Tadadadaaada ! Un nouveau chapitre ! J'ai bien avancé dans l'écriture et je pense qu'il y aura une grosse vingtaine de chapitres !

Merci de me laisser des reviews !

Bonne lecture

7.

Voleurs Patentés ou l'art de se faufiler partout c'est bien… mais ne pas se faire prendre, c'est mieux

La changeline lui créa une magnifique robe noire et très… courte. Tara soupira.

- Non ! Je vais à un enterrement, pas faire strip-tease !

- Qui va faire un strip-tease ? Demanda Cal en entrant, apparemment très intéressé.

La jeune fille marmonna quelque chose de désobligeant vis-à-vis des entités magiques. Il déposa un baiser rapide sur la joue de la jeune fille pendant que la changeline lui confectionnait une autre tenue. Plus décente.

Alors que la changeline terminait de coiffer et de maquiller Tara, ses autres amis arrivèrent. Ils étaient tous prêts et tous très élégants dans leur tenue de deuil.

- C'est horrible quand même cette journée, murmura Mara qui venait d'entrer.

- Oui, acquiesça Tara en serrant sa sœur dans ses bras. Elle songea qu'elle avait déjà perdu son père et sa mère, elle ne voulait pas perdre en plus sa sœur.

Ils s'assirent tous dans le salon de la jeune Héritière, en silence, attendant que le temps passe et qu'on les appelle pour aller à la commémoration. Celle-ci devait avoir lieu dans les grands jardins du palais, là où avait lieu d'ordinaire les Dillutions des membres de la famille impériale.

- J'ai de la peine pour Sulliyan, dit soudain Mara, installée à côté de sa sœur.

Tara soupira.

- C'est celui qui a perdu son frère lors de l'attaque du palais ?

- Oui. Il est à l'Académie. Il est de niveau 6 et les professeurs parlent beaucoup de lui, il est très doué.

- Tu le connais bien ? Demanda Moineau.

- Non… pas vraiment. Mais il m'a souvent donné des conseils pendant des entraînements. C'est vraiment un gentil garçon.

Fabrice frissonna légèrement.

- Moi, je ne sais pas pourquoi mais la duchesse, elle me fait peur.

- J'ai l'impression qu'elle cache un truc terrible, murmura Moineau.

Robin prit la parole à son tour.

- Vous avez vu ses yeux violets ? Même les elfes violets n'ont pas des prunelles si intenses. Ça ne fait pas naturel… vous pensez que ce sont ses vrais yeux ?

Oui, c'était vrai que dit comme ça, la question était un peu étrange.

- Euh… de toute façon, je ne vois pas bien ce que ça change.

Soudain, Moineau tressaillit. Violemment. Elle releva la tête et les dévisagea un à un, presque paniquée.

- Quoi ? Lui demanda Tara, soudain inquiète. Qu'est-ce que tu as ?

Fabrice la secoua.

- Allo Moineau ?

La jeune fille se secoua et regarda Robin.

- Est-ce que tu penses que ce sont ses vrais yeux ?

On la regarda avec étonnement.

- Hein ? Demanda Cal avec… son vocabulaire très développé.

- Non je suis sérieuse, qui pense que c'est la couleur naturelle de ses yeux ?

Ils s'échangèrent des regards avant de se décider à répondre à Moineau. Mara leva la main, Tara aussi, Fabrice et Fafnir firent de même.

- Et alors ? Demanda la naine lorsqu'ils eurent baissé la main. Qu'est-ce que ça change ?

- ça change que c'est peut-être une Avatar.

Il y eut un lourd silence. Pesant.

Que Cal brisa en éclatant de rire.

- Mwahahahahahahahahahaha, mais nooooon Moineau enfin, les avatars ne sont que des légendes ! hahahahahahaha

- Et pourquoi pas ? Je suis bien une descendante de la bête du Lancovit !

Le rire de Cal se brisa. Net. Il posa un regard incrédule et inquiet sur la princesse atteinte de la malédiction :

- Tu es sérieuse là ?

- Euh… demanda Fabrice au grand soulagement de Tara qui ne comprenait pas non plus. Si vous nous expliquiez ?

- C'est quoi un avatar ? Demanda Tara.

Magnanime, Robin commença l'explication du mythe des avatars. Il termina par dire :

- … certains disent qu'on les reconnaît à leurs prunelles violettes et ils seraient rares car il en naîtrait un tous les dix ans maximum.

- Bah mince alors.

