Bonjour à tous ceux qui liront ces lignes. Je ne sais plus si je l'ai précisé (et j'ai la flemme de vérifier, oui je sais c'est mal) mais cette fic se base sur l'anime et se situe, dans la chronologie, après la mort de Greed.
J'espère que ce premier chapitre vous plaira. Svp, un petit commentaire pour me dire si ça vous plaît ou pas ? Bonne lecture.
Chapitre 1
Mustang et Hawkeye étaient en train de parler avec le médecin d'Emma, qui venait aux nouvelles, quand ils entendirent la porte de la chambre s'ouvrir. Ils se retournèrent pour voir le visage troublé d'Edward, et ils se précipitèrent sur lui.
- Il y a un problème ? demanda le colonel.
- Euh… Je sais pas trop en fait.
Il repensa à l'expression de la jeune fille quand elle lui avait posé cette question surprenante, « qui je suis ? ». Son air perdu, l'incompréhension dans son regard, les larmes qui perlaient aux coins de ses paupières. Ca l'avait complètement retourné, sans qu'il comprenne pourquoi. Il attendait tellement de pouvoir enfin savoir qui elle était et ce qui lui était arrivé. Sentant les regards anxieux des autres posés sur lui, il mit ces pensées de côté.
- Docteur, dit-il, elle vient de se réveiller.
- Ah, très bien, je vais aller la voir tout de suite.
- Ed, qu'est-ce qu'il y a ? demanda Riza quand le médecin se fut éloigné.
- On dirait qu'elle a perdu la mémoire.
- Quoi ? rugit Mustang en l'attrapant par le devant de son t-shirt. Tu te moques de moi ?
- Hey, faut vous calmer, répondit le jeune homme en se dégageant. Vous avez fini par péter un câble, c'est ça ?
Le militaire ne répondit même pas, trop furieux, et se mit à faire les cent pas dans le couloir. Le jeune alchimiste ne comprenait rien. Il lança un regard incrédule à Hawkeye qui le prit par l'épaule et l'emmena un peu à l'écart.
- Cette jeune fille s'appelle Emmanuelle Silver, lui expliqua-t-elle. C'est la fille de…
- Attendez… Silver… Comme Arthur Silver ? L'alchimiste d'Etat ? Le Créateur d'ondes ?
- Oui, mais comment est-ce que tu le connais ?
- Comment je… Attendez, lieutenant, le Wavemaker est un génie de la physique et de l'alchimie, il est hyper connu chez les alchimistes. Et c'est sa fille que j'ai sauvée ? C'est génial, avec un peu de chance je pourrais le rencontrer, s'enthousiasma Edward.
- Ne t'emballe pas, le calma Riza. Cet Arthur Silver est un vieil ami du colonel, ils étaient à Ishbal ensemble. Mais depuis la fin de la guerre, il avait totalement coupé les ponts et s'était surtout mis à l'écart du monde. Alors la seule explication pour que sa fille chérie déboule à Central six ans après en cherchant le colonel…
- C'est qu'ils ont des ennuis, comprit Edward, pensif. Ca explique sans doute pourquoi elle a été attaquée, la théorie du vol était bancale de toute façon.
- Tu comprends maintenant pourquoi il a réagi comme ça quand tu lui as dit qu'elle ne se souvenait plus de rien. Il comptait sur elle pour lui expliquer la situation et avoir des nouvelles de son ami.
Le Fullmetal observa son supérieur qui tournait dans le couloir comme un lion en cage, et se mit quelques instants à sa place. Il pouvait comprendre sa réaction, il aurait sûrement réagi encore plus violemment que lui dans cette situation.
- Hey, c'est franchement un colonel d'opérette, lança-t-il soudain à voix haute, malgré le regard du lieutenant. Il ne sait même pas qu'il est très fréquent après un choc pareil de perdre la mémoire, ça s'appelle une amnésie rétrograde… Et le plus souvent, tout rentre dans l'ordre rapidement. Mais il ne sait pas tout ça on dirait, sinon il ne piquerait pas une crise au beau milieu du couloir !
