Et voici un nouveau chapitre des aventures de Gwen ^^

Emrys : euh… je n'ai pas trop compris le rapport avec Julien mais on va dire que c'est moi qui n'ai pas les bonnes références. Ho tu es critique mais c'est mieux ainsi, je n'aime pas qu'on dise amen à tout ^^ à très bientôt

Bonne lecture ^^


27.

Voyage ou les modalités de retour ne sont jamais aussi simples qu'il n'y paraît

Gwenaëlle tenait une tasse de thé. Elle s'était appuyée contre la porte d'entrée de la salle d'entraînement et elle observait le manège bruyant des Démons qui s'agitaient pour réparer ce qu'elle avait si facilement détruit la veille.

- Que fais-tu là ? Murmura à son oreille une voix qu'elle reconnut aussitôt.

Sans se retourner, elle sourit et répondit :

- Je me disais que ma mère était une femme plus sage que je ne le pensais.

- Ha ? Et pourquoi donc ? S'étonna Archange dans son dos.

Gwenaëlle se retourna et plongea son regard dans le sien.

- Parce qu'elle me disait souvent qu'il fallait faire attention. Il est facile de détruire, ça peut se faire en quelques secondes… mais construire est beaucoup plus coûteux et ardu.

Le roi des démons plongea son regard dans ses prunelles violettes. Il ne chercha pas à la toucher et demeura à deux pas d'elle les mains croisées dans son dos. Il savait que sinon il ne résisterait pas à la tentation de la serrer contre lui et de l'embrasser. Cette nuit-là, ils avaient convenu qu'il valait mieux qu'ils restent discrets. Et… d'y aller doucement. Leur relation avait changé en quelques secondes il fallait maintenant qu'ils la construisent, pas à pas, sinon elle risquerait de s'effondrer. Il songea aussi au bonheur d'être un être humain. Les émotions lui semblaient tour à tour une bénédiction et une malédiction. Avant aujourd'hui il considérait l'amour comme un moyen d'apprivoiser les Humains même si c'était risqué et… dangereux. Maintenant, il savait que si cela pouvait le détruire, cela pouvait aussi l'amener là où il n'aurait jamais cru possible d'aller. L'univers qui tournait auparavant autour de sa personne, prenait doucement une autre direction, comme cherchant un nouveau soleil : elle.

- Une femme censée que ta mère…

- D'ailleurs, où est la tienne ?

Il ouvrit la bouche puis la referma, soudain triste. Finalement, il articula :

- Mon père m'a créé par magie et manipulation génétique… c'est la magie ma mère en un sens.

- Je suis désolée pour toi.

- Tu as bien grandi sans ton père et ça n'a pas empêchée ta mère de te rendre heureuse.

Elle lui sourit tendrement.

- C'est vrai.

Il ne trouva rien à ajouter surtout qu'il ne voulait pas lui avouer que son enfance n'avait jamais été heureuse ainsi changea-t-il de sujet, pour lequel d'ailleurs il était parti à la rencontre de la jeune fille.

- Est-ce que tu pourrais entraîner mes troupes ?

La jeune fille fronça les sourcils.

- Comment ça ?

- Nos maîtres d'armes n'ont ni tes connaissances ni tes prédispositions…

Elle fit une grimace et recula d'un pas.

- Il faut que nous retournions sur Autremonde…

Il sentit qu'elle était soudain méfiante. Le prenait-elle pour un renégat ? Un homme sans parole ?

- Je sais, répliqua-t-il sèchement. Ce n'était qu'une suggestion.

Faisant volte-face, il quitta le couloir. La duchesse suivit un moment sa silhouette du regard, un peu étonné par son brusque changement de ton, et soupira lorsqu'elle ne le vit plus.

- Pourquoi vous êtes-vous encore disputés ? S'amusa la voix de Cal dans son dos.

