Et voilà un nouveau chapitre… le tome 11 (le vrai) de Tara Duncan sort bientôt mais j'espère que vous continuerez à suivre mon histoire quand même !
Merci beaucoup MelleMythologie qui me laisse toujours des commentaires !
Bonne lecture
18.
La Tueuse ou la vengeance est un plat qui se déguste froid
Elle fit la grimace. La jeune fille sentait les objets s'agiter aussi. La puissance démoniaque était plus forte ici que n'importe où. Elle avait marché encore deux jours, ce qui lui avait laissé le temps, avec les objets et les pierres, d'établir un contact avec les âmes prisonnières des deux pierres noires qu'elle avait en paiement. Sauf que les pierres étaient des objets technologiques et ils étaient totalement prisonniers et leur esprit aussi. Avec les objets et les Pierres, elle avait dû ouvrir une brèche pour pouvoir passer son esprit et communiquer avec eux. C'était certes un gros paris et risqué vu leur nombre mais ils pouvaient en réalité contrebalancer facilement s'ils tentaient de l'attaquer. Mais, quand ils comprirent que les objets démoniaques soutenaient l'Humaine, ils se turent, stupéfaits. Pour certains, ils n'avaient pas été arrachés à leur corps depuis très longtemps mais ils savaient tous, toutes les nouvelles âmes, que les objets démoniaques avaient été volés puis cachés par les Humains lors de la Guerre des Failles des milliers d'années auparavant. C'est ce qui permit l'ouverture des discussions. Ces âmes se moquaient bien d'aller au paradis ou sur Outremonde ou où que ce soit, tout ce qu'ils désiraient, c'était ne pas rester dans cette boîte. Etre utilisés et, mieux encore, être utilisés contre les Démons !
Gwenaëlle se fit a réflexion que les Démons étaient vraiment stupides car ils montaient leur propre magie contre eux. Elle apprit aussi que quand les âmes étaient réfractaires à mourir, donc à être utilisés, leur puissance était moindre. Lorsqu'elle demanda ce que cela signifiait, les nouvelles âmes répondirent en souriant (virtuellement mais leur joie presque pas malsaine habita une seconde l'Avatar) que cela décuplait ses pouvoirs par rapport aux autres démons. Là, avec huit mille âmes, elle avait la puissance de ceux qui en avaient trente mille.
Génial !
La première partie de sa mission se passait bien finalement !
Puis elle avait vu le château des démons. Et là, son sourire s'était très vite effacé.
Le château ambulant monstrueux de l'ancien roi s'était modifié. Il n'était plus si… horrible. Même s'il était toujours ambulant. A deux ou trois tatrolls du palais, elle s'était figée, sentant la puissance démoniaque que dégageait l'édifice. Les souffrances des âmes qui y avaient été emprisonnées la firent frémir et des images cauchemardesques emplirent son esprit. Sa nature d'Avatar était mise à mal depuis qu'elle était sur cette planète mais là, la souffrance semblait être un mal quotidien et son esprit succomba aux atrocités. Les objets et les Pierres réagirent heureusement très vite et rompirent le contact entre le monde extérieur et son esprit. Ils détachèrent artificiellement son corps de son âme, le temps qu'elle se ressaisisse. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, de nouveau concentrée, deux larmes coulèrent sur ses joues blafardes de douleur.
- Par les mânes de mes ancêtres, jura-t-elle en serrant les dents, très en colère, je vous jure que je vais leur faire payer !
Et bizarrement, d'ordinaire très sanguinaires, ce furent les âmes qui calmèrent les ardeurs de la jeune fille. Lorsqu'elle fut de nouveau maîtresse de son corps et de ses émotions, la jeune fille prit le chemin du palais. Celui-ci, monté sur des jambes mécaniques à ce qu'on aurait dit et qui étaient repliées pour le moment sur les côtés car le château était sur le sol, ressemblait à un vulgaire château en grosses pierres grisâtre et mal taillées sans logique aucune à ce qu'il semblait dans l'architecture. Il y avait des tours plus hautes les unes que les autres dans sens, entrecoupées par des chemins de ronds et des remparts. Il y avait aussi de grandes fenêtres qui brisaient la monotonie des pierres mais qui détonnaient dans l'esprit moyenâgeux du château car les fenêtres aux contours dorés donnaient une impression d'élégance et d'esthétisme complètement différent. Bref, Gwenaëlle fronça les sourcils et dit pour rire aux Pierres de lui rappeler de ne jamais faire appel à un architecte Démon. Les âmes ne trouvèrent pas cela très drôle et ronchonnèrent, faisant rire ouvertement cette fois Gwenaëlle.
