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Coup de foudre à la maternelle

Chapitre VI


L'épaule contre la portière, le coude le long de la vitre, Dean ne pouvait quitter Castiel des yeux. Il n'en revenait pas de ce qui était en train de leur arriver. D'où pouvait venir cette étrange sensation de le connaître depuis longtemps, voire depuis toujours ? Comment pouvaient-ils être si à l'aise l'un avec l'autre, se parlant comme s'ils étaient un couple depuis de longues années ? Car tout était nouveau et commençait, mais ils n'en étaient pas à l'étape de la drague, cette étape où l'on fait connaissance, non, cette étape était déjà bien loin derrière d'eux ! Bien sûr, ils avaient encore des choses à découvrir sur l'autre et certaines autres autres étapes à franchir, telle que celle des plaisirs... à deux...

A cette évocation, Dean eut un frisson suivit d'une grande bouffée de chaleur dans tout le corps.

"-Pourquoi j'ai la sensation que tes pensées ne sont pas très catholiques ? Demanda Castiel, un sourire en coin, en lui jetant un bref coup d'oeil avant de rediriger son regard sur la route.

"-Peut-être parce que c'est le cas... Souffla Dean, sans quitter sa bouche des yeux.

Castiel sourit, les pommettes légèrement empourprées et sa langue glissa sur ses lèvres sèches.

Cette vision envoya directement un autre frisson dans le dos de Dean.

...Non ! Eux, ils étaient déjà un couple... Un couple ! Voilà ! Et personne de l'extérieur, les voyant en ce moment précis, n'aurait pu supposer qu'ils ne se connaissaient pas il y a de ça deux jours ! ... Alors qu'ils étaient loin d'avoir fini de se découvrir... Pensa Dean en se grattant le front.

"-Arrête de triturer tes points comme ça, ça va se remettre à saigner ! Dit Castiel.

Dean retira ses doigts de son front.

"-Tu es stressé ? Quelque chose qui ne va pas ?

"-Non, je pense c'est tout.

"-Tu penses à quoi ?

"-A toi...

Castiel sourit en s'empourprant de nouveau.

"-Tu peux me dire comment tu as fais ?

"-Comment j'ai fais quoi ?

"-Pour m'avoir changé en midinette ! Tu me fais rougir Dean !

"-Je ne trouve pas que tu ressembles à une midinette... Dit-il en le détaillant. ...Hmm non pas du tout... Insista-t-il, faisant de nouveau chauffer les joues de son compagnon.

"-Tu vois ! Encore ! Je ne sais pas si c'est ta voix, tes mots ou ... ou ton regard sur moi ou tout ensemble mais... j'ai jamais été comme ça Dean.

Dean sourit flatté par la révélation.

"-Et si je te touche ? Dit-il en se penchant de son coté.

Glissant alors sa main sur sa cuisse vers l'intérieur en frôlant volontairement son entrejambe, il s'envoya lui même une pulsion dans le bas ventre.

"-Oh ! Putain Dean arrête t'es fou ? Tu veux que ton bébé finisse encastré dans un bus ? Dit-il en soufflant fort, montrant le véhicule des transports en communs se trouvant devant eux du menton.

Mais Dean ne retira pas sa main.

"-Pourquoi veux tu qu'on finisse encastrés dans ce bus ? Tes mains sont sur le volant ! Lui dit-il à l'oreille.

"-Parce qu'une des tiennes est contre mon levier de vitesse. Dit-il tout bas, amusé, en posant sa main droite sur celle de Dean, entrelaçant ses doigts aux siens, avant de les faire glisser jusqu'à son genou.

"-Voilà qui est mieux !

"-Hmm... tu es à fleur de peau... Constata Dean.

"-Depuis toi, oui ... de partout ! Souffla-t-il. Tu m'as changé Dean, je ne sais pas comment, si vite, je...

Il prit une pause, tout en caressant la main de Dean toujours sur sa jambe.

"-Et tu sais quoi ? ... J'aime ça ! ... J'aime être comme ça, j'aime être au bord de la rupture à chaque seconde ... J'aime ce que tu as fais de moi Dean...

Touché, Dean ne sut quoi lui répondre. Baissant alors les yeux sur leurs mains, il regarda celle de Castiel caresser la sienne, savourant toutes les sensations qui allaient avec et qui se diffusaient aux quatre coins de son corps. Puis, l'envie d'un touché différent, il retourna sa main. Paume contre paume, le bout des doigts sensible, en contact, la caresse n'était plus la même et même Castiel en changea son mouvement, le ralentissant, le rendant plus léger.

Plus tard, alors qu'ils passaient les limites de la ville, Dean releva les yeux sur le visage de Castiel et ce dernier lui jeta un coup d'oeil rempli de tendresse.