Même si elle devait avouer qu'elle ne l'avait pas entendu approcher, la jeune fille ne sursauta pas. Elle avait senti sa présence. Ainsi se retourna-t-elle doucement.

- Je crois qu'il a mal interprété mes paroles.

Cal haussa un sourcil perplexe. Gwen décida qu'elle ne préférait pas en parler et donc elle changea de sujet.

- Tu me cherchais ?

- Oui…

- Et… ? L'encouragea-t-elle en voyant qu'il ne se décidait pas à parler.

- Est-ce que tu sais quand on rentre ?

Gwenaëlle fit la grimace. C'était justement leur sujet de discorde. Elle répondit néanmoins en cherchant le regard gris pétillant du voleur :

- Sans doute bientôt. Il faudrait contacter l'Impératrice.

Il s'attendait à devoir batailler ferme pour la convaincre… mais il oubliait souvent que Gwen n'était pas Tara. Il fut stoppé dans son élan car il allait se lancer dans sa plaidoirie. L'avatar sourit, amusée, et croisa les bras sur sa poitrine.

- Pourquoi est-ce que vous avez tous tendance à me confondre avec Tara ?

- Euh… c'est vrai… je ne sais pas… parce que vous vous ressemblez… vous êtes sans doute les deux filles les plus puissantes d'Autremonde et… je ne sais pas.

- Elle est blonde, je suis brune, ses cheveux sont plus raides par rapport aux miens qui sont bouclés, j'ai les yeux violets les siens sont bleus, elle est grande et mince et je suis plutôt petite et… pas mince.

A ces mots Cal arqua un sourcil perplexe et la détailla avec… attention.

- Sans vouloir te vexer, je trouve que tu as un physique plus qu'agréable.

La duchesse le regarda avec étonnement puis éclata de rire.

- Merci Cal… je sais que je ne suis pas grosse, je suis musclée mais il n'empêche que Tara est, comme sa sœur d'ailleurs, toute en finesse, moi je suis plus forte.

- Je sais parfaitement que vous êtes différentes mais par moment vous réagissez de la même façon… sans doute à cause de votre puissance et de votre statut, vous vous mettez du poids en plus sur les épaules.

- Pff, n'importe quoi !

Ce fut au tour de Cal de rire.

- Mais oui… en attendant, je trouve que tu es beaucoup plus pragmatique que Tara…

- Elle n'est pas encore habituée à Autremonde voilà tout.

- Si tu veux mon avis, je crains surtout qu'elle attende qu'Autremonde s'adapte à elle.

Gwenaëlle fronça les sourcils. Elle songea un moment qu'il se moquait d'elle mais finit par comprendre que non… quoique si, un peu.

La jeune fille prit son bras et le força à la suivre.

- Allons voir les autres pour savoir ce qu'on fera quand on sera à Omois.

TD

Sa tante venait de leur demander de revenir. Vite. Tara avait prévenu Autremonde qu'elle allait bientôt revenir et que là ils subiraient sa colère pour ne pas s'être pliés à sa volonté. Les armées se déployaient un peu partout sur Autremonde. La guerre contre Omois des autres pays avaient failli éclater mais Magister avait réussi – aussi étonnant que cela puisse paraître – à calmer le jeu. Omois n'était pas responsable, Tara était comme envoûtée et Omois, pas plus que lui, n'avait de contrôle. Il ne fallait surtout pas se diviser à l'aube de l'attaque des Démons. Gwenaëlle lui avait demandé d'espionner les Démons… surtout Archange, elle avait l'impression qu'il cachait quelque chose. Mara soupira. Elle en avait de bonne l'Avatar, elle ne pouvait pas utiliser la magie dans le château sans se faire immédiatement repérer. La duchesse avait souri et lui avait dit qu'elle demanderait à Sulliyan dans ce cas. Mouchée, elle avait évidemment affirmé qu'elle pouvait le faire. Elle marmonna… elle se rendit compte qu'elle avait été manipulée par Gwenaëlle et elle avait réagi exactement comme la duchesse s'y attendait.