Avant de se jeter dans la gueule du Vrrir, elle sortit la carte qui ne hurla pas son mécontentement cette fois. Non seulement elle savait qu'ils risquaient leur vie s'ils étaient pris mais en plus la carte avait assez de travail depuis quelques jours pour ne pas en rajouter. En plusieurs siècles d'existence, elle n'avait pas autant travaillé qu'au cours de cette unique semaine.
- Alors, tu as le plan du palais ?
- Oui, en grande partie… mais il y a des endroits où je ne peux accéder… sauf si on y entre ou qu'on croise quelqu'un qui peut y aller.
- Non, dans le palais, tu ne cherches aucune information dans la tête des démons, c'est trop dangereux. Le palais est trop puissant.
- D'accord d'accord, ronchonna-t-elle.
- Est-ce que tu pourrais afficher tous les Démons qui sont dans le palais ainsi que leur mouvement ? Demanda Gwenaëlle alors que la carte lui affichait le plan du palais.
Rouvrant un œil, la carte répondit après quelques secondes.
- Euh… je suis une carte, pas un pisteur.
- Et si je te modifie magiquement ? Tu pourrais faire un effort ?
Elle fit mine de réfléchir.
- Meurf… fut sa première réponse. Puis la jeune fille arqua un sourcil perplexe et la carte gronda : ça va ça va ! On va pouvoir s'arranger mais ça va être compliqué ! Il faudrait si possible me laisser une ou deux âmes démoniaques…
La jeune discuta avec les âmes et les Pierres. Deux se portèrent volontaires (une de la Lance et l'autre de la Flûte) et la magie noire de toutes les âmes et des Pierres mélangées frappa la carte.
La magie qui sortait de Gwen n'était pas blanche. Elle ne pouvait l'être que lorsque les pierres et les âmes donnaient à part totalement égale. Mais changer la nature de la carte s'avéra compliqué, et épuisant. Quatre-vingt-six âmes se sacrifièrent – de leur plein gré – en plus des deux autres qui élurent domicile dans la carte. Toutes deux s'éparpillèrent et bientôt sur la carte apparurent des… traces de pas. Les Démons étaient repérés… elle pouvait suivre leur mouvement dans le palais et… il y avait aussi leur nom sur une petite étiquette à côté des pas. Elle regarda la salle du trône et vit qu'il y avait beaucoup de monde… et surtout sa cible qu'elle demanda aux âmes démoniaque de marquer d'une autre couleur. De même pour Archange.
Mouais, évidemment, ils étaient ensemble.
Bon, maintenant il fallait qu'elle se faufile dans le palais, qu'elle trouve tous les endroits que la carte ne pouvait voir et surtout, qu'elle ne se fasse pas prendre. Ce qui était certainement la partie la plus difficile de son plan.
TD
Archange grommela.
Depuis deux jours, des choses… étranges, même pour des Démons, se passaient dans son palais. D'abord, un cuisinier avait disparu deux heures avant de revenir, totalement amnésique. Ils avaient tout essayé, surtout avec de la magie, mais rien n'y avait fait. C'était comme si le Démon Humain n'avait pas eu d'existence. Il ne savait même plus parler ni marcher. Comme si on l'avait totalement réinitialisé. Cela n'inquiétait pas qu'Archange, Gabriel aussi et leur père demanda à son fils de faire des recherches.
En plus du cuisinier, le château refusa de bouger. Le roi avait demandé que l'on aille plus au sud pour trouver un village qui semblait avoir quelques problèmes avec leur agriculture car les habitants manquaient de magie. Sans oublier que la délégation des Effrits devaient arriver et qu'ils devaient les recevoir plus à l'ouest de leur situation actuelle le surlendemain.
Ha oui, et il avait l'impression qu'on l'espionnait. Etrange sensation en vérité, le roi des Démons sentait un regard dans l'ombre posé sur lui. Ce qui n'arrangeait pas du tout son humeur.
C'était pénible d'être un Humain en fait ! Tellement d'émotions, d'hormones ! Franchement pas commode. Suivi par son fidèle Azraël, il entra dans une pièce très importante de son palais. Il réglerait plus tard le problème du Château qui ne voulait pas obéir.