"-Tu connais le bois brûlé ? Lui demanda-il.

"-Oui pourquoi ?

"-Ca te dit une petite balade avant qu'il fasse nuit ?

"-Ca me dit bien oui, allons-y !

"-OK !

Dean récupéra sa main et Castiel reposa la sienne sur le volant pour prendre la direction du bois en question. Bois qui portait ce nom depuis qu'un incendie démentiel l'avait ravagé dans sa presque totalité, une centaine d'années plus tôt. Nom qu'il garderait sûrement pour toujours malgré le fait que la nature avait reprit ses droits depuis longtemps, effaçant toute trace du désastre passé.

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Très vite, le bois n'étant pas loin de la ville, ils arrivèrent aux abords de la forêt et Castiel gara l'Impala sur le parking qui était désert.

Sans un mot, ils sortirent de la voiture et Dean rejoignit Castiel de son coté, alors qu'il avait fermé la portière à clef et se retournait vers lui.

Dean l'entoura alors de ses bras, pour le serrer contre lui et Castiel lui rendit son étreinte avant de ramener sa tête en arrière pour le regarder.

"-C'est pour quoi, ça ? Demanda-t-il dans un sourire.

"-Une envie irrépressible... Tu m'as manqué. Dit-il un sourire en coin.

Castiel rit doucement en rougissant encore et toujours, sous le regard de Dean, qui se délectait de ce qu'il voyait et savait tout à lui.

"-Dean tu es aussi midinette que moi ! Dit-il en penchant la tête.

"-Ouais...

Et sous ce regard insistant de Dean, Castiel se serra encore plus fort contre lui, avant de l'embrasser tendrement.

...

Quand ils prirent enfin le chemin de terre qui menait dans le bois, ils marchèrent tout d'abord côte à côte, les mains dans les poches, montant le chemin escarpé.

Et quand ils furent arrivés en haut de cette pente, ils continuèrent à marcher l'un à coté de l'autre, mais leurs épaules, leurs bras se frôlaient et les mains sortirent des poches.

Puis vint le moment où leurs mains se mirent à se toucher, leurs doigts à bouger et de plus en plus au fil de leurs pas.

Jusqu'à ce que Castiel finisse par prendre la main de Dean dans la sienne en entrecroisant leurs doigts.

Dean serra alors la main de Castiel et se tourna vers lui.

"-Ca ne te gêne pas ? Demanda Castiel.

"-Pas le moins du monde. Lui répondit Dean en amenant leurs mains à son visage. Caressant ses lèvres sur les doigts de son compagnon, qui, prit d'un frisson, s'arrêta de marcher.

Tendant alors ses doigts, il renouvela la caresse lui même.

"-Tu sais que tes lèvres sont un péché à elles toutes seules... Dit-il tout bas.

Dean sourit, amusé, sentant ses joues chauffer.

Castiel tira alors leurs mains dans son propre dos, approchant Dean tout contre lui par cette manœuvre, avant d'approcher son visage du sien et passer le bout de sa langue sur sa lèvre supérieure.

Dean se dit qu'il allait lui faire perdre la tête.

"-Elle sont belles... Dit Castiel contre sa bouche.

Puis, il poursuivit sa torture en prenant sa lèvre inférieure entre les siennes :

"-Elles sont douces... Ajouta-t-il avant de caresser sa bouche à celle de Dean. ...Un péché je te dis... et je crois qu'on devrait reprendre notre balade avant qu'il ne se passe des choses pas très catholiques dans cette forêt domaniale. Ajouta-t-il en se remettant à marcher, tirant Dean dans son sillage, qui reprit rapidement sa place à ses cotés tout en lui jetant un regard en coin amusé.

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La balade, bien que fraîche en cette fin de journée, était agréable. Ils discutaient de tout de rien, de voitures, principalement de l'Impala, d'eux, s'embrassant parfois, bouffés pas une irrépressible envie et reprenant leur chemin, toujours main dans la main.

Puis, sur la fin de la boucle qu'ils avaient suivi, se dirigeant dans la direction de la sortie de la forêt, sur le bord du chemin, ils trouvèrent un banc de bois, qui n'était tout au plus qu'une épaisse planche posée sur deux rondins et ils s'y installèrent.

Dean s'y assied normalement, tandis que Castiel se mit de coté, à califourchon, avant de s'approcher au plus près de lui, sa cuisse gauche derrière lui dans le bas de son dos et son autre jambe contre la cuisse droite de Dean. Tout près ! Tout contre lui ... toujours plus !

L'entourant alors de ses bras, il posa sa joue sur son épaule et ils gardèrent le silence, chacun perdu dans ses pensées. Ils étaient bien, là, tous les deux.

Puis, au bout d'un moment, Castiel remua un peu et posa sa main sur celle de Dean qui était sur sa jambe :

"-Dean... Dit-il.

