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Coup de foudre à la maternelle

Chapitre III


"Mamam..."

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"Maaaamaaannnn..."

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Dean se réveilla brusquement, faisant sursauter Lisa qui était toujours blottie contre lui.

"-Mamam...

"-Hmmm...

"-Dean... Pourquoi maman elle fait dodo sur toi ?

"-Ben ! Mais que... Merde ! LISA !

"-Quoi ? Dit-elle en caressant sa joue sur son torse comme elle l'aurait fait sur son oreiller.

"-Il est 7h50 !

"-Non ! Dit-elle en se redressant d'un coup. Mince ! ... Je vais être en retard au boulot ! Faut que je me prépare et Ben aussi ! Oh là là ...

"-Wow wow ! Pas de panique ! Dit Dean. Vas te préparer, je m'occupe de Ben.

"-Mais...

"-File vite ! Tu vas arriver en retaaaaaaaard. Dit-il amusé.

Lisa lui tira la langue, faisant rire Ben et elle s'éclipsa rapidement.

"-Bon ! A nous deux bonhomme. Viens, on va te trouver des habits pour être beau pour l'école.

Ben prit la main de Dean serrant son doudou en forme de tortue contre lui et se laissa entraîner dans sa chambre.


Au bout de vingt minutes, Lisa entra dans la cuisine où son fils prenait son petit déjeuner et Dean lui tendit une grande tasse de café en avalant une gorgé du sien.

"-Quelle élégance dis moi ! Dit-il en la détaillant de haut en bas et appréciant visiblement ce qu'il avait sous les yeux, la faisant rougir.

"-Le problème c'est que le blanc c'est salissant. Dit-elle en passant nerveusement sa main sur sa cuisse, lissant un pli imaginaire sur son pantalon de tailleur blanc.

Réflexion quelque peu passe partout pour se donner un contenance.

"-T'as pas l'intention de te rouler dans l'herbe ?

"-Bah non.

"-Et bien alors... Qu'est ce que t'en dis Ben ?

"-T'es belle maman !

"-Hé ! Tu vois !

"-Arrêtez.. Rôôhhh..

De nouveau gênée, elle avala cul sec le reste de sa tasse de café et fit un bisou sur le front de son fils.

"-Allez mon poussin, faut que j'aille au travail, passe une bonne journée et travaille bien.

"-Oui maman.

"-Et toi ! Dit-elle en pointant Dean du doigt, s'approchant tout près de lui, ses yeux plantés dans les siens. Ce soir, tu me dis comment s'appelle ton Cher Inconnu.

"-Je...

"-Et pas de discutions !

"-Bien m'dame.

"-Non, sérieux Dean... Aborde le...

"-Je te promet de ne pas louper la moindre opportunité.

"-Ok ! ... Bonne chance. Lui dit-elle en plissant les yeux, toute impatiente, avant de lui faire un bisou sur la joue. A ce soir les garçons !

"-A ce soir Lisa.

"-A ce soir maman.

Puis, elle attrapa ses clefs, son sac, sa veste sur le fauteuil du salon avant de sortir de l'appartement, claquant la porte derrière elle.

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"-Allez Ben ! Finis vite vite sinon on va être en retard nous aussi ! Dit-il en voyant l'horloge murale de la cuisine afficher 8h20

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Ben but donc le reste de son bol de chocolat rapidement, pendant que Dean allait chercher son cartable et son manteau dans le salon.

"-Ca y est Dean ! Chantonna l'enfant en reposant son bol.

"-Bien ! Dit-il en lui essuyant la petite moustache chocolatée qu'il avait au dessus de la bouche. Allez ! On y va !

Dean lui enfila son manteau, lui mit son petit sac sur le dos, vérifia vite fait que le doudou était bien du voyage et fit sauter Ben de sa chaise avant de l'entraîner en dehors de l'appartement dont il ferma la porte à clef.

Puis, un petit saut de puce en face, chez lui, pour prendre sa veste, qu'il enfila rapidement et ils ressortirent, Dean ferma la porte et regarda sa montre.

"-8h25 Pff c'est mort. Se dit-il à haute voix.

"-On va pas à l'école ?

