Titre du chapitre: " I Really Want You" par James Blunt
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Je suppose que vous avez remarqué que chaque titre de chapitre est celui d'une chanson. Vous pouvez retrouver les liens qui vous y mènent sur mon profil où j'ai créé une petite section pour cela ( J'ai pompé sans aucune honte sur Kate Nightingale qui l'a fait avec sa superbe fic "Something").
Bonne lecture!
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9-I Really Want You
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Il fallut encore vingt minutes à Jack pour trouver le courage de sortir du véhicule et se diriger vers la porte d'entrée. Tout au long de cette courte promenade il débattit intérieurement pour savoir s'il devait persévérer dans sa démarche ou bien tourner les talons et partir en courant. Il fit même demi-tour et esquissa quelques pas vers le SUV avant de se forcer à reprendre la tache qu'il s'était fixé. La porte s'ouvrit avant même qu'il ait eu le temps de sonner.
Ianto, l'air amusé se tenait sur le seuil en haussant les sourcils.
-Ça t'a pris pas mal de temps, constata t-il d'un ton un peu railleur.
Le Capitaine laissa échapper un petit rire nerveux.
-Tu savais que j'étais là, répondit-il sur le ton de la conversation, essayant de cacher le fait qu'il se sentait pris au dépourvu.
-C'est difficile de le manquer, répliqua Ianto en désignant les feux bleus lumineux du SUV. De plus Tosh a téléphoné, admit-il avec un petit sourire.
Jack lui lança un regard noir.
-J'aurai dû le savoir, grommela t-il.
-Oui, tu aurais dû. Combien de temps es-tu resté assis dans le SUV ? Une heure? J'étais sur le point d'appeler sur ton mobile pour te demander de prendre une décision. Maintenant tu veux entrer ou tu préfères rester là à te tracasser jusqu'à ce que ma voisine la vieille Mrs Gallegan appelle la police...ou lâche sa légion de chats sur toi.
Ianto avait l'air tellement pince-sans-rire que le Capitaine se demanda s'il plaisantait vraiment. Il décida de ne pas prendre de risque et accepta rapidement l'invitation. Il entra à l'intérieur et le jeune homme le soulagea de son manteau gris qu'il suspendit soigneusement au portemanteau près de la porte. Jack le suivit dans l'appartement, un peu gêné, regardant autour de lui avec curiosité. Ianto avait été à maintes reprises dans les quartiers personnels de Jack sous la trappe de son bureau mais ce dernier n'était jamais venu chez lui jusqu'à présent.
L'appartement était petit mais confortable. Plus modeste que celui spacieux d'Owen ou l'appartement moderne de Tosh. Il était composé d'un petit vestibule, un salon, une cuisine/salle à manger et un couloir qui conduisait, du moins Jack le présumait à la chambre et au dressing. C'était pratique et idéal pour un célibataire, avec peut-être un côté un peu spartiate. On sentait que l'occupant des lieux n'était pas souvent à la maison.
Il suivit Ianto dans la petite cuisine. Le jeune homme lui désigna un tabouret, l'invitant à s'assoir pendant qu'il se dirigeait vers la machine à café. Il commença à moudre les grains sans se donner la peine de lui proposer. Il y avait déjà deux tasses dans l'évier. Manifestement Gwen s'était accordée une trêve dans le régime sans café qu'ils subissaient. Owen allait être mort de jalousie.
Jack l'observa, remarquant la différence entre Ianto au Hub et Ianto chez lui. Il semblait qu'à la maison l'archiviste préférait porter des tenues plus décontractées. Au Hub, il était toujours sur son trente-et-un mais là il était absolument sexy dans une chemise à manches Raglan et un jean baggy déchiré et délavé, les jambes si longues qu'il avait remonté le bas de son pantalon qui retombait sur ses pieds nus.
Ianto sentit le regard de l'autre homme sur lui et se retourna en haussant les sourcils. Jack sourit de toutes ses dents, nullement décontenancé de s'être fait prendre en train de le reluquer. Le jeune homme leva les yeux au ciel et retourna à son breuvage en marmonnant entre ses dents quelque chose au sujet de la lubricité du Capitaine.
Quelques instants plus tard il présenta à l'immortel une tasse de café odorant, noir et très chaud. Jack respira l'arome délicieux et s'empressa d'en prendre une gorgée en grognant de satisfaction alors même que le breuvage lui brulait la langue.
Ianto secoua la tête avec amusement.
