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Coup de foudre à la maternelle

Chapitre 7


Quand Dean passa devant son immeuble pour atteindre la porte du garage, son coeur fit un bond dans sa poitrine. La voiture de Castiel était déjà là et une douce euphorie s'empara de lui.

Lisa était restée à l'hôpital avec Ben qui était très déshydraté à cause de sa forte fièvre et les médecins, qui avaient quand même été rassurants sur l'état du gamin, qui avait sûrement contracté la grippe, avaient décidé de le garder en observation pour qu'il se remette un peu et le temps de lui faire des examens complémentaires au cas où.

Mais vers 22h00 il avait dû se résigner à partir, car n'étant pas le père de Ben, ni le petit ami de la maman, le personnel de l'hôpital avait refusé qu'il reste plus longtemps avec eux. Lisa lui avait alors dis de rentrer et qu'elle l'appellerait le lendemain matin pour lui dire ce qu'il en était ou tout simplement pour qu'il vienne les rechercher.

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Se garant donc à sa place sur le parking, Dean sortit en trombe de sa voiture et se jeta littéralement dans les escaliers.

Montant les marches trois par trois, il arriva vite sur son palier, mais il n'y trouva pas Castiel.

Se souvenant qu'il n'avait pas fermé sa porte à clef en partant un peu plus tôt, il l'ouvrit un grand sourire aux lèvres pour... Personne. Il n'était pas là non plus.

"Est-ce que c'était bien la voiture de Cass en bas ? Se demanda-t-il finalement.

Ressortant de chez lui, il alla jusqu'au bout du couloir pour regarder par la fenêtre qui donnait sur la rue et la voiture qu'il avait vu un peu plus tôt était toujours là et oui il lui semblait que c'était bel et bien celle de Castiel.

"-Un ami à vous est passé. Dit soudainement la voix de Davis dans son dos. Vous l'avez manqué de peu c'est dommage...

Dean se retourna brusquement vers elle.

"-Quand ?

"-Je ne sais pas... quelques minutes... c'est un très bel homme, il...

Et sans la moindre attention ni un mot de plus pour la commère, Dean se précipita dans les escaliers principaux par lesquels Castiel avait logiquement dû passer.

Descendant les marches comme un dingue, au risque de se casser la gueule à chaque pas, c'est au premier étage, quand il contourna le mur pour atteindre la dernière série de marches, qu'il faillit rouler-bouler dans les escaliers en percutant Castiel qui était assis là.

"-WOW Cass ! Tu sais qu'on ne se gare jamais dans un virage ! Plaisanta-t-il, essoufflé, en relâchant la rampe à laquelle il s'était accroché pour ne pas tomber en passant par dessus son compagnon.

Castiel ne répondit rien.

La tête baissée sur ses mains jointes, il ne releva même pas les yeux sur lui. Il n'avait pas prévu que Dean arriverait comme par hasard au moment où il s'était assis pour souffler un peu, à cause de ses jambes flageolantes qui l'avaient menacé de le lâcher tellement il était mal.

Fronçant le front face à son mutisme, Dean s'assied à sa gauche en glissant sa main dans son dos, remontant jusqu'à sa nuque.

Le contact fit mal à Castiel qui ferma fortement les yeux pour se contenir.

"-T'as pas signé ton contrat avec l'éditeur français ? Cru-t-il comprendre, déçu pour lui et blessé par la peine que ça semblait lui infliger.

Castiel fit un mouvement brusque de son bras gauche pour lui faire retirer sa main de sa nuque et se leva pour descendre le reste des marches.

Mais Dean qui ne comprit pas ce rejet soudain comme tel, se leva à sa suite pour le rattraper.

"-Cass, Qu'est-ce...

"-Fout moi la paix. Dit Castiel la voix éraillée alors que Dean lui avait agrippé l'épaule.

"-Quoi ? Dit-il douloureusement en le forçant à s'arrêter et se retourner face à lui.

"-Tu t'es bien foutu de ma gueule hein ?

