimaça d'agacement.

- Que veux-tu que ça soit d'autre? grogna-t-il enfin. Je ne suis pas attardé, Weasley, pas comme vous qui avez été incapables de vous en charger par vous-mêmes!

Harry et Ron s'échangèrent un regard similaire, rassurés par cette réplique qui compensait pour le comportement étrange dont il avait fait preuve plus tôt, puis lancèrent ensuite de foudroyants éclairs à leur ennemi en réalisant la désinvolture de ses mots. Le Survivant avait encore du mal à rester indifférent à l'attitude passagèrement nébuleux de Malefoy. Mais qu'est-ce que ça voulait dire? Ce devait avoir un lien direct avec la mission qu'il venait tout juste de recevoir…

- On ne te remerciera même pas puisque tout est de ta faute, de toute façon, cracha Ron avec dégoût.

- Je n'en veux pas, de tes excuses, ni des tiennes, Potter.

Ce fut maintenant au tour d'Harry de dévisager son adversaire. Malefoy soutint son regard quelques secondes, perché à cette communion précaire, puis reposa ses yeux sur le rouquin afin de briser définitivement le contact visuel. Il était parfaitement conscient qu'il avait sûrement passé pour un aliéné à fixer son rival avec une telle obstination, et ce fut d'ailleurs le pourquoi exact il tourna le dos afin de s'éloigner le plus rapidement possible de la scène de fraude.

Deux minutes plus tard, Drago se trouvait entre les quatre remparts de sa chambre, étendu sur son lit. Sa main brûlait, le faisait souffrir, engourdissait son bras en entier. La suspendant alors au devant de ses yeux fatigués afin de toiser ses plaies, il fixa avec fascination les fragments de verre qu'il n'avait pas réussi à retirer de la peau écorchée de sa paume. Elle tremblait, frêle et paralysée, et le sang sèche qui avait coulé jusqu'à son poignet avait formé un curieux mélange avec la Marque des Ténèbres. Cette douleur était toutefois parfaitement supportable s'il réalisait ce à quoi elle avait contribuée… Grâce à lui, Hermione se réveillerai. Grâce à lui, Potter et Weasley pourraient retrouver leur meilleure amie… Mais lui, dans tout ça? Un élancement particulièrement désagréable tordit les muscles de sa main tandis qu'il prit conscience qu'il ne pourrait pas plus s'approcher d'Hermione lorsqu'elle sortirait de sa torpeur. Rogue était toujours là, lui, et tant qu'il résiderait dans l'enceinte de Poudlard, il ne pourrait pas s'approcher d'elle… Non, il n'allait pas le laisser gagner ainsi ; il avait déjà causé assez de tort à son psychique! Il trouverait le moyen… Tout de même, il n'avait pas volé au secours de sa Gryffondor simplement pour l'observer vivre sa vie sans pouvoir en prendre partie… Il n'en avait pas la force, plus maintenant.

Sa main intacte alla rejoindre la meurtrie. Du bout des doigts, il tâcha de retirer un éclat de verre qui l'empêchait de refermer ses doigts au creux de sa paume, mais à peine eut-il effleuré la lamelle qu'il étouffa une complainte de douleur. Drago se mordit la lèvre, souffrant, puis contracta les muscles de son visage en se remémorant le vif calvaire qu'il eut ressenti lorsque sa main alla s'écraser pesamment contre ces débris tranchants.

S'étant maintenant familiarisé avec les voyages brutaux via des portoloins, Drago s'attendit clairement à se faire assommer une fois qu'il se ferait éjecter du trou noir dans lequel il se faisait secouer dans tous les sens. Effectivement, aussitôt qu'il put percevoir une lumière naissante au travers de ses paupières, son dos se plaqua brutalement contre un mur juste avant de faire chavirer son corps contre le sol. Prenant toutefois une précaution qu'il n'avait jamais pensé adopter lors de ses précédents périples, il tendit les bras devant lui afin d'amortir sa chute imminente contre le sol. Ce n'est que lorsque ses mains rencontrèrent le plancher froid sous lui qu'il regretta d'avoir imposer cette vigilance devant lui : sa main dont le bras était déjà saccagé par la Marque des Ténèbres s'appuya pesamment dans une rivière d'échantillons de verre brisé, enfonçant les minces parcelles tranchantes bien profondément dans sa paume blanchâtre. Drago poussa un grognement aigu à défaut de pouvoir hurler, puis se laissa choir sur son flanc en agrippant son propre poignet de sa main épargnée.

Les yeux crispés par le supplice que sa blessure lui infligeait, il plaqua le dos de sa main contre sa bouche dans l'espoir que cette barrière pourrait retenir le cri qui insistait de plus en plus à percer ses cordes vocales. Quelques secondes supplémentaires suffirent pour calmer ses souffrances, et bientôt il put s'asseoir contre le mur sur lequel il s'était fait projeté par le portoloin. Nauséeux, il lorgna le résultat de sa chute avec horreur et fut dégoûté de voir quelques lambeaux de peau écorchés qui se refermaient sur des éclats de verre de toutes dimensions. Sa paume autrefois pâle était devenue écarlate, et quelques minces filets de sang coulaient même jusqu'à son poignet, comme s'ils étaient attirés par son infâme tatouage. Prestement, il retira les plus gros morceaux en pestant contre son sort puis laissa sa main tomber mollement sur ses jambes étendues bien droites devant lui. Las, il fixait le flot de verre qui était maintenant teinté d'un liquide rougeâtre, une pureté souillée qui gisait maintenant à ses pieds telle une vulgaire flaque d'eau.