"-Si si, je ne parlais pas de l'école Ben, t'inquiètes pas.


Il allait le louper ! Il savait qu'il allait le louper, c'était sûr !

Tout seul, il serait sûrement allé plus vite, mais Ben n'avait pas à subir les conséquences de ses histoires personnelles, ils marchèrent donc d'un rythme rapide mais tout à fait adapté aux petites jambes de l'enfant qui était encore très heureux de retourner en classe.


Arrivant enfin à proximité de l'école, il était 8h30 passées et ils croisèrent les parents à pieds ou en voiture qui repartaient à leurs occupations quotidiennes.

Dean regardait partout, dans l'espoir d'au moins l'apercevoir, dans les voitures, tout autour de lui, sans aucun résultat.

Mais quand ils passèrent le portail de l'école, il était là... sortant du bâtiment des petits, à la suite de deux mamans à qui il avait galamment tenu la porte et qui semblaient à présent parler de lui en messes basses, toutes excitées.

Et dès que Dean croisa son regard, comme lui avait prédit Lisa, ça lui explosa à la figure, son coeur fit un bond vertigineux, avant de continuer à battre n'importe comment.

L'homme ne le quitta pas des yeux tout le temps qu'ils étaient face à face, s'approchant inexorablement l'un de l'autre et Dean ne pouvait pas non plus détourner le regard.

Chacun souriait à l'autre, ils étaient de plus en plus près et ils se passèrent à coté.

"-Salut. Souffla Dean, toujours le même sourire sur les lèvres.

"-Salut. Dit l'autre en écho.

Et tournant la tête vers l'autre le temps de s'éloigner de nouveau, ils n'en dirent pas plus.

"-Merde. Souffla Dean dépité, quand l'autre se retourna et continua son chemin vers la sortie et que lui même entrait dans l'école, l'esprit perdu dans son trop plein de déception.

Cette première approche était un échec, il s'en serait fracassé la tête contre un mur tellement son inaptitude le désespérait. Mais en enlevant le manteau de Ben, une fois devant sa classe, il se secoua un peu.

"Demain est un autre jour après tout !" De dit-il, mais ça ne marcha pas aussi bien qu'il l'aurait espéré.

Il s'était fait des tas d'idées, des scénarios alors que Lisa lui avait bien dit de ne pas le faire et elle avait eu raison, il en avait rêvé même, il était si enthousiaste, si excité intérieurement de le revoir et d'enfin pouvoir lui parler ! Grosse désillusion !

En tous cas, il avait entendu sa voix ! Brièvement bien sûr, mais il l'avait entendu et ce son n'était pas près de quitter sa mémoire, cette voix grave, cette voix.. chaude... non.. il n'était pas près de l'oublier.

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Quand ils eurent fini leurs petites affaires quotidiennes, Ben rejoignit tout de suite Anna. Qu'est ce qui avait fait que ces deux enfants se soit entendu si bien dès le premier jour ? Allez savoir, les affinités... Mais Dean avait la sensation d'avoir un lien avec ce gars du coup, quelque chose qui le rattachait à lui et qui ferait qu'il ne pourrait jamais en perdre la trace à moins d'un déménagement bien sûr, mais bon ... c'était génial. Pensa-t-il en souriant dans le vide, avant d'embrasser Ben sur la tête.

"-C'est Dean ! Dit Ben à son amie qui sourit quand Dean lui fit un petit signe de la main pour la saluer.

"-Allez Ben, j'y vais ! A ce soir.

"-A ce soir Dean.

Et le jeune homme sortit de la classe, sous le regard des deux enfants qui lui firent coucou jusqu'à ce qu'il sorte de leur champ de vision.

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Perdu dans ses pensées, il se dirigea machinalement vers le portail de l'école qu'il trouva fermé à clef. L'heure étant passée, c'était normal, il rebroussa donc chemin, traversa la salle de jeux pour atteindre la petite porte de service où il croisa la directrice.

"-Et bien ! Que fait-on ? On va vous garder pour la journée ? Plaisanta-t-elle en le gratifiant d'un sourire qui en disait long.

"-Je suis désolé. Dit-il amusé.

"-Ce n'est rien. Dit-elle en déverrouillant la porte. Passez une bonne journée.