"-Quoi ? Quoi ? Mais pourquoi tu dis ça ? Dit-il alors que son coeur semblait être sur le point de s'arrêter. Mais... Attends... c'est parce que je n'étais pas là quand tu es arrivé ? Ben ... Ben avait une fièvre de dingue ! Lisa m'a alpagué devant ma porte quand je suis arrivé, elle m'a demandé de les emmener aux urgences !

Au prénom de Lisa, Castiel se tendit encore un peu plus.

"-Dean arrête s'il te plait...

"-Mais que j'arrête quoi putain ? J'allais pas lui dire "Démerde toi toute seule avec ton môme moi j'ai rencard !" quand même !

"-Mais je ne te parle pas de ça ! Dit Castiel, haussant la voix en lui faisant lâcher son épaule d'un nouveau geste brusque.

"-Cass... je ... je comprend rien là faut... faut que tu m'éclaires ! Dit-il troublé, ne sachant plus quoi faire de ses mains.

"-J'ai parlé à ta voisine !

"-Ma voi... Davis ?

"-Oui et ce fut très instructif...

"-Instructif ? Cette commère ?

"-Elle m'a raconté ce qui s'est passé avant-hier dans le couloir, elle vous a vu toi et ta ... sœur... Dit-il dédaigneusement.

"-Ce qui s'est passé ? Qu'est ce qui c'est passé ? Elle a vu qu'... Oh ! ... Non ! Sans déconner ! Elle a osé te raconter ça ? Dit-il sidéré.

"-Tu ne nies même pas ? Dit Castiel la gorge serrée pas le fait que Dean le prenne par dessus la jambe.

"-Non, c'est vrai, on s'est bien marré d'ailleurs ! Dit-il avec un sourire, en se remémorant la scène.

"-Putain ! Dit Castiel la gorge serrée, au bout de ce qu'il pouvait endurer, descendant les trois marches qui restaient en courant pour fuir Dean, pour fuir ce mec qui s'était moqué de lui et continuait de le faire sans sourciller une seconde.

"-Cass ! Cria Dean qui ne comprenait décidément rien à ce qui était en train de se passer, ni pourquoi il voyait Castiel lui filer entre les doigts sans savoir quoi faire pour l'en empêcher.

Et il le poursuivit en courant, le rattrapant encore, avant qu'il ne franchisse la porte donnant sur la rue, en la refermant de sa main droite appuyée contre le battant.

Restant dans cette position, il baissa la tête vers Castiel qui lui tournait le dos, regardant sa nuque comme pour y trouver les réponses à ses questions.

"-Putain Cass qu'est ce qui se passe ? Dis moi ! Dis moi putain ! Il y a quelque chose que j'arrive pas à saisir. Dis moi... Dis moi... Répéta-t-il désespérément, la main gauche sur son épaule et son front posé à l'arrière de sa tête, le coeur serré et de plus en plus douloureux.

"-Dean... Dit-il en se retournant, secouant la tête. Il avait mal et ça l'épuisait de l'avoir si près de lui alors qu'il le voulait le plus loin possible ... ou encore plus près.. non ! Loin !

"-Cass il faut que tu me parles je... je te vois t'éloigner de moi et ça me fait peur je ... me fais pas ça Castiel... Dit-il la gorge serrée. Pour.. Pourquoi tu m'en veux ? Dis moi ce que j'ai fais de mal, on dois pouvoir en parler... j'veux pas te perdre Cass... Je peux pas, je peux plus...

Castiel entendait sa voix devenir de moins en moins assurée... et ses mots... ses mots... il souffrait lui aussi c'était évident et malgré tout, ça rajoutait une dose de peine dans son coeur. Qu'est-ce qui était en train de se passer ? Pourquoi Dean avait-il tant de peine si tout n'avait été qu'un gros mensonge, une mascarade ?

"-Cass s'il te plait... Reprit-il face au silence de Castiel, posant ses deux mains sur son torse.