- Non mais attends, ce ne sont que des mythes ! Les Avatars n'existent pas ! Reprit Fafnir.

Mara regardait les meilleurs amis de sa sœur en réfléchissant. Non, elle n'avait aucun souvenir de son père… enfin Magister capturant des Avatars… peut-être qu'ils n'étaient vraiment que des légendes… ou alors le maître des Sangraves n'avait pas vu l'utilité de tels êtres.

- De toute façon, qu'ils existent ou pas, que la duchesse machin chose en soit une ou pas, qu'est-ce que ça change ? Demanda Fabrice.

- Bah… rien, reconnut Moineau.

- Alors pourquoi cette panique ? Souffla Cal.

- Mais parce que ça me tracasse de ne pas savoir ! S'agaça Moineau. Si Gwenaëlle Chalousavéris est une Avatar, elle a certainement des pouvoirs que nous ne connaissons pas… donc que les Démons non plus ne connaissent pas !

- Ouiiiii, comprit Tara, ils pourraient être des alliés, des alliés imprévus puisque imprévisibles !

- Non pas que je veuille jouer les rabat-joie, les interrompit Mara, mais rien ne prouve pour le moment qu'elle est vraiment une Avatar.

- C'est vrai, admit Tara, toute euphorie retombée.

- Mais, sourit Cal, heureusement tu as un petit-ami et une sœur génials qui sont des Voleurs !

Moineau acquiesça.

- Vous avez raison, il faut l'espionner d'abord.

- Mais pour l'instant, il faut qu'on aille à la commémoration, leur rappela Tara en se levant.

TD

Après la commémoration, qui sembla interminable à tout le monde, la nouvelle duchesse Chalousavéris fut accaparée longtemps… par des centaines de personnes à ce qui lui sembla. Certains vinrent lui présenter leurs condoléances, d'autres lui témoigner leur sympathie, parfois on la remercia aussi, pour ce que son père avait fait, on lui témoigna beaucoup de choses en réalité. La jeune fille laissa ses amis partir et leur demanda de l'attendre dans sa suite. Elle eut l'impression de parler à toutes les délégations d'Autremonde. Cependant, elle demeura calme et patiente, attentive et douce. Les Pierres Vivantes étaient restées dans son appartement, elle ne pouvait pas prendre le risque que l'Héritière sente leur présence. Mais elle put discuter avec elles par télépathie, c'est ce qui lui permit de tenir. Alors qu'elle prenait le chemin de son appartement, la jeune fille se perdit dans ses pensées et manqua de percuter Isabella Duncan.

Qui était accompagnée de ses trois petits-enfants.

- Oups, s'excusa-t-elle en reculant avant de relever la tête. Je ne vous av…

- Bonjour Damoiselle Gwenaëlle, la salua poliment la Haute Mage en charge de la surveillance terrestre.

- Dame Duncan, je vois que vous vous portez mieux.

- Vous aussi à ce que je vois.

La jeune fille baissa les yeux, se souvenant du malaise qu'elle avait eu lors de l'entrée dans leur univers des Démons. Elle retint difficilement un frisson d'horreur.

- En tout cas, je voulais vous remercier pour ce que vous avez fait. Et laissez-moi vous présenter mes petits-enfants : Tara'tylanhem, Mara' tylanhem et Jar' tylanhem.

L'avatar inclina légèrement la tête devant chaque hériter d'Omois puis reporta son attention sur Dame Duncan.

- J'ai été ravie de vous revoir, mais je dois y aller. Au plaisir. Elle s'inclina avant de les quitter d'un pas rapide mais à une vitesse Humaine normale.

Gwen ne se détendit que lorsque la porte de ses appartements se referma sur elle. Elle laissa alors les larmes couler de ses yeux et ses amis se levèrent. Elle leur fit signe de se taire et de la laisser puis elle s'enfuit dans la salle de bain.

Elle avait perdu tour à tour son père et son premier amour. Ça faisait beaucoup. Beaucoup trop pour une fille de son âge. Elle se dévêtit et alla sous l'élémentaire d'eau.

- Je t'en prie, lui murmura-t-elle, nettoie-moi complètement, purge-moi.

L'eau frémit et lui obéit.

Les Elémentaires, même s'ils étaient sous contrats, devaient obéir aux Avatars. Les Avatars étaient des êtres trop purs, trop proches de la nature pour que les Elémentaires leur résistent. La jeune fille resta un long moment sous l'eau chaude, à pleurer. Lorsqu'elle sentit qu'elle n'en pouvait plus, la jeune fille sortit, laissa l'Elémentaire d'air la sécher puis elle passa un mini short et un tee-shirt. Elle rassembla vaguement ses cheveux en chignon qui quitta la salle de bain, les yeux rougis par ses sanglots. Ses amis étaient toujours là et l'attendaient tranquillement.