"-Oui..

"-Est ce que je peux te poser une question .. disons... délicate... ou plutôt qui m'intrigue... et tu n'es pas obligé de répondre !

"-Demande moi tout ce que tu veux.

Castiel prit un temps pour bien tourner sa question et finit par retirer sa joue de l'épaule de Dean pour y poser son menton.

"-Comment as tu su que tu étais bi si tu n'es jamais allé vers un mec ? Parce que je ne comprend pas... tu es ... putain t'es bandant quoi, t'aurais eu aucune difficulté à trouver de quoi t'occuper tu peux me croire !

Dean rit des mots crus qui venaient de sortir de sa bouche, mais ne fut pas surpris par la question et il l'attendait même, inconsciemment.

"-Je dirai... l'attrait... mais...

"-Mais ?

"-Les femmes me contentaient, tout du moins... m'ont contenté jusqu'à ce qu'elles perdent de l'attrait à mes yeux, dernièrement je ne cherchais plus personne en fait... Mais trop peur de me lancer de l'autre coté...

"-Donc tu ne serais jamais allé vers un mec ? Tu ne te serais jamais lancé ?

"-Non je ne pense pas, il me fallait... Toi. Mon coeur a comprit tout de suite d'ailleurs, mieux que moi... Lisa m'a aidé ensuite à remettre les choses dans l'ordre et à regarder les évidences.

"-Qui est Lisa ?

"-La mère de Ben...

"-Ah ok !

"-Mon ex... Ajouta-t-il tout bas, comme si c'était tabou.

"-Oh ! Mais...

"-Non non Ben n'est pas de moi je te le jure !

"-Oh ! Mais ne jure pas, je te crois Dean.

"-Lisa est juste... c'est devenu ma petite sœur en quelque sorte, plus que mon propre frère en tous cas. Après Bobby, elle est ma seule famille... C'est pour ça qu'elle est toujours dans ma vie.

"-C'est beau d'être resté si proche d'elle et de t'occuper de son gamin qui n'est même pas le tien.

Dean sourit en tournant la tête vers lui.

"-Tu sais qu'elle veux te rencontrer !

"-Ah bon ? Pourquoi ?

"-Après la description que je lui ai faite de toi, elle est devenue complètement dingue.

"-On devrait peut-être lui présenter Jimmy.

"-Dean éclata de rire.

"-Oh ! Alors là pour faire péter une durite à la vieille Davis, ça serait trop bon !

"-La vieille quoi ?

"-Davis. Une vieille qui vit sur le même pallier que nous, une commère à qui on fait des plans pour la rendre folle. Le coup des jumeaux ça serait trop excellent !

Puis, toujours souriant, il imagina la scène d'un Jimmy entrant chez Lisa sous le regard de la vieille, suivit d'un Castiel qui arriverait et viendrait le voir lui...

"-Enfin ! Dit-il en reprenant son sérieux. Pour en revenir à ce qu'on disait tout à l'heure... C'est vrai, je t'attendais Toi. Tu ne serais jamais apparu devant mes yeux, je n'aurais sûrement jamais sauté le pas. Je t'attendais Toi. Répéta-t-il tout bas pour finir, avant de se tourner vers un Castiel aux yeux brillants et de l'entourer de ses bras pour l'embrasser langoureusement, avec un long soupir qui en disait long sur son plaisir.

...

"Alors les tafioles ! On se bécote en public ?" Dit soudainement une voix près d'eux.

La colère les submergea tous les deux en un centième de seconde et ils se retournèrent brusquement vers l'individus qui blêmit de les voir en face, tandis que Dean et Castiel furent sidéré de ce qu'ils avaient sous les yeux.

Devant eux, deux mecs d'environ 20/25 ans qui les regardaient en essayant de garder un sourire malgré leur malaise, mais qui les rendait encore plus niais. Et le deuxième un peu en retrait derrière son ami semblait encore plus mal que l'autre.

Et d'un même mouvement, ils se rassirent dans le bon sens sur le banc, Dean se penchant en avant pour poser ses coudes sur les genoux et Castiel ramena sa jambe gauche de derrière le banc, calant son talon au bord de l'assise, le coude nonchalamment posé sur son genou et ils fixèrent les opportuns d'un air concerné.

"-Non mais qui tu traites de tafiole petite merde ? Demanda Dean d'un ton calme, mais qui ne cachait aucunement une certaine menace.

"-Vous ! Bande de pédés ! Vous pouvez pas aller faire vos saloperies ailleurs ?