- Ilzaël, s'approcha le roi de sa chef des informations et d'espionnages d'Autremonde, du nouveau ?
Il y avait une petite centaine de Démons qui s'activaient dans la grande salle décorée des dernières technologies. Ils saluaient avec respect leur souverain sans s'arrêter néanmoins. Mais ils avaient l'habitude, Archange venait une à deux fois par jour.
- En effet, Votre Majesté, acquiesça-t-elle en tripatouillant quelques boutons devant elle. Un écran holographique apparut devant eux et elle releva la tête pour lui faire son bilan alors que des images s'animaient. Une délégation Dragonne vient d'arriver sur Autremonde. Il semble que nos pires ennemis aient enfin décidé de venir en aide aux Humains.
- Hum… je ne pensais pas qu'ils iraient aussi rapidement. Les Dragons vivent longtemps, ils étaient tous présents – ou presque – à la dernière guerre… ils n'ont pas la même notion du temps que les Humains…
- Hé bien je pense qu'ils ont eu peur qu'ils fassent la guerre sans eux.
- Et Omois ? Ils font quoi ?
Les images changèrent et il vit sur l'écran Tara, l'Impératrice, l'Imperator… des images d'elfes guerriers, idem pour les lycanthropes…
- L'Impératrice d'Omois semble avoir tous les pouvoirs sur Autremonde. Les troupes d'un peu partout se préparent.
- Vite ?
- Non, à une allure raisonnable.
- Quand attaqueront-ils ?
- Pour l'instant nous n'avons aucune information là-dessus. L'Impératrice attend un signe de notre part, un message ou autre. Ils ne comptent pas attaquer, ils nous craignent. Ils veulent juste être préparés, au cas où.
Quelque chose le dérangeait dans le raisonnement des Humains mais il ne mit pas le doigt dessus. Evidemment, c'était bien ce qu'il espérait, qu'ils ne les attaquent pas.
- Vous avez trouvé Magister ?
- Il a été arrêté par Omois.
- Hein ? Suffoqua le roi. Mais comment ? Quand ?
- Il y a plus d'un mois il me semble. Il a voulu enlever l'Héritière d'Omois mais elle s'est échappée. De ce que l'on sait, c'était pour récupérer les objets démoniaques avant qu'on ne tombe dessus.
- Mais ? Plissa-t-il les yeux.
- Poing-de-feu (c'était le surnom démoniaque de Demiderus) a ri et a affirmé que les objets resteraient où ils sont. Ils étaient à l'abri… de Magister ET des Démons, de nous.
- Oui, sourit le roi, c'est bien dans leur genre. Ils nous disent orgueilleux mais ils feraient mieux de se regarder dans une glace ! C'est leur vanité qui les perdra ! Pour les objets ?
- Nous avons découvert ce matin un endroit, une planète désaffectée, où il y a des résidus de notre magie. Mais rien. Il y avait seulement des… espèces de bestioles encore non répertoriées, qui nous ont attaqués.
- Mais… vous n'avez pas riposté ?
- Lorsque nous avons vu que le Manteau n'était pas là, nous avons voulu partir mais ils ne nous ont pas laissés faire…
- Combien sont morts ?
- Nous étions quinze, treize ont succombé.
- Et des leur ?
- Aucun. Répondit froidement la démone.
- Pardon ? Vous n'avez pas riposté ? S'agaça le roi.
- Evidemment que si ! Sauf que si eux pouvaient nous toucher, nous ne pouvions rien contre eux ! Ce ne sont pas des êtres de notre monde ! Ni du leur !
Le roi réfléchit. Longtemps.
- Qu'est-ce que vous en pensez ?
La Démone soupira et plongea son regard dans celui du roi.
- Je pense que les Humains en savent beaucoup plus que ce que nous voyons. Je pense qu'ils savent que nous les espionnons et qu'ils font de la rétention d'informations.
- Ce serait un peu compliqué non ?
- Peut-être, admit-elle, mais c'est néanmoins ce que je pense.
- Je croyais que nos espions étaient partout ?
- Pas trop près des pouvoirs, surtout à Omois où tout se passe. L'Impératrice, Tara Duncan et Poing-de-feu nous repèreraient rapidement avec notre magie… quant à leurs amis, on ne peut pas les soudoyer… c'est frustrant d'ailleurs !
- Vous pensez que l'objet a été là ?
- Je pense qu'il s'agissait d'un piège.
- Sérieusement ?