"-Oui, merci, vous aussi, au revoir.

"-Au revoir. Finit-elle en le regardant partir avant de refermer la porte.

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Et c'est toujours en souriant, amusé des regards de la jeune femme sur lui, qu'il se dirigea vers le petit portail qui donnait sur la rue.


"-On ne se connait pas, n'est-ce pas ? Dit une voix dans son dos quand il passa la grille.

Se retournant brusquement en la reconnaissant, il sentit à nouveau son coeur faire un looping en le voyant.

Adossé au mur, près de la porte, les bras croisés, il le regardait, le détaillait, semblant le sonder en attendant sa réponse.

"-Heu.. non... Non on ne se connait pas non. Dit-il gêné de son bafouillage et de ses yeux sur lui qui lui donnaient l'impression d'être à poil.

L'autre sembla s'en rendre compte, puisqu'il se décolla du mur en regardant ailleurs et finit par replanter ses yeux dans les siens en lui tendant sa main.

"-Castiel.

"-Dean. Dit-il en serrant la main tendue.

Ce contact lui fit l'effet d'une bombe et une bouffée de chaleur l'envahit tout entier.

Quand ils mirent fin à cette poignée de main qui dura plus que la normale, Castiel semblait tout aussi troublé que lui et un silence s'installa entre eux, alors qu'ils ne se quittaient pas des yeux.

Mais étrangement, ce silence n'était pas pesant, il était juste... rempli de quelques chose qu'à cet instant ils savaient tous les deux partager.

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"-Ca vous dit...

"-Qu'est ce que vous diriez...

"-...d'aller boire...

"-...d'aller boire...

"-...un...

"-...café...

"-...chez Ràmon. Finit Dean.

"-...

"-...

ils se regardèrent, retenant les sourires jusqu'aux oreilles que leurs cerveaux leur ordonnaient de faire.

"-Ouais. Répondirent-ils d'une seule voix, amusés.

Ils se regardèrent encore une seconde et d'un même mouvement, ils se mirent en marche, cote à cote, les mains dans les poches, toujours troublés.

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Ils marchèrent nonchalamment vers le centre ville, chacun perdu dans ses pensées.

Dean se demandait ce qu'ils allaient bien pouvoir se dire, il ne savait pas par quoi commencer, il ne s'était jamais retrouvé dans cette situation, il n'avait jamais fait ça, aborder un mec qui lui plaisait, chercher à lui plaire, il n'avait jamais sauté le pas et là ...

Castiel, lui, était en colère contre lui même, c'est bien ce qu'il pensait, ils ne se connaissaient pas, il avait préféré s'en assurer, il l'avait abordé, inexorablement attiré par lui, il n'avait pas pu s'en empêcher et il se retrouvait comme un con à ne pas savoir quoi lui dire maintenant.

"Mais qu'est ce qui t'arrive bon sang ! Se morigéna-t-il avec dépit face à cette incapacité à communiquer avec Dean. "C'est pas comme si d'habitude t'abordais pas les mecs qui te plaisent... oui mais... c'est pas comme d'habitude... Se répondit-il.

"-C'est pas comme d'habitude. Se répéta-t-il dans un murmure pour lui-même.

Dean, qui avait parfaitement entendu, tourna les yeux vers lui, se demandant ce qu'il voulait dire par là, avant de détourner le regard quand Castiel tourna la tête vers lui à son tour.

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Très vite, ils arrivèrent "Chez Ràmon", ils s'installèrent à une table en terrasse et tinrent le silence jusqu'à ce que la serveuse vienne prendre leur commande.

Quand elle leur apporta leurs cafés, Dean en but immédiatement une gorgée tandis que Castiel déplia minutieusement le petit emballage de son sucre pour le mettre doucement dans sa tasse mais cette occupation ne dura pas éternellement, il devait se lancer.

Il touilla quelques secondes son café, en but une gorgée à son tour et quand il reposa sa tasse, il releva les yeux sur son vis à vis et fut surpris de trouver Dean, les yeux fixés sur lui, ce qui lui coupa la chique.

En un centième de seconde, il oublia ce qu'il allait lui dire. Déjà qu'il avait eu du mal à trouver quelque chose, voilà que ça s'était envolé.