- Ho Gwen, la câlina Luciné.

La jeune fille pleura de nouveau. A bout d'un moment, elle finit par se calmer et mit un film. A la fin du film, Arsène commanda à dîner et on leur livra à manger. Evidemment, ce n'était plus les Effrits qui s'en chargeaient. La ville était d'ailleurs encore en période d'essais et on avait du mal à se coordonner sans ces saletés de Démons qui avaient su se rendre indispensables, surtout à Omois.

- Je vais rentrer chez moi, murmura Ulric à la fin du film.

Tout le monde se tourna vers lui.

- Quoi ? Dit Gwenaëlle d'une voix aigu.

- Je n'ai rien à faire ici… je n'ai aucune magie et j'ai failli mourir l'autre jour… cette vie d'aventure n'est pas pour moi.

Ses amis le regardèrent un moment en silence mais ils n'osèrent pas le contredire, c'était son choix, on le comprenait.

- Moi aussi je veux rentrer, murmura-t-elle. Je veux retrouver ma mère et notre petite vie tranquille et insouciante.

Les jumelles la serrèrent un peu plus encore. Au bout d'un moment, la duchesse se retrouva seule dans le salon. Ses amis l'avaient quittée un à un pour aller se coucher. Longtemps après, elle eut le courage de se lever à son tour et elle gagna son lit. Entourée du halo rassurant des Pierres Vivantes, la jeune fille finit par s'endormir.

Ulric quittait Tingapour deux jours plus tard. Gwenaëlle lui demanda de transmettre à sa mère un message. Elle lui demandait simplement de la rejoindre le plus rapidement possible à Tingapour. Maintenant que son père était mort, elle avait plus que jamais besoin d'elle.

La jeune fille quitta le palais dès le départ du commis de cuisine. Les jumelles restèrent au palais mais elles avaient l'impression que plus rien n'avait de saveur. Elles ne retrouvaient plus leurs amis aux cuisines pour le repas de midi, ils ne riaient plus en jouant dans les jardins plus étranges les uns que les autres du palais. Tout leur semblait soudain terne et… sérieux. Elles finirent toutefois par remarquer qu'elles étaient suivies. Parfois elles retrouvaient Sulliyan en ville avec Gwenaëlle lorsqu'elle se sentait bien. La jeune fille sombrait dans une lente et profonde dépression, au grand désarroi de ses amis. Ce jour-là, avec la complicité des pierres vivantes, elles amenèrent leur amie au marché de Tingapour. Ils lui firent visiter des échoppes, ils discutèrent avec des marchands, ils achetèrent quelques trucs sans intérêts mais qui les amusèrent beaucoup… puis soudain, Sulliyan et Gwenaëlle se retournèrent en même temps pour scruter un point derrière eux. Les deux sœurs ne comprirent pas, encore moins lorsque leurs amis se regardèrent et que Gwen hocha la tête gravement. Sans échanger une seule parole, l'apprenti Voleur s'évanouie parmi les passants, ce qui n'était pas très difficile vue le nombre de personnes qui les entourait.

Gwenaëlle vit que les filles allaient parler mais elle fronça les sourcils et celles-ci comprirent qu'elles devaient se taire. La duchesse leur prit à chacune un bras puis avança.

- Nous sommes suivis, murmura-t-elle. Faites comme si le départ de Sulliyan était normal !

A cet instant, le faucongyre (NDA : voir la description dans un des Lexiques de Tara Duncan) – familier depuis quelques semaines de Sulliyan – vola au dessus d'eux. Tendant machinalement la main, le prédateur ailé se posa sur son poing.

- Pourquoi il revient tout seul ? S'étonna Luciné en caressant l'aile brune de l'oiseau.

- Paop vient voir si nous allons bien, tout simplement, sourit Gwenaëlle en faisant un mouvement vers le haut pour que le faucon puisse prendre son envol.

Elles regardèrent quelques instants l'oiseau s'envoler en songeant respectivement que leur ami avait de la chance d'avoir un familier.