Le « colonel d'opérette » tendait déjà le bras et s'apprêtait à claquer des doigts quand le médecin d'Emma ressortit de la chambre et les invita à entrer. Edward se précipita dans la chambre, suivi des deux militaires.
- Docteur, comment elle va ?
- Tais-toi un peu Fullmetal, intervint Mustang d'un ton dur. Laisse les adultes s'occuper des affaires d'adulte. Docteur, ajouta-t-il en se tournant vers le praticien, comment elle va ?
- Ca valait bien la peine…, marmonna le jeune homme.
- Et bien, c'est assez incroyable en fait. Sa rate a été perforée par le coup de sabre et nous avons dû la lui enlever. Mais sinon, aucun organe important n'a été atteint. Et pour une jeune personne qui a perdu autant de sang et qui a frôlé la mort, elle se porte étonnamment bien. Pas de douleurs ? demanda-t-il à la jeune fille.
- Aucune.
- Je pense qu'elle pourra sortir rapidement. Il faudra seulement bien prendre soin d'elle, veiller à ce qu'elle ne se fatigue pas et surtout qu'elle évite les efforts jusqu'à sa complète cicatrisation. Mais sinon, elle pourra partir dans quelques jours.
- C'est génial ! s'exclama Ed en souriant à Emma.
- Mais attendez…, le coupa Roy, inquiet. Et ses troubles de la mémoire ?
- C'est très courant après ce type de choc : l'agression, la perte sanguine importante, l'opération…
- Mais dans combien de temps elle va retrouver la mémoire ?
- Qui sait… Ca dépend vraiment des gens, et de la volonté qu'elle a de retrouver ses souvenirs. Ca peut être dans une heure, dans une semaine, ou dans un mois.
- Un mois ? s'exclama le militaire, furieux.
- C'est un exemple que je vous donne… Je ne peux rien faire pour ça, ajouta-t-il en haussant les épaules. Moi, je peux juste soigner son corps, mais pour son esprit, ça dépasse mes compétences.
- Merci docteur, lui dit le lieutenant Hawkeye alors qu'il sortait.
- Un mois ? répétait le colonel.
Emma observait ces personnes inconnues qui entouraient son lit et qui parlaient avec son médecin comme si elle n'était pas là. Le jeune homme brun, qui avait l'air d'être un haut-gradé de l'armée, semblait furieux et assez inquiétant. Près de lui, une jeune femme blonde, militaire elle aussi, essayait de le calmer. Elle avait l'air strict et sérieux, mais le regard qu'elle lui avait lancé en entrant était plein de gentillesse. Mais elle ne savait pas qui ils étaient, si elle les connaissait ou pas, qui elle était elle-même… Elle croisa alors le regard doré d'Edward, qui se tenait près d'elle, et se sentit réconfortée. Lui au moins, elle savait qui il était. En tout cas, elle connaissait son nom. Il dut voir l'incompréhension dans ses yeux car il s'assit près de la tête du lit et se pencha vers elle.
- Le type qui grogne, là, c'est le colonel Roy Mustang.
- Roy Mustang, murmura-t-elle.
- Est-ce que son nom te rappelle quelque chose ?
- Non… Pourquoi ? Est-ce que je le connais ?
- Euh… En fait, j'espérais que tu pourrais me le dire, répondit-il à la jeune fille. Mais t'inquiète pas, la rassura-t-il, ça va revenir, c'est pas très important pour l'instant. La femme qui lui passe un savon, c'est le lieutenant Riza Hawkeye. C'est sa nounou, sans elle il est perdu et il fait n'importe quoi…
- Hey nabot ! Tu crois que je t'entends pas ?
- En fait c'est surtout qu'il fout rien quand elle est pas à ses basques pour le forcer à bosser.
- Je vais te cramer, espèce de petit insolent ! cria le colonel en s'apprêtant à claquer des doigts.
- Qui est petit ?