Pff en même temps, elle n'allait pas laisser Sulliyan se moquer d'elle – d'accord gentiment mais quand même – parce qu'il était doué.

A l'évocation du meilleur ami de Gwen, la petite princesse sourit mais son cœur se serra. Elle avait passé beaucoup plus de temps à l'Académie des voleurs avec Sulliyan. Il avait un an de plus qu'elle mais son niveau était bien meilleur. Comme le voulait la tradition de l'Académie, les premières années étaient parrainés par des deuxièmes années. Ils gardaient évidemment des liens particuliers avec leur binôme et il n'était pas rare que tous deux deviennent des partenaires officiels. Elle revenait donc dans leurs appartements et, plongée dans ses pensées, elle ne vit pas tout de suite Gwenaëlle. La jeune fille était assise sur le sol, les genoux repliés contre sa poitrine, les bras autour de ses jambes. Elle faillit la percuter.

- Gwen ? Puis elle s'affola et s'accroupit : Gwen, qu'est-ce que tu as ?

L'Avatar ne releva pas la tête mais répondit, le souffle coupé de douleur.

- J'ai… mal.

- Qu'est-ce que je peux faire ?

- Ri… rien. Attendre. Pas parler.

La jeune fille resta donc à côté de Gwen, le regard peiné. Elle savait que mêmes les pierres vivantes ne pouvaient la soulager. Les âmes démoniaques avaient endommagé à jamais une partie de son corps. Au bout de quelques minutes, Eve entra avec Maître Dragosh et Selenba. Tous trois se précipitèrent et Mara leur expliqua la situation. Alors que le silence revenait, Gwenaëlle sentit la douleur diminuer puis disparaître. La jeune fille releva la tête. Sa vue était encore brouillée par ses larmes, elle était blême et des cernes noires ravageaient son visage (les douleurs l'exténuaient à chaque fois) mais elle tenta de les rassurer.

- Ne vous inquiétez pas, ça va déjà mieux. Eve, sais-tu quand nous partons ?

Ce fut Mara qui lui répondit :

- Après-demain, j'ai entendu Archange le dire.

- D'accord…

Elle voulut se lever mais ses jambes refusèrent de lui obéir. Elle ne dut qu'à la rapidité des vampyrs de ne pas retomber sur le sol. Safir la prit promptement dans ses bras, sans lui laisser le temps de protester, et l'emmena à son lit. Selenba la borda et la jeune fille les remercia d'un regard. Lorsque la porte se referma sur le couple, Gwenaëlle dormait déjà.

Sulliyan entra avec sa jovialité habituelle.

- Haaaa, où est Gwenaëlle ?

- Elle dort, répondit calmement Safir.

- Pourquoi ? S'inquiéta le voleur, beaucoup moins joyeux.

Son anxiété brisa le cœur de Mara. Ce n'était pas logique de sa part pourtant. Bah oui, Gwen était la meilleure amie de Sulliyan et ils étaient très proches depuis leur enfance. Cependant, elle ne pouvait s'empêcher de sentir son cœur se serrer lorsqu'elle les voyait ensemble.

Le soir, ils furent conviés à dîner en compagnie du roi et de sa cour. Avec satisfaction, ils remarquèrent que les fidèles du monarque étaient plus nombreux que ce qu'ils avaient espéré. Ils furent tous présentés officiellement, surtout Gwenaëlle qui représentait Omois et donc Autremonde, en tant que Pupille de l'Impératrice et Avatar. Mara, Sulliyan et Cal, en bons voleurs et amis qu'ils étaient, remarquèrent rapidement la distance qu'il y avait entre le roi et l'Avatar. Ce n'était plus, comme au début, un raidissement dû à de la réticence ou à de la haine, là il semblait qu'ils s'évitaient sciemment, comme s'ils s'étaient disputés ou – pire – qu'ils avaient quelque chose à cacher. Les deux garçons échangèrent un regard et se tournèrent vers Mara qui haussa les épaules.