Castiel baissa la tête et regarda les mains de Dean sur lui, il sentait sa chaleur traverser ses chairs et ça lui provoqua un frisson perturbant dans le dos, si contradictoire avec tout le reste.

"-... si j'ai fais quelque chose qui t'as blessé il faut que tu me le dises... posant son front contre son crâne.

"-Tu la baises ! Cracha Castiel, en se redressant violemment, les yeux brillants et Dean eut juste le temps de reculer un peu, pour pas ne pas se prendre un coup de tête.

"-Quoi ? Mais t'es dingue elle doit avoir au moins cent-cinquante ans ! Dit Dean complètement à coté de la plaque.

"-LISA ! Je te parle de Lisa ! Cria Castiel agacé.

"-Lisa ? Mais non ! Dit-il tout naturellement.

"-Arrête de te foutre de moi ... Dean... Dit-il en baissant la tête.

"-Mais je t'assure que non ! Ca va faire un an qu'on a rompu elle et moi, je... je ne lai pas gardé comme amie juste pour l'avoir sous la main, si c'est ce que tu crois...

"-Je ne crois rien, c'est ta voisine qui vous a vu !

"-La vieille Davis ? Elle a juste vu ce qu'on voulait qu'elle voit !

Castiel tiqua, fronçant les sourcils en penchant la tête, il ne comprenait plus rien. Une seconde avant Dean lui disait qu'il n'y avait plus rien depuis un an et là il affirmait le contraire...

"-Ta v'... Commença-t-il en relevant ses yeux dans ceux de Dean et s'interrompant immédiatement, foudroyé parce ce qu'il ressentit, plongé dans ses yeux perdus et brillants, ce regard vert forêt qu'il aimait tant.

Et tout à coup, des images de leur balade en forêt lui revinrent en accéléré à l'esprit : leurs baisers, leurs discutions, leurs fous rires... pour s'arrêter sur une scène en particulier : "Davis. Une vieille qui vit sur le même pallier que nous, une commère à qui on fait des plans pour la rendre folle..." Se rappela-t-il soudainement.

"-Folle...

"-Hein ?

"-Des plans pour la rendre folle ? Insista-t-il en sentant un soleil de soulagement s'illuminer dans son coeur et grandir à une vitesse fulgurante alors qu'il comprenait sa connerie monumentale.

"-Je crois que j'ai totalement perdu le fil là Cass, de qu'...

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase, Castiel l'attrapa à deux mains par les épaules et inversa leurs positions.

Dean se retrouva alors plaqué brusquement contre la porte de l'entrée et Castiel se jeta sur sa bouche, investissant les lieux de sa langue, son corps collé au sien.

Un baiser violent, comme désespéré et Dean y répondit avec la même hargne, partagé entre le soulagement et l'incrédulité.

Continuant de ne rien comprendre, il se demanda si Castiel n'était pas complètement dingue. Pourquoi s'amusait-il à jouer avec lui comme ça ? A lui faire du mal pour ensuite lui... hummm... faire toutes ces choses... Pensa-t-il en sentant les mains de Castiel se balader sans aucune gêne sous son tee-shirt.

Et aussi brusquement qu'il en avait pris possession, Castiel s'arracha à la bouche d'un Dean complètement perdu.

"-Pardon Dean. Dit-il tout bas en posant ses mains sur ses joues.

"-Cass... A quoi tu Joues ?

"-Je te demande pardon, j'ai... je suis désolé, j'ai cru ... quel con ! Dit-il en baissant la tête avant de la relever. Ta voisine croit à ce qu'elle vous a vu faire avant-hier et je l'ai cru aussi Dean, j'ai pas réfléchi..

"-T'as cru que...

"-J'ai même pas douté de ses dires !

"-Putain... Dit Dean, en fermant les yeux.

"-Je suis tellement désolé. Chuchota-t-il avant de déposer un baiser sur ses lèvres. Pardon ... pardon ... pardon... Dit-il en continuant de lui donner une myriade de baisers.