Heureusement le lieutenant veillait et elle abattit le tranchant de sa main sur le poignet de Mustang, juste à temps.
- Colonel, cria-t-elle, il y a de l'oxygène dans cette pièce ! Vous voulez faire exploser tout l'hôpital ?
Le brun la fixa un instant avant de piquer un fard et de se tourner vers la fenêtre, comme si de rien n'était.
- Oh mais alors il n'y a pas que sous la pluie que vous êtes impuissant colonel ? demanda Ed d'un air innocent, retenant un éclat de rire. A l'hôpital aussi, vous êtes impuissant !
- On a compris, Ed.
- Vous êtes sûre lieutenant ? Je suis pas certain qu'il ait bien entendu quand je disais qu'il était imp…
Il ne termina pas sa phrase, voyant le regard assassin d'Hawkeye et surtout sa main qui se portait vers son holster.
- Vous êtes bizarres, dit Emma en les regardant, ne sachant pas trop quoi penser.
Tout le monde se détendit à ces mots et Mustang vint s'asseoir sur le bord du lit de la jeune fille. Il lui fit un sourire désarmant.
- Est-ce que tu es sûre de ne rien te rappeler ?
- Je ne sais même pas comment je m'appelle, répondit sombrement la jeune fille.
- Pour ça je peux t'aider. Ton nom est Emmanuelle Silver, mais je crois qu'on t'appelle Emma.
- Emmanuelle Silver, murmura-t-elle, cherchant dans sa mémoire. Ca ne m'évoque rien…
- Et le nom d'Arthur Silver ? De Mary ? Si je te parle de WaveMaker ?
- Pas si vite, colonel, s'il-vous-plaît. Ca ne me dit rien du tout… Mais vous avez dit Arthur Silver ?
- Oui, ça te revient ?
- Pas du tout, mais je suppose que ça doit être quelqu'un que je connais, peut-être mon père, ou un frère ?
- Effectivement, c'est ton père. Et Mary était ta mère, répondit Roy.
- Etait…
- Putain colonel, vous avez aucun tact ! s'emporta Edward. Y avait un autre moyen pour lui dire que sa mère était morte !
Il se mordit aussitôt la lèvre et regarda Emma qui n'avait pas réagi.
- Et c'est moi qui n'aies aucun tact, hein…
- Pardon Emma, est-ce que ça va ? demanda le Fullmetal.
- Oui, ne t'en fais pas. Je sais que ça devrait me rendre triste, mais je n'ai aucun souvenir de mes parents, je ne sais même pas à quoi ils ressemblent.
Le lieutenant Hawkeye lui tendit alors son portefeuille et, en l'ouvrant, la jeune fille tomba sur la photo d'elle et de sa mère.
- Oh, dit-elle simplement. C'est elle. On se ressemble beaucoup. Mais ça ne m'évoque toujours rien, je ne me sens même pas triste. Est-ce que ça fait de moi quelqu'un de mauvais ? demanda-t-elle soudain, un peu inquiète.
- Mais non, bien sûr que non. Tes émotions sont justes endormies pour l'instant, répondit vivement Mustang.
- Dites-moi colonel, dit la jeune fille après quelques instants de silence. Je voudrais comprendre. Je pense que vous connaissez au moins l'un de mes deux parents, sans doute mon père à la façon dont vous avez prononcé son nom. Et comme vous m'avez dit qu'on m'appelait Emma, au lieu d'Emmanuelle, ça me conforte dans l'idée que vous connaissez ma famille.
Ils la regardèrent tous, étonnés et assez impressionnés. Cette fille venait de se réveiller après une grosse opération, elle avait failli mourir, mais son cerveau et son sens de la déduction fonctionnaient encore à plein régime.
- Euh… Et bien en fait, tu as vu juste. Ton père et moi sommes de vieux amis, on est allés à la guerre ensemble.
- La guerre ? Quelle guerre ? Ishbal ?
- Oui.
- Est-ce que mon père est un militaire ? demanda la jeune femme en regardant les galons du colonel.