Elles entrèrent au bout d'un moment dans une petite échoppe où elles prirent de quoi se restaurer car leur estomac gargouillait. Ensuite, elles passèrent devant des étalages qui présentaient notamment des armes. Et là, la jeune fille s'arrêta. Devant un présentoir Nain, elle admira le travail des artistes. Il fallait reconnaître une qualité aux nains : leurs armes n'avaient pas d'égal. Prenant une dague, la jeune duchesse en admira l'équilibre. Un nain – certainement orfèvre – la vit admirer son travail et il s'approcha.

- Elle s'appelle Ecaille. Face au regard perplexe de l'Humaine, il sourit. Elle est trempée dans du mitril, elle ne peut pas se tordre ni s'oxyder. Elle pourrait être éternelle.

- Pourrait ? S'amusa Gwenaëlle en jouant machinalement avec la garde de l'arme.

- Ha, je vois que vous êtes difficile… mais testez, vous verrez, elle coupe n'importe quoi et surtout, elle ne peut pas blesser son propriétaire. Elle vous reviendra à chaque fois.

- Hum, fit-elle. Combien vaut-elle ?

- Trois crédits-muts or, et franchement, je vous la fais à un prix d'ami.

La jeune fille éclata de rire.

- D'ami pour vous maître nain, cette dague ne vaut pas plus que un crédit-mut argent !

- Pff, vous sous-estimez mon travail ma Dame ! S'amusa-t-il lorsqu'elle entra dans son jeu de négociations. Deux crédit-muts or !

- Deux crédit-muts argent ! Pas plus.

- Un crédit-mut or et je vous offre un fourreau.

La jeune fille plissa les yeux.

- Un en cuir de Vouivre (Nda : Idem, voir lexique d'Autremonde) ?

- Vous êtes vraiment difficile en affaire Damoiselle mais soit. Alors ?

- Alors marché conclut, rit-elle en sortant un crédit-mut or de sa bourse.

- Damoiselle, lui dit-il en lui tendant ses articles, pourrais-je savoir si Ecaille serait bien utilisée ? Voyez-vous, j'ai passé beaucoup de temps à la façonner.

Gwenaëlle savait qu'elle venait de payer une véritable fortune pour une arme. Cependant, elle avait la sensation qu'elle avait été faite pour elle. Elle ne doutait pas que cette lame lui servirait. Elle lui sourit néanmoins avec indulgence.

- Que votre marteau sonne clair !

Et elle disparut dans la foule.

Le nain observa un moment l'endroit où avait disparu sa cliente avant de secouer la tête. Il songea qu'il ne comprendrait jamais les Humains, les femmes en particulier.

Le hor de Luciné se mit à faire de la lumière. Elle le regarda une seconde et sourit.

- Notre ami a retrouvé nos poursuivants… il nous attend à l'auberge des trois Tritons.

Gwenaëlle plissa le nez en entendant ce nom mais elle ne fit pas le moindre commentaire et elle se contenta de suivre ses amies qui semblaient connaître l'endroit. Lorsqu'elles arrivèrent devant l'auberge à l'apparence débonnaire, la duchesse se dit que finalement, ce n'était pas si terrible. Sans trop savoir pourquoi, elle s'était imaginée un lieu limite insalubre.

Mais non.

Elles entrèrent, Gwenaëlle avec une capuche qui couvrait son visage, comme souvent depuis qu'elle était connue comme la fille du duc Chalousavéris. Elle suivit en silence les jumelles qui lui ouvraient le passage. La jeune fille en profita pour jeter un coup d'œil à la taverne qui était propre. La salle n'était pas vide mais il n'y avait pas trop de bruit. La jeune fille retira sa capuche et vit à une table, au fond près d'un piano, Paop, Sulliyan et deux autres personnes qu'elle ne reconnut pas instantanément. Mais lorsque son cerveau comprit, la jeune fille se figea et soupira. Bah tiens, elle était suivie par Mara Duncan, la sœur de l'Héritière, et Cal Dal Salan, le petit-ami de l'Héritière. Mais qu'est-ce qu'elle avait fait à l'univers pour autant approcher les hautes sphères du pouvoir ? Les personnes précisément qu'elle devait éviter si elle voulait rester en vie semblaient chercher à tout prix sa compagnie.

Non non non, Slurk ! Jura-t-elle. Mais ce n'était pas possible ! C'était une coalition de l'univers ou quoi ?!

Cependant, elle suivit les jumelles en silence et s'assit en bout de table, en face de Sulliyan alors que les jumelles étaient assises à sa droite et les Voleurs à sa gauche. Un serveur arriva et prit leur commande. Gwenaëlle ne fit même pas attention à qui commanda et quoi, elle était entièrement concentrée sur les espions.