Biiiiiien, ne restait plus qu'à mener une petite enquête. La princesse d'Omois leur avoua alors que Gwenaëlle l'avait chargée d'une mission. Elle apprit que l'Avatar avait chargé Cal de surveiller les mouvements de troupes et Sulliyan les agissements des Espions d'Archange. Ils saisirent tous l'ampleur de la crainte de la jeune fille. Elle n'avait réellement aucune confiance en eux. Un instant, ils en demeurèrent stupéfaits puis ils se rappelèrent qu'elle les avait espionnés un moment et qu'elle avait été sous l'emprise d'âmes folles.

Réflexion faite… ses craintes étaient fondées. Ils se promirent tout de même de découvrir ce qu'il se passait entre le roi des Démons et leur amie.

Après le repas, aussi lourd et cérémonieux qu'à Omois pour les grandes apparitions, où Gwenaëlle était installée à la droite du maître des lieux et où le service était fait dans les plus pures traditions soit le domestique déposait l'assiette sur la gauche de l'invité et il la récupérait sur la droite de celui-ci, le roi proposa d'aller danser. Il tendit galamment sa main à Gwenaëlle qui soupira doucement avant de poser sa main dans celle du roi. La changeline lui avait faite une magnifique robe de taffetas, de soie, de satin et de dentelle qui tombait sur le sol combinant à la perfection la nostalgie de l'époque edwardienne terrienne et la modernité autremondienne. Perchée sur ses talons, elle était magnifique aux couleurs d'Omois, évidemment, avec un petite tiare de Diamant, un peu plus petite que Mara néanmoins qui était bien contente de n'être que seconde derrière Gwen – même si officiellement, c'est elle qui aurait dû représenter Omois.

Tous les convives quittèrent la table pour aller dans la salle de danse, qui était la salle du trône réaménagée. Archange et Gwen se tenait simplement par la main et progressaient en silence. D'un mouvement sûr mais gracieux, d'une douce impulsion, le roi l'obligea à lui faire face lorsqu'ils furent au centre de la piste. Gardant sa main dans la sienne, il passa la seconde au creux de son dos tandis qu'elle posait la sienne sur son épaule. Malgré toute sa volonté, il ne put s'empêcher de frissonner à son contact. Son regard plongea dans le sien. Les premiers violons entamèrent une des valses les plus classiques et les plus connues d'Autremonde et de la Terre : la valse de l'empereur de Johann Strauss.

- Est-ce qu'elle sait danser ? Murmura Cal à ses amies.

- Un peu oui, ricana Sulliyan. Vous les auriez vus avec mon frère pendant les fêtes de village. Magnifiques !

Mara acquiesça.

- Je ne me souviens pas l'avoir vue danser de valse mais… d'après ce que j'ai vu, elle se débrouille bien.

Pendant ce temps, Gwenaëlle murmurait pour ne pas être entendu par d'autres que son cavalier :

- Etait-ce vraiment le bon moment pour faire un tel dîner mondain ?

- Plus que jamais ma Dame, répondit-il froidement. Nous sommes à l'aube d'une guerre, nous avons besoin de partisans. L'hypocrisie mondaine est le meilleur moyen d'y parvenir.

- Pourquoi êtes-vous fâché ? Chuchota-t-elle plus bas encore.

Il fronça les sourcils et la serra un peu plus contre lui.

- Vous aviez raison, madame la duchesse, nous sommes trop différents.

Il vit son regard briller d'étonnement puis de douleur. Il venait vraiment de lui faire de la peine. Cependant, il savait qu'il agissait au mieux. Le roi ne dit plus rien le reste du temps mais il profita de chaque seconde où il la tint au creux de ses bras.

Puis ils se séparèrent.