- Oui. Sans doute en ont-ils posé d'autres… à leur place c'est ce que j'aurais fait…
- Ils se doutent que nous allons tenter de les reprendre… c'est logique.
- Donc je pense que nous pouvons nous attendre à d'autres surprises de ce genre… elle vit que le roi allait la couper alors elle souffla : oui nous ferons beaucoup plus attention maintenant que nous savons à quoi nous attendre mais nous savons que plusieurs des objets étaient sur Terre. Pour l'instant inaccessible.
- Et la nouvelle amie de Tara ?
- La duchesse Chalousavéris ? On a fini par savoir qu'elle était rentrée chez sa mère, dans un petit village de province.
- Autre chose ?
- Non.
- Alors à demain.
Le roi et son ami Azraël quittèrent la salle des Espions pour trouver celle des Opérations. Là, son premier lieutenant et chef de l'Etat-major lui expliqua que si les vaisseaux avançaient bien, ils avaient un problème avec les âmes démoniaques : les Démons Humains ne pouvaient pas se reproduire assez rapidement pour pallier à la réquisition des âmes. Le roi ordonna donc qu'une planète reste sous leur ancienne forme. Les démones qui auraient plus de cinquante petits en dix ans, ne pourraient être sélectionnées ni son aîné(e). Il fit envoyé l'ordre directement à la deuxième planète où se passait la création de la magie démoniaque. Pour les recherches militaires, ils avaient trouvé une solution pour détruire plus facilement les loups-garous.
C'était un problème qu'Archange avait décidé de régler très vite lorsqu'ils avaient quitté Tadix. Au moins, la révolte de Gabriel lui avait permis de constater que trois espèces poseraient réellement des problèmes : les vampyrs, les elfes et les loups-garous. Ils mirent donc au point une arme anti-lycanthropes. Ils découvrirent qu'ils pouvaient les forcer à reprendre leur forme Humaine. Certes cela nécessitait une injection mais c'était un début. Ils faisaient aussi des recherches pour une arme qui leur serait fatale.
Gwenaëlle était évidemment dans la salle, invisible grâce à un gadget omoissien qu'elle avait apporté. Elle enregistrait avec les pierres vivantes soigneusement toutes ces informations. Cependant, elle fit la grimace. Les chantiers spatiaux étaient sur la planète… six, la dernière. Elle ne pouvait pas y aller.
Slurk !
Elle sortit discrètement sans se faire remarquer.
Archange regarda derrière lui et fronça les sourcils. Azraël suivit son regard ainsi sur son interlocuteur qui se tut.
- Que se passe-t-il Majesté ?
- J'ai cru sentir une présence me frôler…
- C'est impossible, l'informa le militaire. Nous avons installé des détecteurs dans cette pièce. Chaque trace de magie est repérée et analysée.
- Nous n'avons pas encore cette technologie, tenta de le rassurer Azraël.
Le roi fronça les sourcils.
- Certes nous non…
Un étrange silence s'installa puis le premier lieutenant s'agita.
- Sire, dois-je vous rappeler que le château détecterait toute présence Humaine ?
- Non, il détecterait les sortceliers. Et d'ailleurs ça me fait penser que ce château est entré en grève…
- Archange enfin, le raisonna Azraël, si les Humains envoient un espion, déjà je ne sais pas comme il arriverait ici sans se faire repérer mais en plus ils n'oseront pas envoyer quelqu'un sans magie… comment ferait-il ? C'est absurde.
- Vous avez raison mon ami… bien, Lieutenant, autre chose ?
- Guère aujourd'hui Sombre Seigneur.
- Alors à demain.
- Sire, s'inclina-t-il.
Dans les couloirs à présents déserts puisque la nuit était tombée, ils progressèrent en silence, le roi dans ses pensées et son ami respectant sa réflexion. C'est ce qui fut fatal à l'ami du démoniaque souverain.
Evidemment, elle avait rangé le gadget après s'être cachée dans les poutres du plafond dans le couloir du palais. Elle n'avait pas du tout une position confortable, malheureusement elle n'avait pas le choix. Gwenaëlle et compagnie s'étaient dits qu'ils ne pouvaient attaquer l'ami du roi près d'une pièce bondée de Démons même si techniquement le roi lui-même ne pouvait la punir pour faire ce pour quoi elle était payée, la jeune fille préféra ne pas prendre de risque. Avec les âmes, elle avait bidouillé le château pour qu'il se détraque et fasse exactement le contraire ce que désirait le roi. Un sort mineur qui ne puisa que très peu dans ses réserves de magie mais elle ne voulait pas le faire durer, juste attirer Archange dans la salle des machines. Qui était en réalité le cœur – au sens propre et figuré – du château mécanique. Lorsqu'elle les entendit arriver, la jeune fille se laissa tomber sur le sol gracieusement, ne faisant aucun bruit. Elle resta une seconde la tête baissée, une main pour s'équilibrer posée par terre. Le roi et son ami se figèrent, surpris.