- Non, c'est un alchimiste d'Etat.
- Quoi ? Vraiment ?
Mustang sourit. C'était la première vraie réaction d'Emma depuis qu'ils parlaient, et il trouvait que c'était bon signe. Edward se tourna vers elle.
- Et c'est pas n'importe quel alchimiste, lui expliqua le jeune homme. C'est une vraie légende, c'est un génie !
- Oh…
- Ed a raison, confirma Mustang. C'est l'un des meilleurs alchimistes que j'ai côtoyés.
- Est-ce qu'il est à Central lui aussi ? demanda Emma.
- Et bien, commença Mustang, un peu hésitant. Je comptais un peu sur toi pour me le dire.
La jeune fille fronça les sourcils. Au même moment, une infirmière entra et murmura quelques mots à l'oreille du lieutenant Hawkeye qui sortit rapidement. Emma regardait toujours Mustang.
- Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? demanda Emma d'un ton las, se sentant soudain complètement vidée.
- Je ne sais pas, n'importe quoi qui pourrait expliquer pourquoi mon vieil ami s'est coupé du monde depuis la fin de la guerre. Et pourquoi un jour je retrouve sa fille à Central, seule et blessée, qui prononce mon nom…
Le colonel avait presque crié ces derniers morts, mais Emma se contentait de le fixer sans manifester de réaction. Edward s'était levé.
- Hey, vous êtes pas bien de lui parler comme ça ? C'est pas parce que le lieutenant est partie que vous pouvez faire n'importe quoi !
- La ferme, Ed. Te mêle pas de ça !
- Je m'en mêle si je veux, et…
Ils s'interrompirent en constatant que leur interlocutrice s'était tout bonnement endormie, épuisée. Pressés de terminer leur dispute dehors, ils allaient sortir quand Emma rouvrit les yeux.
- Edward, murmura-t-elle d'une voix ensommeillée, tu t'en vas ?
- Oui, il faut que tu te reposes, répondit le blond avec un sourire.
- Tu reviendras ?
- C'est promis. Dors maintenant.
La jeune fille eut à peine le temps d'acquiescer qu'elle s'était déjà rendormie. Les deux hommes sortirent le plus discrètement possible et refermèrent doucement la porte.
- Et bah dis-moi Ed, dit soudain le colonel avec un grand sourire. T'as un ticket !
- Hein ?
- Attends, t'étais là ou pas ? Elle était déçue que tu t'en ailles et t'as demandé de revenir…
- Et alors ? rétorqua le jeune homme en piquant un fard. C'est juste parce que je lui ai sauvé la vie.
- C'est ça…
- Et puis vous lui faites peur et vous lui prenez la tête avec vos questions, alors elle préfère me voir moi, c'est tout.
- Arrête ton char. Mais tu rougis en plus !
- Fermez-la ! s'emporta le jeune homme, de plus en plus rouge.
- Mais pourquoi tu t'énerves ? demanda Roy, franchement surpris. C'est plutôt bien, je me demandais justement pourquoi t'avais pas de copine.
- Ca m'intéresse pas, j'ai autre chose à foutre que de courir les filles, moi !
- Mais attends ! T'as quel âge, Ed ? insista le militaire. 16 ans ? A cet âge, on n'a rien de mieux à faire que de courir les filles.
- Euh, trouver la pierre philosophale, échapper aux… Aux Homonculus, poursuivit-il en baissant la voix, et récupérer nos corps. Ca vous parle ?
- Mais de quoi est-ce que vous parlez ? intervint le lieutenant qui venait de les rejoindre.
- Je disais à Ed qu'il devrait se trouver une copine. Moi à son âge j'étais déjà un vrai tombeur !
Riza se fendit d'un petit reniflement méprisant, l'air pas convaincue. Mustang se retourna vers elle alors qu'Ed se retenait pour ne pas éclater de rire.
- Quoi ? fit le lieutenant d'un air innocent. Le fond de l'air est frais, je sens que je couve un petit rhume, ajouta-t-elle en reniflant de nouveau.