"-Mais déjà, ON VOUS EMMERDE ! Et ... je rêve mais... Tu permets que je te pose une question ? Dit-il sans attendre de réponse. Tu parles de tafioles, là, comme ça, ok ! Bon ! T'as l'air à l'aise dans tes pompes colorées et puis tu sens bon et tout, mais, est-ce que tu t'es regardé dans un miroir ce matin avant de sortir de chez toi ? Finit-il en haussant la voix.

"-Jolis cheveux ! Dit Castiel moqueur.

"-Ouais ! Les bouclettes et tout.. C'est pour ressembler à ta mère que tu les portes aussi longs ou c'est juste ton coiffeur qui ne veux plus voir ta sale gueule ?

Les deux gars ne répondirent rien, de plus en plus mal à l'aise devant les deux hommes, on ne peut plus masculins et bien bâtis qu'ils avaient eu la TRÈS mauvaise idée d'insulter.

"-Et vos carrures de Chippendales anorexiques, c'est pour rentrer dans vos slims taille 34 ? Ajouta Dean.

"-Oh ! Et puis regarde sur sa poche de chemise ! Dit Castiel, en rajoutant une couche, c'était trop facile. Ca ne serait pas des fleurs et des strass ?

"-Oui ! Je crois que tu as raison ! C'est bien des p'tites fleurs. Regarde, il a même un bracelet avec des brillants ! Tu trouves pas ça chou ? Dit-il en faisant un geste efféminé de la main sur l'épaule de Castiel.

Ils explosèrent de rire tous les deux.

"-Ouais c'est ça rigolez ! Je ... je...

"-TU QUOI ? Cria Dean en se levant brusquement, son visage reflétant une extrême colère et faisant reculer les deux gars d'un pas.

Castiel se leva à son tour, posant sa main sur son épaule, comme pour le contenir et les deux mecs face à eux se décomposèrent sur place, au bord de la liquéfaction en constatant que non seulement ils faisaient plus mecs qu'eux, mais en plus, ils les dépassaient d'une tête, sans parler de leurs carrures, imposantes en comparaison des leurs.

"-CASSEZ VOUS ! Cria Castiel en se mettant face à Dean, faisant mine de le retenir, alors qu'il faisait des mouvements en avant, comme s'il allait leur sauter dessus pour leur refaire le portrait.

Et les deux abrutis ne demandèrent pas leur reste, s'enfuyant à toutes jambes, pour s'éloigner le plus vite possible.

"-Et dis toi bien que si ton copain t'as amené ici, c'est pas pour ramasser des champignons imbécile ! Cria Castiel, faisant trébucher le copain en question qui s'était retourné un air ahuri sur le visage, comme pris en flag.

Dean, agrippé aux hanches de Castiel, un sourire sur le visage, le fit reculer de quelques pas pour les voir s'éloigner et disparaître au bout du chemin et une fois sûrs qu'ils ne pourraient plus les entendre, ils éclatèrent tous deux de rire.

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"-Je suis désolé, ça commence mal. Dit Castiel une fois calmé.

"-Désolé ? Pourquoi ? Pour ces deux crétins ?

"-Oui, les ... les insultes sont... courantes de ce coté de la rive je dirais...

"-T'inquiètes j'ai déjà déclenché bien pire malgré moi, juste en souriant au mauvais gars alors que c'est lui qui avait commencé. Dit-il en secouant la tête, un sourire en coin en se remémorant la scène.

"-avec un sourire ?

"-Ouais ! Juste ça ! Le mec l'a super mal pris et il s'est mis à m'insulter de tous les noms jusqu'à vouloir en venir aux mains ! Heureusement Bobby était là, sinon ça aurait dégénéré !

"-Tu sais quoi ?

"-Faut que j'arrête de sourire aux inconnus ?

"-Oh non ! Continue de me sourire, tu me fais fondre.

"-Mais tu n'es pas un inconnu...

"-Tu crois ?

Ils se regardèrent un instant en silence. C'est vrai qu'ils ne se connaissaient pas et pourtant...

"-Ce que je veux dire. Reprit Castiel en souriant. C'est que ce type... tu as dû lui plaire. Dit-il d'une voix suave.

"-Quoi ?

"-Oui c'est évident que tu l'as touché, d'où la réaction excessive. Ce gars doit vivre dans le dénis et toi rien qu'en lui souriant, tu as dû provoquer une réaction dans son pantalon ! J'en suis persuadé ! Il a eu peur !

Dean rit.

"-Tu crois ?

"-Oui ! Mais par contre, un truc... Dit Castiel en se collant à lui et en enroulant ses bras autour de son cou.

"-Oui quoi ? Dit Dean dans un sourire.

"-Ce sourire...

"-Hm...

"-Il est à moi maintenant !

Dean sourit de plus belle, amusé et Castiel se rua sur sa bouche, l'emportant dans un baiser profond et possessif auquel Dean répondit avec la même ardeur.