-Alors, que me vaut le plaisir, monsieur? S'enquit-il poliment mais fermement, encourageant ainsi Jack à lui révéler le but de sa visite impromptue.
-Je...heu...Jack s'éclaircit la gorge. C'est...J'ai besoin de te parler.
Cela sonnait grave et péremptoire, même à ses propres oreilles.
Le jeune homme le dévisagea dans l'expectative.
-Au sujet de quoi? Le pressa t-il en sirotant son propre café, une fesse posée sur le plan de travail derrière lui, faisant face à Jack perché sur un tabouret. Même s'il avait adopté une attitude détendue son visage restait fermé. Jack poussa un gros soupir.
-Je voulais m'excuser, lâcha t-il avec peine.
L'archiviste le regarda comme s'il lui avait poussé une deuxième tête et le Capitaine se cacha derrière sa tasse. Cependant Ianto n'était pas plus que ça impressionné par l'effort apparemment monumental qu'il avait fallu au capitaine pour dire ces mots. À son avis des excuses sincères ne devaient pas être si difficiles à prononcer.
-Afin que les choses soient claires tu t'excuses pour quoi en particulier? Demanda t-il d'un ton coupant, entre sarcasme et curiosité.
Le Capitaine le regarda avec incrédulité. Toutefois le jeune homme ne sembla pas intimidé et le fixa calmement dans l'expectative.
-Bon, d'accord! Lacha Jack. Je suis désolé pour tout. Pour ne pas t'avoir écouté, pour m'être disputé avec toi, pour avoir surprotégé Gwen, pour m'être déchargé de Flat Holm sur toi seul, pour n'avoir pas fait confiance à ton jugement. Il énuméra ses torts dans une harangue explosive mais sincère. Sa voix perdait du volume à chaque déclaration. Il finit d'un ton plus bas,...et pour t'avoir laissé tomber, admit-il finalement d'un air défait.
Ianto le dévisagea, perplexe. Pourquoi était-il si difficile de rester fâché contre lui? Il aurait voulu être encore furieux. Lors de leur dernière dispute Jack l'avait insulté et humilié. Et si Ianto n'était pas tombé dans le panneau, n'avait pas accordé de crédit aux mots cuisants de Jack ils l'avaient néanmoins blessé. Quand Tosh l'avait appelé pour le prévenir que Jack allait débarquer Ianto avait préparé l'arsenal de paroles cinglantes qu'il s'était retenu de jeter au visage de l'autre homme quand il avait quitté le bureau quatre jours plus tôt. Mais maintenant il n'en trouvait plus l'envie.
-Je suis désolé que cela ait dégénéré ainsi mais je ne le suis pas pour mes actions. Tu dois comprendre que tu ne m'as pas laissé le choix. Tu n'as pas un caractère très facile, déclara le Gallois se radoucissant.
-Je sais, je sais. J'étais trop entêté pour admettre que je me trompais mais là je te le répète, Ianto, j'avais tort et je m'excuse, s'amenda le Capitaine vraiment contrit.
Le jeune homme acquiesça et souffla doucement. La tension dans ses épaules se relâcha. Cela n'était pas une trop mauvaise soirée. Il avait eu deux invités inattendus et avait arrangé les choses avec les deux parties impliquées dans sa situation stressante.
Ils burent leurs cafés dans un silence confortable avant que Jack ne brise le silence.
-Gwen m'a dit que tu avais trouvé un moyen de l'inclure dans le projet de Flat Holm.
-Je n'ai pas besoin de trouver un moyen de l'inclure. Il y a assez de travail pour tout le monde.
Ce n'était pas une accusation, juste une constatation.
Jack parvint à grimacer un sourire, l'air coupable.
-Je sais que tu as fais plus que ta part du boulot mais je pense que nous pouvons réparer ça.
-Tu veux dire au sujet de Gwen qui a tout dit à Owen et Tosh. Je pensais que tu serais contre. Je m'étais préparé à une autre confrontation épuisante et peut-être même une dose de Retcon.
-Je suis toujours réticent mais je reconnais que tout ça n'aurait pas dû être secret au départ. D'autre part les archives ne vont pas survivre longtemps sans toi, plaisanta Jack à demi.
Ianto pâlit.
-C'est grave à ce point ?
-Ne t'inquiète pas, je vous ai épargnés, toi et Owen et je l'ai privé de corvée d'archivage. C'est principalement Tosh qui s'en charge. Elle est la seule qui a une vague compréhension de ton système de classement, lui assura Jack.
