Hungry from birth
(Paris 1170)
Myra se promenait dans les rues de la capitale Française ce matin là dans l'espoir de faire quelques emplettes. Soudain, elle aperçut une petite fille qui courrait, derrière elle un homme la poursuivait, la gamine avait un morceau de pain dans les mains et avait l'air dépenaillé. A ce moment là, elle tomba, quand l'homme s'approcha de la fillette avec un bâton dans les mains pour la frapper, Myra n'hésita pas, elle se mit entre les deux personnes et bloqua le bout de bois à l'instant où l'étranger allait le lancer sur l'enfant. Puis elle le regarda droit dans les yeux et lui dit :
« -Vous allez vous en aller et vous allez oublier l'existence de cette enfant, maintenant partez. »
L'homme hypnotisé fit ce qui lui était dit. La petite fille avait eu le temps de reprendre ses esprits et allait s'enfuir quand Myra lui bloqua l'épaule et lui ordonna :
« -Jeune fille, toi, tu viens avec moi. »
La petite fille lui obéit à contrecœur et la suivit dans l'hôtel particulier que Myrcella partageait avec son époux. Arrivée dans la pièce principale, elle lui demanda :
« -Est-ce que tu as faim ? »
La fillette en l'entendant, lui jeta un regard noir. Myra se dit alors qu'il était normal que l'enfant soit méfiante après tout elle n'avait pas l'air d'avoir une vie facile avec les loques qu'elle portait. Elle appela alors sa servante :
« Azénor ! »
La jeune femme arriva en courant vers sa maîtresse :
« -Oui ma Dame ?
-Apporter à manger pour la damoiselle que voilà, puis vous lui préparerez un bain et il faut absolument lui changer de vêtement, vous n'aurez qu'à lui prendre une de mes chemises et un de mes châles.
-Oui Dame Myrcella. »
C'était l'une des choses que Myra appréciait chez Azénor, sa discrétion et son efficacité. Au bout d'une dizaine de minutes, le repas fut servi. L'enfant se jeta dessus tel un loup affamé. Cela faisait de la peine à Myra de voir cela. Alors qu'elle venait de finir de tout engloutir, Myrcella assise en face d'elle lui demanda :
« -Comment t'appelles-tu ?
-Marguerite.
-Joli prénom, mais je voudrais le vrai s'il te plaît.
-Hermine.
-Et tu as des parents Hermine ?
-Non.
-Tu vis avec qui alors ?
-Avec d'autres enfants comme moi.
-J'ai une proposition Hermine à te faire.
-C'est quoi ?
-Eh bien, tu peux rester avec moi et mon mari, on te logerait, t'habillerait, te nourrirait et pourvoirait à ton éducation ou tu pourrais retourner à ton ancienne vie et je ne pense pas que tu y tiennes tellement.
-Et je devrais faire quoi en échange ?
-Rien à part être comme toutes les petites filles.
-Alors j'accepte.
-Allez viens, tu as bien besoin d'un bain. »
L'après midi passa agréablement bien pour Myra, elle avait enfin la chance d'être mère. Hermine, même si elle était méfiante, avait bon fond et elle sentait que ça allait bien se passer entre elles. Le seul point noir dans ce tableau idyllique était Kol. Elle croisait les doigts pour qu'il accepte la fillette.
Kol était en ce moment en train de se remettre de la cuite mémorable qu'il s'était prise hier avec un vampire dont ils venaient de faire la connaissance. Myra l'avait envoyé dormir dans l'écurie, au milieu des crottins et de l'odeur de cheval, il était tellement soûl qu'il n'avait rien dit sur le coup.
Le vampire arriva à ce moment là avec une tête pitoyable et un regard à tuer n'importe quel être vivant. En voyant la fillette qui se laissait brosser les cheveux par Myra, il marqua un temps d'arrêt, puis il prit la parole :
« -Qu'est ce que fait cette gosse ici ? »
Myra reposa sa brosse calmement et demanda à Hermine d'aller dans sa chambre en attendant qu'elle la rappelle. Après cela elle dit :
« -Cette gosse comme tu dis s'appelle Hermine et à partir d'aujourd'hui elle va habiter ici.
-Quoi ? Dis-moi que j'ai mal entendu !
-Non, tu as très bien entendu Kol.
-Mais, c'est quoi ce bordel ?!
-Je l'ai trouvé dans la rue, elle n'a plus de famille, alors je lui ai proposé de rester avec nous.
-Tu vas la remettre où tu l'as trouvé Myrcella !
-Non ! Ecoute Kol, c'est la seule chance que j'aurais jamais d'avoir un enfant, je t'en supplie laisse-moi la garder, je ne te demande rien d'autre. »
Kol en voyant l'air désespéré de sa femme ne put qu'accepter avec réticence :
« -Très bien, tu peux la garder, mais tu t'en occupes, je ne veux rien avoir à faire avec elle. Et quant elle posera des questions sur nous car tu sais qu'elle en posera, tu te chargeras du problème.
-Merci Kol.
-De toute façon, je sais que tu aurais tout fais pour la garder et j n'ai pas envie de passer encore cinquante ans à devoir te chercher. »
Le soir en allant coucher Hermine, Myra ne put s'empêcher de penser que tout était pour le mieux.