Et c'est quand Castiel commençait à faire reculer Dean pour le faire asseoir sur le banc que son téléphone portable se mit à sonner, les interrompant.

"-Et merde ! Dit Castiel en s'écartant de Dean pour prendre son téléphone dans la poche de sa veste. Je suis désolé.

Dean secoua la tête pour lui dire que ce n'était pas grave et Castiel regarda son écran.

"-Mon éditeur ! Qu'est ce qu'il me veut à cette heure lui ? Dit Castiel agacé, avant d'appuyer sur décrocher et d'amener l'appareil à son oreille.

Dean, lui, recula et s'assied sur le banc, regardant la fôret autour d'eux, qui s'assombrissait avec le couché du soleil.

"-Ouais Ed ! Qu'est ce que tu veux ? Dit Castiel en regardant Dean.

[...

"-Quoi ? Mais j'avais des projets moi ce soir ! Dit-il en s'approchant de son compagnon et posant sa main sur son épaule droite.

[...

"-Et demain ? Dit-il en remontant sa main dans ses cheveux.

[...

"-Lundi alors !

[...

"-Non ? Il sera parti ? Merde fait chier !

[...

"-Oui je sais mais ça fait chier quand même ! Dit-il s'asseyant à la droite de Dean, sa jambe gauche repliée sous lui.

[...

"-Ok. Dit-il en soufflant, dégoûté. A quelle heure ?

[...

"-Quoi ? Mais quelle heure est-il ? Demanda-t-il.

Dean lui montra sa montre, il était pas loin de 19 heures

"-Putain ! Déjà ?

[...

"-Ouais j'arrive !

[...

"-Mais oui, tu m'emmerde Ed. Dit Castiel en riant, son interlocuteur semblant rire lui aussi.

[...

"-Ok ! A tout à l'heure !

[...

"-Oui costard j'ai compris, à toute à l'heure. Dit-il avant de raccrocher et de laisser son front tomber sur l'épaule de Dean en remettant son téléphone dans sa poche.

"-Tu dois partir ? Demanda Dean tout de suite, une certaine déception dans la voix.

"-Oui excuse moi, j'ai pas le choix, un éditeur français qui repart demain à la première heure.

"-T'es publié en France ?

"-Non pas encore justement, c'est pour ça !

"-Mais c'est génial !

"-Je sais... Dit-il en relevant la tête pour le regarder. Mais j'ai pas envie ... Commença-t-il avant d'avancer son visage vers Dean qui s'approcha aussi pour répondre à son baiser. Tu me manque déjà. Dit-il contre sa bouche.

"-On se voit demain...

"-Hm...

"-Ou ce soir, tout à l'heure... Il va durer combien de temps ton rencard ?

"-C'est pas un rendez-vous, c'est un dîner d'affaire, ça peut durer longtemps.

"-J'ai tout mon temps... Dit Dean contre ses lèvres avant d'investir sa bouche avec douceur.

Castiel se laissa emporté, il avait vraiment pas envie de quitter Dean maintenant et enroula ses bras autour de son cou en s'agrippant à lui pour le lui faire comprendre.

L'envie de son corps était de plus en plus forte et l'idée même de ne le revoir que le lendemain le rendait malade. Il allait faire tout son possible pour que ce repas d'affaire finisse au plus tôt ! Un contrat sous le bras mais au plus tôt ! Il ne pouvait, ne devait pas en être autrement !

Il en était là de ses réflexions quand sous une impulsion qu'il ne contrôla pas vraiment, il se redressa sur sa jambe repliée sous lui et Dean bascula en arrière, sans aucune résistance.

Se retrouvant à moitié couché sur Dean, quittant sa bouche, Castiel fit alors glisser ses lèvres le long de la mâchoire de Dean jusqu'à son oreille pour finir dans son cou. Faufilant sa main droite sous son tee-shirt, leurs bassins frottèrent l'un contre l'autre et c'est en s'entendant tout deux râler de ce contact qu'ils se regardèrent brusquement, les yeux assombris et restèrent immobiles, le souffle court...

"-Tu vas être en retard. Finit par dire Dean, avec un sourire en coin et une voix tellement rauque que Castiel fut prit d'un frisson dans tout le corps.

"-Je sais. Dit Castiel en fermant les yeux une seconde, d'entendre sa propre voix beaucoup plus grave. En plus il faut que je récupère ma caisse et que je rentre me changer, tenue correcte exigée pfff... J'ai pas envie de te quitter. Dit-il en se baissant jusqu'à sa bouche pour caresser ses lèvres des siennes.

"-Moi non plus, mais tu ne peux pas louper cette opportunité n'est-ce pas ?

"-Non. Souffla-t-il.

"-Je t'attendrai... peu importe l'heure... Dit-il parfaitement conscient de ce qu'impliquaient ses dires, de ce qui se passerait une fois qu'ils se seraient retrouvés.