Drago ouvrit finalement les yeux sur la pièce dans laquelle il se trouvait. Il était déboussolé. Déboussolé par son voyage, par sa blessure qui avait presque fait naître chez lui une énième envie de vomir, mais également par l'annonce de sa mission.

Sa mission… Son suicide, plutôt, oui…

Il comprenait enfin l'utilité de l'occlumencie et de la légilimencie dans ce qu'il se devait de faire. Était-il prêt, cependant, à se jeter du haut de ce ravin immanquable? Il était faible, contrairement à Lui… Il ne pourrait jamais supporter sa présence… pas là. Pas là où résidait toute sa lâcheté, sa faiblesse, son ignominie… Il en était peut-être rempli, mais l'espace que ces caractéristiques occupaient en lui n'était pas d'une ampleur suffisamment grande afin de Le loger… Il mourrait… Il ne pourrait survivre à tant de puissance, tant de pouvoir… Jamais son corps ne pourrait supporter un tel torrent…

Et puis l'autre, alors? Il ne serait au courant de rien. Il ne connaîtrait pas les faits sur sa situation. Quand viendrait le temps pour matérialiser le plan, lui, cet autre, il ne se donnera pas le temps de réfléchir aux habituelles banalités ; il foncerait droit sur lui, l'attaquerait sans ménagement, sans savoir qu'il ne serait pas véritablement sa propre personne…

Malgré le beau parlé de Voldemort, Drago restait sceptique face au déroulement des événements qui se produiraient cette nuit-là. Les choses ne se produisaient jamais dans l'ordre prévu, dans les circonstances parfaitement similaires à ce qui avait été prédit. C'est exactement pourquoi le Serpentard était persuadé qu'il se jetait dans le vide, sachant qu'à des milliers de pieds sous lui, il n'y avait qu'un paysage rocailleux, là où se dressaient des immenses rochers sur lesquels il se briserait la nuque, se romprait le cou. Il le savait, et pourtant, il ne pouvait rien faire pour empêcher cette certitude.

Ses yeux balayèrent l'air et l'invitèrent à se poser plus haut, là où il rencontra une armoire grande ouverte. À l'intérieur, il y vit des centaines et des centaines de fioles de potions. Automatiquement, son regard se posa de nouveau sur le tapis de verre brisé qui reposait exactement au pied de l'armoire. Un déclic électrisant se fit en lui ; c'était là que s'étaient tenus Potter et Weasley lorsqu'il avait fait irruption dans le bureau de Rogue, la journée d'avant. Oui, il s'en rappelait! Rogue et lui se dirigeaient vers le bureau de son professeur lorsqu'ils entendirent des exclamations provenant de son office. L'enseignant avait donc pressé le pas et avait fait irruption dans la pièce juste avant qu'un fracas retentissant trouble la paix des cachots. C'était ça… C'était l'armoire. Celle que Potter lui avait subtilement mentionnée lorsqu'il avait passé tout près de lui…

Avide d'y trouver l'espoir matériel de retrouver une Hermione vivante, Drago se traîna vers l'armoire sans se soucier de ses pantalons qui étendaient une traînée de sang sous son genou. En perte de tous ces moyens à cause des derniers événements, il s'agrippa mollement à une des tablettes et s'en aida pour se relever à demie. Frénétiquement, il débuta une recherche massive parmi tous ces flacons, s'attendant à tout moment de voir celle qu'il désirait trouver plus que tout.

- MGV… CGM… GMC… MCG… marmonna Drago en sentant une vilaine migraine de tête marteler son crâne. GMG… G… M… V… GMV… GMV…!

Il captura de sa main blessée une fiole qui était habillée des lettres G, M et V puis la leva dans les airs à l'effigie d'un trophée si durement gagné. Il se mit à rire en savourant son triomphe puis ramena l'objet à la hauteur de ses yeux en la toisant avec convoitise. Le liquide transparaissait à travers la fiole vitrée et dansait joyeusement dans son contenant aux mouvements impatients de Drago. Enfin…

Sans même jeter un dernier regard autour de lui, sans même se soucier des indices qu'il laissait derrière lui, sans même nettoyer les traces de son passage, Drago quitta le bureau de son professeur d'un pas sûr. Il trouverait Potter et Weasley le plus rapidement possible. Maintenant que l'antidote était subtilisé, il voulait revoir Hermione… la revoir sourire, rire, lui parler, l'étreindre… Drago voulait revoir le seul soleil de sa nuit constante, et ce, avant qu'il n'ose accomplir ce que son subconscient le convainquait graduellement d'exécuter comme folie.