Mais Dean, lui, qui n'avait rien compris à tout ce qui venait de se passer ces dernières minutes, n'avait pas eu le temps d'être en position de lui en vouloir. Même si maintenant il savait le pourquoi du comment, il restait juste troublé par cette peur terrible de le perdre qui l'avait envahis.

Alors bien sûr qu'il allait lui pardonner, bien sûr que du coup, il lui avait déjà pardonné puisqu'il n'avait pas eu le temps de lui en vouloir.

Et puis.. lui pardonner quoi ?

D'avoir cru les ragots d'une vieille conne plutôt que le lui faire confiance ? NON ! Certainement pas !

Il n'avait rien à pardonner à Castiel.

La preuve était faite qu'ils ne se connaissaient pas assez pour l'instant, c'était tout !

"-La prochaine fois que quelque chose comme ça se passe, demande moi si c'est vrai avant de me faire une peur pareil. Dit Dean en caressant sa joue du bout des doigts.

"-Je te le promet Dean ... J'ai eu tellement peur moi aussi... non pas peur, j'ai cru... j'ai cru que .. Putain ça m'a fait mal ! Dit-il en prenant les doigts de Dean sur son visage pour poser leurs mains sur son coeur..

"-Je suis désolé que tu aies dû subir ça Cass... Cette vieille bique est un poison, mais c'est de ma faute, l'autre soir j'ai eu cette idée stupide pour la faire chier et ... elle me fait du gringue tu vois et...

"-Ah oui j'ai cru remarquer que tu étais très à son goût oui... Mais il y a autre chose, elle.. elle déteste littéralement ton amie ! Tout le long où elle m'a parlé de vous, elle l'a appelé "la traînée", TA traînée !

"-Putain...

"-Mais en fait c'est pas ça le pire ! Avec vos conneries elle est persuadée que vous vous envoyez en l'air en présence du gamin ! C'est grave Dean ! Si elle venait à dire un truc pareil à la mauvaise personne ça pourrait aller loin !

"-Merde ! On avait pas pensé à ça !

"-Je me doute bien.

"-Putain... Répéta Dean en baissant la tête.

"-Par contre... Dit Castiel en lui soulevant le menton du bout de son index. Moi j'ai bien une idée pour qu'elle arrête définitivement de te faire du gringue et du même coup, lui faire oublier la jalousie maladive qu'elle semble entretenir contre Lisa ... à cause de toi... Elle regarde ou sort de chez elle à chaque fois qu'elle entend quelque chose sur le palier c'est ça ?

"-Ouais...

"-On y va ? Dit-il, un air de gamin sur le visage.

Dean qui comprit alors où il voulait en venir, lui fit un sourire en coin, un regard entendu planté dans le sien et se mordant la lèvre, il acquiesça.

"-Yes ! Dit-il en attrapant sa main avant de l'emporter en courant dans les escaliers.

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Ils montèrent les marches rapidement, en se marrant comme des gamins sur le point de faire une grosse bêtise et une fois arrivés devant la porte qui donnait sur le couloir de l'étage, Dean arrêta Castiel qui allait rentrer directement et l'immobilisa contre le battant.

Castiel le regarda, essoufflé, un grand sourire sur les lèvres.

"-Attends deux secondes. Lui dit Dean en glissant sa main dans son cou, reprenant son souffle lui aussi.

"-Qu'est ce qu'il y a ? Dit-il en posant sa main sur la sienne, la tête penchée sur le coté.

Dean approcha alors son visage du sien.

"-Juste pour toi et moi. Chuchota-t-il contre ses lèvres, avant de l'embrasser.

Ce baiser doux et tendre, ce baiser réparateur, leur fit un bien fou. Et les restes de miettes de peur qui étaient restés logés au fond de leur être, fondirent comme neige au soleil, les faisant revenir à leur état précédent, cet état qui les consumait juste avant l'incident. Ils étaient tous les deux, ils s'aimaient et ils allaient bientôt pouvoir se le prouver d'avantage. Une douce excitation prit alors place en leur ventre, leur baiser devint plus sensuel, plus gourmand et c'est le corps rempli de frissons, qu'ils s'interrompirent, en douceur.