"-Dean...

"-Hm ?

"-Je t'... Dit Castiel en s'arrêtant juste à temps. Qu'allait-il dire ?!

"-Moi aussi... Dit Dean en agrippant sa tête pour faufiler sa langue dans sa bouche.

Le coeur de Castiel fit un bond vertigineux dans sa poitrine et il répondit à son baiser en laissant échapper un grand soupire de plaisir.

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Malgré le fait que Castiel se soit interrompu, comme s'il avait eu peur de trop parler, d'aller trop vite, Dean avait tout de suite compris et l'intention était allée se loger direct au fond de son coeur.

Il n'avait d'ailleurs pas pu s'empêcher de lui affirmer qu'il en était de même pour lui et il était content de l'avoir fait. Même si aucun d'eux n'avait dit les mots, ils savaient maintenant jusqu'où allait cet incroyable phénomène qui les avait tous deux submergé dès le premier regard. C'était bon, tellement bon !

Et ils seraient restés là à s'embrasser pendant des heures si Castiel n'avait pas eu ce rendez-vous des plus importants.

Conscient qu'ils étaient en train de prendre du temps qu'ils n'avaient pas, sans interrompre leur baiser, Dean se redressa, relevant Castiel avec lui, ses mains toujours agrippées de chaque coté de sa tête.

Et alors que Castiel resserrait ses bras autour de lui, s'embrassant toujours, ils se levèrent du banc, amplifiant leur baiser à s'en étouffer. Puis, c'est essoufflés qu'ils s'interrompirent, front contre front, les yeux clos et le sourire aux lèvres, ils prirent quelques secondes pour se remettre.

Redressant alors la tête pour se regarder, les joues rosies de plaisir, ils rirent doucement, juste pour cacher leur gêne face à ce qu'ils venaient de se dire à demis mots.

Castiel pencha la tête et Dean vit sur son visage, sa question silencieuse.

"-Oui c'est vrai. Dit-il sur le ton de la confidence en rougissant.

Le sourire de Castiel s'agrandit d'autant plus que ses yeux se mirent à briller d'émotion.

Dean sourit à son tour, tout aussi ému que lui, avant de déposer un baiser sur ses lèvres.

"-On y va ? Dit-il tout bas.

"-Oui, je vais finir par être vraiment à la bourre sinon.

"-Allez ! Dit Dean en glissant son bras droit dans son dos sous sa veste, en prenant la direction de la sortie du bois.

Castiel mêla les doigts de sa main gauche à ceux de Dean sur sa hanche et très vite, ils arrivèrent sur le parking.

Une fois auprès de la voiture, Castiel embrassa encore une fois Dean et lui rendit les clefs de l'Impala avant de se séparer de lui et de contourner le véhicule dans lequel ils grimpèrent rapidement.

"-Où est ta caisse ? Demanda Dean en mettant le contact.

"-Devant le garage, dans le parking.

"-Ah ok !

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Arrivés devant le garage, il n'y avait qu'une voiture dans le parking et Dean se gara à coté.

"-Chevrolet hein ? Dit-il en avisant la petite citadine grise.

"-Et oui ! On ne se refait pas !

"-Le meilleur des choix !

Castiel rit et descendit de la voiture.

Dean le rejoignit de son coté avant même qu'il n'ai le temps de dire "ouf" et ils s'enlacèrent avant de s'emporter mutuellement dans un profond baiser d'une douceur grisante.

"-Putain j'ai pas envie de te quitter. Dit Castiel quand ils s'interrompirent.

"-J'en ai pas envie non plus, mais ce n'est que pour quelques petites heures...

"-Donne moi ton adresse !

"-Ah oui ! Il s'en est fallu de peu pour qu'on recommence la même connerie qu'hier hein ? Dit-il avec un clin d'oeil en fouillant la poche intérieure de son cuir pour en sortir un vieux petit carnet à spiral.

Puis, rouvrant la portière passager de sa voiture, il fouilla la boite à gants pour y trouver un stylo avant de noter son adresse ET son numéro de portable et de lui tendre la petite feuille arrachée d'un coup sec, ainsi qu'un double de la clé de son immeuble qu'il décrocha de son trousseau.

"-Pour la porte d'en bas. Précisa-t-il.

Castiel lui prit alors aussi le stylo des mains et sortit une carte de visite de sa poche, au dos de laquelle il nota lui aussi son numéro avant de lui tendre le petit carton bleu.

"-Génial. Dit Dean en glissant la carte dans la poche arrière de son jean. Maintenant file, plus vite tu es parti, plus vite tu seras devant moi.

"-Oui. Dit Castiel en sortant ses clefs pour ouvrir sa portière.