Et finalement, c'est Dean qui prit la parole :

"-Vous f...

"-Tu.

"-Hein ?

"-On se tutoie c'est mieux non ?

"-Ok ! Alors... TU fais quoi dans la vie ?

A sa question, il se souvint de la sienne, c'était la même.

Il sourit et prit une légère inspiration.

"-Je suis ... J'écris des romans.

"-Sans déconner ! ?

"-Non je t'assure !

"-Quel genre de roman ?

Castiel rougit, bizarrement, c'est la première fois qu'il se sentit gêné de dire à quelqu'un en quoi consistaient ses écrits.

"-Et bien... je .. heu...

"-Oui mais encore... Dit Dean qui vit ses joues s'empourprer.

Castiel fit un petit rire embarrassé en baissant la tête pour se reprendre. Puis, se redressant en joignant ses mains devant lui sur la table, avant de se lancer.

"-J'écris des romans érotiques gay ! Dit-il d'une traite.

Dean ouvrit des yeux comme des soucoupes avant de virer au rouge à son tour et toussota dans son poing.

"-Non ! Dit-il. C'est vrai ?

"-J't'assure que c'est vrai.

Dean ne dit rien, pensif, le regardant en se mordillant l'intérieur de la joue.

"-Tu dois te dire, et bien ! Il est pas doué en drague pour un mec qui passe son temps à en écrire. Dit-il en riant doucement, faisant rougir encore plus Dean qui rit tout de même en écho.

"-Je ne...

"-Et tu as raison...je suis pitoyable ! C'est toi... tu me troubles Dean. Avoua-t-il.

Dean sourit. Castiel venait de mettre des mots sur ce qui les réunissait, là, ici, sur cette terrasse, en ce jeudi de septembre et un voile se leva au dessus d'eux. Les choses étaient dites, ils étaient là pour l'autre...

"-C'est plus simple comme ça hein ? Demanda Castiel avec un léger sourire, son regard bleu planté dans le sien.

"-Ouais. Dit Dean timidement en détournant ses yeux de ceux de Castiel qui le transperçaient, avant de se reprendre et de lui faire face.

Deux secondes de silence les enveloppèrent et C'est Castiel qui reprit la parole.

"-Et toi ?

"-Quoi ? Demanda Dean, perdu.

"-Que fais tu dans la vie ? L'interrogea-t-il en baissant les yeux sur ses main abîmées.

"-Je bosse dans le garage de mon oncle, dans le quartier des généraux...

"-Wow ! Y'a un garage par là ?

"-Oui, on fait dans le haut de gamme, mais on est spécialisé dans les voitures anciennes, les caisses de collection.

"-Hm ok..

Castiel baissa à nouveau les yeux sur ses mains qui semblaient fortes et solides et regarda les siennes dans un autre genre mais qui n'avaient jamais mis un ongle dans un moteur et il se fit sauter le coeur et monter une bouffée de chaleur quand son esprit bifurqua le faisant penser aux deux mains de Dean se baladant sur sa peau.

Secouant la tête, il cligna des yeux pour se reprendre et releva la tête vers son vis à vis qui le regardait en penchant légèrement la tête, se demandant sûrement à quoi il pouvait bien penser.

Et finalement, ils se détendirent l'un l'autre, se commandèrent un autre café et se mirent à parler de leurs passions respectives.

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Le temps passa et sans qu'ils ne s'en rendent compte, midi sonna.

Ils venaient de passer près de trois heures à parler de tout et de rien, mais surtout de rien, éludant les questions dont ils avaient peur de connaitre les réponses.

Et surtout une en particulier.

L'existence de leur compagne...

Celle qui allait de paire avec celle de leur enfant et qui rendait leur tête à tête totalement déplacé et pour le moins.. Interdit vis à vis de la morale qui ne manquerait pas de les pointer du doigt...

Alors ils n'en parlèrent pas.

Ils passaient du bon temps ensemble et c'est tout ce qui leur importait au moment présent.

C'est à ce moment là que Ràmon, le patron des lieux, sortit de derrière son comptoir pour venir les voir et, les connaissant tous les deux, leur tapa la causette un petit moment, jusqu'à ce qu'il leur demande s'ils mangeaient sur place.