"-Humm... J'adore ta version du toi et moi... Dit Castiel à voix basse.

Dean sourit.

"-Tu veux la mienne ?

Dean baissa les yeux sur sa bouche en passant sa langue sur ses lèvres et Castiel profita de l'occasion pour la happer immédiatement. Dean entrouvrit alors un peu plus les lèvres et Castiel suça sa langue un instant, avant d'investir sa bouche et de l'emporter dans un baiser indécent, voluptueux et aérien qui les excita tous les deux à une vitesse fulgurante.

Commençant alors à se sentir étroitement engoncés dans leurs pantalons, ils quittèrent finalement la bouche de l'autre d'un même mouvement, les yeux assombris de désir et se regardèrent un instant, essoufflés.

"-Ta version vaut mille fois la mienne... Souffla Dean, la voix rauque. Tu as du talent... Dit-il un sourire en coin, en caressant sa bouche du bout des doigts.

Castiel rougit et sourit sous ses doigts.

"-J'en ai d'autres... Susurra-t-il en humidifiant ses lèvres, léchant au passage le bout des doigts de Dean, de la pointe de sa langue.

Dean en eut une forte pulsion dans le bas ventre qui le fit trembler et collant son corps contre le sien, il reprit possession de sa bouche.

A présent parfaitement conscients de leur désir partagé, par leurs virilités éveillées pressées l'une contre l'autre, ils se continrent et continuèrent de s'embrasser lentement, tendrement, voulant faire durer les choses, rallonger les minutes pour en savourer chaque seconde. Ils avaient tout leur temps et le savaient alors pourquoi se précipiter hein ? Et puis ils avaient autre chose à faire avant. Mais la vengeance étant un plat qui se mange froid, ils pouvaient prendre leur temps pour ça aussi... Et en cet instant ils étaient d'ailleurs loin de penser à ça !

Dehors, le ciel gronda et soudainement une pluie torrentielle se mit a tomber, suivie très vite par de nouveaux coups de tonnerre, mais tellement absorbés l'un par l'autre, ils ne s'en rendirent même pas compte.

C'est finalement l'arrivée précipitée, en bas, dans l'entrée, d'un jeune couple qui, pour Dean, d'après la voix de la femme, semblait être du premier étage, qu'ils s'interrompirent doucement.

Ils riaient de s'être fait surprendre par l'orage et de se retrouver trempés et montaient à leur étage d'une manière étrange à en croire le son de leurs pas désordonnés.

Dean et Castiel les écoutèrent monter, ne se quittant pas des yeux.

"J'ai envie de toi Bébé" Dit la voix de l'homme.

"Oh moi aussi mais pas ici ! Pas iciiii !" Dit la jeune femme.

Puis, ils passèrent visiblement la porte de leur étage qui se referma derrière eux et Dean et Castiel qui furent enfin de nouveau seuls, sourirent, amusés.

"-Et bien ! Dit Castiel. Je suis sûr que ces escaliers doivent en voir de toutes les couleurs.

"-Je crois aussi. Rit Dean. Il n'y a que des couples ici ! Attends heu... au rez de chaussée... premier ... deuxième.. ouais... étrangement les plus grands appartement sont les nôtres et... c'est sûrement trop haut à monter, trois étages, ça fait fuir les prétendants...

Castiel s'approcha alors de son oreille, la joue contre la sienne :

"-Je peux te garantir que même si tu étais au vingtième étage, j'arriverais en haut avec toujours la même envie de te faire les choses les plus indécentes .. si ce n'est plus encore. Finit-il en faufilant sa main droite sous son tee-shirt, remontant jusqu'à effleurer un téton.

Dean trembla en soupirant à son oreille et ça envoya un telle dose d'excitation dans le bas ventre de Castiel, qu'il en fut surpris lui même.