-Je t'en prie, dis-moi que je ne suis plus suspendu ?
Il se demanda si son ton n'était pas un peu trop implorant mais son précieux archivage était en jeu.
Jack rit.
-Oui, tu peux revenir quand tu veux. Cependant je pense que tu devrais prendre un congé. Tu es tout le temps au Hub. Une petite pause ne te ferait pas de mal.
-Encore dix jours seul à contempler ce papier peint franchement atroce, très peu pour moi! Je n'ai même pas la télé. Travailler pour Torchwood ne laisse pas beaucoup de temps pour les loisirs, ni même pour avoir une vie sociale, déclara le Gallois avec dérision en ramassant les tasses vides pour les déposer dans l'évier. Ce soir j'ai eu plus de visites que je n'en ai eu depuis mon retour de Londres.
-En parlant de vie sociale, j'ai appris que tu étais ami avec Rhys.
Il y avait un petit sifflement dans sa voix quand il prononça le prénom de l'autre homme mais il feignit l'innocence. Soit Ianto ne voulut pas le remarquer, soit il choisit de l'ignorer.
-Qu'y a t-il d'étonnant à ça? C'est un type sympa, répondit le jeune homme d'un ton évasif en se retournant vers l'évier. Il commença à verser du produit vaisselle sur une lavette.
-Ouais, un type sympa. Il est nul, niais et lourdingue, comment tu peux le supporter?
-C'est drôle, il me demande la même chose à ton sujet, rétorqua Ianto pince-sans-rire.
Il n'avait pas besoin de se retourner pour savoir que Jack était en train de le fusiller du regard. Il pouvait l'imaginer sans aucun problème.
-Qu'est-ce que ça veut dire ? Demanda Jack froidement.
Ianto haussa les épaules avec désinvolture tout en lavant les tasses à café.
-Ça veut dire que vous avez tous les deux bien plus en commun que vous ne voulez l'admettre.
-Oh, et en quoi nous nous ressemblons, je t'en prie ?
L'outrage injustifié dans la voix de Jack commença à irriter Ianto. Si cela le dérangeait tant pourquoi le Capitaine avait-il abordé le sujet?
-Vous êtes tous les deux des têtes de cochon, vous doutez de vous et vous êtes des idiots possessifs. Et aussi vous aimez le même type de personne, répondit le jeune homme avec simplicité. La dernière pointe se referait manifestement aux deux hommes courant après le même jupon, à savoir Gwen.
Jack se sentit plus qu'offensé. Il prit l'insinuation bien au delà de sa signification première.
-De quel type de personne tu veux parler?! Oh, je vois, vous deux, Rhys et toi vous êtes proches, hein? Dis-moi, à quel point vous vous connaissez ? Au sens biblique comme avec moi?
Ianto se retourna pour voir Jack le regarder d'un air furieux, le front plissé, les narines dilatées, les bras croisés sur la poitrine, les muscles de sa mâchoire tendus comme un ressort. Le Gallois ne se laissa pas intimider et lui retourna son regard sans sourciller.
-C'est quoi ce bordel? Bafouilla t-il avec indignation. Qu'est-ce que ça veut dire?
-Tu as noté ses mesures dans ton journal ou bien il est trop prude et débile pour te laisser te servir de ton chronomètre et de ton mètre à mesurer?
Avant que le Capitaine n'ait eu le temps de s'en rendre compte une lavette mouillée lui claqua au travers du visage.
-Arrête! Arrête tout de suite, bonté divine, Jack! Hurla Ianto furieux en pointant sur lui un index accusateur. Je ne sais pas d'où tu sors ces accusations ridicules, mais si c'est tout ce que tu as à dire tu peux prendre la porte. Fous le camp de là. Je te reverrais dans dix jours.
Ils se fixèrent dans les yeux avec fureur, le cœur battant. Ianto fut le premier à détourner le regard en poussant un gros soupir. Secouant la tête il se retourna et agrippa l'évier tellement fort que ses articulations blanchirent. Il jura en gallois dans sa barbe. Comment cela était-il arrivé? Pourquoi est-ce que c'était si facile pour eux de se disputer? Pourquoi ces chamailleries absurdes qui finissaient toujours par s'envenimer?