Et au moment où il allait grimper dans le véhicule, il fit finalement volte face et se rua sur la bouche de Dean, déposant plusieurs baisers désespérés sur ses lèvres en tenant son visage entre ses mains.

Puis, il s'installa au volant.

Dean vint l'embrasser une dernière fois avant de fermer la portière et après un petit signe de la main de Castiel, auquel Dean répondit d'un clin d'oeil, il sortit de la place de parking et se faufila dans le flot de la circulation.

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Une fois seul, Dean s'appuya dos contre l'Impala, le regard dans le vague, le coeur battant sur un rythme étrangement calme, mais un trou béant dans le ventre. Castiel lui manquait déjà, c'était complètement dingue. Il avait prit une telle place en quelques heures, qu'il avait l'impression de ne plus être complet sans lui.

Il lui tardait vraiment qu'il lui revienne et se dit qu'il aimerait bien qu'il soit encore en costard, l'idée le séduisait vraiment beaucoup et il s'imaginait déjà lui dénouer sa cravate, déboutonner sa chemise...

Secouant la tête en soufflant pour calmer la boule de chaleur qui s'était immiscé dans son ventre en un instant, il finit par remonter dans sa voiture et prit la route pour rentrer chez lui.

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Quand il fut arrivé, il gara l'Impala dans le parking souterrain de son immeuble, il ne la laissait jamais dehors quand il la sortait le Weekend.

Puis, il monta les escaliers de service jusqu'à son étage, tranquillement, un sourire figé sur le visage, pas moyen qu'il s'en départisse, c'était plus fort que lui.

Une fois devant sa porte, il ouvrit la serrure et alors qu'il allait entrer chez lui, la porte de Lisa s'ouvrit brutalement et elle se précipita sur lui, livide.

"-Oh Dean, tu es là enfin !

"-Oui je...

"-Ben va pas bien ! Je sais pas ce qu'il a, il a beaucoup de fièvre, il a très mal à la tête, la nausée, il est blanc comme un linge, il parle à peine, il pleure, il a mal... Dit-elle d'une seule traite visiblement à la limite de la panique. Tu peux nous emmener aux urgences ?

"-Mais oui bien sûr ! Dit-il en sortant de chez lui sans refermer à clef, pour se précipiter dans l'appartement d'en face, filant directement dans la chambre de l'enfant, Lisa derrière lui.

Et sans tergiverser une seconde, il prit Ben qui pleurait en serrant son doudou contre lui, dans ses bras, enroulé dans sa couette et l'emporta. Les gémissements de l'enfant et le petit "Dean" prononcé quand il ouvrit légèrement les yeux et le vit, lui brisèrent le coeur.

Lisa prit ce qu'elle avait à prendre, tandis que Dean reprenait l'escalier menant au parking souterrain. Et il installait déjà Ben à l'arrière de la voiture quand Lisa arriva à son tour.

Grimpant alors rapidement dans l'Impala, Lisa auprès de son fils à l'arrière, ils prirent la direction de l'hôpital.

...

"-Depuis quand il est comme ça ? T'aurais dû m'appeler ! Dit Dean en regardant Lisa dans le rétroviseur intérieur alors qu'ils roulaient depuis quelques minutes.

"-Quand j'ai été le chercher à l'école, il était très pale, mais ça a empiré au fil des heures. Comme t'étais pas là j'ai appelé au garage, mais Bobby m'a dit que tu étais parti depuis un moment avec Castiel, alors j'ai attendu ton retour, j'ai pas voulu te déranger.

"-T'aurais dû Lisa, T'aurais dû ! Ca ne m'aurait aucunement dérangé bon sang !

Lisa baissa la tête, caressant les cheveux de son fils.

"-Je voulais juste pas te déranger. Répéta-t-elle tout bas. Tu n'as aucun devoir envers nous Dean, tu as ta vie aussi.

"-Lisaaaa... Dit-il en secouant la tête. Quand je dis que vous faites parti de ma vie, de ma famille, c'est pas juste une phrase pour faire joli !

"-Je sais ça...

"-Et bien alors ? ... N'hésite pas si jamais ça se reproduisait. Peu importe où, ou avec qui je suis ! OK ?

Lisa acquiesça et ils pénétrèrent dans le parking de l'hôpital.

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Deux heures plus tard, vers les 22h30, Castiel arriva devant l'immeuble de Dean et à peine avait-il éteint le moteur qu'une boule vint se loger dans son ventre.

Voilà qu'il avait le trac, comme si c'était son premier rencard. Constata-t-il en secouant la tête, amusé.

Dean avait vraiment fait de lui une midinette !

Regardant vers les étages, il ne vit aucune lumière aux fenêtres, mais peut-être celles de Dean étaient-elles de l'autre coté du bâtiment.