La duchesse s'approcha de Sulliyan, ses yeux étaient emplis de larmes.

- Sulliyan, danse avec moi s'il te plaît.

- Gwen… lui dit-il gentiment.

- S'il te plaît !

Il ne posa pas d'autres questions et la guida vers la piste.

Alors que tout monde était couché et probablement endormi, Cal, Mara et Sulliyan demandèrent à Moineau et à Fabrice de les rejoindre. Tous les cinq discutèrent de ce qui avait pu se passer entre Gwen et Archange. Moineau fit remarquer que cela semblait avoir commencé après l'entraînement du roi et de Gwen. Peut-être que lui avoir mis ainsi la pâté, fit remarquer Cal avec sa classe naturelle, n'avait pas plu au roi.

Mais dans ce cas, pourquoi est-ce que Gwen semblait si désemparée ?

Ils durent admettre que la réponse à leur question ne trouverait pas de solution ce soir-là et ils se quittèrent pour aller dormir.

Mais jusqu'à leur départ, tout fut étonnement calme. Pas d'agitation, pas de bruit superflu… ce qui les agaça beaucoup. Maître Dragosh mit au point avec Ilzaël les modalités de leur départ avec Madeleine (une sœur d'Archange) et l'Impératrice. Les adolescents restèrent – pour une fois – en dehors de tout.

Quelques heures avant leur départ, au milieu de la nuit, Gwenaëlle quitta leur appartement pour rendre une dernière visite au Juge. Elle fut surprise en entrant dans la pièce d'y trouver Archange qui était installé à côté du Juge, sur son trône. L'Avatar se figea.

- Je savais que tu viendrais.

Il avait murmuré. Avec une tendresse qui stupéfia Gwenaëlle et lui fit monter les larmes dans les yeux. Elle ne bougea pas, elle ne pouvait pas. Le roi des démons s'approcha d'elle sans quitter son regard puis, sans qu'elle ait le temps de réagir, il se pencha et posa délicatement ses lèvres sur les siennes.

- Mais… mais… se recula-t-elle en plongeant son regard dans le sien. Je croyais que…

- Je ne devrais pas Gwen… soupira-t-il. Pourtant je ne peux pas. Gélisor m'en est témoin j'ai essayé ces derniers jours mais… tu reviens toujours dans ma tête. Mes pensées sont constamment tournées vers toi alors que nous préparons une guerre et que mon père comme mon frère se sont ligués contre moi.

- Ho Archange !

Il revint au présent et ses yeux brillèrent de tendresse.

- Non, lui caressa-t-il le visage, plus de larmes. Je veux te voir sourire. Tu es devenue mon soleil Gwenaëlle. Pour le moment, nous allons devoir nous séparer mais dès que cette guerre sera terminée, je te promets que je renonce à tout et que je viens te chercher.

Une larme coula sur sa joue.

- Archange… mon ange démoniaque, murmura-t-elle. Tu ne peux pas renoncer à tout pour moi… je n'ai pas le droit d'exiger cela de toi… et je ne le veux pas. Attendons que cette guerre stupide se termine puis nous verrons ce qu'il en est.

- Ma sage petite femme, rétorqua-t-il simplement avant de l'embrasser avec douceur.

Il essuya ensuite ses larmes et la serra contre lui.

- Reste en vie, murmura-t-il à son oreille. Je t'en prie, ne laisse pas Autremonde ou les Démons te détruire. Je ne serai pas toujours là pour te sauver.

- Archange ?

- Quoi ?

Elle desserra leur étreinte et plongea ses yeux dans les siens.

- Nous nous retrouverons bientôt. Je te le promets.

- Alors va, que peut-il y avoir de pire que de nous séparer ?