Son corps réagissait différemment de d'habitude, comme s'il répondait à Dean, au corps de Dean, comme si avec lui au moins, ils parlaient le même langage et s'accordaient parfaitement, c'était dingue.

"-Et si on s'occupait d'en faire voir à la vieille avant que je ne me contrôle plus et qu'il se passe encore des choses pas très catholiques dans ces escaliers ?

"-Hm.. avec plaisir... Dit Dean tout bas.

Castiel releva un sourcil.

"-De quoi ? La vieille ? Ou les escaliers ?

"-Les deux... Dit-il en le regardant avec un sourire carnassier.

Castiel rit.

"-T'es dingue tu le sais ?

"-C'est de ta faute t'as qu'a pas être si... hm... j'aime cette cravate... Dit-il en la saisissant. Très pratique !

Puis, reculant, il tira Castiel vers lui et ouvrit la porte donnant sur le couloir. Enroulant alors la cravate autour de sa main, il rapprocha d'avantage Castiel de lui, avant de lâcher la bande de tissus pour glisser son bras autour de son corps et lui faire passer le palier.

"-On y va ? Dit-il tout bas, amusé, son autre main maintenant toujours la poignée pour garder la porte du couloir ouverte.

"-Allons-y... Piétinons ses grandes illusions de folle. Dit-il en enroulant ses bras autour de son cou. Et qu'elle arrête de fantasmer sur Mon mec cette vieille peau ! Ajouta-t-il mauvais, à l'idée qu'il avait bien failli perdre Dean, pour des conneries, à cause d'elle.

"-Et puis c'est pas comme si c'était une corvée hein ? Dit Dean un sourire en coin.

"-Ah non loin de là ! Dit Castiel avant de resserrer ses bras autour de son cou et d'investir profondément sa bouche en lâchant un long soupir de contentement.

Comprenant que c'était là le top départ de leur "démonstration", Dean referma alors la porte du couloir en la claquant.

Sûr, à ce moment là, que la vieille accourait déjà à sa porte, il remonta sa main libre à l'arrière de la tête de Castiel et commença à les diriger vers l'autre côté du couloir.

L'objectif étant de toute façon d'atteindre l'appartement de Dean, ils n'eurent aucune difficulté à rendre leur jeu très naturel, bien au contraire. Mais bouffés par leur désir, leurs pas ralentissant très vite, ils ne marchaient pratiquement plus quand ils arrivèrent aux abords de la porte de la voisine, oubliant qu'ils étaient avant tout là pour qu'elle profite du spectacle et qu'elle se prenne la réalité en pleine gueule. Cependant, un bruit de frottement derrière la porte, qui leur confirma qu'elle était bien derrière, fixée à son œilleton, les ramena à leur plan et Dean entrouvrit son oeil gauche pour se repérer dans l'espace.

C'est à ce moment là qu'il fit pivoter Castiel pour le plaquer contre le mur face à la porte de la voisine et sa main derrière la tête de son compagnon, malicieusement placée là à cet effet, amorti comme prévu, le choc, que Dean voulu violent pour troubler encore plus la vieille.

Mais ce n'était pas fini, car en cet instant, elle ne voyait que Dean, Dean de dos, pas, qui était face à lui ! Ils continuèrent alors à s'embrasser comme des damnés pendant une minute et Dean finit par retirer sa main de derrière la tête de Castiel, afin de la glisser sur sa hanche et Castiel prit alors la suite des opérations.

Déroulant ses bras d'autour du cou de Dean, il le repoussa légèrement, interrompant leur baiser et Dean fit un demi pas en arrière sans lâcher ses hanches

Ils se regardèrent, excités mais amusés par leur petit jeu et un sourire entendu plus tard, Castiel attrapa Dean par le col de son cuir, retourna leur position et le poussa contre le mur à son tour.