La colère de Jack s'éteignit aussi vite qu'elle était apparu. Il se sentit ridicule d'avoir pensé ces choses, sans parler du fait de les avoir exprimées. Rhys n'était manifestement pas attiré par les hommes et le seul mâle pour lequel Ianto avait jamais montré de l'intérêt était lui, Jack. C'était une accusation infondée, tirée par les cheveux et complètement déplacée. Il n'était pas venu ici ce soir pour se battre avec Ianto. Il était venu pour s'excuser, pour prouver qu'il avait une compréhension profonde du raisonnement et des émotions qui avaient guidé les actions du jeune homme. Il soupira.
-Ianto, je suis désolé, je ne voulais pas dire ça, exprima t-il d'un ton sincère.
-Je ne veux pas continuer à me battre avec toi, Jack, déclara le jeune homme fatigué en se retournant pour faire de nouveau face au capitaine.
-Je sais, moi non plus. Crois-moi, je ne suis pas venu ici pour me disputer. Je ne sais pas ce qui m'a pris, c'était complètement injustifié. J'ai dépassé les bornes, admit Jack un peu de mauvaise grâce. Je...chais pas...
Il cherchait avec peine les mots appropriés pour excuser son comportement.
-Je comprends, Jack, tu as l'impression que Rhys te marche sur les pieds mais il n'en est rien. Jack le regarda d'un air septique. Du moins pas volontairement, je ne le pense pas.
-Il m'énerve. En plus je croyais qu'il détestait tout ce qui touchait à Torchwood, ses membres inclus, argumenta Jack.
Ianto leva les yeux au ciel.
-Ce n'est pas comme si nous étions meilleurs amis mais nous pouvons nous comprendre à plusieurs niveaux. D'autre part il ne déteste personne de Torchwood. Il s'entend assez bien avec Tosh et il est neutre au sujet d'Owen parce qu'il ne sait pas qu'il a eu une liaison avec sa femme, bien sûr.
-Si je comprends bien il a juste une dent contre moi. En fait il ne peut pas m'encadrer? C'est injuste! S'écria Jack indigné.
-Ne sois pas si mélodramatique. Ce n'est pas comme si tu te souciais vraiment de ce qu'il pense de toi. Tu n'es pas la personne la plus facile du monde, Jack et tu es parfaitement conscient de ce que les autres hommes pensent de toi...enfin, je veux dire les hommes qui ne sont pas, heu.. affectés par ton charme et ne sont pas, euh...sensibles à tes phéromones.
Jack lui octroya un large sourire et haussa les sourcils d'un air suggestif. Ianto lui adressa un regard noir.
-Obsédé ! Cela fit rire Jack. Somme toute je pense que pour lui je suis la dernière frontière. Jack le regarda perplexe. Ne te méprend pas. Il compatit de tout cœur à ma situation difficile qui fait que je doive te supporter, le taquina Ianto. Mais je crois qu'en fait il se dit que si tu couches avec moi et que je continue à te garder en conséquence occupé et satisfait tu ne feras pas des avances à Gwen. Il a peur que si tu lui proposes elle ne dise pas non. C'est une crainte que je peux comprendre. Nous nous accordons sur plusieurs plans. On dit que la tristesse aime la compagnie. Enfin, ce genre de conneries, expliqua Ianto du mieux qu'il put pour faire comprendre à l'immortel sa relation avec Rhys.
Il fut heureux que Jack ne cherchât pas à sauver la face. Qu'il ne prétende pas qu'il ne le ferait ou que ça n'arriverait jamais. Parce qu'aucun d'eux ne pouvait en être certain; Si Gwen était allée vers Jack au lieu d'Owen après la mission aux Brecon Beacons, qui peut affirmer qu'il ne se serait pas retrouvé au lit avec elle ? Et il n'y avait aucune assurance que s'il ne baisait pas plus ou moins régulièrement avec Ianto il n'aurait pas interrompu le mariage et enlevé la mariée.
Mais tous ces "si" étaient vains car cela n'était pas arrivé. Ce dont Jack était sûr à présent c'était que les choses s'étaient passées comme elles devaient l'être et qu'en aucun cas, aujourd'hui, il ne souhaitait qu'elle aient été différentes.
Il essaya de détendre l'atmosphère.
-Oh, donc c'est comme ça! Je suis certain que tu as fais de ton mieux pour l'assurer que tu étais plus que capable de détourner mon attention pour m'empêcher de sauter sa bonne femme, déclara t-il avec un grand sourire en haussant les sourcils d'un air moqueur.
Ianto émit un rire sans joie.
-À ce moment je doutais de mes capacités à garder ton attention, physiquement et autre, admit-il le regard tourné vers le bas. J'étais certain d'avoir fichu en l'air notre petite réconciliation de l'autre soir.