Se regardant un instant, n'ayant aucune envie de s'éloigner l'un de l'autre, ils décidèrent unanimement que oui.

Ràmon prit leur commande avant de la donner à sa serveuse, en lui demandant de leur apporter l'apéro maison et le prit avec eux.

L'homme, des plus jovial, bavard, ne leur laissait pas en placer une, mais tous deux y étaient habitués et ça ne les dérangea pas plus que ça.

Ils en profitèrent pour s'observer à la dérobée, apprenant par coeur le peu de l'autre qu'ils pouvait voir avec plaisir et un désir certain.

Au bout d'un quart d'heure, la serveuse vint leur apporter leur premier plat et Ràmon prit congé d'eux en leur souhaitant un bon appétit.

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Le repas se passa tranquillement, ils ne se dirent toujours rien de ce qui importait, ne parlant que de choses et d'autres comme de vieilles connaissances...

Arrivés au dessert, ils se découvrirent une folie commune pour le chocolat et s'en amusèrent comme des gamins.

Goûtant le dessert de l'autre, en ne se quittant pas des yeux, tout du long de ce petit plaisir partagé ensemble, oubliant tout ce qui les entourait et le temps qui passait à une vitesse folle.

Ils payèrent la note en se la partageant car aucun des deux n'accepta l'invitation de l'autre ou plutôt, voulait être celui qui invitait l'autre et c'est en entendant une voisine de table paniquer de l'heure qu'il était, que Dean jeta un oeil à sa montre.

"-Merde ! S'exclama-t-il en voyant l'heure. Il est 13h55 ! Déjà bordel !

"-Oui pourquoi ?

"-Je dois aller au boulot et ... j'ai pas vu le temps passer...

"-Je dois dire que moi non plus...

"-Je bosse à 14h, il ... il faut que j'y aille. Dit-il des tonnes de regrets dans la voix, la tête et le coeur.

"-Oh ! Fit Castiel visiblement très déçu lui aussi.

"-Je suis désolé... Se sentit-il obligé de lui dire, tellement il l'était. Il avait l'impression de l'abandonner.

"-Mais non, vas-y, heureusement que tu bosse pas trop loin d'ici.

"-Pas trop loin mais à pieds, je serai jamais là bas à l'heure et j'ai pas envie de me faire souffler dans les bronches par Bobby, mais je vais prendre le bus..

"-Ok.

"-D'ailleurs le voilà coup de chance ! Je vais le prendre au vol. Dit-il en se levant.

Castiel le regardait, dissimulant très mal le trouble que lui provoquait ce départ précipité de Dean et il se leva aussi, lui tendant sa main.

Dean la prit dans la sienne, mais ils ne se serrèrent pas la main, même si ça devait être perçu ainsi par les gens autour.

Leurs mains réunies de nouveau, firent mieux connaissance avec la peau de l'autre, sa chaleur, la douceur de celle de l'un et la rugosité de celle de l'autre, une caresse qu'ils firent durer jusqu'au bout pulpeux de leurs doigts avant de se séparer.

Les joues en feu autant l'un que l'autre, ils remontèrent leurs yeux qui s'étaient posés sur leurs mains pour se regarder, ils se sourirent, le coeur battant la chamade.

"-A demain. Dit Dean.

"-Hm. Fit Castiel qui n'avait qu'une envie, passer par dessus cette table qui les séparait et investir sa bouche pour l'embrasser et l'emporter chez lui, lui faire des choses indécentes ... ... ... il le rendait dingue.

Secouant la tête pour calmer ses ardeurs, il se rendit compte que Dean s'éloignait déjà rapidement, le bus arrivant à l'arrêt qui était pas loin d'eux.

Arrivé à la porte du bus, derrière un vieille dame, Dean se retourna vers Castiel, il n'avait pas bougé d'un iota.

"-Salut ! Dit-il en lui faisant un signe auquel Castiel répondit tout sourire. A demain ! Répéta-t-il. avant que les portes du bus ne se referment derrière lui.