Pensant très fort à une femme Française dont elle avait lu l'histoire un jour, Gwen répondit :

- Après nous, le déluge. (NDA : Mme de Pompadour à Louis XV)

Gwenaëlle salua rapidement le Juge qui était resté silencieux tout au long de l'échange puis quitta la pièce sans un regard pour Archange qui suivit sa silhouette des yeux.

TD

Le retour se passa dans le calme et dans un silence presque olympien, ce qui était un miracle en soi surtout quand Cal et Sulliyan se trouvaient au même endroit. Ils atterrirent sur le continent du Tatumalenchivar où le président des Loup-garous les attendait. T'eal et son second patientaient en face de l'ouverture du vaisseau qui venait de les transporter depuis la planète des Démons à Autremonde. Ilzaël et Stein avaient été chargé par le roi d'accompagner et de protéger Gwenaëlle sur Autremonde (même si la deuxième partie de la mission était officieuse).

- Madame la duchesse, s'inclina le loup Alpha.

Gwenaëlle, aux couleurs d'Omois, inclina poliment la tête pendant que ses amis sortaient derrière elle.

- Président.

Elle n'aimait pas beaucoup les lycanthropes, ils n'étaient pas naturels et en plus ils brisaient l'harmonie des choses. Cependant, ce n'était pas le moment de lui faire connaître le fond de sa pensée. Le président, qui ne la voyait que pour la deuxième fois, perçut sa puissance et sentit qu'il valait mieux ne pas s'en faire une ennemie. Il est des personnes ainsi dans ce monde qu'il sentait qu'il ne devait pas mécontenter. Et cette duchesse – en dehors de ses statuts – faisait partie à n'en pas douter de ces personnes.

- Le Maître Sangrave, dit le loup-garou alors qu'ils se mettaient en marche, nous a demandé de vous avertir que rien n'était encore prêt pour contrer l'attaquer de la Reine Noire si elle apparaissait demain. Il faut que vous le contactiez rapidement, ainsi qu'Omois. Les portes-paroles de la guerre (principalement les personnes qui avaient assisté à la première réunion dans les écuries d'Omois) ont tous un numéro d'urgence. L'Impératrice a demandé que vous convoquiez tout le monde pour une session extraordinaire dès votre retour.

- Je vois.

- Nous vous avons fait préparer une indépendance aux abords de la capitale en attendant que vous repartiez pour l'autre continent.

- Je vous en remercie.

Elle était plongée dans ses pensées et fixait le sol sans le voir. T'eal se demanda un instant comment elle pouvait avancer si rapidement et avec une telle fluidité sans voir où elle mettait les pieds.

Après une bonne demi-heure de marche, ils arrivèrent enfin en bordure de la ville. Le président leur montra la maison, modeste mais largement suffisante, puis les quitta en prétextant du travail mais leur fit promettre de le faire appeler au moindre problème. Pendant que tout le monde s'installait dans la maison, Gwenaëlle resta dehors, avec la nature, à réfléchir.

Moineau et Fabrice trouvèrent une bonne heure plus tard Sulliyan qui regardait par une fenêtre.

- Qu'est-ce que tu fais ? Demanda le loup-garou qui tenait sa petite-amie par la main.

- Je la surveille.

Il leur montra du doigt – même si c'était très mal élevé – l'Avatar qui marchait… même si elle semblait plutôt flotter, au milieu des végétaux. D'une main, elle caressait une fleur qui s'épanouissait aussitôt. La changeline avait troqué ses vêtements de cérémonies pour quelque chose de beaucoup plus confortable et pour une fois ses longs cheveux bouclés étaient lâchés dans son dos.

- Que fait-elle ? Murmura la princesse du Lancovit.

- Ce qu'elle fait de mieux. Face au regard perplexe de ses amis, il répondit en souriant légèrement : elle réfléchit à toutes les éventualités.

Reportant leur regard vers la Pupille de l'Impératrice, ils la laissèrent dans ses pensées tout en suivant ses allers et venues.


Alors alors ? ça vous plaît toujours ? à très bientôt