- Majesté, le salua-t-elle d'une voix mielleuse et paradoxalement froide.
Les âmes démoniaques du paiement de son commanditaire avaient transformé la Dague en un objet plus complexe. Certes cela en avait consommé un bon millier – à la désolation de Gwenaëlle qui souffrait chaque fois qu'une âme disparaissait – mais ça promettait d'être utile. La Dague, reconvertie en lame cachée dans le protège-poignet (un bout de l'Armure) de son membre gauche, pouvait maintenant aspirer la magie démoniaque de la personne qu'elle transperçait. Un autre bon millier d'âmes avait donc rejoint la Dague pour accueillir les futurs arrivants qui ne seraient sans doute pas commode. Gwenaëlle les transférerait plus tard dans les carrés noirs qui pouvaient contenir chacun cinquante mille âmes.
- Une Tueuse ? S'étonna le roi d'une voix paisible alors que la jeune fille se relevait.
Le monarque la vit s'approcher sans s'inquiéter. Si les Tueuses étaient rares et demandaient beaucoup pour leurs services, il savait aussi qu'elles lui étaient dévouées, enfin dans la mesure où elles pouvaient toujours faire leur devoir, et qu'elles n'acceptaient pas de mission sur sa tête.
Après tout, c'était la seule chose qui lui importait. Il n'eut pas le temps de réagir cependant lorsque la Tueuse entra en action. A quelques pas de lui, elle bougea soudain, plus vite qu'il ne le pensait possible, même pour un Démon. Elle attrapa Azraël par l'épaule avec sa main droite et lui mit un violent coup de point au milieu de la cage thoracique. Il ne comprit pas. Cependant, lorsque le sang commença à couler et que son ami s'affaissa sous la poigne de la Tueuse il voulut intervenir.
- Ne faites pas un geste. Ordonna-t-elle sans lui accorder un regard.
Il fut alors pris de nausées. La magie de son ami quittait son corps et entrait dans l'arme de la Tueuse. Ce qui accélérait sa mort. Au bout d'une longue minute, elle le lâcha, sans état d'âmes et leva son poing. La lame longue d'une trentaine de centimètres et couverte de sang se rétracta. Elle plongea ses incroyables prunelles violettes dans les siennes.
- Je suis désolée pour votre ami, toutes les condoléances.
Il se surprit à scruter son regard. Elle avait la peau très blanche, ce qui se remarquait d'autant plus qu'elle avait des vêtements noirs. Son cuir la moulait parfaitement, mettant en valeur ses formes généreuses. Sans être grande mais musclée, elle était comme toutes les démones Humaines : parfaites. Pourtant, il y avait quelque chose, une chose qu'il n'arriva d'ailleurs pas à identifier, qui la rendait plus belle que les autres femmes qu'il côtoyait au quotidien. Mais il se reprit rapidement. Son examen avait été très rapide.
- Vous n'aviez pas le droit de faire cela.
Elle lui sourit avec sarcasme et arrogance.
- Mais évidemment que si, et vous le savez parfaitement.
Elle avait raison, il le savait ! Mais il aimait bien Azraël.
- Qu'allez-vous faire maintenant ?
- Je vais reprendre ma route, rétorqua-t-elle sans se départir de son sourire.
- Bien. Vous me laissez passer ?
Elle se décala et le laissa passer en inclinant la tête :
- Sire !
Il ouvrit la porte et se tourna vers le couloir pour lui parler.
Mais il ne vit personne. Il n'y avait que le corps de son ami qui s'était vidé de son sang. Il n'essaya pas de le sauver, ça ne servait à rien. Il connaissait la Mort, et il savait aussi parfaitement qu'elle avait emmené son ami.
Il soupira.
Au moins, il avait eu raison sur un point, depuis deux jours, il y avait bien quelqu'un dans le palais qui les espionnait.
Alors ? Cette première rencontre ? Que se passera-t-il après ?
A bientôt