- Vous me prenez pour un imbécile ?
- Moi oui, c'est clair, répondit Edward. Maintenant, lâchez-moi avec ça. J'ai pas l'intention de me trouver de copine, j'ai assez d'emmerdes comme ça. Franchement vous êtes lourd, on dirait Hugues ! D'ailleurs il est où celui-là ?
Le colonel se tendit et entendit Hawkeye soupirer derrière lui.
- Il est en mission, mentit-il en se giflant intérieurement.
- Ah… Je crois que je vais passer voir Madame Hugues et Elysia, ça fait longtemps que je ne l'aie pas vue elle doit avoir vachement grandi.
- Elles sont chez la mère de Gracia, dit précipitamment Mustang. Pour plusieurs semaines.
Il essaya de ne pas faire attention au lieutenant, sentant son regard réprobateur posé sur lui.
- Dommage, ce sera pour une prochaine fois. Bon allez, je vais faire un somme moi je suis claqué, ajouta Ed en les saluant et en se dépêchant de sortir de l'hôpital, récupérant les restes de son éternel manteau.
- Vous avez fait ce que je vous aie demandé ? demanda le colonel quand le Fullmetal se fut un peu éloigné.
- C'est fait, répondit Riza, j'ai envoyé des hommes dans le Kent. Si Arthur Silver y est encore, ils le trouveront.
- Bien, dit Roy en regardant Edward s'en aller.
Plusieurs jours passèrent durant lesquels Mustang et son équipe se relayèrent continuellement au chevet d'Emma. Ils tentaient de lui faire retrouver la mémoire, par tous les moyens. Ils étaient sympathiques, assez amusants, mais leur insistance mettait une pression énorme sur les épaules de la jeune fille qui essayait sans succès de guérir son amnésie. Ils étaient gentils et semblaient se soucier vraiment d'elle, mais elle restait très distante avec eux, sans le faire exprès. Elle avait l'impression de ne pas savoir comment se comporter avec les autres personnes.
Les seuls moments où elle se sentait bien étaient ceux où Ed était là. Le jeune homme lui rendait visite deux fois par jour, virant les sbires du colonel de sa chambre à chaque fois. Lui n'essayait pas de lui faire retrouver ses souvenirs, il ne lui parlait pas de son père ou de sa mère. Il venait juste pour prendre de ses nouvelles et pour la distraire. Il n'y avait qu'avec lui qu'elle se sentait à l'aise, et elle attendait avec impatience ses visites.
- Hey Ed ! chuchota le sous-lieutenant Havock, qui résistait difficilement à l'envie d'allumer une cigarette. Elle est super mignonne cette fille !
Le colonel Mustang était en train de parler avec Emma tandis qu'Edward et Havock, un peu à l'écart, les observaient.
- Elle est trop jeune pour vous, répondit le jeune alchimiste.
- Mais non, c'est pour toi que je dis ça. Remarque, c'est dommage, parce qu'elle est vraiment…
- Havock !
- T'as vu ses yeux ? Et sa mèche blanche, c'est bizarre au début mais en fait ça lui va super bien. Mais on la voit pas bien là, allongée dans le lit. Hey, comment elle est…
- La ferme, lança Edward, agacé.
Il rougit quand Emma le regarda, étonnée. Havock sourit. La jeune femme reporta son attention sur le colonel qui lui parlait de son père. Mais rapidement, son regard dériva vers la fenêtre. Le ciel était bleu, sans un nuage, et elle commençait à vraiment trouver difficile de rester coincée dans cette chambre, surtout par une aussi belle journée. Elle soupira. Mustang, qui cherchait en vain à réveiller sa mémoire, suivit son regard et comprit. Il s'en voulait un peu d'être aussi insistant, mais la situation était grave, et ses souvenirs étaient indispensables.
- Mes souvenirs sont si nombreux…, commença-t-il soudain à réciter, mû par une inspiration subite.