Jack fronça les sourcils et sans aucune arrière-pensée se leva et contourna le plan de travail. Il souleva le menton du jeune homme.
-Tu n'as rien foutu en l'air. Tu m'as donné un coup de semonce et permis de voir les choses avec du recul. J'avais besoin que quelqu'un me ramène à la raison et comme toujours tu l'as fais de manière appropriée.. Je t'en remercie et je suis désolé d'avoir été si dur avec toi, dit Jack avec sincérité en concluant ses excuses par un chaste baiser sur les lèvres de l'autre homme.
A ce contact toute la douleur, la colère et la frustration fondirent comme neige au soleil. Ianto passa les bras autour du cou de Jack qui prit cela comme une invitation à approfondir le baiser.
Ils gémirent en s'embrassant. Le bruit montant de leur gorge fit sourire Jack et frissonner Ianto. Qu'est-ce que cet homme avait de spécial? S'étonna le Gallois. Pourquoi la vie ne semblait la peine d'être vécue que quand il était en présence de Jack? Pourquoi est-ce qu'un seul sourire de cet homme pouvait le persuader de faire n'importe quoi? Pourquoi est-ce que son seul contact atténuait ses souffrances ? Le capitaine avait tellement de pouvoir sur lui que cela lui faisait peur.
Quand il était avec Jack il n'avait jamais le contrôle. Il laissait toujours les rênes à l'autre homme. Il lui faisait implicitement confiance et avait toujours été heureux de s'abandonner à lui. Maintenant, à la lumière des derniers événements il ne pouvait s'empêcher de se demander s'il avait même un minimum de pouvoir sur Jack. Ce dernier le désirait-il comme lui le désirait? Lui faisait-il autant confiance que lui le faisait?
Au soulagement de Jack à leur réconciliation se mêlait maintenant la flamme de la passion. Elle se révélait dans la sensation de la bouche de Ianto ouverte sous sa langue quémandeuse, la dureté de l'autre homme pressée contre sa propre érection, les fesses de Ianto qu'il malaxait entre ses doigts. Il débattit mentalement pour savoir s'il allait le soulever sur le comptoir ou bien grimper avec lui sur le plan de travail quand il sentit un changement chez le jeune homme.
Leurs effusions perdirent de leur enthousiasme. Jack pensa que Ianto voulait peut-être y aller doucement. Dans ce cas c'était bien pour lui. Juste quand il se calmait et passait à un mode plus langoureux l'approche de Ianto changea. Il commença à pousser sa langue sur celle de Jack, essayant d'inverser les rôles et prendre la commande du baiser. Jack le contra instinctivement en parant et boquant malicieusement la langue de l'autre homme. Un grognement de frustration fut le seul avertissement qu'il obtint avant que Ianto les fasse se retourner et le pressât de nouveau contre le comptoir. Le Capitaine utilisa son avantage en poids et taille pour faire reculer à son tour l'archiviste et le presser contre le plan de travail, utilisant sa masse corporelle de façon à ce que Ianto n'ait d'autre choix qu'incliner son torse en arrière ce qui fit que Jack reprit le dessus. Il poussa sa langue dans la gorge du jeune homme et frotta ses hanches contre l'aine de ce dernier, dominant chaque aspect de leur étreinte avec un large sourire triomphant.
Cependant sa victoire fut de courte durée. Le Gallois interrompit brusquement le baiser.
-Ianto? S'enquit Jack perplexe.
Le jeune homme fronça les sourcils, haletant légèrement. Il jeta au capitaine un regard pénétrant. Mais il y avait quelque chose d'autre dans ses yeux, quelque chose de cru, presque implorant, un vacillement fugace. Le regard de Ianto se durcit et afficha une ferme détermination.
-Fais-moi confiance, quémanda t-il d'une voix que la passion rendait rauque.
C'était à la fois une question, une demande, une supplique et beaucoup d'autre chose encore. Il y avait tant d'implications dans ces mots à tous les niveaux de leurs interactions. C'était une simple requête et Jack découvrit qu'il ne pouvait ni ne voulait la refuser. Il avait promis d'être plus réceptif, de prendre en compte les besoins de Ianto. Maintenant il réalisait que cet engagement devait être tenu dans et hors du lit et que si Ianto voulait commencer à réaffirmer sa confiance en lui au lit, Jack serait plus qu'heureux de lui donner ce plaisir.
-Je te fais confiance, répondit-il simplement mais fermement sans quitter Ianto du regard.