Desserrant sa cravate pour ouvrir le premier bouton de sa chemise pour être plus à l'aise, il glissa ses doigts dans son col, frottant sa nuque tendue.

Le repas avec l'éditeur français avait été agréable, mais il n'avait pas réussi à se détendre complètement tellement son esprit était resté fixé sur Dean, Dean, Dean et ses mains, Dean et sa bouche, Dean et son corps musclé, Dean, Dean, Dean... C'était plus fort que lui.

Heureusement, Ed, qui avait dû remarquer son comportement inhabituel, quelque peu éparpillé, avait tenu la conversation avec le français et ce dernier n'avait paru rien remarquer d'anormal, sûrement habitué aux comportements étranges, hautains ou extravagants de certains auteurs. Et ils ne lui en tint visiblement pas rigueur étant donné que dans quelques jours il devait recevoir LE contrat qui lancerait l'adaptation en français de son dernier roman pour la vente sur le marché français.

Ed en jubila tellement qu'il commanda du champagne français hors de prix pour l'occasion.

Et justement, là, Castiel se dit qu'il aurait peut-être dû en boire un peu moins, car il n'aimait pas du tout quand il n'était pas totalement maître de lui même. Bon ! Heureusement il n'était pas saoul, mais ca le dérangeait quand même de ne pas être complètement clair... en particulier ce soir...

Soufflant une dernière fois, un grand sourire sur les lèvres, il se décida enfin à sortir de sa voiture.

Il ferma la portière à clef, tira encore un peu plus sur le noeud de sa cravate, machinalement, en se dirigeant vers la porte qu'il déverrouilla et il entra dans le bâtiment.

Ressortant la petite feuille de papier qu'il avait soigneusement plié et rangé dans sa poche un peu plus tôt quand il s'était changé, il vérifia l'étage et grimpa les escaliers.

Une fois au bon étage, il passa la porte donnant sur le couloir du niveau, il y avait trois portes.

Longeant alors le couloir, il passa devant une première porte qui n'était pas la bonne, une seconde qui ne l'était pas non plus et finit les quelques mètres qui restaient en deux pas rapides pour atteindre l'appartement qui était donc celui de Dean.

Il prit une grande inspiration pour essayer vainement de faire partir son trac si bien mêlé à son excitation et calmer les battements de son coeur qui s'étaient accélérés à l'idée qu'il allait enfin retrouver Dean et finit par frapper trois petits coups.

Personne ne venant lui ouvrir, il tendit l'oreille et constata qu'aucun son ne venait de l'intérieur.

Dean s'était-il assoupi en l'attendant ?

Il frappa à nouveau à la porte en y mettant un peu plus de force et c'est une autre porte qui s'ouvrit.

Regardant dans la direction du bruit, il vit une vieille dame sortir du premier appartement et regarder vers lui.

"-Il n'est pas là. Dit-elle.

Castiel fronça le front.

"-Pardon ?

"-Il est parti avec sa traînée, leur môme avait pas l'air bien.

"-Mais c'est pas...

"-Excusez moi, ce sont peut-être vos amis, je ne voulais pas être impolie. Dit-elle ne pensant visiblement pas ce qu'elle disait, Castiel le sentit bien.

Mais il avait tiqué au "SA traînée" et sa gorge s'était serrée à l'idée de ce que cela pouvait signifier.

S'approchant alors à pas lents de la vielle dame, il ne put s'empêcher d'assouvir sa curiosité, il devait savoir !

"-Pourquoi dites vous ... qu'elle est... sa traînée .

"-Mais parce que c'est le cas Monsieur ! Avant-hier encore ils étaient à deux doigts de s'envoyer en l'air dans le couloir ! Là ! Sous mes yeux ! Une traînée je vous dis ! Heureusement, lui a plus de tact qu'elle, il l'a obligé à rentrer chez elle et ils ont continué leurs cochonneries à l'intérieur .. Quand je pense à ce pauvre gosse qui était là aussi ça me révolte !

Chaque mot de la vielle faisaient leur chemin dans l'esprit de Castiel et chaque syllabe lui transperçait le coeur, ne le poussant que vers une seule conclusion : Dean s'était moqué de lui !

Et la douleur qui envahissait tout son être était abominable.

"-Mais allez pas leur répéter que je vous ai raconté ça surtout ! Je ne voudrais pas me fâcher avec le jeune homme, il est si serviable et gentil. Dit-elle sur le ton de la confidence. Et tellement charmeur aussi. Dit-elle en rougissant, comme si elle se remémorait Dean en train de lui faire des avances.

Mais Castiel n'entendait plus rien.

"-Vous voulez que je lui dise que vous êtes passé ?

Et comme un automate, il se remit à marcher en direction des escaliers sans un mot pour la vieille qui claqua sa porte, vexée.


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