- Que ma raison n'y peut suffire, continua Emma, le regard dans le vague. Pourtant je ne vis que par eux, eux seuls me font pleurer et rire. Le présent est sanglant et noir ; dans l'avenir, qu'ai-je à poursuivre ? Calme frais des tombeaux, le soir !... Je me suis trop hâté de vivre.1
Les trois hommes présents la fixaient, étonné et impressionnés.
- Quoi ? J'ai dit une bêtise ?
- Euh… Non, répondit Roy. C'était très bien. En fait c'était parfait. Je suis juste étonné qu'une aussi jeune fille connaisse ce poème. Tu es pleine de surprise, Emma.
- Elle est super intelligente en plus d'être super mignonne, dit Havock. Franchement Ed, si tu tentes pas ta chance moi je le fais.
- Elle n'a que 16 ans, lui rappela le Fullmetal.
- Ouais bah je suis patient, j'attendrai bien deux ans.
Une infirmière entra à ce moment et, en voyant les trois hommes dans la chambre, elle poussa des hauts cris. Elle les vira manu-militari, arguant qu'Emma avait besoin de repos. La jeune fille eut juste le temps de faire un signe à Ed avant que la porte de la chambre ne se referme.
- Vous êtes son ami ? demanda une autre infirmière, plus jeune, à Edward.
- Euh… En fait c'est un peu compliqué, répondit le jeune homme, gêné. Pourquoi ?
- Je me disais que vous saviez peut-être si elle faisait déjà des cauchemars avant son agression.
- Des cauchemars ? dit Edward en la fixant.
- Oui, elle se réveille toutes les nuits en criant et en pleurant. Parfois même plusieurs fois par nuit.
Le Fullmetal regarda la porte de la chambre, pensif, et l'infirmière le laissa seul. Finalement il haussa les épaules. Un mystère de plus, décidément tout ce qui concernait cette fille était étrange.
La nuit était tombée depuis déjà plusieurs heures et Emma dormait à poings fermés, d'un sommeil sans rêves. Du moins jusqu'à ce moment.
Elle marche dans la rue. Elle suit quelqu'un. Elle regarde tout autour d'elle, désorientée. Cette ville est trop grande, trop animée, il y a beaucoup de lumière, encore plus de bruit. Des gens la bousculent dans la rue. Elle doit courir pour suivre son guide. Des vêtements bleus et des galons. Un militaire. Brun. Il se retourne pour voir si elle suit. La lumière des réverbères se reflète dans ses lunettes. Il sourit. Il l'emmène voir Roy Mustang. Il le connaît bien, c'est son ami. Elle est un peu rassurée. Il connaît un raccourci. Il tourne et s'engage dans une petite ruelle sombre. Elle a peur. Le militaire la plaque violemment contre le mur. Son visage est à quelques centimètres du sien, elle voit ses yeux sombres, son bouc, ses cheveux courts. Soudain, il change. A la place, il reste un jeune garçon aux cheveux longs, qui ne semble pas vraiment humain. Elle hurle.
Les infirmières se précipitèrent alors que la jeune femme hurlait et sanglotait dans son lit.
- Il faut qu'elle se calme !
- Elle va ouvrir ses points.
- Mettez-la sous calmant !
Mais la jeune femme se débattit de plus belle, elle refusait obstinément les calmants.
- Emma ! Emma ! Calmez-vous ! Il faut que vous acceptiez les calmants…
- Non, hoqueta la jeune fille. Donnez-moi… Du papier… Un crayon… Vite !
La demande était saugrenu mais il y avait une telle urgence dans sa voix et dans son regard que l'infirmière en chef accepta et lui apporta ce qu'elle demandait. Aussitôt, Emma se mit à dessiner rapidement, rageusement, à grands traits rapides, nerveux. Elle travailla comme ça pendant une heure avant de tomber de sommeil, ses croquis posés sur le lit, près d'elle, représentant les visages de son agresseur, dont l'un était connu du personnel soignant : Maes Hugues.
1 Vers tirés du poème de Charles Cros, « Balade du dernier amour »