C'était une réponse, c'était un compromis, c'était une promesse et c'était une reddition.
L'archiviste s'approcha en hésitant un peu. Cette fois Jack le laissa donner le ton. Quand la langue du jeune homme effleura ses lèvres il les écarta sans résistance, quand les bras de Ianto s''enroulèrent autour de lui il fondit dans l'étreinte. Son abandon librement donné fit soupirer l'autre homme de plaisir.
Jack se laissa guider au travers de l'appartement jusqu'à la chambre et déshabiller. Quand Ianto le poussa il tomba sur le lit sans protestation, regardant le jeune homme se dévêtir.
L'archiviste grimpa sur lui. Son contact était sûr, ferme, dominant mais pas exigeant. Avec une clarté saisissante Jack reconnut l'intention derrière les gestes. Les baisers insistants, la cuisse entre ses jambes, l'érection frottant contre sa hanche, la main fouillant entre ses fesses. C'étaient les caresses d'un amant revendiquant son compagnon de lit et pour la première fois en pratiquement cent ans Jack se laissa prendre.
Ianto n'avait pas été celui qui pénètre pendant les rapports sexuels, pas depuis Lisa. Son seul partenaire après elle avait été Jack et ce dernier avait toujours été au-dessus. Le Gallois avait presque oublié la sensation éprouvée à pousser dans cette chaleur insupportable, de sentir les muscles se contracter autour de lui. Oubliée aussi la sensation des jambes de son partenaire nouées autour de sa taille, les ongles raclant son dos, être celui qui pousse toujours plus profond pour arracher des cris de plaisir à son partenaire tout en l'amenant à s'abandonner au plaisir. Il avait oublié ce que c'était de déverser son sperme dans un autre corps vibrant au lieu de le voir refroidir et sécher sur son propre ventre.
C'était une stimulation sexuelle étourdissante, mais plus que le soulagement physique il ressentait une euphorie qui était bien plus gratifiante. Jack lui avait fait confiance pour adopter une position vulnérable et placé son confort et son plaisir entre les mains de Ianto. Cette simple pensée enflamma de nouveau la libido du jeune homme. Avant que l'un ou l'autre n'émerge de sa brume orgasmique il entreprit de raviver leur désir sans intermède avant le second acte.
L'expérience s'apparentait à une renaissance pour Jack. Il n'était vierge dans aucun aspect du sexe et loin d'être chaste. Mais cela faisait plus d'un siècle qu'il n'avait pas permis à un autre homme de le pénétrer. Le seul homme avec qui il aurait accepté de se retrouver dans cette position vulnérable aurait été le Docteur mais le Seigneur du Temps n'avait pas été tenté d'avoir des relations sexuelles avec lui malgré les efforts qu'avait déployé le capitaine pour cela.
S'il s'était souvenu qu'être étiré et rempli était si bon, qu'avoir sa prostate percutée jusqu'à ce qu'il explose était si époustouflant, s'il s'était souvenu à quel point c'était libérateur de rester étendu et de s'accrocher en étant labouré dans le lit il aurait écarté les jambes pour Ianto depuis longtemps.
Le jeune homme n'avait jamais cessé de le stupéfier. Jusque là Ianto avait été un amant plutôt soumis; Non pas qu'il était passif. Au contraire, il rendait toujours ce qu'il recevait. Il retournait chaque caresse, chaque baiser mais il avait toujours laissé le capitaine mener la danse.
Maintenant Jack venait d'apprendre que quand Ianto tenait les rênes tout ce qu'il pouvait faire c'était s'accrocher et suivre. Le jeune homme était aussi attentionné et efficace quand il menait que quand c'était Jack. Il avait pris le capitaine en gardant toujours à l'esprit le bien-être et le plaisir de ce dernier. Il s'était montré dominant mais ni rude ni exigeant. Le but avait été plus de revendiquer son égalité vis-à-vis de Jack que de le soumettre.
Pour bien enfoncer le clou, au grand amusement du Capitaine, au second round Ianto prouva qu'il était aussi bon à être "dessous" tout en restant dominant. Même quand le capitaine fut enfoui profondément en lui il ne perdit à aucun moment le contrôle. Il commanda tout: L'allure, la profondeur, le moment de leur orgasme. Aussi longtemps que Jack fut disposé à s'abandonner il se montra capable de prendre les rênes, même couché sur le dos.
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Fin du chapitre 9 et à la semaine prochaine pour le dernier!