A ce moment précis, un petit bruit sourd se fit entendre derrière Castiel, la vieille venait sûrement de se cogner à la porte en sursautant de surprise, de voir que la deuxième personne était un homme. Et c'est avec un sourire victorieux que Castiel prit les mains de Dean sur ses hanches pour les relever au dessus de sa tête et maintenant ses poignets à une main contre le mur, il posa l'autre sur sa joue avant de se pencher sur lui pour l'embrasser et poursuivre dans son cou.

Dean soupira bruyamment, la tête penchée et tournée vers le coté, les yeux clos, tandis que Castiel se délectait de sa peau. Puis il tourna la tête vers la porte en face et rouvrit alors les yeux, fixant l'œilleton de la vieille, la regardant sans la voir, pour la provoquer et un autre bruit sourd se fit entendre contre sa porte, suivit d'un long frottement. Venait-elle de s'effondrer derrière sa porte ? Ou juste de fuir ?

Dean sourit, moqueur. Il en avait rien à foutre. Elle pouvait bien crever même, pensa-t-il, haineux contre cette vipère.

"-Je crois qu'on vient de la perdre. Dit-il tout bas en enfouissant son visage dans le cou de Castiel.

"-Tant mieux ! Dit Castiel contre son oreille, avant de continuer son périple le long de sa mâchoire.

Dean releva alors la tête, lui rendant l'accès à sa bouche et Castiel la reprit immédiatement d'assaut en grognant de contentement. Puis, il libéra ses poignets de sa prise et Dean enroula ses bras autour de son cou, se décollant d'un pas du mur, quand un fort coup de tonnerre claqua et que toutes les lumières s'éteignirent, les plongeant dans le noir complet...

"-Et merde ! Dit Dean.

"-Oups ! Tu crois que ta voisine vient de claquer à cause de nous et que le patron n'est pas content ? Dit Castiel amusé de ses propres mots.

"-Tu l'appelle le patron toi ?

"-Heu oui... je sais pas.. Ca m'est venu comme ça. Rit-il.

Dean rit à son tour et se décolla de lui avant de chercher une de ses mains à l'aveuglette.

"-Mais où sont...

"-Ah non ce n'est pas ma main ça Dean ! Dit-il en maintenant le plus possible ses mains dans son dos exprès.

"-T'es con. Rit Dean. Tant pis pour toi ! Dit-il en attrapant sa cravate. Allez ! Viens par là !

"-Oui Mon Maître. Dit Castiel d'une voix à la fois chaude et pleine de soumission.

Dean rit à nouveau et se dirigea vers sa porte, sa main gauche devant lui pour la trouver à tâtons.

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"-Putain ! Il fait noir comme dans un four ici ! Dit-il en rentrant dans son appartement, constatant qu'aucune lumière de la rue ne fonctionnait non plus.

"-Tu as peur du noir Dean ?

"-Non mais si ça se trouve on est chez la vieille ! Dit-il en riant.

"-Tu déconnes là hein ?

"-Mais oui t'inquiète ! Y'avait pas de cadavre derrière la porte. Dit-il en continuant de rire. Viens par là.

"-Je te suis où tu veux... j'ai pas envie de casser quelque chose non plus. Dit-il amusé en accrochant ses deux mains aux hanches de Dean devant lui, qui en lâcha sa cravate pour poser sa main sur une des siennes.

Avançant alors dans la direction de son canapé qu'il savait parfaitement où trouver, il guida Castiel en se demandant s'il avait des bougies... et se rappela qu'un jour, Lisa lui en avait donné un paquet qu'elle avait chez elle, de peur que Ben les trouve, un jour ou elle avait lu un article sur des enfants qui s'étaient retrouvés piégés par le feu dans leur appartement après avoir joué avec des bougies d'anniversaire. Cet article l'avait tellement choquée qu'il n'était même pas parvenu à la raisonner en lui disant de les mettre en hauteur, que le gamin ne connaissait pas leur existence...

Toujours est-il, qu'aujourd'hui, pour le coup, il avait donc bien des bougies et ils arrivèrent devant le canapé.

Dean se retourna alors vers Castiel et le fit pivoter dans le bon sens pour le pousser en arrière sur les coussins.