"-Oui ... A dem... non ... Merde ! DEAN ! Cria-t-il en s'élançant précipitamment vers le bus qui démarrait. DDDEEEAAANNN !

Mais c'était trop tard, le véhicule s'était déjà éloigné.

"-Merde ! Dit-il avant d'avoir une idée.

Sortant alors son téléphone rapidement de sa poche, il ouvrit le clapet, près à ouvrir son répertoire et...

"-Merde ! Répéta-t-il. Son numéro... j'ai pas son numéro. Merde ! Merde !

Et il resta planté là, à regarder le bus s'éloigner au loin.


De son coté Dean qui marchait vers l'arrière du bus, pour se trouver une place libre, vit Castiel se précipiter au moment où le bus démarrait, il semblait vouloir lui dire quelque chose, il lui semblait qu'il était en train de l'appeler...

"-L'appeler ! Se dit-il à voix haute avant de sortir son téléphone et de se gifler mentalement, il n'avait pas son numéro. Quel con ! Se dit-il encore entre ses dents et en rangeant l'appareil dans la poche de sa veste, avant de s'asseoir et un sourire étendit ses lèvres... "Il s'appelle Castiel" s'imagina-t-il dire à Lisa quand il la verrait le soir même.


Quand il arriva au garage, il était en retard et pas qu'un peu... il s'était juré d'être là pour connaitre le verdict de la banque pour le soutenir en cas de problème et il avait faillit.

Il ne prit alors pas le temps d'aller se changer et alla directement vers le bureau de Bobby.

Frappant timidement, l'homme leva les yeux vers lui, il faisait une tête de six pieds de long, c'était pas bon signe.

"-Dit donc Gamin ! On avait dit 14h !

"-Je sais.

"-Joue pas à ça Dean, tu sais que c'est la seule chose que je ne tolère pas. Richards a amené la Bentley et il voulait un avis direct pour estimer les réparations de la carrosserie, ce qui est TON domaine, tout ce que j'ai pu lui dire pour éviter de passer trop pour un con c'est que tu l'appellerais quand tu serais là.

"-Je sais bien mais j'ai pris le bus et... putain il a fais tout le parcours avant d'arriver ici, sinon j'aurais pas mis vingt minutes ! Je sais que j'ai merdé.

"-Et depuis quand tu prends le bus toi ?

"-J'ai passé la matinée en ville, j'ai mangé chez Ràmon.

Le vieux bougonna.

"-Bobby..

"-Hm.

"-Alors ? Ce prêt ?

"-... Hm ... Fit-il à nouveau en baissant la tête sur ses mains. ... C'est bon ! J'ai eu le fric ! S'écria-t-il soudainement enjoué.

"-C'est vrai ? Rôoohh Bobby j'suis super content pour toi ! Ah ! Enfin une bonne chose !

"-Je ne te le fais pas dire gamin ! Bon ! C'est pas le tout mais ... Dit-il en lui tendant le téléphone. T'as du boulot. Le numéro des Richards est enregistré.

"-Ok ! J'y vais Bobby. Dit-il en partant vers l'atelier.

"-Et prends pas ton temps, t'en as perdu assez comme ça, on a du boulot ! Cria-t-il.

"-Ouiiii... rôoohhh. Râla Dean en retour.


Quand Castiel rentra chez lui, il se laissa tomber dans son canapé, le visage de Dean ne quittait pas son esprit, ce gars avait déclenché quelque chose chez lui et il avait envie que ça continue.

Mais pouvait-il faire ça ?

Sachant qu'il y avait un ménage derrière, un enfant...

Oh.. il en avait tellement envie... se dit-il en souriant à ce visage qui aurait tant aimé toucher, ces lèvres qu'il aurait tant aimé embrasser...

Se levant tout à coup, il s'installa alors à son bureau et ils se mit à écrire.

L'inspiration était là, dévorante.

Et depuis le temps que son éditeur lui demandait de mettre un peu d'amour dans ses romans et qu'il lui répétait qu'il ne savait pas écrire ce genre de choses... Ce jour là ... et ce jusque tard dans la nuit, il écrivit des pages et des pages... sur un jeune écrivain qui fit la connaissance d'un jeune mécanicien et dont il tomba éperdument amoureux..


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