Personne ne parla en attendant leur commande. Mara régla la note sans broncher – sans doute aux frais de la couronne – et la duchesse baissa les yeux pour voir ce qu'elle tenait dans ses mains. C'était une boisson qu'elle adorait, c'était amusant. C'était de l'alcool chaud et paradoxalement pas très fort mais qui donnait l'impression d'être froid lorsqu'on l'avalait. C'était onctueux et presque mielleux mais cela coûtait horriblement cher et elle avait peu eu l'occasion d'en boire au village. Boire une gorgée lui fit du bien, elle avait oublié combien s'était bon ! Puis Sulliyan prit la parole.

- Bien, maintenant que nous sommes tous là, vous allez nous dire pourquoi vous nous suiviez ?

Les deux compères échangèrent un regard. Ils ne semblaient pas vraiment décidés à leur dire la vérité.

- Pourquoi est-ce qu'ils me suivait, précisa l'Avatar. Non pas je sois paranoïaque… bon d'accord si un peu j'avoue depuis que des Démons ont envahi notre univers mais je ne suis pas folle… qu'est-ce que vous avez contre moi ?

Mara, qui n'était pas très réputée pour sa diplomatie, décida qu'elle en avait assez et lui demanda carrément :

- Est-ce que tu es une Avatar ?

Si ses amis tressaillirent, la duchesse se contenta d'hausser un sourcil mi-surpris, mi-blasé par la question.

- Pourquoi cette question ? Demanda aussitôt Sulliyan.

- Parce que, intervint Cal en fusillant la princesse du regard qui se contenta d'hausser les épaules avant de boire son Skla, nous sommes partagés. Moineau pense que tu es une Avatar, je vous passe les détails de notre discussion mais finalement nous avons décidé que pour en avoir le cœur net, il fallait t'espionner.

- Mettons que je sois une Avatar, ça ne vous a pas traversé l'esprit qu'ayant caché tous les jours de ma vie ma vraie nature, ce n'était pas en me suivant que vous le découvririez ?

- Euh… bah non. Dit Mara franchement. Tout le monde commet des erreurs à un moment. Tu ne peux pas échapper à la règle.

Gwenaëlle scruta le visage de ses amis pour avoir leur avis, regard qu'ils lui rendirent. Au bout d'un moment, elle soupira et termina cul-sec sa boisson.

- Donnez-moi une seule bonne raison de vous dire qui je suis ou pas ? Finit-elle par dire.

Cal et Mara échangèrent un regard circonspect. Elle venait de leur avouer qu'elle était une avatar non ? Tout du moins implicitement. La jeune voleuse montra ses paumes de mains en signe d'ignorance et se fut donc Cal qui prit la décision.

- ça tient en quatre mots : guerre contre les Démons.

Si ses amis étaient scotchés aux paroles de Cal, Gwen leva les yeux au ciel.

- Qu'est-ce qu'un hypothétique Avatar pourrait faire de plus contre les Démons que les sortceliers et autres espèces d'Autremonde seraient incapables de faire ?

- Je ne sais pas, sourit Mara, ironique, nous ne sommes pas des Avatars, à toi de nous le dire !

Elle avait parlé légèrement fort et Gwenaëlle n'apprécia pas qu'elle hausse le ton ainsi. Sans rien laisser transparaître de son inquiétude tout de même, elle demanda aux Pierres Vivantes de créer discrètement autour d'eux un dôme de silence. Qu'on ne puisse pas les entendre en dehors de la table. La seconde suivante, l'air vibra autour d'eux mais ce fut tout. Les Pierres étaient passées maîtresses dans l'art de faire de la magie sans que cela se voit. Cal et Mara échangèrent un regard étonné. Ils avaient senti que quelqu'un faisait de la magie… mais personne n'avait incanté. Ils regardèrent Gwenaëlle avec une nouvelle attention, plus poussée et plus méfiante.

- Très bien, se redressa Gwenaëlle qui en avait assez de cette mascarade. Je vous donne toutes les réponses, peut-être dans le désordres mais je vous laisse faire le tri : oui je suis une Avatar, oui les Avatars existent et ma mère en est une aussi. Non je ne suis pas folle. Non il n'en reste plus beaucoup, beaucoup sont morts sur le coup quand les Démons ont débarqué. Et enfin, évidemment que je vais vous aider à réduire en bouilli ces satanés bestioles !

voila voila ! si vous êtes sage (genre!) je vous mets la suite rapidement :)