Ce dernier, toujours accroché à sa taille essaya tant bien que mal de le faire venir à lui, mais Dean tint bon sur ses jambes et se recula pour le faire lâcher prise.

"-Donne moi une minute que je trouve des bougies. Dit-il en s'éloignant lentement.

Castiel, un sourire sur le visage, l'entendit retirer sa veste en cuir et la poser quelque part.

"-Mets toi à l'aise ! Dit Dean en entrant dans la cuisine. Mais je t'interdit de retirer cette cravate ! Ajouta-t-il.

Castiel, amusé, retira alors ses mains qui s'étaient justement agrippées à sa cravate en premier lieu et ôta sa veste, qu'il posa sur l'accoudoir à coté de lui.

S'installant alors bien au fond de ce confortable canapé en cuir, qu'il imagina noir, il appuya sa tête en arrière, écoutant Dean farfouiller dans ses placards.

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"-Tu sais qu'on a pas besoin de lumière. Dit-il au bout d'un moment.

"-Si. Dit Dean qui était arrivé derrière lui sans qu'il ne l'entende approcher et le fit sursauter. Je veux te voir. Ajouta-t-il tout près de son oreille.

Castiel sentit ses joues chauffer, c'est vrai que lui aussi, il voulait le voir, découvrir son corps qu'il imaginait humm... Secouant la tête, il souffla silencieusement pour se contenir et Dean alluma une grosse bougie sur une table derrière le canapé, avant de revenir dans sa direction.

Castiel le regarda évoluer en silence dans la douce lueur de la bougie, s'apercevant que ce qui le rendait si silencieux était qu'il n'avait plus ses chaussures, il ôta donc lui aussi les siennes, qu'il poussa des pieds sous la table basse. Et il continua de regarder Dean qui allumait une autre bougie devant lui, sur la télévision et qui vint s'asseoir à ses cotés, sur le canapé, pour en allumer une dernière, qu'il repoussa au milieu de la table basse avant d'y poser aussi le Zippo qu'il avait utiliser.

"-C'est mieux comme ça non ? Dit-il, s'asseyant au fond de sa place en se tournant vers Castiel qui s'était tout se suite rapproché et se penchait à présent vers lui.

"-Beaucoup mieux. Souffla-t-il en accrochant sa main gauche à son cou.

Puis, pivotant sur son genou droit qu'il avait replié, il se retrouva rapidement à califourchon sur ses cuisses.

"-Cass... Dit Dean tout bas alors que Castiel collait son corps au sien d'un mouvement fluide du bassin.

"-Je sais... Dit-il, bien conscient qu'en cet instant, Dean se retrouvait un peu comme devant l'inconnu, un grand mur à franchir. Tu me fais confiance Dean ?

"-Totalement...

"-Et bien détends toi... Laisse moi faire... et profite. Dit-il contre sa bouche avant d'y faufiler sa langue pour lécher la sienne.

"-Cass...

"-Profite Mon Amour... Je te garantis que tu vas aimer... Finit-il par lui dire, faisant bondir le coeur de Dean, avant de l'emporter dans un baiser profond et envoûtant qui fit s'évanouirent toutes ses appréhensions et boosta son excitation.

Était-ce le "Mon Amour" ou le "Tu vas aimer" qui l'avait le plus troublé ? Les deux associés ? Dean n'en savait rien, mais en cet instant il se fichait de tout ce qui n'était pas eux, de tout ce qui n'était pas Castiel et ne désirait qu'une seule chose : LUI, lui lui lui et encore lui ! Lui et ses mains sur lui, lui et sa bouche délicieuse, lui et son souffle chaud sur sa peau, lui et son corps tout entier, LUI... Lui qu'il savait maintenant, aimer comme un dingue depuis le premier regard et dont il ne pourrait plus jamais se passer sans devenir fou de chagrin. Et quand Castiel ondula sur lui en laissant échapper un léger gémissement, pour rien au monde il n'aurait voulu être ailleurs.

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